Note de l'auteur: Bonjour Bonjour ! On part pour le dernier lot de chapitres avec quelques rebondissements mais je vous laisserai découvrir ça ! J'espère que ça vous plaira, la fin arrivera bientôt, deux ou trois chapitres, suivit de l'épilogue donc on touche vraiment au bout du bout mais j'espère que toute cette histoire vous plaît ! N'hésitez pas à me le faire savoir, ça fait toujours plaisir !
Bonne lecture !
Chapitre 23: Mises au point
- Tu es très belle Cissy.
Ce compliment sorti de la bouche de Bellatrix était véritablement sincère, Narcissa le percevait. À travers le miroir elle lui sourit. Elle aurait aimé que sa mère lui dise la même chose. À l'autre bout de la pièce, Cygnus regardait ses filles, assis sur une chaise. Il avait toujours su qu'elles s'en iraient un jour mais cela faisait plus mal qu'il ne l'aurait pensé. La relation entre lui et Bellatrix était extrêmement compliqué et l'ambiance était assez tendue lorsqu'ils se retrouvaient dans la même pièce. Mais pour aujourd'hui ils faisaient un effort, pour un être qui leur était tous les deux chère. Narcissa se sentait quelque peu triste. Certes, elle allait se marier avec l'homme qu'elle aimait mais le futur qui se construisait pour eux était incertain et elle ne pouvait s'empêcher de s'imaginer le pire. Elle secoua la tête chassant ses idées noires qui n'avaient rien faire dans cette cérémonie. Elle examina une dernière fois sa robe ample et fine, son dos nu, des perles blanches ruisselaient à quelques endroits et à d'autre des plumes de la même couleur. Elle avait attaché ses cheveux à la manière d'un chignon poétiquement désordonné qui était maintenu par un ruban de perles fines. À son cou se trouvait l'émeraude de sa mère, un des bijoux qui lui était revenu à sa mort. Après tout, elle serait là, en ce jour si important, elle serait avec sa fille, pour toujours. Elle n'arrivait pas à déterminer si elle se sentait bien. Elle refusait de gâcher le jour de son union avec Lucius par des arrières pensées sombres et inquiétantes mais c'était plus fort qu'elle, c'était là, en elle, une peur muette mais peu à peu grandissante. Et puis, tout n'était pas encore réglé. C'était pire même. Il semblait que Narcissa, en essayant d'arranger les choses, n'avait fait que les empirer.
Lorsqu'elle avait revue Bellatrix après son mariage, elle était marquée. Cela avait presque fendu le cœur de sa sœur. Le sourire malsain, sa colère constante et sa haine surdéveloppée étaient maintenant ce qui la définissait principalement. Elle avait essayé de lui en parler, d'aborder le sujet, de la faire prendre conscience de ce dans quoi elle s'engageait. Rien n'avait fait, pire, il semblait qu'à force de vouloir communiquer, Narcissa avait rompu quelque chose entre elles deux. De plus, depuis son mariage, Bellatrix vivait loin d'elle et était bien plus influencée par le Seigneur des Ténèbres, elle devenait bien plus sombre et la voir avec Rodolphus donnait quelques frissons de peur à sa propre sœur. Elle même semblait consciente de ce qu'elle devenait mais de façon assez sadique elle l'acceptait et poussait toujours plus dans l'atrocité. Un dimanche où elle était venue dîner chez eux, Narcissa crut qu'elle allait vomir lorsque sa sœur et son mari lui racontèrent ce qu'ils avaient fait subir à un moldu qui avait malheureusement croisé leur route. Narcissa ne pouvait s'empêcher de se rappeler sans cesse qu'elle avait toujours détesté Rodolphus, son emprise désormais quasi total sur Bellatrix ne faisait qu'augmenter le dégoût qu'elle avait pour cet être. Et puis il y avait eu Gideon. Évidemment Bellatrix avait abordé ce sujet à nouveau. Narcissa avait tenté de lui expliquer les raisons qui l'avaient poussé à ne pas porter plainte mais sa sœur ne l'entendait pas de cette oreille. Elle avait pris ça pour une insulte à sa personne, à la famille, à leurs valeurs. Elle avait réussi à mettre au centre de cette histoire le mage noir, affirmant que la famille avait des responsabilités envers lui. Et puis après cette violente conversation qui avait tournée en dispute, elles ne s'étaient pas revue durant plusieurs semaines.
L'autre principale chose qui la tracassait était évidemment Cassiopée. Elle avait tenté de mettre les choses au clair entre elles mais encore une fois, les choses s'étaient envenimées, ou plutôt, il était maintenant sûr qu'il n'y avait plus rien qui les rattachait l'une à l'autre.
- Bonjour oncle Alphard, je viens voir Cassiopée, annonça doucement Narcissa devant la porte de la maison de son oncle.
- Oh Cissy ! Ca fait tellement longtemps ! déclara-t-il joyeusement.
Alphard était peut être le meilleur Black que Narcissa ait jamais connu. Il ne ressemblait pas à son frère et sa sœur; il était très chaleureux, accueillant, compréhensif, l'opposé de la nature d'un Black. Il était extrêmement généreux était très dévoué. Narcissa n'avait jamais trop su ce qui c'était passé avec la mère de Cassiopée. Il semblait que c'était sa seul part obscure et même Walburga n'avait jamais semblé véritablement savoir ce qui s'était passé. Il était parti faire un tour du monde, comme il adorait le faire, et lorsqu'il était revenu, il avait la petite Cassiopée dans ses bras et affirmait que c'était sa fille. Il était évident qu'elle était une Black, personne ne pouvait le nier. Elle aurait d'ailleurs peut-être préféré ne jamais l'être, ne jamais avoir a subir toutes les contraintes, tensions et responsabilités qu'incluait sa position. Mais elle n'était certainement pas comme son père. Elle était allée à Serpentard et c'était bien légitime. Sous ses airs d'héroïne, de femme courageuse et extrêmement honnête, Cassiopée maîtrisait parfaitement l'art de l'hypocrisie, de la fuite et dès qu'elle le pouvait se déchargeait de toute responsabilité. Habillement, elle obtenait ce qu'elle voulait. Elle était peut-être même plus terrible que tante Walburga quand elle le souhaitait, mais à sa manière, et de façon assez prodigieuse. Mais Narcissa la connaissait désormais trop bien pour qu'elle lui mente. Elles étaient profondément liées mais Cassiopée n'avait pas vu, pas comprit, que sa cousine avait grandi elle aussi et elle ne la déchiffrait plus comme dans le temps. Narcissa était parfaitement consciente de cet avantage et comptait bien s'en servir.
- Je suis désolée ma grande mais Cassiopée n'est pas là, déclara son oncle. Mais entre, proposa-t-il ensuite.
Bien que Alphard soit l'héritier de la famille et donc le plus riche, il n'exposait pas son argent, il ne vivait pas dans un grand luxe et il semblait même que le simple et l'élémentaire lui suffisait amplement. Il fit entrer sa nièce dans le salon qui attenait à la cuisine. Sur un petit meuble, à côté de son grand fauteuil dans lequel Narcissa l'avait toujours vu passer son temps, se trouvait une série de cadres. On l'y voyait, dans différents moments de sa vie. Il y avait de nombreuses photos d'Alphard et Cassiopée, de leurs voyages et des Noëls passés en famille. Dans un petit cadre rond, Narcissa reconnu son père, enfant et son oncle accompagnés de sa tante. C'était un portrait de famille; l'aînée était droite, fière et froide, comme toujours. Alphard, souriant et chaleureux, tenait la main de son petit frère qui était assis sur un petit tabouret devant son frère et sa sœur. Il regardait autour de lui et souriait à son grand frère lorsqu'il rencontrait ses yeux. À côté de ce cadre, une photo de leur scolarité à Poudlard. On y voyait toujours les trois enfants Black, sous les couleurs de Serpentard, prendre la pose fièrement avec d'autres élèves de Serpentards. Narcissa les reconnaissait presque tous; le père de Percus Flint, le vieux Nott était là aussi et peu éloigné et déjà visiblement plus vieux que tous les autres, sûrement en septième année alors qu'ils étaient tous bien plus jeunes, Crabbe et Goyle et d'autres dont elle connaissait les enfants. Au milieu d'eux il y avait un autre garçon, Alphard lui donnait une petite frappe amicale dans le dos. Il lui souriait en retour mais pendant une fraction de seconde, lorsqu'il regardait fixement l'objectif, il ne semblait plus être la même personne. Il avait une aura qui la faisait frissonner, il avait bien plus de prestance que les autres et Narcissa lisait dans son regard une haine malsaine. Elle n'avait jamais vu sa sœur, qui semblait être l'être le plus sombre et malsain au monde, regarder quelqu'un ainsi. C'était comme s'il allait prouver à tous sa puissance destructrice. Cette photo pétrifia la jeune femme.
- On ne le reconnaît pas ainsi, n'est-ce pas ? déclara doucement son oncle.
La nièce le regarda alarmée, ne comprenant qu'à peine ce qu'il voulait dire.
- Je l'ai longtemps considéré comme mon meilleur ami, annonça-t-il nostalgiquement. Mais en ce temps-là, je ne le connaissais pas vraiment, je n'avais pas compris tout ce qui se cachait en lui. On avait le même âge et on a fait toute notre scolarité à Poudlard ensemble. Il était terriblement intelligent et puis il avait cette façon de mener les gens, d'être celui qui devait être indispensable à tout le monde. J'étais fasciné et heureux qu'il soit mon ami. Je crois qu'il m'a toujours considéré ainsi. Et puis il avait cette immense admiration pour ma famille. Je l'ai invité plusieurs fois à la maison. Mes parents l'adoraient. Je crois que ta tante Walburga l'a longtemps aimé en secret. Mais comme toutes les femmes de cette famille, elle s'est faite une raison. Ton père ne l'appréciait pas beaucoup. Je n'ai jamais vraiment su pourquoi et j'ai toujours défendu mon ami au détriment de mon petit frère, il était bien plus jeune que nous et je supposais que c'était de la jalousie. Il y avait un autre garçon qui ne l'appréciait pas beaucoup aussi... C'était au tournoi des trois sorciers de 1944. C'était notre dernière année et forcément tout le monde voulait que notre champion ce soit lui. Les garçons de Durmstrang sont arrivés, parmis eux il y en avait un britannique, il était le fils de Actaeus Malefoy, l'un des hommes les plus puissants de Grand Bretagne. Il était l'un des leaders de ceux qui refusaient toute implication dans la guerre des moldus, c'était le grand débat à l'époque.
Narcissa écarquilla les yeux en entendant le nom de famille de cet homme.
- Tu l'auras compris, son fils était Abraxas Malefoy, le père de Lucius. Et bien Abraxas ne l'appréciait pas et je crois qu'il a toujours du mal à se soumettre à lui. Un jour, ils se sont battus au club de duel et Malefoy a réellement failli gagner mais il était vraiment très puissant, déjà à cet époque. Lorsque Lucius à dû aller à l'école, Abraxas voulait naturellement l'envoyer à Durmstrang, mais pour une raison plus ou moins inconnu, il est allé à Poudlard. La discussion qu'ils ont eu n'a pas dû être très sympathique. Je ne sais pas si tu as remarqué mais Abraxas boite. En vérité il n'a plus de jambe suite à ce revirement de situation, je te laisse imaginer ce qui s'est passé.
- Oncle Alphard, commença doucement mais angoissée Narcissa, est-ce que tu es en train de me dire que ton meilleur ami était le Seigneur des Ténèbres ?
- Tom Jedusor était mon meilleur ami, avoua-t-il gravement.
Sous le regard médusé de sa nièce, Alphard s'assit lourdement dans son fauteuil. Il souriait mais assez mélancoliquement.
- Ce n'est plus le cas, il sait qu'il ne pourra jamais plus compter sur moi désormais. J'ai toujours considéré que Voldemort avait tué mon meilleur ami. Tom était fourbe et quelque peu vile, il aimait être supérieur et il avait un lourd passé. Mais il était brillant et charismatique, je suis certain qu'il serait devenu quelqu'un de grand. Enfin, je veux dire, connus pour des bienfaits et pas pour ce qu'il est aujourd'hui. Tom n'était pas un meurtrier, mais il a fait un mauvais choix qui a mis fin à sa vie et à tout espoir de retour en arrière possible. Je sais beaucoup de choses sur lui. C'est bien pour ça que je passais mon temps à fuir, j'avais peur qu'il me tue. Alors quand Cassy m'a persuadé de revenir définitivement en Angleterre, j'étais certain qu'il viendrait me tuer. Il est venu, il n'y a pas si longtemps d'ailleurs. Il avait une sale tête, j'ai trouvé ça dommage parce qu'il avait tout de même la cote avec les filles, maintenant… Mais il ne m'a pas tué, à ma grande surprise. Mais je ne sais pas si ce qu'il m'a fait faire est mieux… Un serment inviolable. J'ai dû m'engager à ne jamais révéler aucunes informations que ce soit sur lui. Oh, ce n'est pas que ma vie que j'ai mis en danger. Il a pris connaissance de l'existence de Cassiopée. C'est pour ça qu'il a mis du temps à venir, il voulait avoir toute les cartes en main. Il m'a menacé, il m'a juré qu'elle était en haut de sa liste si jamais je faisais quelque chose de mal. Ça m'a presque donné envie de le provoquer, rien que pour voir comment il s'en sortirait face à ma Cassiopée. Elle se bat rarement, mais elle extrêmement puissante. Elle a acquis un savoir immense au cours de nos voyages. Rah, tout ce que je te raconte doit t'ennuyer.
Il racontait tout ça avec un mélange de légèreté, de joie et pourtant de tristesse faussement dissimulée, Narcissa était fascinée.
- Non ! s'empressa la jeune femme de répondre. Je veux dire, papa et maman ne nous parlaient jamais de leur passé ou celui de la famille alors…
- Ah, ta mère… elle n'a pas toujours été comme tu l'as connu. Je me souviens la première fois que nous l'avons rencontré. C'était ton père qui avait organisé un repas avec nos parents. Druella était une femme pleine de ressource et assez sûre d'elle, du moins c'est ce qu'elle m'avait laissé paraître. Elle arrivait à faire face à Wal' et c'est l'une des choses qui m'a le plus impressionné et je pense que c'est grâce à ça que la famille l'a assez vite accepté. Mais les hommes, y compris les sorciers, ne sont rien face à la maladie, face à la mort. Avoir la prétention de la défier est puéril et immature et totalement irréaliste. Si l'homme vit, c'est pour mourir.
Il était devenu soudainement assez sombre, comme perdu dans une profonde réflexion inaccessible. Il semblait même à Narcissa qu'il se perdait dans des souvenirs probablement douloureux. Ses yeux devenaient humides et rouges. Il se racla la gorge et repris soudainement son chaleureux sourire.
- Je ne sais pas quand Cassiopée va rentrer, c'est jour-ci au ministère c'est compliqué alors elle fait des heures supplémentaires.
- Au ministère ? répéta la jeune femme sans vraiment comprendre.
- Je pensais que tu étais au courant, Cassiopée fait une formation pour devenir Auror, elle a déjà passé l'examen et il ne lui reste plus qu'à valider la partie pratique.
Narcissa se rappela alors de son agression, de Cassy qui était intervenue et ensuite Potter qui l'avait rappelé à l'ordre. Elle avait quasiment oublié ce détail, il fallait avouer qu'à ce moment-là, elle était à peine consciente de ce qui se passait autour d'elle.
Le portrait de Eugenia Jenkins flottait dans le hall du ministère elle était souriante mais droite. Une parfaite incompétente selon certain. Ce sentiment prenait d'ailleurs de l'ampleur notamment avec l'ascension du mage noir qu'elle n'arrivait pas à gérer. Les sorciers extrêmes ne l'appréciaient pas à cause de sa loi qui permettait au Cracmols d'avoir plus de droits et les autres la trouvait trop laxiste et irresponsable en temps de crise. Narcissa était persuadée que ce serait bientôt la fin pour elle, jamais elle n'arriverait à faire face à ce qui se préparait.
Il y avait un peu de monde, comme toujours dans cet endroit. Narcissa se rappelait de l'étage des Aurors à cause de son interrogatoire. Elle s'engouffra dans un ascenseur qui, comme d'habitude, la propulsa brutalement vers l'endroit voulu.
- Niveau 2, Département de la Justice Magique, annonça une voix quelque peu nonchalante.
Narcissa sortit et se retrouva face au même bureau et à la même secrétaire que la dernière fois.
- C'est à quel sujet ? demanda-t-elle sans daigner lever la tête, en ayant juste senti une présence.
- Je voudrais voir Mademoiselle Cassiopée Black, déclara Narcissa.
La secrétaire observa son interlocutrice comme pour juger si sa requête était légitime.
- Tous les Aurors sont partis cet après-midi, ils devraient bientôt revenir, vous pouvez attendre ici.
C'est à ce moment précis que Fleamont Potter, maître des lieux, arriva. Il avait une sale tête; son nez n'était pas en bon état, du sang s'échappait. Il avait des hématomes un peu partout et de nombreuses écorchures. De plus, il avait l'air définitivement furieux et à cran.
- Mr Potter ! s'écria la secrétaire en l'apercevant.
- Ca va Polla, ça va, tenta d'atténuer l'homme, visiblement irrité par le cri suraigu qu'elle venait d'émettre. Si vous pouviez transmettre ces documents à la ministre vous feriez vraiment avancer les choses et il faudrait une réunion de toute urgence à propos de ce qu'ils contiennent, ajouta-t-il en lui confiant un liasse de feuilles.
- J'ai bien peur qu'il ne faille attendre, la ministre est en déplacement.
- Comment ça ? s'exclama-t-il. On bosse sur ce dossier depuis des semaines pour lui amener des preuves concrètes pour qu'enfin il se passe quelque chose avant que l'on perde totalement le contrôle de la situation et elle est en déplacement ? cria-t-il d'une traite.
- Je suis désolé Monsieur, je crois que c'est à propos de la loi sur la réglementation des champs de mandragores, expliqua doucement et soigneusement la secrétaire.
- Sur les mandragores ? répéta-t-il, abasourdi.
Elle se contenta d'hocher la tête. Elle lui confia quelques papiers en retour et se rassis silencieusement. Potter semblait bouillonner de rage et il n'avait pas fait attention à Narcissa. Cette dernière savait qu'il lui donnerait l'information qu'elle cherchait. Elle se manifesta, se levant et l'appelant.
- Monsieur Potter !
Il se retourna, mit quelque secondes à identifier la jeune femme et s'approcha d'elle visiblement inquiet par sa présence.
- Mademoiselle Black ? En quoi puis-je vous aidez ?
- Il faudrait que je vois ma cousine Cassiopée, c'est urgent, s'empressa de demander la jeune femme.
L'homme souffla d'exaspération face à la relative importance de cette requête.
- Elle est à son bureau, le 340.
- Merci Monsieur.
- Oh, vous pourriez lui donner ça quand vous la verrez ? demanda-t-il en lui donnant un papier qu'il venait de sortir de sa veste.
Narcissa hocha positivement la tête. Elle se dirigea ensuite vers le bureau indiqué. L'un des derniers, probablement donné aux nouveaux. Devant la porte, Narcissa leva le poing, s'apprêtant à toquer quand elle entendit des gémissements. Plutôt des pleurs étouffés. Inquiète, elle entra précipitamment. Cassiopée était bien là, dans ce minuscule bureau, étouffée par des montagnes de feuilles et de dossiers. Sa cousine était debout, et avait enlevé son t-shirt. Elle tenait maladroitement sa baguette devant une étrange plaie. Cependant cette blessure ne semblait pas étrangère à Narcissa. Elle se souvenait y avoir fait face à l'hôpital avec des patients qui refusaient d'expliquer la cause de leurs blessures, comme le vieux Helton. Sur la peau blanche de Cassiopée, la plaie ressortait bien, elle s'était infectée en plus. Elle était ouverte et un liquide vert sombre ressortait de cette dernière, semblant infliger une infinie douleur à la jeune Black.
- Qu'est-ce que tu fais la Cissy ? cracha celle-ci à la vue de sa cousine.
Narcissa referma la porte et ne prit pas compte de la remarque qui venait de lui être adressée. Elle se dirigea prestement vers la blessure pour l'examiner de plus près. Mais Cassiopée n'était pas de cet avis. Elle remit subitement son t-shirt, empêchant toute inspection. Son regard humide et mélangé entre colère et peur transperçait la jeune femme.
- Je te le demande à nouveau, qu'est-ce que tu fais là ? insista-t-elle froidement.
- Il fallait que je te vois, affirma gravement cette dernière.
- Si c'est pour ton mariage ne t'inquiète pas, j'ai bien reçu l'invitation mais je ne sais pas si je serai disponible, trancha-t-elle.
- Oh franchement Cassy, tu crois que c'est réellement la raison de ma venue ? s'exaspéra sa cousine.
- Je ne vois pas de quoi on pourrait parler d'autre toi et moi, cracha Cassiopée.
- Oh peut-être du fait que je suis au courant que toi et Lucius vous avez eu une relation, courte et il y a longtemps, je te le concède, mais que tu as tout de même fini enceinte et que tu n'as pas daigné m'informer de quoique ce soit ? Ou alors on pourrait parler du camp, ou plutôt de ton changement soudain de camp et d'ailleurs on pourrait aussi évoquer ce job. Mais on devrait aussi parler de la façon dont tu as dévoilé des informations sur nous aux Aurors ou la manière dont tu m'as foutu dans la merde face à Bellatrix à propos de Gideon. Oh mais parlons de Gideon d'ailleurs, de votre petite histoire tu veux ? Ou alors on peut discuter aussi de cette blessure qui est anormale étant donné que tu n'es jamais sur le terrain !
Narcissa venait d'exploser comme rarement ça lui arrivait, tout en lui balançant à la figure le papier que lui avait remis Potter. Il était clairement indiqué qu'elle pouvait arrêter de travailler en bureau et qu'à partir des prochains jours elle viendrait sur le terrain avec eux. Cassiopée était abasourdi et ses yeux s'étaient à nouveau remplis de larmes. Elle s'était lourdement assise sur sa chaise de bureau et regardait effrayée et désolée sa cousine qui lui était pourtant si précieuse il y a peu. Elle mit un temps avant de répondre, tentant plusieurs fois de prononcer quelques mots mais sa bouche ouverte ne laissait échapper aucun son.
- Comment, comme tu sais tout ça ? Je veux dire à propos de…
Narcissa, humaine derrière son apparence de méchante sorcière, s'approcha doucement d'elle, s'accroupit devant sa chaise et lui prit les mains.
- J'avais compris qu'il se passait quelque chose de louche entre toi et Lucius alors pour me rassurer il a été obligé de tout me révéler.
- Je suis vraiment désolée Cissy… s'excusa-t-elle en baissant la tête. J'avais pensé te le dire à un moment, après le bal en fait, c'était mon intention mais je vous ai vu tellement proche ce soir-là et puis il y a eu le camp où vous étiez tout le temps ensemble et je ne voulais pas interférer dans votre relation…
- Pourtant, commença Narcissa en fronçant les sourcils et en lui lâchant les mains, ça ne t'as pas gênée de le rejoindre dans la tente de soin quand il s'est blessé.
- Je… je ne peux juste pas nier ce qui s'est passé entre nous. Je sais que jamais nous ne pourrons nous aimer, pour un milliard de raisons mais il n'empêche que je ne peux pas oublier les quelques jours que nous avons passé tous les deux et notre alchimie à ce moment-là.
Un silence terrible séparait les deux jeunes femmes. Narcissa doutait franchement de la sincérité de sa cousine comme elle doutait de celle de Lucius. Ils avaient semblé si proches que leurs affirmations à propos de leur non sentiments amoureux mutuels semblaient irréalistes. Il semblait clair pour Narcissa que cet ultime mensonge, cet affront, symbolisait la fin de quelque chose, de leur amitié pourtant si importante à une époque. C'était pour ça qu'elle était venue, elle voulait savoir si leur relation avait encore du sens, le reste n'était que des formalités. Cassiopée avait senti qu'elle n'avait pas convaincue sa cousine, ni elle-même d'ailleurs. Elle se disait que si Lucius était plus courageux ou si elle était plus résignée, il y aurait vraiment pu avoir une histoire sérieuse entre eux. Les milliards de raisons ne résidaient en fait qu'en deux; ils étaient dans des camps opposés et aucun ne voulaient en changer. Et puis le temps avait passé et elle avait laissé Lucius et Narcissa se rapprocher et ils s'aimaient finalement, comme elle l'avait prévu. Mais elle ne pouvait évidemment pas dire ça à sa cousine. Et puis, elle avait évoqué tellement d'autres sujets que tout était confus dans la tête dans sa tête.
- C'est sérieux cette histoire d'Auror ? demanda Narcissa, les sortant brusquement de leurs pensées respectives.
- Oui, se contenta d'affirmer Cassiopée.
- Tu es consciente des conséquences de ce choix ? interrogea à nouveau sa cousine, le regard perçant de menaces.
- Que je serai l'ennemi numéro une de Bellatrix et tante Walburga ? Que je serai par la même occasion reniée de la famille même si mon père me défend ? Que je vais me battre contre nos, enfin, vos amis ? Oui j'en suis parfaitement consciente, déclara-t-elle rageuse et avec une pointe d'ironie dans la voix.
- Très bien, se résigna de façon supérieure la future Malefoy. Et ça ? dit-elle en désignant la blessure qui était sous le t-shirt de Cassiopée.
- Tu n'as pas à le savoir, grogna l'intéressé.
- Moi non, mais peut-être que Potter aimerait savoir pourquoi tu sers de cobaye au Seigneur des Ténèbres, annonça vicieusement et ironiquement de façon innocente l'ancienne Serpentarde.
Cassiopée fronça soudainement les sourcils et plongea son profond regard dans les yeux clair de sa cousine. Elle savait qu'elle ne pourrait pas bluffer, visiblement, elle en savait plus que ce qu'elle aurait cru. Une nouvelle rupture entre elles; maintenant les menaces étaient bien réelles.
- Je ne lui sers pas de cobaye, pas vraiment, commença mystérieusement Cassiopée. Le fait est que je pactise avec l'ennemi, que je suis agent double. C'est pour ça que pratiquement personne n'est au courant de mon activité ici. Et je compte bien que ça reste secret, appuya-t-elle.
- Alors quoi ? Tu récupères des informations sur leurs missions, sur les possibles mangemorts pour ensuite tout balance au ministère ? C'est pour ça que le procès de Lucius et Bellatrix à durer si longtemps, parce que tu savais qu'ils étaient de la partie ce soir-là ?
- En effet mais je n'avais pas de preuves et eux, une solide défense.
- Mais contre quoi tu fais tout ça ? Il test de la magie noire sur toi en échanges de vos entrevues ?
- En quelque sorte. Il se trouve que je lui rappelle énormément ma mère défunte, son amour de jeunesse. Il m'a dit qu'il cherchait une solution pour la ramener, même temporairement. Pour ça, il a besoin de moi.
Narcissa était abasourdi. Alors il avait un cœur ? C'était à cause de lui qu'il y avait tant de mystère autour de la mère de sa cousine ? Mais avant tout, elle ne pouvait s'empêcher de se demander jusqu'où il utilisait Cassiopée. Elle même semblait fière de révéler la vérité tout en cachant une part de mystère comme elle savait très bien le faire. Mais Narcissa ne voulait la pas rendre si victorieuse et comme satisfaite par cet entretien, elle se leva, se dirigea vers la porte.
- Il faudrait que tu désinfectes avant de tenter un sort de cicatrisation, sinon ta plaie ne se refermera jamais, finit-elle par dire le dos tournée à sa cousine, sur le pas de la porte, avant de quitter cette pièce qu'elle ne reverrait plus jamais.
