Chapitre 27: Festivités et faux-semblants

- Tu es prête ? demanda la voix qui tentait d'être douce de Lucius tout en toquant à la porte de sa chambre.

- J'arrive, se contenta de répondre poliment l'intéressée.

Malgré leur petite réconciliation d'il y avait quelque jours, Narcissa n'avait toujours pas pardonné à Lucius et ne le voulait pas encore. Ils faisaient donc toujours chambres à part au grand dam de Dobby qui s'affaire dans deux ailes différentes du château. De plus, Narcissa ne supportait pas de voir ce petit être de servitude, et il était donc obligé de venir nettoyer et ranger qu'une fois sa maîtresse hors de sa chambre ce qui devenait de plus en plus rare. C'était devenu pour la jeune sorcière un havre de paix où elle se sentait proche de l'apaisement. C'était son endroit et là, elle se sentait chez elle et non plus chez Lucius ou encore chez la maison de vacances du seigneur des ténèbres. C'était d'ailleurs l'un des autres éléments qui la faisait se sentir un peu mieux; il n'était pas reparu depuis plusieurs semaines pour le plus grand bonheur de Narcissa. Cependant, cette longue absence ne signifiait un retour qui n'allait être que plus fulgurant. Surtout que, malgré le fait qu'elle feinte d'ignorer son mari, elle l'observait soigneusement et voyait ses allés et venus se multiplier. Elle savait pertinemment que ce n'était pas pour aller jouer au Quidditch et voir celui à qui elle s'était uni être aussi soumis la confortait dans l'idée que son mariage n'était pas heureux.

Le bal de Noël allait bientôt commencer. La seule chose qui donnait un peu de courage à Narcissa c'était de savoir que l'assemblée n'allait pas uniquement être composée de mangemort et que c'était avant tout une mission où il fallait faire bonne impression et pas une mission de soumission. Elle expira un grand coup et se dirigea vers la porte de sa chambre derrière laquelle elle sentait la présence de Lucius. Elle se redressa et prit fermement la poignée entre ses doigts. Le visage fermé de Lucius apparu. Son costume rappelait son haut rang et il n'en était pas moins élégant ainsi. Il semblait à Narcissa qu'il avait maigri, ou était-ce de la fatigue ? La chose était qu'il semblait étrangement distant. Il avait respecté ce pacte de séparation silencieux et pourtant il avait toujours essayé de se faire pardonner mais ses absences à répétitions étaient devenues tellement courante que Narcissa avait à peine remarqué qu'il n'essayait plus de renouer un lien avec elle. Avait-il fini par se lasser de courir après une femme aussi froide qu'elle ? Peu lui importait pour le moment. Elle se contenta de prendre son bras et de se diriger vers la grande salle qui faisait office de salle de bal. Il n'y avait encore personnes, juste Dobby qui réglait les derniers sorts pour les plateaux volants.

-Monsieur Nott, c'est un plaisir de vous recevoir, annonça sur un ton mielleux Lucius.

- de même monsieur Malefoy, répondit le plus poliment le médecin. Oh, je vous présente Josie Greengrass que vous devez déjà probablement connaître, annonça-t-il, ravi et fière alors que la jeune femme s'avançait. Nous nous sommes fiancés récemment, nous serons évidemment ravis de vous voir à notre mariage.

- Nous serons évidemment là, déclara Narcissa, souriante et heureuse pour ces deux personnes qu'elle appréciait et qui semblaient heureux.

Le couple s'éloigna et les Malefoy attendaient encore quelques invités devant la porte. Une sorte de tension s'était instauré entre eux, sans que Narcissa n'en sache la source. Lucius était droit, fière, élégant. Il rendait presque sa femme fière de lui, fière de retrouver l'homme pour qui elle n'avait pu résister. Plus loin, dans la salle illuminé et resplendissante, Narcissa se sentait à l'aise. L'assemblée était composée uniquement de sorciers et sorcières qu'elle connaissait et que pour la plupart elle appréciait. Elle savait très bien quel rôle elle devait tenir ce soir et comment le faire. Pour une fois, et depuis longtemps, tout semblait parfait. Le dernier couple arriva. Narcissa vit son mari se décomposer et prendre un air intransigeant. Fleamont et Euphémia Potter venaient d'entrer.

-Monsieur Potter, déclara en souriant Narcissa, Madame Potter, c'est un réel plaisir de vous avoir parmi nous ce soir.

- Nous sommes ravis d'avoir été invité, se contenta de répondre poliment le concerné alors que son épouse souriait en retour à la Malefoy.

- Comment va votre fils, James ? C'est bien ça ? s'enquit-elle par politesse.

-Bien merci, il est de retour de Poudlard pour les vacances, déclara Euphémia.

-oh, tant mieux ! Bien, nous vous laissons profiter de la soirée, se débarrassa Narcissa sentant son mari réprimer une violente pulsion.

Une fois à bonne distance il plongea un regard noir dans les yeux clairs de sa femme.

-Tu peux me dire ce que Potter fait là ? Il n'a jamais été question de l'inviter.

- Je l'ai invité de ma propre initiative, lorsque j'ai voulu t'en parler, tu étais quelque part ailleurs, occupé je suppose, répondit sur un ton d'indifférence et de supériorité Narcissa.

- alors quoi ? C'est pour le punir d'être trop souvent absent, d'être en train de tout faire pour te protéger et pour vivre correctement, c'est pour ça que tu as ramené l'homme qui m'a mené plus d'une fois à l'épuisement par ses interrogatoires et qui voulait me voir finir à Azkaban ? Ou alors c'est peut-être ce que tu souhaites, que je finisse là-bas ! dit-il la voix basse pour ne pas être entendu mais avec une fureur extrême.

Il avait pris le poignet de sa femme pour qu'elle soit obligée de le regarder dans les yeux. La prise faisait mal à la jeune femme et jamais elle n'aurait pensé qu'il soit aussi énervé à cause de Potter. Il était vrai qu'elle l'avait fait venir sans le prévenir pour le faire quelque peu enragé mais elle n'aurait pas imaginé que ce l'eut énervé à ce point. Calme et toujours sereine elle relâcha l'emprise qu'il avait sur elle.

-peut être que c'était bien un moyen pour te faire réagir, je l'avoue. Mais au-delà de ça, il faut que nous soyons amis avec tout le monde pour survivre Lucius, ça passe par Potter même s'il t'a fait du mal, et surtout s'il t'a fait du mal, il faut lui montrer que nous sommes de son côté, que nous, enfin, que tu n'as rien à te reprocher. Alors calme toi veux-tu ?

- Soit sûre qu'on en reparlera et que cette fois tu n'éviteras pas la discussion, affirma-t-il avant qu'elle n'ait pu rétorquer quoique ce soit.

Il reprit très rapidement son air fier et serein lorsqu'il vit Harold Minchum. C'était un homme austère dont les sombres cernes s'accordaient avec son allure terne. Il avait constamment les mains dans le dos, comme s'il analysait chaque secondes et chaque petit détail qui l'entouraient. Il n'avait jamais été marié, la rumeur disait qu'il était invivable et beaucoup trop morne pour intéresser qui que ce soit. Cependant, ces derniers temps, face à l'incompétence d'Eugenia Jenkins, la ministre de la magie, il semblait être le seul à pouvoir prétendre arranger la situation, ou du moins agir. C'était dans cette optique que le couple Malefoy l'avait invité. Ils savaient qu'ils faisaient face au futur ministre de la magie et faire bonne impression pour gagner sa confiance était primordiale. Narcissa elle aussi se redressa dès qu'elle le vit.

- Monsieur Minchum, c'est un réel plaisir de vous voir ici parmi nous ce soir, accueilli largement la jeune femme.

- Votre demeure n'est pas très sécurisé Malefoy, faîtes attention… annonça-t-il craintif, ignorant royalement Narcissa.

- J'en suis conscient Monsieur Minchum et je déplore que les sorciers n'aient pas d'aussi bonnes intentions que les votre. Heureusement nous pouvons compter sur vous ce soir ! répondit d'un ton mielleux Lucius

Il se contenta de grogner ce qui signifiait une satisfaction certaine. Puis, après un salut de tête très rigide, il se dirigea vers la salle où la foule s'agglutinait.

La plume à papote qui se tenait derrière le couple venait de railler le dernier nom de la liste d'invités, signifiant ainsi la fin des accueils et le début du bal. De manière très cérémonieuse, Lucius prit le bras de sa femme et tous deux se dirigèrent à leur tour vers la salle qui grouillait de sorciers et sorcières plus ou moins important mais qui, ce soir, étaient leurs amis.

- Narcissa Black ! Par Merlin ! s'extasia une jeune femme qui s'approchait de la concernée.

Narcissa ne voyait pas son visage mais sa voix insupportable et si reconnaissable lui fit lever les yeux au ciel, se préparant au pire. Rita Skeeter, ça c'était un défi. Trop lui dire devenait un roman de fiction et ne rien lui dire revenait à laisser son imagination s'exercer ce qui était peut être pire. Ses interviews étaient plus rudes que tous les interrogatoires que pouvait faire n'importe quel Aurore. Elle marchait de son pas assuré et déterminé, un petit sourire en coin, cherchant l'info croustillante. Narcissa se souvenait d'elle et de sa sœur, manipulant, humiliant et semé le désordre lorsqu'elles étaient toutes les deux à Poudlard. À cette époque, Rita était la rédactrice en chef, et ça depuis sa deuxième année, du Daily Poudlard, qu'elle menait d'une main de faire et qui avait généré tellement de problème que l'ensemble du corps professoral avait interdit sa publication. Ces prouesses journalistiques l'avait directement mené à la Gazette du Sorcier à la fin de ses études et rapidement, toute une rubrique lui avait été confié. Désormais elle pouvait étaler son venin sur ce maudit Daily Prophet à sa guise. Mais ce soir, c'était l'amie de Narcissa, se la mettre dans la poche était primordial.

Narcissa, alors en pleine discussion avec son ancien employeur, Nott, stoppa sa conversation et sourit largement et de la façon la plus hypocrite à la journaliste.

- Rita Skeeter, quel plaisir ! Je vous présente le docteur…

- Nott, je sais déjà Darling, coupa prétentieusement la journaliste. C'est bien vous ? Je veux dire, le vieillard qui cherche à tout prix à se marier pour faire prospérer la ligné des Nott ?

Visiblement très sérieuse dans sa question, Rita attendait une réponse, carnet à la main. À côté d'elle, Narcissa abasourdi se sentait terriblement mal à l'aise. Nott, consterné bafouilla et se mit à rougir avant de trouver une excuse bidon pour s'éclipser laissant Narcissa faire face à cette véritable épreuve seule.

- L'aurais-je vexé ? demanda innocemment la journaliste. Oh, peu importe, il est aussi intéressant qu'une plume. Ah, ma chère Narcissa ! commença-t-elle doucement en montrant ses dents en or. Oh, quelle idiote je suis, c'est Mrs Malefoy maintenant, se reprit-elle en riant faussement accompagnée par Narcissa qui sentait le pire arriver. D'ailleurs ça fait combien de temps maintenant que vous êtes mariés ? 5 mois c'est bien ça ?

- C'est exacte, répondit poliment et avec le sourire la concernée.

- Et… ? Quoi ? Tu n'as pas de grande nouvelle à m'annoncer ? s'exaspèra-t-elle.

- Et bien non, pas vraiment… répondit de façon évasive la jeune sorcière.

- Vu l'alchimie qu'il y avait entre vous au mariage j'aurais pensé que tu serais la première d'entre nous à connaître les joies de la maternité. Comment je sais pour votre mariage ? se posa-t-elle elle-même la question en voyant le regard intrigué de son interlocutrice. J'ai des espions partout ma chérie! Enfin bon, je suppose que votre vie sexuelle ne doive pas être bien épanouissante, finit-elle sur un ton fataliste.

- Oh, non, enfin je préfère garder nos petits secrets de couple, tu comprends évidemment, s'empressa de répondre Narcissa qui ne voulait pas retrouver une critique de sa sexualité dans les notes de la journaliste. En fait, étant donné que nous sommes encore jeunes et que Lucius doit encore s'habituer à quelques contraintes liées à son travail, nous préférons attendre avant d'avoir des enfants, conclut-elle diplomatiquement.

- Oh, vous avez bien raison, céda-t-elle finalement, surtout en ces temps troubles. Je veux dire, avec ce mage noir qui prend de plus en plus d'importance et notre ministre qui ne fait rien, ça fait peur, on se demande comment tout ça va finir… dit-elle de façon désintéressée tout en observant du coin de l'œil la réaction de Narcissa.

- Personne ne peut prédire l'avenir, pas même les sorciers, je le crains, commenta une nouvelle fois évasive la sorcière.

- D'ailleurs, c'est tragique pour ta sœur, ce mandat d'arrêt international, qui aurait cru que Bella allait finir comme ça, déclara-t-elle en soupirant.

- Ca ne lui aurait jamais été arrivé si elle n'avait pas épousé ce… Lestrange, affirma Narcissa avec un air de dégoût. Peu importe, la vie est telle qu'elle est, toi et moi devons-nous adapter et tout faire pour nous en sortir n'est-ce pas ?

Un verre de Rhum groseille à la main, Rita Skeeter sourit malicieusement à la maîtresse de maison et lui fit un discret clin d'œil.

- Entre nous, j'ai un petit scoop pour toi, et vu que je t'estime je vais t'en faire part, mais, ça reste entre nous ? commença la journaliste, fière et discrète, baissant la voix

- Évidemment ! assura Narcissa qui tendit l'oreille.

- Les fonctionnaires les plus hauts placés se sont mis d'accord pour forcer Jenkins à quitter ses fonctions, peu de membre de sa majorité la soutienne, son mandat touche à sa fin, tout ce qui ne veulent pas d'une nouvelle ministre vont devoir se plier à la nouvelle majorité et je peux t'assurer qu'il va y avoir de sacrées occasion pour prendre du grade, tu peux me croire !

Cette information était loin d'être intéressante malgré ce qu'avait pensé Narcissa. Elle sourit discrètement à la journaliste, la remercia, lui promit de ne rien dire et qu'elle lui revaudrait un scoop très bientôt. Sitôt la vicieuse sorcière partie s'attaquer à une autre proie, sans doute moins coriace que Narcissa, cette dernière se dirigea rapidement vers son mari qui était en grande discussion avec justement la ministre de la magie en personne. Derrière ses grosse lunettes rondes qui couvraient quasiment tout son visage, Eugénia Jenkins paraissait épuisée malgré un sourire de façade qui tenait sûrement d'un pauvre sort tant la sincérité y était absent. Elle tenait nerveusement son verre de d'hydromel à la main, ne sachant que faire de ses doigts, tantôt se recoiffant, tantôt remettant ses lunettes en place et alors à tripoter les verres dans tous les sens. D'un pas assuré, Narcissa mis rapidement en place un sourire hypocrite quoique très réaliste. En tant que sorcière élégante et distinguée, elle se dirigea promptement vers le bras de son mari qu'elle prit dans le sien.

- Madame la ministre, c'est un réel enchantement de vous avoir parmi nous ce soir, dit-elle en bonne comédienne. Je suis vraiment désolé mais je vais être dans l'obligation de vous emprunter mon mari quelques minutes si vous me le permettez, continua-t-elle avec un petit rire tout à fait faux.

- Oh mais assurém…

Narcissa ne prit pas le temps d'écouter la fin et fit dos, avec son mari toujours à son bras, à la ministre de la magie. À bonne distance et loin des oreilles trop indiscrètes, Narcissa reprit un air tout à fait sérieux et fit face à Lucius. Ce dernier avait la mine perplexe, attendant l'excellente excuse que sa femme avait pour être aussi prétentieuse face à la sorcière la plus importante du gouvernement Anglais.

- J'espère que tu ne viens pas de faire une énorme bêtise, dépêche-toi, je dois retourner faire mes affaires, dit-il irrité.

- Très bien, mais pas auprès d'elle, d'accord ?

- Comment ça ? Qu'est-ce que tu veux dire ? interrogea-t-il plein de curiosité.

- Je viens d'apprendre qu'elle ne finirait probablement pas la semaine. C'est Minchum que tu dois aller voir ! expliqua-t-elle fière.

- Par Merlin, ça n'a pas de sens, sa majorité la soutient toujours et…

- Non, la plus grande partie de sa majorité lui tourne le dos. C'est l'occasion pour toi de te frayer un chemin incroyable dans les hautes sphères! conseilla-t-elle.

- Tu es certaine de ce que tu dis ? Voulu s'assurer le sorcier qui observait de loin les membres du ministère qu'il suspectait de prendre très rapidement de l'importance.

- S'il te plaît, fais-moi confiance, cette fois-ci au moins, laisse-moi me racheter.

Narcissa ignorait pourquoi elle avait dit ça. Elle ne se sentait coupable de rien envers Lucius. Mais il semblait que ces paroles est marché car il l'analysa quelques instant, expira et céda. Avant qu'il n'aille directement voir Minchum, il hésita devant sa femme. Puis, rapidement, tel un enfant, il l'embrassa sur la joue. Narcissa se mit à sourire toute seule, mais se reprit immédiatement. Il était temps qu'elle aussi, elle retourne au travail. Elle revêtit son sourire d'hypocrite qui était désormais au point.

Les plateaux flottants se vidaient petit à petit, l'assemblée s'enivrait et dehors la neige grondait. Lucius et Narcissa avait fait le tour de chacun, exploité chacune des failles et tout ça s'en s'être concerté une seconde fois. Ils avaient réussi à s'ignorer et rendre la chose toute à fait normal. Quelques invités partaient déjà, faisant commencer une vague de départ plus ou moins régulière. Narcissa était presque triste de voir la petite soirée s'arrêter. Après tout, ce soir elle s'était sentie enfin utile, enfin elle reprenait du service et enfin elle avait de l'importance. Et puis la perspective de se retrouver à nouveau seule dans ce manoir glacial à astiquer sa baguette ne l'enchantait guère. Et puis cela signifiait aussi qu'elle allait devoir communiquer d'une manière ou d'une autre avec Lucius et ça, elle avait l'impression que jamais elle ne serait prête. Le propre d'une Malefoy n'était-il pas de retourner n'importe quelle situation à son avantage ? Lucius maniait très bien cet art mais Narcissa avait encore des progrès à faire dans ce domaine. Elle était plutôt du genre fuite et ignorance pour régler les situations.

Elle sortit bien vite de ses pensées quand Mr Potter vint la saluer.

- Mr Potter ! engagea Narcissa, en revêtant son sourire, s'attendant à ce qu'il déclara quelque chose.

- Mrs Malefoy, ce fut une très bonne soirée, je vous remercie de nous y avoir conviés, annonça-t-il d'un air doux et presque sincère. Ma femme vous salue également, elle a transplanné avant moi, elle était fatiguée je crois, tenta-t-il d'excuser.

- Pas de problème, je commence moi-même à sentir la fatigue me jeter un sort, plaisanta-t-elle, voulant réellement aller se coucher et ne pas traîner sur des adieux hypocrites. Et bien bonnes fêtes de fin d'année Mr Potter ! conclu-t-elle.

- Oui, à vous aussi Mrs Malefoy, salua-t-il en retour.

Narcissa s'attendait à ce qu'il s'évapore dans les secondes qui allaient suivre sa déclaration mais il resta planté là, devant elle, scrutant le sol et visiblement en pleine réflexion.

- Mr Potter ? Il y a un problème ? s'enquit la maîtresse de maison qui sentait l'hésitation de son interlocuteur.

- À vrai dire, je ne sais pas si je devrais vous en parler… commença-t-il, toujours indécis. M'enfin je ne vois que vous alors… céda-t-il finalement quoique toujours partagé.

- Je vous écoute, déclara sérieusement Narcissa, se redressant, prête à faire face à ce qui lui semblait être quelque chose de grave.

- Voilà, c'est à propos de Mlle Black, je veux dire Cassiopée, votre cousine il me semble, précisa-t-il.

Narcissa fronça immédiatement les sourcils. Pas par inquiétude mais par crainte de devoir tenir un secret sur une personne qu'elle ne tenait plus en estime et dont elle souhaitait oublier la néfaste existence. Cependant, Potter ne semblait pas prêt à lui laisser le choix.

- Elle travaillait de façon très secrète avec le ministère et je crois que vous êtes l'une des rares personnes de son entourage à le savoir, affirma-t-il en baissant la voix. Il se trouve qu'elle… enfin, elle a disparu.

Le regard intrigué et doutant de Narcissa força le sorcier à justifier l'information qu'il avançait.

- Nous avons récemment décidé de la mettre sur le terrain, nous avions tous décidé qu'elle était prête et fiable. Nous lui avons donc donné les mêmes missions de routine que tous les autres, recherches d'informations, interpellations etc. Vis-à-vis de votre famille je ne voulais pas la mettre dans des situations trop compliquées et qui l'exposerait à de trop grands risques. Un jour elle m'a dit qu'elle était sur un gros coup, un dossier qu'elle était en train de monter depuis des mois et qu'elle avait besoin de temps pour le finaliser. Elle a refusé de m'en dire plus alors je l'ai laissé. Mais voilà, ça fait déjà quelques semaines qu'elle n'a pas données de signes. C'est son père qui m'a alerté, elle n'est pas rentrée depuis le début de sa mission. Je n'étais pas trop inquiet au début, je veux dire, tous les agents infiltrés sont en silence radio pendant des missions…

- Alors je ne vois pas où est le problème Mr Potter, coupa sévèrement Narcissa.

- Ce n'est pas vraiment sa disparition qui m'inquiète… il hésita une nouvelle fois puis soupira. Lors d'une mission dans un des lieux de rendez-vous des partisans de vous-savez-qui, je suis quasiment sûr de l'avoir reconnu. Mais elle… elle était différente et surtout… elle était marquée.

Les yeux de Narcissa s'agrandirent. Alors Cassiopée avait finalement changé de camp ?

- Et puis, elle a grièvement blessé plusieurs de mes agents. Je ne sais pas trop quoi vous dire mais cette situation commence à m'inquiéter et je pense qu'elle est en train de perdre sa place chez les aurors. Je ne sais pas si vous êtes en contact avec elle, mais si c'est le cas, vous devez la prévenir, elle va trop loin et je crois qu'elle est en train de se perdre elle-même.

- Je ne suis en contact avec aucun mangemort Mr Potter, menti-t-elle parfaitement. Même ma propre sœur, qui s'est malheureusement égarée, je n'ai pas eu de ses nouvelles depuis des semaines et je n'en veux pas, dit-elle cette fois avec une grande part de vérité. La chose est que la dernière fois que j'ai parlé avec ma cousine, comment dire... nous nous sommes quittées en d'assez mauvais termes. Et puis, son changement de camp ne m'étonne pas, déclara-t-elle sur un ton hautain.

- Vous voulez dire qu'elle est passé chez l'ennemi, c'est vraiment ce que vous pensez ? demanda gravement l'auror, comme si c'était lui qui était accusé.

- J'ai toujours connu Cassiopée et depuis tout ce temps, j'ai appris beaucoup sur elle. Si elle a l'air solide et indépendante, c'est une vraie girouette, il lui aura suffi de quelques arguments solides. Et puis elle adore qu'on nourrisse ses ambitions, commença-t-elle pleine de reproches. Et puis, je ne suis pas sûre, mais les dossiers à trier, ça a dû la fatiguer à la longue alors qu'avec eux, il semblerait qu'elle puisse se donner en spectacle à sa guise. Alors d'après ce que vous me dîtes, et sachant la prudence de ma cousine, je crois pouvoir vous assurer qu'elle doit changer de statut dans votre département. Mr Potter, je crains qu'elle ne puisse plus être considérée comme fonctionnaire mais comme ennemie publique.

Narcissa venait de démolir toute la carrière de sa cousine et ce avec une élégance assurée. À chaque phrase qu'elle terminait, elle avait l'impression de creuser la tombe de Cassiopée et elle le faisait avec tant de plaisir qu'elle avait l'impression de se transformer en véritable serpent. Mais ça avait visiblement très bien fonctionné puisque, interloqué et soucieux, Potter ne disait plus un mot. D'ailleurs, il remercia rapidement Narcissa et s'en alla, ne pouvant enlever cet air inquiet de son visage. Vraiment, cette soirée était une réussite. Elle afficha un sourire satisfait sirota son whisky tout en souhaitant de bonnes fêtes aux derniers invités qui partaient. Sa joie cependant ne dura pas éternellement puisqu'une fois Nott parti, et que ce dernier lui ait demandé de revenir travailler avec lui, elle observa qui était encore présent dans la grande salle silencieuse. Son regard tomba sur les iris glacées et foudroyantes de son mari. Il s'approcha d'elle, son pas était déjà plein de reproches.

- Je vois que tu commences vraiment à bien t'entendre avec Potter, je ne savais pas qu'on devait l'avoir dans notre poche à ce point. D'ailleurs il ne faudrait pas que tu oublies que tu es mariée ma chère, parce que le défilé de tes soupirants, ça devient franchement agaçant, cracha-t-il plein de fureur et de rage.

- Par Merlin ! Je ne sais pas quel dragon t'a mordu mais il faut vraiment que tu règles tes problèmes de paranoïa mon chère, rétorqua effarée la jeune femme.

- Oh mais je n'invente rien ! Avant que tu ne batifole pendant cinq minutes avec Potter, Nott m'a parlé de ta grandeur d'âme pendant quinze minutes je crois et on aurait dit que tu étais sa fiancé, j'en ai presque eu de la peine pour Greengrass qui à côté souriait bêtement. Et puis après ça, on a eu le droit à l'arrivée surprise de ton chère Caractacus. Il ne savait pas que c'était ce soir la réception, il pensait que c'était demain, d'ailleurs il m'a bien détaillé vos discussions puisqu'apparemment tu vas le voir plusieurs fois par semaine. Il était ravi de m'apprendre qu'il en savait plus que moi sur toi et que vous parliez plus tous les deux que toi avec moi. Alors garde ton hypocrisie et ta pudeur pour quelqu'un d'autre Narcissa Malefoy, déclara-t-il d'une traite, plein de haine et d'amertume.

- Si je vais le voir autant c'est peut-être parce qu'il est là lui au moins ! commença Narcissa qui ne pouvait tolérer ces reproches. Tu veux que je reste clouée dans ton fichu manoir à attendre sagement tes retours Lucius ? Et bien tu t'es trompé d'épouse malheureusement. Et je ne m'excuserai pas de l'intérêt que me porte Nott puisque, même s'il est peu conventionnel, il sait faire des compliments et je crains que ce ne soit pas le cas de tout le monde, défendit-elle en le en appuyant bien la fin de sa phrase accompagnant un regard réprobations. Et puis tu veux qu'on parle de Potter ? J'ai passé cinq minutes à parler de ta chère et tendre Cassiopée. Oui oui, tu m'as bien entendue, tu sais celle que tu as mise en enceinte, la dégénérée qui s'est prise pour Merlin, la fille que je déteste le plus actuellement et accessoirement, celle qui a tenté de faire échouer notre mariage ! Ah, je crois que j'aurais dû la laisser faire, vu à quoi ce désastre a mené, répliqua Narcissa, sur un ton écœurée et les yeux s'emplissant de larmes et de colère.

Lucius resta muet. Il semblait touché par ce que venait de dire sa femme, tout ce qu'elle venait de lui reprocher. Face à cette statue qui ne semblait jamais pouvoir la soutenir et la rassurer, Narcissa désespérée, s'en alla. Il lui retint au dernier moment le poignet comme il avait l'habitude de le faire avant, comme quand il se battait encore pour elle à une époque qui semblait désormais trop lointaine.

- Narcissa, s'il te plaît, souffla-t-il, impuissant.

- Laisse-moi tranquille Lucius, laisse-moi, je t'en supplie, conjura Narcissa, le cœur serré et la gorge nouée.

Il ne libéra pourtant pas son poignet et c'est elle qui dû se détacher de lui avant de se rendre rapidement dans sa chambre, sentir sa solitude et son amertume la réconforter de ce nouveau face à face qu'elle venait de subir.

Couchée et tourmentée, Narcissa s'agitait dans ses draps blancs. Des larmes coulaient sur ses joues et ses gémissements traduisaient son chagrin. Elle se réveilla en sueur et en criant, comme c'était son habitude depuis des mois. Elle ne se souvenait pas de ses cauchemars simplement d'une lumière forte et soudaine, aveuglante et soudaine d'un mal de cœur. Elle tentait de se calmer quand elle fut à nouveau prise d'une immense frayeur quand elle distingua en face de sa fenêtre une ombre, lui arrachant un nouveau hurlement. Le souffle court, elle chercha à savoir qui était là, dans sa chambre.

- Lumos, prononça une voix plus que familière.

Le visage de Lucius était désormais éclairé, il semblait inquiet et doux. Il s'avança vers le lit de Narcissa et s'assit près d'elle.

- Je suis désolé si je t'ai fait peur, d'habitude tu ne me vois pas, déclara-t-il calmement.

- Comment ça "d'habitude" ? demanda toujours terrifiée la sorcière.

- Ca fais des mois que je reste dans ta chambre jusqu'à tard, expliqua-t-il. Ne le prend pas mal et ne me fait pas un scandale, l'averti-t-il craignant une réprimande. Je suis constamment inquiet te concernant… Et puis de toute façon je n'arrive pas bien à dormir sans toi alors quitte à être insomniaque autant l'être ici, s'excusa-t-il.

Narcissa ne trouva rien à dire, trop épuisée pour se battre à nouveau. Il y eu un moment de silence durant lequel les deux sorciers semblaient se parler sans pourtant qu'aucun mot ne sorte.

- Je suis désolé pour ce qui s'est passé tout à l'heure Narcissa… Je ne sais pas comment tu fais, mais à chaque fois je suis hors de moi, tu me mets toujours dans des états que je n'arrive pas à contrôler… avoua-t-il, démuni. Et je sais que je suis un mauvais mari et que je te fais souffrir et que je ne serai jamais aussi gentil qu'un Nott ou charismatique qu'un Potter et que de toute façon, jamais je ne serai à la hauteur de Beurk alors…

- Lucius, murmura Narcissa, confuse. Ne dis pas ça… je… je m'excuse pour mon comportement de ses dernières semaines… depuis la mort de mon père… je veux dire de nos pères, je n'arrive plus à gérer mes sentiments correctement, confia-t-elle à son tour, prenant la main de Lucius dans la sienne. Je crois… qu'on s'est tous les deux fait souffrir, et je crois qu'il nous faut du temps pour apprendre à vivre et à s'aimer ensemble.

- Alors tu m'aimes encore ? demanda plein d'espoir le sorcier.

- Si ce n'étais pas le cas, jamais je ne pleurerai pour toi Lucius… dit-elle doucement et délicatement.

Lucius, ému et touché, visiblement à bout de nerfs face à cette situation qui durait depuis trop longtemps, baisa sa main avec tout l'amour du monde. Puis, plongeant ses yeux dans ceux de Narcissa, il s'approcha doucement, pour être sûr du consentement de cette dernière puis, n'étant pas stopper, il lui prit le visage entre ses mains et l'embrassa. Les deux amoureux, confus, désemparés et soulagés et s'être échangés quelques mots d'amour, prolongèrent se baiser. De moins en moins hésitant et de plus en plus passionné, Lucius se glissa petit à petit dans les draps de la jeune femme qui l'encourageait à venir, le tirant par le col.

- Narcissa… tu es sûre ? souffla entre deux baisers Lucius, sentant que bientôt ils ne pourraient plus s'arrêter dans leurs gestes et leur passion.

- Laissons-nous cette nuit Lucius, oui, cette nuit je ne nous laisserai pas partir, affirma-t-elle emporter par une fièvre indomptable désormais.

Les deux amants, incertains, laissèrent leurs gestes exprimer tout l'amour qu'il se portait l'un pour l'autre, enfin délivrés de ce boulet dont ils avaient eu même jeté la clé du cadenas. Cette nuit appartenait à leur amour tout entier et le reste n'importait plus.

Lorsque Narcissa ouvrit les yeux, elle distingua la neige qui tombait à flot dehors et qui colorait poétiquement la pièce. Un petit moment de latence, le temps de se réveiller et de se souvenir de la veille elle se remémora la visite de Lucius et leur nuit passée ensemble, ce moment de plénitude, d'amour qui lui avait tellement manqué. Elle tourna la tête et vit le doux visage de son mari. Son souffle léger et ces yeux clos le rendant si pur, si beau. Narcissa ne comprenait plus vraiment pourquoi ils s'aimaient et pourquoi ils se détestaient et comment dans tout ça ils trouvaient quand même le moyen de se retrouver et de sentir le bonheur d'être ensemble à nouveau. Elle prit sa baguette qui se trouvait sur la table de chevet et alluma un feu dans la chambre en face de son lit de peur que son amant n'attrape froid. Elle se recoucha près de lui, son visage juste en face du sien. Elle l'observait dormir, peut-être qu'il était libre dans ses rêves ? En tout cas, pour le moment, il appartenait tout entier à Narcissa et elle ne voulait pas gâcher ce doux moment. La chaleur du feu vint effleurer le visage du sorcier qui s'éveilla doucement, toujours dans un rêve visiblement puisque sa bien-aimée était là, belle, sans ornements et dans le simple appareil d'une beauté qu'on arrache au sommeil. Souriante et apaisée, une vision qui relevait de l'extraordinaire. Il ne voulait pas que ce moment s'arrête, jamais. Il s'approcha d'elle et la serra tout contre lui, comme si elle lui appartenait pour l'éternité. Collée contre le torse de Lucius, entend les battements de son cœur, la sorcière était comblée. De sa main elle caressait tendrement les cheveux de son amant. Ils étaient bien, sereins, heureux. Narcissa se rappelait cette nuit, en souriant elle murmura un "je t'aime". Le premier mot de la journée. Le cœur emplit d'amour et de chaleur, Lucius ramena le visage de sa belle près du sien et l'embrassa tendrement. Elle posa sa tête sur son épaule et leurs mains jouèrent ensemble. Ils voulaient seulement rester dans ce lit, tous les deux, et fuir toutes les responsabilités qui allaient bientôt les accabler. Pas un seul mot de sortait de leur bouche, que dire qui n'allait pas entacher ce bonheur éphémère ? Narcissa, doucement, promenait sa main sur le torse de son sorcier, comme si toucher ce corps lui permettrait de se souvenir toute sa vie de ce moment. Mais elle fut intriguée lorsque celui-ci n'était plus lisse et doux à certains endroits. Elle commença à s'affoler lorsqu'elle entendit un petit gémissement de douleur qu'avait tenté de réprimer Lucius. D'un coup, le cœur battant et le regard alerte, elle se redressa et retira le drap qui couvrait le torse de son époux. Elle fut horrifiée par la vision qu'offrait ce torse autrefois si pure. De part et d'autre se trouvait des cicatrices, des bleues et autres étranges marques, dont certaines de couleur. Narcissa se souvenait exactement des blessures comme celles-ci, certains à l'hôpital en mourrait. Les larmes et le tourment prirent le dessus sur la situation et après avoir longuement examiné le torse de son aimé, elle le regarda, déconcertée. En pleine détresse, comprenant à peine ce que cela signifiait ou peut-être qu'elle ne voulait pas comprendre, le regard interrogateur de Narcissa mit un coup au cœur de Lucius. Lui qui faisait tout son possible pour qu'elle aille bien, le voilà qui échouait à nouveau et par sa propre faute. Il se redressa aussi et pris dans ses bras la jeune sorcière qui se mit à pleurer. Ce retour à la réalité était tellement violent, Narcissa ne sentait pas préparée à ça et ça lui faisait mal. Nichée dans le creux de son épaule, elle le serait, le touchait de partout, comme pour signifier qui lui appartenait, qu'il ne devait plus partir et qu'elle voudrait toujours qu'il soit là, auprès d'elle. Elle se calma plus vite qu'elle ne l'aurait pensée, son sens des responsabilités reprenant le dessus. Il se souciait toujours d'elle et lorsque c'était lui qui semblait en détresse, c'est elle qui se mettait à pleurer. Il fallait qu'elle se ressaisisse. Elle se détacha de lui, sécha les larmes qui coulaient encore sur ses joues et lui prit les mains. Elle plongea ses iris dans celles de Lucius, lui-même ne comprenant pas où elle voulait en venir.

- Lucius, il faut que tu me dises, ne m'épargne plus, commença sur un ton sérieux la jeune femme.

- Non, non, Narcissa, c'est mon fardeau, il est hors de question que je t'implique là-dedans, coupa-t-il comprenant finalement ce qu'elle lui demandait.

Il ne voulait pas lui dire, pas lui raconter. Déjà parce qu'il s'était promis de la tenir éloignée de tout ça, de toute cette violence et parce qu'il ne voulait pas lui dire ce qu'il endurait pour protéger leur fragile bonheur. Et puis, il ne s'était jamais livré, c'était à peine s'il voulait lui-même se remémorer ces moments. Il devait être fort devant elle, c'était seulement comme ça qu'il la protégerait. Il prit sa main qu'il posa contre sa joue, reposant sa tête dessus et fermant les yeux, cherchant à nouveau un peu de sérénité et d'amour. Elle s'approcha calmement de lui, colla son front contre le sien, son souffle chaud caressant le visage du sorcier. Puis, tout doucement, elle colla ses fines lèvres contre les siennes. Puis, se décrochant, elle le regarda intensément. Il ne l'avait jamais vu comme ça, si sûre, si prête, si proche de lui et elle était tellement belle ainsi.

- Lucius, c'est toi et moi, pour toujours, on se l'est promis, commença-t-elle murmurant presque.

- Narcissa… tenta-t-il de la couper.

- On doit affronter ça ensemble, ne me laisse pas de côté, continua-t-elle tout aussi déterminée. C'est main dans la main que l'on va s'en sortir, que notre amour va survivre, déclara-t-elle lui prenant la main et entrelaçant leurs doigts. Raconte-moi, finit-elle convaincue.

Lucius la reconnaissait à peine. Elle était la seule lumière de sa vie, son combat et elle lui donnait son âme, elle se donnait tout entière pour qu'ensemble ils atteignent ce petit bout de vie paisible qui semblait si loin. Elle-même se reconnaissait à peine. Jamais elle n'avait été aussi sûre, aussi prête, aussi déterminée. Elle se sentait forte, une force qui faisait qu'elle n'avait plus peur de rien. C'était lui. C'était Lucius. C'était cet amour qui avait toujours été là, cet amour qui semblait si impossible et pourtant si présent, cet amour qui la rendait folle. Elle comprenait ce que lui avait dit Andromeda maintenant, à propos d'aimer. Elle aussi, elle se sentait prête à tout pour lui, pour ce sentiment qui brûlait en elle. C'était sa vie maintenant. Elle en était sûre et tout s'éclairait dans son esprit. Il y avait désormais dans son esprit 4 personnes qui comptaient: Lucius, Bellatrix, Andromeda et Regulus. Pour ces quatre, elle serait prête à tout, peu importe le prix. Mais sa priorité resterait toujours Lucius, c'était une évidence.