Note de l'auteur : Bonjour à tous ! Le chapitre 28 arrive donc assez tôt après les 15 derniers chapitres postés. Le début était écrit depuis un moment et la suite est venue assez facilement, les trois jours de publications m'ont permis de faire les retouches nécessaires. La suit arrivera probablement dans la semaine et il restera deux gros chapitres et l'épilogue ! Je vous laisse donc à la lecture de ce chapitre qui vous plaira j'espère !

Chapitre 28: Au revoir Cassiopée

- Tu te souviens quand tu m'as demandé si j'avais un jour été amoureuse ?

Narcissa était assise sur le banc avec sa sœur, observant sa nièce et son père parcourir le jardin familial. L'été 1975 était particulièrement bon à Darlington et Narcissa aimait passer le plus de temps possible là-bas. Voir sa sœur et sa famille était tellement ressourçant et elle se sentait tellement apaisée avec eux. Cela faisait maintenant deux ans qu'elle était mariée à Lucius et les premiers mois et leurs drames semblaient maintenant loin derrière eux. Tous les jours n'étaient pas parfaits, ce n'est pas ce qu'on pouvait dire. Leur quotidien restait agité. Jouer sur deux tableaux était éprouvant. Narcissa et Lucius maintenait des relations diplomatiques certaines avec le ministère et Lucius était devenu de plus en plus influent. Grâce à ça, il avait pu peu à peu freiner son action sur le terrain avec les mangemorts. Ses missions étaient devenues des exceptions mais à chaque fois, il en revenait changé, plus sombre et durant ces moment-là, Narcissa était tout à lui. Elle consacrait toutes ses intentions et son énergie à le rétablir d'abord physiquement puis à tenter d'apaiser des blessures plus profondes. En dehors de leur chambre, personne ne devait soupçonner que Lucius pleurait la nuit dans les bras de sa femme. Non, face à tous, ils étaient les Malefoy, l'une des plus respectables et puissantes famille de sorcier. Narcissa avait arrêté de travailler officiellement à l'hôpital mais revenait régulièrement prendre des nouvelles de Nott et des autres membres. Elle passait ses journées à faire la discussion avec d'autres femmes influentes et à gérer les relations internationales de Malefoy. Elle était là pour l'image de la famille tandis que Lucius s'occupait plus de la paperasse et de la manipulation des hauts-placés. Elle tentait d'occuper ses journées comme elle le pouvait, attendant le retour de Lucius chaque soir. Ils ne se quittaient plus, ils passaient leur soirées dans les bras l'un de l'autre, tentant de rendre leur moments ensemble, les meilleurs moments possibles et entrevoir un petit bout d'éternité et de sérénité. Elle aimait se retrouver dans ses bras et sentir son souffle tout près d'elle, durant ces précieux instants, il lui appartenait enfin.

Les yeux fermés, Narcissa appréciait la chaleur du soleil sur son visage. Elle avait les mains sur son ventre arrondi. Elle n'avait jamais vu Lucius aussi heureux que lorsqu'elle lui avait annoncé sa grossesse. Il l'avait prise dans ses bras tellement de fois et avec tellement d'amour, l'embrassant et la cajolant. Il était alors aux petits soins avec sa femme, en prenant soin d'elle constamment. Ils étaient tellement heureux depuis cinq mois. Narcissa savait que cet enfant allait éclaircir leur quotidien et les combler de bonheur. Pourtant, parfois, elle avait peur. Elle redoutait le Seigneur des Ténèbres et sa puissance qui ne faisait qu'augmenter. S'ils étaient de son côté, ce n'est pas pour autant qu'ils étaient sains et saufs. Il était imprévisible et tellement cruel et le danger rôderait toujours autour de leur famille. Mais Narcissa s'était promis une chose, c'était Lucius et l'enfant qui comptaient, il fallait les protéger absolument, quoiqu'il en coûte. Andromeda et Bellatrix étaient sur sa liste aussi, évidemment, mais ça avait toujours été le cas.

- Oui je m'en souviens, répondit intriguée sa sœur. Comment pourrais-je oublier ce jour… commenta-t-elle pleine de mélancolie.

- Je l'aime, souffla Narcissa. Je ne l'ai jamais dit à quelqu'un d'autre que lui. Mais je l'aime tellement, et je veux le dire partout et à tout le monde, c'est étrange, non ? ajouta-t-elle un peu gênée.

Andromeda se tourna vers sa petite sœur et avec une infime bienveillance lui prit la main en hochant négativement la tête.

- Non Cissy, ce n'est pas étrange, affirma-t-elle. Je ne pourrais pas te l'expliquer mais je crois que toi et moi on à la réponse en nous. L'amour et tous ces énigmes sont impénétrables il faut laisser une part de mystère, une part de incontrôlable.

- C'est tellement effrayant, ajouta Narcissa tout en regardant son ventre.

- Tu sais, quand Dora est née, j'étais terrifiée. J'avais peur d'être mère, de ne pas réussir à tout faire correctement et puis à la protéger aussi, surtout ces derniers temps, dit-elle doucement et sérieusement. D'ailleurs il m'arrive le soir d'angoisser. Tout ne nous appartient pas, on ne peut pas avoir la main sur tout, il faut laisser aussi les autres et les évènements faire ce qu'ils ont à faire, nous il faut que l'on rende ça le moins terrible possible. Tu sais, Merlin disait : "Si un sorcier pense maîtriser et contrôler la magie, c'est qu'il n'est pas un vrai sorcier." On ne peut pas, on ne peut jamais totalement maîtriser la magie et l'amour est une magie universelle que même les moldu expérimentent mais ni eux ni nous ne pouvons prétendre avoir la main dessus. Mais je suis certaine que tu seras une très bonne mère.

Puis, elle prit sa petite sœur dans ses bras. Narcissa, la tête sur l'épaule de sa sœur laissa couler des larmes de bonheur.

Lorsque Narcissa rentra chez elle, il commençait à être tard et d'habitude Lucius l'attendrait sûrement avec impatience mais il était en vadrouille ailleurs pendant deux jours. Depuis le début de la grossesse, il avait fait preuve d'une incroyable humanité et de tendresse sans limite pour sa femme. Lors de l'annonce du sexe de l'enfant, il avait sauté de joie et avait supplié sa femme d'accepter le prénom qu'il voulait. Narcissa n'avait pas pu lui refuser ça, il était si heureux et puis c'était un jolie prénom, du moins qui correspondait parfaitement à l'idée qu'elle se faisait de cet enfant. Ils avaient donc commencé à tout mettre en place pour l'arrivé du bébé. La chambre était prête et Narcissa n'arrivait pas à résister à acheter des jouets et autres habits supplémentaires. Sur la porte et sur quelques-unes des affaires, un petit S était donc brodé. Lucius avait choisi Scorpius pour leur fils. Ils ne s'étaient pas encore mis d'accord sur le parrain et la marraine de leur fils. Il était évident qu'il fallait choisir des alliés sûrs et importants. Narcissa avait donc renoncé assez rapidement à évoquer Andromeda. Les Lestrange étaient hors course puisqu'ils étaient recherchés partout dans le pays par les aurors, ce n'était pas vraiment le moment de se faire soupçonner. Narcissa avait tenté de convaincre Lucius que Caractacus serait un très bon parrain mais il en était hors de question pour lui. Cependant, il avait accepté l'éventualité que ce soit Régulus, n'ayant pas d'argument contre lui. Puis, lors du mariage de Nott et de Josie Greengrass, il leur avait semblé raisonnable de choisir cette dernière comme marraine. Tout était prêt pour Scorpius à quelques détails près.

Narcissa arriva donc au manoir. Il faisait froid et sombre mais elle s'y était habituée depuis longtemps. Dobby apparut évidemment quasiment à son arrivé, la déchargeant de ses affaires. Maintenant elle ne faisait plus attention à lui, elle était toujours mal à l'aise quand il était là et ne savait comment faire avec cet être. Elle monta à l'étage vers la chambre qu'elle avait occupé il y avait bien longtemps maintenant, quand elle et Lucius était en froid. Désormais cette pièce lui servait surtout de dressing. Elle rangea les quelques nouveautés qu'elle avait acheté, des robes spéciales grossesse. Toutes ces fantaisies l'amusaient beaucoup mais c'était surtout pour passer le temps et faire la conversation. Soudain il y eu comme un fracas devant la porte. Narcissa prit peur et sortit instinctivement sa baguette. Elle s'approcha doucement de la porte, entendant des faibles gémissements. Elle l'ouvrit brusquement pour créer un effet de surprise. Finalement, ce fut plus elle qui fut surprise. Cassiopée était là, par terre, dans un état lamentable. Elle était recroquevillée sur elle-même et Narcissa avait dû mettre plus de temps à la reconnaître tant son visage était couvert de sang et de bleus. Elle était très maigre aussi et vêtu comme une souillon. Narcissa ne comprenait pas ce qui se passait. Puis elle croisa le regard de sa cousine, un regard plein de supplice et de fatigue. Narcissa sentit son cœur faire un bond. Elle n'avait jamais vu Cassiopée dans un état pareil. Elle n'avait jamai vu qui que être dans un si mauvais état. Tout son corps tremblait, ses bras découverts étaient foncés et Narcissa distinguait des bleus de parts et d'autres. Cassiopée gémissait et ses larmes inondaient le plancher. Devant Narcissa, elle était juste pauvre chose agonisante. Sa cousine se sentit soudainement inutile et totalement impuissante. Que devait-elle faire avec ça, avec quelqu'un qui mourrait devant ses yeux, que devait-elle faire dans une urgence pareille ? A l'hôpital elle se contentait de donner des médicaments aux patients, elle n'avait géré d'urgence en tant que tel. Elle mit donc quelques minutes à réagi, comme si le temps s'était arrêté et qu'elle attendait que la situation se règle toute seule. Puis, Cassiopée bougea son bras, tremblant, ensanglanté, elle le tendit vers Narcissa, comme un ultime supplice. Une dose d'adrénaline s'empara du corps de Narcissa qui arrêta de réfléchir et qui se mit enfin à bouger. Elle décida donc de la mettre dans le lit de la chambre et de la soigner. Elle mit deux heures avant d'enfin pouvoir veiller à son chevet et à attendre son réveil. Toutes les plaies et autres blessures étranges qu'avait Cassiopée étaient plus que préoccupantes. Depuis que Potter lui avait demandé si elle savait où elle était, il y a plus de deux ans, Narcissa n'avait pas eu de nouvelles et avait fini par l'oublier. Et la voilà qui était de retour, elle avait le don pour les arrivées fracassantes et inattendues. Son père avait été laissé de côté lui aussi et Narcissa n'avait pas pris de ses nouvelles depuis qu'il avait aidé Sirius et que la tante Walburga s'était mise à le détester. Pendant qu'elle dormait, Narcissa avait réfléchi aux raisons de tout ça, de ses blessures et de son arrivée soudaine ici. Elle n'arrivait pas à comprendre mais elle était convaincue que cela n'augurait rien de bon. A défaut de pouvoir connaître la réponse à ses questions, elle avait échafaudé un plan pour qu'elle disparaisse une bonne fois pour toute. Mais pour ça il fallait d'abord qu'elle se réveille. Narcissa se contentait de l'observer, elle était juste là, c'était comme s'il s'agissait d'une patiente, d'une étrangère. Pourtant Narcissa tentait tant bien que mal de se souvenir de leur moments passés ensemble, avant qu'elle ne revienne et que tout prenne des proportions démesurées. Elle arrivait à se remémorer ses sourires d'enfants, leurs rires étouffés pendant leur vacances d'été, quand il ne fallait pas faire de bruit, de ses deux sœur et elles qui jouaient ensemble jusqu'à l'essoufflement, des réprimandes de leur parents, surtout de tante Walburga. Peu avant l'entrée à Poudlard de Bellatrix, puis d'Andromeda, les deux filles s'étaient senti assez seules, les deux plus grandes étaient obligées de se plier de nouvelles règles imposées surtout par leur tante. Avant qu'elles ne comprennent vraiment ce que cela signifiait, elles avaient elles aussi dû se mettre à passer leur après-midi à lire et travailler, à apprendre à rester droite et silencieuse et à sourire et répondre poliment. Narcissa se souvenait que c'était à ce moment qu'elle et Cassiopée avait commencé à s'éloigner. Sa cousine était très souvent punie puisqu'elle ne respectait pas ces règles, Narcissa, elle, était assez douée et c'était les seuls moments où la tante Walburga ne semblait pas la détester, alors c'était devenu important de faire exactement comme il fallait. Cassiopée n'arrivait pas à s'y faire et bientôt elle fut éloignée par son père, tous deux partant faire le tour du monde. Narcissa s'était sentie abandonnée. Andromeda et Bellatrix étaient ses sœurs et elles étaient plus âgées, elles ne pouvaient pas être comme ce que Cassiopée était, comme sa meilleure amie était. Et puis pendant des mois elle attendait une lettre de sa chère cousine et lorsqu'elle en recevait finalement une elle entreposait soigneusement dans une boîte qui était sûrement encore au fond de sa malle dans la maison de ses parents. Quand elle revenait avec son père pour les fêtes de famille, Narcissa était à ses pieds, ne cessant de l'admirer, elle et ses fabuleuses aventures et puis son charisme qui écrasait tout le monde. Narcissa cherchait désespérément ce sentiment, ce souvenir, ces moments d'innocence et de gaieté. Mais, à part leur sang, il n'y avait plus rien de pure lorsqu'elle voyait Cassiopée, c'était pire que des faux semblants. L'image de Narcissa qu'avait eu Cassiopée était totalement erronée. L'histoire de Lucius et du triangle amoureux n'avait finalement été qu'un prétexte. Mais Narcissa ne pouvait se résoudre à abandonner la jeune sorcière qui se trouvait sur son lit, malgré elle, elle ne pourrait jamais totalement effacer Cassiopée de sa vie, c'est elle qui avait fait la majeure partie de ses plus beau souvenirs, qui l'avait fait vivre malgré tout. Narcissa n'avait pas jeté la boîte où se trouvait les lettres et autres babioles qui la reliaient à Cassiopée, elle était dans la malle, dans un coin de sa chambre. Après la mort de son père, Narcissa avait hérité de quasiment tous les biens y compris la maison. Elle n'avait jamais su quoi en faire et avait donc décidé de la laisser telle quelle et de revenir quelques fois, trouver du calme et quelques souvenirs, c'était devenu son refuge. Lucius le savait mais pour Bellatrix et Andromeda, la maison avait été vendue et détruite. Elle avait inventé ce mensonge assez égoïstement mais elle voulait que ce soit chez elle et elle ne voulait pas que ses sœurs en fassent toute une histoire.

Narcissa était plongée dans ses souvenirs quand soudain un éclair jaillit dehors suivit de près du tonnerre, en quelques secondes la pluie fit aussi son apparition en trombe. Narcissa eu un sursaut quand la fenêtre, qu'elle avait laissé entrouverte, s'ouvrit subitement avec un coup de vent qui fit voler les rideaux. Narcissa se dépêcha d'aller fermer la fenêtre et observa quelques minutes le temps maussade, la fin de l'été chaud et ensoleillé approchait plus vite que Narcissa ne l'aurait imaginé.

- Cissy ? murmura doucement une voix.

Narcissa savait qu'il était donc temps, elle était réveillée. Elle se retourna et croisa une nouvelle le regard apeuré de Cassiopée, les yeux rouges et vitreux. Pourtant elle ne bougea pas pour aller la voir de plus près, elle ne voulait pas jouer l'infirmière, pas dans cette situation, pas avec elle.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi je suis ici ? demanda-t-elle avec douleur, visiblement totalement perdue.

- Ca c'était mes questions, répondit froidement sa cousine. Tu as transplané ici, en sang et blessée, céda finalement Narcissa, par pitié.

Cassiopée semblait chercher dans sa tête le pourquoi du comment et au bout de quelques instants, des larmes se mirent à tomber sans même qu'elle ne s'en rende compte. Puis une nouvelle fois, elle plongea son regard dans les pupilles froides de Narcissa.

- Cissy… commença-t-elle, prête à tout lui dire.

- Non ! coupa brusquement la sorcière. Je ne veux rien savoir, je crois que ça vaut mieux pour tout le monde.

- Même si je le voulais, je ne pourrais rien te dire… dit-elle mystérieusement.

- Pour une fois c'est moi qui vais parler, d'accord ?

Ce n'était pas vraiment une question et Narcissa l'avait dit avec tellement de détermination que sa cousine, fatiguée et visiblement chamboulée n'osa pas rajouter quelque chose. Narcissa se rapprocha doucement du lit, mais resta debout.

- Je suppose que tu cherches à fuir, qui et quoi, ça regarde Merlin et toi. Lucius rentre demain et je refuse que tu sois là pour gâcher notre bonheur.

Cassiopée observa sa cousine et remarqua son ventre arrondi et entre-ouvrit la bouche de surprise puis comprenant que de toute façon Narcissa n'accepterait aucuns commentaires de sa part, elle referma la bouche aussitôt.

- Je peux te procurer de faux papier pour que tu t'en ailles, l'Europe ou l'Amérique, peu importe, je n'en serai rien. Mais tu dois me jurer que tu ne réapparaîtras jamais ! déclara-t-elle avec fureur.

Avec la même conviction qu'elle, Cassiopée hocha la tête.

- Tu vas passer la nuit ici, de toute façon tu n'es pas en état de bouger et demain je t'emmènerai dans un endroit sûr loin d'ici.

Narcissa tourna les talons et laissa sa cousine seule dans la chambre, prenant soin de la fermer à clé. Cette nuit-là, Narcissa dormit mal, quasiment pas même. L'orage grondait et elle était convaincue que Cassiopée et les problèmes qu'elle amenait n'allaient pas être sans conséquences et elle s'imaginait les pires scénarios. Les seuls moments de sérénité qu'elle avait était quand elle sentait son petit Scorpius et qu'elle touchait son ventre, elle savait que lui au moins ne lui apporterait que du bonheur.

Lucius rentrait en début d'après-midi, il fallait donc que dès la fin de la matinée, tout soit parfait et qu'il ne soupçonne rien. A sept heures elle se rendit donc dans la chambre où elle avait laissé Cassiopée la veille et l'ouvrit. Elle était réveillé ce qui soulagea Narcissa qui n'aurait pas su comment s'y prendre pour la réveiller. Elle avait toujours cet être déprimé et inquiet. Les deux jeunes femmes n'échangèrent pas un mot. Narcissa lui fit le don d'anciens habits à elle et elle attendit que Cassiopée soit prête. Puis elles se retrouvèrent face à face, à nouveau comme deux étrangères qui n'avaient rien à se dire.

- Accroche-toi, je ne sais pas si tes blessures vont bien supporter le transplanage, déclara-t-elle sans vraiment se soucier d'elle.

Elles se donnèrent la main et Narcissa ne fit pas traîner les choses. Elles se retrouvèrent dans un champ de blé et Cassiopée était vraiment perdue et se contentait de faire aveuglément confiance à sa cousine. Narcissa, elle, savait exactement où elles étaient. Elle savait dans quelle direction aller. Cassiopée se tenait un peu en retrait, le poing serré, elle aurait aimé sa baguette pour réagir en cas d'attaque. Narcissa l'avait sauvé mais était-elle vraiment sincère ? N'y avait-il pas une partie d'elle qui voulait se venger et n'était-ce pas une excellente occasion ? Narcissa n'avait pas informé sa cousine de l'endroit où elles allaient et Cassiopée ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle se jetait tout droit dans un piège. Le matin, en se réveillant, elle avait pensé à de nouveau transplanner ailleurs, dans un endroit plus sûr, chez son père peut-être. Mais sa cousine avait l'air si déterminée la veille qu'elle avait décidé de croire en son humanité et de croire au lien de sang qui les unissait et Cassiopée savait que Narcissa était une femme d'honneur. En quelques minutes, elles arrivèrent devant une jolie maison aux volets bleus clairs. Cassiopée ne savait pas dans quoi elle s'embarquait mais cette petite maison lui inspirait relativement confiance. Plus elles se rapprochaient, plus il semblait à Cassiopée entendre des rires d'enfants. Devant la porte, juste au-dessus de la petite fente pour le courrier, on pouvait lire "Fabian et Karen Prewett". Cassiopée se mit à regarder plusieurs fois les noms, elle n'en revenait pas, pourquoi Narcissa l'avait amené ici. La porte s'ouvrit quelques secondes après que sa cousine est toquée. Fabian avec un enfant dans les bras ouvrit. Il sembla étonné mais pas de mécontent de voir Narcissa, à croire que c'était d'anciens amis. Puis il prit le temps de regarder Cassiopée, avec un regard plus sombre, comme s'il s'agissait d'une étrange inconnue. Il les invita à rentrer. Dans le salon il déposa le petit garçon qu'il tenait dans ses bras et qui devait avoir deux ans. Il alla directement dans les bras de sa mère. Karen était par terre en train de jouer avec un bambin. Tous les deux rouquins, les deux enfants étaient sans nul doute les enfants de Fabian et Karen tant il leur ressemblait. Karen fut eu le même comportement que son mari vis-à-vis de l'arrivée de ses visiteurs. Puis on entendit les escaliers grincer, quelqu'un descendait. Il apparut dans le salon, l'air innocent et plonger dans un parchemin, ne s'étant pas rendu compte qu'il y avait deux personnes en plus. Puis face au silence et à l'ambiance il releva la tête. Gideon Prewett fit tomber la pomme qu'il tenait dans son autre main et fut stupéfait de voir Narcissa et Cassiopée dans ce salon. Narcissa savait qu'il vivait avec son frère et Karen c'était principalement pour cette raison qu'elle ne l'avait pratiquement pas vu depuis plus d'un an, elle le croisait seulement chez sa sœur mais elle s'était bien gardée de revenir ici après qu'elle ai su que Gideon était là. Cassiopée par contre semblait dans le même état d'incompréhension que Gideon, d'ailleurs, ils n'arrivaient pas à se quitter des yeux.

- Qu'est-ce qui se passe ici ? arriva-t-il enfin à dire.

- Je suis désolée de débarquer à l'improviste mais j'ai un problème sur les bras, dit-elle en désignant plus ou moins discrètement Cassiopée qui ne chercha pas à rétorquer. Cassiopée a débarqué chez moi hier soir dans un sale état. Il est hors de question que je la garde avec moi et pour qu'elle arrête enfin de tous nous nuire, j'ai pensé que tu pourrais l'aider à quitter le pays Fabian, expliqua-t-elle en se tournant vers le sorcier.

Narcissa savait qu'elle se trouvait en terrain ennemi, elle était quasiment certaine que les frères Prewett faisaient partie de la résistance et qu'ils étaient des membres actifs de l'Ordre du Phoenix. Elle n'aurait jamais risqué autant en venant ici mais elle savait que Karen et Fabian ne la détestaient pas et il s'agissait d'une urgence. Le père de famille hocha la tête pour montrer son accord. Karen se leva ensuite pour observer l'état de Cassiopée qui fut assise sur une chaise. Narcissa lui faisait un récapitulatif des blessures qu'elle avait soigné et celles qui restaient à traiter.

- C'est assez impressionnant, commenta la mère de famille.

- Quoi donc ? demanda alarmée Cassiopée.

- Eh bien, tes blessures sont vraiment importantes et si elles n'avaient pas bien été traitées et vites, je crois que tu ne serais plus de ce monde pour nous parler, expliqua-t-elle en se tourna vers Narcissa.

En effet, devant l'urgence de la situation Narcissa l'avait soignée. Pourtant pendant quelques minutes elle l'avait observé, se demandant si elle faisait le bon choix, si elle ne devait pas tout simplement l'abandonner. Puis les derniers mots de sa mère avaient résonné dans sa tête et elle ne s'était pas posé plus de question. Cassiopée comprenait peu à peu tout ce que sa cousine qui semblait sans cœur ni humanité faisait pour elle, pour la sauver.

- Gideon, tu pourrais l'emmener à l'étage s'il te plaît, il faut qu'elle se repose.

Le jeune sorcier s'exécuta, prenant délicatement la main de Cassiopée et avec tellement de bienveillance que le cœur de la jeune femme se réchauffa un peu. Une fois hors de la pièce, Fabian prit un air sérieux et s'approcha de Narcissa.

- Tu sais d'où elle vient ?

- Non, je lui ai demandé de ne rien me dire, je ne veux rien savoir, affirma-t-elle.

- Tu sais que si elle vient de leur quartier général elle doit avoir des informations importantes, insista-t-il, comme pour être sûr que Narcissa avait bien saisi tous les enjeux.

- Si elle ne m'a pas menti, je ne pense pas qu'elle vous dira quoique se soit et j'aimerais vraiment qu'elle s'en aille, pas pour moi, je pense que c'est juste mieux pour tout le monde qu'elle disparaisse, déclara la sorcière.

- Gideon voulait partir aussi il me semble, ajouta Karen avec malice.

- Je ne veux rien savoir sur elle, je pense que vous comprenez tous les risques démesurés que je prends pour elle, c'est bien parce que je ne veux pas qu'elle me pose plus de problèmes, assura Narcissa.

Les deux parents hochèrent la tête. Puis Karen afficha un sourire bienveillant et en regardant le ventre de Narcissa commenta:

- Au fait, toutes mes félicitations!

- Merci Karen, je vois que tes enfants se portent bien, tant mieux, dit-elle sincèrement.

- Oui, Peter et Roxanne sont parfois de vrais garnements mais c'est le côté Prewett qui veut ça, dit-elle en taquinant son mari qui se relaxa un peu.

- Bon, il faut que j'y aille, si tu pouvais éviter d'en parler à Andy, il faut vraiment que la réapparition de Cassiopée reste un secret, c'est primordial.

Karen hocha une nouvelle fois la tête, Narcissa savait qu'elle pouvait lui faire confiance. Avant de partir, Cassiopée réapparu, retenant sa cousine. Les autres habitants les laissèrent seuls.

- Merci Narcissa, merci beaucoup, je te dois beaucoup, déclara-t-elle avec sincérité.

- C'est surtout eux qui vont t'aider, je ne mais que de me débarrasser de toi, dit-elle froidement.

- Mais tu savais qu'il y aurait Gideon, et tu savais que… peu importe, tu m'as soigné hier et tu me sauves encore aujourd'hui. Je savais qu'en venant au manoir je pourrais compter sur toi.

- C'est dommage que Lucius n'ait pas été là, peut-être que tu espérais que ce soit lui qui te sauves après-tout, commenta-t-elle amèrement.

- Que tu me crois ou non, je sais que j'ai transplané au manoir parce que je savais que tu serais là, c'est instinctivement. Mais je pense que rien que je puisse te dire ne te convaincra.

- En effet.

- Et même si tu ne me crois encore une fois pas, je te jure que je ne ferai rien pour vous nuire, ni toi, ni Lucius ni… dit-elle en regardant le ventre arrondi de Narcissa.

- Scorpius, informa Narcissa. Le seul moyen pour que tu puisses nous être utile c'est que tu disparaisses Cassiopée, insista la jeune femme.

- Je pense que nos chemins se séparent définitivement maintenant, déclara presque tristement la sorcière.

- Si tu fais tout ce qu'il faut, oui.

Un malaise s'installa. Que fallait-il faire lorsque l'on voyait pour la dernière fois sa cousine, celle avec qui son enfance avait été un rêve et avec qui on s'était disputé violemment plus tard ? Narcissa ne savait pas, elle ne savait pas quoi penser ni faire. C'est donc Cassiopée qui prit l'initiative de la prendre dans ses bras, de façon très brève mais pendant ces quelques secondes, c'est comme si elles étaient à nouveau petites et innocentes et amies.

- Au revoir Cassiopée, déclara simplement Narcissa en se détachant.

- Au revoir Narcissa, répondit sa cousine.