Jour 3 – Grillé

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Kuroko était en panique.

Vous avez bien lu : Kuroko était en panique complète !

Lui, l'homme impassible, l'ombre invisible, le héros discret au charisme de navet. Et bien il crisait ni plus ni moins chez lui, tournicotant dans tous les sens pour réparer sa bêtise.

Il avait voulu tester une recette de Kagami, à savoir un délicieux gâteau au nougat dans le but de faire plaisir à son compagnon, mais voilà, il avait oublié qu'il ne savait pas cuisiner. Ce n'était pas en une recette que l'illumination pouvait venir le frapper et mettre de la poudre d'or dans ses mains si délicates. Autant il était bon pour les passes, autant c'était une catastrophe ambulante pour la cuisine.

La preuve : émanait de son four une fumée noire sentant le cramé. Elle envahissait absolument toute la pièce, même les fenêtres ouvertes elle ne partait pas.

Le fantôme gesticulait dans tous les sens en cherchant une idée de génie pour faire disparaître la trace de son méfait. Il avait déjà bousillé trois poêles en un mois de vie commune, un plat à gratin, un wok et le micro-onde. Comme par magie il avait flambé de l'intérieur, pris d'auto combustion. Heureusement que son homme détenait une patience illimitée, un self control inégalé et un compte bancaire bien garni. Mais bon, toute bonne chose avait une fin, Akashi ne tiendrait pas toute l'année comme cela et notre héros ne voulait pas revoir sa face sombre… Très peu pour lui. Il ne voulait pas non plus paraître incompétent à ses yeux, connaissant son amour pour la perfection. Kuroko se devait d'être bon et surtout d'arrêter de provoquer des catastrophes naturelles dans leur cuisine.


L'heure affichait bientôt dix huit heures, son tendre aimé allait rentrer de ses cours et des ses activités de Président du club de Shogi. Il fallait impérativement cacher le délit. Seulement sur le coup Kuroko ne trouvait pas de bonne idée. La fumée commençait seulement de se dissiper. Dans une impulsion de survie, il s'empara du plat refroidi puis le balança par la fenêtre. Comme ça, sans penser que quelqu'un pouvait se trouver en-dessous à tout hasard…

Il se crispa lorsqu'il reconnut ce timbre clair, posé néanmoins autoritaire. Juste, son prénom était prononcé d'une façon polaire.

Kuroko se risqua à jeter un coup d'œil par la fenêtre, à moitié dissimulé. Son plat avait atterri sur la tête de son chéri. Ses yeux vairons brillaient à la lueur du soleil couchant. Le jeune homme aux cheveux ciel ferma la fenêtre, ainsi que la porte à clef. Le temps que l'Empereur s'en aille pour de bon.

La prochaine fois il demandera à sa lumière de lui confectionner un gâteau, sa vie n'en sera que moins risquée.