Jour 16 – Anguleux

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Anguleux : caractérise ce qui manque de souplesse.

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Kuroko soufflait intérieurement. Bien sûr il ne montrait jamais rien de ses émotions comme à son habitude. C'était peine perdue, car devant son fiancé chacune de ses mimiques, aussi infimes soient-elles, se trouvaient décortiquées à la loupe. Ou non, au scanner. Akashi possédait des yeux bioniques, c'était sûr et certain.

— Non Tetsuya, nous nous sommes engagés dans ce dîner de bienfaisance, j'ai réservé depuis deux mois, nous devons nous y rendre.

— Je sais Sei-kun mais Kagami-kun n'est pas là pour longtemps, après il repart aux USA. Je n'aurais plus l'occasion de le voir. Riko-senpai organise une soirée avec tous les ex joueurs de Seirin.

Pour l'occasion Kuroko sortait son arme la plus terrible : la petite moue adorablement tristounette de Momoi combinée aux yeux larmoyants de Kise. Il ne l'utilisait que dans des cas de force majeur parce que cela lui demandait un jeu d'acteur extraordinaire et puisait dans son énergie.

Même ce stratagème ne fonctionnait pas. Le jeune homme intransigeant soupira, les bras croisés contre sa poitrine en le regardant stoïquement.

Ah qu'il était difficile de faire flancher Sei-kun !

Petite moue suppliante cette fois-ci, Kuroko formait un « o » avec ses lèvres un peu boudeur. Il en aurait mal à la mâchoire le soir.

— Inutile d'insister Tetsuya, les billets sont réservés, demain à vingt heures nous irons au gala. Et arrête de faire cette tête s'il te plait.

— Pourquoi, ça t'embête ?

— Pas le moins du monde, mais on dirait un petit enfant qui n'a pas ce qu'il veut.

Nigou fut intercepté par son maître qui se positionna à hauteur de la tête de son chien – déjà grand – et côte à côte l'effet était plutôt réussi… Deux paires d'yeux d'une mignonnerie insoutenable dévisageaient Akashi. Ce dernier claqua la langue contre son palais en abdiquant.

— C'est bon… J'irai tout seul.

— Merci Sei-kun, tu es le meilleur petit-ami, dit-il en souriant sincèrement.

Et Nigou d'aboyer pour renforcer les dires de son maître.

Akashi se fustigeait intérieurement : il venait de plier face à la fourberie de son homme et pour rien en prime ! Parce que Kagami repartait effectivement en Amérique à la fin de la semaine mais pour terminer son déménagement sur le sol nippon.

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Il n'y avait que le fantôme pour faire changer d'avis son empereur.