Jour 18 – Bouteille
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— Et bien, tu as peur Tetsuya ?
La voix claire d'Akashi le fit frissonner, comme à chaque fois.
Kuroko ne savait pas comment interpréter cette réaction face au timbre autoritaire de son capitaine. A chaque fois naissait dans son corps une nuée frissons, provoquant la chair de poule le long de ses membres.
— Non, bien sûr que non, répondit le principal intéressé.
Ils étaient tous assis en cercle dans la demeure des Akashi. Le patriarche était en voyage d'affaire quelque part en Europe, son fils pouvait jouir du manoir comme il l'entendait. Il invitait régulièrement ses amis pour des petites soirées. Mais à l'instar de son image raffinée, Akashi mettait les petits plats dans les grands, ce qui impressionnait ses invités. Là, ils terminaient par un concours de boisson, surprenant pour un garçon aussi bien éduqué que Seijuro. Il voulait tester les limites de ses joueurs, enfin surtout un… Son petit diamant brut. Il aimait repousser Kuroko dans ses retranchements, il n'hésitait pas à sauter les deux pieds joints dans ses pièges.
Le garçon aux yeux de sang lui tendit une coupe de saké – bouteille rare et chère, précisons-le – en guise de provocation. Son regard luisait d'un éclat inquiétant, c'était peut-être ce détail qui donnait ces tressaillements au passeur.
Il n'y avait plus qu'eux deux dans la pièce, la tension était-elle que plus personne n'osait parler, ni même respirer trop fort. Akashi se moquait bien de ses camarades, seuls ces perles azures le défiant droit dans ses yeux avaient de l'intérêt.
Doucement, Kuroko porta la coupelle à ses lèvres. L'alcool fort brûlait le rebord de celles-ci. La gorgée qu'il but chauffa son œsophage comme si une rivière d'acide coulait à l'intérieur. Sa gorge semblait en feu, cependant il ne toussa pas, avalant le saké millésimé.
L'autre sourit en coin, perfidement.
Ce garçon faisait absolument tout ce qu'il voulait, c'était délicieux.
Kuroko fit de même en offrant une coupe pleine à ras-bord.
— A toi maintenant Akashi-kun.
L'héritier sourit, la prit et but sans départir ses iris pyropes de ceux en face de lui.
Lui aussi tombait dans les filets de ce jeune garçon banal de prime à bord, parce que personne à part lui pouvait se targuer d'ordonner quoi que ce soit à l'Empereur… Sauf si sa fierté était en jeu, et face à Kuroko, elle l'était. Toujours.
