21 – Vider

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Kuroko était un incube, Akashi en restait persuadé, étendu dans leurs draps défaits, la respiration hachurée, son corps atonique et ses muscles tétanisés, vidé de son essence vitale.


Ils venaient de faire l'amour pour la énième fois depuis le début de la soirée. Les retrouvailles entre eux se passaient pratiquement toujours de la même façon… Quand le capitaine de Rakuzan revenait à la capitale pour un week-end ou les vacances, il invitait son petit-ami dans un restaurant haut de gamme, logé dans une tour de verre. Ils allaient parfois voir un film ou une pièce de théâtre, se promenaient dans les rues de Tokyo, éclairées par les néons fluorescents des quartiers bouillonnants ou par les lanternes plus tamisées des temples traditionnels. Ils passaient une soirée en amoureux rien que tous les deux. Akashi se permettait quelques gestes de tendresse chaste puis ramenait son amant à sa chambre d'hôtel.

Ensuite ils s'abreuvaient du corps de l'autre, se prouvaient leur amour le reste de la nuit dans des étreintes passionnées.

Kuroko en redemandait encore et encore, insatiable sans jamais se fatiguer. Autant pour le sport son endurance restait somme toute relative, autant pour les joies de la chair s'en était tout autrement…

Il épuisait son Empereur jusqu'à ses dernières forces, quand il dérivait à la frontière de la raison et de la folie. Alors ingénu, Kuroko se relevait sur son coude, allongé près d'Akashi, déposait quelques baisers papillons sur son visage et de sa main agile vagabondait sur son membre au repos.

Ne sachant pas comment ni pourquoi, cette technique fourbe fonctionnait à tous les coups, forçant Seijuro à repartir à l'assaut de son amant. Un jour Tetsuya allait le tuer, aspirer sa vie dans ses baisers langoureux.

Pour l'heure il se laissait volontairement aller dans les bras de son homme, profitant de ses initiatives fortes plaisantes. Oui, milles fois oui, Kuroko était en réalité un incube envoyé de l'Enfer pour le faire perdre pied sur cette Terre.