Un désert, du sable à perte de vue et une montagne unique fièrement dressée en sont centre. Je me sens enfin chez-moi, mais mon cœur se serre. Comme si je savais que cet endroit n'existait plus, détruit. Disparu. Quelqu'un entre dans mon champ de vision. Quel drôle de créature : sans réel visage, juste deux yeux lumineux sous une capuche qui laisse présagée des oreilles pointues... ou des cornes? Pas de bras et des jambes fines sans pied. Une sorte de robe avec des motifs tribaux, faite dans deux grand morceaux de tissus (un pour le corps et l'autre pour la tête), pardessus le tout un foulard (magique) exagérément long qui à l'air de pouvoir servir de main. La créature s'incline. «Maitre, il est réveillé.» La voix est étrange, éthérée. Je la suis dans une chambre. Il ne manquait plus que ça. Devant moi, assis dans un lit se tient un géant violet... Je pari que le prochain sera jaune. Bref, passons. Il est blessé et recouvert de bandages. «On me dit que tu est le maitre des lieux.» Ça voix est profonde. J'arrive à le comprendre, je crois que j'ai fouillé sa tête pour apprendre sa langue. Je hoche la tête sans répondre, il ne mérite pas que j'utilise ma voix. «C'est quoi comme endroit?» Je n'aime pas parlé, ici on communique autrement. (Vraiment?) Je grogne avant de répondre. «C'est le Désert Infini, mon plan d'Oblivion personnel.» Un plan d'Oblivion? Ma voix est rauque, je ne l'utilise plus depuis des siècles. Depuis que je me suis retirée ici. «Et qu'est-ce qu'un plan d'Oblivion?» Il ne sait pas, je suis surprise. (Hey, je ne sais pas non plus...) «Oblivion est un monde diviser en plus petit plan et ils gravitent tous autour de Nirn. Tu ne sais pas ça?» Il rit. «Je suis un étranger ici, je ne connais rien de cet univers. Tu as ton propre monde?» À quel point peut-on être étranger à Nirn? «Chaque dieu en a un.» Cela devrait le faire taire. «Tu es une déesse donc.» Il sourit, pourquoi, il devrait au moins me montrer du respect. J'aurai dû le laisser crever dans mon désert. «Mon grand-père est un dieu.» (Ah oui?) Il ne sait vraiment pas. «Et toi qu'es-tu?» Il me fait perdre mon temps. Saleté de géant violet ignorant. «Il n'y a pas de mot pour me définir.» (Ça ne m'aide pas.) Il rit encore. Je devrais le tuer et retourné à mon silence. «Mais tu as les privilèges d'un dieu... qui es-tu vraiment?» Il m'énerve, je vais devoir lui dire. (Oui, j'aimerais bien) «Je suis la déesse de la famille et de l'héritage... et je suis le prince Daedra de la vengeance.» (Je ne comprends plus rien.) Il me fixe, attendant plus d'explication. «Assez parlé, j'ai des choses à faires.» Sur ce, je sors. Je sens son regard me suivre, mais j'ai passé l'âge pour ces jeux. Je me rends jusqu'à un jardin intérieur. L'endroit est circulaire et luxuriant, bâti autour d'un arbre aux fleurs noires dont les branche pousse à travers un crane. Je sais d'instinct que c'est un crane de dragon... le crane du premier né... le crane de mon père.
Je me réveil en sursaut, des larmes plein les yeux. J'ai du mal à respiré.
- Calme.
C'est la voix de Loptr... Loki. Elle me ramène à la réalité.
- De quoi t'es tu souvenue.
- De ma maison, mon foyer.
- Alors tu vas pouvoir le retrouver... pour retrouver la mémoire?
- Non, il n'existe plus. Ma meilleure chance reste Jötunheim.
- Tu as une idée de ce qui t'as fait perdre la mémoire?
- Tony dit que j'ai été torturée et éjectée du bifrost.
- Par les Ase?
- Logiquement.
- Si Odin t'as fait ça c'est qu'il attend quelque chose de toi.
- Il est sur de ne pas l'avoir, même si ce n'est que remplir sa coupe.
- Tu ne l'aime pas. Tu sais pourquoi?
- Non, c'est encré dans mes veines, c'est une haine viscérale. Mais j'imagine que s'il m'a fait torturer et qu'il t'a corrompu, il doit l'avoir mérité.
- Il ne m'a pas corrompu.
- C'est pourtant le terme que j'ai entendu dans mon rêve : «Odin l'a corrompu, brisé. Il n'est qu'haine.»
Il ne parle plus et me tourne le dos de sa tête (je vous rappel qu'on est alité et qu'il est toujours attaché). Mais il fini par me poser une autre question. Toujours dos à moi.
- Pourquoi tu m'appel Loptr?
- Je crois que c'est le nom que t'a donné ton père. Loptr Laufeyson prince de Jötunheim.
Il ne dit plus rien. Mais mon précieux silence est de courte durée, Tony entre.
- Aube, aujourd'hui on va voir si tu peux te levée. Histoire que tu puisses bouger un peu... Je vous interromps?
Loki c'est retourné d'un coup, surpris.
- Aube?
- C'est le nom que je lui ai donné, en attendant qu'elle retrouve le sien. Pourquoi, ça te parle?
- Il y a une vieille légende chez-moi : «Un jour l'aube rouge viendra et elle sera porteuse d'une vengeance millénaire. Elle fera payer aux rois sa perte.» Chaque dix ans, il y a un festival à Asgard pour l'apaiser. Nous commémorons la perte... quel qu'elle soit. C'est Bor qui l'a instauré et c'est devenu une tradition.
- Bor, demande Tony?
- Le père d'Odin.
- Vous ne savez pas ce qu'elle a perdu?
- Non, seul Bor savait et il l'a emporté dans sa tombe.
Tony m'aide à me levé et m'assoit dans la chaise à roue. Je sors donc de la pièce et retourne dans ma chambre pour profiter du silence.
Quelques semaines passent sans nouveau souvenirs. Tout va trop lentement. Lop... Loki guéri, il est presque remis et je peux à nouveau marcher. Tony et Bruce s'absentent souvent pour leur truc d'Avenger. Nous laissant seuls la plupart du temps. Nous évoluons chacun de notre coté, comme deux spectre d'un autre temps. J'aide Loki à ce familiarisé avec ce monde... avec mes maigres connaissances. Je l'aide avec ses bandages, j'utilise le sort de soin aussi, mais je n'y arrive pas longtemps et sa blessure prend du temps à cicatrisée complètement. Je lui ai laissé le fauteuil roulant. Il ère dans la maison en pestant contre tout. Quand il devient trop impatient, je le prends dans mes bras et le calme. Je sais très bien que je ne devrais pas, que je suis entrain de briser une autre promesse (même si je ne m'en rappel pas), mais je m'attache à cet homme. Ce dieu déchu. Il s'encre dans mon cœur et je sais qu'il ne faut pas, mais je l'aime. J'ignore encore la profondeur de mon amour, mais je ne peux pas y échapper. L'amour est bien là avec tout ce qu'elle entraine...
- Aube, la voix de Loki me sors de mes pensés?
- Oui?
- Tu as fait d'autre rêve?
- Non.
- Tu veux en parler?
- Non.
- ...
- Ce n'est pas contre toi. J'ai passé plusieurs siècles dans le silence, je crois qu'il m'apaise.
- Alors soyons silencieux.
Il me tend le livre que j'ai commencé la veille, une histoire de dragons qui servent de montures. Puis il me fait signe pour que je le rejoigne sur le sofa et on commence à lire. Je m'adosse à lui.
La pièce est blanche, trop blanche. Trois mur, le sol et le plafond : blanc immaculés. Le quatrième mur est une ouverture, bloqué par une barrière magique dorée. Des geôles. Celle d'Asgard j'imagine. Je suis faible et j'ai faim. Je crois qu'on m'affame pour me faire plier. Je n'arrive même plus à bouger les doigts. Une trappe s'ouvre au plafond et de l'eau en coule. Elle monte rapidement, mais je ne bouge pas. J'ai l'habitude et je peux respirer sous l'eau. Elle n'est là que pour m'affaiblir d'avantage. «Es-tu prête à m'être fidèle?» Je lève les yeux, encore lui? Il n'abandonnera jamais? «Nid krakstom dok. [Non sale chien]» Ma réponse est suivie d'un crachat, sur la barrière devant lui. Ce sale vieux borgne, qu'est-ce qu'il croit? Que je vais trahir mon peuple? «Nid? Tu répète ça depuis des siècles, tu n'es pas fatiguée? Tu n'es pas Jötun. Rejoins-moi.» Il me sourit le con, comme si il suffisait de demander gentiment. «Sinon dir? [Au lieu de mourir?] Alun. [Jamais.] Vaat mir Jötunheim. [Jurer allégeance au Jötunheim.] Vaat mir Jun do liz. [Jurer allégeance au roi de glace.]» Je me suis promis de ne jamais lui parlé dans sa langue. J'ignore s'il me comprend et je m'en fiche. Je veux qu'il creve. «Fent dir yuvon jun. [En gros : Meurt Roi doré. Fent = une marque d'obligation future, dir = le verbe mourir, yuvon = doré et jun = roi.]» L'eau a atteint mes épaules. Il attend. Je ferme les yeux et me laisse submergée.
Le rêve change.
Je suis toujours dans ma cellule, mais il y a quelque chose de différent. Je suis attachée et blessé. «Odin est passé à la vitesse supérieure. Il te punit de t'être enfuit...» Je relève difficilement la tête. Devant moi il y a un homme à la peau noire et aux yeux dorés. Le gardien du bifrost. «...Je pourrais te faire sortir d'ici. Je connais quelqu'un qui pourra t'aider. Vas-tu me laisser le faire cette fois?» Je ne réponds pas, le silence, c'est tout ce que je leur offre. J'ai épuisé mon registre d'insulte durant mon premier séjour et je n'ai pas dit un mot depuis qu'ils m'ont reprise. Pas même un cri. «Un endroit sûr, je te le promet. Comment dis-tu? Vaat nau fin laas.» Je le regarde blasée, je ne serai pas en mesure de fuir cette fois. Je le sais. Il le sait. Alors qu'est-ce qu'il attend de moi? C'est une nouvelle ruse? Le roi doré le puni de m'avoir aidé la première fois en le forçant à me mentir? Non. Il me manque qu'une information. «Ce n'est pas une ruse. Un signe de ta part et tu es libre. Qu'as-tu à perdre?» Rien. Je n'ai plus rien à perdre. Odin a détruit ma famille. Il m'a tout prit. Je fais un grognement, très léger. Mais c'est tout ce dont je suis capable.
Le rêve change encore.
Je suis dans une pièce en dôme, en or. Je suis étendue sur des escaliers. Le gardien est là avec une épée. Il fait quelque chose hors de mon champ de vision et il y a un bruit assourdissant. Un coté du mur bouge et il y a de la lumière. Le gardien s'approche. «On doit faire vite.» Il me relève et m'approche de la lumière. Il y a un bruit. Quelqu'un arrive. Le prince, je ne sais pas comment, mais je sens que c'est le prince. Le gardien me jette dans la lumière... mais elle ne reste pas (la lumière) tout deviens noir. Je sens une force me rattraper pendant que je chute dans le néant, elle me redirige. J'ignore pourquoi, mais elle me fait penser à un arbre... J'aperçois une ville. Puis plus rien. Une voix dans le noir. «Aube! Aube! Réveil-toi!» Loptr ?
J'ouvre les yeux, je n'ai même pas eu conscience de m'être endormie. Loki à l'air inquiet. Mon visage est baigner de larme et j'ai mal. Mon cœur se serre et ma colère gronde.
- Tu vas bien?
- Oui, c'était simplement un rêve.
- Un rêve ou un souvenir?
- Un souvenir... les... les geôles d'Asgard...
- Je comprends mieux. Viens là.
Il m'ouvre les bras et je m'y réfugie. Ce n'est pas dans nos natures de chercher le contact, surtout dans la sienne. Je le sais et il le sait, mais c'est comme ça. Sa présence me fait du bien et je crois que c'est réciproque. Peut-être devrais-je moins me concentrer sur mon passé et regarder vers mon avenir... Il me caresse les cheveux, cela m'apaise. Je relève la tête pour lui dire merci, mais dans cette position... Nos lèvres retrouvent à quelques centimètres de distance et sur un coup de tête, sans vraiment m'en rendre compte, je comble cette distance. Le baiser est doux, tendre. Nous ne l'approfondissons pas, il est très bien comme ça. Nous nous séparons et restons sans bouger un moment. Puis je réalise mon geste et essaie de fuir, mais Loki me retient et il s'empare de mes lèvres. Cette fois le baiser est plus violent, plus dévorant et il allume quelque chose en moi... Je bouge, m'installant à califourchon sur lui et j'approfondis le baiser. Plus rien d'autre ne compte. Sa langue entre en contact avec la mienne et elles se tournent autour comme muées par leurs propres volontés. C'est grisant, enivrant. On se sépare encore, haletant. Ses yeux plonge dans les miens et je comprends la nature de mon amour pour lui, je comprends que je suis perdue. Corps et âme. On se regarde, les yeux dans les yeux, sans bouger. Sans parler. Un bruit attire mon attention, une porte, Tony est rentré. À contre cœur je me lève et vais m'assoir sur un autre fauteuil pour reprendre ma lecture. Mais juste avant de me replonger en Alagaësia, mon regard croise celui de Loki, plein de promesses qui me font frissonner.
