Il fait froid. Ce n'est pas un froid auquel je suis habituée, plus vif, plus mordant. Le sol est composé de petites pierres blanches et une légère brume blanche aussi s'enroule autour de mes pieds. Le ciel est d'un blanc laiteux... La seule chose à ne pas être blanche ici c'est la rivière. Ses eaux rouges presque noires coulent et bouillonnent sans fin. C'est la première fois que je viens ici. Jusqu'à présent il n'y avait pas de gouverneur ici, un monde livré à lui-même. Avec des habitants errant, dérivant, perdus. Mais Odin y a exilé quelqu'un et en moins d'un siècle, ce monde est devenu accueillant... pas pour les vivants du moins. La reine ne devrait plus tarder, rien ne lui échappe et si un vivant foule son sol elle doit l'accueillir. C'est un pari risquer, elle va peut-être me forcé à partir, mais j'ai fait le tour de mes options. J'ai fuis sur chaque monde et ils m'ont toujours retrouvé. Foutue restrictions imposées par Yggdrasil. «Qui es-tu et que viens-tu faire ici?» Elle est arrivée dans mon dos, sa voix a quelque chose de céleste. Elle n'est pas comme je l'imaginais. Quand on m'a dit qu'elle était à demi morte et que tout un coter de son corps avait l'apparence d'un cadavre, j'avoue que je pensais à des os ou de la peau pourrie... (de quoi est-ce que tu parle au juste) mais la jeune fille devant moi est tout sauf en putréfaction. Les cheveux blond comme les blés, les yeux verts et certes la peau d'un coté complètement incolore, mais l'autre à un teint de pêche. «Mon nom ne vous dirais rien, mais je peux vous dire que je suis une amie de votre grand-père... du moins si vous êtes vraiment la fille de Loptr. Hela reine d'Helheim.» Elle est songeuse. «Pourquoi es-tu venu ici? Pourquoi maintenant?» Je ne peux pas lui mentir, cette fille voit tellement peu de vivant... «Le roi doré m'a fait enfermer dans ses geôles, ma fuite est récente. Et si je ne suis pas venue ici de suite, c'est que j'ignorais si vous alliez m'aider et je ne voulais pas vous mettre en danger.» Silence, elle doit se demander comment réagir. «Alors tu fuis Odin? Qu'as-tu fais pour qu'il t'enferme?» Elle hésite, je crois qu'elle n'aime pas Odin, mais elle ne sait pas quoi faire de moi. «Je suis fidèle au Jötunheim. Et Odin convoite mon pouvoir. Cela dit mon engagement envers le Jötunheim ne m'empêche pas de vous prêter serment... puisque vous êtes une descendante des rois de glaces.» Elle est surprise. «Tu ferais cela?» Mais cela fait des siècles déjà que j'ai juré au roi de glace d'être fidèle à sa lignée. Je porte donc un genou au sol et un point au cœur. «Vaat mir Helheim. Vaat mir dilon [mort] jun.» Elle ne comprend pas. Je lui apprendrai ma langue plus tard. «C'est ma langue maternel ma reine. Cela veut dire que je jure allégeance à Helheim et à son roi. À sa reine en l'occurrence. Demandez-moi ce que vous voulez.» Elle est touchée, ça se voit dans ses yeux. «Il n'y a aucun vivant sur ce monde, reste ici aussi longtemps que tu le veux et tiens-moi compagnie.» Elle sourie et je souris aussi en retour. Je penche la tête en avant et accepte sa demande. Je ne sais pas combien de temps je pourrai rester, mais je ferais tout pour qu'elle soit moins seule.
Le réveil est doux, je suis encore dans les bras de Loki et il dort encore. Dans quelques heures nous serons chez-moi, dans mon monde d'adoption. J'espère au moins trouver qui je suis. Comprendre. C'est tout ce que je demande. Loki s'agite, il se réveil doucement. Quand il ouvre les yeux nos regards se croisent et il me sourit... son premier vrai sourire depuis qu'il est là, peut-être même depuis des siècles. Alors je l'embrasse, un baiser chaste, doux. J'ai l'impression que le monde est plus lumineux ce matin, comme si un voile était tombé. J'espère qu'il a la même impression.
- Tu es nerveuse?
- Oui, je ne sais pas ce qu'on va trouver.
- Allons-y par étapes. D'abord, une douche et un repas. Tu cuisine.
Nous avons laissé un mémo à Tony pour l'informer que nous avions une piste pour mes souvenirs et que nous revenions dans quelques jours s'il voulait encore de nous. Puis j'ai pris Loki dans mes bras et j'ai pensé fort à Jötunheim et d'un coup il a fait froid. Nous marchons présentement vers la capitale. Je me souviens vaguement de sont emplacement, si nous nous approchons assez, les gardes nous conduiront au roi. Loki a froid, nous marchons depuis un moment et avons encore du chemin devant nous. Je pourrai nous téléporté plus près, mais je dois attendre un peu, ma magie est encore faible et je ne veux pas forcer. Il pourrait prendre sa forme bleue pour résisté au froid, mais il est têtu... je n'aurais donc pas le choix. Je lui prends la main et lui fait signe de se taire. Logiquement, en me concentrant sur Morokei j'arriverais au château... et si je ne traverse pas les mondes, cela ne devrait pas me faire du mal. N'est-ce pas? Ma peur me déconcentre un peu et au moment où je lance le sort, je revoie la pièce de mon premier rêve. La chambre d'enfant de Loptr. Et pouf quand j'ouvre les yeux nous sommes dans cette pièce. Les meubles sont encore là, mais ils sont cassés, renversés et éventré. Il y a du sang sur le sol et les murs. Sur le sol il y a la couverture verte de mon rêve, tâchée de sang. Pourquoi la pièce est restée en état tout se temps? C'est comme si personne n'y était entré depuis la guerre. La bonne nouvelle, c'est qu'on est au château. La mauvaise, c'est que Loki à vu ça. Je risque un coup d'œil dans sa direction. Il y a une souffrance dans ses yeux, elle me serre le cœur, moi qui ne voulais que lui évité la longue marche...
- Pourquoi ici?
- Ce n'est pas ici que je voulais aller, mais je ne maitrise pas encore complètement ces pouvoirs. Je suis désolée. Viens, je nous emmène ailleurs.
- Non, ne force pas trop sur ta magie, nous irons à pieds... c'est... C'était ma chambre n'est-ce pas?
- Oui.
- Tu te souviens de ce qui c'est passé ici?
- Non... Loki je...
- Ça va, je sais que tu n'as pas voulu ça. Viens, sortons d'ici.
En ouvrant on se retrouve face à face avec un garde. Il doit avoir été alerté par le bruit de nos voix et être venu voir. «Suivez-moi, je vous conduis au roi.» J'ignore s'il nous a reconnu puisqu'il reste silencieux après ça et nous guide dans les couloirs sans se départir de son air stoïque. Cela me rend nostalgique. Il nous laisse devant une double porte et repart d'où il est venu. Je regarde Loki, il a l'air nerveux, alors je lui murmure des paroles apaisantes. «Tout va bien aller.» Il me sourit et pousse le battant pour dévoiler un grand salon confortable et chaleureux. Le roi est la, assis avec un livre, il relève les yeux et se fige sous la surprise. J'entre suivie de Loki et Morokei se lève pour nous accueillir.
- Mon amie, je ne m'attendais pas à ton retour aussi vite. Quand j'ai su que les chasseurs d'Odin t'avais reprise, j'ai crains le pire. Tu m'as l'air en pleine force. Toujours aussi impressionnante.
- Euh... Morokei, c'est un plaisir de vous voir. J'ai... J'ai répondu à votre requête...
- Pas de ça avec moi, me coupe-t-il, tu ne m'as jamais vouvoyé... tu étais là quand je suis né, c'est moi que devrais te vouvoyer.
- Voici Loptr, ton demi-frère.
- Oui, je l'ai reconnu. Tu n'as pas l'air bien. Que t'a fait Odin?
- Il l'a torturée, répond à ma place Loki, elle a perdu la mémoire dans sa fuite. Ses souvenirs reviennes au compte goute.
- Tu t'es souvenue de moi? Je suis content, je n'aurais pas aimé retrouver une inconnue.
- Oui, je suis contente de retrouver un visage amical. Le château ne m'est pas inconnu non plus, je m'y sens chez-moi. Qu'ai-je manqué?
- Ah! Même sans souvenir tu ne change pas. Le Jötunheim et Helheim on fait une alliance, et nous cherchons à gagner les autres mondes. Nous savons que le Vanaheim restera fidèle à Asgrad, même avec un prince métis comme Loptr de notre coté. Mais le Muspelheim et le Nidavellir sont sur le point de nous rejoindre. Ce n'est pas la peine de penser au Svartalheim... et Midgard n'a pas de dirigeant, alors il ne nous reste plus qu'Alfheim.
- Pourquoi cette alliance, demande Loki?
- Pour détrôné Asgard, que touts les mondes soit égaux. Odin inonde les peuples de propagande sur ses voisins, nous empêchant de nous comprendre.
- Alors vous voulez entrer en guerre avec les Ases?
- Non, dis-je, ce ne serai pas une bonne idée. D'après ce que je sais, l'héritier n'est pas comme son père. Il change et apprend à voir par ses propres yeux. S'il pouvait voir les mondes comme ils sont réellement... le prochain roi serait avec nous. Mon instinct me dit qu'Odin n'est pas notre plus grand ennemi. Je me trompe?
- Ton amnésie est problématique mon amie, si tu ne te souviens plus de tes ennemis, tu pourrais bien tous nous mettre en danger.
- C'est l'autre raison qui nous emmène ici, nous croyons qu'ici je retrouverai mes souvenirs.
- Vous avez bien fait, nous avons laissé ta chambre en état, tout tes effets y sont encore. Je vous y ferai conduire après le repas. Je ferai également préparé une chambre pour toi, mon frère.
- Non, contra le dit frère, je préfère rester avec Aube.
- Qui est Aube?
- C'est moi, dis-je, c'est le nom que m'a donné un ami puisque j'ai perdu le mien.
- Je vois, alors vous vous êtes rapprocher. Je suis content... j'imagine que tu aimerais savoir ton nom.
- Oui, s'il-vous-plait.
- J'en connais un, mais ce n'est pas ton vrai nom, celui que ton père t'a donné. Celui là seul Laufey le connaissait, pour que personne ne puisse le prononcé. Je crois qu'il t'était douloureux... ici tout le monde t'appel Dame Acani Sahqon.
- Acani Sahqon... L'aube écarlate. Je m'en rappel vagement...
J'ai l'impression de retrouver une infime partie de moi, mon nom. Ce n'est pas mon vrai nom, mais il s'en approche et quelque chose me dit que je ne suis plus digne de porter l'autre.
Ensuite, le roi nous a personnellement fait visiter la capitale. Elle est bâtie dans un canyon et le château est à l'extrémité, là où la faille se referme. C'est une ville magnifique et vivante, elle me rend joyeuse. Quand le soir arrive nous rentrons pour manger et discuter.
En entrant dans ma chambre plus tard, je me suis tout de suite sentie apaisée. C'est étrange comme l'esprit peut oublier, mais pas le corps. La pièce est grande, trop grande (logique c'est le château des géant.) le mur opposé à la porte, de grandes fenêtres avec une vu surplombant la ville. Le mur de droite est entièrement consacrée à une bibliothèque, elle s'étend du sol au plafond et croule sous les livres. Devant les étagères se tient un bureau en bois massif et sa chaise assortie. Sur celui-ci, quelques livres, fioles d'encre et plumes, ainsi que deux objets qui attirent l'attention : un bocal de sable doré reflétant la lumière et un petit coffret en bois contenant deux éclat de pierre étrange (une noire et une violette). En face du bureau, adosser au mur gauche : un lit à baldaquin royal avec des table de chevet chaque cotés et des voiles légers et aériens de couleur pourpre. En fait tout les tissus de la pièce, rideaux (aux fenêtres et au lit), draps, tapis, coussin et autre sont violet et pourpre, certain avec de légers motif de frise. Au centre, un foyer en vasque de pierre grise avec deux petits sofas (victoriens) et une table basse. Un feu crépite déjà à l'intérieur, réchauffant la chambre, sa fumée s'accumulant au plafond avant de sortir par une trappe.
Plusieurs armes et babioles décorent l'endroit, des souvenir qui me sont encore inconnus... mais un attire mon attention en particulier, sans savoir pourquoi, je sais qu'il est d'une importance capitale. Au-dessus du lit, fixée au mur, une bannière en laine bleue et grise. Le fond est divisé en deux, à gauche un bleu cobalt foncé et à droite un bleu céleste plus pâle. Au centre, un oiseau les ailes ouvertes avec juste en-dessous deux fleurs différente placées en «x» grises perle. Je connais ses fleurs, celle à gauche c'est une obscurcine et l'autre c'est une langue de dragon. Puis et au-dessus, avec le même gris, quelques mots dans ma langue maternelle : Dwiirok fin aadul [Graver l'histoire]. L'écriture est étrange, elle ressemble à des coups de griffes plus qu'a des lettres.
Sur le mur à coté de la porte, il y a des armoires, sûrement mes vêtements et dans un coin repose un vieux havresac en cuir. Je me dirige vers les livres, je sais que je les connais par cœur, que je les ai écrits moi-même pour la plupart. Je laisse mon doigt survoler les reliures. Je suis sure que dans l'un de ces livre j'ai retranscris la magie mémorielle de ma tante. Mais le souvenir est trop vague, je ne me rappel plus de quelle tante il s'agit. Si je savais je le retrouverai, les livres sont classés. Il y a une section complète sur mes oncles et tantes, sur leurs enseignements... avec un code couleur.
- Tu te rappel quelque chose?
- Oui et non, c'est encore flou, mais je sais que la réponse est là. Il faut juste que je me rappel... l'une de mes tante avait un pouvoir sur les souvenirs...
- Alors, ferme les yeux et concentre-toi.
Je fais ce qu'il dit. Une femme surgie de ma mémoire, de long cheveux blanc le visage jeune et serin... une robe digne d'une reine... un bâton surmonté d'un crane cornu. Elle est du coté de ma mère, c'est une daedra, pas de doute... Mère avait six sœurs... complot, vie, meurtre... rêve. Tante Vaermina. J'ouvre les paupières et je cherche le livre des yeux. Il est facile à repéré, bleu pâle à un mètre sur ma droite. Je le prends et le pose sur le bureau. La couverture est gravée du symbole de ma tante : un serpent et un masque. Je l'ouvre à la table des matières et cherche un sort pour retrouver la mémoire... page 504 : Comment débloquer la mémoire. Le sort est simple, invoquer la magie mémorielle et se concentrer... par contre il est conseiller que le sujet ne soit pas sobre, pour qu'il soit moins porter à lutter contre la magie. De l'alcool et de l'encens fonctionnerait, mais il est noté dans la marge que le skooma est le meilleur moyen. Je n'ai aucune idée de ce que c'est et Loki non plus. Bien. Du skooma... du skooma... je crois qu'il m'en reste une dose... peut-être... Il faut que je me concentre. Le havresac, il contient tout ce dont j'ai besoin et plus. Je me dirige donc vers lui, l'ouvre et y plonge la main... puis le bras, puis l'épaule. Loki me regarde d'un drôle d'œil.
- Ce sac n'a pas de fond et c'est le chaos la dedans... mais je suis sure qu'il y en a...
Il rit de moi maintenant, c'est vrai qu'à moitié dans un vieux sac de voyage le spectacle doit être hilarant. Je mets la main sur une petite bouteille avec une étiquette, je sors donc du sac pour voir ma trouvaille. L'écriture est presque effacé, mais on peut y lire : Le meilleur skooma d'Elsweyr! Je ne sais pas pourquoi, mais cette étiquette me fait rire. Passons. Je m'assoie en tailleur par terre et avale la bouteille d'une traite en grimaçant (c'est mauvais). Ensuit il faut que je me concentre pour invoquer la magie. Quand je la sens enfin, je la laisse m'envahir et elle me fait basculer dans un sommeil de mort, dans la Torpeur.
