(Trois mois plus tard)

Depuis deux jours, il y a des vaisseaux ennemis en orbite autour de la Terre et ils ne bougent pas. Tanos est là, parmi eux. Je sens presque ses yeux sur moi. Partout nous sommes sur le pied de guerre, prêt à se défendre. Le stress et la nervosité sont au niveau maximum. Depuis qu'ils sont là je passe tout mon temps à la base de l'A.S.A.

- Aube, dit Tony, il y a du mouvement.

Je m'approche des moniteurs et constate que oui, il y a du mouvement. Six vaisseaux plus petits (surement des navettes) descendent vers nous. Ils se dirigent directement vers Horizon. Cela rassure tout le monde, mais en même temps je m'interroge : d'où tire-t-il ses informations? Ils atterrissent dans Royal Park et un flot de soldat en sort... ceux en poste dans la ville se mobilise autour d'eux. Nous sommes en sur nombre, mais s'ils demandent du renfort de l'orbite, nous serons en difficulté. Je me téléporte sur place et les Avengers me rejoignent, Loki aussi, après avoir mit les enfants en sécurité avec Heimdal. Des soldats de tous les mondes arrivent avec leurs rois et d'autres dieux... puis nous attendons que le Traitre sorte de son véhicule. Il nous fait attendre. Des hommes s'installent pour filmer le duel, c'est un compromit que j'ai dû faire, ce sera retransmit en direct partout et chaque civil pourra le regarder. Puisque c'est pour l'avenir de leur monde je l'ai permis. J'ai permis à des civils (des caméramans) de venir sur l'île et leur ai assigné à chacun une troupe de protection. Je ne veux aucune perte. Une douzaine de minutes plus tard, la porte du vaisseau s'ouvre et le géant violet sort. Il a l'air en forme et confiant, il se croit déjà vainqueur. Tanos me regarde en riant, il me détail. Cela fait des siècles que nous ne nous sommes pas vu, mais aucun de nous n'a vraiment changer. Je porte Nahkriin et il sait ce que cela veut dire, je suis la pour obtenir vengeance. Cela à l'air de l'amusé, comme si j'étais trop prévisible... comme si j'étais une enfant. Outre le fait que j'ai au moins le double de son âge, il me sous estime trop pour son bien. Quand il m'a connu j'étais encore en deuil et je refusais de me battre (et de tuer), alors il ne m'a pas vraiment connu. Sauf pour la bataille finale, mais bon, il est idiot...

- Yrd. [souffrir, c'est le nom qu'Acani à prit après la mort de son père]

- Tanos.

- Tu es toujours en vie.

- Toi aussi...

- Décue?

- Non, cela fait longtemps que je n'ai pas porté Nahkriin.

- Elle te va toujours aussi bien.

- Je sais. Toi, t'es toujours aussi laid.

- *grogne* Tu n'as pas changé Yrd. J'ai l'impression de retrouver une vieille amie.

- Ce n'est qu'une impression Tahrodiis. [Traitre]

- *rit* Je l'ai mérité celle-là.

- T'es là pourquoi?

- T'as encore de ce thé à la nirnrooth ou de ce fromage que tu faisais?

- Non, les plantations n'ont pas produites depuis bon un moment...

- Dommage... Alors, passons aux choses sérieuses.

Il fait signe à un Kree derrière lui qui lui apporte un pan de tissus lilas avec un pied en métal... si j'avais su à l'époque ce qu'elle signifiait... il plante la chose dans la terre du parc. Je fais signe à un daedra derrière moi pour qu'il m'apporte la mienne et je plante aussi ma bannière pour accepter le duel. Le déroulement de celui-ci est cérémoniel : d'abord le demandant énonce une requête, qui est normalement refusé, puis le défendeur fait une autre proposition. Si au bout de la troisième proposition des deux parties il n'y a pas d'accord, le combat commence, mais avant chacun a le droit à trois questions, puis ils posent les limites du duel. Généralement ce n'est pas un duel à mort, mais dans ce cas-ci...

- Je veux Yggdrasil et ta moitié d'Aetherius.

- Non. Je veux que tu me rendes ta moitié d'Aetherius, que tu retourne d'où tu viens et que tu ne reviennes jamais.

- Non. Je veux Midgard et ta moitié d'Aetherius.

- Non. Je veux ta moitié d'Aetherius et ta vie.

- Non. Je veux l'Antarctique et ta moitié d'Aetherius.

- Non. Je veux que tu brule ta bannière... oh et ta moitié d'Aetherius.

- Tu n'y pense pas.

- Je suis sérieuse.

- Moi au moins j'ai essayé de négocier...

- Moi aussi...

- Non, je ne brulerai pas ma bannière. Ce que tu me demande est inhumain, tu le sais?

- Tu n'es pas humain, pas plus que moi... les négociations sont terminées... Je te laisse poser tes questions en premier.

- Que de gentillesse...

- ...

- Comment as-tu survécu? Comment as-tu eu Midgard? Et... Pourquoi as-tu refusé de m'épouser?

- *rit* Sérieusement? Tsk... Ce qui restait d'immortel... Ils ont sacrifié leurs vies pour me bannir ici. J'ai eu Midgard comme tu dis grâce à toi... Il leur fallait quelqu'un d'assez puissant pour te vaincre et je leur ai dit que je le ferai s'ils me donnaient leur monde, maintenant je les gouvernes. Merci.

- Content de t'être utile...

- Et pour ta dernière question. La raison est évidente.

- Tu dois répondre.

- Je ne voulais pas de toi dans mon lit et tu avais le chic pour me poser la question à des moments où j'étais en colère. Comme là fois où tu à détruit mon univers...

- J'admets que je m'y suis mal pris, mais ma proposition tient toujours.

- La réponse reste la même... et de toute façon je suis déjà mariée.

- À qui?

- T'as déjà posé tes questions, c'est mon tour.

- ... *grogne*

- Pourquoi as-tu détruit Nirn? Tu vivais comme un dieu là-bas, tu ne manquais de rien.

- Toi plus que tous tu devrais comprendre Ô grande daedra de la vengeance. Bor m'a banni et je voulais lui faire payer.

- Depuis le début tu planifiais de voler l'essence et de revenir, n'est-ce pas?

- Oui, mais je voulais que tu sois avec moi, tu étais ma meilleure chance contre Yggdrasil.

- Alors, pourquoi moi?

- C'est évident non? Pour ta puissance, ton potentiel, ta beauté, ta violence, ta soif de sang et parce que tu es une reine dragon, une déesse et une daedra. Ton existence même est un miracle disait Arkay... tu es sensé gouverné des mondes Yrd et je veux être à tes cotés quand ce sera le cas.

- Avec celui-ci, c'est le troisième monde que je gouverne, alors la prédiction s'est déjà réalisée. J'ai régné sur le désert infini toute ma vie, puis sur Tamriel quand j'ai pris le commandement des dragons et maintenant, j'ai Midgard. Tu arrive trop tard Tahrodiis.

- Avec moi tu en aurais plus...

- Avec toi, le coupais-je, je serai veuve avant la première aurore.

- *rit* Tu n'arriveras jamais à me tuer, tu mourras avant.

- Te rappel tu de la principale qualité des daedras?

- Assez, tu as posé tes questions. Combattons. Je propose un duel à mort et le gagnant rafle tout.

- J'accepte.

- Bien.

Sans plus de cérémonie, on se jette l'un sur l'autre. Un Kree lui lance une épée et je prends l'espadon qu'un daedra me tend. En fait j'ai fait préparer toutes mes armes et ils se tiennent prêt à me les donner si j'en donne l'ordre. J'enchaine les coups et je pare les siens rapidement. Je l'ai touché à l'épaule et au genou, assez profondément et lui m'a eu à la cuisse, au visage et au ventre. D'un coup plus puissant il envoie ma lame au loin, je fais donc signe à une autre créature et elle m'apporte Mort-Dragon, un sabre akaviroi (un katana). L'arme est plus légère et rapide, mais plus fragile et à force de parer les coups elle se brise... j'espère pouvoir la réparé, c'était un cadeau. Je m'équipe donc d'Aubéclat et Parasortis (les artéfacts de tante Méridia et oncle Péryte), me battre avec un bouclier et une épée n'a jamais été ma méthode préférée, mais c'était les plus proche de moi à se moment. Maman à mis tout les artéfacts (sauf les miens) dans le sac, même des équipements qui serai les artéfacts des dieux. Donc chacun m'a donné une arme, un morceau d'armure ou un bijou. La lame brule la chair de Tanos à chaque fois que je le touche et je le touche plus souvent, de petites égratignure, mais avec l'enchantement de ma tante, il doit avoir l'impression d'être en feu. La barrière magique créée par le bouclier m'a évité plusieurs nouvelles entailles, mais il est lourd et m'empêche de bien bouger.

J'évalue mes option une minute cachée derrière le bouclier, à ma droite il y a la masse d'oncle Molag et une épée en salthrim (une glace que l'on peut forger avec un procédé spécial). Je prends donc l'épée et lâche Parasortis. Le feu Aubéclat et la glace du salthrim le font souffrir, mais je n'arrive toujours pas à faire plus que des égratignures et maintenant sans bouclier, lui arrive à me toucher, il me fait une méchante entaille au bras et une autre dans le dos (pendant que j'esquivais une feinte). Merde. Je ne peux décemment pas prendre des dagues, je devrais trop me rapprocher... je vais devoir enchainer les cris*. Mais avant je sors une compote de pomme en sachet de Sleipnir et l'avale d'une traite. Je n'aime pas sa, mais c'Est de la bouffe et ça va m'aider à cicatriser et c'est rapide. Ce n'est pas comme si le temps allait s'arrêter pour que je mange un steak... Une fois nourrie, je prends ma respiration et me concentre : «YOL TOOR SHUR!» [Feu, brasier et soleil] Un jet de flamme sort de ma bouche et frappe directement Tanos au torse. Sans lui laisser le temps de comprendre, j'enchaine : «KRII LUN AUS!» [Tuer, sangsue et souffrir] «IIZ SLEN NUS!» [Glace, chair et statue] «FUS RO DAH!» [Force, équilibre et pousser] Le premier lui inflige une douleur interne sur la duré, le deuxième fait pousser de la glace sur sa chair et l'empêche de bouger (très douloureux aussi) et le dernier le projette contre ses soldats avec une onde de choc. Il se relève difficilement et cours vers moi l'épée devant prête à être enfoncée dans mon cœur. Alors je fais un dernier cri, ma gorge est déjà en sang, enchainer comme ça, c'est toujours une mauvaise idée : «ZUN HAAL VIIK!» [Arme, main et défaite] L'épée va se planté dans le sol plus loin, une bonne chose de faite.

Je crache par terre, du sang, ce n'était vraiment pas une bonne idée, je ne pourrai plus crier, sauf si je me transforme en dragon et je ne préfère pas, il y aurait trop de dommage collatéral. Tanos sort deux pistolets de je-ne-sais-pas-où-et-je m'en-fou et il me vise. Le lâche. Il sait que je ne pourrai pas évité, sinon quelqu'un va se prendre une balle perdue. Il sourit, j'imagine qu'il croit avoir gagné, mais il me reste un atout... de toute ma vie je ne l'ai jamais utilisé. Chaque prince daedra à plusieurs forme de base, aucune n'est vraiment l'originale et elles le sont toutes aussi (l'originale), mais si un prince est en danger et qu'il est «tuer», une forme monstrueuse prend le relais. La défense ultime. Tanos à l'air d'avoir oublié ce détail, la principale qualité des daedras, plus exactement des princes daedra... C'est qu'ils ne peuvent pas mourir*... bref, c'est un peu trop technique à décortiquer en plein combat.

Je m'approche de lui, ne lui laissant pas d'autre choix que de tirer. Une balle dans la tête et une autre dans le cœur. J'entends le cri de Loki, le rire de Tanos, ainsi qu'une vague de murmure des soldats terriens. Mais je ne m'écroule pas, j'avance toujours et je reçois d'autres balles. Épaule, foie, hanche, coup et estomac. Tanos ne rit plus, il est frénétique. J'espère que la mémoire lui est revenue, sinon il va mourir sans comprendre. Finalement j'ai bien fait de prendre mes dispositions. Malgré ma gorge je cri, un vrai hurlement cette fois, autant de douleur que de rage. Ma peau se couvre d'écailles et de plumes, quatre «tentacules» munies de dard venimeux me pousse dans le bas du dos, des ailles ressemblant à celle d'un corbeau sortent de mes omoplates, le reste de mon corps devient un croisement entre un loup (bras), un corbeau (jambe) et un dragon (tête), je triple de taille jusqu'à dépassé le traitre... et enfin mon corps expulse les huit (deux dans le cœur) balles qui tombe au sol en teintant. Tout le monde retient son souffle.

J'entends Loki pleurer et Tony jurer, mais rien d'autre ne brise le silence. Un voile violet vient colorer ma vision et je saute sur Tanos. Il se défend bien, mais j'ai réussi à l'immobiliser au sol et je m'applique à lui arracher sa putain d'armure. Mes griffes étant trop épaisse pour se glisser entre les plaques, j'ai pris la lame la plus près pour faire levier. L'épée du Rossignol. Une fois que j'ai eu fini avec l'armure, la sous-combinaison n'a pas fait long feu et je me retrouve à creuser un trou à pleine main dans son thorax pour atteindre son cœur et le lui arracher. Pendant que je fais ça il trouve la force de parler, si on peu dire : «Fen [marque du futur, ici : je vais]...ofan [donner] Aeth... rius... dez [destin]... meyz [devenir]... jun... Midgard... thur [suzerin]... Yggdrasil... laat [dernière]... laat dovah [dragon]... D... Dwiirok fin aadul...» Il est mort... j'ai balancé son cœur après l'avoir déchiré. Le problème, c'est que je continu de creuser... Quand j'atteins la terre, je sens des bras métallique me tirer. Je hurle et résiste. Tony me parle, il fait ce que je lui ai demandé, me rappeler qui je suis en me parlant de ma famille et de mes amis... puis en désespoir de cause, il récite tout les noms que j'ai porté (je les lui ai apprit au cas où, tous sauf un).

- Soana, Adhara, Nihal, Wuld, Feyn Bruniik [fléaut sauvage], Vahdin Bonaar [jeune femme humble], Vokun Nonvul [l'ombre noble], Feykro Joor [forêt mortelle], Brii Hevno [beauté brutale], Yrd, Acani Sahqon, Aube... Soana... Adhara... Nihal...

Il les récite en boucle en me serrant contre lui. J'ai fini par arrêter de creuser, mais je ne redeviens pas humaine. J'ignore pourquoi, ce n'est pas l'envie qui manque... Bruce et Morokei approchent et me parlent aussi. Pendant que Tony continu avec mes noms, Bruce récite ceux des gens que j'aime (et qui sont encore vivant) et Moro me parle des bon souvenirs et de ce qu'il me reste à faire. Lentement ils me relèvent et m'éloigne du corps (j'étais à genoux à côté de Tanos), moi je fixe mes mains en les écoutant. Elles sont maculées de sang et de bout de chair, je veux revenir, mais je n'y arrive pas. C'était un risque, comme oncle Jyggalag le prince de l'ordre qui est devenu Shéograth le prince de la folie... il ne s'est jamais remit de sa mort... Je vais devenir comme lui. Je tremble. Des larmes viennent se mêlées aux éclaboussures de sang sur mes joues. Loki se plante devant moi, lui aussi pleure. Il s'approche de mon oreille pour murmurer : «Fent nird [revenir] Feyndiinsos.» Cela me fait l'effet d'une douche froide. Écailles, plumes, griffes, cornes, ailes et tentacules tombe au sol. Et couche pas couche, morceau par morceau. Je redeviens moi-même. Puis je me réfugie dans les bras de Loki et je pleure.

Autour de moi il y a que le silence. J'ignore comment, mais je suis dans mon lit, dans ma chambre. Je suis propre et je porte mon pyjama (un débardeur noir et un shorty noir et blanc à motif). Je suis seule. Je me lève légèrement instable pour aller à la salle de bain. Une fois mon devoir accomplis, je me lave les mains, puis je relève la tête vers le miroir pour évaluer les dégâts. Mais le regard que j'y croise... lentement l'horreur et le désespoir s'y installe. Maman m'avait prévenue, tout le monde m'avait prévenu. On ne sort jamais indemne d'une «mort». Je regarde de nouveau mes mains pour m'assuré que je ne rêve pas... je ne l'avais pas remarqué encore à moitié endormie comme j'étais... mais oui, ce cauchemar est bien la réalité.

Ma peau est devenue grise claire. Le blanc de mes yeux est devenu noir. Mes oreilles sont devenues légèrement pointues. Mes canines se sont allongées, comme des crocs, ce n'est pas exagéré (quand je ferme les lèvres rien n'y parait), mais c'est là. Et pour finir, juste sous mon œil, une cicatrice (l'entaille que Tanos m'a faite). Je vérifie rapidement et il ne me reste que deux cicatrices de mon duel : celle sur ma joue et l'impact d'une balle au niveau du cœur. Encore heureuse, je n'aurai pas aimé devoir vivre avec un impact de balle en plein front... je n'ai jamais compris pourquoi certaine blessure me laissait des marques et d'autres non.

Je me laisse tomber au sol en pleur et les yeux exorbités. La voix de Loki m'appel depuis la chambre. Loki... jamais il ne voudra de moi comme ça. Je me mets en position fœtal contre le bain et pleure de plus belle. J'ai encore tout perdu. Si c'est ça mon destin, alors grand-père Aka avait raison. Jamais il ne faut mélanger les dieux et les démons. Il ne me reste plus qu'a m'exiler... sur Helheim pourquoi pas, Hella ne fera pas attention à mon apparence.

Quand Loki entre dans la salle de bain, il n'y a plus personne. Acani est partie. Pour seule preuve de sa présence récente, le robinet qui coule encore, oublié.

* Les cris ou Thu'um sont des mots de puissance en dovahzul qui peuvent autant envoyer des attaques que modifier la météo.

*D'après ce que j'ai compris il est impossible pour un daedra de mourrir, c'est la base même de sont existence, s'il meurt il revient toujours d'une façon ou d'une autre. Mais pour mon histoire j'ai dû modifier un peu ces faits et tuer les daedras...