Chapitre 1 : La chambre céleste
« Bienvenus dans l'endroit où se reposent les membres de la Tétrarchie ! Vous trouvez une vague ressemblance avec un… certain décor. »
Pour sûr ! Celui-ci ressemblait étrangement à l'endroit où Dialisa, sa sœur et les deux jumelles logeaient lorsqu'elles étaient dans l'Horoscopie. Maintenant, c'était bien plus grand et bien que le ciel était constellé par les étoiles, le sol était fleuri, Rayquina signalant qu'il valait mieux retirer ses chaussures, chose qu'elle fit pour montrer l'exemple. Elle eut un petit sourire en marchant pieds nus dans les fleurs.
« Si vous voulez bien me suivre, je vais vous guider dans ma demeure. »
« Tu ne voudrais pas d'abord nous expliquer ce qui va se passer ? »
« Si tu le désires… Erol… Mais est-ce que je pourrais te parler seule à seul un moment ? »
« Heu… D'accord… Enfin… Je ne vois pas de problèmes. »
La jeune femme aux longs cheveux verts posait ses yeux dorés sur lui… puis sur Mariali. Elle semblait avoir quelque chose à dire aux deux personnes mais cela pouvait peut-être attendre plus tard ? Quelques instants après, tout le groupe se retrouva devant un immense palais… qui faisait penser à celui du Roi Waror. En y regardant de plus près, cela semblait même être une copie… ou alors plutôt l'inverse ? Le palais du royaume de Drakoni n'était qu'un ersatz de ce qu'ils avaient en face des yeux ? Peut-être cela…
« Comme le palais est assez grand, je vais vous donner une chambre à chacune de vous. Erol aura la chambre royale, je pense qu'il n'est pas nécessaire d'expliquer pourquoi. »
« Le lit est grand comment ? »
« Disons qu'il peut contenir cinq à six personnes environ. Les rois ont souvent des idées démesurées. Pourquoi cette question ? »
« Alors c'est simple, je dors avec Erol ! Pas besoin de chambre ! »
« C'est pareil pour moi ! J'ai du retard à rattraper ! »
Et la principale intéressée dans tout ça ? Erol se tourna vers Mylidie, s'approchant d'elle avec un fin sourire, lui prenant la main alors qu'il se mettait à parler :
« Si il est possible, j'aimerais plutôt passer la nuit avec Mylidie. Un véritable lit… serait bien mieux je pense. Danya… Relia… Je suis désolé… »
« Pffff ! Tu n'es vraiment pas joueur ! Tu as trois femmes et tu en choisis qu'une ! »
« Je n'ai jamais dit ça je crois ! Comme je le répète, je vous aime énormément toi et Relia, mais j'aime tout court Mylidie. »
« Mylidie ! Dis quelque chose au lieu ! Tu pourrais quand même nous le laisser un peu. »
« Je… Euh… Pas ce soir, désolée… les filles. »
Danya poussa un profond soupir, Mylidie disparaissant dans un trou pour en ressortir d'un autre à quelques centimètres de la femme aux cheveux blancs. Celle-ci tira Relia vers elles avec sa main droite, commençant à discuter en chuchotant. Les deux femmes aux cheveux blancs semblaient proposer diverses choses à Mylidie, celle-ci hochant la tête négativement plusieurs fois alors que Relia s'emportait un peu mais sans colère. Finalement, Danya calmait Relia tandis que Mylidie l'écoutait d'une oreille intéressée.
« Je ne sais pas ce que ces demoiselles sont en train de faire mais cela n'annonce guère des choses plaisantes pour toi. Tu devrais faire attention. »
« Si c'est Danya qui gère le tout, je devrais plutôt m'inquiéter et m'éloigner de cet endroit le plus vite possible. Par contre… Vous êtes drôlement rapide non ? »
« Hein ? Oui… C'est vrai… Je peux l'être si je le désire… Mais je ne le suis jamais assez… »
Rayquina baissa la tête en rougissant alors qu'il s'adressait à elle. Il rattrapa subitement les lunettes qui tombaient de son nez alors qu'elle s'excusait de sa gaffe. Il n'avait jamais rencontré Dialisa et les autres femmes de la Tétrarchie mais si ça aurait été le cas, il aurait bien vu une différence de caractère entre Rayquina et les autres membres.
« Pardon… Je n'ai pas faite attention à moi-même. Cela m'apprendra. »
« Il n'y a pas de problèmes. Dites moi… Vous semblez un peu jeune… C'est normal ? Je pensais que vous aviez plus l'âge d'Hela. Du genre une trentaine d'années. »
« J'ai de l'expérience malgré mon apparence physique. Je suis l'une des cinq dragonnes primordiales. Nous sommes chargées de protéger Arcia bien que j'aie d'autres… fonctions. »
« Lesquelles ? Si ce n'est pas indiscret ? »
« J'aimerais… les évoquer seulement en ta présence et non devant les autres. »
« D'ac… cord. Je ne poserais plus d'autres questions. Je suis désolé du dérangement. »
Elle fit un petit signe négatif pour dire que ce n'était rien. Danya venait de taper dans ses mains avec un grand sourire, Relia sautant au cou de Mylidie en la remerciant alors que celle-ci était rouge de gêne. Elle balbutia que ce n'était rien mais visiblement, elle se faisait violence pour ne pas crier. Elle se dirigea d'un pas lent vers Erol tandis que Danya et Relia regardaient le jeune homme avec un grand sourire… un peu proche du carnassier.
« Erol… Elles nous laissent dormir ensembles cette nuit… »
« Et bien… Ce n'est pas une bonne nouvelle ? Tu as l'air chamboulée. »
« C'est simplement que… demain… Tu dormiras avec elles… et moi… Mais cette nuit, elles nous la laissent… Je n'ai rien pu faire sinon… Elles allaient venir dès ce soir. Au moins… Nous aurons notre propre soirée donc… mais… Voilà… »
« C'est moins dramatique que je le pensais. Au moins… Tu seras encore avec moi. Ce n'est pas comme si elles allaient dormir nues contre moi et nous forcer à faire de même. »
« Mais c'est une superbe idée ça, Erol ! Tu vois que tu apprécies ! »
« ET MERDEEEEEEEEEE ! »
Il se donna une claque plus violente que d'habitude sur le front, s'écroulant en arrière alors que les générales étaient déjà parties dans leurs diverses chambres. Relia et Danya rigolèrent ensemble alors qu'il serrait Mylidie dans ses bras après s'être relevé. Il allait passer une bonne soirée mais demain… Il allait devoir trouver un moyen de se retenir.
« On… sera seuls ce soir… Erol… Donc… »
« Oui… Ne t'en fais pas pour ça. Je ne risque pas d'oublier. »
Elle le remercia d'un petit baiser sonore sur les lèvres, Rayquina signalant à Erol qu'elle avait besoin de lui parler. Elle demanda à Mylidie et aux deux autres femmes de bien vouloir la suivre alors qu'elle désignait une salle à Erol pour qu'il l'attende là-bas. Plutôt confus car il ne savait pas à quoi s'attendre, il s'exécuta néanmoins.
« C'est plutôt une belle pièce… Enfin… Elle ressemble à la salle du trône. »
« C'est parce qu'elle l'est. Bien qu'il n'y a pas de roi en ce lieu. »
Rayquina était déjà arrivée ?! Il se retourna de surprise, voyant la jeune femme aux longs cheveux verts. Elle avait fait vite… très vite même… Mais elle avait un genou au sol, la tête baissée. Lentement, elle murmura avec tristesse :
« Pardonnez moi… Erol. »
« Vous pardonner ? Mais de quoi ? Qu'est-ce que vous avez fait de mal ? »
« Je… suis responsable en partie de la mort de votre grand-père… »
« Hein ?! Mais non ! NON et NON ! Je sais très bien que ce n'est pas vrai ! JE… suis responsable de ça ! Ne dites pas n'importe quoi ! »
« Ayant vue les autres dragonnes primordiales blessées, je me suis dépêchée de les emmener dans la chambre céleste mais… Je ne suis pas arrivée à temps… »
« Mais de quoi vous parlez ? Je ne comprends pas. »
« Mon autre rôle… est d'être la gardienne de la lignée royale… Je suis celle qui est chargée de protéger coûte que coûte la lignée… et j'ai échouée… »
HEY ! Elle n'allait pas se mettre à pleurer quand même ! Il… Il… Ah ! Comment une femme aussi puissante et capable de tenir tête aux nombreuses attaques projetées par les citoyens de Drakoni pouvait-elle pleurer ? Il… Il… Il l'enlaça subitement, se disant que c'était la meilleure façon de consoler une femme. Ca marchait d'habitude avec lui et inversement !
« C'est bon, c'est bon. C'était son jour… On ne va pas en faire toute une histoire… Enfin… Il ne faut pas pleurer pour ça. Ce n'est pas si dramatique que ça non plus. Enfin, je crois… Bon… Vous savez quoi ? Vous feriez bien mieux d'aller vous reposer plutôt que de sangloter. Demain est un autre jour non ? »
« Vous… ferez un grand Roi dragon… après que Galixée ne soit plus là. »
« Merci beaucoup… Ca me touche… Je vais… vous laisser mais avant… Je dois vous guider dans votre chambre. Si vous voulez bien vous accrocher… »
Elle s'était relevée, séchant les quelques larmes qui apparaissaient dans ses yeux dorés. Heureusement, ses lunettes n'étaient pas embuées. Elle lui demanda de passer ses mains autour de son cou, chose qu'il fit avant de ne plus sentir son corps. Qu'est-ce qui se passait ? C'était la même sensation que dans le royaume de Drakoni. Lorsqu'il eut enfin le temps de réagir, il remarqua qu'il était dans sa chambre… et que Mylidie était déjà assise dans le lit royal ? Un lit vraiment très grand au passage. Seule la porte qui claqua signalait le fait que la raison de tout ça était la jeune femme aux cheveux verts. Mylidie portait une robe de nuit faite de satin rose alors qu'elle était maintenue par deux bretelles. Elle était restée parfaitement immobile au moment où il était arrivé, la tête baissée. Il avait encore tous ses habits contrairement à elle qui était déjà en tenue pour dormir.
« Bonsoir… Erol. Tu es enfin là ? Même si ça ne fait que dix minutes… Je t'attendais. »
« Journée épuisante aujourd'hui… Beaucoup trop… »
« Tu veux dormir ? Tu peux te reposer, il n'y a aucun problème. »
Il eut un petit sourire, retirant ses habits un par un pour ne rester qu'en caleçon noir. Il lui demanda où elle avait trouvée sa tenue et elle lui répondit que les meubles dans la chambre contenaient tout ce qu'ils voulaient. Il se leva du lit, se dirigeant vers les meubles avant de fouiller à l'intérieur. Il en retira un pyjama gris tout ce qu'il y avait de plus basique et il l'enfila avant de sauter sur le lit royal. Mylidie rebondit légèrement, surprise par le geste d'Erol avant d'émettre un petit sourire. Elle comprenait où il voulait en venir. Ce lit là était bien plus grand que l'autre !
C'était à son tour de sauter sur le lit, le couple se mettant à rebondir tout en se déplaçant sur le matelas. Ce petit manège dura pendant quelques minutes, Erol faisant la remarque à Mylidie qu'il voyait sa poitrine qui bougeait beaucoup trop dans sa robe de nuit… et surtout que les bretelles descendaient. Pour toute réponse, elle alla lui atterrir dessus en poussant un grand rire. Pendant quelques secondes, ils se regardèrent tendrement avant de se murmurer quelques mots doux. Il alla l'embrasser longuement en fermant ses yeux.
C'était tout ce qu'il voulait… Tout simplement ça… Ces petits moments encore trop rares à ses yeux. Il en voulait plus… beaucoup plus ! Il fit descendre complètement les bretelles et la robe de la jeune femme aux longs cheveux rouges, mettant sa poitrine à nue pour qu'elle se colle à son torse. Il n'avait pas cessé de l'embrasser, voulant profiter au maximum de cette nuit où ils seraient encore seuls. Demain serait un autre jour.
