Cinq Octobre : Tous ces yeux... (300 mots)
Tous ces yeux... Tous ces yeux, ils fixaient Barty. Ça lui faisait peur, et les larmes coulaient sur son visage. Il aurait voulu se boucher les oreilles, ou bien mettre ses mains sur ses yeux, mais il était attaché.
Il se mit à trembler. Il lui semblait que les chaînes autour de ses poignets se resserraient sans cesse et c'était comme si une fumée noirâtre lui envahissait les poumons, tant il suffoquait.
Il gémit, et secoua la tête. Qu'on chasse tous ces yeux ! Qu'on les fasse partir ! Il ne voulait plus voir les œillades assassines des spectateurs, les expressions avides des journalistes, et le visage détruit de sa mère. Il ne voulait plus voir la mort valser au-dessus de lui.
Barty tourna son regard vers son père, et silencieusement il le supplia de le sauver, de balayer tous ces yeux qui venaient brûler son visage et arracher sa chair. Il voulait tant que son père l'aide, qu'il fasse partir tous ces yeux, et tous ces monstres qui l'entouraient.
Et encore ces yeux qui le transperçaient de part en part.
Barty hurla quand les Détraqueurs entrèrent dans le tribunal, et il pria pour sortir de ce cauchemar, il pleura pour que son père vienne chasser les yeux qui le fixaient, comme il chassait les monstres sous son lit quand il était enfant.
Mais Bartemius ne vint pas, il ne le rassura pas, il le laissa seul dans le noir. Barty sanglota de désespoir.
Et la délibération du tribunal pris fin.
Alors Barty rejeta la tête en arrière, comme si son cou s'était brisé, et il cria et pleura, pendant que les Détraqueurs l'empoignaient. Et un murmure funeste l'accompagna quand il quitta le tribunal, s'accrochant à ses pieds nus et sales qui butaient sur le marbre froid.
« Coupable. »
A demain !
