Chapitre 31 : Le groupe des cinq
« J'ai pris ma décision… Enfin… Testaline… Relia… Vous allez rester ici… Pareil pour ma… mère. Enfin… Voilà… Je crois que moins de gens viendront, mieux ce sera. »
Hein ? Qu'est-ce qu'il voulait dire ? Les cinq statues avaient été retirées pendant la nuit, Erol ayant demandé à ce qu'elles soient mises en sécurité tandis qu'il reprenait la parole.
« Nous ne savons pas où elles sont mais ce n'est pas ça le problème. Je veux simplement que le plus de gens soient… en sécurité. Galixée, Danya, Mylidie et Miania m'accompagneront. »
« Et pourquoi ça ne serait pas plutôt toi qui resterait en retrait, Erol ? »
La femme aux longs cheveux blancs et aux yeux bleus se positionna devant lui, rougissante comme une enfant en le regardant. L'explication de Galixée avait été convaincante… et la tour avait été détruite. Cela faisait déjà quelques jours qu'Arcia s'était faite enlevée et ils n'avaient aucune indication sur sa localisation.
« Ca ne servira à rien. Malgré… »
« Tout ce qui s'est passé, tu continues de prendre des risques inconsidérés ! Tu… Tu as perdu la mémoire, tu es mort une première fois, tu as vécue une enfance tourmentée, tu as été séparé de ta mère pendant toute ta jeunesse, tu ne penses pas que tu pourrais rester en retrait ?! »
Mylidie s'emportait à nouveau et il remarqua qu'elle était plus apte à s'énerver dorénavant. Elle n'avait plus à se montrer aussi gentille et délicate qu'auparavant. Enfin, ça n'allait pas lui manquer forcément mais… maintenant qu'il devait se nommer Erol sans réellement comprendre pourquoi, il ne la trouvait pas plus… bizarre qu'avant. En fait, c'était ses réactions à lui qui étaient bizarres, voilà tout.
« Ca ne fait rien du tout. Je suis comme ça. »
« Je suis d'accord avec Mylidie. Tu en as déjà assez fait, Erol ! »
« Ca ne sert à rien de discuter. Ma… man… Il faudra te remontrer aux citoyens de Drakoni. Ils doivent savoir que tu es vivante… Il faut tout reconstruire. »
« Je le ferais… mais écoute donc… ce qu'elles disent. »
« Tu ne vas pas t'y mettre non plus ?! »
Vraiment ! Il faisait ce qu'il voulait de sa vie ! Il quitta la pièce en grognant, sous le regard ahuri des personnes qui étaient à l'intérieur. Non mais qu'elles le laissent tranquille si c'est comme ça ! S'il voulait risquer sa vie, c'était SON problème ! Pas le leur ! Non mais oh… Il ne fallait pas rêver non plus ! Même s'il comprenait qu'elles s'inquiétaient pour lui.
« Ce n'était pas très poli de partir comme ça, Erol. »
« Je le sais, je le sais très bien mais j'y peux rien hein ? Je suis comme ça… Et puis… Si Arcia est en danger, je veux aller l'aider. En quelque sorte, c'est de ma faute si elle est capturée par Alpha et ses sœurs. »
« Oui mais… Est-ce une raison pour leur parler comme ça ? »
La jeune fille aux cheveux roses s'était adressée à lui alors qu'il poussait un profond soupir. Non, il n'avait aucune raison pour parler ainsi à sa propre mère et à ses amies… qui s'inquiétaient pour lui. Non, il n'avait aucune raison qui expliquait ce comportement irrespectueux. Il poussa un soupir, reprenant :
« Où est-ce que j'ai commis une bêtise ? »
« Nulle part… Mais tu sais… Je surveille tout les êtres vivants peuplant ce monde… et je connais toutes leurs histoires… »
« Où est-ce que tu veux en venir, Miania ? »
« Et bien… Tu en as déjà fait bien plus que la majorité des hommes… Tu sais… Arrêter Galixée, ce n'est pas une chose facile. Bon, à côté, il y a ses sentiments person… »
« MAIS QU'EST-CE QU'ELLE RACONTE ?! »
Galixée s'était téléportée pour arriver derrière Miania, lui tirant les deux joues pour la faire taire en rougissant très faiblement. Elle avait un peu haussée la voix alors qu'il remarquait… que les autres femmes se trouvaient derrière la porte, à écouter ce qu'il disait avec Miania.
« Aie… Aie… Chat fait mal… chat. »
« Si tu arrêtes de dire des bêtises, j'arrête de te tirer les joues. »
« D'accord, d'accord, c'est bon… J'ai compris. »
Galixée soupira légèrement, relâchant les deux joues de Miania. Celle-ci passa une main sur ces dernières pour les soulager, tirant la langue à Galixée. La jeune femme aux cheveux violets haussa un sourcil, se demandant si Miania se comportait réellement comme une enfant ou non ? Elle ne s'était pas attendue à une telle réaction lorsqu'on savait qu'elle était la gardienne de la planète mandatée par la déesse mère.
« Galixée… Je suis un peu déçu que toi aussi, tu écoutes aux portes. »
« Que veux-tu que je te dise. Chacun se fait du souci pour toi. Que tu le veuilles ou non, tu es le centre de toute l'attention des personnes se trouvant dans ce lieu. Sans toi, il y a peu de chances que chaque femme s'en remettre. Lorsque je t'ai effacée la mémoire, je ne suis pas sûr que tu t'en rappelles mais essaye d'imaginer qu'elle a été la réaction de Danya lorsqu'elle a appris ta mort, celle qui n'est jamais arrivée ? Et pour Mylidie ? »
« Ca ne sert à rien de me parler comme ça. Je ne changerais pas d'idée sur la question. Je suis très têtu mais je vais aider Arcia, que vous le vouliez ou non. Et je t'interdis de m'empêcher d'y arriver en utilisant tes pouvoirs, Galixée. Je me suis bien fait comprendre, hein ? »
« Evite simplement de me parler ainsi, Erol… Peut-être que… Je t'apprécie mais ce n'est pas une raison pour me parler de la sorte. Si je le désire, je pourrais te briser tes quatre membres et partir à la recherche d'Arcia pour aller la tuer. Rappelle toi que tu es peut-être un descendant royal… mais tu n'es au final qu'un humain comme les autres. »
Un humain comme les autres ? Tsss ! Beau discours que voilà ! Il se positionna devant elle, collant son front contre le sien alors qu'elle l'observait de ses yeux améthyste. Pourquoi… n'arrivait-il plus à savoir quelle était sa relation avec elle ? Et avec Mylidie ? Et Mariali ? Et Danya ? Car il était bien beau de dire qu'elle était sa mère, son amie, et toutes ces choses… Mais au final, ce n'étaient que des paroles… et ça, il ne pouvait pas l'oublier d'aussitôt.
« Ne vous bagarrez pas s'il vous plaît ! »
La porte s'ouvrit pour laisser venir Mylidie, celle-ci séparant Erol et Galixée alors qu'il détournait le regard. Non… Ils ne se bagarraient pas… Ils discutaient calmement. C'était différent de se battre. La jeune femme aux cheveux rouges alla se calfeutrer contre lui, le regardant longuement alors qu'il ne comprenait pas réellement ce geste.
« C'est bon… C'est bon… J'arrête, j'arrête. Pas besoin de me le redire. J'ai compris. Mais par contre… Tu peux me relâcher un peu ? Besoin de respirer… »
« Non… Car sinon, tu vas recommencer à crier… Je veux simplement que tu me promettes de ne pas en faire trop… et de reculer lorsqu'il y a trop de danger. »
« C'est bon… C'est bon, j'ai compris. »
Il passa une main dans ses cheveux noirs, se disant que Mylidie… était un peu trop collante des fois. Enfin, d'après ce qu'il avait cru comprendre, il l'aimait non ? C'était ça non ? Ou alors il se trompait complètement ? Il la serra contre lui sans savoir exactement ce qu'il faisait… comme un automatisme.
« Mais maintenant, on peut me laisser un peu tranquille ? Il faut que je me prépare pour les prochains jours. Mais… est-ce que le message est bien passé ? Danya ? Ma…man ? »
Les deux femmes sortirent de derrière la porte, chacune hochant la tête pour signaler qu'elles avaient bien compris. Mais quand même… La femme aux longs cheveux bleus était inquiète pour lui, cela se voyait dans son regard. Elle avait déjà perdu un père… Elle ne voulait pas perdre un fils maintenant ! Elle murmura :
« Mais prends… soin de toi ? Et reviens en vie car à ton retour… Je dois te présenter comme mon fils, brisez les règles ancestrales faisant que nous pouvions nous lier qu'entre membres du royaume de Drakoni et toutes ces choses. »
« D'accord… D'accord… J'ai compris. Vous n'avez pas d'amulettes ou des grigris à me donner ? Pour me porter chance ou je ne sais quoi ? »
« Arrête de te moquer, c'est très sérieux, Erol ! »
Oui, oui… Il savait que c'était très sérieux. Il n'était pas stupide quand même mais voilà… Avec toutes ces précautions, tout ce qui se passait autour de lui, il était un peu fatigué. Qu'on trouve Arcia et l'endroit où elle était enfermée, c'était tout ce qu'il voulait ! Il relâcha Mylidie, celle-ci posant son regard sur lui puis sur son torse… avant de venir le caresser de son doigt sur ce dernier. Bien qu'ils fussent en public, elle lui demanda :
« Est-ce que… nous pouvons dormir ensembles ce soir, Erol ? »
« Mylidie… Je te l'ai déjà dit et je le répète. Je préfère éviter… sincèrement. Je ne voudrais pas que l'ont se créent des ennuis alors qu'on vient à peine d'en sortir. Est-ce que tu veux bien comprendre que… je ne suis pas si sûr de tout ce qui se passe ? »
« Oui mais… S'il te plaît… Juste une soirée. »
Qu'est-ce qu'il devait répondre ? Oui ou non ? Il ne voulait pas qu'elle se fasse de fausses idées à ce sujet ! Il regarda Danya, puis Mariali et Galixée. Miania émit un petit rire en comprenant la détresse du jeune homme alors qu'il soupirait.
« Bon… Je veux bien… mais chacun de son côté, c'est comme ça que ça se passe et pas autrement, est-ce que je me suis bien fait comprendre, Mylidie ? »
« OUI ! Maintenant, on peut se remettre à rechercher des informations sur Arcia. Peut-être qu'il faudrait en parler avec la gardienne du volcan… Elle pourrait être au courant… Exelie, c'est son nom je crois. Elle ne s'est pas montrée depuis tout ce temps. »
« Elle doit sûrement panser ses blessures, voilà tout. »
Ainsi… Ils étaient tranquilles pour quelques heures ou journées. Du moins, tranquilles, c'était un bien grand mot. Il restait encore beaucoup de choses à faire avant d'espérer n'avoir ne serait-ce qu'une simple information au sujet d'Arcia et des quatre sœurs.
« Bon… Maintenant… On doit faire quoi ? »
« On peut prendre notre journée ? Et nous balader en ville ? Malgré le fait que Galixée aie manipulé un peu tout le monde, la ville tourne quand même. »
« On ne fait que ça depuis des journées ! C'est bon, j'ai ma dose aussi ! Faites comme vous le voulez, moi, je vais m'entraîner et voir un peu si j'ai perdu aussi ma combativité ou mes techniques pour me battre. J'espère que ça ne dérange personne hein ? »
« SI ! Moi ! Ca me dérange ! Tu parles qu'on ne fait que ça mais c'est TOI qui ne fait que ça de tes journées ! Tu viens avec moi et on va sortir tous les deux ! »
« Hein ? Mais mais mais… Lâches-moi, Mylidie ! »
Elle lui prit le bras en le serrant avec une légère force avant de le traîner en-dehors du bâtiment où ils logeaient. Testaline et les autres anciennes générales dormaient autre part dans un endroit connu de seulement eux alors que le reste du groupe… dormait ici. Mais bon… Là, n'était pas le sujet et il se retrouvait emporté par Mylidie pour une promenade qui lui manquait tant d'après le regard qu'elle avait. Vraiment… Pourquoi était-il devenu amnésique ?
