Seize Octobre: Bleus (300 mots)
Severus n'avait trop jamais compris pourquoi dans le langage courant les « bleus » désignaient les ecchymoses. Des contusions pouvaient très bien être violettes, jaunes ou vertes, voir même noires. Il était bien placé pour le savoir, ses bras se retrouvant toujours constellés de traces plus ou moins estompées, selon leur ancienneté et l'humeur de Tobias au moment où il tapait – les marques mettant toujours plus de temps à partir quand il était sous l'emprise de l'alcool.
Mais de toute façon, que Tobias soit en colère ou non, les bleus apparaissaient toujours – il aimait trop voir Severus se plier sous ses coups de poings ou de pied pour restreindre sa violence. Et puis, ce n'était pas comme s'il aurait un jour à se sentir coupable. Qui se préoccuperait d'un monstre comme son fils ?
Severus avait aussi des cicatrices, mais pas beaucoup sur les bras. Il y en avait bien plus dans son dos – parce que Tobias ne voulait pas qu'on les voit, il frappait là où les vêtements pouvaient cacher les marques laissées par sa ceinture.
C'était aussi pour ça que le visage de Severus était toujours épargné, du moins depuis son entrée à Poudlard – dans sa petite enfance, le jeune Snape avait plusieurs fois reçu le poing de son père dans la figure, en témoignait son nez tordu.
Mais depuis qu'il y avait le risque que quelqu'un – Severus se demandait bien qui, personne ne s'inquiétait jamais pour le Serpentard visqueux qu'il était – découvre ce qu'il se passait à l'Impasse du Tisseur, Tobias était passé maître dans l'art de frapper là où personne ne pourrait voir les traces de ses méfaits.
Pourtant, sous l'uniforme un peu miteux de Severus, les bleus étaient toujours là, et les cicatrices aussi. Mais qui s'en soucierait ?
A demain !
