Chapitre 33 : Réminiscence
« Tout va de travers… mais tout va de travers… »
« Mais non, Erol… Je t'interdis de te compliquer la vie encore une fois ! »
Ils se retrouvaient dans un lit bien moins spacieux qu'auparavant et bien moins beau d'ailleurs. Mais… C'était un lit à double place et tant qu'il pouvait leur permettre de dormir, alors il n'y avait aucun problème à toute cette histoire. Il reprit la parole :
« Non mais sérieusement… Pourquoi courir au suicide ? A quoi ça va leur servir de mourir ? Hein ? Explique moi car je ne suis pas sûr d'avoir tout compris à la … psychologie féminine. Et encore, je me demande si tout est une histoire de psychologie ou non. »
« Tu es vraiment stupide quand tu t'y mets. Toi aussi, tu n'étais pas mieux ! Sans toi, je serais sûrement morte à l'heure qu'il est… et dans une forme des plus détestables ! Alors, tu vas arrêter tes bêtises et surtout arrêter de parler comme ça ! »
« Pfff… D'accord… D'accord… BONNE NUIT ! On n'a même pas le droit d'ouvrir sa bouche qu'on se fait contredire ici ! Tsss… »
Il se coucha dans le lit, lui tournant le dos alors qu'elle l'observait avec un petit sourire triste. Des fois, il se comportait un peu différemment de ce qu'il avait été… Des fois… Elle se demandait si c'était bien Erol. Elle alla se coucher à son tour, venant poser sa poitrine contre son dos en posant ses deux mains sur le ventre du jeune homme.
« Qu'est… Qu'est-ce que tu fais là ?! J'ai… J'aimerais bien le savoir, Mylidie. Ca ne se… »
« Cela se fait et chut… Dormons ensembles et tranquillement, tous les deux… d'accord ? »
« Ce n'est pas que c'est déplaisant hein ? Mais… Bon… Je n'ai pas vraiment l'habitude de tout ça. Ca me semble… si nouveau… »
Si nouveau ? Est-ce qu'elle devait se moquer de lui ? Il avait l'habitude de dormir avec quelqu'un, ça ne datait pas d'hier pourtant. Elle alla se coller un peu plus contre lui, lui faisant bien sentir sa poitrine contre son dos alors qu'il tremblait un peu.
« Ce n'est vraiment pas une bonne idée… Mylidie. C'est beaucoup trop rapide à mon goût tout ce qui m'arrive. Je préférais… dormir autre part. »
« Tu restes ici et tu ne bouges plus, Erol. Tu dois t'habituer à nouveau… »
« M'habituer à quoi ? A sentir des seins contre moi ? Des choses volumineuses et imposantes ? Si encore, je ne me contrôlais pas… Je me jetterais sur toi MAIS… Je ne le ferais pas car je ne suis pas comme ça ! »
Elle émit un petit rire avant de l'embrasser dans le cou, lui souhaitant bonne nuit. Elle se serra encore plus contre le jeune homme, celui-ci se retournant pour l'avoir en face de lui. Il l'observa quelques instants, se demandant ce qu'il était en train de faire comme connerie avant de lui caresser les cheveux. Il alla s'endormir quelques instants après.
« Erol… Erol… Est-ce que tu dors bien ? Ou non ? »
« AHHHHHHHHHHHHHHH ! Zut de zut ! Désolé, désolé ! »
Il ouvrit les yeux, remarquant qu'il s'était endormi contre la poitrine de Mylidie alors que celle-ci était aussi rouge de gêne que lui. Mais quel idiot ! Entre dire et faire, il faisait un grand saut ! Vraiment… Est-ce que son corps avait réagi instinctivement pendant son sommeil ?! Ce n'était quand même pas possible qu'une telle chose se fasse sans qu'il ne le remarque… Cette chaleur… Il l'avait très bien sentie… Si chaude et douce.
« On se lève et on va déjeuner un peu ? Danya et les autres nous attendent. »
« Est-ce que Mar… Maman est là ou non ? Il faudrait lui parler au sujet du royaume de Drakoni… Je ne sais pas si je suis… apte à me présenter en tant que prince. »
« Comment pourrais-je savoir si elle est présente ? Je n'ai pas bougé de cet endroit depuis que je suis réveillée ! Je préférais attendre que tu ouvres les yeux. Tu semblais si calme… et serein contre ma poitrine que je me suis dit que finalement, tu n'as pas changé. »
« Non merci… Je ne suis pas intéressé par ce que tu dis, Mylidie. On se lève avant qu'il ne soit trop tard ? On a peut-être d'autres choses à faire que de rester cloîtrés au lit toute la journée… du genre… se préparer pour Arcia ? »
« Prend donc un peu le temps de te reposer et de vivre au lieu de penser à tout ça ! »
Elle lui prit la tête, la collant contre ses seins en l'entendant gémir de bonheur et de rage car elle y mettait toute sa force pour l'empêcher de s'enfuir. Pendant presque une minute, elle le calfeutrait contre elle, retirant finalement sa tête pour voir le visage rougi et légèrement transpirant d'Erol. Celui-ci respirait bruyamment, cherchant à reprendre son souffle mais elle alla l'embrasser longuement alors qu'il écarquillait les yeux de surprise.
« Tu… Tu… Tu… l'as encore… »
« Et oui ! Jusqu'à ce que ça soit toi qui prenne les devants, Erol ! Aller ! On se bouge ! »
Elle se redressa dans le lit, se levant en première alors qu'il restait immobile. Elle quitta la chambre en lui signalant qu'elle allait se laver tandis qu'il la laissait faire. Sincèrement… Il appréciait ces petits traitements… Le baiser de Mylidie était… vraiment unique. Avec ça, il était certain qu'elle l'aimait réellement mais lui… dans tout ça ?
« Pfff… Je devrais arrêter de me tourmenter avec toute cette histoire. On va d'abord régler son compte à Alpha et à ses sœurs, ensuite, on sauve Arcia… et après ? On verra bien… Je n'ai rien à perdre pour l'instant. C'est à me demander si je n'ai pas déjà tout perdu. »
Et il devait d'abord commencer par arrêter de se parler tout seul, ça n'allait mener à rien de bon ! Il quitta le lit, entendant les petites chansonnettes de Mylidie dans la salle de bain. Bon… Il n'allait pas venir la déranger… ou alors… Il pouvait essayer non ? Ca ne lui ferait pas de mal de l'épier. Vengeance pour vengeance, elle s'était bien amusée à ses dépends. Il poussa un cri, ouvrant la porte de la salle de bain en prenant la parole :
« HAHAHA ! A mon tour de bien me marrer ! Je… »
« E… Erol… Tu… Tu… TU ES UN PERVERS ! »
Dire était une chose… Faire en était une autre… L'eau qui coulait le long du corps de Mylidie… Son corps nu… et désirable… De haut en bas… Elle n'était que beauté superbe et sublime… Tout son corps… était parfait…
« VAS T'EN ! NE ME REGARDE PAS COMME CA ! »
BOUM ! Il se prit un savon dans la tête, le faisant tomber en arrière alors qu'il quittait la pièce, la queue entre les jambes. Non… mais… Elle était vraiment belle. Retournant s'asseoir sur le lit, il posa une main sur son cœur, empoignant le tissu de son vêtement en se demandant… si c'était une bonne chose ? Est-ce qu'il pouvait recommencer à aimer Mylidie ? Comme auparavant ? Lorsqu'il l'avait vue… dans cette nudité… Il avait eu un pincement au cœur et un désir ardent… de lui faire… des choses.
Elle sortie après quelques minutes de la salle de bain, une serviette autour du corps sans même lui jeter un regard. Dire et faire… étaient deux choses différentes. Il ne devait pas l'oublier que cela ne s'appliquait pas forcément à lui. Il bafouilla quelques mots pour s'expliquer mais elle ne lui répondit pas. Elle s'éloigna sans un mot, le jeune homme décidant de partir de la chambre, quitte à se laver plus tard.
« Enfin réveillé ? Tu en as mis du temps. »
« Il y a… moins de personnes qu'auparavant. »
« Mariali, ta mère, t'a demandé Erol. Tu devrais te présenter à elle dès que tu as le temps. Elle veut que le peuple de Drakoni te voie… de leurs propres yeux. »
« Je ne sais pas vraiment si c'est une bonne idée… Pourquoi ils croiraient Mar… ma mère ? Je n'ai jamais été présenté pendant plus de dix-huit ans et là, j'apparais comme ça, sur le devant de la scène avec trompettes et tambours ? »
« Erol… Ta mère est fière de toi. Elle veut te montrer au peuple dans lequel tu aurais du vivre depuis toutes ces années. Tu es un prince, un membre royal, tu es un dragon, tu es toutes ces choses. Tu ne crois pas qu'il est temps d'arrêter de penser comme à une personne normale ? Car tu n'es PAS normal, tu ne l'es pas du tout ! »
Danya continuait de lui parler alors que les autres femmes s'étaient tues. Devant lui et autour d'une table, Vami, Sizé, Galixée, Miania et Hela. En comptant, lui, Danya et Mylidie, ils allaient être huit pour affronter Alpha et ses sœurs. Quatre contre huit… Il voulait simplement éviter des nouvelles morts mais là n'était pas le sujet du moment. Il sentit une main se poser sur sa joue, Danya la retirant en le regardant d'un petit air triste, reprenant la parole. Elle semblait elle aussi très inquiète :
« Réussir à kidnapper la déesse-mère, réussir à battre et statufier les dragonnes primordiales, ces quatre femmes venues d'ailleurs sont bien plus dangereuses que tu ne le crois, Erol. »
« C'est bon, c'est bon… Je vais y aller puisqu'on m'y force mais… »
« Mais quoi ? Que veux-tu en échange ? Puisque ta voix semble sans équivoque. »
« Je veux que tout le monde se prépare car nous partons ensuite ! Hela, j'espère que tu n'as pas oublié ce que tu m'as dit. Si vous venez avec nous, vous nous aidez. Je tiens à vous signaler qu'il y a des chances que vous mourriez. »
La femme aux cheveux rouges haussa un sourcil, se redressant sur sa chaise avant de se lever. Son arme double dans sa main droite, elle frappa le sol avec violence, s'adressant à Erol d'une voix qui se voulait calme et tranquille :
« Et ? C'est sensé m'arrêter ? Ou me donner des ailes ? Je pensais m'être correctement prononcée la première fois, Erol, mais à chaque fois, il faut que tu comprennes de travers. Je me fiche royalement de mourir, ce n'est pas ça le plus important à mes yeux, d'accord ? »
« J'ai compris mais… Je voulais éviter d'autres morts inutiles. »
« Et ta mort, elle sera utile ? Tu veux y aller en kamikaze ? En pensant que ça ne fait rien si tu meurs tout seul car tu auras fait de ton mieux et que les autres seront à l'abri ? Bien entendu, sur le moment, c'est pas mal, tu as réussi ce que tu voulais… mais ensuite ? Tu crois qu'elles ne vont pas gêner pour venir nous tuer ? Tu crois qu'elles vont rester parfaitement immobiles et ne plus rien faire puisque tu es mort en héros ? »
« Non mais… Mais… Mais… »
« Vas t'en et vas voir ta mère… Tu me prends déjà la tête, Erol. Des fois, tu es vraiment gonflant quand tu t'y mets. J'irais te donner une claque après. »
Hey… Comment est-ce qu'Hela lui parlant
