Chapitre 8 : La déclaration.
(Musique écoutée : « la première fois » Tryo)
La semaine qui suivit la fête du Printemps, Tamaki passa le plus clair de son temps libre chez Kakashi et Akito. Il rentrait chez lui le soir, quelques heures après le coucher du petit, après avoir passé la soirée dans les bras du ninja copieur. Il aimait la quiétude du lieu, les rires d'Akito lorsque son père le taquinait. Et plus que tout il aimait se lover au creux de l'épaule du shinobi, respirer son odeur, frôler la peau douce de son cou du bout des lèvres.
Le jeune médecin brûlait d'en avoir plus, mais son inexpérience et sa timidité le bloquaient. Il se demandait souvent si Kakashi le désirait physiquement autant que lui. Si oui, pourquoi ne manifestait-il aucun geste dans ce sens ? Leur relation platonique lui suffisait-elle ? N'avait-il juste pas envie de lui ?
Kakashi posa son livre et observa le jeune médecin, qui était assis en tailleur en face de lui.
« A quoi penses-tu ? » lui demanda-t-il.
« A… euh… Rien en particulier » répondit le médecin visiblement confus.
« Tamaki, c'est impossible de ne penser à rien. Et je vois bien que quelque chose te tracasse. »
« Non, non, ce n'est rien » marmonna Tamaki en tournant la tête, pour que le shinobi ne voie pas le rouge qui lui montait aux joues. Mais c'était sans compter sur la perspicacité du ninja copieur. En un instant, Tamaki se retrouva allongé par terre, une main bloquant ses poignets au dessus de sa tête, tandis que l'autre remontait lentement sous son t-shirt.
« Kakashi…Qu'est ce que… »
« A quoi pensais-tu ? » susurra le shinobi d'une voix troublante à l'oreille de Tamaki. Il commença à déposer de furtifs baisers le long du cou du jeune homme, et celui-ci sentit qu'il perdait totalement le contrôle. Il sentit aussi l'excitation monter au creux de son entrejambe, et sut immédiatement que Kakashi l'avait remarqué.
« Vous semblez avoir des idées bien perverses ce soir, Docteur » reprit Kakashi. Il lâcha les mains de Tamaki et lui ôta son haut. Chaque baiser qu'il laissait sur son torse laissait au médecin comme une sensation brûlante sur la peau.
« Tu as envie qu'on aille un peu plus loin ce soir ? » murmura le ninja copieur qui se redressa pour plonger son regard sombre dans celui de Tamaki.
Le ton du « oui ! » qu'il prononça lui parut si impatient et désespéré que Tamaki eut presque honte.
Kakashi se mit à rire, et se releva. Tamaki, vexé, cacha son visage du revers de la main.
« Allez viens» lui lança Kakashi doucement en lui tendant la main. Tamaki n'hésita pas longtemps. Le ninja copieur guida le médecin jusqu'à sa chambre, en prenant soin de refermer doucement la porte de la chambre d'Akito, après avoir jeté un coup d'œil pour s'assurer que le petit dormait. A peine Tamaki eut-il franchi le seuil de la chambre qu'il sentit une main le pousser sur le lit. Il eut juste le temps de se retourner et Kakashi était sur lui. Un frisson remonta le long de sa colonne. Le ninja copieur était rapide, c'en était presque effrayant. Kakashi, tout en embrassant tendrement son compagnon, les fit rouler pour échanger leurs positions. Alors que Tamaki dominait maintenant la situation, Kakashi lui murmura :
« Et maintenant, Tamaki, que veux-tu faire ? »
Le jeune médecin sentir ses joues s'empourprer de nouveau, mais il soutint le regard du shinobi. S'il voulait jouer à ça, ils allaient jouer, et au diable son manque d'expérience !
Cette nuit-là, Kakashi laissa Tamaki dominer les choses. Le jeune homme avait visiblement besoin de prendre de l'assurance. Lorsque Tamaki s'effondra épuisé à côté de lui, Kakashi ne put cependant pas s'empêcher de le taquiner.
« C'était ta première fois, non ? »
« Que… quoi ? »
« Avec un homme, je veux dire, c'était la première fois que tu faisais l'amour avec un homme ?» reprit le ninja copieur, plus sur le ton de l'affirmation que de la question.
Tamaki roula pour lui tourner le dos et marmonna honteux :
« C'était si nul que ça ? »
« Je n'ai jamais dit ça » répliqua le ninja copieur en enlaçant son amant. « C'est juste que tu as la…fougue des premières fois » reprit-il, espérant avoir bien choisi ses mots.
« La fougue ? » répondit Tamaki en se retournant pour voir Kakashi, avec un sourire collé aux lèvres.
Kakashi se mit à rire.
« Ouais, je suis sûr qu'Eiri a tout entendu là-haut. »
« Tu plaisantes j'espère ! » reprit le jeune homme confus.
« Mais bien sûr que je plaisante. Crois-moi, si tu avais été nul, je ne t'aurais sûrement pas laissé aller jusqu'au bout. Tu sais que tu es craquant quand tu rougis comme ça ? » conclut le shinobi en déposant un doux baiser sur les lèvres de Tamaki. Approchant sa bouche de l'oreille du jeune homme, il lui murmura, tout en laissant ses doigts courir le long de son torse :
« Mais la prochaine fois, c'est moi qui mènerai la danse, ok ? »
Tamaki acquiesça timidement, à la fois impatient et un peu inquiet. Et les deux hommes s'endormirent pour la première fois dans les bras l'un de l'autre.
…
Tamaki fut réveillé le lendemain par les rayons du soleil, qui venaient lui chatouiller le visage. Il roula sur le côté et sentit la place vide mais encore tiède dans le lit. Il était bien, sous la couette, l'odeur de son amant partout autour de lui. D'habitude il était plutôt matinal, mais aujourd'hui pas moyen de quitter ce petit cocon de bien-être.
Dans le salon, Akito était visiblement debout, et semblait donner du fil à retorde à son papa. Il entendit le ninja copieur demander à son fils de faire moins de bruit, alors que l'enfant riait aux éclats. Kakashi était maintenant retourné dans la cuisine, à en croire les bruits de placard et de vaisselle. Il entendit de petits pas de rapprocher. Akito avait visiblement réussi à déjouer la vigilance de son père. Il n'eut qu'à pousser la porte qui était restée entr'ouverte.
« Tamaki ! » hurla-t-il avant de se jeter sur le lit, pour réclamer un câlin. Le médecin surpris n'eut que le réflexe d'ouvrir ses bras pour accueillir le petit garçon, qui vint se lover contre lui.
« Bonjour Akito-kun » répondit le jeune homme d'une voix ensommeillée.
« Papa fait des crêpes au socholat ! » déclara le petit. La difficulté de prononciation du mot favori d'Akito fit sourire le médecin.
« Et bien, si on allait les goûter, ces fameuse crêpes au socolat » répondit-il en se levant. L'enfant ne semblait pas du tout perturbé de retrouver son pédiatre dans le lit de son papa. A cet âge innocent, il n'avait encore aucun préjugé, ni aucune gêne. Mais Tamaki savait que les questions viendraient, que les remarques désobligeantes à l'école suivraient. Coupant les pensées du jeune homme, Akito prit tout naturellement la main du médecin et ils partirent rejoindre Kakashi dans la cuisine.
Iruka avait rejoint la petite famille pour le petit déjeuner, et tentait de faire sauter la première crêpe dans la poêle.
« Rukaaa ! » cria de nouveau le petit garçon en se précipitant dans les bras de son parrain. Kakashi leva les yeux au ciel.
« Kami-sama, pourquoi autant d'énergie un samedi matin ? »
Iruka câlina Akito et lança à Tamaki :
« Bonjour Tamaki-san, bien dormi ? » Le sourire qui accompagnait le salut était entendu, mais absolument pas moqueur. Iruka était vraiment heureux que Kakashi ait pour une fois choisi un homme tel que Tamaki. La venue d'Akito avait rendu le ninja copieur beaucoup plus mature, notamment dans ses choix amoureux.
Tandis qu'Akito engloutissait littéralement sa première crêpe, Kakashi indiqua une chaise à son amant et lui servit un café. Le ninja copieur ne le montra pas, mais il avait été particulièrement ému par l'image d'Akito tenant Tamaki par la main en lui expliquant ce qu'ils allaient faire tous ensemble l'après-midi. Le sourire attentif du médecin à son fils l'avait profondément touché. Et la petite famille qui était en train de doucement se créer était source d'un bonheur inespéré pour le shinobi si solitaire.
Le petit déjeuner avalé, Akito et Iruka allèrent jouer dans le jardin. Kakashi, qui avait gardé ses distances pendant le repas, passa ses bras autour de la taille du jeune médecin alors que celui-ci était occupé à faire la vaisselle. Déposant un chaste baiser dans le cou de Tamaki, il murmura :
« Tu nous accompagnes à la piscine aujourd'hui ? »
Tamaki sourit en poursuivant la vaisselle. Kakashi était en train, petit à petit, de lui faire une place dans la petite famille qu'il formait avec Akito, sous l'œil bienveillant de son meilleur ami Iruka. Et il en éprouvait à la fois bonheur et fierté. Il accepta donc volontiers l'invitation.
Ils partirent tous les quatre en milieu de matinée. Akito semblait raffoler de l'eau. Pendant qu'Iruka faisait quelques longueurs dans le grand bassin, Kakashi fit barboter son fils dans le petit bain, sous l'œil attendri des mamans présentes. Un groupe de jeunes femmes aborda Tamaki, qui lisait un magazine allongé sur sa serviette. La conversation s'engagea. Kakashi fut rapidement intrigué par les rires qui fusaient du côté où il avait laissé Tamaki. Un sentiment de jalousie l'envahit à l'instant même où il vit l'attroupement de filles autour de son amant. Il n'avait jamais éprouvé ce genre de sentiment auparavant, ses relations étant toujours brèves, et il devait bien se l'avouer dans un but uniquement physique. Quelque part, il aurait aimé que Tamaki renvoie promener ces greluches et le rejoigne dans la piscine avec Akito. Il refusait de partager le jeune médecin, il le voulait pour lui tout seul. Akito le fit sortir de ses pensées en réclamant son attention. L'enfant semblait agacé par la grosse bouée qui lui entourait la taille. Il ne pouvait pas se diriger et se contentait de flotter au gré des vagues que provoquait son père. Kakashi se mit à rire en le voyant tenter de pousser contre la bouée avec ses petites mains, réussir à se hisser de quelques centimètres pour retomber aussitôt dans sa prison gonflée. Akito fronçait les sourcils, concentré et de plus en plus agacé. Le papa décida devenir à sa rescousse et le dégagea de sa bouée en l'empoignant fermement. Et une idée lui traversa alors l'esprit.
« Akito, tu te rappelles la lumière bleue que tu avais dans la main pour ton anniversaire ? »
Le petit hocha la tête timidement, se rappelant de la colère de son père ce jour-là.
« Quand ça fait des éclairs, comme pendant l'orage, c'est très vilain, reprit le ninja copieur alors qu'Akito baissait le nez. Mais moi je vais t'apprendre un petit jeu, rien qu'entre toi et moi d'accord ? Ce sera notre secret. »
Le petit écoutait maintenant attentivement son papa. Kakashi désigna son nombril à Akito et reprit :
« Tu vois, la petite boule bleue que tu sens dans ton ventre, tu vas essayer de la faire apparaitre dans ta main, comme si c'était ton ballon. »
Après plusieurs essais infructueux, le petit réussit à obtenir une toute petite boule de chakra qui scintilla au creux de sa petite paume.
« C'est bien Akito ! Maintenant tu vas essayer de mettre une petite boule dans chaque main. »
Le petit s'exécuta. Il semblait assimiler rapidement et sa maitrise du chakra était admirable pour son âge. Lorsqu'il arriva, après un petit quart d'heure d'effort, à maintenir assez longtemps ses deux boules de chakra dans chaque main, Kakashi le plaça dans l'eau devant lui en le maintenant sous les bras. Il expliqua à Akito qu'il devait tendre ses bras de chaque côté dans l'eau. Grâce au chakra qui s'échappait de ses mains, Akito sentit qu'il flottait comme dans sa bouée. Son père le lâcha prudemment, les mains prêtes à rattraper son petit loup à tout moment. L'enfant commença à battre des pieds et avança, à la manière d'un petit chiot, ses mains lui permettant de maintenir la tête hors de l'eau. Il s'épuisa vite cependant, et Kakashi le récupéra au bout de quelques secondes. Epuisé mais ravi de ce petit jeu, Akito s'accrocha au cou de son père qui décida de sortir du bassin pour laisser son fils se reposer au sec. Il rejoignit Tamaki et Iruka, qui bronzaient au soleil.
« Tiens, tu as fait fuir le fan-club de Tamaki, Iruka ? » demanda le ninja copieur sur un ton boudeur. Tamaki très embarrassé répondit :
« Kakashi, ce n'est pas ce que tu… »
« Laisses tomber Tamaki. Il est juste jaloux de ne pas être le seul sujet d'attention de ces dames. Il n'a pas l'habitude d'avoir de concurrent sérieux, c'est tout. C'est la modestie légendaire du génie de Konoha ça ! » répliqua Iruka moqueur.
Pour se venger, Kakashi colla Akito encore tout trempé dans les bras de son parrain.
« Tiens, occupe-toi de ton filleul au lieu de dire des méchancetés. »
« C'est toi qui as commencé ! »
Tamaki éclata de rire en voyant les deux shinobis se disputer gentiment. Le médecin eut finalement le dernier mot :
« Tu sais Kakashi, tu n'as rien à craindre. Je crois bien que je préfère les garçons » conclut-il d'un air taquin, ce qui eut pour effet d'entraîner un fou rire généralisé.
Kakashi préféra ne pas parler des prouesses d'Akito dans la piscine. L'enfant épuisé commençait à piquer du nez dans les bras d'Iruka.
« Dis donc, Akito a l'air complètement vidé. Si on rentrait ? »
Tamaki et Kakashi acquiescèrent et la joyeuse troupe quitta la piscine. A la sortie, ils croisèrent le groupe de jeunes filles qui étaient attablées à la terrasse du bar de la piscine. Kakashi les regarda et tout en continuant à bavarder, mit une main aux fesses de Tamaki juste au moment où ils passaient devant elles. Tamaki lança un regard réprobateur au ninja copieur.
« Kakashi, ce n'était pas très galant ça ! »
« Je marque mon territoire » répliqua le shinobi avant d'éclater de rire, bientôt suivi par Tamaki et Iruka.
De retour à l'appartement, Iruka les abandonna car il était d'astreinte au bureau des assignations. Akito fut déposé dans son petit lit pour une petite sieste. Et Tamaki alla prendre une douche. Le médecin fut tenté de demander à Kakashi de l'accompagner, mais celui-ci le devança en lui disant qu'il avait quelques courses à faire pour le dîner.
Ils mangèrent ensemble le soir et Tamaki les quitta à regret en début de soirée, car lui aussi devait reprendre le travail le lendemain. Juste avant de partir, il s'octroya un long câlin dans les bras de son amant et lui murmura discrètement qu'il avait hâte de reprendre leurs « petites aventures » de la nuit d'avant. Quand Kakashi referma la porte derrière lui, un franc sourire barrait son visage et des papillons voletaient dans son ventre.
…
(Musique écoutée : « la déclaration » Debout sur le zinc)
Les semaines suivantes s'écoulèrent au rythme des visites de Tamaki. Une brosse à dents, puis quelques vêtements, ainsi qu'une paire de chaussons avaient fait leur apparition dans l'appartement des Hatake. Ils sortaient peu à l'extérieur, et quasiment toujours dans des endroits fréquentés par les shinobis exclusivement. Tamaki apprenait à connaître, petit à petit, le monde dans lequel vivait Kakashi. Parfois, le ninja copieur ne donnait pas de nouvelles pendant plusieurs jours. Tamaki savait qu'il était en mission, ou tout simplement qu'il avait besoin d'être seul avec son fils. Il comprenait et respectait cela. Kakashi tenait à ce que Tamaki ne soit jamais présent lorsqu'il revenait de mission. Tamaki aurait aimé pouvoir cajoler son shinobi, prendre soin de lui à ses retours, mais Iruka avait tenté de trouver des excuses au ninja copieur, en avançant le fait qu'il rentrait sale et exténué, et qu'il n'avait probablement pas envie que son copain le voit dans cet état là. Mais Tamaki trouvait que ces explications un peu floues manquaient de crédibilité.
Tamaki comprit ce que Kakashi et Iruka lui cachaient lorsque le shinobi rentra de mission plus tôt que prévu, alors qu'Eiri avait demandé à Tamaki de garder Akito pour la soirée.
Ce soir-là, il avait vu débouler le ninja couvert de sang. Au moment où il avait croisé son regard, le médecin avait compris que la situation allait mal tourner. Un regard froid, et vide. Et Kakashi s'était rué sur lui un kunai à la main. Il avait senti la lame s'enfoncer dans la chair de son cou. Il avait senti le souffle court de son amant, et une voix lugubre murmurer :
« Qui êtes-vous ? Que faites-vous chez moi ? Où est mon fils ? »
Trois questions simples, qui appelaient des réponses rapides et convaincantes. Tamaki était médecin. Il savait gérer les situations de stress et d'agressivité. Mais voir Kakashi dans cet état lui glaça le sang. Il répondit prudemment :
« Kakashi-san, c'est moi, Tamaki. Eiri m'a demandé de garder Akito ce soir. Akito va bien, il dort tranquillement dans sa chambre. »
Tamaki sentit la pression diminuer un peu sur sa gorge. Il vit Kakashi fermer les yeux, comme s'il essayait de se concentrer sur les paroles qu'il venait d'entendre. Le médecin lui laissa le temps de digérer les informations. Et puis soudainement, Kakashi se détacha du médecin et se dirigea à pas de loup vers la chambre d'Akito. Tamaki frémit car il tenait toujours son arme à la main. Il savait qu'il ne pourrait strictement rien faire si Kakashi devenait incontrôlable. Mais le ninja copieur, à peine eut-il entrebâillé la porte de la chambre du petit et constaté qu'il dormait effectivement comme un ange, s'écroula le long du mur du couloir, la tête entre les mains. Tamaki se précipita vers lui et, après avoir délicatement retiré le kunai des mains du shinobi, le prit dans ses bras.
« Ca va aller, Kakashi. Tu es en sécurité chez toi, à Konoha. Akito va bien. Et je suis là. »
« Tamaki, murmura le shinobi, Tamaki je suis désolé. Je ne voulais pas… »
« Ce n'est rien, Kashi. Tu n'es pas blessé au moins ? »
Le ninja copieur secoua la tête en signe de négation.
« Allez, viens avec moi. Tu vas prendre un bain, et aller te coucher. On reparlera de tout ça demain. »
Kakashi se laissa faire docilement. Après avoir nettoyé le corps du shinobi et inspecté la moindre parcelle de peau à la recherche d'une plaie ou d'une ecchymose à traiter, Tamaki installa Kakashi et lui fit couler un bain brûlant. Il y ajouta deux boules de bain moussant aux vertus relaxantes, et une odeur de fleurs emplit la pièce.
Le jeune médecin abandonna Kakashi quelques minutes le temps d'aller répondre à Eiri, qui frappait à la porte. Il expliqua à la jeune femme que Kakashi était rentré, et qu'il se chargeait d'Akito et de son papa pour la nuit. Quand il revint dans la salle de bain, il crut que Kakashi s'était endormi. Mais le ninja ouvrit brusquement les yeux et le dévisagea.
« J'aurais pu te tuer » dit le ninja copieur froidement, « c'est à cause de ce genre de situations que l'on veut être seul au retour d'une mission de rang A. »
« Je croyais que tu n'étais pas sensé faire de mission de ce rang » répondit doucement Tamaki.
« Je suis un shinobi de Konoha. Je fais ce que l'on m'ordonne de faire. »
Kakashi marqua une pause avant de tendre la main vers son amant.
« J'aurais pu te faire tellement de mal Tamaki ! »
Et il se mit à pleurer en silence. Tamaki se rua vers lui pour l'entourer de ses bras protecteurs.
« Kakashi, tu protèges le village à l'extérieur de nos murs. Mais c'est à moi de te protéger quand tu es à la maison. Laisse-moi prendre soin de toi et soigner tes blessures quand tu rentres. Ca me rend malade de savoir que tu prends de tels risques pour nous tous. Mais je suis capable d'assumer ça, je veux être à tes côtés. »
Kakashi se laissa bercer par la voix de Tamaki. Il aurait tellement aimé croire à ces mots. Mais la réalité cruelle mordait sa chair et son esprit.
« Tamaki, aucun citoyen ne devrait s'attacher à un shinobi. »
Tamaki sourit tristement. Depuis qu'il était avec Kakashi, il avait rêvé à maintes reprises de la disparition du ninja copieur en mission. Il avait enfoui ses craintes tout au fond de sa tête, mais chaque absence était angoissante. Il posa sa joue contre le front de Kakashi et lui murmura :
« En ce qui me concerne, c'est déjà trop tard. Parce que je t'aime Kakashi. Je sais à quoi je me suis engagé en acceptant d'être avec toi. Alors laisse-moi t'aimer, et profitons de tout le temps que nous pouvons passer ensemble. »
Le ninja copieur, profondément touché par cette déclaration, rendit les armes cette nuit-là. Et comme lui avait demandé Tamaki, il se laissa aimer, de tout son être, par cet homme qui avait su trouver les mots de réconfort pour panser son âme blessée.
