Chapitre 11 : Dans la gueule du loup.
Lorsqu'on frappa à la porte, Kakashi dormait encore. Il avait eu toute la nuit un sommeil agité, entrecoupé de réveils brutaux ayant nécessité à chaque fois tout le talent de Tamaki pour réussir à apaiser le ninja copieur.
Tamaki se dirigea donc vers la porte d'un pas lourd, le visage cerné. Il laissa entrer un homme qu'il connaissait de vue.
« Bonjour, je suis Shindo-san, des services sociaux. »
Aussitôt, le médecin se raidit. Ce n'était pas bon.
« Pourrais-je parler à Hatake-san ? »
« Il dort » répondit Tamaki sèchement. « Vous comprenez, je pense, qu'il ne soit pas vraiment en état de vous parler. Avez-vous des nouvelles d'Akito ? »
« Je ne suis pas habilité à vous donner ces informations » répondit l'homme, pour bien faire sentir au jeune médecin qu'il avait les cartes en main. Malgré la colère qui commençait à monter, Tamaki préféra garder son calme. Shindo était réputé pour ne pas faire dans le sentiment, il appliquait la loi au pied de la lettre. Il avait malheureusement déjà fait souffrir de nombreuses familles par sa froide intransigeance.
« J'insiste donc pour parler à Hatake-san. »
« C'est moi » dit une voix fatiguée du fond de la pièce.
Le ninja copieur apparut dans le salon. Il avait pris le temps de s'habiller et tentait de garder contenance, mais Tamaki percevait toute l'angoisse qui lui serrait les tripes.
« Asseyez-vous, Shindo-san. Tamaki, tu peux aller nous faire du café ? » demanda-t-il gentiment, afin d'éloigner Tamaki de manière courtoise.
« Hatake-san, nous avons retrouvé Akito » reprit l'homme d'une voix posée.
Kakashi se leva d'un bond.
« Où est-il ? Est-ce qu'il va bien ? Je veux le voir ! »
L'homme le regarda d'un air dur, qui décontenança le shinobi.
« Rasseyez-vous Hatake-san. Akito va bien mais les choses ne sont pas aussi simples. Avez-vous conscience qu'il a détruit un bâtiment entier ? Fort heureusement aucune victime n'est à déplorer, mais s'il avait fait les mêmes dégâts sur l'école… »
Shindo laissa sa phrase en suspens, comme pour laisser le temps à Kakashi de prendre conscience des conséquences. Puis il reprit :
« Vous pourrez voir Akito, mais une enquête est ouverte, et pendant tout le temps qu'elle durera, Akito sera placé sous ma responsabilité. »
« Quoi ? » répliqua Kakashi, incrédule. « Il n'est pas question que vous me preniez mon fils ! » répliqua Kakashi en haussant le ton.
L'homme lui jeta un regard haineux.
« Je crois que vous n'avez pas bien compris, Hatake-san. Ce n'est pas un choix que nous vous laissons. Akito a mis la population du village en danger. Il a visiblement des capacités qu'il ne maîtrise pas encore. Nous devons déterminer comment il a appris à se servir de son chakra à un si jeune âge… »
Kakashi eut un infime tressaillement, qui n'échappa cependant pas à Shindo. Tamaki, qui suivait la conversation discrètement, avait bien compris où l'homme des services sociaux voulait en venir. Ils allaient discréditer Kakashi en tant que père et placer Akito à l'orphelinat. Mais le médecin ne comprenait pas pourquoi une telle rapidité d'action. Certes, Akito avait provoqué des dégâts, mais il n'y avait pas eu de victime. De nombreux enfants de shinobis développaient des compétences comme Akito, avec parfois de fâcheuses conséquences. C'était quelque chose que le village comprenait et tolérait. Alors pourquoi s'en prendre à Akito et Kakashi comme ça ? Pourquoi vouloir les séparer ? L'incohérence des autorités troublait Tamaki.
Kakashi sembla lui aussi trouver que quelque chose n'allait pas. Il décida de jouer la carte de l'apaisement, pour l'instant.
« Shindo-san, si je comprends bien, Akito va aller à l'orphelinat le temps de l'enquête. Pourrai-je lui rendre visite ? »
« Bien sûr Hatake-san. Dès cet après-midi si vous le souhaitez. Il vous faudra cependant une autorisation spéciale que vous pourrez vous procurer à l'administration de l'hôpital. Vous serez convoqué pour un … entretien dans le courant de la semaine. Vous aussi Obata-san » poursuivit-il en se retournant vers le médecin.
« Moi ? »
« Oui, certains éléments vous concernant ont besoin d'être éclaircis. »
« Je peux savoir qui a retrouvé Akito, et où il était passé cette nuit ? »
Shindo eut un sourire mauvais et répondit en se levant :
« Je ne peux pas vous donner ces informations. Elles sont confidentielles pour l'instant. »
Et il salua les deux hommes avant de quitter l'appartement.
Kakashi ne réagit pas immédiatement. Tamaki s'approcha et lui tendit une tasse de café.
« Kakashi ? »
Le shinobi ne répondit pas. Il était comme figé dans le temps. Tamaki posa une main réconfortante sur son épaule, mais le shinobi eut un mouvement de recul. Il se leva sans un mot et sortit dans le jardin. Décontenancé par l'attitude de son compagnon, Tamaki hésita à le suivre. Ils devaient parler de la situation, et réfléchir aux moyens qu'ils avaient pour récupérer Akito au plus vite. Mais Kakashi avait visiblement besoin d'un peu de temps pour digérer les mauvaises nouvelles qu'il venait d'apprendre. Il n'avait encore jamais eu à gérer le ninja copieur dans une telle situation. Le shinobi semblait garder en permanence la maîtrise, rodé qu'il était aux situations dangereuses. Mais là, il était blessé, terrorisé par la possible perte de son fils. Tamaki n'avait qu'une seule crainte : que Kakashi décide d'aller récupérer lui-même son fils, passant outre l'enquête. Le jeune médecin savait qu'il valait mieux se plier à la lourdeur administrative des services sociaux, qui étaient tout-puissants dans leur domaine.
Lorsque Kakashi rentra brusquement dans le salon et attrapa sa veste, Tamaki lui demanda inquiet :
« Où vas-tu ? »
« Je vais voir l'Hokage » répondit le ninja copieur d'un ton ferme.
« Je viens avec toi… »
« Non, Tamaki » répondit Kakashi sèchement. « J'y vais seul. »
Le ton ne laissait pas de place à l'argumentation. Et les craintes de Tamaki quant à une violente réaction de Kakashi ne firent qu'empirer. Il regarda, impuissant, son compagnon quitter l'appartement.
…
« Vous devez bien pouvoir faire quelques chose ! »
Kakashi, les deux mains posées à plat sur le bureau de l'Hokage, commençait à perdre patience. Tsunade poussa un soupir et croisa les bras.
« Kakashi, comme je viens de te le dire, je n'ai aucune marge de manœuvre concernant les affaires des services sociaux. Je suis en charge des shinobis de Konoha. Je ne peux pas intervenir dans les affaires courantes du village. »
« Mais je suis un shinobi, moi ! Et l'un des meilleurs à ce qu'il parait ! J'attendais un peu de soutien de votre part ! Ils vont me prendre Akito, Tsunade-sama ! »
Le ninja copieur s'effondra dans le fauteuil derrière lui et prit sa tête dans ses mains.
« Ils vont le prendre mon petit garçon » répéta-t-il la voix étranglée par l'émotion.
En voyant le shinobi dans une telle détresse, Tsunade sentit elle aussi les larmes monter dans ses yeux.
« Kakashi, regarde-moi, reprit l'Hokage. Je te promets que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour t'aider à récupérer Akito. Mais pour l'instant, on doit respecter les règles. Ils utiliseront la moindre faille. On doit donc agir avec prudence. Et je te supplie de ne pas agir de manière inconsidérée Kakashi. Pour l'instant, va rendre visite à Akito. Rassure-le, et laisse-moi mener l'enquête de mon côté, d'accord ? »
Le shinobi hocha la tête.
« Et promets-moi de ne rien tenter de stupide. »
Le ninja copieur promit et quitta la tour pour se rendre à l'hôpital.
…
« Et moi je vous répète qu'il me faut ce formulaire pour vous délivrer ce droit de visite ! »
Le ninja copieur ferma les yeux. Ne pas lui exploser la tête contre le bureau, ne pas lui exploser la tête contre le bureau…
« Vous savez très bien que je suis le père de cet enfant. Il est né ici, dans cet hôpital. Vous devez donc avoir accès à son dossier. »
« Le service administratif concerné est fermé aujourd'hui donc je ne peux… »
« C'est bien ça le problème, espèce de conne ! Si ce putain de bureau était ouvert, ça fait longtemps que je vous aurais apporté ce foutu formulaire ! Alors maintenant filez-moi ce droit de visite ! »
« Ca ne sert à rien de m'insulter, Monsieur, répliqua l'employée placide. Il y a des procédures à respecter et… »
Le ninja copieur tourna les talons avant même qu'elle ne finisse sa phrase. Juste avant de quitter le petit bureau, Kakashi lui lança sans prendre la peine de se retourner :
« Si j'étais vous, je me méfierais en me promenant en ville. Les accidents arrivent vite parfois. »
L'employée essaya de garder contenance vis-à-vis de ses collègues, mais elle allait penser à la menace claire de l'un des meilleurs shinobis de Konoha pendant plusieurs semaines.
…
Kakashi rentra chez lui furieux. Il s'assit dans son canapé en silence, sans jeter un regard à Tamaki. Le jeune médecin s'approcha et amorça un geste de réconfort mais il fut surpris par le ninja copieur, qui se leva d'un bond et balança un violent coup de poing dans le mur. M'impact était impressionnant, et son poing saignait. Tamaki soupira discrètement. Il avait à peine fallu une demi-journée pour que Kakashi devienne enragé. C'était prévisible. Mais cela n'allait sûrement pas arranger les choses.
« Tamaki, demanda le ninja copieur, connais-tu des membres de l'administration ? »
« Euh, oui quelques-uns, pourquoi ? »
« J'ai besoin d'un formulaire de paternité pour avoir le formulaire de droit de visite. Le bureau est fermé aujourd'hui, et il n'est pas question que j'attende demain pour voir Akito. »
« Je comprends. Je vais voir ce que je peux faire. Attends-moi ici… Et ne fais rien de stupide. »
Kakashi soupira. Cela faisait déjà deux fois qu'on lui faisait cette remarque. Stupide ou pas, il verrait son fils aujourd'hui.
…
Tamaki revint quelques heures plus tard, avec le fameux formulaire dans les mains. Kakashi ne prit pas le temps de lui demander comment il l'avait obtenu et fila en direction de l'hôpital. L'employée qu'il avait menacée l'après-midi même était en train de fermer le bureau. Quand elle vit le ninja copieur, elle hésita. Mais le regard qu'il lui lança l'encouragea à rouvrir rapidement la porte. Elle saisit le formulaire qu'il lui tendait et commença à rédiger le papier si convoité. Kakashi se mit à taper du pied, impatient, et elle accéléra. Sans un merci, il lui arracha le formulaire tamponné et se rua vers l'orphelinat.
Dans le bureau d'entrée, sa patience déjà bien émoussée, il ne prit plus de pincettes lorsque le gardien l'informa que les heures de visite étaient passées. Il saisit l'homme à la gorge :
« Tu ouvres cette putain de porte si tu ne veux pas mourir. »
Le gardien s'exécuta et Kakashi pénétra dans la cour intérieure du bâtiment. Celle-ci était remplie d'enfants de tous âges. Pas un rire ne venait perturber le silence des lieux, à croire que toute la tristesse du monde était réunie dans ce seul lieu. Kakashi eut un haut-le –cœur : savoir son petit Akito, si souriant et joueur, dans un tel lieu le bouleversa. Il scanna rapidement la zone, mais ne repéra pas son fils. Il se dirigea alors vers une jeune femme qui semblait surveiller les enfants. Elle avait une demi-douzaine de gamins accrochés à sa jupe, et tentait de leur apporter un peu de tendresse, par un mot ou un geste. Mais elle semblait bien seule face à tous ces petits naufragés.
Elle expliqua à Kakashi qu'Akito devait se trouver dans une aile spéciale de l'orphelinat, réservée aux enfants ayant des compétences particulières. Les simples citoyens paraissaient craindre ces fameuses « compétences », fossé indéniable entre eux et les shinobis, qui pourtant vouaient leur vie à les protéger.
Lorsque Kakashi arriva dans l'aile Est, il croisa plusieurs hommes qui ressemblaient plus à des gardiens de prison qu'à des nounous. Ils avaient l'habitude d'impressionner les parents, et en jouaient pour avoir la paix et régner en maîtres sur les lieux. Et s'ils avaient en effet été face à des parents lambda, ils auraient sûrement décréter que les heures de visite étant passées, il n'était pas question d'ouvrir les portes du lieu. Mais c'était le ninja copieur qui se tenait devant eux, le célèbre génie de Konoha. Et son regard glacial ne laissait aucune place à un « non ».
L'un des gardiens le dirigea vers les chambres des enfants. Lorsqu'il s'arrêta devant l'avant-dernière porte du couloir, Kakashi le bouscula sans ménagement et pénétra dans la pièce. Son petit était là, recroquevillé sur un petit lit en fer. Quand il vit son papa, il se rua dans ses bras en pleurant.
« Vous avez trente minutes » lui lança l'homme. Kakashi se retourna, une lueur assassine dans les yeux.
« Cassez-vous de là » répondit-il sur un ton qui fit frissonner le gardien. Celui-ci ne se fit pas prier et laissa les Hatake seuls.
« Papa, c'est pas moi ! » fut la première chose qu'Akito dit à son père.
« Pas toi ? »
« J'ai pas cassé la maison ! »
Kakashi ne comprit pas tout de suite ce que voulait dire son fils. La maison ? Et puis il percuta.
« Tu parles du bâtiment derrière l'école ? »
Le petit hocha la tête.
« Mais tu sais qui l'a cassé alors ? »
Le petit fit non de la tête. Il enfouit son visage contre la veste de son père et se remit à pleurer. Kakashi le prit dans ses bras et s'assit sur le lit.
« Ecoute Akito, je suis là maintenant d'accord ? Alors tu vas arrêter de pleurer, et m'expliquer ce qu'il s'est passé. C'est très important mon chéri. Pour que papa puisse te ramener à la maison le plus vite possible, d'accord ? »
Le petit se contracta. Du haut de ses trois ans, il comprit qu'il devrait rester à l'orphelinat cette nuit encore, et cela le terrorisait.
« Papa, je veux rentrer à la maison » dit-il d'une voix tremblante. Kakashi soupira et résista à l'envie de pleurer lui-même. Il ne devait pas craquer devant son fils, et garder la tête froide. L'idée d'emmener Akito loin d'ici lui traversa l'esprit. Ce n'était pas bien compliqué pour lui. Mais les mots de Tsunade et Tamaki lui revinrent en mémoire. S'ils se volatilisaient maintenant, il serait évidemment déchu de ses droits parentaux, et ils ne pourraient plus remettre les pieds à Konoha. Quel avenir pourrait-il alors offrir à son fils ? Lui serait considéré comme un ninja déserteur et poursuivi, Akito ne serait jamais en sécurité nulle part. Kakashi prit conscience à cet instant, son fils pleurant dans ses bras, que la situation était catastrophique, et que sa marge de manœuvre était très limitée. Il devait trouver une solution, et pour cela Akito devait lui raconter tout ce qu'il s'était passé.
« Akito, écoute-moi, tu es un grand garçon maintenant. IL va falloir être très courageux. Mais je te promets que je vais te ramener à la maison le plus vite possible. Mais pour ça il faut que tu m'aides tu comprends ? »
Le petit hocha la tête de nouveau.
« Raconte-moi ce qu'il s'est passé hier. »
« Zento m'a demandé de lui montrer mon chakra. »
« Tu lui avais parlé de ton chakra avant ? »
« Non ! J'ai rien dit à personne. Tu m'avais dit que c'était notre secret. Alors j'ai dit que je savais pas faire. »
« D'accord, et après ? »
« Zento a dit que j'étais nul, et que toi aussi tu étais nul. Et que de toute façon on n'était que des menteurs et qu'on n'avait pas de pouvoirs spéciaux. Et que c'était pour ça que j'étais à l'école avec eux. »
Kakashi poussa un soupir.
« D'accord, et du coup tu lui as montré ? »
« Oui » répondit l'enfant d'une petite voix. « Mais je n'ai fait qu'une petite boule dans ma main, comme tu m'as montré. J'ai pas fait d'éclairs qui font mal, je te promets ! »
« Je te crois Akito, je te crois. Continue. »
« Tout d'un coup, on a entendu un gros bruit, et le mur d'en face s'est cassé. Mais moi j'avais toujours ma petite boule dans la main. Moi j'avais peur, mais Zento lui, il rigolait. Après, maître Toshiro est arrivé et nous a dit qu'on allait drôlement se faire gronder, et qu'il fallait nous cacher. Alors Zento m'a emmené dans une cachette. »
« Ok, tu te souviens de quelque chose à propos de cette cachette ? »
« Il faisait tout noir, et très froid. »
« D'accord, et après ? »
« Après un monsieur est venu nous chercher et nous a emmenés ici. Mais Zento, je l'ai pas revu. Le monsieur a dit que c'était ma nouvelle maison maintenant, et que je devais être sage. Il a dit que tu viendrais me voir de temps en temps mais que je resterai ici pour toujours» poursuivit le petit garçon en recommençant à pleurer.
Kakashi sentit la colère monter en lui. Il était maintenant évident que quelque chose se tramait autour de son fils et lui. Et il était prêt à se battre pour découvrir la vérité. Kakashi sentit son cœur se briser quand il constata que l'heure était venue pour lui de quitter l'orphelinat. Laisser son petit garçon de trois ans seul dans cet horrible endroit était une vraie torture. Il prit Akito dans ses bras et commença à le bercer.
« Ecoute-moi, petit loup, lui murmura-t-il, je suis obligé de te laisser ici pour l'instant. Mais je te promets de venir te chercher très vite. En attendant, je vais te laisser quelqu'un pour veiller sur toi. Si quelque chose ne va pas, il viendra me le dire aussitôt. »
Kakashi fit apparaitre Pakkun devant les yeux émerveillés de l'enfant.
« Pakkun, je te confie Akito. Mais ne te fais pas repérer. Reste près de lui au maximum, surtout la nuit. Et préviens-moi s'il a besoin de quoi que ce soit. Je veux un rapport complet de tout ce qui se passe dans cet orphelinat tous les soirs, c'est compris ? »
Le chien hocha la tête et s'approcha de l'enfant pour lui lécher la main. Kakashi serra une dernière fois son fils dans ses bras et quitta la petite chambre. Il aperçut de loin, dans la cour, l'homme qui était venu chez lui le matin même. Shindo sembla étonné de le voir. Kakashi n'était pas loin de se demander si les difficultés qu'il avait eues à obtenir son droit d'accès n'étaient pas tout simplement volontaires.
Dès qu'il fut rentré à l'appartement, Kakashi fit part de ses doutes à Tamaki et Iruka, qui était venu prendre des nouvelles.
« Tu devrais aller voir ce Toshiro et lui demander des explications ! » dit Iruka passablement irrité.
« Non, je crois qu'il faut être plus rusé. Je ne sais même pas si c'est moi ou Akito qu'ils visent. Et qui fomente tout ça dans l'ombre. »
« Pourquoi viseraient-ils Akito ? » demanda Tamaki.
Kakashi se racla la gorge et leur avoua qu'il avait commencé à montrer à Akito comment se servir de son chakra. Iruka leva les yeux au ciel.
« Tu ne crois pas qu'il est un peu petit pour ça ? Je te rappelle qu'il aurait pu tuer Tamaki ! »
« Justement ! Il faut qu'il arrive à contrôler son chakra pour éviter ce genre d'accident. Toujours est-il qu'Akito n'a pas assez de puissance pour faire s'écrouler un bâtiment entier. »
« On doit donc commencer par trouver qui a fait ça. Je me charge de retrouver ce Zento. Toi Kakashi, tu t'occupes de Toshiro. »
Les deux hommes se tournèrent vers Tamaki. Le jeune médecin se sentait impuissant. C'était de toute évidence un problème entre ninjas. Kakashi perçut la peine du jeune homme et lui dit d'une voix douce:
« Tamaki, tu seras nos yeux et nos oreilles à l'hôpital. Ton service est en lien permanent avec les services sociaux, tu pourras peut être obtenir des informations capitales. »
Tamaki hocha la tête, heureux de pouvoir participer à la traque de la vérité.
…
Quelques jours plus tard, Iruka revint avec les premiers indices. Il n'y avait aucun enfant du nom de Zento inscrit à l'école d'Akito. Kakashi passait voir Akito chaque jour, et la présence de Pakkun semblait rendre la vie du petit garçon moins pénible. L'enfant était d'un courage admirable et Kakashi était vraiment fier de son fils. Cela lui donnait encore plus de hargne à découvrir la vérité. L'enquête des services sociaux était en cours, et la date de la décision approchait. Kakashi était convaincu qu'il avait encore une chance de récupérer son fils, car l'enquête de voisinage était clairement en sa faveur. Tamaki avait été convoqué le lendemain pour son entretien. Et si tout se déroulait comme prévu, il pourrait récupérer Akito rapidement.
…
Lorsque Tamaki entra dans le bureau, il sentit immédiatement une sensation de malaise monter en lui. Ses craintes se confirmèrent à la première question posée.
