Chapitre 38 : Rires

« Hum… Ce sont vraiment des imbéciles. Héhéhé… Surtout celle là… Hela, je crois que c'était son nom. C'est dommage. Héhéhé. »

Le visage souriant d'Alpha se présentait sur un écran translucide, se trouvant juste en face d'Erol. Celui-ci avait un air hébété, se demandant s'il avait bien vu ce qu'il pensait avoir vu… Hela… Vami… et Sizé venaient de disparaître dans l'immensité galactique.

« Elles… Elles… Elles… Encore… Je leur avais bien dit ! J'aurais du les interdire de venir ! Voilà… VOILA où ça à mener ! »

« Vraiment… Est-ce qu'elles pensaient que tout allait s'arrêter car elles ont emporté nos expériences avec elles ? Mais les expériences… Ca se recrée ! »

« Hela… Hela… Elle… Elle a cru en moi… Elle m'a entraîné… »

« Mais tout ça… n'a servit à rien ! Les expériences… Cette pièce… Nous la ferons revenir et nous reviendrons à cette idée de base. Tu vois ? Sa mort… n'a servi à rien… COMME SON EXISTENCE ! Dommage, n'est-il pas, Erol ?! »

Ne pas perdre le contrôle de soi… Ce n'était pas de sa faute hein ? Ce n'était pas de sa faute… Elles étaient mortes… mais il n'était pas responsable de ces morts… Mais pourquoi alors se sentait-il si en colère contre lui ?! Erol… Erol… C'était son nom… Erol… Il détestait ce nom ! Il le détestait ! Et les rires d'Alpha qui résonnaient dans le couloir où il se trouvait avec Danya et Mylidie. Ah… QU'ELLE ARRÊTE !

NON ! Elle devait l'empêcher de s'énerver ! Elle se jeta sur lui, venant l'embrassant longuement alors qu'il ne comprenait pas ce qu'elle faisait. Il la repoussa avec une certaine violence, lui hurlant dessus avec rage :

« Mais qu'est-ce qui te prend Mylidie ?! Ce n'est pas l'heure de s'embrasser ! Elles… Elles… sont mortes ! Tu ne penses qu'à… »

Elle lui sauta à nouveau dessus, l'embrassant alors qu'il n'arrivait pas à saisir la portée de la chose. A quoi ça lui servait de faire un tel truc ?! Hein ?! Il tenta de la repousser une seconde fois mais avec moins de force. Il… Il se sentait un peu moins énervé… sans réellement comprendre. Mais lorsqu'il la regarda, il vit qu'elle était en train de pleurer :

« Je… Je… Vami… et Sizé sont devenues plus fortes… et ont vécu toutes ces années pour te venger… lorsqu'elles croyaient que tu étais mort… Alors ne dis pas que ça ne me fais rien ! Mais ce n'est pas en te mettant en colère que ça changera grand-chose ! Elles sont mortes et la seule façon de les honorer est de les venger ! Je ne veux pas que tu te mettes en colère à nouveau ! Une fois, c'était plus qu'assez ! »

« Hey…. Hey… Mylidie… C'est bon… C'est bon… J'ai compris. »

« Ne juge pas uniquement une personne sur les actes qu'elle commet à l'instant même où ils se produisent mais sur leur portée dans l'avenir. Erol… Mylidie a fait cela car elle avait une très bonne raison. Tu devrais la remercier. »

« Merci… Mylidie… Et pardon pour ce que j'ai dit ou fait. »

Il alla lui essuyer les yeux, se relevant avant d'observer l'écran où se trouvait Alpha. La jeune fille ne souriait plus, ses yeux émeraude posés sur Erol, Danya et Mylidie. Visiblement, la conclusion de ce petit entretien ne lui plaisait guère comme si…. Comme si quelque chose ne s'était pas produit malheureusement. Mylidie murmura :

« On ne tombera pas dans ton piège, Alpha… Je sais très bien ce que tu voulais faire… Mettre Erol en colère comme tu l'as fait pour moi… »

« Tiens donc… Tu avais compris mon manège ? C'est vrai que l'avoir vécu une première fois… Ca permet de vite s'adapter si on a le QI qui va avec. »

« Tes insultes ne me toucheront pas. Erol… Danya… Nous devons trouver la salle de commandes… ou l'endroit où se trouve Arcia. »

Les deux autres personnes hochèrent la tête pour dire qu'elles acceptaient ce que venait de dire Mylidie, l'écran disparaissant en même temps qu'un petit cri de rage émanait de la part d'Alpha. Tsss… Dommage… Mais elles ne perdaient rien pour attendre ! Erol demanda aux deux femmes s'il valait mieux trouver Galixée et Miania auparavant. Il préférait… éviter… des nouvelles morts. Danya passa une main dans ses cheveux blancs, un petit sourire aux lèvres. Cela se voyait qu'elle avait du mal à contrôler ses sentiments :

« Peut-être… qu'il n'y a pas à s'en faire. Elles sont fortes… TRES fortes… Bien plus que nous autres… Je ne pense pas qu'i s'inquiéter. »

« Je préférais… quand même que nous les retrouvions… »

« Tu te fais trop de soucis… Mais tu as raison. Allons les chercher. Moi aussi, je n'aimerais pas qu'elles disparaissent… Mais par où commencer ? Nous n'avons aucune indication. »

« On va devoir recommencer à fouiller dans ce vaisseau… Peut-être qu'en cherchant dans les étages supérieurs, on les trouvera. »

Oui… C'était ça qu'ils devaient faire mais après ? Alpha n'allait surement pas les aider après la déconfiture qu'elle venait de recevoir et ce fut le cas. Après une bonne quinzaine de minutes de marche où ils montaient dans des escaliers, prenaient différents ascenseurs, Alpha n'avait pas fait de réapparition comme ils l'avaient remarqué.

« Pfiou… On visite, on visite… Mais la majorité des pièces sont vides de chez vides. »

« On ne peut pas s'arrêter en chemin ! On va continuer de monter ! »

« Elles doivent sûrement se trouver en hauteur… Oui… Il n'y a pas trente-six mille solutions. Si seulement… Nous avions un moyen… »

Oui un moyen de les retrouver mais comment ?! Et puis zut ! Ils accéléraient le pas, vagabondant dans les couloirs sans savoir réellement où se diriger à part le fait qu'ils ne cessaient de gravir les étages du vaisseau. Où étaient donc Galixée et Miania ?

« Cet endroit… dégage une odeur répugnante à mes yeux. »

« L'odeur de la mort et de la manipulation, Galixée. Mais ne t'inquiète pas, je suis là pour te protéger si cela s'avère nécessaire. Vous êtes tous mes enfants en quelque sorte, hihi. »

« Toi ? Ma mère ? Ne me fait pas rire. Il te faudra grandir d'un bon demi-mètre pour que je puisse croire un seul instant que tu as un rapport avec moi. »

« C'est très rude comme paroles, Galixée. Il ne faut pas juger les personnes sur leurs apparences, n'est-ce pas ? Qui aurait pu croire que toi… Tu sois capable d'aimer ? »

« Tss… Boucle-la… « Maman » ou je serais forcée de te retirer les lèvres d'une manière très peu recommandable. Un parricide, ça serait quand même beaucoup de sang sur les mains. »

La petite fille aux cheveux roses éclata de rire en écoutant Galixée. Vraiment, elle croyait lui faire peur de cette façon ? Elle s'immobilisa subitement, s'arrêtant de rire alors que Galixée faisait de même. Celle-ci prit la parole d'une voix lente :

« Je vois que je ne suis pas la seule… »

« A avoir sentie la présence des quatre sœurs ? Elles ne sont pas loin. »

« On va se téléporter, Miania. Reste près de moi. On ne sait pas ce qui nous attend. »

« Tiens, tu veux donc protéger ta petite sœur ? Ou ta mère ? Ou les deux ? »

Par pitié, qu'elle se taise au lieu d'ouvrir cette bouche. A l'instant où un écran apparaissait avec le visage de Kappa, celle-ci tentant de parler mais les deux personnes disparaissaient déjà de son champ de vision. Kappa pesta, criant à Omicron de tenter de retrouver les deux femmes sans y arriver malheureusement.

« Et où en sont Erol et ses deux amies ? »

« Ils ne vont pas tarder à grimper au vingtième étage. C'est vraiment dommage qu'on n'ait rien pour les occuper. Je pense qu'ils vont arriver très bientôt à nous. »

« Cela ne vous dérange pas si nous sommes déjà présentes ? »

Galixée et Miania apparurent devant elles, au beau milieu de ce qui se semblait être la salle de contrôle. Trois des femmes s'amusaient à pianoter sur les différents boutons et machines se trouvant dans la pièce tandis qu'Alpha était tranquillement assise sur un fauteuil, observant les étoiles, le soleil et la lune qui se trouvaient à des millions de kilomètres du vaisseau. Elle murmura dans un petit soupir :

« Quelle tristesse… Vraiment… Sur des milliards d'années-lumière, cette planète est la seule qui était viable. Dire que notre espèce a du s'éteindre et nous en sommes les dernières survivantes… Il faut donc bien se reproduire et reconstituer une armée non ? Pour la survie de notre peuple… Mais nous ne voulions pas une race faible… et un habitat terni comme celui de cette planète. C'est vraiment dommage que tu n'aies pas réussi ce que l'on te demandait, Galixée. Il faut tout faire soi-même. »

« Où se trouve Arcia ? Et je te promets de ne pas te faire trop mal. »

« Si tu veux bien attendre quelques secondes, je passe simplement en autopilotage le temps que nous réglions ce petit souci. »

Elle appuya sur quelques boutons, se levant tranquillement de son fauteuil avant de se tourner vers Galixée et Miania. Elle était encore plus petite que cette dernière… C'est vrai qu'elle n'était qu'une enfant… Une petite enfant… et pourtant… Elle avait tout d'une criminelle. Elle s'était mise à marcher, désignant du doigt le pylône central qui se trouvait juste à côté des deux personnes. Elle posa un doigt sur un bouton, le pylône s'abaissant pour laisser voir… une cuve contenant Arcia ?!

« La déesse-mère ! Relâche là ! Sinon… »

« Sinon quoi ? Tu ne veux pas savoir ce que j'ai inventé avec son sang ? »

« Tes écrans… pour Hela et les autres… J'ai très bien entendu. »

« Non… Non… Et non ! Tu te trompes lourdement ma grande ! »

Hum ? Qu'est-ce qu'elle faisait apparaître au-dessus de sa main ? Ce n'était pas… SI… C'était… Une seringue ?! Et remplie d'un liquide doré. Galixée s'écria :

« Qu'est-ce que vous foutez avec cette dose de virus ?! »

« De virus ? Oh tu penses que c'est le même que la dernière fois ? Mais non… Voyez-vous… Celui-ci est bien différent. Oh que oui… Ce virus est tiré du sang d'Arcia, du sang de cette femme capable de régner sur l'intégralité d'une planète ! »

« Qu'est-ce… Qu'est-ce que tu comptes en faire ? »

Ce qu'elle comptait en faire ? Elle allait le lui dire… Ce virus était capable d'annihiler jusqu'à la base même de l'âme d'une personne… Ses souvenirs, son existence, son physique, tout serait rayé en intégralité et cela annoncerait le retour d'une âme propre… et nouvelle.

« Tu es complètement folle… mais tes sœurs le sont aussi ! »

« Elles sont un peu occupées… Tu veux que je m'occupe de toi aussi ? »

« Est-ce une menace ? Tu sais que ça ne servira à rien contre moi. Je ne recommencerais pas la même erreur et cette fois-ci… Je suis accompagné donc vous ne pourrez pas vous mettre à quatre contre une… C'est dommage non ? »

Dommage ? Ah bon ? Où cela… Non… Non… Non… Elle ne comprenait pas du tout ce qui se passait ! Il suffisait d'insérer cette seringue dans son corps pour la tuer… DEFINITIVEMENT. Il suffisait juste de la paralyser et ensuite de l'éliminer. C'était aussi simple… et pourtant aussi efficace. Une véritable partie de plaisir !