Suite à l'interrogation de plusieurs personnes (que je remercie par ailleurs d'avoir laissé un commentaire), je vous dois quelques explications:
Dans cette histoire, Kakashi a environ 27-28 ans. Sasuke vit sa vie de déserteur, Naruto poursuit son entrainement loin du village et Sakura est sous la tutelle de Tsunade. Je n'ai pas encore fait intervenir ces personnages, parce qu'en général, j'ai du mal à les intégrer à mes histoires. Cependant, je pense que cela pourrait apporter un peu de fraîcheur dans cette fic, donc Sakura et Naruto ne devraient pas tarder à faire quelques brèves apparitions.
Voilà, j'espère que tout cela n'est pas trop incohérent pour vous. On est parfois obligé de s'affranchir un peu de l'histoire originale.
Une dernière chose: compte tenu de la différence d'âge entre Kakashi (26 ans au début du manga) et de Naruto (12 ans), il me semble difficile d'imaginer que Kakashi ait pu avoir un enfant avant la naissance de Naruto. C'est biologiquement possible, mais difficilement imaginable quand même ;)
Bonne lecture!
Chapitre 14 : Hatake style.
« Non, je n'irai pas ! »
« Akito, s'il te plait ne rends pas les choses plus difficiles. Tu sais que Monsieur Shinto va se fâcher. »
« Je n'irai pas ! Il est méchant ! Et d'abord, je veux mon papa ! »
La jeune fille soupira. Elle avait beaucoup d'affection pour le petit garçon. Il était si attachant, avec ses grands yeux sombres et son caractère bien trempé. Il n'en restait pas moins un enfant en souffrance. Elle avait pris conscience, depuis quelques mois déjà, que les enfants de ce secteur étaient particuliers. Il se tramait autour d'eux quelque chose de malsain. Certains étaient véritablement orphelins, mais la plupart avaient été arrachés à leurs familles pour des raisons semblait-il valables, mais assez répétitives à la vue du nombre d'enfants présents. Malheureusement, elle ne pouvait rien faire pour les aider, à part tenter de leur apporter un peu d'affection et d'attention. Akito avait été particulièrement sensible à ses efforts, trouvant en elle un peu de la chaleur maternelle qui lui avait toujours fait défaut. Mais elle pouvait lire le désespoir qui grandissait dans ses yeux chaque jour.
L'un des gardes, qui avait entendu les cris de l'enfant, entra brusquement dans la petite chambre.
« Qu'est ce qu'il se passe ici ? » gronda-t-il.
La jeune femme s'interposa entre l'homme et l'enfant.
« Rien, je venais chercher Akito pour sa séance avec Monsieur Shinto. Tu viens, Akito ? » conclut-elle dans un sourire encourageant, en tendant la main vers le petit.
Celui-ci se résigna, visiblement apeuré par l'homme menaçant, et saisit la main de la jeune femme, comme une bouée à laquelle se raccrocher.
Il frissonna au moment où elle frappa à la porte. Il détestait cet endroit, et par-dessus tout, cet homme. Il en avait peur. Il jeta un regard implorant à la jeune fille qui tenta de le rassurer d'un sourire, mais la porte se ferma inexorablement sur elle. Il était seul face à l'homme maintenant.
Les premières « séances », comme il les appelait, avaient été éprouvantes pour le petit garçon. Shinto lui avait posé de nombreuses questions, lui avait demandé de faire apparaitre du chakra. Il avait été incapable de produire quoi que ce soit, tellement la peur le tenaillait. Et puis l'homme avait commencé à insinuer le doute dans l'esprit de l'enfant, lui faisant croire que son père ne pourrait jamais le sortir d'ici, que sa seule porte de sortie était sa capacité et son talent à manier le chakra. Les doutes de l'enfant se faisaient plus présents depuis que son père ne venait plus le voir. Chaque jour qui passait, l'enfant espérait voir son papa passer la porte de sa chambre et l'emmener loin de ce lieu sordide. Mais chaque soir, il se couchait seul sous sa froide couverture, avec Pakkun pour seul compagnon. Sans le petit chien, il aurait probablement déjà abandonné tout espoir. Mais l'animal mettait toute son énergie à reconstruire chaque soir l'espoir qu'Akito portait en son père.
Lorsque Shinto eut la maladresse d'évoquer un éventuel manque d'intérêt pour son cas, l'enfant vit rouge. Pakkun lui avait assuré quelques heures auparavant que son père pensait à lui chaque seconde. Akito se mit à trembler de colère, avant d'exploser.
« Mon papa m'aime, et il viendra me chercher. Toi tu es méchant ! Mon papa, il va venir te botter les fesses ! »
Shinto éclata d'un rire sadique et tonitruant.
« Ah oui ? Et bien j'aimerais bien voir ça jeune homme. Dans cet orphelinat, c'est moi qui décide de tout. Et je peux t'assurer que ton père ne me fait pas peur. Quant à toi, petit effronté, reprit-il en saisissant Akito par le bras, tu vas te mettre au travail, si tu ne veux pas en payer les conséquences. »
La poigne de l'homme sur le petit poignet fit craquer les os. Akito hurla de douleur et se dégagea, en produisant un violent éclair bleu qui fit lâcher prise à l'homme. Celui-ci, loin de s'offusquer, se mit à sourire. Un sourire machiavélique.
« Et bien voilà, on y arrive. Il suffit de te faire mal en fait. »
L'homme se rua sur le petit et resserra l'étreinte autour de son poignet. L'enfant hurla de nouveau et tenta de se libérer. La quantité de chakra qu'il produisait augmentait de plus en plus, l'enveloppant totalement. Shinto ne lâchait toujours pas, l'enfant en larmes était terrorisé.
Et puis il disparut. D'un seul coup. Shinto eut un moment d'inquiétude, mais se remit à sourire. Il parla fort :
« Je vois que tu as hérité des talents de dissimulation de ta mère. Mais tu ne pourras pas sortir d'ici, Akito. Il y a une barrière de protection autour de cette pièce. Je te conseille de réapparaitre tout de suite si tu ne veux pas avoir plus d'ennuis. »
Pas de réaction. IL n'y avait aucun bruit dans la pièce, aucun souffle d'air. Les talents du jeune garçon semblaient immenses. Mais à trois ans, sa réserve de chakra était limitée. Shinto vit la silhouette de l'enfant se dessiner à plusieurs reprises, puis disparaitre de nouveau, à différents endroits de la pièce. Il essayait visiblement de lutter pour rester caché. Mais la douleur intense de son poignet eut raison de son chakra. Et il réapparut, recroquevillé dans un coin de la pièce.
Shinto s'approcha de l'enfant et saisit son poignet. Au lieu de le tordre à nouveau, il insinua son propre chakra et la douleur se fit moins vive. Le petit ravala quelques sanglots et leva des yeux angoissés vers l'homme.
« Là, là, c'est fini, lui dit l'homme. Tu as bien travaillé aujourd'hui. Nous reprendrons cela plus tard. »
Shinto appela l'un des gardes pour qu'il ramène l'enfant à sa chambre, mais Akito était incapable de marcher. L'homme se saisit brutalement de lui et le jeta sur son épaule, comme un vulgaire sac de marchandises et quitta la pièce, sous le regard plein d'excitation de Shinto. Il avait trouvé le levier pour obtenir ce qu'il voulait de l'enfant. Sa mission semblait prendre une tournure des plus positives.
…
Le cri qui retentit glaça d'effroi tous les shinobis présents dans la pièce. Pourtant, ils étaient tous aguerris aux techniques de torture. L'un des hommes demanda :
« Il y avait un interrogatoire de prévu aujourd'hui ? Qui s'en occupe ? »
« Aucun d'entre vous n'a rien entendu de particulier aujourd'hui, et aucun interrogatoire n'a été mené. Est-ce que c'est clair pour tout le monde ? » répondit une voix du fond de la pièce.
Tous les regards se tournèrent vers le chef Ibiki, alors qu'un deuxième cri sinistre se faisait entendre. Les shinobis de la section d'investigation avaient l'habitude des secrets. C'était la base de leur métier après tout. Et si leur chef leur demandait de passer cette séance de torture en règle sous silence, c'est qu'il avait de bonnes raisons. Ils savaient qu'on leur confiait le sale boulot, et la solidarité des membres de la section était indéfectible. Ils acquiescèrent donc tous immédiatement.
Dans la pièce sombre, le sharingan tournoyait maintenant. Toshiro haletait, chaque respiration étant une souffrance. Il sentait à chaque inspiration les morceaux de côtes brisées pénétrer un peu plus profond dans son poumon gauche. Kakashi avait pris soin de préserver le droit, histoire de ne pas étouffer sa victime avant d'avoir obtenu les réponses qu'il attendait. Le dos de l'instituteur était lacéré d'entailles profondes, qui avaient commencé à suppurer sous l'effet du poison. Son fémur droit faisait un angle étrange et lui donnait une allure de pantin désarticulé.
« Alors, Toshi, je peux t'appeler Toshi, hein ? On est devenus de bons amis maintenant, non ? » Susurra Kakashi. « Je pensais bien que tu allais résister, mais je dois t'avouer que tu m'impressionnes. Malheureusement pour toi, je n'ai pas encore obtenu ce que je voulais. Alors on va jouer encore un peu tu veux bien ? »
Toshiro ne put réprimer un frisson de terreur. Son corps entier n'était que douleur. Pire, le sharingan l'avait entrainé dans un rêve terrorisant. Il n'était plus capable à présent de distinguer le réel de l'imaginaire. Mais il la sentait, la douleur physique. Elle était bien réelle lorsque son tortionnaire enfonça son doigt dans son œil. Il sentit la pression, puis la fulgurante douleur au moment où le globe oculaire explosa sous la force imprimée. Un liquide chaud coula sur sa joué, mélange de sang et d'humeur vitrée. Il n'eut pas le temps d'hurler qu'il sentit déjà la pression sur son œil restant. La panique monta d'un cran et il se mit à crier :
« Oui ! C'est moi qui ai détruit le bâtiment ! Je vous en supplie, épargnez mon œil Hatake-san ! »
« Je t'ai déjà dit de ne pas prononcer mon nom avec ta langue de traitre » répondit le shinobi en relâchant cependant la pression. « Je vais épargner ton œil, mais uniquement pour que tu puisses contempler ta déchéance. Je suppose qu'Akito n'est pas le seul enfant que vous avez enlevé. Qui est responsable de ce trafic ? »
Toshiro savait qu'il en avait déjà trop dit. Il savait également qu'il allait de toute évidence mourir. Sa crainte de la punition pour avoir échoué dans sa mission venait de devenir plus faible que sa crainte de voir s'amplifier progressivement les dégâts provoqués par le ninja copieur. Il tenta de bredouiller quelque chose, mais les nombreuses dents arrachées rendaient la plupart de ses mots inaudibles. Kakashi tira violemment sa tête en arrière et introduit deux doigts dans sa bouche afin de saisir sa langue. Approchant ses lèvres de son oreille, il murmura :
« j'ai l'impression que cette langue ne sert à rien, car je n'ai rien entendu. »
Il dressait déjà un kunai lorsque Toshiro s'agita, faisant signe qu'il allait parler.
« C'est…c'est Shinto qui s'occupe de repérer les enfants intéressants. Il les emmène à l'orphelinat pour les évaluer. Et les meilleurs sont enrôlés pour servir la cause. »
« La cause ? Et quelle cause peut valoir d'arracher des enfants à leurs parents ? »
« Je… je ne peux rien dire. Ils vont me… »
« Te quoi ? ricanna Kakashi. Te tuer ? Mais ce que je vais te faire est mille fois pire crois-moi. Tout ceci n'était qu'un avant-goût. Alors réponds-moi, qui est derrière tout ça ? »
« Si je le dis, je meurs. Mon maitre appose un sceau à chaque ninja qu'il recrute. Et ce sera bientôt le tour d'Akito ! »
Ce regain de courage eut un effet immédiat. Kakashi planta un kunai juste en dessous du nombril de Toshiro, et prit tout son temps pour remonter le long de son abdomen, laissant peu à peu les viscères de l'instituteur se dérouler au sol. Durant ce dernier acte sanglant, il lui murmura :
« Tu m'as déjà donné assez d'informations pour que je récupère mon fils des pattes de ton acolyte. Il ne restera rien de vos petites magouilles et de cet orphelinat de malheur. Shinto pourrira bientôt à côté de toi, et je livrerai vos deux corps en pâture aux bêtes sauvages de la forêt interdite. On ne se souviendra plus jamais de vous, chiens que vous êtes. »
Kakashi prit le temps de retourner son kunai de nombreuses fois dans la plaie béante, jusqu'à ce que Toshiro rende son dernier souffle.
Il s'affala au sol, et contempla le carnage. Il avait déjà utilisé des techniques de torture pour obtenir des informations, mais jamais il n'avait été aussi loin. Sa rage l'avait poussé dans les recoins les plus sombres de son âme, et il sentit la nausée monter inexorablement devant sa propre barbarie. Il ferma alors les yeux, et le visage de son fils lui apparut.
Il sut alors qu'il ne regretterait jamais ce qu'il venait de faire.
Il se leva et détacha le corps sans vie. En quelques secondes, il disparut et réapparut dans la pièce, après avoir déposé le cadavre dans la zone d'entrainement de la forêt interdite. Il prit soin de faire disparaitre la moindre trace de sang sur lui et quitta la pièce sans un bruit.
Ibiki l'attendait dans le couloir.
« Alors ? » demanda-t-il sobrement.
« J'ai obtenu ce qu'il me fallait. » répondit Kakashi. Il laissa passer quelques secondes et reprit : « il y aura un peu de ménage à faire. »
Ibiki sourit et répondit à son tour :
« Kakashi, j'ai une petite fille de l'âge d'Akito. J'aurais fait exactement la même chose à ta place. Quand tu auras récupéré ton petit, nous pourrons les laisser jouer ensemble à l'occasion. »
Le ninja copieur sourit en hochant la tête. Il allait en effet récupérer son petit garçon, ce n'était plus qu'une question d'heures maintenant.
…
« Tu as conscience que je ne peux pas cautionner que mes shinobis se fassent justice eux-mêmes Kakashi ? »
Tsunade était visiblement en colère. Il s'y attendait. Et encore, il avait passé les détails de la petite séance d'interrogatoire qui venait de se dérouler. L'Hokage s'adossa à son fauteuil et poussa un soupir.
« Bon, reprit-elle, l'Hokage que je suis devait te punir pour ça. Mais la femme que je suis aussi comprend tout à fait. Alors tu vas t'en sortir pour cette fois avec une simple réprimande. Laisse-moi une heure pour réunir une équipe de volontaires. »
« Je veux… »
Tsunade leva la main, intimant le silence au ninja copieur.
« Que les choses soient claires, il n'y a pas qu'Akito en jeu, et tu n'agiras pas seul. Tu pourras faire partie de l'équipe et récupérer toi-même ton fils, mais tu ne dirigeras pas cette opération, c'est compris ? »
Le shinobi se renfrogna mais hocha la tête. Chaque seconde qu'il perdait était une souffrance.
« L'équipe se réunira dans une heure devant les portes de l'orphelinat. Tu les retrouveras là bas. Et pas de zèle excessif. Je veux ce Shinto vivant. »
Kakashi acquiesça de nouveau et sortit. L'heure suivant lui parut interminable. Pour la première fois de sa vie, il fut à l'heure à son rendez-vous. Devant l'orphelinat, un groupe de quinze shinobis attendaient les ordres d'Asuma. Tsunade avait en effet estimé qu'il était le mieux placé pour mener cette opération sauvetage à bien, et par la même occasion canaliser un peu le ninja copieur.
Asuma salua son ami d'un signe de tête, et commença à donner ses instructions.
« Nous allons former trois groupes. Vous cinq, vous réunirez tous les enfants dans la grande cour et les garderez en sécurité. Vous, vous mettrez hors d'état de nuire toute personne suspecte. Vous cinq, vous récupérez tous les documents que vous pourrez trouver. Kakashi, tu ne t'occupes que de récupérer Akito, et je me charge de Shinto. Voici les plans de l'orphelinat, mémorisez-les bien. Et rappelez-vous que la sécurité des enfants est la priorité. Nous avons l'avantage de la surpr… »
Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Le bruit assourdissant des mille oiseaux venait de faire exploser la porte principale.
« Kakashi ! Mais ça va pas non ? Il y aurait pu avoir des enfants juste derrière ! »
« Bah, j'ai vérifié avec mon sharingan. Je ne suis pas aussi stupide rétorqua le ninja copieur, qui commençait sérieusement à s'impatienter. Bon, tu as fini, on peut y aller ? »
Asuma soupira et donna l'ordre d'assaut. Tous les shinobis se ruèrent dans le bâtiment, Kakashi en tête.
« Kakashi, je me charge de Shinto, c'est compris ? » dit Asuma d'un ton ferme à son ami alors qu'ils couraient vers la section où logeaient les enfants de shinobis.
Kakashi préféra ne pas répondre. Il ne savait pas s'il pourrait se retenir de fracasser l'homme des services sociaux s'il le voyait. Mais sa priorité était Akito. Ils tombèrent d'abord sur deux matons qu'ils mirent k.o avant que ceux-ci ne se rendent compte de ce qui était en train de se produire. Les cris des enfants surpris envahissaient l'orphelinat. Mais la rapidité d'exécution des shinobis ne laissa aucune chance à Shinto et sa bande. Asuma et Kakashi se séparèrent à un croisement de couloir. Asuma se dirigea avec deux autres shinobis vers les bureaux de la direction et prit Shinto en chasse.
Kakashi marqua un temps d'arrêt devant la porte de la chambre d'Akito. Deux jeunes garçons sortirent prudemment de leurs propres chambres. Ils tremblaient de peur.
« Rentrez dans vos chambres, les enfants. Et attendez qu'un shinobi vienne vous chercher. N'ouvrez qu'à quelqu'un qui aura la même veste que moi, c'est compris ? »
Les enfants hochèrent la tête et firent ce que le ninja copieur leur avait demandé.
Lorsque Kakashi ouvrit la porte, il mit quelques secondes à s'habituer à la pénombre. Il repéra vite Akito, recroquevillé sur son lit, Pakkun contre lui. Il appela doucement :
« Akito ? »
Le petit esquissa un mouvement, puis se redressa complètement. Il frotta ses yeux gonflés par les larmes et resta silencieux quelques instants, comme pour se convaincre que son père était bien là devant lui. Puis il se leva brutalement et se rua dans les bras de son père.
« Papa ! » cria-t-il en se remettant à pleurer.
« Là, là, c'est fini mon chéri, répondit Kakashi en le câlinant. Je suis là maintenant. Je suis venu te chercher. »
Le petit se laissa aller de longues minutes dans les bras de son père, en sanglotant doucement.
« On rentre à la maison ? » demanda-t-il timidement.
Kakashi sourit et le souleva du sol pour le caler contre lui.
« Oui, on rentre à la maison » répondit-il joyeusement.
Kakashi ne pensait maintenant plus qu'à une chose : quitter cet orphelinat de malheur avec son fils. Il rejoint les autres dans la cour principale. Une deuxième équipe de shinobis avait rejoint les premiers, et s'occupaient à rassurer les enfants qui avaient été rassemblés dans la cour. Iruka se détacha du groupe pour venir à la rencontre du père et de son fils.
« Akito ! Comme je suis heureux de te retrouver ! » s'exclama-t-il en posant une main sur la tête de l'enfant. Celui-ci tendit les mains pour réclamer un câlin à son parrain. C'est à ce moment que Kakashi se rendit compte que le petit protégeait son poignet.
« Akito, tu as mal ? » demanda-t-il inquiet.
« Je pense qu'il a le poignet cassé, Kakashi. Regarde, quelqu'un a ressoudé les os avec du chakra, mais ça reste douloureux. Il va falloir que tu l'emmènes à l'hôpital rapidement » répondit le sensei après avoir examiné le poignet de l'enfant.
« On va y aller tout de suite… » reprit Kakashi. Mais il s'arrêta brusquement. De l'autre côté de la cour, il venait d'apercevoir les gardes alignés à genoux, sous la surveillance de quelques shinobis. Un homme était à terre. Il avait visiblement résisté. Et Kakashi le reconnut immédiatement. Asuma le vit arriver d'un pas décidé et voulut s'interposer. Kakashi lui lança un regard rassurant et posa Akito au sol, devant son ancien tortionnaire.
« Akito, il ne faut jamais frapper un homme à terre. Mais aujourd'hui, on va faire une exception à la règle. Tu es prêt ? »
Le petit hocha la tête, et les deux Hatake décochèrent en même temps un coup de pied dans les côtes de Shinto, qui poussa un gémissement de douleur.
« Tu peux remercier Tsunade d'être encore en vie, espèce d'ordure. Ne t'approche plus jamais de mon fils. »
Kakashi reprit Akito dans ses bras et quitta enfin l'orphelinat, pour prendre la direction de l'hôpital, laissant le soin à ses camarades de finir le travail.
…
« Akito ! Je suis si contente de te voir, petit loup ! »
Tori ébouriffa tendrement la petite tête argentée.
« Tori, je crois qu'Akito a eu le poignet cassé. »
« Ah ! On va s'en occuper tout de suite. Mais, euh… »
Kakashi lança un regard interrogateur à la jeune infirmière, qui rougit avant de reprendre.
« C'est Tamaki qui est de service aujourd'hui. »
Kakashi marqua un temps d'arrêt en regardant son fils. Puis il adressa un franc sourire à Tori en lui disant :
« Ce n'est pas un souci pour moi. Akito sera en confiance avec lui. »
Tori hocha la tête et alla prévenir le jeune médecin.
Quand Tamaki entra dans la pièce, une vague d'émotion le saisit en voyant Akito dans les bras de son papa.
« Je… Je suis heureux que vous soyez enfin réunis » bredouilla-t-il maladroitement. Kakashi sourit, mais resta dans la retenue. Le jeune médecin sentit que tout ne s'était pas effacé comme par magie, et qu'il faudrait encore du temps à Kakashi pour lui pardonner. Il examina l'enfant et conclut que le poignet avait besoin d'être immobilisé dans un plâtre pour quelques semaines. Quand les soins furent achevés, Kakashi tendit la main à Tamaki en le remerciant. Le jeune homme, avec un gros pincement au cœur, serra la main de son ancien compagnon tristement. Le fait que Kakashi accepte sa présence et même de lui parler était déjà mieux que rien après tout. Tamaki savait qu'il était encore très amoureux du ninja copieur, et même si la situation n'était pas prête de s'arranger, il gardait un faible espoir. Et renouer le dialogue était déjà un premier pas.
Kakashi et Akito quittèrent l'hôpital et prirent le chemin de l'appartement. L'enfant semblait ne plus jamais vouloir lâcher le cou de son père. Dès qu'ils eurent franchi la porte, Kakashi déposa son fils dans les confortables coussins du canapé. Le petit était rompu de fatigue et il devait lutter pour garder les yeux ouverts. Kakashi lui prépara un chocolat chaud, accompagné de toute une panoplie des gâteaux et friandises préférées d'Akito. Au diable les repas équilibrés, ils auraient le temps de reprendre une hygiène alimentaire plus tard.
Kakashi contempla son fils en train d'engloutir son troisième cookie et sentit le contre coup de toute la tension de ces dernières semaines tomber sur ses épaules. Il était exténué, physiquement mais surtout moralement. Il avait besoin de se retrouver seul avec son fils pendant quelques temps, de se couper du monde avec lui pour recréer l'harmonie familiale qu'il avait eu tant de mal à construire.
Après avoir pris leur bain, Kakashi prépara Akito pour le coucher. L'enfant semblait vouloir quelque chose sans oser le demander. Assis dans son petit lit, il n'était pas vraiment attentif à l'histoire que lui lisait son père.
« Akito, mon chéri, qu'est ce qui ne va pas ? » demanda Kakashi d'une voix douce.
« Papa, répondit timidement l'enfant. Je peux dormir dans ton lit ce soir ? »
La chambre de son père était un lieu sacré. Akito savait qu'il ne pouvait y entrer que sur autorisation de son papa. Kakashi avait mis rapidement cette règle en place, car chacun avait besoin de son espace vital. Akito avait donc appris à frapper et attendre d'être autorisé à entrer, ce qui avait déjà permis d'éviter quelques fâcheuses situations. Enfin ça c'était du temps où Tamaki passait le plus clair de son temps, et de ses nuits notamment, à la maison. Tout cela faisait maintenant partie du passé.
Kakashi sourit à son fils et estima que, exceptionnellement, il pouvait faire entorse au règlement. Il attrapa Akito et l'installa dans son propre lit. Passant un bras protecteur autour de son fils, il contempla pendant de longues minutes son fils endormi. Akito semblait si paisible, souriant dans ses rêves, si loin de toutes les horreurs qu'il avait traversées. Kakashi déposa un dernier baiser sur son front avant de s'endormir lui aussi.
Demain, leur vie reprendrait son cours. Demain, Kakashi s'échinerait à faire disparaitre toutes les traces du traumatisme, à rendre la vie de son fils calme et sereine. Pleine de rires, de joie, d'amour et de chocolat. Leur petite vie à deux.
