Chapitre 15 : Kakashi-sensei ?
Durant la semaine qui suivit, de nombreuses personnes défilèrent à l'appartement, pour prendre des nouvelles du petit garçon. Akito avait retrouvé son sourire et son énergie. Kakashi, quant à lui, était à la fois soulagé et heureux, mais en permanence à l'affût d'un éventuel danger.
Le moindre bruit suspect le faisait scanner l'ensemble de l'appartement, et Iruka dut user de tout son talent pour faire comprendre à son ami que sa paranoïa finirait par être néfaste à l'épanouissement de son petit garçon.
Akito n'avait pas repris l'école, son père estimant qu'il était encore trop petit, et il préféra continuer à confier son fils à Eiri pendant ses absences. Akito avait interdiction formelle de produire du chakra, quelles que soient les circonstances. Le temps où Kakashi reprendrait sa formation viendrait bien assez vite.
…
Akito poussa un soupir de soulagement lorsque Tamaki lui enleva enfin son plâtre. Même s'il avait trouvé ça très drôle au début, il s'était vite rendu compte que vivre avec un bras immobilisé était un vrai supplice. Le petit garçon sauta du lit d'examen et se rua vers Iruka, qui l'avait amené à l'hôpital.
« Regarde, Ruka ! Mon bras est réparé ! » déclara l'enfant joyeusement.
« Oui, c'est bien, mais il faudra faire attention maintenant Akito. Dis merci à Tamaki, et après on rentre d'accord ? »
Le petit s'approcha du médecin, qui s'était accroupi pour être à la hauteur de l'enfant, et déposa un bisou sur sa joue.
« Merci Tamaki ! »
Puis Akito saisit la main tendue d'Iruka. Juste avant de sortir de la pièce, l'enfant se retourna et demanda :
« Tamaki, quand est-ce que tu reviens à la maison ? »
Le jeune médecin, pris au dépourvu, ne sut quoi répondre. Il se mit à rougir et lança un regard à Iruka. Celui-ci lui sourit tristement et répondit à Akito :
« Tamaki travaille beaucoup, il n'a pas le temps de … »
« Avant aussi il travaillait beaucoup, répondit l'enfant sur un ton boudeur. Mais il avait quand même le temps de venir nous voir. Et papa, il était joyeux quand Tamaki était à la maison. Maintenant il est tout triste. Je le vois bien, moi. »
Iruka poussa un soupir. La clairvoyance de ce gosse était sidérante, et le sensei savait de qui il tenait ce trait de caractère. Tamaki décida finalement de répondre avec honnêteté à Akito.
« Ecoute Akito, ton papa et moi on est un peu fâché en ce moment. Mais ça va s'arranger. Et je te promets que je reviendrai vite te voir, d'accord ? »
L'enfant planta son regard sombre dans celui de Tamaki, et répondit :
« Les adultes, c'est idiot de toute façon. Vous vous disputez pour des bêtises, et ça vous rend triste. Papa, il dit toujours que quand on fait une bêtise, il faut demander pardon, et après tout s'arrange. »
« Ce n'est pas toujours aussi simple, Akito » répliqua tristement Tamaki.
« Tu es bête, Tamaki ! reprit l'enfant visiblement énervé. Et papa il est encore plus bête que toi ! » conclut-il en sortant de la pièce.
Avant de partir à la poursuite d'Akito, Iruka sourit à Tamaki et lui lança :
« Je trouve qu'Akito n'a pas tort sur ce coup-là. Si tu essayais de parler avec lui… »
« Encore faudrait-il qu'il m'écoute » rétorqua le médecin.
« Un jour ou l'autre, il faudra bien que vous régliez cette histoire. Akito a parfaitement raison, vous êtes malheureux tous les deux, et c'est complètement ridicule. L'un de vous devra bien faire le premier pas. »
Iruka quitta la pièce sans laisser le temps à Tamaki de répondre. Celui-ci commença à ranger le matériel en soupirant. Il ne se sentait pas encore le courage d'affronter Kakashi. Il craignait d'être rejeté une deuxième fois. Mais paradoxalement, il ne pouvait continuer à vivre tel un fantôme. Au pire, il se ferait renvoyer balader, mais au moins, il pourrait définitivement tourner la page. Akito avait raison, il fallait qu'il parle à Kakashi.
…
Akito s'amusait à courir après les papillons dans le parc, sous l'œil attentif de son parrain. Il ne vit pas débouler le shinobi, et ils se percutèrent violemment.
« Oh pardon, tu n'as rien petit ? » lança une voix alors qu'Akito tentait tant bien que mal de retrouver ses esprits, un peu sonné par le choc. Il leva les yeux vers l'adolescent qu'il ne connaissait pas. Ce dernier semblait en état de choc lui aussi.
« Ca va Monsieur ? » demanda timidement le jeune garçon.
« Qu'est-ce… Mais… Kakashi-sensei ! Comment est-ce possible ? Vous avez rajeuni ! C'est un jutsu c'est ça ? Co…Comment ? Kami-sama, que faire ?... »
Devant les divagations du jeune homme, Akito commença à s'énerver. Plantant ses petits poings sur ses hanches, il s'écria :
« Je suis Hatake Akito. Et toi t'es qui ? »
Le nom de l'enfant monta lentement jusqu'au cerveau du jeune shinobi, qui écarquilla les yeux.
« Hatake…Akito ? Tu n'es pas… Kakashi-sensei ? »
« Kakashi c'est le prénom de mon papa » répliqua l'enfant dans une moue qui en disait long.
« La ressemblance est troublante n'est-ce-pas ? » reprit une voix riante derrière eux. « Naruto, je suis si heureux de te revoir parmi nous ! »
« Iruka-sensei ! » s'écria Naruto en se jetant dans les bras de son ancien professeur, devant les yeux médusés d'Akito.
« Alors, cette formation avec Jiraya ? Je suis sûr que tu es devenu très fort ! »
« Ouais ! Super fort même ! Ca vous dirait qu'on aille manger un bol de ramens ? J'ai tellement de choses à vous raconter ! »
Iruka se mit à rire devant l'impatience légendaire de Naruto.
« Désolé, mais je dois d'abord raccompagner Akito chez lui. »
« Alors c'est vraiment le… » Mais Naruto n'arrivait pas à finir sa phrase, tellement la nouvelle lui paraissait bizarre.
« Oui, Akito est bien le fils de Kakashi. En même temps, ça se voit hein ! » reprit Iruka en ébouriffant les cheveux argentés du petit garçon.
« Mais alors, Kakashi-sensei s'est marié ? » demanda Naruto.
Iruka leva les yeux au ciel en soupirant.
« C'est un peu plus compliqué que ça en fait. Tu sais, il s'est passé beaucoup de choses ici aussi, depuis que tu es parti. Tu n'as qu'à nous accompagner. Comme ça tu pourras dire bonjour à ton ancien sensei, et faire connaissance avec Akito. »
L'enfant n'avait pas bronché, et regardait Naruto avec insistance.
«Euh… Akito-kun ? Pourquoi tu me regardes comme ça ? »
Le petit hésita avant de répondre innocemment:
« Quand je fais le bazar à la maison, papa me dit toujours d'arrêter de faire mon Naruto. Tu crois que ça a un rapport avec toi ? »
Iruka éclata de rire tandis que la tête du blondinet s'allongeait.
« Faut pas croire tout ce que te dit ton père, petit. Je suis un grand shinobi, et un jour, je serai l'Hokage de Konoha ! »
« Mouais, mon papa dit qu'un bon shinobi doit toujours rester discret. » répondit Akito sceptique.
« Avec ce que Jiraya-sama m'a enseigné, je le mets au tapis quand je veux, ton père ! »
« C'est beau d'avoir des rêves! » répliqua l'enfant en tournant les talons.
Iruka n'en pouvait plus. Il avait mal au ventre tellement il riait. La dernière réflexion d'Akito était l'une des expressions favorites de son père. A presque quatre ans, le petit Hatake possédait un sens de l'ironie déjà bien affuté, qu'il tenait bien évidemment du maître en la matière, à savoir Kakashi. Le père et le fils se ressemblaient tellement, tant physiquement que psychologiquement, que cela en était presque effrayant parfois.
Naruto, un peu vexé, décida de laisser glisser la remarque et emboita le pas d'Iruka.
Après quelques minutes de marche, ils arrivèrent à l'appartement. Akito se rua à l'intérieur en criant :
« Papa, papa ! On a un invité ! »
Dans le canapé, Kakashi leva un œil interrogatif. Son fils en profita pour grimper sur ses genoux et lui réclamer un câlin. D'un caractère naturellement affectueux, Akito avait cependant monté d'un cran ses exigences d'affection de la part de son père depuis l'épisode de l'orphelinat.
Naruto fut touché par cette scène familiale attendrissante lorsqu'il entra dans la pièce. Kakashi reconnut immédiatement la signature chakra de son ancien élève.
« Naruto ! Comment vas-tu ? Ca fait plaisir de te voir à Konoha ! »
« Ouais, j'ai l'impression qu'il s'est passé pas mal de choses pendant mon absence. A commencer par lui » répondit Naruto en désignant Akito. L'enfant lui tira la langue, moqueur, ce qui fit rire son père.
« Je ne vous imaginais pas avoir des enfants, Kakashi-sensei. »
« Bah, on ne sait jamais ce que la vie nous réserve » répondit le shinobi sur un ton laconique.
Ils discutèrent pendant quelques heures autour d'une tasse de thé. Et Iruka invita tout le monde à manger des ramens. Kakashi refusa poliment, ne voulant pas perturber plus les retrouvailles de son ami et de son élève préféré.
Naruto partit avec Iruka, non sans avoir promis à Akito de lui apprendre quelques trucs de shinobis. Kakashi préféra interdire immédiatement à Naruto d'effectuer le sexy meta no justu devant son fils, sous peine de se retrouver les fesses plantées de shurikens. Ceci attisa bien sûr la curiosité de l'enfant, qui passa sa soirée à demander ce qu'était le sexy meta no jutsu.
…
Tamaki hésita longuement avant de frapper. C'est Akito qui vint lui ouvrir.
« Tamaki ! Tu es venu alors ? »
« Il faut que je parle à ton papa, il est là ? »
« Il prend sa douche. Tu peux l'attendre dans le salon. »
« Oh, je ne sais pas si c'est une bonne idée. Je reviendrai plus tard… »
« Entre Tamaki » reprit une voix dans le salon. Tamaki frissonna. Alors on y était, l'heure de la confrontation.
Kakashi n'était vêtu que d'un boxer et d'un vieux T-shirt. Tamaki sentit ses joues rosir, et sut que Kakashi l'avait remarqué. Le shinobi lui montra un fauteuil et ils s'installèrent, après que Kakashi ait demandé à son fils d'aller jouer dans sa chambre.
« Qu'est ce qui t'amène, Tamaki ? » commença Kakashi. Distant mais pas glacial.
« Je… Je voulais qu'on discute un peu… de ce qui s'est passé. »
Devant le silence du ninja, Tamaki déglutit et reprit :
« Je tenais à m'excuser pour… pour n'avoir pas su… enfin… je veux dire… »
Kakashi soupira.
« Pour avoir totalement foiré l'audition au tribunal, c'est ça que tu essayes de dire Tamaki ? »
Le jeune médecin hocha la tête, gêné.
« Ca va, j'ai tiré un trait sur tout ça. Et puis c'est grâce à toi, apparemment, qu'on a eu la piste de Toshiro. Donc on peut dire qu'on est quitte. »
Tamaki vit là une lueur d'accalmie dans leur tempête. Confiant sur la tournure que prenait leur discussion, il poursuivit :
« Kakashi, je voulais aussi te dire, à propos de nous deux… »
Il vit le visage de son ancien amant se refermer, avec une lueur de tristesse dans le regard. Kakashi ne le laissa pas finir :
« Ecoute Tamaki, la seule chose qui compte vraiment à mes yeux, maintenant, c'est mon fils. Je n'ai pas la force ni l'envie de m'investir dans quoi ce soit d'autre que ce qui le concerne. Nous sommes différents tous les deux. Je suis un shinobi et tu es un civil. Si tu savais ce que j'ai du faire pour récupérer Akito, jamais tu ne serais pas ici aujourd'hui. »
Tamaki sentit qu'il ne voulait pas poursuivre cette discussion, qui ne mènerait nulle part, ou tout du moins pas là où il l'aurait désiré. Kakashi posa une main sur l'avant-bras de Tamaki, mais celui-ci le retira vivement.
« Tamaki, ne le prends pas comme ça s'il-te-plait. Crois-moi, je n'ai rien à t'apporter… »
« Peut être que tu pourrais me laisser juger de cela Kakashi ! » s'écria le jeune médecin qui s'était levé. « De toute façon, tu avais décidé dès le début que cela ne marcherait pas entre nous. Avec cette histoire d'audition, l'occasion était trop belle. Mais ça ne prend pas avec moi Kakashi. On était heureux tous les deux, et avec Akito. Et là, tu es en train de tout gâcher parce que tu es lâche. Trop lâche pour avouer que tu peux avoir des sentiments, trop lâche pour prendre le risque d'aimer ! »
« Tamaki, je… »
« Non laisse tomber Kakashi. J'ai bien compris. Je ne t'embêterai plus. J'ai passé de merveilleux moments avec toi, et je préfère garder ces souvenirs de toi. Alors ne rajoute rien s'il-te-plait. »
Kakashi vit le jeune médecin essuyer les larmes qui perlaient au coin de ses yeux, et le laissa quitter l'appartement sans un mot.
Le ninja copieur se laissa aller à quelque rêverie et n'entendit pas son fils arriver.
« Alors, il revient quand Tamaki ? » demanda le petit garçon.
Son père soupira et répondit :
« Tamaki ne reviendra pas à la maison Akito. Mais tu pourras le voir quand tu … »
Mais le petit lui tourna le dos, en colère. Avant d'entrer dans sa chambre, il se retourna vers son père et lui lança :
« Moi je veux pas d'un papa tout triste ! »
Et l'enfant claqua la porte de sa chambre. Kakashi n'eut pas le courage de le réprimander pour son impertinence. Ou était-ce cette fameuse clairvoyance qu'Iruka disait voir en Akito ?
Le shinobi dormit mal cette nuit là. Et l'humeur de son fils au petit déjeuner sembla annoncer le ton morose de toute la journée.
…
Les semaines passèrent, l'automne revint, et avec lui le quatrième anniversaire d'Akito. Quand Kakashi lui demanda qui il voulait inviter, Akito lui répondit frondeur qu'il ne voulait pas fêter son anniversaire si Tamaki n'était pas là. Kakashi s'était fâché à plusieurs reprises face aux demandes incessantes de son fils. Ce jour-là, il n'eut pas le courage d'entrer de nouveau en conflit avec l'enfant.
« Ecoute Akito. Je vois bien où tu veux en venir. Mais tu ne peux pas forcer les gens à s'aimer tu comprends ? Nous avons passé de bons moments avec Tamaki, mais il a sa propre vie maintenant. Et tu dois arrêter d'imaginer qu'il reviendra. »
« C'est de ta faute de toute façon » répliqua Akito en boudant.
Son père soupira.
« Oui, je sais. C'est de ma faute. Tu vas m'en vouloir longtemps ? Parce que, que tu le veuilles ou non, la situation ne changera pas. »
« Je… Je te déteste ! » cria le petit garçon en courant dans sa chambre.
Kakashi le laissa bouder une partie de l'après-midi. Cela finirait bien par lui passer. Mais l'enfant semblait bien décidé à ne plus parler à son père. Kakashi finit par aller frapper à la porte de sa chambre. Mais le petit ne répondit pas. Agacé par le comportement de son fils, Kakashi ouvrit la porte et son sang se glaça. Akito avait disparu. Aussitôt les souvenirs douloureux de ces dernières semaines refirent surface. Pris de panique, Kakashi se mit à appeler son fils, fouillant compulsivement le moindre recoin de la chambre. Il s'assit sur le lit en tremblant, et tenta de se calmer.
Ne pas paniquer. Ne pas paniquer.
Il appela Pakkun à la rescousse, qui flaira rapidement l'odeur d'Akito. Le shinobi emboita le pas de son chien traqueur et comprit vite où Akito était parti. La colère fit place à l'angoisse. Arrivé sur le seuil du hall de l'hôpital, Kakashi laissa partir Pakkun, et se dirigea vers le service de pédiatrie. Il retrouva son fils au milieu de la salle de jeu, occupé à rire et à jouer avec d'autres enfants, sous l'œil bienveillant d'une infirmière.
« Akito ! » appela son père.
Le petit se retourna et devint blême. Il allait se prendre une sacrée engueulade. Kakashi sentit sa colère retomber instantanément à la vue de son fils apeuré. Mais il était quand même bien décidé à lui donner une bonne leçon.
« J'espère que tu es fier de toi. Je t'interdis de quitter la maison sans moi c'est compris ? Et tu peux dire adieu à ta fête d'anniversaire. Tu es puni jusqu'à nouvel ordre. Tu seras privé de sorties… Et de chocolat jusqu'à ce que je décide que ta punition est levée. Est-ce que c'est bien clair ? »
L'enfant hocha la tête et baissa le nez, quelques larmes commençant à couler le long de ses joues.
« Et arrête de pleurer. Il fallait y penser avant de t'enfuir de la maison comme un voleur. Maintenant, on rentre à la maison » conclut le shinobi en attrapant la main de son fils.
Alerté par le bruit, Tamaki entra brusquement dans la pièce.
« Qu'est ce que… »
Il s'immobilisa à la vue de Kakashi. Celui-ci jeta un coup d'œil au médecin, puis à son fils.
« Akito, tu voulais voir Tamaki, non ? Alors va lui faire un bisou avant qu'on rentre. »
L'enfant s'exécuta timidement alors que Tamaki murmurait à l'intention du shinobi :
« Kakashi, je suis désolé… »
« Laisse tomber Tamaki, tu veux ? C'est mon fils, et c'est à moi de l'éduquer. Il va juste falloir qu'il comprenne que ce n'est pas lui qui décide dans cette famille. Allez Akito, viens maintenant, on rentre. »
Les deux Hatake quittèrent la pièce sous le regard médusé du jeune médecin. Il était bien placé pour savoir que les disputes des adultes affectent toujours les enfants. Mais Akito devrait bien accepter le fait qu'il soit sorti de leur vie, et il finirait par passer à autre chose. Pourtant le jeune homme gardait au fond de lui un sentiment de vide et de gâchis.
…
Akito fit profil bas les jours qui suivirent. Il n'évoqua ni son anniversaire ni Tamaki. Kakashi avait réfléchi de son côté. Compte tenu de ce qu'avait vécu Akito, il lui semblait injuste de le priver de voir Tamaki, l'une des rares personnes en qui l'enfant avait une confiance absolue, sous prétexte qu'ils s'étaient séparés. Le shinobi avait fini par trouver une solution alternative. Il confiait, une après-midi par semaine, Akito à son parrain. Tamaki vivant toujours chez Tori, Akito aurait donc l'occasion de le voir un peu. Iruka trouva que c'était une très bonne idée, même s'il restait persuadé que Kakashi souffrait tout autant de la situation qu'Akito. Le jeune sensei avait une grande nouvelle à annoncer à son ami, et il était bien décidé à en profiter pour aborder le « problème Tamaki » avec le ninja copieur.
Kakashi semblait de bonne humeur cet après-midi là. Akito avait été sage toute la matinée, et n'avait pas rechigné à manger ses brocolis. Il lui avait même fait un beau dessin. Kakashi avait remarqué qu'Akito n'y avait pas fait figurer Tamaki, et se surprit lui-même à avoir un petit pincement au cœur.
Quand Iruka frappa à la porte, Akito était en train d'aider son père à préparer un gâteau. Sa mission consistait à lécher les restes de chocolat fondu dans le saladier, pendant que Kakashi se chargeait de mettre le si convoité dessert au four. L'enfant se précipita dans les bras de son parrain, lui laissant des traces chocolatées un peu partout sur le visage au passage.
« Doucement Akito ! Moi aussi je suis content de te voir. Mais tu devrais aller te débarbouiller là ! »
Kakashi se mit à rire et envoya son fils faire un brin de toilette. Iruka s'installa à la table de la cuisine pendant que son ami finissait la vaisselle. Après quelques minutes de silence, Iruka se llança.
« Kakashi, j'ai un truc à te dire. »
Le ton était suffisamment sérieux pour que Kakashi lui accorde toute son attention.
« Quelque chose ne va pas ? »
« Si si, tout va bien. C'est une bonne nouvelle en fait. »
Le regard interrogateur du shinobi l'encouragea à continuer.
« Voilà. Tori et moi, et bien on est… comment dire… On va se marier. »
Kakashi ne répondit pas immédiatement, se demandant pourquoi Iruka faisait tant de chichis pour annoncer son futur mariage.
« Et bien félicitations Ruka ! Je suis très content pour vous ! Vous allez pouvoir faire des petits cousins pour Akito ! » conclut-il d'un ton taquin.
« pff… c'est malin ça. Bon j'ai un truc à te demander du coup. »
« Ah ? »
« Est-ce que tu veux être mon témoin ? »
Kakashi marqua un temps d'arrêt. Bien sûr il ne l'aurait jamais avoué à Iruka, mais il aurait été profondément vexé si son ami ne lui avait pas demandé. Il accepta donc avec une joie non dissimulée. Il ajouta :
« Au moins l'un de nous aura réussi sa vie amoureuse. C'est pas si mal après tout. »
Iruka se raidit, et reprit :
« En parlant de ça, il faut que tu saches. Tori a demandé à Tamaki d'être son témoin. »
Silence.
« Ca ne te dérange pas, si ? »
Kakashi leva les yeux au ciel. C'était donc pour cela qu'Iruka avait pris autant de pincettes.
« Bien sûr que non. Je te promets que je serai sage comme une image » répliqua le ninja copieur d'un ton taquin.
« Ca vous donnera l'occasion de vous reparler un peu au moins. »
« Ah, tu ne vas pas remettre ça toi aussi. J'ai déjà assez à gérer avec Akito. Concentre-toi plutôt sur ton petit bonheur avec Tori, au lieu de te préoccuper pour moi. »
« Mais ça me préoccupe justement. Entre Tamaki qui n'est plus que l'ombre de lui-même, et toi qui joue les gros durs alors qu'au fond… »
« Au fond quoi ? » répliqua Kakashi agacé.
« Au fond, reprit Iruka posément, tu te demandes comment tu as pu être aussi con pour le laisser partir, alors que tu l'aimes à en crever, que tu ne retrouveras jamais quelqu'un comme lui, et que tu te sens tellement minable que tu ne sais pas comment faire pour réparer les dégâts. »
Kakashi accusa le coup. Iruka pouvait être très acerbe parfois, et venait de lui en faire une belle démonstration.
« Ca va, tu as fini ton petit sermon ? »
« Oh arrête avec ton ironie à deux balles. Ca ne marche pas avec moi, Kakashi. Franchement il n'y en a pas un pour rattraper l'autre dans cette histoire. Vous êtes ridicules, vous le savez, mais vous persistez. Je te préviens, ce mariage c'est la chance de ta vie pour récupérer Tamaki. Alors réfléchis bien et profite de l'occasion. »
Kakashi soupira. Il savait qu'Iruka avait raison, mais il n'était pas question qu'il l'avoue devant lui. Son ami reprit :
«De toute façon, en tant que témoins, Tori et moi avons décidé de vous mettre en charge de quelques trucs pour le mariage. Donc déjà vous allez commencer par vous reparler. Et si vous faites foirer mon mariage, je vous maudirai sur cent générations. »
Kakashi se mit à ricaner.
« Ca voudrait dire que tu maudis aussi Akito ça ! »
« Arrête de faire le malin, Kakashi, rétorqua le sensei. Je compte sur toi mardi prochain alors ? »
« Ouep ! Je peux emmener Akito ? »
« Bien sûr ! A mardi alors. »
Iruka quitta l'appartement après avoir fait un dernier câlin à Akito. Kakashi avait préféré ne pas dire à son ami que le traquenard, sous couvert de mariage, était un peu gros. Mais Iruka avait raison, c'était probablement une des meilleurs chances qu'il avait de faire la paix avec Tamaki. Parce qu'à vrai dire, le médecin lui manquait terriblement. Et son orgueil commençait à peser bien moins lourd que la soif de Tamaki qui le tenaillait depuis un bon moment déjà. Restait à savoir s'il n'était pas trop tard pour recoller les morceaux.
