Avant de débuter ce chapitre, je tenais à adresser un sincère remerciement à tous les gentils lecteurs qui m'ont laissé un commentaire. Vos appréciations sont une source de motivation indispensable.

Je ne pensais vraiment pas en arriver jusque là avec Ootosan, et vos encouragements ont été un vrai moteur (même si je n'ai pas toujours pris le temps de vous répondre à chacun personnellement, le coeur y était!)

Alors MERCI à Eiko (au passage, oui je connais le monde du soin, je suis apprenti-médecin ^^), Xim, Lokiragnarock, Malys, Lee-Ann, Kowata, Aille Noire, Mystère et bien sûr à LoneWolf 3482 (le plus fidèles des reviewers ^^).

Je ne sais pas encore comment ni quand se finira cette histoire. Je pense qu'Akito me fera signe quand il en aura marre que je raconte sa vie lol.

So, Enjoy and review!

Chapitre 19 : le goût du vin, le goût des larmes.

Akito était impatient. Il était réveillé depuis déjà vingt bonnes minutes et finit par craquer. Il se leva discrètement, fila à pas de loup jusqu'à la chambre de son père, et se glissa dans la pièce en silence. Kakashi sentit la présence du petit, et ouvrit un œil pour regarder le réveil. Il soupira et dit d'une voix ensommeillée :

« Akito, que fais-tu debout ? Il n'est que six heures trente ! »

« J'arrive plus à dormir. Et j'ai faim. Tu viens ? » demanda l'enfant en tirant sur la couverture.

L'air frais courut sur le corps du ninja qui frissonna. Il se mit à bougonner en essayant de rattraper la couverture, mais Akito avait décidé que son père devait se lever, et Akito gagnait encore et toujours.

Kakashi se redressa et étouffa un bâillement. Son fils avait déjà pris le chemin de la cuisine, en traînant la couverture derrière lui.

« Akito, attends! Où vas-tu avec ma couverture ? »

« Je l'emmène, pour être sûr que tu te lèves. » répondit crânement le petit.

Matinal, et effronté par-dessus le marché ! Kakashi soupira et rejoignit son fils dans la cuisine. Akito chantonnait en attendant que son père daigne remplir son assiette. Le junin ouvrit machinalement le frigo et en sortit une bouteille de lait, ainsi que la pâte à tartiner. Akito engloutissait les tartines au fur et à mesure que Kakashi les préparait. L'enfant avait toujours eu un féroce appétit au petit déjeuner. Quand il fut rassasié, Akito se glissa hors de table pour aller se laver, suivi de près par Choko.

« N'oublies pas de mettre ta brosse à dents dans ton sac quand tu auras fini ! » lui lança son père. Le petit sac à dos de l'enfant trônait en effet dans l'entrée, car aujourd'hui était un grand jour. Akito partait en classe verte ! Il ne parlait que de ça depuis trois jours. C'était la première fois qu'il allait passer une nuit en dehors de la maison, mais cela ne semblait pas l'inquiéter le moins du monde. Kakashi par contre semblait un peu soucieux. Confier son petit pendant deux jours entiers, même à Shizune, était une véritable épreuve. Malgré la confiance qu'il accordait à la jeune femme, il ne pouvait s'empêcher d'imaginer le pire. La jeune kunoichi lui avait expliqué que cette sortie ferait beaucoup de bien à Akito, qu'elle lui permettrait d'acquérir un peu plus d'autonomie. La classe se déroulait à quelques kilomètres seulement de Konoha, dans une petite station réservée aux écoles, et sécurisée. Il n'avait donc aucune raison d'être inquiet.

La seule chose qui embêtait Akito, finalement, c'était de devoir abandonner Choko pour deux jours. Il donna ses instructions à son père concernant le petit chien. Kakashi tenta tant bien que mal de garder son sérieux et promit qu'il prendrait bien soin de Choko. Ils prirent la direction de l'école avec une bonne demi-heure d'avance sur l'horaire habituel.

Dans la cour, une carriole attendait les enfants. C'était la première fois qu'Akito voyait un cheval. Il approcha prudemment de l'animal imposant et commença à le caresser. Kakashi entama la discussion avec Shizune en attendant les autres.

« Akito a l'air content de faire ce petit voyage » dit la kunoichi.

« Content, c'est un faible mot, crois-moi ! Il était debout à six heures ce matin, prêt à partir ! » répondit Kakashi en étouffant de nouveau un bâillement.

Shizune se mit à rire.

« Je crois que cela va faire du bien à toute la classe de s'échapper un peu de Konoha. Ils vont apprendre à cohabiter et surtout, ils vont bien s'amuser. »

« Tu sais, je t'admire au fond. Moi, rien qu'avec Akito, je suis épuisé. Quand je pense qu'Ebisu et toi allez en gérer dix comme ça pendant deux jours ! »

Shizune se mit à rire de plus belle, alors que les derniers enfants venaient d''arriver. Kakashi salua la mère de Yuko. La fillette avait déjà rejoint Akito et ils semblaient en grande discussion tous les deux. Shizune demanda aux enfants d'aller dire au revoir à leurs parents avant de partir. Tenma et Kakashi virent leurs deux bambins trotter vers eux. Yuko se planta alors devant Kakashi et lui dit, le plus sérieusement du monde :

« Ne t'inquiète pas, je prendrai soin d'Akito ! »

Puis elle prit le petit garçon par la main et ils coururent jusqu'à la carriole. Kakashi et Tenma se regardèrent incrédules, avant d'éclater de rire.

« Et bien, je crois que mon fils est entre de bonnes mains » déclara Kakashi. La mère de Yuko lui répondit d'un air entendu que sa fille parlait très souvent d'Akito à la maison. Ils regardèrent leurs enfants s'éloigner et leur adressèrent un dernier signe de la main, avant que la carriole ne disparaisse définitivement de leur champ de vision.

Les enfants profitèrent de leur balade en carriole pour admirer le paysage. Les cahots de la route eurent raison de l'estomac de Reiko et Mori, qui rendirent leur petit déjeuner par-dessus la balustrade, sous les yeux dégoûtés de leurs petits camarades.

Yuko et Akito, toujours très complices, avaient entamé une discussion à voix basse. Shizune tendit l'oreille pour tenter d'entendre de quoi pouvaient bien parler les deux enfants. Il semblait être question de partir à la chasse aux lucioles, et la kunoichi se dit qu'elle avait tout intérêt à garder un œil sur les deux garnements.

A leur arrivée, les enfants prirent leurs quartiers dans deux petits chalets en bois, l'un pour les filles et l'autre pour les garçons. Akito quitta Yuko à regret pour suivre Ebisu. Ils se retrouvèrent pour une première activité, qui consistait à observer la nature et trouver au moins trois insectes chacun.

Akito mit la main sur une coccinelle et un ver de terre. Il eut plus de mal avec le troisième insecte. La compétition semblait faire rage entre les garçons, et Akito espérait bien être le premier à rapporter ses trois trouvailles à la maitresse. Il réussit finalement à dégoter une jolie libellule, juste sous le nez de Mori, qui commença à râler. Loin de se laisser démonter, Akito l'ignora et se rua vers Shizune pour lui apporter son petit trésor. La kunoichi le félicita et lui donna la mission d'aller aider les autres à finir de trouver leurs insectes. Akito choisit évidemment de prêter main forte à Yuko, qui trouvait l'exercice plutôt dégoûtant. Le petit garçon se mit à courir après un papillon, mais ne fut pas assez rapide. Il se rabattit alors sur une punaise, qui entraîna la fuite immédiate de la fillette à grands renforts de hurlements stridents. Akito se dit que les filles étaient vraiment bizarres. Mais Shizune et Ebisu mirent fin à l'activité et invitèrent les enfants à se diriger vers le petit réfectoire pour passer à table.

Un petit tableau avait été installé, et le nom des enfants y était affiché, dans l'ordre de leur classement sur les différentes activités. Les deux enseignants voulaient dès à présent introduire en douceur la notion de compétition, afin de pouvoir également développer les concepts de travail d'équipe et d'entraide.

L'activité de l'après-midi se déroulait par équipe, et dans l'eau. Les petits devaient faire un parcours, mais certains passages nécessitaient qu'ils s'aident pour pouvoir avancer. Ceci permit de déterminer quels enfants avaient naturellement un caractère de leader, et lesquels avaient plus tendance à suivre le mouvement.

Akito et Yuko étaient dans les équipes opposées. Arès un petit moment de déception, Akito se prit au jeu, et mena son équipe à la victoire. Shizune remarqua cependant que l'enfant s'était débrouillé pour que les autres suivent ses indications, sans pour autant le placer en leader avéré. Il avait amené ses propositions avec beaucoup de diplomatie, ce qui avait valu la victoire à son équipe, alors que de l'autre côté, Mori et Sapporo avaient fini par se disputer la place de chef et perdu un temps précieux en querelles.

Shizune et Ebisu prenaient beaucoup de notes sur les enfants et échangeaient leurs impressions. Cette sortie était le point de départ qui allait leur servir à adapter leur enseignement pour chaque enfant, en fonction des forces et des faiblesses de chacun.

Les enfants furent conduits aux dortoirs après le diner. Les doudous sortirent des sacs alors que l'appréhension de dormir sans la proximité de leurs parents se fit ressentir pour chacun d'eux. Shizune s'installa au centre du dortoir des garçons pour leur raconter une histoire. Les yeux se fermèrent progressivement et elle passa embrasser chaque petit front avant de laisser Ebisu veiller sur les garçons pour la nuit. Puis elle rejoint le dortoir des filles pour le même petit rituel.

Les activités se poursuivirent le lendemain. Akito fut beaucoup moins bon sur le jeu de tir, mais excellent au cache-cache. Yuko était à l'inverse d'une redoutable précision. Elle ne manqua aucune cible, sous les yeux ébahis du petit Hatake. Mori, vexé de s'être fait battre par une fille, commença à se chamailler. Akito, en voulant défendre son amie, envoya malencontreusement son poing dans l'œil de son camarade, qui en fut quitte pour un cocard. Les deux enfants furent pénalisés pour cette bagarre, et Akito perdit une place au classement. Il ne resta pas longtemps vexé, car Yuko vint lui déposer un bisou sonore sur la joue en guise de remerciement pour l'avoir défendue.

Le dernier jeu arriva après le déjeuner. Shizune et Ebisu avaient décidé de tester les enfants sur leur capacité à produire du chakra. C'est avec une grande précaution qu'ils demandèrent à chaque élève de produire chacun leur tour un peu de chakra et de le concentrer dans leurs mains. Quatre des dix élèves ne réussirent pas à produire de chakra. Trois d'entre eux, dont Yuko n'arrivèrent à maintenir le flux que quelques secondes. Le petit Mori produit une quantité de chakra conséquente, qui devint rapidement instable, et Ebisu dut intervenir pour éviter une catastrophe. Enfin les deux derniers enfants, Akito et Sapporo, firent une démonstration magistrale, en maintenant un flux de chakra harmonieux et totalement maitrisé au creux de leurs mains. Une mention spéciale fut attribuée à Akito, qui réussit à former une boule régulière qui semblait flotter au creux de ses petites paumes. Shizune comprit que l'enfant avait déjà pratiqué ce genre d'exercice avec son père. Akito était vraiment très prometteur.

Avant le départ, une petite cérémonie fut organisée, et Ebisu remit officiellement le petit fanion du vainqueur de la première classe verte à Akito. L'enfant, très fier, rangea son trophée bien à l'abri dans son sac, sous les applaudissements de ses petits camarades. Mori et Yuko, arrivés deuxième et troisième, reçurent également des fanions. Les autres enfants semblaient déçus, mais Shizune leur expliqua qu'ils auraient rapidement l'occasion de gagner sur les prochaines compétitions.

Sur le trajet du retour, Shizune ne put s'empêcher de sourire en entendant Akito et Yuko discuter.

« C'est dommage pour les lucioles quand même. »

« Et ton papa, il en connait pas des coins à lucioles ? Tu pourrais lui demander de nous emmener. »

« Oui, il sera d'accord c'est sûr. Et on pourra y aller avec Choko. »

« Oh oui ! Ca va être super Akito ! »

La kunoichi se prit à rire toute seule en imaginant Kakashi courir après les enfants, eux même courant après les lucioles. Elle aurait payé cher pour pouvoir assister à la scène.

Kakashi avait décidé de profiter de l'absence d'Akito pendant deux jours pour avancer dans les préparatifs du mariage. Eiri était venue lui prêter main forte pour réaliser la décoration de table. Non, en vérité, c'était plutôt Kakashi qui avait tant bien que mal tenté d'être utile à Eiri dans le fastidieux travail de découpage, collage et assemblage des éléments.

Le résultat obtenu était cependant à la hauteur des espérances du shinobi, qui se confondit en compliments sur le travail de sa jeune voisine. Elle avait réalisé de jolis présentoirs en forme de fleurs multicolores en guise de porte-noms. Elle avait également confectionné les centres de tables, où ne restait qu'à piquer quelques fleurs fraiches. Kakashi avait quant à lui réussi à trouver un ingénieux système pour maintenir un flux de chakra dans les photophores, ainsi que dans des petites colonnes transparentes qu'ils avaient rempli de petits papillons en papier. Le résultat était vraiment étonnant, à la fois poétique et lumineux.

Tamaki arriva chez Kakashi quelques minutes après qu'Eiri soit partie. Ils avaient en effet convenu de goûter les vins du mariage. Kakashi ouvrit la caisse qu'Iruka avait déposée dans l'après-midi et laissa échapper un sifflement.

« Et bien, j'espère que tu as soif, Tamaki ! Laisse-moi compter : un, deux, trois…. Six bouteilles différentes à goûter ! »

« On ferait bien de s'y mettre alors ! » déclara le jeune médecin en se levant pour aller récupérer des verres dans la cuisine.

La première bouteille fut débouchée, puis la deuxième, et les verres s'enchainèrent. Les deux hommes convinrent que le troisième vin serait parfait pour accompagner l'entrée. Devant la qualité du breuvage, ils décidèrent de finir la bouteille.

L'ambiance se détendit à mesure que les verres se vidaient. Grisés par l'alcool, Kakashi et Tamaki semblaient retrouver leur complicité passée. Les esprits s'échauffèrent progressivement et Kakashi commença à taquiner le jeune médecin. Celui-ci, peu habitué à boire autant, répliquait avec la ferme intention de ne pas se laisser faire par le shinobi. Tamaki éclata de rire lorsque Kakashi manqua de tomber en se levant. Il tanguait dangereusement et trouva finalement plus sage de se laisser retomber dans le canapé, à côté de Tamaki. Il protesta pour la forme :

« J'aurais pu me faire mal, et ça te fait marrer ! » s'indigna-t-il, mais sa moue boudeuse était tout sauf crédible.

« J'ai trouvé la faille du grand ninja copieur. Pour le battre, il suffit de le faire boire ! » répliqua Tamaki en riant aux éclats.

« Ah tu crois ça ! » répondit le ninja en faisant basculer le médecin sur le côté. Tamaki, passablement éméché lui aussi, se retrouva au bas du canapé sans comprendre comment il était arrivé là.

Sa main trouva l'une des rares bouteilles non vides et il porta le goulot à ses lèvres.

« Ca aurait été dommage de gâcher un si bon vin » se justifia-t-il.

Kakashi tendit la main pour essayer d'attraper la bouteille.

« Hé, ne bois pas tout tout seul, égoïste ! »

Tamaki tendit le bras pour mettre sa précieuse bouteille hors de portée de Kakashi. Celui-ci, en voulant l'atteindre, se pencha et glissa du canapé. Il s'affala sur le jeune médecin et sa tête cogna contre le contre la table dans un bruit sourd. Kakashi, à moitié sonné, se retrouva sur le dos, allongé sur les genoux de Tamaki. Il se frotta le crâne en grimaçant.

« Aïe ! »

« Attends laisse-moi regarder idiot ! »

Tamaki dégagea quelques mèches argentées mais aucune plaie n'était à déplorer.

« Tu es quitte pour une belle bosse » déclara-t-il en riant. Dans un élan affectueux, il se pencha et déposa un baiser sur la zone endolorie

« Et voilà, bisou magique ! Et tu es guéri ! »

Kakashi frissonna à ce contact et plongea son regard sombre dans celui de Tamaki. Il porta une main sur la nuque du jeune médecin et l'attira vers lui.

Sans vraiment réfléchir, le médecin posa ses lèvres sur de celles du ninja copieur, qui n'émit aucune résistance. Au contraire, Kakashi intensifia le contact et entrouvrit les lèvres pour laisser Tamaki s'approprier sa bouche. Après quelques secondes intenses, Kakashi décida de rompre à regret ce contact charnel, et murmura d'une voix gênée :

«Tamaki, je crois que ce serait plus raisonnable qu'on en reste là ce soir. On a vraiment trop bu, et il est temps d'aller se coucher. »

Le jeune médecin hocha la tête, trop ivre pour prendre réellement conscience de son geste et tenta de se lever. Ses jambes refusaient cependant de le porter et il convint avec Kakashi qu'il serait plus prudent qu'il dorme sur place.

Tamaki et Kakashi se dirigèrent en titubant dans la chambre et s'affalèrent sur le lit sans prendre la peine de se déshabiller. Ils s'endormirent instantanément dans les bras l'un de l'autre.

Le lendemain, Tamaki se réveilla avec une affreuse gueule de bois et un sale goût pâteux dans la bouche. Il finit par réaliser où il était, mais n'avait aucun souvenir de comment il avait bien pu arriver là. Il se força à se lever, et se dirigea vers la cuisine où Kakashi s'affairait déjà à la préparation du petit déjeuner en sifflotant. Le ninja copieur avait l'air d'humeur particulièrement joyeuse.

« Alors, bien dormi ? » demanda-t-il au médecin.

Les yeux cernés de Tamaki parlaient pour lui. Il tenta de rassembler ses idées et avala d'une traite le cachet que Kakashi venait de faire fondre dans un verre d'eau. Les images de la veille lui revinrent petit à petit : les bouteilles, les rires, le choc de la table, le baiser… Kakashi ne l'avait pas repoussé. Pour la première fois depuis de longs mois, le ninja copieur avait enfin accepté d'entrouvrir une porte à son ex compagnon. Il demanda timidement :

« Tamaki, tu veux qu'on parle de ce qui s'est passé hier …. »

Mais le jeune homme ne le laissa pas finir.

« Il faut que j'y aille ! » déclara-t-il en se levant pour se diriger vers la porte. « On se tient au courant pour la suite des préparatifs ok ? »

Et avant qu'il n'ait le temps de répondre, Kakashi vit la porte se refermer sur le jeune homme. Il poussa un soupir et se dit que tout était décidément compliqué entre Tamaki et lui.

Akito sortit fièrement le petit trophée de son sac.

« Regarde papa ! J'ai gagné un fanion parce que je suis premier de la classe ! »

Kakashi posa un regard aimant et fier sur son fils.

« Je suis très fier de toi, Akito » répondit-il à l'enfant en souriant. «Approche, viens me faire un câlin. »

L'enfant ne se fit pas prier et sauta dans les bras de son père pour lui raconter dans le détail son petit voyage.

Akito s'ouvrait aux autres, petit à petit. Et Kakashi savait qu'en grandissant, sa petite main finirait par lâcher la sienne. Le ninja copieur chassa cependant vite ses idées noires. Pour l'instant, son enfant avait encore besoin de lui, et il avait la ferme intention de profiter de chaque minute de bonheur que lui apportait Akito.

Tamaki avait décidé de se battre. Son indécision n'avait que trop duré, et maintenant il savait. Il savait qu'il ne pourrait jamais vivre dans la demi-mesure, sans passion. Sans Kakashi. Hiwa avait raison : plus de mensonges, plus de peur.

Quand il arriva chez Koyuki, celui-ci comprit immédiatement. Tamaki s'apprêtait à parler mais l'infirmier le devança :

« Je peux savoir où tu étais cette nuit ? »

Tamaki lui lança un regard triste mais déterminé. Mais Koyuki reprenait déjà :

« La petite flamme dans tes yeux. Elle s'est rallumée. Et ce n'est pas grâce à moi. J'espère que tu as pris ton pied au moins.»

« Koyuki, ce n'est pas ce que tu crois. On n'a rien …»

« Ne dis rien Tama. On savait tous les deux que ça finirait par arriver. Epargnons-nous les grands discours d'accord ?»

« Je suis désolé » murmura le jeune médecin.

« Pas autant que moi, Tama. Mais reconnais-le, je n'ai toujours été qu'un intérimaire dans cette histoire. »

« Ecoute, j'ai vraiment cru que ça pourrait marcher entre nous… »

Koyuki perdit son calme d'un seul coup.

« Epargne-moi tes conneries Tamaki ! Bordel, je t'aimais comme un fou, j'aurais tout donné pour toi ! Tu préfères retourner avec un mec qui t'a fait souffrir, très bien. Mais ne compte pas sur moi pour recoller les morceaux la prochaine fois qu'il te plaquera ! »

« Je comprends que tu sois en colère mais…

« Oh arrête un peu avec ta psychologie à deux balles ! Allez, casse-toi Tamaki, va le rejoindre ton beau ninja. »

« Koyuki, je suis désolé » murmura le jeune médecin, « je ne voulais pas… »

« Tu ne voulais pas quoi ? Me faire souffrir ? Et bien c'est raté. Tu t'attendais à quoi hein ? »

Koyuki marqua une pause et finit enfin par se retourner, pour faire face à Tamaki.

« Tamaki, j'espère juste que ton Kakashi n'est pas en train de jouer avec tes sentiments comme tu l'a fait avec les miens. Sur ce, je crois qu'on n'a plus rien à se dire. »

Koyuki alla ouvrir la porte et fit signe à Tamaki de partir. Sur le seuil, le jeune médecin se retourna mais la porte lui claqua au nez. Il poussa un long soupir, pour se vider de toute cette tension, et repartit en direction de son appartement, le cœur gros. Il en avait énormément voulu à Kakashi, pour les mêmes raisons que Koyuki devait le détester maintenant. Une drôle de sensation l'enveloppait à présent : un mélange de honte et de soulagement. Tamaki savait pourtant qu'il venait de prendre la bonne décision. Et si Kakashi s'obstinait à refuser de voir qu'ils étaient faits l'un pour l'autre, il le forcerait à ouvrir les yeux une bonne fois pour toutes.

Lorsqu'il entra dans le salon, les yeux un peu plus brillants que d'habitude, Tori et Iruka le regardèrent avec un peu d'inquiétude.

« Tamaki, ça va ? » demanda timidement son amie.

« Oui », répondit-il en souriant. Il laissa passer quelques secondes, et rajouta sobrement : « Je viens de quitter Koyuki. »

Les fiancés le laissèrent regagner sa chambre, sans voix.

« Tu crois qu'on devrait aller lui parler ? » demanda Tori.

« Il n'a pas l'air particulièrement effondré. Je dirais même qu'il est plutôt serein. Je pense qu'on ferait mieux de le laisser tranquille. »

« Tu crois que Kakashi a quelque chose à voir là dedans ?»

« J'en sais rien du tout ! Mais à partir de maintenant, il n'a plus d'excuse pour ne pas récupérer Tamaki » déclara le sensei.

Ce soir-là, Tamaki semblait avoir retrouvé l'appétit. Le sujet de Koyuki ne revint pas sur le tapis, à son grand soulagement. Les fiancés commençaient à stresser car le mariage avait lieu dans à peine une semaine. Tamaki les rassura en leur affirmant que toutes les tâches qui leur incombaient avaient été brillamment été remplies par Kakashi et lui. Il ne restait qu'un petit détail dont ils se chargeraient le lendemain soir. Mais Tamaki ne voulut pas en dire plus, prenant un air mystérieux à souhait.

« Vous vouliez des surprises non ? Et bien je pense que vous n'allez pas être déçus! » conclut-il avant de laisser ses amis savourer leur petite soirée en amoureux.

Kakashi apprit la séparation de Koyuki et Tamaki le lendemain, par Eiri. Il lui demanda comment allait le jeune homme. Eiri lui répondit que Tamaki allait bien, qu'il était juste un peu triste. Kakashi aurait aimé croire que leur baiser de la veille n'était pas la cause de cette séparation, mais l'évidence était là. Et le ninja copieur ne put s'empêcher de se réjouir à l'idée que Tamaki soit de nouveau célibataire. Il revit le jeune médecin le soir même mais préféra attendre d'être seul avec lui pour aborder le sujet.

Car Kakashi avait fini par céder, comme d'habitude. Mais cette fois, il s'était débrouillé pour enrôler du renfort. Ainsi Tamaki, Eiri et Ren avaient accepté de l'accompagner à la chasse aux lucioles. Tenma lui avait confié Yuko, qui était à présent en train de jouer avec Choko et Akito dans le jardin.

Le ninja copieur posa un regard attendri sur son fils, qui tentait d'impressionner la fillette en faisant des cabrioles avec son petit chien.

« Il y a un parfum d'amour dans l'air » chantonna Tamaki pour taquiner le ninja copieur. Celui-ci le fixa de son regard intense et répondit sur un ton on ne peut moins innocent :

« Tu crois ? »

Le sous entendu manifeste fit rosir les joues de Tamaki, qui fut sauvé par l'intervention d'Eiri.

« La nuit est sur le point de tomber. On devrait y aller ! »

La petite troupe prit la direction d'une petite colline réputée pour la présence de nombreuses lucioles. Les enfants couraient devant en riant, Choko sur leurs talons, et la bonne ambiance régnait au sein de la petite expédition. Pour sûr cette petite chasse s'annonçait riche en émotions.