Chapitre 20 : lucioles et papillons.
« Ne vous éloignez pas trop les enfants ! » lança Kakashi alors que les enfants grimpaient en haut de la petite colline en riant, suivis de près par Choko.
« Et encore merci d'être venu, Ren-san » poursuivit-il en se tournant vers le grand-père d'Akito.
« De rien, je suis vraiment flatté que tu m'aies proposé de venir avec vous. »
Les deux hommes sourirent alors qu'Akito et Yuko leur faisaient de grands signes.
« Papa, papa ! Viens voir, il y en a plein ici ! »
Tamaki laissa échapper un cri d'admiration quand il vit enfin le spectacle. Les lucioles voletaient de-ci delà dans un ballet lumineux magique. Il partageait l'enthousiasme des enfants, et cette candeur fit sourire Kakashi.
« Alors, on craque monsieur le shinobi ? » lui murmura Eiri discrètement. Kakashi lui tira la langue :
« Ca se voit tant que ça ? »
La jeune femme hocha la tête d'un air mutin. Eiri et Kakashi échangèrent un regard complice au moment où Tamaki et Ren les rejoignaient.
« Bon, le but du jeu, c'est d'attraper assez de lucioles pour remplir les lanternes que l'on mettra dans le jardin pour le mariage. Akito, Yuko, à partir de maintenant, je ne veux plus vous voir vous éloigner à plus de cinq mètres d'un adulte, c'est compris ? »
Les deux enfants hochèrent la tête. Et tous partirent à la chasse à la luciole. Les petites bêtes étaient faciles à attraper, et les seaux se remplirent vite.
Au bout d'une demi-heure, Kakashi remarqua que les enfants s'étaient un peu éloignés, et semblaient en grande conversation tous les deux. Il fit un signe de tête à Tamaki, et les deux hommes s'approchèrent discrètement.
« C'est bizarre que tu n'en ai pas quand même. »
« Je sais pas, ils ont peut être oublié de m'en mettre un à l'hôpital. Mais je crois que ma maman n'en a pas non plus en fait. »
« Moi je suis sûr que mon papa en a un ! »
Kakashi et Tamaki se regardèrent et le ninja copieur chuchota à Tamaki :
« Rassure-moi, ils ne parlent pas de ce à quoi je pense, là ? »
Tamaki appela doucement :
« Akito, Yuko ? Qu'est ce que vous faites tous les deux ? »
Les enfants se retournèrent et Kakashi manqua de défaillir, sous l'œil amusé de Tamaki.
« Akito, remonte ton pantalon immédiatement ! » s'écria son père.
L'enfant, surpris, répondit :
« Mais je montrais juste mon zizi à Yuko. C'est bizarre parce qu'elle en a pas elle, regarde ! »
Et la petite fille s'avança pour que Kakashi puisse bien constater leur découverte. Tamaki ne put se retenir et éclata de rire, tandis que Kakashi commençait à montrer des signes d'agacement.
« Et ça te faire rire toi ? » dit-il en bousculant le jeune médecin d'un coup d'épaule.
« C'est… c'est ta tête qui me fait rire ! »
« Je te rappelle que cette gamine est la fille de Morino Ibiki, spécialiste des tortures en tous genres. Alors imagine s'il apprend que mon fils de quatre ans a montré son zizi à sa fille chérie, hein ! »
Tamaki riait de plus belle, ce qui alerta Ren et Eiri.
«Papa ? » demanda innocemment Akito, « pourquoi Yuko a pas de zizi alors ? »
Kakashi soupira et s'accroupit devant son fils pour lui remonter son pantalon.
« Parce que les filles n'ont pas de zizi c'est tout. C'est comme ça. »
Devant l'air peu convaincu de son fils, il poursuivit en s'occupant maintenant de Yuko :
« Je sais pas moi, c'est comme les chats et les chiens. Ca se ressemble mais c'est pas tout à fait pareil. »
« Ah ? Les chats n'ont pas de zizi alors ? Parce que Choko, c'est un chien, et on a regardé, il en a un lui ! »
Kakashi poussa un long soupir et se retourna vers les trois adultes hilares.
«Personne pour m'aider là ? Au lieu de vous marrer comme des idiots ! » ronchonna-t-il.
« On trouve que tu te débrouilles très bien en fait » répliqua Ren en lui adressant un clin d'œil. Comprenant qu'il n'obtiendrait aucun soutien de ce côté-là, Kakashi se concentra quelques secondes et reprit à l'intention des enfants :
« Bon, pour faire simple, les garçons ont un zizi, et les filles n'en ont pas. C'est la nature qui nous a tous fait comme ça, d'accord ? »
Les petits hochèrent la tête. Et Kakashi rajouta :
« Par contre, c'est très mal élevé de montrer son zizi aux autres. Tu ne dois plus jamais faire ça Akito c'est compris ? Et toi non plus Yuko, tu ne dois pas montrer ton… ta … oh et merde. Vous ne devez plus jamais faire ça ni l'un ni l'autre c'est compris ? »
Les petits hochèrent la tête sans vraiment comprendre pourquoi Kakashi se mettait dans tous ses états pour si peu.
« N'empêche, c'est quand même plus pratique pour faire pipi » marmonna Akito en attrapant dans une main son seau rempli de lucioles, et dans l'autre la petite main de Yuko, pour continuer sa chasse.
Ren et Eiri décidèrent de les suivre pour les garder à l'œil, tandis que Tamaki s'essuyait les yeux tellement il avait ri. Son regard croisa celui dépité de Kakashi, et il repartit immédiatement dans un fou rire.
« Mais t'as fini de te foutre de ma gueule toi ? » dit-il en commençant à le chahuter. Tamaki commença à se tortiller sous les assauts du ninja copieur, tout en riant de nouveau.
« Franchement, rien que pour voir ça, ça valait le coup de venir ! » se moqua-t-il gentiment.
Ils chahutèrent encore quelques minutes et Kakashi finit pas le ceinturer par l'arrière, l'immobilisant totalement. Il posa son menton sur l'épaule du jeune homme, les yeux fixés sur son fils.
« Nan mais sans rire, il n'a que quatre ans quoi ! Je dois m'inquiéter Docteur ? »
Cette fois, Tamaki se força à réprimer son rire.
« Mais non, idiot. C'est tout à fait normal d'avoir ce genre de réflexion à son âge. Il est curieux c'est tout. »
Tamaki marqua une pause, mais ne put se retenir d'ajouter :
« Ou alors, il amorce simplement sa carrière de tombeur en culotte courte ! C'est un enfant précoce après tout. Je suis sûr que tu faisais la même chose à son âge ! »
Le jeune médecin sentit un pincement au niveau du lobe de son oreille gauche.
« Aie ! Mais tu m'as mordu ! »
« T'as qu'à pas dire des choses méchantes ! » répliqua le ninja boudeur. « Tiens, pour me faire pardonner ! » rajouta-t-il en déposant sur la joue de Tamaki un bisou baveux, suivi d'un coup de langue.
« Ahh, mais c'est crade ! » répondit le médecin en faisant mine de s'écarter.
« Bah, on a fait pire que ça hein ! » lança le ninja copieur en se détachant de Tamaki.
Leurs regards se croisèrent, intenses et brillants, et ils échangèrent un sourire silencieux, mélange d'envie et de tendresse. Kakashi tendit sa main pour saisir celle de Tamaki et l'entraîna pour rejoindre les autres.
Le signal du départ fut donné lorsque les petits montrèrent leurs premiers signes de fatigue. Ren prit Akito dans ses bras, tandis que Kakashi se chargeait de Yuko. Une fois qu'ils eurent rendu la fillette à ses parents, ils prirent chacun le chemin de leur domicile.
Kakashi s'approcha pour souhaiter une bonne nuit à Tamaki, et déposa discrètement un baiser juste au bord de ses lèvres. Puis il rejoignit Eiri pour rentrer. La jeune femme attendit qu'ils se soient éloignés pour glisser au ninja copieur :
« Je pense que Tamaki va faire de beaux rêves cette nuit. »
Kakashi ne répondit pas alors que la lune éclairait son visage souriant. Dans ses bras, Akito dormait déjà.
…
Iruka était anxieux. Non, en fait il était terrorisé. Pour la troisième fois de la journée, il se mit à partir dans le délire classique de tout fiancé qui va se marier dans deux jours.
« Et si elle avait décidé de changer d'avis ? » demanda-t-il tout haut en réprimant le tremblement de ses lèvres.
Tamaki et Kakashi poussèrent un long, très long soupir synchrone.
« Pour la centième fois, répondit Kakashi, pourquoi veux-tu qu'elle ait changé d'avis ? »
« Ben je sais pas moi. Elle s'est peut être rendu compte qu'elle faisait la pire connerie de sa vie, et… »
« Et quoi ? Sérieusement il faut que tu arrêtes tes délires Iruka ! Ca te réussit vraiment pas d'être séparé de Tori pendant trois jours » ronchonna le ninja copieur.
« Je crois qu'il vaudrait mieux que tu évites d'employer le mot « séparé » Kakashi » murmura Tamaki.
« Je t'ai entendu Tama ! Et puis c'est quoi cette connerie de ne pas pouvoir se voir juste avant le mariage hein ? » répliqua le sensei.
« C'est une tradition ! » répondit Kakashi qui commençait à être fatigué du petit jeu « je remonte le moral de mon meilleur ami angoissé à l'idée de se passer la corde au cou », « comme ça tu seras encore plus heureux de la retrouver samedi tu comprends ? »
Le jeune homme hocha la tête, visiblement rassuré. Pour l'instant.
Tamaki alla ouvrir la porte à laquelle frappait Eiri.
« Salut les garçons ! Alors, pas trop stressé Iruka ? » demanda-t-elle innocemment.
Le regard noir que lui lancèrent Kakashi et Tamaki lui fit comprendre que le sujet était visiblement plus que sensible. Elle se rattrapa comme elle put.
« Bon, Iruka et Kakashi, je vous ai ramené vos kimonos. Qui veut essayer en premier ? »
« Allez Iruka, va dans ma chambre, Eiri va t'aider à passer ton kimono pendant que j'essaye le mien ici. Allez zou, zou ! » finit-il en accompagnant son propos d'un mouvement de main signifiant au jeune sensei qu'il devait ses bouger les fesses.
Iruka suivit Eiri tandis que Kakashi commençait à se déshabiller au milieu du salon. Akito, attiré par le bruit, avait quitté le jardin pour venir admirer le spectacle des beaux habits de fête. Le kimono de son papa était d'un bleu sombre, presque noir, avec de simples fils argentés incrustés sur le dos et les manches. Quand il vit Kakashi en caleçon, en train de se battre avec son kimono, Tamaki ne put s'empêcher de contempler le corps musclé et harmonieux du ninja. Akito, assis sur son petit fauteuil, regarda Tamaki, puis son papa, puis de nouveau Tamaki.
« Il est beau mon papa, hein ! » lança –t-il crânement au jeune médecin, qui piqua immédiatement un fard.
Kakashi jeta un coup d'œil en direction de son fils et du jeune homme, et demanda d'une voix coquine:
« Tu aimes ce que tu vois Tama ? »
Loin de se démonter, le jeune homme répliqua :
« Plutôt oui. »
Et les deux hommes éclatèrent de rire tandis que Kakashi arrivait enfin à nouer l'obi de son kimono.
Il était magnifique. Eiri avait su trouver le ton parfait pour mettre en valeur la peau nacrée et les cheveux argentés du shinobi. La coupe du kimono semblait rendre grâce à la taille élancée du ninja, en rehaussant ses courbes gracieuses. Kakashi tendit les bras et tourna sur lui-même.
« Alors ? »
« Tu es … très beau. » répondit sobrement Tamaki. Kakashi sembla percevoir une pointe d'émotion dans sa voix et sourit.
La porte de la chambre s'ouvrit, et Iruka passa dans le salon. Devant le silence de ses amis, il se mit à se gratter le nez avec appréhension.
« Quelque chose ne va pas ? C'est la couleur ? Ou…. »
Kakashi secoua la tête et répondit :
« Non, tu es tout simplement magnifique Iruka ! Tori va être conquise crois-moi ! »
« C'est vrai, tu es vraiment splendide Iruka ! » reprit Tamaki.
« Et toi, Akito, tu en penses quoi ? »
« Mmhh, tu es très beau Ruka ! » Après un instant d'hésitation, il rajouta :
« Mais c'est quand même papa le plus beau hein ! »
Tous piquèrent un fou rire et Tamaki déclara :
« Ca, c'est l'objectivité et la modestie habituelles des Hatake ! » ce qui entraîna un deuxième fou rire généralisé.
Eiri était ravie que les kimonos qu'elle avait confectionnés plaisent autant à ses amis. Elle leur promit de venir les aider à s'habiller le jour tant attendu. Iruka et Kakashi allaient en effet partir de chez les Hatake, tandis que Tamaki aurait l'honneur d'emmener Tori sur le lieu de la cérémonie. Mais pour l'instant, le futur marié et son témoin étaient reclus dans l'appartement des Hatake avec l'interdiction formelle de s'approcher de l'appartement de Tori et d'Iruka. Tamaki faisait le lien entre les deux, et ce rôle l'amusait beaucoup. Il voyait la pression monter des deux côtés, et savait que Tori et Iruka allaient chacun être bouleversé d'émotion en se voyant.
…
Le jour suivant, Iruka alla se détendre en compagnie de ses collègues de travail, qui lui avaient proposé de passer la journée aux sources chaudes pour lui éviter de trop penser au lendemain.
Kakashi et Tamaki devaient quant à eux décorer la salle et le jardin. Ils avaient embauché un peu de monde pour les aider : Kurenai et Asuma, Genma, Eiri. Akito faisait bien sûr partie de la fête, même si sa participation restait à la hauteur de ses quatre ans. Enfin Hiwa avait proposé son aide, et Tamaki n'avait pas osé refuser. Il se doutait qu'elle n'était pas motivée que par la décoration de la salle de mariage de sa fille, mais aussi par le fait de rencontrer le fameux Kakashi, comme elle aimait à l'appeler.
Les bras chargés de cartons, Kakashi faillit louper la petite marche qui donnait sur le jardin et se vautrer en beauté. Il se rattrapa de justesse et poussa un soupir de soulagement.
« Kakashi, évite de péter la déco avant le mariage, ok ? » lui balança machinalement Tamaki, qui était en train de fixer des guirlandes de fleurs au niveau du cadre de chaque fenêtre, perché sur un escabeau. Le ninja copieur lui tira la langue dans le dos et le médecin lui dit :
« Je t'ai vu dans la vitre, idiot ! »
Kakashi se mit à rire en s'éloignant pour disposer de multiples lanternes remplies de lucioles, pour le moment endormies et éteintes, à des endroits stratégiques dans le jardin.
L'installation avançait vite : les tables avaient été dressées et la décoration de la salle était presque finie. Ne restait plus qu'à tester les photophores. Ils s'occuperaient des fleurs le matin même du mariage.
Hiwa se mit à sourire en voyant Tamaki et Kakashi se chamailler une fois de plus. Elle ne regrettait pas le conseil qu'elle avait donné au jeune médecin car il semblait avoir retrouvé sa joie de vivre. Elle dut bien reconnaitre que l'élu de son cœur était diablement charmant. Et charmeur apparemment.
Hiwa avait donné beaucoup de conseils avisés pendant la journée. Le manque d'organisation des garçons leur aurait probablement fait perdre un temps monstrueux si elle n'avait pas été là pour diriger la petite troupe.
Hiwa appela les garçons pour une énième tache, et Kakashi regarda Tamaki en soupirant.
« On fait une pause ? » demanda-t-il en prenant un air de chien battu.
Tamaki se mit à rire.
« Elle va nous tomber dessus si elle voit qu'on se repose ! »
« Bah si on se cache bien, elle nous trouvera pas ! Et puis, il reste Asuma et Genma. Allez viens, on resquille !» déclara le ninja copieur en entrainant le médecin au fond du jardin. A l'abri des regards, Kakashi passa une main sous les genoux de Tamaki et le hissa dans ses bras.
« Kakashi, mais qu'est ce que tu fabriques ? »
« Je nous trouve une planque. Tais-toi et accroche-toi au lieu de râler. »
« Je râle pas ! » bougonna le médecin, profitant de l'occasion pour se coller contre le torse musclé du shinobi.
Kakashi grimpa à la verticale le long du mur d'enceinte et atterrit sur le toit. Tamaki rouvrit un œil quand il sentit que le ninja l'avait posé au sol.
« Vous êtes vraiment de grands malades. Vous pouvez pas prendre les escaliers comme tout le monde, non ? »
Kakashi se mit à rire.
« Aucun escalier ne peut t'amener ici Tama » déclara-t-il en lui montrant la vue. Le médecin se rendit compte qu'il était sur le plus haut des toits de la ville, tout en haut de la tour de l'Hokage. Il fut pris de vertige.
« Ne regarde pas en bas » entendit-il murmurer à son oreille, alors que Kakashi l'attirait contre lui.
« Euh. Juste une question comme ça. On fait comment pour redescendre après ? » s'inquiéta Tamaki.
« Bah, même chemin que pour monter ! »
Tamaki blêmit et Kakashi reprit :
« Ne t'inquiète pas, je ne te laisserais pas tomber. »
Leurs regards se croisèrent, et Kakashi s'approcha timidement son visage de celui du médecin, réclamant silencieusement un baiser. Qui lui fut accordé, du bout des lèvres.
« C'est tout ? » demanda le ninja copieur un peu déçu.
« Et bien tu me fais descendre de là en un seul morceau, et tu auras peut être, je dis bien peut être, plus. »
Le shinobi se mit à rire, un rire cristallin et sincère, un rire de shinobi heureux. Les deux hommes retrouvèrent finalement le plancher des vaches sans encombre. Mais ils se firent cueillir dès qu'ils eurent posé un pied au sol.
« Alors comme ça, on se planque pour ne pas aider hein ? »déclara Genma en commençant à chahuter avec Kakashi.
« C'est bon ? Vous avez tout fini les enfants? » répliqua le ninja copieur moqueur.
Asuma leva les yeux au ciel.
« Quand je pense qu'il est papa. Je vous jure, on se demande qui d'Akito ou de Kakashi est le plus gamin parfois ! »
« Ca c'est clair ! » répondit Tamaki.
Kakashi tira la langue, boudeur, ce qui déclencha bien sûr une crise de fou rire.
« Et voilà, la confirmation par l'exemple » déclara Tamaki en pinçant la joue de Kakashi comme il l'aurait fait pour un gosse, entrainant de nouveau les rires.
« Pourquoi vous riez comme ça ? » demanda une petite voix.
Les adultes se tournèrent vers Akito, et Genma répondit :
« Parce que ton papa a décidé de jouer les idiots comme d'habitude. »
Le petit dévisagea Genma d'un air dédaigneux et répondit :
« N'importe quoi ! Mon papa c'est le plus fort et le plus intelligent. Il est pas idiot. Et en plus il est beaucoup plus beau que toi » comme si c'était l'évidence même.
« Et toc ! » rajouta Kakashi.
Tamaki se mit à rire.
« Il a le caractère de son papa hein ! » dit-il à Genma.
« C'est évident ! Mais j'attends avec impatience son adolescence. Tu verras, papa-modèle, à ce moment là tu deviendras con et relou ! »
Tout le monde se mit à rire, et Kakashi prit son fils dans ses bras.
« Allez bonhomme, on va voir si les papillons fonctionnent ? »
Le petit acquiesça et ils rentrèrent dans la salle.
Après avoir tout vérifié une deuxième fois, les amis d'Iruka décidèrent que tout était fin prêt pour le grand jour. Il était convenu qu'Iruka passerait la nuit chez Kakashi. Tamaki, lui, serait le chevalier servant de Tori, jusqu'à ce qu'il l'emmène à l'autel.
Lorsqu'Iruka arriva chez son ami, les deux hommes étaient une fois de plus en train de se taquiner sur le canapé. Cela fit sourire le sensei. Décidemment, ils lui en auraient fait voir de toutes les couleurs ces deux là !
Tamaki les quitta finalement à regret, et après avoir couché Akito, Kakashi rejoignit Iruka dans le salon. Un confortable silence s'installa entre les deux amis, finalement rompu par Kakashi.
« Je suis vraiment très heureux pour toi, Iruka, tu sais. Tu as trouvé ton âme sœur, et ce mariage va être magnifique. »
Le jeune sensei hocha la tête et se mit à sourire.
« En parlant d'âme sœur, je peux savoir ce que vous fabriquez avec Tamaki ? »
Kakashi lui adressa un regard interrogatif.
« Comment ça ? »
« Me prends pas pour un demeuré hein ! Tu crois que je vous ai pas vu vous bécoter en douce. Et ça se taquine, et ça se tripote. On dirait deux ado attardés qui flirtent pour la première fois ! »
Kakashi se mit à rire.
« Ouais, c'est un peu ça en fait. »
Le ninja copieur marqua une pause avant de reprendre.
« En fait, je sais pas trop. C'est bizarre. On est ensemble sans vraiment l'être. C'est pas facile de reconstruire quelque chose après tout ce qui s'est passé. »
Iruka secoua la tête en signe d'agacement.
« Vous êtes deux crétins, vraiment ! Couchez ensemble une bonne fois pour toutes et ce sera réglé, crois-moi ! »
Kakashi resta interloqué, puis éclata de rire.
« C'est comme ça que tu règles tes soucis de couple toi ? »
Iruka lui offrit son plus beau sourire.
« Non, mais je vous connais assez bien, Tama et toi, pour savoir qu'une bonne réconciliation sur l'oreiller règlera tous vos questions existentielles. Vous êtes tous les deux des cas désespérés en matière de communication, il faut bien trouver des palliatifs. »
Ils finirent par aller se coucher. Et Iruka eut bien sûr du mal à fermer l'œil.
« Alors, anxieux ? » le taquina Kakashi en lui tendant une tasse de café bien fort le lendemain.
« Ca va » répondit le sensei, mais il fit un bond sur sa chaise au moment où la sonnette retentit.
Eiri aida Iruka à s'habiller tandis que Kakashi se battait avec Akito pour lui enfiler son petit kimono. Eiri avait choisi le même tissu pour les kimonos du père et du fils, et Akito ressemblait vraiment à une version miniature de Kakashi. Eiri confia un petit coussin brodé à l'enfant, sur lequel étaient fixées deux alliances dorées.
Le petit, très fier de l'importance de la mission qu'on lui avait confiée, s'assit calmement, le coussin bien calé sur ses genoux, en attendant le départ. En plus, il avait finalement eu gain de cause, et Choko avait obtenu l'autorisation de venir assister lui aussi au mariage de son parrain.
Iruka, dans son kimono blanc brodé d'or, était tout simplement magnifique. Un ruban doré avait remplacé son traditionnel élastique noir dans ses cheveux. Il rayonnait de bonheur, sous les yeux attendris de son témoin.
L'heure tant attendue du départ arriva, et la petite troupe prit la direction de la tour de l'Hokage. Iruka n'avait aucune idée de la destination, et Kakashi avait poussé le vice jusqu'à lui bander les yeux jusqu'à leur arrivée dans le jardin.
Quand il vit enfin le jardin, décoré de guirlandes de fleurs, Iruka resta sans voix. La petite allée menant au petit kiosque central était jonchée de pétales blancs et roses. Des chaises avaient été disposées de chaque côté pour les invités.
Devant le silence de son ami, Kakashi eut un petit moment de panique.
« On a fait ce qu'on a pu… »
« C'est magnifique Kakashi ! Tout simplement magnifique ! »
Kakashi poussa un ouf de soulagement et reprit :
« Et tu n'as encore rien vu crois-moi ! »
Les premiers invités commençaient déjà à arriver et venaient saluer le futur marié à tour de rôle. Akito aperçut Yuko, qui venait d'arriver avec ses parents. Aussitôt il courut vers elle, entraînant son père dans sa foulée. Il déposa un bisou sonore sur la joue de la petite fille.
« Yuko est revenue ravie de sa chasse aux lucioles » déclara Ibiki en saluant Kakashi.
Celui-ci déglutit, espérant intérieurement que la fillette n'ait pas raconté dans le détail leur petite virée. Mais Ibiki reprit :
« Je suis ravi que ma fille s'entende si bien avec Akito en tout cas. »
En son for intérieur, Kakashi poussa un soupir de soulagement. Il s'excusa auprès des Morino et continua son petit tour pour aller accueillir les invités.
Bientôt le jardin fut plein à craquer. Et l'on n'attendait plus que la mariée. Eiri vint les avertir que Tori attendait dehors avec Tamaki, et Kakashi fit signe à tout le monde de s'installer. Iruka se plaça au centre du petit kiosque et Kakashi le rejoignit.
« Allez, respire un grand coup mon grand ! C'est parti maintenant ! » lui murmura-t-il à l'oreille.
Une musique douce retentit, et tous les yeux se tournèrent vers l'entrée du jardin.
TA TA TATA! (sur l'air de la marche nuptiale).
Dans le prochain chapitre, vous saurez si Tori stresse autant qu'Iruka, et vous assisterez enfin aux épousailles! Mais seulement si vous laissez plein de commentaires haha! (meuh non, je rigole... même si j'aime beaucoup les reviews en fait ^^)
