Chapitre 23: Vies.

Tamaki tenta de rassurer le petit garçon, mais celui-ci tremblait maintenant comme une feuille, incapable de se contrôler. Le médecin avait déjà remarqué qu'une certaine communication non verbale semblait exister entre le père et le fils. Tamaki avait beaucoup observé le shinobi et son petit garçon, et était arrivé à la conclusion qu'ils partageaient plutôt des émotions communes. Peut être était-ce dû à leurs chakras très proches? Du moins c'est l'hypothèse qu'avait avancée Kakashi. Toujours était-il que c'était la première fois qu'Akito manifestait une frayeur d'une telle ampleur, persuadé que son père était en danger de mort imminent.

Il devint rapidement évident pour Tamaki qu'il n'arriverait pas à rassurer l'enfant par de simples paroles. Le visage apeuré de l'enfant commençait à lui faire peur à lui aussi d'ailleurs. Mais il se voyait mal débarquer chez l'Hokage pour expliquer qu'il était probablement arrivé quelque chose à son homme parce que son petit garçon s'était réveillé en hurlant au milieu de la nuit.

Tamaki prit Akito avec lui dans sa chambre, mais le petit était incapable de retrouver le sommeil. Les tremblements s'étaient un peu apaisés dans les bras du médecin mais son visage trahissait son inquiétude.

Tamaki promit à l'enfant d'alerter les personnes compétentes dès que le soleil serait levé.

...

Dans la clairière où ses attaquants l'avaient laissé pour mort, Kakashi distinguait à peine les nuages défiler dans le ciel. La douleur lancinante dans son dos ne cessait d'augmenter et il sentit qu'il allait bientôt perdre connaissance. Il rassembla ses dernières forces pour faire apparaître Wuhei, le chien le plus rapide de sa meute. A la vue de son maitre agonisant, le chien comprit immédiatement que de sa rapidité dépendait la vie du shinobi.

Kakashi ferma les yeux et sourit. Son fils venait de lui apparaitre, souriant. Il lui tendait les bras et semblait lui parler. Mais aucun son ne parvenait aux oreilles du ninja. Le dernier mot qu'il prononça fut Akito.

...

Tamaki se mit à tambouriner à la porte d'Iruka. La panique d'Akito l'avait à présent totalement gagnée. Le sensei encore à moitié endormi ouvrit la porte en râlant devant tout ce bruit matinal, mais à la vue du visage de Tamaki, il sentit que quelque chose de grave avait dû se produire.

«Iruka, je suis désolé de débarquer comme ça si tôt, mais je ne savais pas quoi faire. Et je me suis dit que tu pourrais m'aider. Je ne sais pas ce qui se passe mais ça a l'air d'être grave et...»

Iruka posa ses mains sur les épaules du médecin et le força à s'asseoir dans le canapé. il soupira pour évacuer le reste de fatigue matinale et dit d'un ton ferme:

«Tamaki, calme-toi et respire un grand coup. Je ne comprends rien à ce que tu me racontes là! Prends ton temps et raconte-moi ce qui t'arrive.»

Tamaki sentit les larmes monter dans ses yeux bruns. il tenta de rassembler ses pensées avant de répondre d'une voix tremblante:

«Akito s'est réveillé en pleine nuit, persuadé qu'il est arrivé quelque chose à Kakashi.»

«Ok je vois. Il a fait un cauchemar en gros. Et c'est ça qui te met en panique comme ça? Kakashi est parti pour une mission de rang B, c'est du gâteau pour lui ce genre de mission.»

Tamaki prit une profonde inspiration et reprit:

« Akito a déjà fait des cauchemars, mais je t'assure que celui-ci était différent. Je t'ai déjà raconté que Kakashi et Akito semblaient avoir une sorte de connection parfois. Je suis persuadé qu'Akito a perçu la détresse de Kakashi. A l'heure actuelle, Akito est bien réveillé, Eiri s'occupe de lui. Mais il est toujours en panique. Je t'en prie Iruka, il faut que tu me croies, il se passe quelque chose de grave avec Kakashi!»

Le jeune médecin prit sa tête dans ses mains, et de grosses larmes commencèrent à rouler sur ses joues.

«Bon écoute, je vais aller faire part de tes inquiétudes à Tsunade-sama. Je ne suis pas sûr qu'elle veuille envoyer une escouade à la recherche de Kakashi, mais on peut au moins tenter le coup.»

Devant le regard plein d'espoir de Tamaki, Iruka décida de partir sur le champ vers la tour de l'Hokage.

Il n'eut cependant pas besoin d'argumenter auprès de Tsunade. Celle-ci venait juste de lancer une escouade de secours à la recherche du ninja copieur, sur les indications de Wuhei. son visage trahissait son inquiétude, et Iruka pâlit en l'entendant demander à Shizune de tenir le bloc opératoire prêt.

Quand elle aperçut Iruka, l'Hokage eut un moment d'arrêt, avant de lui sourire tristement.

«Que se passe-t-il avec Kakashi?» demanda le sensei plus qu'inquiet.

«Apparemment, il a été pris en embuscade par des ninjas renégats de la pluie. Son chien ne sait pas s'il aura survécu à l'arrivée des secours.»

Iruka dut s'appuyer sur le mur pour ne pas tomber. Cette mission était pour lui à la base. Il ne se le pardonnerait jamais si son ami venait à succomber à ses blessures.

«Mais que venais-tu faire ici si tôt toi?» l'interrogea Tsunade.

«Akito a senti que son père était en danger cette nuit. Qu'est ce que je vais pouvoir lui dire?»

répondit Iruka, plus pour lui-même.

Tsunade le regarda de nouveau tristement.

«Ecoute Iruka, pour l'instant nous ne savons pas ce qu'il en est exactement. Essaye de rassurer Tamaki et Akito, je m'occupe du reste, d'accord?»

Le sensei hocha la tête et reprit la direction de son appartement. Il avait besoin de serrer Tori dans ses bras avant d'aller annoncer à Akito que son papa était gravement blessé.

Tori décida d'accompagner son mari à l'appartement des Hatake, bien que ses déplacements soient rendus de plus en plus difficiles par sa grossesse arrivée à terme.

De longues heures d'angoisse les attendaient, et il n'était pas question qu'elle n'apporte pas tout le soutien qu'elle pouvait aux deux hommes et à Akito.

Quand Tamaki vit le visage fermé d'Iruka, il comprit qu'Akito ne s'était pas trompé. Le petit s'était mis à pleurer en silence, Choko gémissant par intermittence sur ses genoux.

Iruka expliqua qu'une équipe de recherche était partie à l'aube, et qu'il ne leur faudrait pas longtemps pour trouver le shinobi. Restait à savoir s'ils arriveraient à temps à Konoha pour que Tsunade puisse le sauver.

Alors qu'un silence de mort régnait dans l'appartement, Iruka vit tout à coup le chakra d'Akito scintiller tout autour de lui. Le petit était entré dans une sorte de transe, et Choko apeuré avait filé sous le canapé. Le sensei comprit ce que l'enfant était en train de faire et tenta d'intervenir.

«Akito, arrête ça tout de suite!»

Il se précipita pour saisir l'enfant mais le contact avec le chakra électrique l'empêcha de le toucher.

«Que se passe-t-il?» se mit à crier Tamaki.

«Akito regarde-moi», lança Iruka d'un ton ferme sans prendre le temps de répondre au médecin.

Les longs cils battirent sur les yeux noirs de l'enfant avant que celui-ci ne se reconnecte à la réalité.

«Akito, écoute-moi, tu ne peux pas aider ton papa comme ça. C'est dangereux pour toi tu comprends? Ton papa ne voudrait pas que tu te blesses pour lui.»

Les yeux encore dans le vague, Akito ne semblait pas entendre la voix de son parrain. Tori et Tamaki regardaient la scène sans comprendre, terrorisés par la puissance du chakra qui émanait du petit.

Et d'un coup, le chakra bleuté de l'enfant disparut, tandis qu'Akito poussait un soupir de soulagement. Il se précipita aussitôt dans les bras d'Iruka et lui murmura:

«Papa est en vie. Ils reviennent.»

Iruka serra l'enfant fort contre lui et sentit les larmes couler sur ses joues, témoins du relâchement soudain de toute la tension des dernières heures.

«Tu ne dois plus jamais faire ça tu m'entends Akito?»

L'enfant ne répondit pas. Il s'était finalement endormi, rompu de fatigue.

Iruka alla le déposer dans son lit et revint s'affaler sur le canapé. Devant le regard médusé de Tamaki et de Tori, il expliqua enfin:

«Je pense qu'Akito a transmis une partie de son chakra à son père pour qu'il tienne le coup jusqu'à l'arrivée des secours. il me semble que c'est l'une des capacités héréditaires du clan Honji. Mais c'est très dangereux pour celui qui l'effectue. Et je ne m'explique pas qu'Akito ait été capable de faire cela à son âge, sans aucun apprentissage. Tori, tu peux rester avec Akito? Tamaki et moi allons à l'hôpital. On vous tiendra au courant.»

La jeune femme acquiesça tandis que Tamaki était déjà sur le pas de la porte.

Lorsqu'ils déboulèrent dans le hall de l'hôpital, ils entendirent Shizune les appeler.

«Iruka, par ici!» lança-t-elle en les guidant vers l'une des ailes du bâtiment.

Elle les fit entrer dans une pièce, à l'écart de l'effervescence du personnel hospitalier.

«Nous l'avons retrouvé» commença la jeune femme.

«Comment va-t-il?» s'écria Tamaki.

Shizune lui offrit un regard compatissant et prit son temps pour répondre.

«Kakashi a subi des blessures importantes. Mais la plus inquiétante est celle de son dos. Tsunade tente d'éliminer le poison de son organisme en ce moment. Mais le temps joue contre lui. On ne sait pas comment il a réussi à survivre jusque là. Et Tsunade n'est pas sûre de ... pouvoir le sauver.»

Tamaki s'écroula sur l'une des chaises en bois de la pièce, tenant sa tête entre ses mains.

«Est-ce qu'on peut faire quelque chose?» demanda Iruka.

Shizune secoua la tête négativement.

«La seule chose que nous puissions faire, à présent, c'est attendre... Et prier.»

Shizune avait assuré les deux hommes que Tsunade viendrait personnellement leur donner des nouvelles de Kakashi dès qu'elle le pourrait. Le sensei et le médecin se tournèrent donc d'un seul élan vers la porte quand celle-ci s'ouvrit. Mais ce ne fut pas pour laisser apparaitre Tsunade. C'est Eiri qui se tenait devant eux, les yeux brillants d'excitation.

«Iruka, Tori est là, elle va accoucher!»

«Quoi?» demanda l'homme incrédule, «maintenant?»

Il se tourna vers Tamaki, ne sachant que faire.

«Vas-y, Tori a besoin de toi. Je te tiendrai au courant si j'ai des nouvelles de Kakashi.»

Iruka se précipita en direction de la salle d'accouchement. Tamaki lança à Eiri un regard fatigué et angoissé.

«Tamaki, commença la jeune fille sur un ton doux, tu devrais aller te reposer un peu chez toi. Ca ne sert à rien de te morfondre ici. Et puis je pense qu'Akito aimerait être avec toi en ce moment. Je l'ai laissé chez Mme Ootori, mais tu devrais aller le récupérer. Je vais attendre ici, et je te préviens dès que Kakashi sort du bloc, d'accord?»

Le médecin acquiesça et se leva mécaniquement. Il ne sut jamais comment il avait fait pour revenir à l'appartement, ses jambes l'ayant porté presque inconsciemment. Il récupéra Akito chez Mme Ootori, et s'enferma avec l'enfant dans leur appartement. Akito semblait plus calme à présent, presque serein.

«Ne t'inquiète pas Tamaki, papa va s'en sortir j'en suis sûr.»

Tamaki sourit tristement à l'enfant.

«J'aimerais vraiment te croire, mon chéri.»

Le petit garçon s'installa sur les genoux du compagnon de son père et passa ses petits bras autour de son cou.

«Je te dis que ça va aller» reprit-il en souriant. «Mon papa nous aime trop pour nous laisser, il me l'a dit. Tu sais quoi, Tamaki, on va lui faire un gâteau au chocolat pour quand il se réveillera. Je suis sûr que ça lui fera plaisir!»

Devant la confiance de l'enfant, Tamaki reprit un peu espoir. Après tout, si Akito pouvait sentir le danger, il devait également pouvoir sentir que son père allait s'en sortir.

Alors il prit son courage à deux mains et rejoignit le petit dans la cuisine. Bientôt les effluves chocolatées emplirent l'appartement. Tamaki avait quitté l'hôpital deux heures auparavant, et préféra y retourner au plus vite, pour ne pas manquer Tsunade. Akito voulut l'accompagner, et il n'eut pas le coeur à refuser.

L'homme et l'enfant prirent donc la direction de l'hôpital. A leur arrivée dans le hall, Akito saisit la main du médecin pour rassurer l'adulte. Ils se dirigèrent vers la petite salle où les attendait Eiri.

«Akito, Tamaki! Shizune vient juste de passer: Tsunade sera là dans quelques minutes. A priori, Kakashi devrait s'en sortir!»

Le visage d'Akito s'illumina tandis que Tamaki poussait un soupir de soulagement. L'Hokage entra brusquement dans la pièce, au moment où le médecin allait demander des nouvelles de Tori.

La femme plantureuse s'affala sur l'une des chaises, poussa un profond soupir et parla:

«Kakashi va vivre. Il a beaucoup souffert, et sa convalescence va être très longue. Mais il va vivre.»

Tamaki sentit des larmes de soulagement couler à flot sur ses joues. Il se confondit en remerciement tandis qu'Akito se précipitait dans les bras de l'Hokage.

«Merci d'avoir sauvé mon papa. Tu es la meilleure, Hokage-sama!»

La familiarité de l'enfant fit éclater de rire Tsunade, Tamaki et Eiri, ce qui acheva d'apaiser l'atmosphère pesante des dernières heures.

Le petit groupe fut interrompu par Iruka, qui venait de débouler dans la pièce. Quand il vit le sourire sur chaque visage, il comprit que Kakashi était hors de danger. Il prit le temps de serrer son filleul dans ses bras, et murmura à Tamaki:

«Je dois retourner auprès de Tori. Le bébé ne va pas tarder à être là.»

Tamaki lui adressa un clin d'oeil.

«Tu vas assurer Iruka! Et fais attention à ta main!»

Iruka, qui avait déjà tourné les talons, ne comprit que plus tard le sens des derniers mots de Tamaki.

Le médecin se retourna vers Tsunade et lui demanda s'il pouvait voir Kakashi. L'Hokage hésita, puis acquiesça, en le prévenant toutefois qu'il risquait d'avoir un choc. Akito décréta que lui aussi voulait voir son papa, bien que Tsunade ne fut pas d'accord. Le petit se mit dans une telle colère que l'Hokage rendit les armes. Elle préféra cependant accompagner Tamaki et Akito.

Quand ils entrèrent dans la chambre, seul le bruit du monitoring les accueillit. Kakashi semblait dormir d'un sommeil profond, mais Tamaki fut frappé par la pâleur de son compagnon. La blancheur de la mort. Les lentes ascensions puis descentes de la poitrine du shinobi n'étaient dues qu'à une machine reliée à un tube plongeant dans sa gorge. Kakashi était maintenu en vie artificiellement, le temps que son corps puisse de nouveau assurer ses fonctions vitales seul. Le poison avait fait des ravages dans certains organes du ninja, mais Tsunade s'était gardé de dire à Tamaki que Kakashi n'était pas passé loin de perdre et son foie et ses reins. Elle avait in extremis sauvé ces organes indispensables, et ainsi assuré la survie de son meilleur shinobi, au prix de longues heures de traitement. Tamaki s'approcha timidement et saisit la main de son amant. Elle était chaude et douce. Mais elle n'émit aucune réaction lorsqu'une larme salée vint perler sa peau nacrée. Akito hésita, et finit par rejoindre Tamaki auprès de son papa. Il s'accrocha au drap pour grimper sur le lit, et s'étendit contre son père. Dans un geste protecteur, il passa son petit bras en travers du torse du blessé, et cala sa tête au creux de son épaule. Tsunade les laissa seuls, entre hommes, en assurant à Tamaki qu'ils pouvaient rester aussi longtemps qu'ils le souhaitaient.

Tamaki resta de longues minutes à contempler son amour, si faible et vulnérable. Il se rendit compte qu'Akito s'était endormi. Mais le petit protesta dès que le médecin tenta de le décrocher de son père. Dans un demi-sommeil, le petit bonhomme décréta qu'il resterait aux côtés de son papa jusqu'à ce qu'il se réveille.

Tamaki n'avait plus la force de protester. Ne voulant cependant pas laisser l'enfant seul, il se débrouilla pour faire installer un lit d'appoint dans la petite chambre. Ainsi la petite famille resterait réunie durant cette épreuve.

...

Au même moment, à l'autre bout de l'hôpital, un cri de douleur déchira le silence.

«Aïeeeeeeeeeeee!»

Iruka n'avait pas pu se retenir cette fois. Tori lui broyait la main depuis déjà vingt bonnes minutes, mais là c'en était trop. Surprise, la jeune femme lacha la main de son mari, qui en profita pour la mettre à une distance de sécurité suffisante.

«Nan mais j'hallucine. C'est moi qui accouche et lui il se plaint d'avoir bobo à sa main. J'te jure, vous êtes vraiment tous pareils hein!» commença à râler Tori.

La sage femme ne put réprimer un rire mais rappela la jeune infirmière à l'ordre.

«Allez Tori, tu n'es plus très loin. Ne te déconcentres pas.»

La jeune femme poussa encore deux fois et le bébé vint enfin au monde. La sage femme posa la fillette sur la poitrine de sa mère. La tête d'Iruka s'allongea un peu.

«Euh... Elle ne va pas rester toute frippée comme ça hein?» demanda-t-il innocemment.

«Mais bien sûr que non idiot» répondit Tori en riant.

Déjà la sage femme tendait les bras pour récupérer le bébé, qui semblait se porter comme un charme.

«Bon j'emmène votre petite merveille et son papa pour le premier bain, on te la ramène très vite!»

Tori leur accorda un sourire fatigué tandis qu'Iruka suivait docilement la professionnelle.

Elle lui proposa de le guider pour qu'il se charge du bain. Iruka osait à peine toucher sa fille, si petite et si fragile. Il eut une pensée émue pour Kakashi, qui avait dû lui aussi apprendre ces gestes délicats pour Akito. Iruka s'appliqua mais fut soulagé lorsque la sage femme vint à sa rescousse pour passer le petit pyjama au bébé.

Ce fut lorsqu'elle lui installa sa fille dans les bras, bien calée contre lui, qu'il réalisa pleinement que sa vie venait d'être à jamais bouleversée par l'arrivée de ce petit être.

Il rejoignit rapidement Tori, qui se reposait dans une confortable chambre.

Iruka tendit avec émotion le bébé à son épouse. Il sentit les larmes monter au creux de ses yeux à la vue de sa femme et de sa fille, les deux êtres les plus chers à son coeur.

Tori lui lança un regard aimant et déclara:

«Tu sais, pour le nom, je crois qu'on devrait l'appeler Shizuka.»

«Shizuka?»

«Oui, c'est un prénom qui reprend les kanji du prénom de Kakashi. On a failli le perdre aujourd'hui, mais il a survécu, et notre fille est née sans problème, en bonne santé. Et puis tu as l'intention de lui demander d'être le parrain non?»

Iruka sourit et hocha la tête. Il était profondément touché que Tori veuille ainsi rendre un hommage à son meilleur ami à travers le nom de leur fille. Une très forte amitié s'était en effet créée entre Tori et Kakashi depuis quelques mois. Une certaine complicité même, surtout quand il s'agissait de taquiner leurs amoureux respectifs.

Tori reprit d'une voix douce, en berçant sa petite fille:

«Je me plais à croire que Shizuka a choisi de naître aujourd'hui pour envoyer un message à Kakashi: j'arrive aujourd'hui Tonton Kakashi, alors ne meurs pas s'il te plait!»

Iruka s'assit au bord du lit et enveloppa ses deux petites femmes d'un bras protecteur.

« Je crois qu'on est pas prêt d'oublier cette journée» murmura-t-il en jouant avec la petite main de Shizuka. Puis il ajouta:

«J'ai hâte de pouvoir présenter notre fille à Tamaki, et Kakashi sera en retard, comme toujours, mais je suis sûr qu'il fera un très bon parrain.»

...