Chapitre 26:

Lorsque Tamaki arriva devant la porte de la chambre de Kakashi, il marqua un temps d'arrêt. De la pièce s'échappaient des éclats de rire. Il fronça les sourcils et ouvrit brusquement la porte, sans prendre la peine de frapper. Aussitôt Kakashi et l'infirmière se tournèrent vers lui, les yeux encore mouillés par leurs larmes de rire.

Tamaki lança d'un ton sec:

«Et bien, j'ai l'impression qu'on s'amuse bien ici!»

Il combla rapidement les quelques mètres qui le séparait du lit du convalescent et entoura son homme de ses bras, possessif. Plongeant son nez dans le cou de son compagnon, il ne prononça pas un mot de plus, se contentant de resserrer l'étreinte.

Kakashi leva les yeux vers l'infirmière et lui fit comprendre d'un sourire qu'il valait mieux qu'elle les laisse seuls. La jeune femme lui envoya un clin d'oeil compréhensif et quitta la chambre silencieusement.

A peine la porte refermée derrière elle, Tamaki se redressa, avec sa mine des mauvais jours. Kakashi posa un regard attendri sur le jeune médecin, et décida de remettre les taquineries à plus tard. A cet instant précis, Tamaki semblait avoir besoin d'une seule chose: de l'affection. Le ninja copieur entoura la taille de son compagnon de son bras droit, et glissa sa main gauche derrière la nuque du jeune homme pour l'attirer plus près. Tamaki tenta de résister, pour le principe, mais finit par se laisser happer par les yeux sombres et remplis de désir de son compagnon. Kakashi réclama un baiser, qui devint rapidement passionné.

Après quelques secondes, Tamaki rompit l'échange et lança d'un ton qu'il souhaitait le plus neutre pssible:

«Tu as l'air d'aller mieux. Tsunade t'a t-elle dit quand tu pourrais rentrer à la maison? J'ai plein de jours de congés à poser en plus, je pourrai m'occuper de toi.»

«J'ai encore pas mal de rééducation à faire, mais c'est vrai que j'aimerais bien rentrer. Akito n'est pas venu avec toi?» répondit le shinobi, pour tenter de changer de sujet.

L'Hokage lui avait justement expliqué qu'il ne quitterait pas l'hôpital avant une quinzaine de jours, mais le ninja savait que cette nouvelle allait encore plus miner le moral du médecin.

«Akito est chez Eiri. Je crois qu'ils ont décidé de te préparer un petit cadeau. Et il y passe toutes ses soirées depuis trois jours. Tiens, je t'ai ramené son petit bulletin scolaire. Shizune a précisé que tu devais le lire soigneusement avant de le signer.»

Kakashi leva un regard interrogateur à son compagnon avant de saisir le carnet. Tamaki s'écarta pour laisser le shinobi prendre connaissance des résultats scolaires de son fils.

Après avoir lu les premières lignes, un sourire éclaira le visage de Kakashi.

«Et bien, j'ai l'impression qu'Akito est plus que brillant! Il aurait bien droit à un petit cadeau lui aussi!»

«Je pense qu'un truc en chocolat devrait faire l'affaire» répondit Tamaki en riant.

Akito semblait avoir acquis de nombreuses compétences durant l'année scolaire. Outre les matières classiques comme la lecture et le calcul, il était également le premier de la classe en activités physiques et surtout en maîtrise du chakra. Le petit garçon était même visiblement largement au-dessus du lot.

Kakashi était fier de son fils, mais son visage s'assombrit immédiatement lorsqu'il tourna la page du bulletin. Tamaki crut même qu'il allait se mettre en colère tellement son visage s'était crispé en quelques secondes.

«Il y a un problème?» demanda timidement le médecin.

Kakashi ne prit pas la peine de répondre. Il tendit le carnet à Tamaki en déclarant:

«Il n'en est pas question. Akito est bien trop petit!»

Tamaki parcourut rapidement les quelques lignes que Shizune avait écrites dans la section «proposition d'orientation».

Akito montre des capacités en ninjutsu et genjustu exceptionnelles pour son âge. Il a acquis assez de compétences pour intégrer l'Académie ninja à la rentrée prochaine. Il montre un intérêt fort pour l'apprentissage des techniques ninjas. Malgré son jeune âge, je donne un avis favorable à son passage en première année d'Académie.»

Kakashi donna un coup du revers de la main sur le bulletin que lui redonna Tamaki, l'envoyant valser dans la pièce. Le médecin poussa un soupir.

«Kakashi, c'est juste un avis. Rien n'est décidé pour l'instant. Je pense que tu devrais en parler avec Shizune, et avec Iruka aussi. C'est lui qui enseigne aux premières années à l'Académie non?»

Kakashi poussa un soupir agaçé.

«Il n'y a absolument rien à discuter Tama. Akito est trop jeune, un point c'est tout.»

Tamaki posa un regard tendre sur son compagnon et répondit d'une voix douce:

«Je comprends que cela t'effraie. Vous êtes passés par des moments difficiles avec Akito. Mais il va bien falloir que tu le laisses voler de ses propres ailes un jour, Kashi.»

Le regard dur que lui lança le shinobi le fit se raidir instantanément. Tamaki savait que la seule chose capable de faire exploser le si calme et nonchalant ninja copieur était que l'on remette en question sa relation avec son fils. Kakashi savait que la proximité qu'il avait avec Akito était plus, peut être même trop, fusionnelle que celle des autres parents. Mais personne ne pouvait comprendre. Personne n'était capable de comprendre ce que partageaient le père et le fils. Pas même Tamaki, qui vivait avec eux en permanence. Kakashi n'avait pas reparlé à Akito de son agonie après son combat, mais il l'avait senti, le chakra de son petit qui lui redonnait un souffle de vie alors qu'il allait mourir. Ils étaient plus qu'une famille, plus qu'un père et un fils. Ils étaient capables de partager leurs chakras, et à travers cela leurs émotions. Kakashi savait que cette faculté avait existé au sein de certains clans ninjas dans l'ancien temps. Mais cette faculté avait été perdue depuis de nombreuses années. Depuis si longtemps que mêmes les plus vieux étaient incapables d'en donner plus de précisions.

Kakashi avait d'ailleurs décidé de faire des recherches sur ce sujet dès qu'il serait rétabli. De toutes les façons, les possibilités étaient simples: clan Honji ou clan Hatake. Le ninja copieur n'avait bizarrement jamais cherché à connaître l'histoire de sa famille. Il avait vécu seul avec son père, pendant un laps de temps très court. Ses souvenirs étaient vagues.

En repensant à son propre père, Kakashi se mit à ruminer les mots de Shizune. Il était rentré à l'Académie à cinq ans, était devenu chunin à six. Ils allaient forcément remettre ça sur le tapis, lui dire qu'Akito, en digne fils de son père, était un petit génie et qu'il fallait l'encourager dans cette voie. Mais lui seul savait ce à quoi il allait confronter son fils. De toute l'histoire de Konoha, lui seul l'avait vécu.

«Kakashi?» lança timidement Tamaki.

Le ninja copieur leva la tête. Perdu dans ses pensées, il en avait oublié la présence du médecin.

«Ecoute, ce n'est pas le moment de penser à tout ça. L'année scolaire n'est même pas encore terminée. Le plus important, pour l'instant, c'est que tu te rétablisses, d'accord?»

Le ninja hocha la tête d'un air absent.

Tamaki réclama un autre câlin mais fut interrompu par l'entrée du rééducateur.

«Bonjour Messieurs. Hatake-san, j'espère que vous êtes bien reposé, on a du travail aujourd'hui!»

Kakashi laissa Tamaki s'éloigner à regret, tandis que le jeune médecin se renfrognait de nouveau.

«Bon, je te laisse pour ta séance de tripotage. Je repasserai ce soir avec Akito.»

Et Tamaki se leva, tout en prenant soin de fixer le rééducateur d'un air hautain. L'homme lui offrit un sourire gêné, tandis que Kakashi émettait une petit rire contenu. Juste avant que Tamaki ne sorte de la pièce, Kakashi lui lança, mutin:

«Tama, tu es très mignon quand tu es jaloux!»

Le sus-nommé lui tira la langue, accentuant par la même le côté enfantin qui faisait régulièrement craquer le ninja copieur. Celui-ci se mit à rire franchement cette fois.

...

Tsunade prit connaissance des notes de Shizune concernant la classe pilote. Ce programme semblait porter ses fruits, les dix petits élèves semblant avoir tous de remarquables qualités. Elle fronça cependant les sourcils à la lecture de la fiche du petit Hatake. Akito semblait exceptionnel, et ce n'était pas non sans lui rappeler un autre shinobi. elle murmura pour elle-même:

«Les chiens ne font pas les chats» tout en se servant un petit verre de saké. Elle savait pertinemment que si le ninja copieur n'avait pas été cloué au lit à l'hôpital, il aurait déjà débarqué sans prévenir dans son bureau, furieux. Elle allait avoir du fil à retordre avec Kakashi, c'était certain. Jamais il n'accepterait de laisser son fils entrer si jeune à l'Académie. Elle s'enfonça dans son fauteuil et ferma les yeux, se replongeant dans ses souvenirs.

Elle se rappelait bien du jour où le petit Kakashi Hatake, du haut de ses cinq ans, était arrivé à l'Académie. Elève studieux et discret, il avait été rapidement pris à partie par quelques uns de ses camarades. D'un naturel taciturne, il n'avait tout d'abord pas répondu aux provocations et moqueries, ses résultats brillants suffisant à imposer le respect. Les plaisanteries ne pouvant concerner ses capacités, elles tournaient toujours autour de son âge. Elle se souvenait aussi très bien du jour où Kakashi était arrivé avec un masque sur le visage. Personne n'avait osé lui demander le pourquoi d'un tel accoutrement, ses yeux sombres imposant le silence à quiconque croisa son regard ce jour-là. Elle avait une profonde affection pour le petit garçon, qui lui rappelait son petit frère disparu. Et l'Hokage avait essayé à l'époque d'entrer en communication avec l'enfant solitaire. Elle seule avait compris que le petit Hatake avait voulu masquer sa jeunesse, ses petites joues roses et rebondies, ses adorables fossettes d'enfant. Il avait voulu, par ce masque, montrer qu'il était déjà un petit homme. Son père n'avait pas réagi, à la grande tristesse de Tsunade. Il n'avait pas su lire la détresse de son fils. Malgré tout l'amour qu'il portait à Kakashi, il n'avait jamais su combler le vide de la perte de son épouse. Et le petit avait du apprendre à grandir seul.

Tsunade savait que jamais Kakashi n'accepterait qu'Akito suive ses traces dans la solitude et le rejet. Pourtant la situation était différente. Akito avait un père aimant et concerné. Il avait également tout un entourage bienveillant. tous les ingrédients pour pouvoir grandir sereinement, malgré son statut d'enfant précoce. S'il le fallait, elle bousculerait Kakashi pour qu'il prenne conscience que son fils allait souffrir à force d'être étouffé d'amour et de surprotection. Mais comment reprocher à ce jeune père d'aimer son fils à la folie?

Tsunade secoua la tête pour chasser ses pensées. Elle avait encore un peu de temps pour affûter ses arguments, avant la confrontation avec le meilleur de ses shinobis.

...

Akito, le front plissé par la concentration, n'entendit pas Eiri l'appeler doucement. La jeune femme sourit devant ce tableau touchant. Chokoreito semblait s'ennuyer ferme, aux pieds de son petit maître. Il se mit à bailler, frottant son museau avec sa patte. L'enfant lui gratta la tête distraitement, sans perdre son travail des yeux. Il venait de finir son dernier découpage, et tendit le bras pour observer la silhouette en papier. Satisafait, il se retourna pour appeler Eiri.

«Eiri! J'ai fini! tu peux venir m'aider à faires les plis?»

La tête de la jeune femme, qui était retournée dans la cuisine, laissant le petit bonhomme finir son découpage, apparut dans l'encadrement de la porte de la cuisine.

«Viens goûter Akito, on fera le pliage après d'accord?»

L'enfant se leva et trotta jusqu'à sa nounou. Il s'assit sans un mot à la table et entama la gaufre parsemée de sucre glace qu'Eiri venait de déposer dans son assiette.

Il tourna son visage maculé de sucre vers la jeune femme, et lui dit d'un ton sérieux:

«Il faut absolument qu'on ait fini ce soir, pour le donner à papa.»

La jeune fille lui sourit et posa une main affectueuse sur sa tête, tout en essuyant les coins de sa bouche:

«Ne t'inquiète pas mon chéri. Ton cadeau sera fini ce soir, c'est promis. Je pensais à quelque chose Akito. Si je te donnais une autre idée de cadeau, mais pour Tamaki cette fois? Tu pourrais le faire avec ton papa, quand il sera rentré à la maison!»

Le visage de l'enfant s'illumina.

«Ah oui, c'est une bonne idée ça Eiri! Tamaki sera très content! Et puis j'aimerais bien faire du bricolage avec papa!»

La jeune femme et l'enfant prirent le temps de ranger la table du goûter avant de retourner finir leur petite activité manuelle.

Tamaki arriva deux heures plus tard, alors qu'Akito jouait dans le jardin avec Chokoreito.

Il soupira en voyant la petite table du salon recouverte d'une multitude de crayons, tubes de colle, pinceaux et paillettes. Le sol était lui aussi jonché de papiers, rubans et autres feutres.

Eiri se mit à ricaner avant de lancer:

«Pas de panique, Monsieur le médecin maniaque du rangement, je vais tout remettre en ordre le temps que tu reviennes de l'hôpital avec Akito.»

Tamaki lui tira la langue en riant.

«Mais je n'ai absolument rien dit à propos de l'état désastreux du salon!»

«Tes yeux ont parlé pour toi!» répliqua la jeune femme. «Comment va Kakashi au fait?»

«Beaucoup mieux. Il est bien entouré, très bien entouré même.»

«Serait-ce une pointe de jalousie que je sens percevoir dans ta voix?» répondit Eiri taquine.

Tamaki soupira.

«Avoue quand même que c'est frustrant. Entre les infirmières, les médecins et le rééducateur, c'est à peine si je peux approcher de mon homme! Il y a toujours quelqu'un dans cette satanée chambre. J'ai l'impression que Kakashi aime bien se faire tripoter par tout le personnel de l'hôpital. J'ai vraiment hâte qu'il rentre à la maison.»

«Honnêtement, je pense qu'il préfèrerait largement que ce soit toi qui le tripote, si tu vois ce que je veux dire!» lança Eiri d'un ton innocent, déjà affairée à ranger le tsunami laissé par Akito. Elle reprit aussitôt:

«Allez, sois courageux Tamaki. Et ne prête pas à Kakashi des idées qu'il n'a pas. J'ai rarement vu un couple aussi uni que vous. Prends ton mal en patience, je suis sûr que tu seras largement récompensé de tes efforts quand il sera de retour chez vous.»

Tamaki poussa un soupir, Eiri avait raison, il était injuste avec Kakashi. Il appela Akito et ensemble, ils partirent à l'hôpital.

Akito se rua dans les bras de son père dès qu'il arriva dans la chambre.

«Papa, papa, j'ai un cadeau pour toi!»

«Encore?» répondit Kakashi. «Dis-donc, je suis drôlement gâté moi!»

Akito apportait toutes sortes de petits cadeaux à son papa depuis son hospitalisation. C'était à chaque fois un véritable bonheur pour Kakashi de voir le visage de son fils, à la fois impatient et inquiet de connaître la réaction de son père. Le ninja copieur entreprit de déballer le paquet que lui tendait son petit.

A l'intérieur, un beau cahier à la couverture cartonnée portait un titre qui fit sourire le ninja: «les incroyables aventures de Kakashi Hatake».

«Eiri m'a aidé à écrire» expliqua doucement l'enfant.

Kakashi ouvrit la première page, et vit une figurine se déplier au centre de la double page. Elle semblait représenter le ninja copieur, en uniforme, avec un rouleau dans les mains. Sur la première page avait été dessinée l'Hokage à son bureau. Kakashi reconnut le coup de crayon d'Eiri, Akito s'étant contenté de colorier les images. Le ninja copieur comprit rapidement que la nounou de son fils avait inventé et mis en scène toute une histoire le concernant. Il était question de retrouver un petit chat perdu, Eiri ayant choisi d'éviter soigneusement toute scène de combat ou de violence qui aurait pu raviver des souvenirs douloureux pour l'enfant. Kakashi se prit à rire en voyant la représentation d'Iruka, tentant de faire descendre le fameux petit chat de l'arbre où il était coincé. L'histoire mettait bien sûr Kakashi à l'honneur, le ninja copieur grimpant facilement dans l'arbre à l'aide de son chakra pour délivrer le pauvre animal. Chaque page laissait apparaitre une image en relief, soigneusement découpée et coloriée par Akito. Il semblait particulièrement fier de la dernière figure, représentant Kakashi tendant le petit chat à une fillette qui ressemblait étrangement àYuko.

Alors que le ninja copieur refermait le livre, Akito leva vers son père son fameux regard «tu ne peux rien me refuser».

Kakashi secoua la tête en souriant, sachant très bien ce qu'allait lui demander son fils.

«Non Akito, on ne prendra pas de chat à la maison!» déclara-t-il avant même que l'enfant ait prononcé un mot.

Tamaki se mit à rire alors que le petit garçon se mettait à bouder.

«Mais pourquoi? C'est mignon les chats! Et ça ferait un copain pour Choko quand je ne suis pas là!»

«Argument non recevable, mon bonhomme. Nous n'avons pas assez de place à la maison pour un autre animal.»

Le petit croisa les bras, déçu, lorsque ses yeux tombèrent sur son bulletin scolaire.

«Ah? Tu as reçu mon bulletin? tu as vu, je suis le premier de la classe!» réprit l'enfant les yeux brillants de fierté.

Kakashi posa un regard aimant sur son fils et répondit:

«Oui, je l'ai vu. Je suis très fier de toi, mon petit loup.»

Akito se planta devant son père, au pied du lit.

«Maitresse Shizune a dit que j'étais aussi doué que toi à ton âge. Et que je pourrai bientôt entrer à l'Académie si tu es d'accord.»

Kakashi eut un sursaut de colère, qu'il essaya de masquer, mais fut cependant bien noté par Tamaki. S'ils pensaient pouvoir le manipuler en utilisant Akito, c'était mal le connaitre.

Ne désirant pas entrer en conflit avec son fils, Kakashi choisit de botter en touche.

«Ecoute Akito, on en reparlera plus tard d'accord? Il reste encore du temps avant les grandes vacances, et pour l'instant tu dois te concentrer sur ce que tu apprends dans ta classe.»

Le petit hocha la tête, inconscient de la tempête qui se déchainait dans l'esprit de son père.

Kakashi reprit:

«Moi aussi j'ai un cadeau pour toi, Akito. Pour te féliciter pour tes très bons résultats à l'école.»

Le shinobi se pencha en grimaçant vers la table de nuit et en ouvrit le tiroir. Il saisit un paquet qu'il tendit à son fils. Celui-ci déchiqueta rapidement le papier et découvrit un gros shuriken en chocolat au lait.

«Wahou, il a l'air super bon ce shuriken!» lança Akito en tentant de se débarrasser de l'emballage entourant la friandise.

«Et là, jeune homme, pas question d'entamer ton cadeau avant d'avoir dîné c'est entendu?»

Le petit, un peu déçu, hocha de nouveau la tête. La patience n'était pas l'une des qualités premières de l'enfant, surtout en matière de chocolat. Devant le regard interogateur de Tamaki, Kakashi expliqua qu'il avait demandé à Asuma et Kurenai, venus lui rendre visite, de passer à la pâtisserie du quartier pour rapporter le fameux shuriken en chocolat pour Akito.

Le médecin demanda taquin à Akito s'il aurait droit à un petit morceau. Devant la mine hésitante de lenfant, il se mit à rire. Akito regarda son père, puis Tamaki, et déclara finalement:

«D'accord, je veux bien partager avec toi. Mais c'est bien parce que tu es l'amoureux de papa hein!», ce qui entraîna un nouvel accès d'hilarité dans la pièce.

Kakashi proposa à Akito d'aller attendre Tamaki dans la salle de jeux de pédiatrie, avant de rentrer. Le petit ne se fit pas prier pour aller jouer. Après un instant de réflexion, il confia son shuriken à Tamaki en prenant le soin de lui préciser qu'il n'avait pas le droit de l'entamer sans lui.

dès que l'enfant fut parti, Kakashi fit signe à Tamaki de s'approcher.

«Il paraît que je fais beaucoup de progrès en rééducation» dit-il pour lancer la conversation.

«Ah? ronchonna Tamaki à l'évocation du fameux rééducateur, je suppose que ton toubib est très doué de ses mains alors.»

L'allusion fit rire Kakashi. Il n'avait pas eu à déployer beaucoup de talent pour emmener Tamaki sur le terrains qu'il voulait. Tamaki avait toujours eu ce petit côté innocent que Kakashi adorait, cette candeur et cette honnêteté dont il adorait se jouer.

Le regard brillant de malice, Kakashi reprit nonchalent:

«Oui, il fait des miracles pour me rendre ma mobilité.»

Tamaki se renfrogna encore plus en voyant Kakashi insister. Il tenta de s'écarter du ninja copieur, un peu vexé;

Mais celui-ci resserra son étreinte tout en saisissant le bras de son compagnon.

«Cependant, murmura-t-il d'une voix suave, il y a une zone de mon corps que toi seul es apte à soigner.»

tout en parlant, il dirigea la main de Tamaki vers son entrejambe, entraînant une montée de feu sur les joues du médecin. Celui-ci, loin de se démonter, répliqua:

«Hatake-san, je crois que ceci n'est pas très raisonnable dans votre état. vous êtes encore convalescent et le médecin que je suis ne peut vous encourager à pour...pour...poursuivre.»

Tamaki eut en effeet du mal à finir sa phrase car Kakashi, tout en picorant le cou de son amant, entreprit lui aussi d'aller poser une main aventureuse sur lui.

«Kakashi! murmura Tamaki dans un souffle, arrête, n'importe qui pourrait entrer!»

Mais le jeune médecin semblait perdre tout contrôle tandis que Kakashi accentuait ses caresses.

«J'en ai trop envie, Tama! chouina le ninja copieur. S'il te plait, ça ne durera pas longtemps!»

Tamaki s'écarta du shinobi et répliqua moqueur:

«Tu te rends compte que ce que tu viens de dire n'est pas très vendeur?»

Kakashi plissa les yeux et rétorqua:

«tu as très bien compris ce que je voulais dire. Si tu arrêtes de parler et qu'on s'y met, personne ne nous choppera, petit malin!»

Tamaki se mit à rire et se leva, sous le regard désappointé de son compagnon.

«Tama! Reviens, allez!»

«Tais-toi un peu, idiot! Tu vas rameuter tout le service!» répliqua Tamaki en saisissant une chaise, qu'il plaça contre la porte pour empêcher son ouverture. Les yeux de Kakashi brillaient maintenant d'excitation.

Tamaki prit le temps de pousser le bouton de présence au dessus du lit du shinobi, deux précautions valant mieux qu'une.

Avant de reprendre là où ils en étaient, Tamaki murmura à l'oreille de Kakashi:

«Alors Monsieur le grand blessé, on a besoin de soins particuliers si j'ai bien compris?»

Kakashi pouffa de rire avant de se laisser envahir par une vague de plaisir, provoquée par les mains devenues expertes de Tamaki. Pour sûr il avait hâte de pouvoir quitter l'hôpital et retrouver son quotidien et sa petite famille. Il oublia tout, le temps d'une heure, grâce à son médecin. Et il se jura de mettre les bouchées doubles sur sa récupération dès le lendemain.