Voici enfin le retour d'Akito et de son papa. Je m'excuse pour l'attente, mais j'avais besoin de faire un break (avec mon autre histoire "Broken Hearts", vous l'avez lue? ^^).

Cette histoire retrouve un nouveau souffle: après quelques chapitres centrés sur Kakashi, vous pourrez assister aux progrès d'un petit ninja en herbe prêt à en découdre.

N'hésitez pas à laisser un commentaire, même juste un petit bonjour. Ça fait toujours trèèèès plaisir aux auteurs.

Chapitre 27: Histoires de familles.

Le ninja copieur poussa un soupir de soulagement alors que Tamaki ouvrait la porte de leur appartement. Au delà du fait que la route du retour avait été épuisante pour le convalescent, le shinobi était vraiment soulagé de retrouver son petit chez-lui, ainsi que ses deux hommes.

Il s'installa confortablement sur le canapé et prit le temps d'observer son fils et son compagnon se chamaillant pour savoir qui obtiendrait la place restante sur le canapé.

«Nan Tama! C'est moi qui m'assois à côté de papa!»

«Justement Akito, c'est toujours toi qui l'as cette place! Tu dois apprendre à partager!» répondit le jeune médecin boudeur.

S'il n'avait pas eu cette douleur lancinante au creux des côtes, Kakashi aurait sûrement éclaté de rire. Le médecin et le petit garçon continuaient de se disputer, sans se rendre compte du petit spectacle qu'ils offraient au ninja.

«Mais moi je suis le fils de papa, alors je passe en premier!»

«Et moi je suis son...»

Après avoir jeté un coup d'œil en coin à Kakashi, Tamaki reprit: «moi je suis son amoureux, et je ne vois pas pourquoi je ne passerais pas en premier de temps en temps.»

Le jeune médecin avait hésité à prononcer cette phrase, mais la tension de ces derniers jours, le fait de voir tant de monde graviter autour de son homme, l'avaient rendu un brin possessif.

Kakashi soupira discrètement. La remarque de Tamaki n'était pas anodine, il le savait. Il devrait veiller à lui montrer tout l'amour qu'il portait au médecin.

Tendant les bras vers son fils et son amant, Kakashi lança:

«Allez, allez les enfants, venez donc me faire un câlin. Tous les deux!»

Akito se rua vers son papa, qui l'installa sur ses genoux. Tamaki se colla contre son compagnon et posa sa tête au creux de son cou.

«Voilà, on est bien là tous les trois non?»

Les deux autres hochèrent la tête, la dispute déjà oubliée. Lovés contre le ninja copieur, le jeune homme et l'enfant sentirent deux bras forts les serrer . Deux bras qui semblaient dire: je ne vous lâcherai jamais. Tamaki sentit une larme glisser le long de sa joue. Si Kakashi avait du mourir, il n'aurait jamais réussi à s'en remettre.

Tamaki se releva rapidement afin de cacher son émotion, et partit dans la cuisine.

«Bon, ce sera ramens instantanés ce soir. Je n'ai pas eu le temps de faire les courses.»

«Ça me va!» répondit Kakashi.

«Moi aussi!» hurla Akito enthousiaste.

Après le rapide dîner, Akito fut mis au lit. Tamaki déposa un baiser sur le front du petit garçon et s'éloigna, pour laisser place au traditionnel câlin du soir. Kakashi s'était déjà penché pour serrer son fils dans ses bras quand la petite voix ensommeillée interpella le jeune médecin:

«Tama, tu viens pour le câlin aussi!»

Kakashi posa un regard affectueux sur son fils alors que Tamaki approchait timidement du petit lit. Cela faisait déjà longtemps qu'Akito considérait Tamaki comme un deuxième papa. Et durant l'absence de Kakashi, c'était le médecin qui avait officié pour l'histoire et le câlin du soir. Et quoi qu'en disent les autres, ils formaient tous les trois une très belle petite famille.

Kakashi finit par éteindre la lumière, et les deux hommes quittèrent la chambre à pas de loup. Eux aussi avaient besoin de retrouver un peu d'intimité.

Alors que Kakashi était déjà au lit, le visage à moitié recouvert par le drap, il offrit son fameux regard de chiot craquant à Tamaki.

«Moi aussi je voudrais un câlin!» déclara-t-il en imitant la voix d'Akito.

Tamaki fronça les sourcils pour le principe et répliqua:

«C'est quoi ce petit numéro de charme là, monsieur le shinobi?»

Kakashi accentua sa moue enfantine et Tamaki ne put retenir un rire. Alors qu'il s'installait à côté de son compagnon, il reprit en ouvrant les bras:

«Alala, les Hatake!»

Il laissa le reste de la phrase en suspens et referma ses bras sur le corps fatigué du shinobi, qui ne tarda pas à plonger dans un profond sommeil, bien calé contre le torse du médecin. Tamaki resta plusieurs minutes à écouter la respiration de son homme, en caressant des mèches argentées du bout des doigts. Qu'il était bon de l'avoir de nouveau à la maison!

...

Alors que les premiers rayons du soleil frappaient déjà à la fenêtre de la chambre, Tamaki s'étira comme un chat. La chaleur irradiant du corps endormi à ses côtés était plus qu'attirante. Remettant ses idées de petit déjeuner à plus tard, le jeune médecin se lova contre le dos du shinobi, qui remua légèrement.

«Bonjour mon chéri» murmura le jeune homme à l'oreille du ninja copieur. Un sourire se dessina sur les lèvres fines du shinobi alors que des mains baladeuses s'aventuraient sur son corps endolori. Il frissonna sous la caresse des doigts de son compagnon. Kami-sama que c'était bon d'être là, entouré d'amour et d'affection! Kakashi poussa un soupir de contentement, bientôt remplacé par un petit grognement de désir. Tamaki venait d'atteindre la partie à présent la plus réveillée de son anatomie. Le jeune médecin se mit à glousser, tout en déposant une pluie de baisers humides sur le dos de son homme. Kakashi roula sur le dos et Tamaki se retrouva à califourchon sur lui.

Le ninja copieur se retint de grimacer afin de ne pas inquiéter son compagnon, mais le simple poids de Tamaki sur lui le faisait souffrir. Il n'était raisonnablement pas en état de participer activement à la petite session déjà bien élaborée dans la tête du jeune médecin. Tamaki, percevant une pointe de désappointement fatigué dans les yeux de son amant, lui offrit un sourire affectueux.

«Ne bouge pas, je m'occupe de tout» susurra-t-il en disparaissant sous les draps.

Au premier contact, Kakashi sentit un frisson de plaisir remonter le long de sa colonne vertébrale. Les assauts répétés de Tamaki eurent raison de lui en quelques minutes seulement. Tamaki grogna lorsque Kakashi, sans prévenir, se relâcha d'un seul coup. Le jeune médecin réapparut de dessous les draps avec cette moue boudeuse qui faisait tant craquer le ninja.

«Tu aurais pu prévenir» lança-t-il en essuyant les coins de sa bouche.

Kakashi ne put réprimer un rire.

«Pas eu le temps. Trop doué. Et trop envie.» répliqua le shinobi déjà à moitié reparti dans les bras de Morphée.

Tamaki prit le temps d'admirer son homme. La rougeur des cicatrices récentes tranchait sur sa peau d'albâtre. Kakashi rouvrit un œil et lança un regard interrogateur à son compagnon.

«Tu ne travailles pas aujourd'hui?»

«Non, j'ai pris trois semaines de congés. Tu vas m'avoir sur le dos toute la journée!» répliqua Tamaki en lui tirant la langue. Kakashi laissa échapper un petit rire.

«Je devrais pouvoir survivre» rétorqua-t-il taquin.

Tamaki se redressa brusquement, conscient du regard soutenu de son amant sur sa nudité. Il se leva lascivement, charmeur. Kakashi, ravi du spectacle, n'en perdit pas une miette. Malgré ses protestations cependant, Tamaki décida qu'il était temps de préparer à manger pour sa petite tribu. La voix d'Akito venait d'ailleurs de s'élever dans le salon.

«Choko! lâche la chaussure de papa!»

Les regards des deux adultes se croisèrent, et ils lâchèrent un soupir synchrone.

«Repose-toi encore un peu, je m'occupe d'Akito. Tu veux que je t'apporte ton petit-déj' au lit?»

Le ninja secoua la tête négativement.

«Non, il faut que je me bouge un peu. Je te rejoins dans quelques minutes.»

Tamaki hocha la tête et quitta la chambre, tandis que Kakashi tentait tant bien que mal de s'extirper de la chaleur si accueillante de leur lit.

...

«Dépêche-toi Akito, tu vas finir par être en retard à l'école!» lâcha Tamaki en tendant une deuxième tasse de café à Kakashi. Le petit commença à râler, mais le regard de son père le fit taire instantanément. Le ninja copieur avait bien conscience que son fils avait pris ses aises pendant son absence. Il allait devoir veiller à ce que son petit retrouve vite ses bonnes habitudes d'enfant sage et bien élevé, surtout envers Tamaki.

«Allez Akito, termine ton bol, nous partons dans cinq minutes» lança le ninja copieur en se levant. Tamaki lui jeta un regard réprobateur.

«Kashi, je peux accompagner Akito. tu devrais te rep...»

Le shinobi leva les yeux au ciel avant de répondre.

«Ça va, je ne suis pas en sucre Tama! Et puis marcher me fera du bien.»

Il mit ses sandales, fixa son bandeau frontal sur son oeil gauche mais laissa sa veste de jounin. Il était en convalescence de toute façon. Akito était déjà sur le seuil de la porte, cartable sur les épaules. Kakashi s'approcha de son compagnon et déposa un baiser délicat sur sa joue.

«Je ne serai pas long» murmura-t-il en guise d'excuse. Alors qu'il s'éloignait, Tamaki le retint et l'embrassa à pleine bouche. Il n'ajouta aucun mot, l'empressement et l'avidité de son geste ayant parlé pour lui.

...

Akito avait naturellement saisi la main de son père et marchait fièrement en direction de l'école. Le succès de la mini version de Kakashi semblait s'étendre bien au delà du quartier. Le ninja copieur fut à plusieurs reprises étonné d'entendre des gens qu'il ne connaissait pas saluer son fils. Certains chalands allaient même jusqu'à sortir de leur échoppe pour proposer ici une fraise, là une friandise au petit Hatake. Akito les remerciait avec un sourire charmeur, la marque de fabrique familiale comme aurait dit Tamaki. Kakashi et Akito avaient l'un et l'autre décidé de ne pas aborder le sujet de l'Académie. Akito avait senti que cette décision pesait à son père, sans trop comprendre pourquoi d'ailleurs. Bien que frustré, le petit garçon avait rapidement appris à ne pas contredire son père. Kakashi, quant à lui, était préoccupé par un autre sujet. Et il ne savait pas comment en parler avec Akito. Il se décida enfin alors que l'école d'Akito était déjà en vue.

«Akito, mon chéri, avant que tu n'ailles en classe, j'ai quelque chose de très important à te demander.»

Le ton sérieux de son père interpella l'enfant. Quand il tourna son regard sombre vers le shinobi, celui-ci eut l'impression, l'espace d'un instant, de se revoir dans le miroir du passé. Cet air si adulte et responsable, sur le visage d'un enfant de cinq ans. Une sensation de malaise envahit Kakashi, tandis qu'Akito laissait son regard se perdre dans le vide.

«Tu veux parler du chakra que je t'ai envoyé» répondit l'enfant.

Ce n'était pas une question. La clairvoyance de son fils était presque effrayante parfois. Kakashi hocha la tête, alors qu'ils s'arrêtaient devant le portail de l'école. Le shinobi s'accroupit à hauteur de son fils et lui saisit le menton.

«Akito, ce que tu as fait était très dangereux...»

Le petit tenta de détourner le regard. Mais Kakashi le força à le regarder de nouveau, puis il sourit et reprit:

«Tu m'as sauvé la vie Akito. Tu as été très courageux et très fort.»

Le petit pensa une seconde à tourner ce compliment à son avantage, en demandant de nouveau à pouvoir entrer à l'Académie. Mais il se retint. Ce n'était pas le bon moment.

«J'aimerais savoir comment tu as fait ça Akito. C'est très important, tu comprends?»

L'enfant se plongea dans une intense réflexion avant de répondre.

«Je ne sais pas, papa. C'est venu tout seul! J'ai senti que tu n'allais pas bien, j'ai eu très peur et le chakra est sorti, comme quand j'ai disparu devant le méchant monsieur de l'orphelinat.»

Kakashi poussa un soupir. Il semblait évident qu'Akito ne pouvait pas, avec ses mots d'enfant, expliquer le fonctionnement d'une technique si élaborée. Les technique héréditaires du clan Honji semblaient être un début de réponse. Mais il manquait quelque chose. Quelque chose de fondamental. Akito avait non seulement senti la détresse de son père, mais avait également pu projeter son chakra à des kilomètres de là, avec une maîtrise suffisante pour pouvoir le sauver. La connexion fusionnelle dont tout le monde lui rebattait les oreilles depuis la naissance de son fils avait pris une consistance énergétique, sous la forme d'un lien de chakra. Et Kakashi se devait de comprendre cette capacité unique que son fils avait développée dans un moment de panique. Maîtrisée, cette technique pouvait d'avérer être une avancée majeure, notamment dans le soin des troupes à distance.

Kakashi embrassa son fils avant de le regarder s'éloigner pour rejoindre ses petits camarades. Il répondit au signe de main de Shizune mais ne s'attarda pas plus longtemps que nécessaire devant l'école.

Sur le chemin du retour, le cerveau bouillonnant à élaborer des hypothèses, Kakashi hésita à faire un détour par la maison des grands parents d'Akito. Bien que simples civils, ils appartenaient à une famille de shinobis, et devaient donc connaître les atouts particuliers de leur clan. Mais le ninja copieur se rappela également sa promesse à Tamaki. Il décida finalement de rentrer directement à l'appartement. Il prit cependant le temps de faire un petit crochet par chez le fleuriste.

...

Tout en arrangeant les fleurs dans un vase, Tamaki se mit à chantonner. Il était en vacances, son homme était enfin à la maison, et la petite attention que le shinobi avait eu pour lui embaumait à présent le salon. Que demander de plus? D'autant qu'Akito à l'école, le jeune médecin allait pouvoir profiter de son ninja pendant toute la journée. Et pas question qu'un trouble-fête s'invite! Qui que ce soit, il le ferait dégager à coups de pied s'il le fallait!

Kakashi observait son compagnon, qui semblait d'humeur particulièrement joyeuse.

«Hé Tama, ça te dirait qu'on aille faire un tour dehors cet après-midi?»

Le médecin hocha la tête énergiquement. Il avait envie, à cet instant précis, de hurler au monde entier que Kakashi était à lui, rien qu'à lui. Et se pavaner à son bras dans la rue était un plan qui le ravissait d'avance. Tamaki savait que ce caractère possessif était un peu exagéré, mais il ne pouvait s'en empêcher. Il n'avait pris que très récemment conscience du degré élevé de stress engendré par son amour pour un shinobi, et pas des moindres en plus. Il acceptait sans peine ce désagrément, la contrepartie étant plus que largement à la hauteur du sacrifice. Mais le jeune homme se considérait aussi, à sa manière, comme un shinobi, prêt à tout pour assurer la protection non pas du village, mais de ce qui était le plus cher à ses yeux. L'amour de sa vie. Et leur petit garçon. Sa famille.

Kakashi n'avait pas été tout à fait honnête avec Tamaki. Ils avaient flâné un bon moment dans les rues de Konoha, se hasardant dans des petites ruelles commerçantes, s'attardant devant les étals. Mais Kakashi, sous son air décontracté, savait exactement où il allait. Il eut presque honte lorsque Tamaki lança innocemment:

«Regarde Kashi, on est à deux pas de chez les Honji. Si on passait leur dire bonjour?»

La naïveté de Tamaki était navrante parfois. Mais la soif d'obtenir des réponses était trop vive, et Tamaki n'aurait sûrement pas accepté que le shinobi se lance à corps perdu dans cette enquête alors qu'il était sensé se reposer pour récupérer. Les remords de Kakashi s'envolèrent vite. Dès que les deux hommes eurent pénétré chez les grands parents d'Akito pour être tout à fait honnête.

Sachiko les invita à s'installer dans le salon. Comme à son habitude, Kakashi alla faire une courte prière devant l'autel d'Hana. Tamaki posa un regard triste sur la photo de la jeune femme.

«Elle doit terriblement vous manquer» murmura-t-il, presque pour lui même, alors que Kakashi reprenait place à ses côtés.

«Oui, je pense à elle tous les jours. Mais la vie continue, c'est ainsi. Et je vois vivre Hana à travers Akito. Elle serait très fière de son petit bonhomme. Et ça c'est grâce à vous deux les garçons» répondit Sachiko d'une voix douce.

Tamaki proposa son aide à la vieille femme, et ils disparurent tous les deux dans la cuisine pour préparer les thé.

Kakashi sauta sur l'occasion.

«Ren-san, j'aimerais vous poser une question... Au sujet du clan Honji.»

L'homme jeta un coup d'œil en direction de la cuisine, et répondit:

«Je me doutais bien que tu finirais par aborder le sujet. Viens avec moi dans le jardin, Sachiko n'aime pas trop que l'on évoque le clan.»

Kakashi, soulagé de pouvoir lui aussi s'échapper de la surveillance de Tamaki, emboita le pas du grand-père d'Akito.

Ils allèrent s'asseoir tout au fond du jardin, à l'ombre d'un grand cèdre. Et Ren raconta tout ce qu'il savait à Kakashi, à propos du clan Honji.

...

Le clan Honji était à la base constitué de deux branches distinctes, un peu comme le clan Hyuga. Mais il n'était pas, à l'origine, question d'un branche dominatrice par rapport à l'autre. Chaque branche avait développé, à force de travail, une compétence particulière, en rapport avec la capacité familiale à malaxer le chakra d'une façon très spéciale. La première branche avait abouti à la maîtrise d'une technique très poussée de dissimulation, basée sur la production d'un nuage de chakra entourant le shinobi capable de l'exécuter. La deuxième branche, dont Ren et Hana étaient les descendants, avait développé par le même mécanisme de nuage de chakra une technique de guérison accélérée des tissus endommagés. Cette technique était cependant restée incomplète, ne fonctionnant que sur les membres du clan Honji. Peu à peu, les efforts du clan s'étaient concentrés sur la première technique, plus utile aux combats en ces temps de guerre. La deuxième branche s'était progressivement appauvrie en talents, le ninjutsu médical étant le domaine d'autres clans aux techniques plus abouties. Certains membres avaient persisté dans leurs recherches, persuadés que la technique était perfectible. Celle-ci avait un atout notable: sa rapidité d'action. Mais son point faible était indéniablement la proximité du blessé nécessaire à la réalisation des soins. Si les membres de la deuxième branche avaient réussi à contourner ce problème, leur technique aurait surpassé celles des autres clans, et les Honji seraient passés à la postérité. Au lieu de cela, la motivation quitta peu à peu la branche médicale de la famille, et la technique fut oubliée. Parallèlement, la technique de dissimulation de la première branche prit son essor, et gagna ses lettres de noblesse dans les services de renseignements. Mais la grande guerre shinobi eut raison des derniers utilisateurs de la technique, qui fut perdue.

Ren expliqua à Kakashi qu'il n'avait jamais été lui même capable de produire du chakra, comme son père, et le père de celui-ci avant lui. Sachiko et lui avaient dont été à la fois surpris et bouleversés lorsqu'Hana avait révélé des talents de ninja. A force de travail, la jeune femme avait su faire renaître la technique de dissimulation. Elle avait alors intégré l'Anbu pour mettre cette technique à disposition du village. Sachiko avait eu énormément de mal à accepter l'engagement militaire de sa fille unique. C'était pour la rassurer qu'Hana avait décidé d'accepter cette grossesse. Elle n'envisageait pas une seconde de quitter son travail de kunoichi. Mais cela aurait laissé un peu de temps à sa mère pour s'habituer. Elle savait aussi qu'elle portait la renaissance de son clan dans cet enfant. Ren lui raconta comment elle avait été fière d'apprendre qu'elle avait été choisie pour porter l'enfant de Kakashi. Elle était persuadée que l'association de leurs deux patrimoines génétiques ferait de leur bébé un shinobi extraordinaire. Quand Kakashi fronça les sourcils à l'évocation de la conception forcée d'Akito, Ren ajouta d'une voix douce qu'Hana n'avait accepté qu'après avoir longuement observé le ninja copieur travailler. L'homme se souvenait très bien du jour où sa fille était rentrée après avoir passé la journée à espionner Kakashi en train d'entraîner l'équipe sept, un sourire radieux sur le visage, en chantonnant que le fameux ninja copieur avait une fibre paternelle insoupçonnée. Sachiko était très inquiète pour Hana bien sûr. Mais Kakashi avait alors fait un premier pas vers la mère de son enfant, et dès lors, les choses avaient changé dans les yeux d'Hana. Elle était sereine, persuadée que Kakashi saurait guider Akito pour qu'il redonne vie à la fois au clan Honji et au clan Hatake.

Kakashi avait presque les larmes aux yeux en écoutant Ren. Les souvenirs des quelques mois passés avec Hana resurgirent en masse, au milieu du flot d'informations qu'il était venu chercher. Akito, son fils, n'avait pas hérité d'Hana que son petit nez rond. Il avait aussi hérité de son enthousiasme immodéré, et de ses talents de ninja.

Kakashi comprenait à présent qu'Akito était capable de maîtriser les deux techniques du clan Honji. Il avait depuis longtemps appris la dissimulation, et venait il y a quelques mois, de faire la démonstration sur son père de la technique de soins. Mais le mystère restait cependant entier. En effet, la technique de soins n'était sensée fonctionner qu'entre membres du clan Honji, et sur une courte distance. Comme il le craignait, Kakashi repartait avec autant de questions que de réponses.

Le ninja copieur et le vieil homme décidèrent de rejoindre Tamaki et Sachiko dans le salon. Leur absence n'était pas passée inaperçue, mais aucun des deux ne fit de remarque.

Kakashi et Tamaki finirent par prendre congé après avoir chaleureusement remercié leurs hôtes.

Ils allèrent tous les deux chercher Akito à l'école. Le petit semblait ravi de voir ses deux papas présents pour sa sortie de classe. Shizune amorça un pas vers eux, mais fut happée par un parent, au grand soulagement de Kakashi. Le ninja copieur poussa rapidement sa petite famille et ils arrivèrent vite à l'appartement.

Après un dîner léger clôturé d'une glace au chocolat, Akito partit jouer avec Choko. Kakashi s'allongea sur le canapé et commença à somnoler, enfin c'était ce que pensait Tamaki, qui préféra laisser le junin se reposer.

Mais à l'intérieur, l'esprit de Kakashi assemblait les différentes pièces du puzzle. Il lui manquait encore quelques pièces, mais le dessin commençait à prendre forme. Le ninja copieur ne pouvait s'empêcher de penser que la conception d'Akito, en mêlant Honji et Hatake, ne pouvait être le fruit du hasard. Ceux qui avaient imposé cette «association» avait une idée derrière la tête. Et Kakashi devinait à présent que cette idée était de compléter la technique médicale des Honji, et par la même occasion de faire renaître la technique de dissimulation. Le ninja copieur n'était d'ailleurs pas loin de penser que l'entrée précoce d'Akito à l'Académie aurait également pu être programmée, afin de développer plus rapidement ses capacités. Tsunade et Shizune auraient-elles été capables de le manipuler à ce point? Ou n'étaient-elles, elles aussi, que des pions sur cet échiquier? Kakashi n'oubliait pas que la Racine rôdait toujours autour de son fils.

Akito avait, sans le vouloir, montré à tous ses capacités. Kakashi réfléchit rapidement à toutes les personnes au courant pour la guérison: Iruka, Tori, Tamaki et Eiri. En avaient-il parlé à Tsunade? Probablement. Il fallait qu'il parle à l'Hokage le plus rapidement possible. Il avait assez confiance en Tsunade pour savoir qu'elle se garderait d'avertir qui que ce soit d'autre avant d'en avoir parlé avec lui. Elle était même probablement arrivée aux mêmes conclusions que lui.

Toujours était-il qu'il restait un mystère à élucider. Si les Honji étaient incapables de projeter leur technique de soins au delà d'un périmètre limité, cela ne signifiait qu'une chose. Cela venait du côté Hatake. Et ceux qui avaient imposé la conception d'Akito devaient détenir des informations que le ninja copieur n'avait pas. Kakashi n'avait jamais entendu son père évoquer une telle capacité. Mais il fallait bien avouer que son père ne lui avait jamais beaucoup parlé. La communication était loin d'être une de ses qualités premières. Là aussi, Tsunade serait sûrement d'une grande aide. C'était elle qui avait le plus côtoyé la famille Hatake au temps où Kakashi était à peine plus âgé qu'Akito. Le ninja copieur savait qu'il allait devoir se replonger dans son passé, et son cœur se serra. Il n'avait pas envie de remuer tous ces mauvais souvenirs, mais il n'avait pas le choix. Pour son fils, il aurait accepté la pire des douleurs. Alors fouiller dans le passé des Hatake n'était finalement qu'un mauvais moment à passer.

A bientôt pour la suite. Et n'oubliez pas que les reviews sont très très très appréciées ^^