Je m'excuse d'avoir tant tardé à écrire la suite de cette histoire. Je m'y remets doucement, ce chapitre est donc une réentrée en matière si je peux dire.

Le chapitre prochain sera probablement un peu plus palpitant (mais je dois avouer que mon esprit est branché sur le canal "broken hearts" en ce moment. Dur dur de revenir à notre mignon petit Akito du coup!).

Bonne lecture!

Chapitre 28: hérédité.

«Qu'est ce que tu fabriques Kakashi?» demanda Tamaki en fronçant les sourcils.

Le ninja copieur était assis en tailleur au milieu d'un amoncellement de papiers en tous genres. Quelques boites en carton formaient un cercle autour de lui, au centre du salon.

«Je cherche des réponses» répondit sobrement le shinobi, sans s'arrêter de consulter les documents.

Tamaki s'assit en face de lui et observa l'homme concentré. Kakashi finit par lever des yeux agacés. Cet agacement classique qui prend les gens observés en silence. Mais le regard naïvement inquiet du jeune médecin lui tira un sourire affectueux.

«Je cherche des informations sur le clan Hatake.»

Pas assez clair visiblement. Alors Kakashi poursuivit en poussant un soupir:

«J'essaye de trouver quelque chose, une technique ancienne et oubliée par exemple, qui pourrait expliquer comment Akito a pu projeter son chakra aussi loin pour me venir en aide.»

Kakashi pensait que Tamaki allait se fâcher, lui dire qu'il ferait mieux de se reposer, que cela pouvait attendre. Au contraire, le médecin répondit:

«Je vois. Je peux t'aider?»

Kakashi leva un sourcil, marquant à la fois son étonnement et son interrogation.

«Tu n'est pas fâché?»

«Pourquoi serais-je fâché?» lâcha Tamaki en saisissant la première feuille de la pile en face de lui.

«Je ne sais pas. Je pensais que...»

«Soyons honnêtes, Kakashi. Si je te dis d'aller te reposer, ce que tu devrais faire on est bien d'accord, tu vas me répondre que cela ne peut pas attendre, que c'est pour la sécurité d'Akito. C'est le petit côté obsessionnel des Hatake ça, quand vous avez une idée en tête, ça sert à rien de lutter.»

Kakashi se mit à rire.

«J'ai l'impression que tu es totalement résigné! C'est si dur à vivre que ça?» rajouta le shinobi taquin.

Tamaki croisa les bras et fixa le jounin, avant de répondre laconiquement:

«Ca s'appelle de la diplomatie monsieur le jounin surdoué.»

Cette fois, les deux hommes éclatèrent de rire en même temps. Tamaki aimait tellement le rire de Kakashi. Le ninja récupérait à une vitesse prodigieuse. Même s'il n'était pas question de reprendre les missions avant encore une bonne quinzaine de jours, Kakashi avait déjà retrouvé sa force physique et son énergie.

Au bout d'une demi-heure de recherche, en silence, Tamaki attira l'attention de son homme.

«Kashi, c'est quoi le raiton?»

«Ah, en fait chaque shinobi possède une capacité naturelle à utiliser une certaine forme de chakra. Une sorte d'hérédité. Le clan Hatake maitrise la foudre, le raiton. Le chidori par exemple est une technique raiton. Après on peut apprendre à maitriser d'autres formes de chakra. Je maitrise aussi le suiton et le doton. Par contre je n'ai jamais été trop doué pour le fûton.»

«Ok, je comprends. Donc le clan Hatake, à la base, maitrise le raiton. C'est pour ça qu'Akito nous a fait un chidori à trois ans.»

Kakashi leva les yeux au ciel.

«Oui, je l'avais oublié celui-là! C'est vrai que depuis quelques temps, Akito montre plus des capacités liées au clan Honji, comme la dissimulation. Mais il possède d'indéniables talents liés aux Hatake. Je reste persuadé que la technique qu'il a utilisée sur moi est une association de ses deux patrimoines génétiques.»

«Mais si tu dis que le raiton, c'est la foudre, alors il est tout à fait envisageable qu'il puisse envoyer son chakra très loin.»

Kakashi fronça les sourcils.

«Que veux-tu dire Tama?»

«Et bien le principe de l'électricité, c'est bien de se propager le long d'un conducteur. Ça peut être un câble électrique, un corps vivant, ou de l'eau par exemple.»

«Oui, je vois où tu veux en venir, mais c'est impossible sur une si longue distance. Il y a forcément un moment où le circuit se coupe. Et tu imagines la quantité de chakra qu'il faudrait pour maintenir un tel flux assez longtemps?»

Tamaki se mit à sourire en fixant Kakashi.

«Je crois que si tu veux avancer, il faut que tu te mettes en tête que ton fils a des capacités exceptionnelles Kakashi. Akito est probablement capable de faire des choses que tu es loin d'imaginer. Raisonnons différemment: si toi, tu devais propager ton chakra de foudre sur une longue distance, comment t'y prendrais-tu?»

Kakashi fronça les sourcils de nouveau, comme dans une intense réflexion. Il finit par bondir et se précipiter dehors, tandis que Tamaki restait assis, surpris de la réaction du ninja. Mais le médecin n'eut pas le temps de demander quoi que ce soit, Kakashi s'était déjà retourné pour lancer impatient:

«Ben alors, tu viens?»

Tamaki poussa un soupir, sans chercher à comprendre, et se leva pour suivre Kakashi. Quand les Hatake avaient quelque chose en tête, il était de toute façon impossible de lutter.

Sur le chemin, Kakashi ne prononça pas un seul mot. Il semblait toujours en proie à une intense réflexion. Le ninja et le médecin arrivèrent sur une petite aire d'entraînement, en contrebas du village.

«Je ne suis jamais venu ici» nota le jeune médecin.

«C'est une zone d'entrainement réservée aux ninjas de rang supérieur. La plupart des shinobis ne connaissent pas cet endroit, encore moins les civils.»

Tamaki ne releva pas. Le fait que certaines aussi jolies zones du village soient interdites d'accès et réservées à des fins militaires était un peu frustrant. En effet la petite clairière était jonchée de fleurs roses et jaunes. Tout au fond coulait une petite cascade d'eau claire, qui appelait à la baignade.

D'ailleurs, Tamaki encore dans ses pensées bucoliques ne se rendit compte que Kakashi était dans l'eau que quelques secondes plus tard.

«Mais qu'est ce que tu fabriques? Ça doit être glacial! Tu es encore en conval...»

Kakashi secoua le tête agacé, comme si Tamaki le gênait dans sa concentration. Le médecin se retint de lui balancer que c'était lui qui avait voulu qu'il vienne. Mais Kakashi montrait une telle impatience qu'il tenait probablement une idée.

Quand Tamaki vit le chidori apparaitre dans la main droite de Kakashi, son sang ne fit qu'un tour.

«Kakashi, t'es malade ou quoi? tu vas t'électrocuter toi-même...»

Mais le shinobi ne fit pas attention à la remarque du médecin, et sa main se rapprocha dangereusement de l'eau.

Tamaki se rua vers lui au moment même où le chidori entrait en contact avec la surface bleutée.

En quelques secondes, un flux de chakra remonta à une vitesse fulgurante vers le haut de la cascade.

Kakashi se retourna et vit Tamaki, qui était tombé à la renverse sur l'herbe, devant le souffle provoqué par l'expérience. Les yeux du médecin étaient remplis de terreur. Kakashi fronça les sourcils, avant de lancer à son compagnon:

«Tamaki, tu vas bien?»

Le jeune homme se contenta de hocher la tête, incapable de prononcer le moindre mot. Kakashi se mit à sourire de toutes ses dents, inconscient de la panique qu'il venait de provoquer chez son compagnon.

«Je pense que je tiens quelque chose» marmonna-t-il, avant de réaliser de nouveaux signes avec ses deux mains.

Tamaki n'eut pas le temps de réagir. Kakashi lança un long filet d'eau droit devant lui, comme une corde. Le shinobi essaya de le rendre le plus fin possible, et le cordon d'eau s'étira de plus en plus, jusqu'à atteindre un arbre à une centaine de mètre plus loin. Kakashi lança alors un mini chidori, qui se propagea le long du mince filet d'eau jusqu'à l'arbre, qui explosa sous la force des mille oiseaux.

Kakashi fronça alors les sourcils.

«Bon, je crois que c'est là qu'intervient la technique de soins des Honji. Je pense que c'est comme ça qu'Akito a du procéder. Je ne serais pas étonné que la technique de dissimulation des Honji soit de nature suiton, une sorte de brume de chakra. J'ai connu un ennemi, Zabuza, qui faisait ça.»

Tamaki restait silencieux, abasourdi par ce à quoi il venait d'assister. Kakashi réalisa enfin que le jeune homme était toujours assis dans l'herbe, hébété. Le shinobi s'approcha et posa une main sur l'épaule de son compagnon.

«Tama, ça va?» demanda-t-il doucement.

Le jeune médecin leva un regard hagard vers le shinobi.

«Kakashi, c'est... C'est monstrueux. Je veux dire, cette puissance, c'est...»

Le ninja copieur s'assit dans l'herbe, derrière Tamaki, et l'attira contre lui.

«Tamaki, je suis un shinobi, je fais ce genre de choses tous les jours, tu le sais bien.»

Tamaki ferma les yeux et se laissa aller contre le torse de son amant. Il se contenta de murmurer:

«Je comprends.»

Devant le silence de Kakashi, Tamaki rajouta:

«Je comprends ta réticence à laisser Akito entrer à l'Académie. Savoir qu'il va apprendre à manier ce genre de choses, je crois que je n'en dormirai pas de la nuit.»

Le jeune médecin ne vit pas Kakashi sourire tristement dans son dos. Le ninja copieur savait pertinemment que quoi qu'il arrive, Akito n'échapperait pas à son destin de futur shinobi de Konoha. Bien sûr, l'enfant avait la possibilité de choisir sa vie, s'il refusait de devenir shinobi, Kakashi ne l'obligerait pas. Mais le ninja copieur savait aussi très bien, pour être passé lui même par là, que quand un enfant prenait conscience de cet incroyable potentiel, il était irrémédiablement attiré par la maitrise de celui-ci.

Akito ne dérogeait pas à la règle. Du haut de ses cinq ans, ses aspirations étaient déjà très claires.

«Je pense qu'on devrait rentrer» murmura Kakashi à l'oreille du médecin. «Tu as besoin de te remettre de tes émotions, et Akito ne devrait pas tarder en rentrer de l'école.»

Tamaki hocha la tête et se leva. Il tendit une main à Kakashi pour l'aider à se relever. Le shinobi ne lui laissa pas le temps de faire un pas. Il passa ses bras autour de sa taille et scella ses lèvres sur celles du médecin.

«Je t'aime Tamaki.»

Une simple déclaration, sincère, apaisée. Kakashi semblait avoir perdu la colère et la peur qui le hantaient depuis son réveil. Il semblait avoir l'esprit plus tranquille vis-à-vis d'Akito. Tamaki ne savait pas s'il avait changé d'avis au sujet de l'Académie, mais Kakashi était plus serein.

Le jeune médecin saisit la main de son compagnon et ils rentrèrent tranquillement au village.

Dans les rues de Konoha, ils ne passèrent pas inaperçus. Kakashi avait refusé de lâcher la main de Tamaki, malgré le monde qui déambulait dans les allées commerçantes. Certains passants jetaient sur eux des regards en coin. Mais dès qu'ils reconnaissaient le shinobi, ils détournaient les yeux. Tamaki jubilait intérieurement. Kakashi était respecté dans le village, en tant que shinobi d'élite. Sa réputation était telle que personne n'oserait l'attaquer de front sur sa vie privée. Et il avait visiblement décidé d'en profiter. Le shinobi avait tellement changé depuis quelques temps. Le loup solitaire avait laissé la place au chef de famille respectable et conscient de sa charge.

«Hé Kakashi, Tamaki!»

Les deux hommes se retournèrent et virent Iruka arriver tranquillement.

«Salut Iruka, tu rentres du boulot?»

Le sensei hocha la tête.

«Vous voulez passer à la maison? Tori sera contente de vous voir, et puis tu n'as toujours pas rencontré Shizuka toi!» lança Iruka en pointant un doigt accusateur vers Kakashi.

Celui-ci se mit à sourire.

«C'est vrai, je manque à tous mes devoirs de parrain. Bon, voilà ce que je vous propose: je vais récupérer Akito à l'école et je vous rejoins.»

Tamaki répondit:

«Je vais t'accompagner jusqu'à l'école, ce sera plus simple ...»

Mais le regard franc de Kakashi lui fit comprendre que le shinobi ne désirait pas cela. Tamaki s'apprêtait à demander pourquoi mais Kakashi le prit de cours.

«j'irai plus vite en me téléportant. D'ailleurs vous devriez vous dépêcher, parce que je risque d'arriver avant vous chez Iruka!»

Sur ces dernières paroles, Kakashi disparut dans un nuage de fumée.

«Je déteste quand il fait ça» marmonna Tamaki, sous l'œil amusé d'Iruka.

«Allez viens, et ne commence pas à te faire des idées. Tu sais comment est Kakashi, quand il a une idée en tête...»

«Je sais!» lança Tamaki en poussant un profond soupir d'agacement qui entraina immédiatement un fou rire d'Iruka.

Les deux hommes prirent le chemin du domicile d'Iruka tandis que Kakashi réapparaissait juste devant l'école d'Akito.

Et cette fois-ci, pas question d'éviter Shizune. La jeune femme tenait la main d'Akito dans la cour, bien décidée à attendre le papa du petit garçon.

Kakashi se mit à sourire, et avança d'un pas décidé dans la cour de l'école. Le shinobi et l'institutrice se saluèrent et Shizune envoya Akito jouer un peu plus loin. Une fois l'enfant à bonne distance, elle se retourna vers Kakashi:

«Kakashi, il va falloir que l'on discute de l'avenir d'Akito dans cette classe. J'ai bien compris que tu t'opposais à son entrée à l'Académie l'année prochaine, mais je...»

«Écoute Shizune, je vais t'épargner du temps et de l'énergie. Je n'ai pas l'intention de changer d'avis à propos d'Akito. Il n'a que cinq ans, c'est trop tôt. Je sais qu'il a d'incroyables capacités, mais compte tenu de tout ce qui lui est déjà arrivé, je trouve que lui accorder un peu de temps pour profiter de son enfance n'est pas un luxe superflu.»

«Kakashi, je comprends ta position, mais Akito montre déjà des signes d'impatience. en l'empêchant de progresser, tu vas le frustrer. Et qui sait ce qui peut arriver? Imagine s'il essaye d'apprendre par lui-même? Il pourrait...»

Kakashi leva une main autoritaire pour l'interrompre.

«Shizune, je vais être clair. Il n'est pas question qu'Akito entre à l'Académie l'année prochaine. Un point c'est tout.»

Le shinobi appela alors son fils d'une voix douce et tourna les talons. Shizune regarda le père et le fils s'éloigner en soupirant. Elle savait que Kakashi allait réagir de la sorte. Elle avait prévenu Tsunade. Et elle savait aussi ce qui allait se passer maintenant. La confrontation risquait d'être tendue.

«On va où papa?» demanda l'enfant, en levant un regard curieux vers son père.

«Chez Tori et Iruka. D'ailleurs, il faut qu'on ramène un petit cadeau à Shizuka tu ne crois pas?»

Le petit garçon hocha la tête. Il avait l'air particulièrement pensif. Après quelques minutes de silence, Akito reprit:

«Dis papa, pourquoi est-ce que tu es devenu ninja?»

Kakashi posa un regard interdit sur son fils. Que répondre? Le shinobi lui-même n'était pas sûr de connaître la réponse. Devant le silence de son père, Akito reprit:

«Je veux dire, on n'est pas obligé de devenir ninja, même si son papa ou sa maman sont ninjas, si?»

Kakashi stoppa leur marche et s'accroupit à hauteur de son fils.

«Akito, bien sûr que tu peux refuser d'être ninja. Si tu veux faire autre chose...»

«Non papa, moi je veux être un grand shinobi comme toi. C'est juste que... Je t'ai entendu parler avec maitresse Shizune à l'école...»

Kakashi poussa un soupir, conscient qu'il ne pourrait pas garder longtemps Akito loin de toute cette histoire.

«Continue Akito, je t'écoute» répondit le shinobi sur un ton volontairement encourageant.

Le petit leva alors un regard plein de peine vers son père et lâcha:

«Papa, pourquoi tu veux pas que je sois un ninja?»

La déception qui se lisait à cet instant dans les yeux de son fils entraina un déchirement dans le cœur du shinobi. Après quelques seconds de réflexion, Kakashi prit son fils dans ses bras.

«Akito, mon bonhomme, je ne suis pas contre le fait que tu veuilles devenir ninja. C'est juste que, pour l'instant, tu es trop petit pour commencer ta formation. C'est très dangereux tu sais. Tu pourrais te faire très mal et...»

«J'ai compris papa» l'interrompit l'enfant en se reculant. «Je vais attendre d'être plus grand alors, et je deviendrais aussi fort, nan, plus fort que toi. Comme ça, tu n'auras plus peur pour moi, d'accord?»

Kakashi sourit à son fils et hocha la tête. Il rajouta cependant:

«Tu sais Akito, je suis convaincu que tu deviendras un shinobi bien plus puissant que moi. Mais tu ne pourras jamais m'empêcher de m'inquiéter pour toi. Parce que je suis ton père, et que tu es ce que j'ai de plus cher au monde.»

Cette fois, c'est Akito qui hocha la tête. Les deux Hatake reprirent leur route en silence. Akito ne lâcha pas la main de son père tout au long du trajet.

A peine eurent-il franchi la porte de l'appartement qu'Akito se rua dans les bras de son parrain.

«Hola! Doucement petit diable! Tu vas me faire tomber!»

Tori apparut avec la petite Shizuka endormie dans ses bras. Le bébé d'à présent presque un mois semblait dormir à poings fermés. Kakashi avait rejoint Tamaki dans le salon, tandis qu'Iruka tentait de s'extirper des bras d'Akito qui riait aux éclats.

Tori s'assit dans le confortable fauteuil, en face de son couple d'amis. L'amour éperdu qu'elle portait à sa fille était indiscutable. Peut être un peu trop possessif, elle le savait. Et Iruka lui en avait déjà fait la remarque d'ailleurs. Tori détacha son regard de sa fille pour lever les yeux vers Kakashi. Elle jaugea le shinobi, qui avait commencé à discuter avec Tamaki et Iruka. Il avait l'air d'être en forme, et serein aussi. elle se racla la gorge pour attirer l'attention des garçons, avant de dire sur un ton officiel qui fit sourire Iruka:

«Kakashi Hatake, je te présente ta filleule, Shizuka Umino.»

Elle tendit alors sa fille au ninja copieur, visiblement tout aussi ému que la jeune femme.

lorsqu'elle vit Kakashi caler le bébé contre lui, dans un geste à la fois sûr et affectueux, Tori comprit que Kakashi saurait apporter à Shizuka cette relation particulière qu'Iruka entretenait lui-même avec Akito. Le fait que Shizuka soit une petite fille ne semblait pas perturber Kakashi. Il était à l'aise avec l'enfant, c'était évident.

Shizuka sembla décider que c'était le moment parfait pour ouvrir les yeux. L'homme et l'enfant se regardèrent, pendant de longues secondes. Rien ne semblait pouvoir interrompre ce petit moment de grâce. Iruka posa un regard aimant sur son épouse, qui lui sourit en retour.

Kakashi passa ses deux index dans les paumes de la petite fille qui serra immédiatement ses doigts pour emprisonner ceux de son parrain. Ils continuèrent de s'observer et Shizuka lui offrit alors un magnifique sourire.

Akito s'approcha prudemment et se pencha sur le bras de son père.

«Elle est toute petite dis-donc!»

La remarque fit rire les adultes tandis que Kakashi répliquait déjà:

«En tout cas, elle est drôlement sage. Toi tu étais beaucoup plus bruyant à son âge!»

«Oulala, je ne serais pas si catégorique moi!» lança Iruka en soupirant. «Mademoiselle refuse de faire ses nuits, et quand elle a décidé de pleurer, rien ne l'arrête!»

Tori se mit à rire en se levant.

«D'ailleurs, je pense qu'elle ne va pas tarder à réclamer son biberon.»

Tandis que la jeune femme se dirigeait vers la cuisine, Akito déclara naïvement:

«Moi j'aimerais bien avoir un petit frère. Parce que les filles, c'est bien, mais ça aime pas grimper dans les arbres. Papa, je pourrais avoir un petit frère?»

Kakashi jeta un coup d'œil à Tamaki, dont le visage s'était empourpré. Iruka, lui, était plutôt amusé.

«Et bien ça risque d'être un peu compliqué ça mon chéri. Mais je vais y réfléchir.»

Tamaki lança un regard interrogatif à son compagnon tandis que le petit garçon, la tête déjà ailleurs, s'éloignait pour jouer.

«Comment ça, tu vas y réfléchir?» reprit Tamaki d'un air faussement énervé.

Kakashi se mit à rire.

«Tu connais Akito. Si je lui avais dit que c'était impossible, il n'aurait pas lâché l'affaire jusqu'à ce qu'on lui explique pourquoi! J'ai botté en touche c'est tout.»

Shizuka commença à s'agiter tandis que les adultes discutaient. Elle finit par s'agiter et pleurer dans les bras de Kakashi. Iruka s'apprêtait à tendre les bras pour récupérer sa fille, gêné, mais Kakashi se mit à bercer la petite, tout en lui donnant son auriculaire à téter.

Tamaki se mit à sourire en voyant les yeux d'Iruka s'arrondir.

«Comment as-tu fait ça? D'habitude quand c'est l'heure du biberon, Shizuka passe en mode sirène de pompier. Et rien ne peut la faire taire!»

«Ah la technique du petit doigt, ils ne vous ont pas montré ça à la maternité?» demanda Kakashi tout en continuant de bercer sa filleule.

Iruka se mit à soupirer.

«Si sûrement, mais entre s'occuper de son bébé à l'hôpital, avec tout le personnel disponible, et se retrouver à devoir tout faire tous seuls du jour au lendemain à la maison, c'est super dur quand même.»

Kakashi leva un regard amusé vers son ami.

«Tu te rappelles quand vous vous moquiez de moi avec Genma et Asuma? L'heure de la vengeance a sonné mon cher!»

«De quoi parlez-vous?» lança Tori en revenant dans le salon. «J'ai entendu le mot vengeance!» poursuivit-elle un peu inquiète.

«Pas de panique, Tori! Kakashi se remémorait juste avec joie ses débuts de pouponnage avec Akito!» répondit Tamaki rieur.

«Ah! Et bien ça tombe bien!» répliqua la jeune femme en tendant le biberon à Kakashi. «Montre nous que tu n'as pas perdu la main!»

«J'ai comme la vague impression de me faire exploiter là!» répondit le ninja en levant les yeux au ciel.

Mais sa filleule le rappela immédiatement à l'ordre, réclamant son biberon par des pleurs plus prononcés.

«Allez, allez» murmura doucement Kakashi. «Tiens, régale-toi, princesse!»

Le petit nom donné par Kakashi à la petite fille fit sourire ses trois amis. Tamaki repensa avec émotion à la première fois où il avait vu Kakashi prendre Akito dans ses bras, à la pouponnière de l'hôpital, en pleine nuit. Que de chemin parcouru depuis!

Akito, qui jouait sagement par terre, jeta un coup d'œil aux adultes. Son front se plissa en voyant son père regarder amoureusement Shizuka. Le garçonnet se leva discrètement et trotta jusqu'au canapé, pour grimper sur les genoux de Tamaki.

L'enfant jeta un regard agacé sur son père et le bébé.

«Quand est-ce qu'on rentre à la maison?» demanda Akito en faisant mine de bâiller. Tamaki se mit à sourire tandis que Kakashi chatouillait les pieds de sa filleule.

«Tu es fatigué Akito?»

«Un peu» répondit l'enfant en se frottant les yeux. Tamaki fit un signe de tête discret à Kakashi, qui comprit aussitôt le message.

«Tiens Iruka, je te rends ta fille!» lança le shinobi joyeusement en tendant le bébé à son papa. «Je te souhaite bon courage avec tes petites femmes. Nous, on va se faire une soirée entre mecs, hein les garçons?»

Tamaki et Akito lancèrent un «ouiiii!» joyeux, tandis que Tori répliquait:

«Comment ça bon courage? A t'entendre, on dirait que c'est un calvaire de vivre avec des filles!»

Kakashi lança un regard entendu à Iruka et lui dit:

«Tu vois? je t'ai toujours dit que les filles c'est chiant! tu peux rien dire sans qu'elles l'interprètent... Aïe!»

Tori venait d'asséner un coup de torchon sur la tête du shinobi.

«Ne dis pas de gros mots devant ma fille!»

Tout le monde se mit à rire. Kakashi, Tamaki et Akito quittèrent finalement la petite famille Umino quelques minutes plus tard.

Sur le chemin du retour, Akito réclama d'être porté par son père. Il se pelotonna contre sa poitrine et commença à somnoler sur son épaule. Tamaki en profita pour chuchoter au shinobi:

«Je crois qu'Akito était un peu jaloux de Shizuka.»

«Tu crois? Moi j'ai eu l'impression de revenir cinq ans en arrière. Quand je pense qu'Akito a été aussi petit, ça me fait bizarre.»

«Et oui, tu prends un coup de vieux d'un seul coup hein?» le taquina le médecin.

«Un peu oui» répondit Kakashi sur un ton sérieux qui étonna Tamaki. «Je vois les générations qui passent, et je me dis qu'au final, les choses changent peu.»

«Et pourquoi voudrais-tu que les choses changent?»

«Pour que nos enfants n'aient pas à se battre, pour qu'ils puissent vivre en paix sans avoir à risquer leur vie tous les jours.»

«Je comprends, c'est un grand sacrifice de devenir shinobi au fond.»

Kakashi plongea son regard dans celui de Tamaki.

«Un sacrifice dont on ne peut pas prendre toute la mesure à cinq ans.»

«Kakashi,» demanda Tamaki d'un ton doux, «tu regrettes tant que ça d'être devenu un ninja si tôt?»

Kakashi sembla réfléchir avant de répondre:

«Je ne sais pas.»

Le ton de sa réponse semblait vouloir signifier que la discussion était close. Tamaki préféra donc ne pas insister. La détresse de Kakashi vis-à-vis de ce choix concernant son fils le touchait cependant profondément.

Mais déjà Kakashi semblait être passé à autre chose. La faculté du shinobi à retrouver son apparente insouciance en quelques secondes avait toujours étonné Tamaki.

A peine eurent-ils mis un pied dans l'appartement qu'un oiseau vint tapoter à la fenêtre de la cuisine.

«Ne me dis pas qu'ils t'envoient déjà en mission! Tu es encore en convalescence!»

«Tama, laisse-moi regarder de quoi il s'agit avant de t'énerver» répondit Kakashi en lui tendant Akito, endormi dans ses bras.

L'oiseau tendit sa patte pour que Kakashi puisse saisir le message, et n'attendit pas son reste pour s'envoler dans le soir tombant.

Kakashi fronça les sourcils en lisant le mot de l'Hokage, et alla s'asseoir dans le canapé sans un mot, ce qui eut le don d'agacer Tamaki.

«Alors?» demanda-t-il anxieux.

«Alors,» lâcha Kakashi dans un soupir fatigué, «Tsunade me convoque demain, au sujet d'Akito.»

«Ah» répondit sobrement Tamaki. Pas de mission alors, mais la fameuse discussion tant redoutée sur l'entrée du petit garçon à l'Académie.

«Tu veux que je viennes avec toi?» demanda Tamaki d'une petite voix.

Kakashi posa un regard affectueux sur son homme avant de répondre:

«Écoute Tama, ne le prends pas mal, mais je pense que cela ne te concerne pas. C'est une histoire de shinobi tu comprends?»

Tamaki hocha la tête, mais il ne put s'empêcher de penser qu'un regard extérieur, civil, n'aurait pas été de trop. Il se contenta d'aller coucher Akito en veillant à ne pas le réveiller. Puis il rejoignit Kakashi dans le salon. Ils ne parlèrent plus de cette convocation. Kakashi ne parla plus beaucoup du reste. Ils finirent par aller se coucher, mais Kakashi eut du mal à trouver le sommeil.