Désolé pour l'attente. Pour la peine, un chapitre plus long que d'habitude!
Bonne lecture.
Chapitre 29: décision.
Kakashi choisit de se lever très tôt, et sans bruit. Tamaki se mit à grogner sous les couvertures mais ne se réveilla pas lorsque le shinobi s'extirpa précautionneusement du lit.
Kakashi posa un regard aimant sur son compagnon, et laissa ses doigts courir sur son front, en une caresse affectueuse. Puis il s'habilla rapidement et partit en direction de la chambre d'Akito.
Le petit avait rejeté la couverture et dormait, les bras écartés, une de ses mains pendant en dehors du lit. Son doudou gisait au sol.
Son fils grandissait tellement vite. Kakashi soupira. Akito ne restait qu'un enfant de cinq ans. L'âge auquel lui-même avait obtenu son bandeau de genin. Le shinobi n'avait que de très vagues souvenirs de cette période. Tout juste se rappelait-t-il de l'examen final après sa première et unique année à l'Académie. Les professeurs avaient longuement hésité à lui remettre son bandeau, mais devant sa brillante prestation à l'examen final, rien n'aurait pu justifier qu'il soit recalé.
Les souvenirs concernant ses premières missions, avec Minato, Obito et Rin, étaient un peu plus nets. Il se rappelait par exemple très clairement les premières épreuves de l'examen chunin. Obito avait failli tout faire foirer, comme d'habitude. Kakashi se mit à sourire tristement en se remémorant ces vieux souvenirs.
Finalement, son équipe avait atteint les épreuves finales. Obito et Rin s'étaient bien battus mais n'avaient pas réussi à obtenir le rang de chunin cette année-là. Lui par contre avait ébloui tout le monde. C'était ce jour-là que les gens avaient commencé à l'appeler «le génie de Konoha».
Chunin à six ans. Et une enfance irrémédiablement avortée. Les combats, le sang, les morts.
Kakashi ne souriait pas. Kakashi ne s'amusait pas. Kakashi combattait. Pour Konoha, et aussi pour survivre dans ce monde d'adultes.
Et il n'avait pas envie de cela pour Akito. Il voulait continuer de le voir rire aux éclats, courir de manière insouciante dans le jardin avec Chokoreito, poser des questions d'enfant, réclamer des câlins après s'être écorché les genoux.
Tout ce que lui n'avait pas eu, il ne supporterait pas que son fils en soit privé.
Kakashi passa sa veste et quitta l'appartement sans un bruit. Sa petite famille était en sécurité. L'air frais du matin le fit frissonner. Le soleil était à peine levé, et on pouvait encore voir le givre sur la végétation.
Un matin d'automne frileux. L'aube d'un nouveau combat à mener. Sans armes tranchantes, sans déploiement de chakra. Mais ce combat restait sans doute l'un des plus durs qu'il aurait à mener, un combat qu'il n'était pas question de perdre.
Kakashi arriva devant le bureau de l'Hokage cinq minutes en avance. Les gardes masqués ne purent cacher leur étonnement, ce qui fit sourire Kakashi. Sa détermination était palpable.
Tsunade ne le fit pas attendre très longtemps.
Lorsque le shinobi entra dans le bureau de l'Hokage, il ne fut pas surpris de voir deux membres du conseil des sages, ni Shizune. Mais il fut en revanche étonné de voir Iruka. Son ami avait l'air un peu gêné, et évitait soigneusement son regard.
A l'invitation de Tsunade, Kakashi s'assit en face des cinq membres de ce petit comité improvisé. Tsunade prit quelques secondes pour observer son meilleur shinobi, et le jauger. Elle sut immédiatement que Kakashi n'était pas prêt à céder. Ceci fut confirmé à leur premier échange verbal.
«Bonjour Kakashi. Je pensais qu'Akito serait avec toi ce matin. Nous aurions été contents de le voir!»
Tsunade ne se rendit compte que trop tard que sa phrase, qui se voulait amicale, était particulièrement maladroite. Et la réaction du shinobi ne se fit pas attendre.
«Il m'a semblé que cette réunion était un peu trop matinale pour un enfant de cinq ans. Akito dormait encore quand je suis parti.»
Tsunade se raidit, tandis que les deux sages levaient les yeux au ciel. Kakashi savait doser à merveille l'impertinence. Iruka ne put s'empêcher de sourire. Mais l'Hokage reprenait déjà:
«Bon, on ne va pas tourner autour du pot. Tu sais très bien pourquoi tu es là Kakashi. Je sais que tu t'opposes à l'entrée d'Akito à l'Académie, malgré les recommandations de Shizune. J'aimerais entendre tes arguments.»
Kakashi prit le temps de poser son regard sombre sur chacun des participants à la réunion, avant de répondre d'une voix calme.
«Akito est trop jeune pour devenir shinobi. C'est mon seul argument.»
Tsunade leva les yeux au ciel.
«Kakashi, je comprends tes inquiétudes. Mais nous considérons qu'Akito a des compétences exceptionnelles. Ne crois-tu pas qu'il est important de lui apprendre à les maîtriser?»
«C'était l'intérêt de la classe spéciale ça non? Akito a déjà appris à maitriser son chakra, et c'est largement suffisant à son âge. Je refuse qu'il apprenne des techniques plus avancées pour le moment.»
Après une petite pause, Kakashi reprit d'une voix ferme:
«Un enfant de cet âge ne devrait pas apprendre des techniques meurtrières.»
«Kakashi, il ne s'agit pas de faire d'Akito un tueur, mais de lui apprendre les bases» reprit doucement Iruka d'un air contrit.
«Sans vouloir t'offenser, Iruka» répondit Kakashi en fixant son ami, «apprendre à des enfants le maniement des armes de jet est à mon sens déjà dangereux en soi. Pour des gamins de douze ans, passe encore, mais Akito n'a que cinq ans. Il n'est pas assez mature pour cela.»
«Si je peux me permettre, Kakashi-san, vous êtes vous-même devenu genin à cinq ans il me semble...»
«Exactement, je suis donc bien placé pour savoir que c'est une erreur.»
«Je suppose que cela a dû être particulièrement éprouvant pour toi, mais regarde, aujourd'hui, tu es un shinobi brillant... Et épanoui» ajouta Tsunade.
A cet instant, l'Hokage comprit que Kakashi venait de franchir un point de non retour. Le visage du shinobi venait de se fermer, signe que la communication était rompue. Les autres personnes présentes ne semblaient pas avoir perçu le changement d'attitude du ninja copieur. Même Iruka, pourtant très proche de Kakashi, ne sut pas lire le message d'avertissement que les yeux noirs du ninja étaient en train de lancer.
Les sages, les deux enseignants et Tsunade s'étaient réunis un peu avant l'arrivée du ninja copieur pour discuter ensemble de la stratégie à adopter pour convaincre Kakashi. Ils avaient décidé de prendre la parole chacun à tour de rôle pour apporter leurs points de vue personnels sur l'intérêt de faire entrer Akito à l'Académie. Ainsi, sans avoir conscience de la tempête intérieure qui commençait à faire rage en Kakashi, c'est Shizune qui prit la parole en premier.
«Kakashi, j'ai vu Akito progresser tout au long de l'année. Il présente des qualités indéniables, et il commence déjà à s'ennuyer en classe. Il finit les exercices proposés bien en avance sur les autres, et je ne parle pas uniquement des exercices de ninjutsu. Akito est un petit garçon plus que brillant. Je comprends tes réticences, tes inquiétudes. Mais ton petit bonhomme a la chance de pouvoir être encadré. Je t'assure que l'Académie saura s'adapter à son jeune âge.»
Kakashi ne répondit pas. Il laissa son regard errer sur les nuages gris qui s'amoncelaient dans le ciel, à travers la grande baie vitrée du bureau. L'un des sages prit le relai.
«Kakashi-san, Akito est destiné à être un ninja exceptionnel, comme son père. Vous avez vous-même eu un parcours brillant et vous faites à présent partie de l'élite de Konoha. Pourquoi refuser le même avenir glorieux à votre fils? Akito a déjà exprimé son désir d'être shinobi. En refusant son entrée à l'Académie, vous ne faites que retarder l'échéance. Mais il arrivera un jour où vous devrez laisser votre fils partir au combat, mettre sa vie en danger, comme vous avez choisi de le faire vous-même, pour la sécurité de ce village et de tous ses habitants.»
Le deuxième sage, une femme, interrompit son collègue pour prendre à son tour la parole. Elle avait vu le visage de Kakashi se crisper, et avait compris qu'aborder l'idée qu'Akito puisse devoir se battre n'était vraiment pas la meilleure des idées. Elle commença alors d'une voix douce:
«Les enfants n'ont pas tous les mêmes capacités à la naissance. C'est l'injustice de la vie. Le travail arrive à gommer un peu cette injustice, mais un génie reste un génie. Et Akito en est un, tout comme son papa. Kakashi-san, vous avez suivi un dur chemin, et nous comprenons que vous ne vouliez pas faire vivre la même chose à Akito. Mais la situation est totalement différente pour votre fils. Il a une famille aimante qui l'entoure, un parrain qui pourra veiller sur lui à l'Académie. Il ne sera jamais seul. Et en premier lieu vous, Kakashi-san, vous êtes là pour veiller sur lui. Akito doit apprendre à développer ses capacités héréditaires, pour sa sécurité et pour celle de tous. Son potentiel a déjà été source de conflits et a demandé un déploiement de force important. Il est indispensable qu'il apprenne à maitriser ses talents rapidement.»
Kakashi posa un regard noir sur la femme. Etait-t-elle sérieuse? osait-elle dire à nouveau qu'Akito était une menace pour le village. Kakashi avait compris qu'il n'échapperait pas un petit laïus des deux autres. Tsunade et Iruka. Il avait presque de la peine pour eux, parce qu'il savait que sa contre-attaque allait être violente. Mais il s'agissait d'Akito. Et pour son fils, Kakashi était prêt à tout. Ce fut alors au tour d'Iruka. Kakashi pensait que le sensei allait jouer la carte de l'amitié, et il ne se trompa pas.
«Kakashi, je suis ton ami, et le parrain d'Akito. J'aime ton fils comme s'il était le mien. Mais je pense que tu fais une erreur en lui interdisant d'entrer à l'Académie. Akito n'est pas toi, Kakashi. Je sais que tu as souffert, que tu as dû faire tes preuves chaque jour, parce que tu étais plus petit que les autres. Mais Akito n'est pas toi Kakashi! Il est différent, son environnement est différent! Et je serai là pour le soutenir, pour garder un oeil sur lui. Et puis Akito en a envie, c'est son rêve de devenir shinobi. Tout simplement parce qu'il a une admiration sans borne pour toi. Tu es plus que son père, Kakashi. Tu es son idole. Et Akito a sans conteste hérité de ton génie. Crois-moi, ton petit garçon a des ressources que toi-même ne soupçonnes pas. Je suis convaincu qu'il saura se faire sa place à l'Académie.»
Kakashi secoua la tête agacé, mais ne répondit rien. Il affûtait ses arguments en attendant qu'on lui donne la parole. Tsunade fit court:
«Kakashi, tu savais dès le départ qu'Akito suivrait tes traces. Rappelle-toi le chidori qu'il a produit quand il avait trois ans! Akito est fait pour être shinobi. Et tu le sais. Je comprends que tu aies peur, je comprends que tu veuilles le préserver. Mais ce n'est pas en l'empêchant d'apprendre à se défendre que tu l'aideras. Il est temps qu'Akito entre à l'Académie, et tu le sais. S'il-te-plait, Kakashi, pense au bien d'Akito. Etre parent, c'est aussi savoir laisser son enfant s'éloigner pour vivre sa vie.»
Kakashi baissa les yeux, comme s'il mûrissait les arguments que le petit comité spécial venait de lui avancer. Tsunade crut un instant que le shinobi allait céder, mais quand Kakashi releva la tête, elle sut que c'était peine perdue.
Kakashi balaya chaque personne présente dans la pièce du regard, et s'arrêta sur Shizune. Le temps du combat était arrivé, et il savait qu'il n'aurait aucune pitié.
«Shizune, crois-tu réellement que l'Académie puisse s'adapter à un enfant de cinq ou six ans? Akito a beau avoir des... qualités exceptionnelles, il n'en reste pas moins un enfant. Il suce encore son pouce, et dort avec son doudou. Il lui arrive encore de faire pipi au lit. Et tu voudrais qu'il se retrouve en classe avec des pré-ado? Je vais te dire ce qu'il va se passer, Shizune: Akito va se battre pour ne pas être considéré comme un bébé, il sera pris comme tête de turc parce qu'il est plus petit, et parce qu'il est plus talentueux que les autres. Alors il se renfermera, il deviendra froid et calculateur, il restera en permanence sur la défensive. Non, Akito n'est pas moi» reprit Kakashi en se tournant vers Iruka, «mais on réagit tous de la même façon face à l'intolérance. Les enfants sont cruels entre eux. Regarde Iruka, comment ils ont traité Naruto! Tu veux la même chose pour Akito? C'est ça que tu veux? Qu'il soit tout seul sur sa balançoire au fond de la cour? Parce que c'est ce qui va se passer, Iruka. Ton filleul ne va apprendre que deux choses à l'Académie: la solitude et la cruauté. Et vous,» poursuivit Kakashi en se tournant vers les deux sages, «avez-vous conscience de ce que vous dites? Assumez-vous réellement de faire d'enfants si jeunes des soldats de la nation? Avez-vous seulement conscience de ce qui peut se passer dans la tête d'un enfant lorsqu'il assassine son premier ennemi? J'avais sept ans lorsque j'ai ôté la vie pour la première fois. Sept ans! Et je revois encore le visage de cet homme dans mes cauchemars. Vous voulez voler l'enfance d'Akito, comme vous avez volé la mienne. Akito a des qualités héréditaires, me dites-vous. Mais c'est ce que vous cherchiez depuis le début! Vous avez «créé» Akito! Et depuis le début vous en parlez comme s'il vous appartenait, comme s'il appartenait à Konoha! Akito est un enfant, mon enfant! Vous m'avez forcé à le concevoir, et puis vous m'avez forcé à m'en occuper. Et quand les choses ont commencé à vous échapper, vous avez tenté de me l'enlever. Qui êtes-vous pour me dire comment je dois élever mon fils? Qui êtes-vous pour savoir ce qui est bon pour lui? Vous voulez me forcer à le mettre sciemment en danger! Finalement, vous n'êtes pas si éloignés d'Orochimaru! Vous êtes pires que la Racine! Vous ne pensez pas à Akito, vous ne pensez qu'à ses capacités, qu'à ce pour quoi vous l'avez fait naître. Vous vouliez faire renaitre les techniques du clan Honji, c'est la seule et unique raison pour laquelle Akito est de ce monde aujourd'hui! Mais vous n'avez probablement pas choisi le bon père, parce qu'il est hors de question que mon fils soit réduit à l'état de petit soldat. Akito a déjà vécu des choses horribles, qu'aucun enfant de son âge ne devrait subir. Et finalement, la seule différence entre la Racine et vous, c'est que vous avez les autorisations officielles pour exploiter mon enfant, contrairement à elle. Akito est votre création, votre petit joujou. Et son entrée à l'Académie n'a d'intérêt que pour vous! Je ne vous laisserai pas en faire une arme de guerre!»
Kakashi accompagna sa dernière phrase d'un violent coup de poing sur le bureau qui lui faisait face. Ses interlocuteurs semblaient pétrifiés. Les mots durs du shinobi avaient particulièrement affecté Iruka, qui sentait ses mains trembler. Il ne savait pas que Kakashi était en proie à une si grande détresse vis-à-vis d'Akito. Le sensei n'avait pas pris conscience de l'incommensurable inquiétude qui assaillait Kakashi. Mais il pouvait le comprendre aussi. A présent qu'il était père lui aussi, il comprenait. Il pensa à Shizuka, si petite, si fragile. Iruka sut à cet instant que rien ne ferait changer Kakashi d'avis. Il jeta un coup d'oeil à Tsunade. L'Hokage elle aussi avait compris. Elle posa un regard attristé sur Kakashi. Pas tant pour sa décision concernant Akito, mais pour lui. Elle savait que le shinobi avait souffert, elle avait été l'une des rares à remarquer la détresse de cet enfant si jeune à l'Académie, puis sur les champs de bataille. Mais elle pensait qu'il avait à présent tourné la page. Il semblait heureux avec sa petite famille, il avait trouvé un compagnon adorable, il avait des amis. Pourtant les blessures de son enfance semblaient ne jamais vouloir cicatriser. Et imaginer un seul instant qu'Akito, son fils, puisse subir la même chose, était tout simplement insupportable.
L'Hokage poussa un soupir las et prit quelques minutes avant de répondre. Les dernières paroles de Kakashi résonnaient en elle, comme une accusation. Justifiée. Depuis toujours, des shinobis étaient formés pour aller combattre. Des enfants étaient éduqués dans l'unique but de risquer leurs vies sur les champs de bataille. Le système shinobi était particulièrement cruel. Et au fond, Kakashi avait raison. Tsunade se rappela sa dernière discussion avec le comité spécial, en charge des techniques héréditaires.
Fidèle à sa réputation de génie, Kakashi avait bien sûr tout compris. La conception d'Akito avait été dictée par l'espoir de voir les techniques héréditaires du clan Honji renaître. Le choix de Kakashi en tant que père n'avait pas été le fruit du hasard. Et le ninja copieur avait raison: Akito avait été «créé» pour servir Konoha. C'était contre cela que Kakashi se rebellait, lui qui avait porté les mêmes aspirations du village. L'unique porteur du sharingan, après le massacre du clan Uchiwa. Le génie capable de copier n'importe quelle technique. Le parfait petit soldat.
Kakashi refusait que l'on se serve de son fils. Il refusait d'en faire une arme. Qui pouvait reprocher à un père de vouloir protéger son enfant?
L'Hokage posa un regard à la fois triste et affectueux sur le ninja copieur, son shinobi préféré, celui pour lequel elle avait le plus d'affection.
«Kakashi» déclara-t-elle d'une voix douce, «nous n'irons pas contre ta volonté.»
Les deux sages montrèrent des signes de protestation, mais Tsunade leva une main autoritaire pour réclamer le silence, avant de poursuivre:
«Nous allons te laisser un peu de temps, mais la question reviendra fatalement. J'espère que tu en as conscience.»
Kakashi hocha la tête. Il était en train de gagner, et avait du mal à contenir la jubilation qui montait en lui.
«J'ai peut être une solution qui pourra satisfaire tout le monde» déclara Iruka, à la surprise de tous.
L'audace du sensei, à interrompre l'Hokage dans ce grand moment de tension, fit sourire Kakashi.
«Akito pourrait avoir des sortes de... cours particuliers, pour apprendre les bases sans toutefois être en contact avec les élèves plus âgés de l'Académie.»
Tsunade fronça les sourcils et l'encouragea à poursuivre. Kakashi manifestait lui aussi un grand intérêt à la proposition de son ami.
«Nous pourrions envisager de laisser Akito sous la charge de Shizune, tout en aménageant ses horaires afin que, plusieurs fois par semaine, il puisse bénéficier de cours plus poussés.»
«Et qui donnerait ces cours Iruka sensei?» demanda l'un des sages.
«Moi. Je pourrai adapter mon programme de première année à Akito. Il pourrait ainsi assimiler le programme de première année d'Académie sur une ou deux années. Une sorte de programme allégé, adapté à son âge.»
Kakashi semblait intéressé par l'idée. Le fait de confier Akito à Iruka était déjà en soi rassurant. Et cela permettrait de retarder de plusieurs années ses débuts en tant que shinobi.
Tsunade semblait elle aussi emballée par l'idée.
«Je suppose qu'il faudra que l'on allège aussi ta charge au bureau des assignations, Iruka. Mais je pense que c'est en effet la meilleure des solutions. Kakashi?»
Le shinobi leva un visage détendu vers l'Hokage et hocha la tête.
«Je suis d'accord pour cette option. Mais j'exige un droit de regard sur tout ce qu'apprendra Akito.»
Tsunade poussa un soupir et rétorqua:
«Tu verras ça avec Iruka. Mais en acceptant cette proposition, je veux que tu t'engages à respecter les choix du professeur particulier de ton fils. Pas question que tu viennes mettre ton petit grain de sel à longueur de temps, c'est compris? Et si Iruka est obligé de venir se plaindre auprès de moi, je te garantis que tu passeras un sale quart d'heure!»
Kakashi se fendit d'un sourire narquois en acquiesçant, tandis qu'Iruka rétorquait déjà:
«Ne vous inquiétez pas, Hokage-sama. J'ai l'habitude des Hatake. Ni le père ni le fils n'auront raison de moi!»
Après quelques secondes d'hésitation, Tsunade, Shizune et Kakashi éclatèrent de rire, mettant fin à la tension qui régnait depuis le début de l'entretien.
«Bon, je crois que tout est clair à présent. Iruka, tu vas préparer un programme personnalisé pour Akito. Il commencera dès le début de la semaine prochaine. Kakashi, j'aimerais passer chez toi ce soir, je voudrais parler un peu avec Akito, et avec toi aussi.»
Kakashi sembla étonné de cette initiative, mais il n'était pas en mesure de refuser. Il hocha la tête avant de se lever et de prendre congé.
Tsunade se tourna alors vers Iruka.
«Je crois que tu n'as pas conscience de ce dans quoi tu t'es engagé, Iruka!»
«Oh que si, Hokage-sama!» répondit Iruka en levant les yeux au ciel, «croyez-moi, je m'attends déjà au pire avec ces deux-là!»
Tsunade posa un regard fier sur son sensei. Lui aussi aimait profondément le petit. Les Hatake semblaient immanquablement attirer l'affection.
Kakashi prit le temps de passer par la pâtisserie avant de rentrer chez lui. Il fut accueilli par un Akito particulièrement joyeux.
«Regarde papa! Je t'ai fait un dessin!»
Kakashi souleva son fils d'un bras pour le mettre à sa hauteur et posa les yeux sur le dessin.
«Akito, pourquoi as-tu colorié les joues de Tamaki en rouge comme ça? On a l'impression qu'il est en feu!»
«Ah! C'est parce que tu viens de lui faire un bisou! Regarde, toi tu souris! Tu souris toujours quand tu fais un bisou à Tamaki. Et Tama, lui, il devient tout rouge.»
Kakashi se mit à rire, et Tamaki se racla la gorge, en faisant mine de n'avoir rien entendu.
«Viens, on va mettre ton dessin sur le frigo. Et j'ai ramené le dessert pour ce midi!» chantonna Kakashi en se dirigeant vers la cuisine. Le shinobi lança un regard complice à son fils et s'approcha discrètement de Tamaki. Il déposa alors un bruyant baiser au creux du cou du médecin, qui sursauta et faillit se couper. Tamaki se retourna prudemment et vit Akito l'observer avec intensité.
«Ca marche pas» murmura l'enfant déçu. Kakashi, un sourire malicieux sur les lèvres, ne laissa aucune chance à Tamaki. Il fondit sur lui et emprisonna sa bouche dans un baiser fougueux. Aussitôt les joues de sa pauvre victime s'empourprèrent sous les rires d'Akito.
Kakashi se détacha de Tamaki, qui tenta de prendre une attitude contrariée sans pour autant être crédible, et se tourna vers son fils en levant le pouce en l'air:
«Tu vois bien que ça marche!»
Akito se mit à battre des mains en riant. Kakashi posa un regard aimant sur sa famille. Son enfant était heureux, plein de vie, en bonne santé. Et le ninja copieur ferait tout pour préserver cela le plus longtemps possible.
«Au fait,» lança Kakashi à la fin du repas, tandis qu'Akito engouffrait son gâteau fourré à la mousse au chocolat, «Tsunade-sama vient dîner à la maison ce soir.»
«Quoi?» répondit Tamaki, pas très sûr d'avoir bien compris. «Que... Qu'est-ce... Mais pourquoi?»
«Elle veut parler à Akito. Et à moi aussi.»
«Mais elle t'a vu ce matin!»
«Elle a sûrement des choses plus personnelles à me dire.»
Le ton nonchalant de Kakashi commençait un peu à énerver Tamaki.
«Kashi, l'Hokage vient à la maison ce soir, et c'est tout l'effet que ça te fait?»
«Ben quoi, tu veux que je sorte les trompettes et les tambours?»
Tamaki haussa les épaules et jeta un coup d'oeil circulaire au salon.
«Sans aller jusque là, je pense que la moindre des choses serait de lui faire bonne impression. Et vu l'état déplorable de l'appart, je pense qu'on va avoir une bonne séance de ménage à faire cet après-midi.»
Kakashi fronça les sourcils avant de tenter sa maintenant traditionnelle bouille de chien battu.
«Mais je suis encore en convalescence Docteur.»
Tamaki posa un regard ferme sur son compagnon.
«Même pas en rêve. Ca ne marchera pas cette fois. Ton Hokage, notre maison, notre ménage. Compris ?»
Kakashi poussa un soupir avant de hocher la tête. Ses plans de sieste crapuleuse dans les bras de son amant venant de tomber irrémédiablement à l'eau, le shinobi décida de s'y mettre au plus vite.
Eiri avait proposé aux deux hommes d'emmener Akito au parc, et elle ne tarda pas à venir chercher le petit garçon, ravi d'échapper à la corvée de ménage. Quand il lança un «bon courage» très empathique à son père, Tamaki ne put réprimer un rire.
«Ton fils compatit à ta douleur, Kashi!»
Le shinobi tira une langue mutine à son compagnon avant de s'attaquer à la poussière.
Au bout de quelques heures d'effort, Kakashi décida qu'il était temps de passer à autre chose. Malgré les protestations de Tamaki, le shinobi refusa tout net de s'attaquer aux carreaux.
«Franchement, ça m'étonnerait que Tsunade aille reluquer les fenêtres» marmonna le junin tandis que le médecin s'attaquait, éponge en main, à faire reluire le moindre centimètre carré de la petite cuisine.
«Tu ne veux pas faire une petite pause?» demanda Kakashi, visiblement désireux de s'octroyer un petit moment de détente dans les bras de son compagnon.
Il n'obtint pour toute réponse qu'un grognement agacé de Tamaki. Le junin décida alors qu'il était vital de mettre un terme à la folie maniaque qui s'était emparée de son amant. Il s'approcha sournoisement du jeune médecin et enserra son torse, l'empêchant de poursuivre son petit ménage.
«Kakashi» marmonna Tamaki, «ce n'est pas le moment!»
«Mmhh» murmura sensuellement le shinobi contre le cou du jeune homme.
Tamaki leva les yeux au ciel. Impossible de lutter quand le junin avait décidé quelque chose de toute façon. Et surtout ça! Le jeune médecin se retourna tant bien que mal dans les bras de son homme, alors que Kakashi ne semblait pas décidé à lâcher sa prise.
Face à face, ils s'observèrent en silence. Comme mûs par un instinct irrépressible, ils se rapprochèrent et s'embrassèrent tendrement. Le baiser devint rapidement fougueux, et Kakashi utilisa sa force physique pour faire pivoter Tamaki et l'allonger sur la table de la cuisine.
«Mais qu'est-ce que tu fais...»
Tamaki n'eut pas le temps de finir sa phrase que le ninja copieur s'attaquait déjà à ses vêtements.
«Kakashi!»
Le ninja leva la tête, et il sourit de toutes ses dents avant de lancer:
«On n'a jamais fait ça sur la table de la cuisine, si?»
Tamaki tenta maladroitement de gigoter, mais sans grande conviction. Les mains expertes de son amant eurent rapidement raison de ses bonnes résolutions.
Alors que les deux hommes se rhabillaient, Kakashi lança d'une voix taquine:
«C'est marrant d'imaginer qu'on va manger avec l'Hokage sur cette table ce soir non?»
Tamaki tourna un visage horrifié vers le ninja, qui ne put s'empêcher d'éclater de rire.
«Mais... Mais c'est horrible! Je vais pas arrêter d'y penser pendant tout le repas maintenant!»
Kakashi se remit à rire avant d'enlacer son compagnon.
«Rooo, mais c'est qu'il est prude le petit docteur!»
«Pff, et toi tu es un pervers» lâcha Tamaki en prenant une mine vexée. Il réussit à s'extirper des bras de son amant avant de repartir pour mettre un peu d'ordre dans le salon.
«Tu sais, je pense qu'elle est au courant qu'on couche ensemble hein!»
«Oui» répondit Tamaki, «mais pas sur la table de la cuisine!»
«Avoue que tu as aimé.»
«Je n'ai jamais dit le contraire» marmonna le médecin en rangeant les jouets qu'Akito avait laissé trainer.
S'il s'était retourné, Tamaki aurait vu le regard profondément amoureux que Kakashi venait de poser sur lui. Le ninja copieur repensa à leur première rencontre. Tout ça grâce à Akito en fait. Il ne laisserait personne faire du mal à sa famille. Jamais.
Lorsqu'Akito rentra de l'école, il fila directement dans sa chambre. Kakashi, intrigué, suivit son fils, qui était à présent assis en tailleur sur son lit, les mains serrées sur un petit carnet.
«Akito» appela doucement le ninja copieur, «quelque chose ne va pas?»
Le petit garçon leva des yeux inquiets vers son père et répondit d'une voix tremblante:
«Papa, j'ai... J'ai fait une bêtise à l'école.»
Kakashi vint s'asseoir à côté de son fils, qui baissa instantanément les yeux.
«Et bien, vu ta tête, ça a l'air d'être une grosse bêtise. Tu me racontes?»
Akito hésita et finit par tendre son carnet, en retenant ses larmes. C'était le carnet de liaison scolaire. Kakashi parcourut les quelques lignes écrites de la main de Shizune. Il dut se retenir de rire: ce n'était qu'une bêtise d'enfant. Mais Akito avait quand même été puni, à juste titre. Les garçons de la classe avaient visiblement décidé de faire une blague aux filles, en bourrant leurs sacs d'école de divers insectes particulièrement dégoûtants. Des araignées, des vers et quelques scolopendres. Kakashi se doutait qu'Akito n'était pas le meneur, mais il avait suivi ses petits camarades indisciplinés, et avait été puni comme les autres. La punition consistait à écrire un mot d'excuse à chacune des fillettes. En outre, les garçons étaient convoqués le samedi suivant pour nettoyer la petite plage bordant le lac, en guise de punition.
«Et bien, moi qui voulais t'emmener à la fête foraine samedi, je crois que c'est raté. Je ne suis vraiment pas fier de toi Akito. En plus, l'Hokage vient ce soir pour te voir. J'espère que tu seras plus sage qu'à l'école!»
Le petit hocha la tête, penaud, n'osant pas lever le nez. Kakashi se leva pour rejoindre la porte et lança:
«Je pense que tu devrais commencer à écrire ta lettre d'excuse. Tu me la montreras après le dîner.»
Le ninja copieur referma la porte derrière lui tandis que le petit garçon poussait un soupir de soulagement. Pendant tout le trajet du retour, il s'était imaginé la colère, voire le deuxième punition qu'il allait prendre en rentrant. Plus que la peur, c'était de la honte qu'il ressentait. La honte d'avoir déçu son père. La honte d'avoir suivi les garçons alors qu'il savait que c'était une bêtise. Sur le coup, il avait trouvé l'idée plutôt drôle. C'était uniquement lorsque Yuko s'était mise à hurler de peur qu'il avait pris conscience de son acte stupide. Jamais plus on ne l'y reprendrait, foi d'Akito!
«Il y a un problème avec Akito?» demanda Tamaki en voyant Kakashi revenir. Le ninja copieur lui offrit un sourire amusé.
«Akito a fait une blague de gosse à ses petites camarades, et il a été puni. Tu verrais sa tête, c'est impayable!»
«Tu n'as pas honte de te moquer de ton fils comme ça!» rétorqua Tamaki en plaisantant. «Je suis sûr que tu faisais plein de bêtises quand tu étais petit toi aussi!»
«Absolument pas. J'étais sage comme une image. En tout cas, je n'ai jamais bourré le sac de mes petites copines avec des insectes!» répondit Kakashi en riant.
Tamaki éclata de rire.
«Les pauvres petites! Ca m'étonne d'Akito quand même!»
«Il a dû se laisser embarquer par ses copains. Akito est encore naïf. Mais ça lui servira de leçon. Ah, et il est puni samedi aussi.»
«Oh non! On ne va pa pouvoir aller à la fête alors!»
«Lui non, mais nous si!»
«On ne va quand même pas y aller sans lui!»
«On va se gêner! Plus que perdre sa journée à nettoyer la plage, le fait de ne pas pouvoir venir s'amuser avec nous sera la meilleure des leçons pour lui.»
«Tu es super dur quand même» rétorqua Tamaki en fronçant le nez en signe de protestation.
«Et toi, tu es un beau-papa complètement gâteau qui se laisse systématiquement embobiner par sa bouille d'ange.»
«Peut-être, je devrais être plus ferme avec les capricieux Hatake, tu as raison» répondit Tamaki en jetant un regard ostensible vers la table de la cuisine, ce qui entraina immédiatement un fou rire des deux hommes.
«Kashi» déclara Tamaki d'une voix émue tandis que le ninja copieur s'installait dans le canapé, «je suis comblé de faire partie de votre vie, à tous les deux.»
Emu lui aussi par cette jolie déclaration, Kakashi ouvrit les bras dans une demande silencieuse de câlin. Demande à laquelle Tamaki s'empressa de répondre.
Une heure plus tard, Tsunade se présenta chez les Hatake-Obata, comme le mentionnait la boite aux lettres. Le double nom fit sourire Tsunade: ces deux-là avaient décidément franchi un cap, ils formaient un joli couple, et une magnifique famille.
Tamaki courait partout, se confondait en politesses, visiblement très impressionné de recevoir chez lui la plus haute autorité du village. La nonchalance de Kakashi, à la limite de l'impertinence trouvait-il même, le faisait frémir, au grand amusement des deux shinobis.
«Akito n'est pas là?» demanda Tsunade, en sirotant son sake.
«Il est dans sa chambre. Il finit sa punition.»
«Sa punition?»
Kakashi poussa un soupir amusé.
«Il a été pris en train de remplir d'insectes le sac de ses camarades féminines.»
Tsunade le regarda, interloquée, et éclata de rire.
«Et bien, moi qui lui donnerait le bon dieu sans confession à ce môme! C'est bien un petit Hatake!»
«Hé! Je n'ai jamais fait ça moi!»
«Oh tu en as fait d'autres crois-moi!»
Tamaki s'approcha discrètement et ne put s'empêcher de demander:
«Du genre?»
Tsunade sourit devant la mine déconfite de Kakashi, qui tenta une diversion.
«Bon, euh, Tamaki, tu veux bien aller chercher Akito avant que ça ne dégénère ici?» demanda le ninja copieur en faisant des yeux de biche à son compagnon.
«De toute façon, je finirai bien par apprendre tes frasques de jeunesse» rétorqua le médecin en riant.
Tandis que Tamaki partait en direction de la chambre d'Akito, Kakashi se tourna vers Tsunade.
«Par pitié, ne lui racontez pas l'histoire des moutons!»
L'Hokage éclata de rire.
«Je l'avais oublié celle-là! Franchement, les insectes à côté, c'est rien du tout!»
«Oh ça va. J'étais un gosse» marmonna Kakashi, encore honteux malgré les années.
«N'empêche que je suis persuadée que tes petites fesses se rappellent encore de la correction du vieux Sarutobi!»
Le shinobi et l'Hokage éclatèrent de nouveau de rire alors qu'Akito se présentait dans le salon. Comme à son habitude, le petit ne semblait pas du tout impressionné par l'Hokage. Il vient s'asseoir juste à côté d'elle et déclara, le plus sérieusement du monde:
«Madame l'Hokage, j'ai fait une grosse bêtise aujourd'hui. Mais j'ai compris que c'était une bêtise. Et j'ai fait une belle lettre d'excuse pour les filles. Tu ne pourrais pas demander à maîtresse Shizune d'annuler la punition de samedi?»
Devant les yeux implorants de l'enfant, Tsunade eut du mal à garder son sérieux. Mais déjà Akito reprenait, d'une voix timide:
«Ou au moins la décaler à dimanche.»
«Tu avais quelque chose de prévu samedi peut être Akito?»
Le petit hocha la tête, plein d'espoir. Tsunade jeta un coup d'oeil à Kakashi, qui avait froncé les sourcils. Pas question qu'un adulte, tout Hokage qu'il soit, commence à saper son autorité. Tsunade répondit alors:
«Akito, c'est une très bonne leçon que tu viens d'apprendre là. Et il faudra t'en souvenir. Tout ce que tu fais a des conséquences. Si tu fais une bêtise, tu dois t'attendre à en payer le prix. Tu comprends?»
Le petit garçon hocha la tête tristement, et marmonna:
«J'ai compris. Pas de fête foraine samedi alors.»
Tamaki apporta des petits gâteaux salés en guise d'apéritif, ce qui permit de changer de sujet.
Le dîner se déroula parfaitement bien, mais Kakashi commençait vraiment à se demander pourquoi l'Hokage avait tenu à leur faire cette petite visite. Elle avait parlé de tout et de rien, sans jamais aborder la discussion du matin. Et cela commençait sérieusement à porter sur les nerfs du ninja copieur.
Après qu'Akito fut retourné dans sa chambre, et tandis que Tamaki s'était subtilement éclipsé pour laisser les deux shinobis tranquilles, Tsunade se saisit de la photo d'Hana qui trônait sur la cheminée.
«Elle doit beaucoup manquer à Akito.»
«Mmhh, c'est difficile de ressentir le manque pour une personne que l'on a jamais connue.»
«En effet» répondit Tsunade, avant de reprendre, «suis-moi».
Kakashi suivit donc Tsunade dans le petit jardin, à présent éclairé par les étoiles et la pleine lune. Ils s'assirent au pied de l'unique arbre, et Tsunade parla.
«Kakashi, il faut que je te dise la vérité, à propos d'Hana.»
Le ninja copieur poussa un long soupir. Il en avait sa claque des révélations. Vraiment.
«C'est Hana qui a proposé que tu sois le père d'Akito.»
Kakashi ne réagit pas immédiatement, et l'Hokage prit son silence comme une invitation à poursuivre.
«Elle cherchait depuis longtemps à compléter cette fameuse technique de soins à distance. Et la section de recherche l'a encouragée dans ce sens. C'est Hana qui a émis l'hypothèse qu'une association entre le suiton et le raiton pourrait résoudre cette équation.»
Après quelques secondes, Tsunade ajouta:
«Et à en croire les talents d'Akito, elle avait visiblement raison.»
«J'ai... J'ai du mal à croire qu'Hana ait pu... concevoir la venue d'Akito de cette façon» répondit finalement Kakashi d'une voix rauque.
«Ne te méprends pas, Kakashi. Hana ne voyait pas en son fils uniquement la renaissance de son clan. Elle portait des espoirs en lui, mais elle avait exigé de pouvoir continuer à prendre soin de son enfant, qu'il développe des capacités ou pas. Quand on lui a proposé les différents shinobis maitrisant le raiton, elle a pris le temps d'examiner chaque dossier. Elle vous a observé pendant de longues semaines avant de faire son choix. Et ses critères n'étaient pas ceux que tu crois. Elle t'as choisi parce que tu semblais aimer les enfants, tu étais à l'aise avec ton équipe de genins. Parce que tu avais, m'a-t-elle dit «une autorité à la fois douce et ferme, et un regard sincère et protecteur»»
«Elle... Hana a dit ça?»
Tsunade hocha la tête, en posant une main amicale sur l'avant-bras du shinobi.
«Je comprends que tu t'inquiètes pour Akito. Et je ne peux pas nier que sa venue au monde ait été calculée. Mais quoi que tu fasses, Kakashi, tu ne pourras pas le protéger éternellement. Et un jour, c'est probablement lui qui te protégera. Nous allons lui laisser le temps de grandir, mais Akito a aussi besoin d'encouragements. Des encouragements de son père.»
Kakashi poussa un soupir fatigué.
«Mais il n'a que cinq ans» murmura-t-il.
Tsunade le força alors à le regarder, en posant un doigt sous son menton pour lui faire relever la tête.
«Kakashi-kun, la plus grande chance d'Akito, c'est d'avoir un père formidable, prêt à le soutenir quoi qu'il arrive. Tout se passera bien, tu verras. Tu dois faire confiance à Iruka, et à Akito aussi.»
Kakashi hocha la tête et répondit d'une voix mal assurée:
«Je ne supporterais pas de le perdre. Avoir un enfant, c'est à la fois une joie immense et une souffrance insupportable.»
«Akito a vraiment de la chance d'avoir un papa comme toi, et je crois qu'il en a tout à fait conscience» conclut Tsunade en faisant un petit mouvement de tête pour attirer l'attention du ninja copieur vers la terrasse.
L'enfant n'avait pas osé approcher, en voyant les deux adultes parler entre eux. Il se mit à courir lorsque son père lui fit signe de venir en souriant. Akito se rua dans ses bras pour réclamer un câlin.
«Tu n'es pas encore couché toi? il y a école demain pourtant!»
«J'ai fini ma punition» marmonna Akito, sans lâcher son père.
«Tu veux que je la lise?»
Le petit hocha la tête timidement. Kakashi parcourut les quelques lignes du petit texte d'excuses de son fils. C'était simple, écrit avec des mots d'enfant, mais la sincérité était là. Kakashi sourit en montrant l'une des feuilles à Akito.
«Je suppose que celle-ci est pour Yuko?»
Le garçonnet hocha la tête en rougissant. Sur la feuille, en plus du texte d'excuse, Akito avait fait un joli dessin de fleurs et de papillons.
«Qui est Yuko?» demanda Tsunade amusée.
Devant le silence gêné de son fils, Kakashi chantonna:
«C'est l'amoureuse d'Akito!»
«Papa!» bredouilla l'enfant, outré que son père puisse dévoiler ainsi son secret.
«Ne t'inquiète pas, je ne dirai rien!» chuchota Tsunade en lui adressant un clin d'oeil taquin.
«Et si tu offrais un petit cadeau en prime à ces jeunes demoiselles Akito?»
«Un cadeau?»
«Oui, un autographe de l'Hokage par exemple. Si tu veux que les filles te pardonnent, il faut savoir les flatter» déclara Kakashi le plus sérieusement du monde.
Tsunade prit une mine choquée avant d'éclater de rire.
«Et bien, je ne suis pas sûre que ce soit le meilleur conseil du monde, mais va pour des autographes. Akito deviendra la coqueluche de la gent féminine, et je me régalerai de voir ta tête quand il commencera à te ramener ses conquêtes à la maison!»
Tandis que Tsunade apposait sa signature sur chaque feuille en riant, Kakashi rétorqua:
«Mais qu'est ce que vous avez tous avec ça? je suis sûr que je ferai un super beau-papa d'abord!»
«On verra, on verra!» répondit Tsunade en riant de plus belle.
Le lendemain, Akito eut effectivement beaucoup de succès auprès des fillettes de l'école. Il eut même droit à une bisou sonore de la part de Yuko, qui lui avait déjà pardonné de toute façon.
Akito accomplit sans rechigner sa punition le samedi suivant. Et devant sa bonne volonté, Shizune le libéra, ainsi que tous les autres petits monstres, en début d'après-midi. Il put donc quand même profiter de la fête foraine avec son papa et Tamaki.
Le lundi suivant, Akito fut surpris de voir son père venir le chercher un peu plus tôt. Ses cours d'éducation physique avaient en effet été substitués par les cours particuliers d'Iruka.
Lorsque l'enfant arriva sur l'aire d'entrainement, il reconnut immédiatement son parrain.
Iruka lui fit rapidement comprendre qu'il n'était pas là pour s'amuser, mais pour apprendre des choses de shinobi.
Kakashi s'éloigna un peu, mais resta attentif tout au long de cette première séance. Iruka se débrouillait bien. Akito aussi.
Review?
