Chapitre 57 : Souvenirs
« C'est à partir de ce moment que j'ai décidé… de sceller mes pouvoirs et de ne plus utiliser toute cette puissance maléfique… A partir de là, je me disais que tuer autant d'humains et de pokémons perdait tout son sens… J'allais les faire s'endormir dans un repos éternel… Sans les dévorer dans leurs songes… sauf pour ceux qui le méritaient… Et ils étaient nombreux. Je n'ai plus jamais utilisé ma puissance… avant Remye. Car elle était responsable de ta mort… »
« De ma mort ? Je ne le savais pas… Mais je suis vivant, non ? »
« C'est plus compliqué que prévu mais tu es satisfait maintenant ? »
Plus que satisfait ! Il savait la vérité au sujet de Danya ! Il savait son passé ! Il savait la raison de sa puissance, la raison qui l'avait poussé à être comme ça… Enfin… Son passé avant d'être une humaine… Et ce passé… d'humaine… Il alla l'enserrer avec plus de tendresse… Ce passé là… Il s'en rappelait pertinemment. D'abord surprise, elle eut un petit rire avant de lui demander d'une voix douce :
« Et bien ? Qu'est-ce qui te prend, Erol ? Tu ne te sens pas très bien ? »
« On peut rester quelques minutes comme ça ? S'il te plaît ? Je me dis… Que c'est ce que tu mérites… Tu mérites vraiment d'être heureuse… J'aurais aimé… être né il y a longtemps… très longtemps… pour que tu ne souffres plus. »
Elle releva son visage, lui faisant un sourire ravi avant de venir l'embrasser brièvement sur les lèvres en rougissant comme une enfant. Devant ce geste, il tenta de parler mais elle fut la plus rapide, enfouissant sa tête dans ses bras :
« Je pense… que je pouvais mériter cela aussi non ? Tu en veux… une histoire drôle ? J'ai compris… pourquoi Alice était morte… Le directeur de l'hôpital… avait inversé les titres des produits que j'inversais habituellement… Au final…Quand tu inverses quelque chose de déjà inversé… Cela revient au point de départ. Je suis responsable de ça… »
« Tais-toi… C'est bon… J'ai tout compris et je ne trouve pas ça drôle… Et tu le sais très bien que ce n'est pas le cas, Danya. »
« J'ai un peu froid… Erol… Tu veux que je te raconte tous nos souvenirs communs maintenant ? Si tu le désires… Je peux te les raconter… mais ils ne sont guère jolis. »
« Tout ce qui te concerne est beau… Danya. »
« Arrête donc de me parler comme ça hein ? Tu es un homme marié, tu n'arrêtes pas de me le répéter. Tu devrais faire attention à ce que tu dis… sinon… je risquerais de te dévorer tout cru. Tu en veux un exemple ? Regarde donc ça… »
Elle releva le visage mais il soulevait déjà son menton. Un baiser, c'était déjà bien plus que suffisant ! Sauf que… Ce n'était pas un baiser qu'elle fit mais bel et bien un suçon au niveau du cou ? Il poussa un petit gémissement de bonheur alors qu'elle retirait ses lèvres quelques instants plus tard, passant un doigt sur la marque rouge qu'elle venait de faire. Elle éclata de rire, posant son front contre son torse tout en regardant le sol.
« J'adore tout ces moments passés avec toi… Vraiment… Ce sont les plus beaux de ma vie d'humaine… de mes différentes vies… Je t'ai vu grandir, t'épanouir, devenir un bel adolescent, puis un jeune homme… »
« Et tu me verras devenir un homme ! Ensuite, je resterais indéfiniment comme ça… »
Elle ne répondit pas à la première phrase du jeune homme, un voile de tristesse passant dans son regard alors qu'elle murmurait d'une voix douce :
« Je ne suis pas sûre… de pouvoir te voir… encore longtemps, Erol. »
« Mais qu'est-ce que tu racontes ?! On va trouver un antidote à ton virus ! On va réussir à le combattre ! D'après ce que j'ai compris, ce virus… Il est issu d'Arcia et d'Omega non ? Alors, on peut facilement trouver un antidote à celui-ci ! Les deux femmes y arriveront ! »
« Tu as beaucoup trop d'espoir… dans l'avenir, Erol. Ce n'est pas comme moi qui m'attache le plus au présent… pour ne pas le voir s'évaporer. »
« Tu dis des bêtises. Tu devrais arrêter de tout voir en noir. Et maintenant… Si tu me racontais tout ce qui s'est passé entre nous ? Nos souvenirs… ensemble ? »
« Alors je vais commencer par le premier : J'ai abusé de toi sexuellement plusieurs fois… Tu as vu mon sexe et tu l'as même touché alors que tu devais avoir à peine huit ans. Je t'ai forcé à tout ceci et tu m'en voulais énormément. »
« Huit ans… C'est vraiment un peu jeune… J'ai du mal à te croire, Danya… »
« Et pourtant, c'est le cas. Tu as aussi essayé de me tuer… et d'une manière assez violente. En fait, tu y es arrivé… et j'ai passé un bon mois à dormir pour revenir à la vie. Tu vois ? Rien n'est tout blanc entre nous… Rien du tout. »
Mais mais mais… Comment était-ce possible une telle chose ? Comment pouvait-il à peine imaginer ce qu'elle venait de dire ? Ce n'était pas cohérent ! Non ! Ce n'était pas normal… Ou… Comment l'expliquer… On parlait de pédophilie… de meurtre… entre lui et elle ?! Il la serra avec plus d'insistance, Danya poussant un petit cri de douleur alors qu'il disait :
« Arrête tes bêtises, Danya ! Tout ceci… »
« Est la stricte vérité, Erol. J'étais aussi ta maîtresse car je t'ai acheté alors que tu étais dans une cage. Je fus ton professeur et je jouais à me dénuder lorsque tu n'avais pas la bonne réponse. C'était un jeu… très divertissant… très drôle… »
« Assez… Assez, Danya… Ce que tu étais… Ce que nous étions dans le passé… »
IL NE VOULAIT PAS LE SAVOIR ! Si c'était CA, ses souvenirs ! Alors… Alors… Il ne voulait rien savoir ! Il alla la coucher sur le sol, se mettant sur elle en l'observant longuement. Ses yeux bleus si chaleureux… si tendres… Cette douceur dans ses gestes… Il ne voulait pas croire ce qu'elle disait… mais… mais… Plus les secondes passaient et il plus il pensait que c'était la vérité !
« Je commence à avoir un peu froid… Tu ne veux pas me réchauffer ? »
Hein ? Il prit sa main droite, remarquant qu'elle était vraiment gelée… Qu'est-ce qui se passait avec elle ? Il se coucha sur elle, commençant à frictionner ses deux mains avant de lui demander sur un ton alarmé :
« Danya ! Répond moi vraiment… Qu'est-ce qui t'arrive ? »
« L'antidote… ne fonctionne pas. Je te l'avais dit… hein ? »
« Je ne t'entend plus ! Je… Je vais me réveiller et tu vas te réveiller aussi ! »
« Si c'est pour toi... Alors… Oui… Je me réveillerais, Erol. Tu m'embrasseras comme dans les contes ? Pour réveiller la princesse endormie ? »
« Si… ça… te permet de tenir le coup… alors je le ferais… »
Il avait détourné la tête, rougissant en se disant que Mylidie pouvait comprendre s'il faisait ça pour Danya. Ce n'était pas n'importe qui… C'était Danya… Danya… hein ? Si elle devait disparaître… Il n'était pas sûr de s'en remettre un jour. Il lui murmura qu'il allait se réveiller maintenant… et qu'il allait demander à être seul dans la chambre avec elle. Elle fit un petit hochement amusé de la tête pour lui dire qu'elle était d'accord. Tout autour d'eux fut entièrement noir puis blanc et lorsqu'il ouvrit les yeux, ce fut pour voir le visage ravi de Mylidie. Celle-ci alla l'embrasser pour lui souhaiter un bon retour parmi eux, chose qu'il accepta… mais d'une façon passionnée !
Le baiser dura une bonne minute, le jeune homme déposant Mylidie dans le lit en continuant de l'embrasser jusqu'à ce qu'elle soit presque à bout de souffle. Lorsqu'il retira ses lèvres, elle était haletante, cherchant une explication à un tel geste alors qu'il lui demandait de bien vouloir rester dans la chambre. Il s'était levé, se dirigeant à toute allure vers la chambre de Danya où une bonne partie des femmes était en train de s'agiter. A part la Tétrarchie, Miania, Galixée, Arcia et Omega, toutes les autres étaient affolées. Et lorsqu'il se présenta devant elles, ce fut à peu près la même réaction. Avant même qu'elles ne puissent parler, il prit la parole :
« Laissez-moi seuls avec elle… »
« Erol ! L'anti… L'antidote ne fonctionne pas. Le virus… a muté… et… »
« Taisez-vous ! Je vous ai demandé de me laisser seul avec elle ! Vous pouvez bien me faire ça non ?! Je vais bien… et Danya… aussi. Alors laissez-moi seul… »
« Fais comme tu le désires. Tu es assez grand… pour savoir ce qui se passe. Mesdemoiselles, veuillez me suivre et ceci est un ordre de la part de la déesse-mère. »
La femme aux cheveux argentés passa à côté de lui alors qu'il tremblait. Il avait… donné un ordre à la déesse-mère… Mais ce n'était pas pour ça qu'il tremblait… Etait-ce alors à cause du froid ? Il était torse nu, des bandages sur sa plaie… Mais ce n'était pas ça. Il voyait le chagrin dans le regard d'Arcia… et dans ceux qui quittaient la pièce. Au bout de deux minutes, la dernière personne était partie et il referma la porte derrière lui sans que cela soit à clé. Il était seul avec… Danya… Seul… Il s'approcha d'elle, lui prenant sa main droite dans les siennes. Elle était encore assez chaude… mais aucune réaction de la part de la jeune femme aux cheveux blancs. Qu'est-ce qu'il y avait ? Ils avaient dit… qu'ils se réveilleraient non ? Alors pourquoi n'était-elle pas réveillée ? Il soupira avant de dire :
« Tu m'en auras forcé… des choses à faire. »
Il approcha son visage du sien, refermant ses yeux alors que ceux de Danya s'ouvraient. Elle se fit embrasser tendrement par le jeune homme, celui-ci restant ses lèvres collées contre les siennes pendant une bonne dizaine de secondes alors qu'il ouvrait les yeux. Il retira ses lèvres, poussant un petit cri de surprise alors qu'elle murmurait :
« La princesse est réveillée… par son prince. Bonjour, monsieur Erol. »
« De… Depuis quand tu es réveillée, Danya ?! »
« Depuis le moment où tu t'es penché vers moi. Tu embrasses bien, Erol. Je t'avoue que ça me manquait un peu. Je crois que je suis dépendante… de toi. C'est bizarre non ? Certains, ce sont à l'alcool, d'autres à la cigarette, au combat, au sexe… et je pensais l'être à ce dernier… mais aujourd'hui… Je remarque que ce n'est pas le cas. La seule chose dont j'ai besoin en ce monde… C'est de toi et cela… Qu'importe la relation qui m'unie à toi. Est-ce que tu peux me pardonner ? Pour tout ce que je t'ai fait dans le passé ? »
« Tu es pardonné, Danya. Mais maintenant, repose toi d'accord ? Tu dois être en pleine forme pour moi. Tu dois tenir bon, tu me le promets ? Je te ferais devenir une grande dame dans le royaume de Drakoni. Tu seras toujours à mes côtés et à celui de Mylidie. »HumHug
