POV Steve
Je suis assis dans ma cellule qui est devenue mon lieu de résidence depuis plusieurs semaines déjà. J'appréhende ce qui va se passer maintenant, en ce moment mon procès est en train de se dérouler et je n'ai même pas l'autorisation d'y être. Je sais très bien que ma sentence sera lourde. Je n'arrive pas à rester assis et je fais des allers retour dans ma cellule. Je ne cesse de penser au plan que nous avons mis en place avec Jonathan, un plan risqué mais nous n'avons pas le choix.
Un garde s'approche de ma cellule
« Détends toi McGarrett, user le sol de ta cellule ne changera en rien à l'issue du procès. Alors soit tu arrêtes de t'agiter, soit je t'immobilise. Compris ? »
J'hoche simplement la tête, car je sais qu'il le ferait. Certes ce n'est pas autorisé mais personne ne dira rien, je le sais. Mais finalement je n'arrive pas à rester assis bien longtemps et je me relève. Je recommence à marcher, je m'arrête seulement lorsque j'entends du bruit. Je vois alors trois gardes arriver vers moi avec des matraques dans les mains. L'un d'eux reste à l'extérieur de la cellule, pendant que les autres rentrent avec moi.
« McGarrett, je te conseille de ne pas essayer de te défendre. »
Il m'attache les mains dans le dos, et je sens rapidement les coups s'abattre les uns après les autres, sans que je ne puisse agir. Je sens la douleur m'envahir, et j'essaye d'en faire abstraction comme j'ai appris durant l'entraînement des Seals. Mais finalement je ne peux m'empêcher de gémir.
Les coups s'arrêtent brusquement et j'entends alos une voix :
« Qu'est-ce que vous faites ? »
Je reconnais la voix de mon ancien commandant. Un des gardes lui répond :
« Nous lui apprenons à rester un peu tranquille, autrement il ne supportera pas le couloir de la mort.
- Sortez d'ici immédiatement. »
Ils obéissent, et quittent rapidement la cellule. J'entends alors le verrou être actionné, et des bruits de pas de plus en plus faibles. J'aspire un grand coup, et je penche ma tête en arrière, je suis à nouveau seul.
Je sens une main se poser sur mon bras, et je sursaute me croyant seul dans ma cellule. Je commence alors à tousser, mais je suis incapable de me redresser à cause de mes mains attachées dans le dos, des côtes qu'ils m'ont cassées et d'un mal de dos insupportable. La personne m'aide alors à m'asseoir, elle se positionne derrière moi et je m'appuie sur elle. Une fois que ma toux se calme, je tourne faiblement la tête pour voir qui s'est et je ne suis pas surpris de découvrir mon ancien commandant. Je n'ai pas la force de bouger, et je ferme les yeux :
« T'endors pas fiston. Je ne peux pas te porter jusqu'au lit. »
Je lutte comme je peux contre le sommeil, et il m'aide à gagner la couchette de ma cellule. Une fois couché dessus, j'arrête de lutter et mes yeux se ferment.
Lorsque je me réveille à nouveau face au mur; je suis toujours dans ma cellule, mais mes mains ne sont plus attachées, mes côtes sont bandées et le reste de mes blessures est soigné. Je tourne la tête de l'autre côté et je suis surpris de voir que Joe est toujours là. Il est endormi, assis sur une chaise au bord de mon lit, qu'il a sûrement fait amener. J'essaye de me redresser mais je ne peux m'empêcher de gémir à la douleur dans le dos, ce qui réveille mon ancien commandant. Il me regarde et me dit :
« Bien dormi la belle au bois dormant ?
- Combien de… temps ? »
Il regarde sa montre et me répond
« 25h »
Je m'effondre alors sur mon lit, pas étonnant que je sois complètement dans la brume. Ils ont dû taper sacrément fort sur ma tête.
« Ecoute Steve, à la base je suis venu te dire ce qui allait se passer pour toi maintenant. »
Je le regarde à nouveau, et je peux clairement voir que ce qui m'attend n'est vraiment pas bon.
« Tu vas être dégradé publiquement, puis amené en prison dans la couloir de… »
Il ne finit pas sa phrase mais j'ai compris. Je tourne la tête pour qu'il ne puisse pas voir la peur apparaître dans mes yeux. Je ne suis pas censé avoir peur de la mort, c'est dans notre entraînement, on ne recule devant rien. Mais là c'est différent, je ne vais pas mourir aux côtés des autres Seals durant une mission pour sauver des personnes et pour protéger le pays, mais seul et j'aurai largement le temps de penser à tout ce qui va m'arriver.
Je sens mon matelas s'enfoncer un peu plus, et je sais qu'il s'est assis à côté de moi.
« Steve, dis-moi la vérité. Il n'y a pas de caméra ici, tout ce que tu diras restera entre nous seulement. Est-ce que tu as vendu les autres, est ce que tu as trahi le pays ? »
Je repense aux paroles de Jonathan. Je peux lui faire confiance, je peux lui dire et il prendra alors lui-même la décision de faire comme si je ne lui avais rien dit ou au contraire m'aider.
« Oui j'ai vendu certains Seals, mais je n'ai pas trahi ma patrie Joe. J'en serai incapable et je regrette tellement ce que j'ai fait mais je n'avais pas le choix. Je vous en supplie, croyez moi. »
Il ne me répond rien et je vois plusieurs militaires s'approcher de ma cellule :
« En route McGarrett. »
Je me retourne vers Joe et murmure doucement :
« Gourge »
Je ne sais pas s'il m'a entendu mais en tout cas s'il l'a fait, il n'a pas réagi. Je me lève lentement avec l'aide de mon ancien commandant et me mets dos à eux. J'entends la porte de la cellule s'ouvrir, et on me passe rapidement des menottes. Je sors de ma cellule, et Joe me suit. Lorsqu'il est assez près de moi, il chuchote pour que personne d'autre n'entende :
« Je te crois fils. »
