Note auteur : Voici le dernier chapitre de Haute Trahison. Je remercie tous ceux qui l'ont lu ou l'ont commenté et j'espère que ce dernier chapitre vous plaira
POV ?
Je me réveille lentement, je ne comprends pas où je suis. Je regarde autour de moi, et je vois que du blanc. Des bips réguliers parviennent à mes oreilles, et je sens l'odeur des produits antiseptique. Je suis à l'hôpital. J'essaye de me remémorer les derniers jours, je me souviens d'hommes militaires entrant dans ma tente, et me transportant jusqu'à un hélicoptère. Mais je n'étais pas seul, il y avait les commandants Gutches et White avec moi, et puis…
Je suis coupé dans mes pensées par la porte qui s'ouvre et je vois un médecin entrer :
« Bonjour commandant, ravi de voir que vous êtes réveillé. Comment vous sentez vous ? »
Je demande des nouvelles de mon ami, je n'étais pas seul, il était là lui aussi. Le chemin pour retourner aux Etats Unis a été plus que long. J'ai regardé mon ami souffrir pendant une partie du trajet avant de m'évanouir à mon tour.
Le médecin ne me répond rien, mais son regard me suffit à comprendre. Il s'est passé quelque chose de grave.
« Les blessures du commandant étaient trop importante, je suis désolé. »
Je ne réponds rien, et je sens les larmes envahir mes joues. Nous nous connaissions depuis des années, et cette mission n'a fait que renforcer nos liens. Je sais parfaitement que sans lui j'aurais lâché prise bien avant, et je serais certainement mort à l'heure qu'il est.
Les prochains jours sont plutôt flous, je reçois de la visite de mes amis, de ma famille et des militaires. Ils viennent pour s'excuser, mais quoiqu'il puisse faire, il est déjà trop tard, rien ne le ramera.
Une semaine après notre retour, je me retrouve debout au cimetière dans mon uniforme de la NAVY pour son enterrement.
« Si nous sommes réunis aujourd'hui, c'est pour rendre hommage à un homme d'exception, un homme qui est mort, comme il a vécu, en protégeant son pays. Aucun de nous ne pourra l'oublier. »
Beaucoup de personnes font des discours, et voilà mon tour
« Je n'ai pas vraiment eu le temps de préparer quoique ce soit. Mais je vais essayer de faire de mon mieux. Commençons par le commencement, nous nous sommes rencontrés à notre Annapolis, et notre rencontre a été pour le moins explosif comme vous pouvez l'imaginer. Nous étions des opposés, l'un d'entre nous était là par obligation, ne supportait pas les règlements, alors que l'autre était rentré à l'Académie par choix, et ne vivait que pour suivre les règles. Nous nous sommes battus un certain nombre de fois, et à la force d'être de corvée avec lui, ainsi qu'avec Freddie, nous avons fini par nous apprécier. En sortant de l'Annapolis, nous sommes perdus de vue, n'ayant pas les mêmes objectifs professionnels. Mais cette mission nous a à nouveau rassemblés, pour le meilleur et pour le pire. Quand on nous a proposé de faire cette mission, nous avons tous les deux acceptés, sachant les risques que nous encourions. Même si nous étions à mille lieux d'imaginer ce qui s'est réellement passé. Je sais que je ne serais pas devant vous aujourd'hui s'il n'avait pas été là pour moi, s'il n'avait pas prévu certaines personnes de ce qu'il se passait. Alors je tiens simplement à le remercier encore une fois. Merci Jonathan. »
Je regarde alors vers mes amis, ils sont tous venus me soutenir aujourd'hui dans la perte d'un nouvel ami. Tout le monde s'attendait à ce que ce soit moi qui craque, moi qui ne m'en sorte pas, mais Jonathan avait une hémorragie crânienne, rien n'aurait pu le sauver, absolument rien.
Une fois la cérémonie terminée, je me dirige vers la plage et je m'assois au bord de l'eau. Je suis épuisé, les médecins ne voulaient pas me laisser sortir, mais je n'aurais manqué cela pour rien au monde. Je me devais d'être là aujourd'hui. J'entends le bruit de pas, je tourne ma tête et je vois alors Joe s'approcher de moi. Je suis étonné, car j'ai l'impression qu'il m'évite depuis que nous sommes revenus à la maison. Il s'assoit à mes côtés, et pendant plusieurs minutes aucun de nous ne parle.
Finalement Joe brise le silence :
« Comment te sens tu fils ?
- Aussi bien que possible je crois.
- Ecoute il faut que je te parle de quelque chose. Je… »
Je regarde Joe, étonné. C'est bien une des première fois que je le vois perdre ses mots, et bafouiller.
« Te souviens-tu de quand tu étais malade dans la tente ?
- Certaines scènes, enfin je pense. Je ne sais pas vraiment si je les ai bien vécus, ou si c'était simplement un rêve. »
Il hoche la tête en réponse, et devant son silence je commence à réfléchir. Et d'un seul coup, j'ai une illumination, je me souviens de l'avoir appelé papa. Je suis presque certain que c'est de ça qu'il veut me parler. Je sens alors la panique m'envahir, et s'il m'en veut à cause de cela et que c'est la raison qui le pousse à être si distant. Je sens un tourbillon noir m'envahir.
« Steve, respire fils, respire calmement. »
Je rouvre les yeux, et je me rends compte que je suis allongé sur la plage et que Joe plane au-dessus de moi, inquiet.
« Le médecin a dit qu'il fallait que tu y ailles doucement Steve. »
Je hoche simplement la tête en réponse, ce que je regrette amèrement quand je sens des vertiges m'envahir. Je sens Joe qui me soutient et m'aide à m'asseoir à nouveau sur la plage.
« Ca va fils ? »
Je murmure un oui, à peine audible. Je regarde le sol.
« Steve, regarde-moi. »
Je fixe obstinément le sol, ne voulant pas croiser son regard. Il a compris que je savais où il voulait en venir.
« Fils, je ne t'en veux absolument pas.
- Alors pourquoi me fuyez-vous ?
- Je ne te fuis pas fils, il fallait que je règle simplement une chose. Steve regarde-moi s'il te plait. »
Je fais alors ce qu'il me demande, et je suis surpris de ne pas voir de colère dans ses yeux :
« Et il fallait que je réfléchisse. Je n'étais pas sûr que tu t'adressais à moi, fils. Tu étais brûlant de fièvre, et tu pouvais très bien demander ton père. Et puis, je dois t'avouer que j'avais peur, peur de prendre la place de John. Il a fait tout cela pour vous protéger, mais je sais qu'il ne t'en voudra pas non plus. Et crois-moi, je ne serai jamais en colère à cause de ça fils. Jamais, d'accord ?
- Oui… papa. »
Il me prend dans ses bras, et nous restons comme cela seulement pendant quelques secondes, mais cela est suffisant pour nous deux. Joe regarde pendant une seconde au-dessus de mon épaule, avant de se retourner son attention sur moi.
« Et il y a quelqu'un qui aimerait te parler. C'est Shelburne »
Je me retourne alors.
« Maman ? »
Fin
