Disclaimer : L'univers HP appartient à JKR.

Désolée pour ce 2eme chapitre qui s'est fait un peu attendre, la suite sera publiée de manière plus régulière !


Sur un air de « Undisclosed Desires », de Muse.

I want to reconcile the violence in your heart
I want to recognize your beauty is not just a mask
I want to exorcise the demons from your past
I want to satisfy the Undisclosed Desires in your heart

Le lundi matin arrivé, je me sentais tellement heureuse que même le réveil me tirant de mon sommeil ne réussit pas à entamer ma bonne humeur. Si bien que j'arrivais presque en avance pour travailler, ce qui ne m'était jamais arrivé depuis mes onze ans, le jour de la rentrée à Poudlard … J'étais à ce moment-là tellement stressée et impressionnée par l'inconnu que je m'étais levée à six heures le premier jour de cours, un souvenir mémorable !

Après avoir copieusement insulté un gamin qui volait dans la rue sur un balai miniature de Quidditch trop près de moi au risque d'asperger ma nouvelle tenue – il avait énormément plu -, j'entrai dans l'enceinte du Ministère.

L'ambiance était extraordinaire. Le Ministère avait été totalement reconstruit après la mémorable guerre contre Vous-Savez-Qui. La fontaine de la fraternité magique, qui avait été détruite lors d'une bataille, trônait de nouveau au centre du hall carrelé d'un bois foncé indescriptible. Des sorciers de toutes origines s'affairaient déjà malgré l'heure matinale. Je papillonnais d'un endroit à un autre, fascinée. Un homme dans la foule, semblant en charge de la sécurité, finit par m'arrêter et me déclara d'un air très sérieux :

- Miss, excusez-moi, l'accueil des stagiaires est au premier étage sur votre droite, si vous voulez que je vous y accompagne …

Je faillis m'exclamer « Oh c'est trop mignoooon vous me prenez pour une stagiaire ! » mais je rassemblai finalement le peu de dignité qui me restait pour lui expliquer :

- Heu … C'est-à-dire qu'en fait … (Mon visage traitre avait pris une magnifique teinte rouge brique) Je ne suis pas stagiaire, je travaille … Je suis assistante au service des relations magiques internationales, lâchai-je d'un trait.

- Oh, je vois … répondit simplement le garde avant de s'éloigner, l'air consterné.

Bon, il était temps que je rejoigne le bureau de cette fameuse Amanda Stewart, ma nouvelle supérieure hiérarchique, avant de me faire plus remarquer. Accessoirement, il était temps que je trouve un moyen de croiser Harry par hasard, bien évidemment.

Direction l'ascenseur. Le défi était de se frayer un chemin parmi toutes les personnes, sans jamais en percuter une seule, ou encore éviter de renverser accidentellement leur précieux et étrange chargement, étonnant et hétéroclite. Je croyais savoir, de mémoire de mon entretien d'embauche, que le bureau de Stewart était au troisième. Mais sur la gauche ou sur la droite ? Totalement hagarde, je heurtai violemment un mur après avoir cherché à éviter un sorcier pressé qui courait en transportant à bout de bras une plante non identifiée. J'allais me déclarer définitivement maudite quand j'entendis une voix douce :

- Oh, vous êtes la nouvelle assistante de madame Stewart, n'est-ce pas ? Votre visage m'est familier … C'est sur votre gauche, la troisième porte !

- Heu … merci … mademoiselle … ?

- Oh, Emily Swann. Et vous ?

- Cho Chang, enchantée, je bafouillai, reprenant contenance.

- Je vous en prie, il faut bien s'entraider ! s'exclama la pile électrique. Vous avez des plans particuliers pour le déjeuner ? On pourrait peut-être se retrouver à une heure au quatrième étage, nous pourrons faire plus ample connaissance en mangeant à la cafétéria !

La pause déjeuner. Je l'avais presque oubliée, celle-là. Ne connaissant personne, je n'avais pas prévu de déjeuner avec des collègues, mais pourquoi pas après tout …

- Oh, d'accord, pas de problème …

- Je ne voudrais pas vous retenir, vous allez être en retard ! Bonne chance pour votre matinée !

- Vous aussi …

Elle m'adressa un signe de la main en disparaissant au bout du couloir. Drôle de rencontre, quoique plutôt agréable. Au moins, je ne serais pas toute seule.

Quelque peu rassérénée, je frappai à la porte qu'Emily m'avait indiquée, ornée d'une imposante plaque dorée …

- Entrez, annonça une voix indescriptible.

Lorsque j'ouvris la porte, je découvris que la voix en question appartenait en fait à la secrétaire particulière d'Amanda Stewart, une sorcière blonde platine aux mensurations à faire pâlir d'envie les modèles qui posaient pour Sorcière Hebdo. Sa jupe et la veste verte assortie qu'elle avait accrochée à la patère venaient sans conteste d'un grand couturier. Très pro.

Me sentant un peu moins sûre de moi, j'accrochais mon manteau à la susnommée patère tandis que la mannequin (qui avait décidément raté sa vocation) se levait, faisant claquer par la même occasion des talons que j'estimai à douze bons centimètres. Je ne pus réprimer un sourire : elle n'était pas si grande que ça … Elle m'introduisit dans le bureau de Stewart sans un mot, décidément aussi chaleureuse qu'un glaçon. Réflexion faite, le sourire méprisant qu'elle m'adressa à ce moment-là la classa à un niveau largement au-dessus des glaçons. Je l'avais catégorisée iceberg lorsque ma supérieure m'accueillit dans son bureau.

Sèche, professionnelle et juste, cette dernière me faisait profondément penser au professeur McGonagall à Poudlard. Malheureusement, j'avais toujours préféré les gens plus flexibles et chaleureux … Dommage, je devrais m'en contenter tant que j'étais une simple assistance. Cela valait toujours mieux que sa secrétaire !

- Alors, vous avez fait connaissance avec Carol ? (Voyant mon regard interrogateur, elle précisa :) Carol Jackson, ma secrétaire.

L'iceberg avait donc un nom … Qui lui allait assez bien d'ailleurs, à la sonorité assez dure.

- Ah … Oui, je répondis.

- Mais ne traînons pas trop, nous avons tellement de travail ! coupa-t-elle.

Effectivement, du travail, il y en avait. En tant que nouvelle assistante, je devais me mettre à jour pour tous les dossiers courants, et je ne vis pas le temps passer. Malheureusement, je travaillais dans la même pièce que Carol – une sorte d'antichambre au bureau de notre directrice -, et l'ambiance n'était pas des plus merveilleuses. Elle passa la moitié du temps à m'ignorer, l'autre moitié à me jauger. Elle m'adressa la parole seulement à midi et demi :

- Je vais manger, tu dois réceptionner les hiboux et messages urgents quand je suis absente. Je reviendrai à une heure, et tu auras ta pause à ce moment-là.

Consternée, je ne décrochai même pas un mot pendant qu'elle s'éloignait. Je décidai de ne pas faire attention à elle et mes pensées dérivèrent sur Harry pendant que je lisais un compte-rendu d'une mission en Écosse.

J'avais tellement envie de le revoir … Ne serait-ce qu'en tant qu'ami, non ? Nous pouvions bien au moins parler. Et peut-être, si le courant passait bien de nouveau … Peut-être … On pouvait bien rêver, non ?

Ce n'est que lorsque que l'iceberg revint que je pris conscience que j'avais passé la majorité de la dernière demi-heure la bouche béante, à laisser mes pensées vagabonder. L'improductivité réincarnée. Je tenais ma plume au-dessus de mon parchemin sans avoir rien écrit et l'encre était sèche. Je posai la plume, fermai l'encrier et me dirigeai d'un pas décidé vers la sortie, gardant ma bouche obstinément close. Je ne me sentais pas trop mal : Carol n'avait fait aucun commentaire, et Emily m'attendait comme prévu au point de rendez-vous.

Nous montâmes à la cafétéria réservée aux employés. Emily pépiait à propos de sa matinée à ce que j'avais compris, elle était secrétaire également. Elle me posa plein de questions sur mon intégration dans le service, auxquelles je répondis de bon cœur, soulagée de vider mon sac, ne serait-ce qu'en face d'une quasi inconnue.

- Eh bien, j'ai l'impression que la secrétaire de Stewart ne m'aime pas vraiment … Sinon tout se passe bien !

- Oh, Carol ? demanda aussitôt mon interlocutrice.

- Oui, il me semble. Tu la connais ?

- Oh ça oui … On était très amies. Avant. Tu sais, elle a traversé une période difficile. Son mec l'a larguée, beaucoup de ses amies l'ont lâchée … Et c'est à ce moment qu'elle a changé du tout au tout. Elle était plutôt discrète, elle s'habillait classe mais n'en faisait pas trop. Là, on a l'impression qu'elle veut faire de l'ombre à la gente féminine. Elle manque de confiance en elle, je peux te l'assurer. Elle ne supporte pas les rivales.

- Elle me voit comment une rivale ?! m'exclamai-je, interloquée.

- C'est possible … Tu n'es franchement pas laide … Tu sais, on ne peut jamais vraiment savoir, avec elle !

Nous en étions au café quand je lui posai la question :

- Au fait, comment avais-tu entendu parler de moi ?

- Oh, j'ai entendu mon supérieur parler d'une nouvelle assistante d'Amanda … Il avait laissé traîner ton CV, j'ai vu ta photo, et je t'ai ensuite reconnue ! Tiens, lâcha-t-elle soudain, à propos de mon supérieur, il vient d'entrer dans la cafétéria ! Regarde, derrière toi. Tiens, il vient …

Je me tournai vivement.

- Harry ?!

- Cho ?!