Voikà mon troisième OS. Encore merci pour les reviews :) J'espère que vous aimerai ce chapitre ^^ Bonne lecture !


Erreur d'identité

Harold descendit les escaliers à la hâte. Krokmou était sur ses talons et son père, lui, semblait absent de la maison. Il devait déjà être réveillé. Il avait beaucoup de travail à faire en tant que chef. Pourtant, Harold se réveillait toujours avant lui. Mais il avait passé une mauvaise nuit, à faire des rêves qu'il n'arrivait pas à interpréter, ayant déjà oublié presque tous les détails. Tout ce dont il se souvenait, c'était ce bleu océan qui avait semblé l'appeler. L'adolescent se secoua la tête. Il devait passer à autre chose. Aujourd'hui, il allait avec ses nouveaux amis à l'arène de combat, récemment transformée en Académie des dragons. Harold en était le responsable, son père souhaitant lui donner une forme d'autorité vis-à-vis des jeunes de son âge qui, un jour, devraient suivre ses ordres. De toute façon, il était le seul à connaitre les secrets des dragons et qui pouvait partager son savoir aux autres, alors il était logique que l'Académie lui revienne. Le ventre d'Harold grogna. Avant d'aller partager son savoir, il irait se nourrir. Une fois à l'extérieur, il se dirigea vers la grande salle, où les adolescents se retrouvaient tous les matins pour le déjeuner. Krokmou s'agitait derrière lui. Il avait hâte d'avoir sa portion matinale de poissons crus. Au départ, son père avait un peu paniqué, voyant le nombre d'habitants de Berk doubler, voire tripler de son nombre de départ, avec tous ses dragons. Mais chaque habitant avait la responsabilité de loger son nouvel animal de compagnie et ceux-ci devaient les aider pour ce qui était de la récolte de nourriture. Une fois par semaine, Harold partait à la pêche (qu'est-ce que son père avait été fier de le voir revenir avec assez de nourriture pour nourrir le village au complet), accompagné des autres adolescents. Ils apportaient de gros filets et capturaient des tas de poissons, transportés par les dragons. Ce qui était bien, c'est que cela ne leur prenait que l'après-midi, alors que Stoic aurait passé des heures sur un bateau et n'aurait rapporté qu'une mince portion de celle de son fils. Harold était devenu un héros, aidant maintenant le village au lieu de le nuire. Le jeune homme poussa la grande porte, la furie nocturne lui poussant les jambes d'impatience. Ils entendaient déjà les voix de ses amis et celle de Geulefor. À peine quelques pas de fait, il croisa le regard d'Astrid. Elle lui envoya la main, un sourire sur les lèvres. La jeune fille avait disposé une assiette en plus à côté de la sienne, dans laquelle trônait un morceau de pain et des fruits frais qu'ils avaient cueillis ensemble la veille. Elle lui avait même versé du lait de yak dans une tasse. Son déjeuner était prêt et servi, ce qui était souvent le cas ces temps-ci. Elle avait beau avoir mauvais caractère, il en faisant tellement pour elle (dont des cours de vols particuliers, ce qui énervait beaucoup Rustik) qu'elle se sentait obligée de lui rendre la monnaie de sa pièce. Et quoiqu'elle ne l'avouât pas, elle aimait avoir sa reconnaissance.

-Bon matin, tout le monde, souhaita-t-il de bonne humeur.

-Bon matin, Harold, enchaîna Astrid.

-T'es en retard, vieux. T'es tombé de ton lit ? demanda Rustik.

-Une bonne nuit de sommeil aide à la santé, répliqua Varek.

-Une bonne santé, c'est nul, dit Kognedur.

-Y'a qu'la douleur de vrai, expliqua son frère.

Pour le prouver, les jumeaux se frappèrent la tête l'une contre l'autre. C'était la routine habituelle, si on oubliait Geulefor qui, d'habitude, se trouvait à la forge. Il n'avait plus besoin de s'occuper des recrues, car son travail avait consisté à tuer les dragons. Maintenant, il s'occupait de faire les armes nécessaires à un combat contre des envahisseurs ou à construire des accessoires pour les dragons, comme des selles ou tout ce qui pourrait leur être utile.

-T'es pas à la forge ? demanda Harold à son mentor.

-Nan, j'ai pas grand-chose à faire aujourd'hui. D'ailleurs, ça me fait penser. Varek, ta nouvelle selle est prête, tu pourras venir la chercher tout à l'heure.

Harold, qui s'était assis pendant leur discussion, commença à manger une bouchée de pain.

-Hum, tu as même rajouté du beurre de yak. Merci, Astrid, dit Harold en souriant.

Elle lui sourit en guise de réponse. La conversation alla bon train, jusqu'à ce que chacun ait fini de manger et qu'ils décidèrent donc d'aller à l'Académie, si on excluait le plus trapu d'entre eux qui accompagna Geulefor à la forge pour chercher sa nouvelle selle, suivit de son dragon. Celle-ci était avec les autres dragons pendant tout le repas, plus loin dans la salle, là où une mangeoire était remplie tous les jours de poissons pour les nourrir. Krokmou rejoignit son cavalier en de grande enjambé, un poisson toujours dans la gueule. Comme tous les matins, il en régurgitait un pour Harold, au cas où celui-ci n'aurait pu manger à sa faim et comme chaque fois, il refusa poliment. La furie nocturne n'en faisait pas cas, elle le gardait toujours durant l'entraînement et quand elle voyait qu'il ne le mangeait vraiment pas, elle l'envoyait aux oubliettes. À quoi bon manger ce qu'elle avait gardé pour lui ? Aucun autre dragon n'avait cette habitude, sans doute dû au lien particulier des deux meilleurs amis. Après quelques minutes de marche à traverser le village (même si cela faisait déjà quelques semaines qu'il avait perdu sa jambe, Harold tenait à continuer à se pratiquer à utiliser sa prothèse et tout le monde le soutenait, parce qu'il fallait l'avouer, perdre une jambe n'était pas rien et les adolescents comprenaient très bien la chance qu'ils avaient qu'Harold ait été là pour sauver le village), ils arrivèrent à l'Académie. Ils commençaient par les cours théoriques, le futur chef de Berk enseignant tout ce qu'il avait appris sur les dragons. Quand arrivait le moment où il parlait de dragon spécifique, il laissait chacun parler de ce qu'ils apprenaient de leur propre dragon. Ensuite, il allait dîner à la grande salle et prenait des provisions pour l'après-midi, moment où ils mettaient en pratique leur apprentissage et partaient donc en chevauchée sur le dos de leur dragon. Ils s'arrêtaient souvent sur une île pour le souper et revenaient ensuite à Berk. Chacun s'occupait comme il le voulait par la suite, à moins qu'ils ne décident de faire quelque chose de particulier tous ensemble. Normalement, Astrid et Harold allaient se promener tous les deux, avant que la jeune femme ne rentre chez elle et qu'il ne s'envole dans le ciel seul avec son dragon.

-Aujourd'hui, nous allons aborder le régime alimentaire des dragons. J'espère que chacun de vous a apporté ce que je vous ai demandé. Dès que Varek arrivera, nous commencerons les cours, expliqua Harold, mais comme il parlait, il sentait sa vision devenir floue et changer peu à peu, alors qu'il pouvait clairement entendre des chuchotements de voix lointaines. La tête lui tournait et il tomba à genoux, les yeux clos. Lorsqu'il les ouvra, Astrid se tenait devant lui. Elle le regardait avec des yeux inquiets. Ses cheveux étaient en bataille et sa tresse était encore plus désordonnée qu'à l'habitude. Mais ce qui le troubla, c'était ses vêtements. Ou plutôt, LE vêtement qu'elle portait. Il était bleu tellement pâle qu'il avait l'air blanc. Il partait des genoux et lui arrivait au cou, en une espèce de robe très l'aide. Il regarda autour de lui. Il était dans une pièce au mur blanc où deux tables étaient collées au mur du fond, les chaises disposées sur le plat des meubles. Les jumeaux et Rustik étaient derrière, avec la même robe qu'Astrid. Un bruis de porte se fit entendre et Varek entra dans la pièce, se stoppant dès qu'il vit son ami mal en point.

-Mais…où est-ce qu'on est ? demande Harold.

Astrid ne semblait pas comprendre et le regarda d'un drôle d'air.

-À l'Académie, Harold.

Le jeune homme ouvrit de grands yeux surpris. La sueur perlait sur son front et il se sentait terriblement faible. Il ne comprenait absolument pas ce qui se passait autour de lui. Sa tête devenait de plus en plus lourde et il savait que bientôt, il plongerait dans un sommeil qu'il ne désirait pas.

Harold se réveilla dans sa chambre. La chaleur de son lit le réconforta et rapidement, il vit dans son champ de vision la tête de son dragon, inquiet pour lui. Il regarda autour de lui. Tout semblait normal. Il se leva tranquillement, mais se figea de surprise. Étrangement, la scène lui rappelait un mauvais souvenir et il souleva la couverture, s'assurant que sa deuxième jambe était toujours là, ainsi que tous ses autres membres. Il ne tenait pas à perdre une autre partie de son corps. Une fois rassuré, il put sortir de son lit et se diriger vers la sortie, son dragon sur les talons. Ses amis l'attendaient à l'étage inférieur, avec son père et Geulefor. Quand ils les virent descendre, leurs visages inquiets reprirent une expression un peu plus normale.

-Ça va mieux, Harold, demanda Astrid.

-Oui… Je… C'était vraiment étrange, expliqua-t-il. Je me suis mis sentie faible et d'un seul coup, j'étais dans une pièce blanche et vous étiez avec moi, les gars. Mais vous portiez des vêtements bizarres…

Tout le monde le regardait, étonnés. Bon sang, de quoi parlait-il ? Était-il devenu fou ?

-Ne me regardez pas comme ça. Je vous l'ai dit, c'était étrange. Ça avait tellement l'air réel…

-Mais ça ne l'était pas, répliqua Astrid.

-Parfois, quand je dors, je rêve que je suis dans une pièce et la lumière est si forte que je n'arrive pas à rien distinguer, dit Varek. Peut-être que c'est un rêve comme ça que tu as fait.

-Mais j'étais réveillé, répliqua Harold. De toute façon, ça n'a pas d'importance. J'ai simplement eu un malaise. Retournons à l'Académie.

-Il serait mieux que tu te reposes aujourd'hui, fils, lui imposa son père.

Harold n'était pas d'accord, mais s'opposer à son père était inutile. Il ne gagnait presque jamais et aujourd'hui, il sentait qu'il n'était pas seulement contre lui, mais contre tous ses proches. Il dut bien vite se résigner et retourna donc s'étendre dans sa chambre. Son père monta quelques minutes plus tard, un plateau-repas à la main.

-Fils, je t'ai apporté à manger. Tout le monde est parti et je dois y retourner. Si jamais il y a quoique se soit, envoie Krokmou nous chercher, d'accord ? demanda son père, de l'inquiétude dans sa voix.

-Oui papa, répondit l'adolescent, déçu d'être enfermé pour la journée.

Son père déposa le plateau de nourriture au pied du lit et quand il referma la porte, le jeune homme le prit et l'avala d'une traite. Il était rare qu'il mange autant et si rapidement, mais il était si épuisé qu'il se sentait obligé à manger pour reprendre de l'énergie. La rapidité à laquelle il avait tout englouti lui donna mal au ventre et il se coucha donc dans l'espoir de faire passer la douleur. Il ne lui en fallait pas plus pour se rendormir, complètement vidé.

La lumière frappait fort. Il ouvrit difficilement les yeux, appelant son ami à l'aide. Mais bien vite, il remarqua qu'il n'était plus dans sa chambre, mais dans une pièce aux murs aussi blancs que dans sa dernière vision. La seule différence, c'est qu'il n'y avait que le lit sur lequel il était couché et une petite table de chevet comme meuble. Deux femmes étaient sur le pas de la porte et se parlaient. La première portait un pantalon en tissu noir et un chandail aux manches longues de la même couleur. Il était attaché par des boutons sur le devant et s'ouvrait en V du cou au nombril, laissant paraître un autre chandail, mais blanc. Elle était perchée sur de hauts souliers noirs et avait ses longs cheveux blonds attachés. La deuxième portait un pantalon et un chandail vert pâle et tenait une planche en bois dans la main sur lequel trônait des papiers. Harold les observa, incertain. Devait-il signaler sa présence ? Il opta pour l'affirmatif.

-Où suis-je ? demanda-t-il dans leur direction.

Les deux femmes, surprises par la question, se tournèrent vers lui et l'observèrent quelques secondes, en silence.

-Où suis-je, répéta Harold, plus déterminé cette fois-ci.

-Tu nous le demande à nous ? demanda la femme en noir.

-Oui, répondit-il. À qui d'autre voulez-vous que je le demande…

La femme en vert pâle sembla surprise.

-Mon Dieu, il est réveillé, s'exclama-t-elle.

-Ne te fais pas trop d'idées. Ça ne dure jamais plus de deux minutes.

Comme si les paroles de la femme avaient déclenché quelque chose chez Harold, il se sentit plongé dans un sommeil, comme la fois précédente. Il déposa sa tête sur l'oreiller, étourdi. Les yeux clos, il entendait de moins en moins les voix des femmes qui étaient présentes. Quelques secondes plus tard, il s'était assoupi.

Il se réveilla en sursaut dans sa chambre. Il regarda tout autour de lui. Krokmou était couché la pierre qui lui faisait office de lit. Alerté par l'agitation de son chevaucheur, le dragon releva brusquement la tête.

-Krokmou…J'ai fait un rêve bizarre. Un autre… expliqua Harold.

Il regarda par la fenêtre pour voir qu'il faisait noir. Il faisait donc déjà nuit ? Le jeune homme devait aller prendre l'air, alors il sortit silencieusement de la maison, demandant à son dragon de passer par la grande ouverture qui lui était réservée pour le rejoindre à l'extérieur. Il avait bien besoin d'aller voler et d'oublier toute cette histoire. Il monta sur le dos de son meilleur ami et ensemble, ils s'enfoncèrent dans le ciel noir, bientôt suivit par un dragon vipère.

-Harold, qu'est-ce que tu fais dehors ? cria une voix derrière lui, le faisant sursauter.

Astrid le suivait, un air réprobateur sur le visage. Elle lui fit signe de se déposer au sol. Ils s'étaient déjà assez éloignés du village et trouvèrent donc un coin désert pour discuter. Dès qu'Astrid eut mis pied à terre, elle se rua sur Harold pour lui frapper l'épaule.

-AIE ! s'exclama-t-il.

-Idiot, tu devrais être couché dans ton lit. Pas dehors, le réprimanda-t-elle.

-Eh, oh. Calme-toi, Astrid. J'ai dormi toute la journée…

-Et alors. Ce n'est pas une raison pour sortir. Imagine si tu aurais perdu connaissance sur le dos de Krokmou. Vous vous seriez tous les deux écrasés au sol et personne n'aurait pu vous venir en aide, parce que personne n'aurait su que vous étiez parti.

-C'est bon, je m'excuse, répondit-il.

Elle avait le don de le faire flancher. Mais ce n'était pas suffisant, il le voyait bien dans ses yeux. Elle savait que quelque chose n'allait pas, elle pouvait le remarquer. Elle le connaissait assez pour ça, maintenant.

-Je… J'ai encore fait ce rêve étrange… expliqua Harold.

-Celui où on porte des vêtements bizarres ? lui demanda-t-elle.

-Non… Cette fois-ci, vous n'étiez pas là. Mais il y avait deux femmes…expliqua-t-il. Elles étaient surprises que je me sois réveillé et que je puisse les voir.

-Ce n'est qu'un mauvais rêve, Harold, répondit Astrid sur un ton presque maternel. Tu ne devrais pas laisser cela t'affecter autant.

-Mais ça semblait si réel.

Elle ne répondit rien. Le jeune homme s'assit, les bras croisés sur les genoux et le regard fixé sur l'horizon. Son amie le rejoignit sans dire un mot de plus. Il n'avait pas envie de parler, seulement de penser. Il aimait beaucoup Astrid pour cela. Quand elle voyait qu'il avait besoin de calme, elle lui en laissait. Après une heure plongée dans le silence, ils décidèrent qu'il était temps de rentrer et qu'il serrait mieux pour lui d'aller voler le lendemain (avec une supervision, évidemment, même si cela lui déplaisait). Les deux adolescents se séparèrent pour rentrer chacun chez soi.

Plusieurs mois plus tard.

Ils étaient tous à l'Académie. Harold enseignait à ses élèves quelque chose sur les écailles des dragons qu'il avait appris quelques jours plus tôt. Varek semblait fasciné et Astrid écoutait attentivement. Les jumeaux, quant à eux, n'écoutaient pas un seul mot et se battaient sans cesse, mais personne n'en faisait cas, trop habitué à leur comportement. Rustik se contentait de passer des commentaires toutes les deux phrases du jeune homme, l'énervant au plus haut point.

-Tais-toi, bon sang. On essaie d'écouter, nous, lui intima Astrid.

-Oh, arrête, c'est super-ennuyant comme cour. On ferait mieux d'aller voler, répliqua Rustik.

-Ouais ! s'exclamèrent les jumeaux. C'est plus cool voler.

-Personne ne t'oblige à rester, répliqua la blonde au cousin d'Harold.

-On peut partir ? demandèrent les jumeaux.

-Mais vous allez arrêter ? J'essaie de vous donner un cours, moi.

Tout tourna autour de lui. Il pouvait déjà voir sa vision changer et un énorme éclat de lumière devant ses yeux. Il tomba une fois de plus à genoux, ébloui et étourdi. Tout le monde se tourna vers lui.

-Harold ! Harold ! répétait Astrid, inquiète.

La pièce dans laquelle ils se trouvaient était blanche. Elle était différente de la dernière fois. Premièrement, il n'y avait plus les tables et ensuite, trois femmes, celles de la dernière fois et une autre qu'il ne connaissait pas, étaient présentes.

-Qui êtes-vous ? demanda-t-il sur ses gardes, après avoir retrouvé contenance. Et où sommes-nous ?

-Harold, de quoi tu parles, demanda Astrid.

La femme qu'il n'avait pas encore vue s'insurgea au nom qu'elle prononça.

-Ne l'appelle pas comme ça. Il s'appelle Henri, pas Harold.

-Je vous les déjà expliquer, madame Jackson. Il s'est rebaptisé… expliqua la dame en noir.

-Je m'en fous. Il s'appelle Henri, l'interrompit-elle.

-De quoi parlez-vous ? demanda Harold. Et où sommes-nous ?

-Harold ? demanda Astrid.

-Nous sommes dans le département psychologique de l'hôpital Saint-Georges, expliqua la dame habillée en vert.

-Le quoi ? demanda-t-il, ne comprenant pas de quoi elle parlait.

Avant qu'elle ne put répondre, il l'interrompit.

-Où est Krokmou ? demanda-t-il, la voix sévère.

-Krokmou ? demanda la femme qui l'avait appelé Henri.

La dame en noir se tourna vers elle, lui expliquant qu'il s'agissait là du dragon imaginaire d'Harold.

-Imaginaire ? Vous voulez me faire croire que Krokmou est imaginaire ? Rendez-moi Krokmou immédiatement, s'insurgea le jeune homme.

-Écoute-moi, Henri, commença la dame en noir. Je suis médecin, ici et je suis chargée de m'occuper de toi. Je sais que c'est difficile à entendre, mais tu ne t'appelle pas Harold et les dragons n'existent pas, tout comme les Vikings. C'est un monde que tu t'es toi-même créé…

-Mais de quoi parlez-vous ? Vous êtes cinglée ou quoi ? s'exclama l'adolescent. Vous pensez vraiment que je vais vous croire ? Rendez-moi mon dragon, ou vous allez le regretter.

La femme secoua la tête, s'apprêtant à lui expliquer calmement ce qu'elle venait de lui dire, mais Harold était hors de lui et il s'emporta. Au même moment, des hommes entraient dans la salle, habillés en uniforme sur lesquels était marquée quelque chose qu'il ne pouvait pas comprendre.

-RENDEZ-MOI MON DRAGON.

Le cri sembla réveiller ses amis, qui regardèrent partout sans comprendre. Les hommes qui venaient d'entrer se jetèrent sur le garçon qui se débattait violemment. Ses amis, qui voulaient l'aider, se jetèrent à leur tour sur les nouveaux arrivants, mais ceux-ci étaient plus nombreux et plus habiles et les retenaient tous.

-HAROLD… QUE… QUI SONT PASSE-T-ILS ? cria Astrid en se débattant. ET… OÙ SONT… NOS DRAGONS ?

-ILS ONT VOLÉS NOS DRAGONS, réussi à répondre le concerner sur le même ton de voix qu'elle.

-Mon chéri, disait l'une des femmes. S'il te plait, Henri. Tu ne me reconnais pas ? C'est moi… Ta mère.

Harold arrêta de se débattre. Sa mère ? Comment pouvait-elle être… Mais avant qu'il n'ait pu demander des explications, il sentit une brûlure au niveau de son bras droit. Il se tourna vers l'homme qui lui enfonçait un machin dans la peau et s'effondra, sans connaissance.

-HAROLD !

Les trois femmes se trouvaient dans un bureau, plongées dans une intense conversation. La « mère » d'Harold, une femme brune aux yeux bleues, semblaient hors d'elle.

-Vous m'aviez garanti des résultats. Ça fait des années que j'en attends, s'exclama-t-elle.

-Je ne vous ai jamais garanti de résultats. Il était impossible de vous en garantir, madame. Votre fils a un traumatisme qui l'a poussé à se plonger dans d'intenses délires psychologiques. Il a vécu une épreuve terrible quand son père et son oncle son mort. Quand il est arrivé ici, il a décidé de s'enfermer dans un monde où ils vivaient encore et à influencer les autres patients. Ils ont créé une espèce de délire collectif dans lequel ils sont tous plongés. Votre fils n'est plus Henri, mais bien un Viking du nom d'Harold qui vit parmi les dragons. Je ne pourrai rien faire tant qu'il ne voudra pas être aidé et qu'il ne prendra pas conscience que la réalité dans laquelle il est plongé n'est en fait…qu'un songe.


Voilà, j'espère que vous avez aimé :) N'hésitez pas à me laisser une review pour me faire part de votre avis si le cœur vous en dit. À la prochaine !