Voilà une série de 26 drabbles, un pour chaque lettre de l'alphabet. Un drabble est un texte d'exactement 100 mots. Bonne lecture !
26 Drabbles
A- Ailes
Harold voulait des ailes. Depuis aussi longtemps qu'il se souvenait, il enviait les dragons d'avoir un moyen de s'enfuir loin dans le ciel. Il aimait l'idée de flotter dans le vide, de voler dans les airs. Il n'aimait pas son village, ces Vikings brutes qui le ridiculisaient parce qu'il était différent. C'était sa famille, sa maison, mais il ne se sentait pas le bienvenu. Et quand Krokmou entra dans sa vie, il trouva enfin la liberté qu'il cherchait tant et chaque soir, il s'envolait sur le dos de son unique ami.
B- Blessures
Les blessures, il connaissait. Il était faible et maladroit. Souvent, il trébuchait dans le vide et s'écroulait sur le sol, s'écorchant le visage et les paumes de mains. À la forge, il se brulait sans cesse et se coupait parfois sur les lames affutées. Et bien sûr, il avait trouvé le moyen de perdre une jambe à seulement quinze ans. Pourtant, rien de tout cela ne l'avait tant blessé. Parce que quand on vous brusque tous les jours et qu'on se moque de vous, la douleur physique n'est rien à côté de celle du cœur.
C- Captivité
Il n'avait jamais quitté Beurk. Il voyait, chaque jour, les habitants du village faire des vas et viens sur l'océan, partant à la chasse au poisson ou à la recherche du nid des dragons. Mais son père le lui interdisait. Il n'allait pêcher ensemble qu'à quelques mètres de la plage et encore, Harold et Gueulfor devaient se mettre ensemble pour convaincre le géniteur de l'enfant. Stoic était surprotecteur tout en espérant que son fils deviendrait un grand Viking. Alors il le gardait, en sécurité, sur l'île où chaque jour, Harold se sentait en captivité.
D- Deuil
Il pensait connaitre la tristesse du deuil. Il pensait connaitre la douleur de perdre un être cher. Quand on est Viking, la mort est un risque courant. Il s'était habitué à l'idée que la vie était courte et qu'il fallait profiter de chaque moment, car chaque fois qu'une guerre entre les dragons et les Beurkiens éclatait, il y avait toujours de nombreuses victimes. Il ne comprit son erreur que lorsque son père s'écroula devant lui. Parce que maintenant, il devait accepter la mort de la seule personne qui avait toujours été invincible à ses yeux.
E- Exil
Il s'était toujours senti seul. Tout le monde ne lui parlait que pour lui faire des reproches. Alors il avait tout fait pour faire partie des leurs. Il s'était battu dans de fois contre les dragons, souhaitant si fort l'approbation du village et de son père. Mais quand Krokmou entra dans sa vie, tout changea. Il n'eut plus peur d'être seul. Et quand Gothi annonça son choix et qu'il fut forcé de tuer un dragon, il n'hésita pas une seconde, prêt à s'exiler de son propre peuple pour sauver ce dragon innocent.
F- Folie
Harold avait détaché le plus puissant dragon connu. Il l'avait libéré, lui permettant de le tuer. D'un seul tir, Krokmou lui aurait enlevé la vie. Mais il ne l'avait pas fait, le jeune homme l'ayant sauvé. Tout Vikings et dragons normalement constitué y verraient de la démence, mais eux y voyaient un nouveau départ. Une évolution entre les deux peuples qui auraient dû se faire longtemps avant. Si le changement signifiait la folie, alors ils l'acceptaient sans broncher, parce que leur amitié était ce qu'il y avait de plus pur dans cette guerre déchirante.
G- Gamin
Il se battait chaque jour pour trouver sa place. Et son père ne cessait de lui mettre la pression pour devenir un meilleur Viking, un meilleur successeur. Alors il faisait tout en son pouvoir pour grandir et se muscler. Il mangeait plus qu'il ne pouvait en prendre, courait plus que ses jambes ne pouvaient supporter et il soulevait des objets trop lourds pour ses petits bras. Mais rien n'y faisait, il restait petit, frêle et manquait de force. Seulement, personne ne pouvait comprendre que, malgré son appartenance au peuple Viking, il n'était, après tout, qu'un gamin.
H- Haine
À la longue, il avait finit par se dégoutter lui-même. Il n'était pas un vrai Viking, on le lui répétait chaque jour. Alors, quand il voyait son reflet dans l'eau, il n'avait qu'une envie : chasser cette horrible vision de lui. Il voulait changer, être comme son père, un vrai guerrier, un vrai combattant. Un chef extraordinaire, vénéré de tous. Il ne lui arriverait jamais à la cheville et personne ne voulait qu'il succède au grand Stoic. Alors, avec le temps, la honte qu'il était propagea une haine envers lui partout dans le village.
I- Idéal
Pour les Vikings, l'idéal était d'être fort, puissant, de savoir se battre. Ils cherchaient toujours la perfection, la force ultime, il voulait la force des dieux. Si Stoic se rapprochait de l'idée qu'on se faisait d'un modèle d'excellence, il n'était pas parfait pour autant. Pour Harold, l'idéal n'était pas réel. Il avait compris depuis longtemps que la perfection n'existait pas. Pourtant, quand il découvrit un ami en son nouveau dragon Krokmou, il trouva enfin son idéal à lui : une amitié puissante et qu'il ne remplacerait pour rien au monde.
J- Jeunesse
Harold avait vécu toute son enfance sous les reproches de tous. Il ne pouvait faire un seul pas sans qu'on ne l'accable de reproches. Avec le temps, on aurait pu croire qu'il s'y serait habitué, mais la douleur du rejet l'affectait toujours autant. Il n'avait comme proche que Gueulfor et Stoic, jusqu'au jour où Krokmou apparut dans sa vie. Et à ce moment, il décida de profiter du peu de temps qu'il lui restait en tant qu'adolescent, au côté de son fidèle ami, malgré la jeunesse difficile qu'il avait vécue.
K- Karma
Harold ne comprenait pas ce que la vie avait contre lui. Il avait beau faire du mieux qu'il pouvait pour être à la hauteur, tout lui retombait toujours dessus. Il essayait d'aider et à la place, il nuisait. Sa seule utilité était à la forge et même encore, il y inventait des objets qui finissaient par être dangereux pour tout le monde. S'il avait connu le principe du karma, il n'aurait eu aucun doute que, dans une vie passée, il avait dû être une personne horrible pour que tout se retourne contre lui de la sorte.
L- Légendes
Harold n'était pas stupide. En fait, même enfant, il était l'un des plus intelligents Vikings du village. Gothi était l'une des rares personnes à le respecter pour cette qualité, car selon elle, les muscles ne valaient pas un cerveau. Mais il aimait écouter les contes de Gueulfor. Il les savait faux, mais il aimait voir le visage rayonnant du forgeron qui lui racontait des histoires les unes plus incroyables que les autres. Alors, Harold chassait chaque jour les trolls pour lui faire malgré l'exaspération de son père, même s'il ne s'agissait que de légendes.
M- Mensonges
Il avait toujours été un piètre menteur. Mais personne ne l'écoutait, si ce n'était Gueulfor, alors il pouvait raconter n'importe quoi, les gens ne l'écoutaient pas de toute façon. Quand il mentait, rare était ceux qui le remarquaient. Pourtant, quand il disait la vérité, personne ne le croyait. C'était ainsi, pour lui. Les gens n'avaient pas confiance en lui quand il le fallait. Il avait longtemps trouvé cela énervant, mais quand il dut cacher l'existence de Krokmou, cela s'avéra être une véritable bénédiction. Il put donc cacher son ami en toute discrétion.
N- Nocturne
Krokmou était d'une espèce rare. Il était peut-être même, de ce qu'il savait, le dernier des Furie Nocturne. Il ne se souvenait pas de sa famille, ni d'où il venait et ne savait donc pas où se situait l'île des siens, si celle-ci existait encore. Il en avait longtemps souffert. Ne pas avoir de famille était douloureux pour lui, mais la présence d'Harold avait tout arrangé. Car cette famille qu'il n'avait jamais connue avait maintenant laissé sa place à ce jeune homme débordant de curiosité. Et chaque nuit, ils volaient, ensemble.
O-Orphelin
Il avait toujours été orphelin. Sa mère était parti alors qu'il n'était qu'un bébé et il n'avait aucun souvenir d'elle, si ce n'était le dragon en peluche qu'elle lui avait donné enfant pour qu'il n'aille plus peur d'eux. Et il l'avait enfin retrouvée. Il avait ses deux parents, une famille unie, complète. Le bonheur fut de courte durée. Son père est mort, après seulement une journée avec sa mère. Il serait orphelin toute sa vie et il n'aurait toujours qu'un parent auprès de lui, peu importe ses espoirs.
P- Père
Il n'avait jamais eu une bonne relation avec son père, il était trop sévère et exigeant. Harold n'arrivait jamais à le satisfaire, ni à se faire comprendre. Mais ils s'aimaient. Peu importaient leurs querelles, ils ne voulaient pas se perdre. Quand Stoic cru que son fils était décédé avec la mort rouge, son cœur se brisa. Il s'était juré par la suite de toujours le protéger et il n'hésita pas un seul instant à se sacrifier pour lui. Car si un chef doit défendre son village, un père est prêt à mourir pour son enfant.
Q- Qualités
Il était intelligent. Il ne pouvait pas le nier. Il avait toujours compris plus rapidement que la plupart des autres Vikings. Il était débrouillard, aussi. Même s'il ne savait pas se défendre à mains nues, il avait appris, grâce aux bons soins de Gueulfor, à confectionner toutes sortes de machine lui permettant de se battre. Mais sa plus grande qualité, c'était sans aucun doute son grand cœur. Parce que c'est ce qui lui avait permis de faire ce que tous croyait impossible : dompter un dragon et en faire non seulement un allié, mais aussi un ami.
R- Rencontre
Parfois, la première impression qu'on a de quelqu'un ou de quelque chose peut être vraiment horrible. Mais souvent, quand on prend le temps de faire face à nos craintes, on s'aperçoit qu'il n'y avait pas de quoi s'en faire. Pour Harold, les dragons étaient des créatures démoniaques, de dangereuses bêtes prêtes à vous dévorer en une bouchée. Pour Krokmou, les Vikings étaient des brutes sanguinaires exterminant tous ceux qui osaient se mettre sur leur passage. Et pourtant, dès leur première rencontre, ils comprirent que, en vérité, il suffisait de passer par-dessus les apparences.
S- Solution
La guerre durait depuis plus de trois siècles. Les Vikings s'acharnaient à défendre leurs biens et leurs vives et les dragons se battaient pour leur survie, volant tout ce qu'ils pouvaient pour leur reine. Aucun n'était prêt à baisser les bras et les combats devenaient de plus en plus sanglants. Chaque fois, il y avait des pertes. Pour chaque Vikings tombés au combat, il y avait au moins dix dragons de tués. Et aucun n'avaient pensé que la solution était simple : s'unir pour s'entraider. Et c'est ce que Krokmou et Harold ont prouvés.
T- Tuer
Pour les Beurkiens, la vie se résumait à tuer ou être tué. Pour Harold, cela se résumait à vouloir tuer et raser de faire tuer tous ceux qui l'entouraient. Il regardait tout le monde se battre et essayait de les imiter, mais les résultats étaient toujours catastrophiques. Stoic ne lui avait jamais appris à se battre. Les seules épées qu'il avait le droit de toucher, c'était celle de la forge et uniquement avec Gueulfor. Mais sa rencontre avec Krokmou lui avait appris quelque chose qu'il n'avait jamais soupçonné chez lui : il était incapable de tuer.
U- Unique
Harold était différent. Anormal. Il préférait l'esprit au corps. Il mangeait peu, mais avait quand même plein d'énergie. Il avait facilement peur, mais avait le courage d'affronter ses plus grandes craintes. On le jugeait parce qu'il n'était pas comme les autres. Mais ça ne l'empêchait pas d'être ce qu'il était. Il voulait changer, pour être comme tous ceux qui vivaient à Beurk, car il ne comprenait pas que cette différence qu'il détestait tant le rendait particulièrement unique, mais surtout, faisait de lui une meilleure personne que tous ceux qu'il connaissait.
V- Viking
Il voulait être un Viking. Il ne voulait pas être le meilleur, seulement faire partie des siens. On ne peut pas être le fils du chef sans être à la hauteur. Lui n'avait pas le droit à l'erreur, alors que les autres avaient beaucoup plus de liberté. Alors, quand son père avoua qu'Harold était sans doute le plus grand guerrier qu'est connu son peuple, parce qu'il s'était battu pour ses idées et les avait tous sauvés de la guerre qui durait depuis des siècles, il s'était senti fier d'être enfin un Viking.
W- Walhalla
Tout Viking qui se respecte souhaite aller au Walhalla à sa mort. Il ne vit que pour être l'un des valeureux guerriers qui rejoindra le paradis d'Odin. Personne ne croyait qu'Harold y avait sa place. Pourtant, quand il les sauva, tous ne purent s'empêcher d'éprouver de la jalousie à son égard. Parce qu'il avait fait preuve de beaucoup plus de courage et de force qu'aucun d'eux n'avait su avoir. Alors, il n'y avait plus de doute pour personne : Harold irait au Walhalla et deviendrait l'un des plus grands Einherjar.
X- Xénophile (qui montre de la sympathie pour les étrangers)
Harold détestait juger sans connaître. Sa sympathie envers les étrangers l'avait emmené à vouloir connaitre les dragons. Maintenant, il souhaitait étendre ses connaissances, montré à tous les autres peuples qu'il ne connaissait pas encore qu'il ne fallait pas chasser les dragons. Alors, il voyageait beaucoup, vers les villages qui lui étaient étrangers, pour faire connaissance avec les gens qui y vivaient. Rien ne pouvait l'arrêter, sa mission étant trop importante à ses yeux pour que quiconque puisse l'en empêcher. Et puis, il n'avait pas peur de l'inconnu, il en était au contraire captivé.
Y- Yeux
On dit que les yeux sont le reflet de l'âme. Ils expriment nos sentiments, montrent qui nous sommes au plus profond de nous. Pour ceux qui ne savent pas porter attention aux détails, ils ne remarqueront pas les expressions qui y passent. Mais Harold avait toujours été précis dans tous ce qu'il faisait, alors il avait l'habitude de remarquer ce que d'autres ne voyaient pas. Et, sans même le savoir, il avait compris cette expression, en regardant dans les yeux de ce dragon qu'il n'avait pu tuer, tant ils exprimaient la crainte de mourir.
Z- Zizanie (discorde, mésentente)
À Beurk, il y avait toujours eu des discordes. Les gens qui y vivaient s'entendaient déjà mal entre eux, alors imaginez avec les dragons. Mais cela n'empêchait pas Harold d'être fier de son peuple, car chacun avait fait l'effort d'accepter les dragons et maintenant, presque tout le monde possédait le sien. Rares étaient ceux qui n'en avaient pas un chez-soi. Et, malgré la zizanie qu'il y avait parfois dans le village, Beurk et ses habitants pouvaient enfin vivre en paix. Les dragons et les Vikings vivaient maintenant dans la tranquillité, enfin unis.
Merci d'avoir prit le temps de me lire :) À la prochaine !
