Voilà mon sixième OS, écrit dans le cadre d'un jeu du FoF (Forum Franconphone). Le but du jeu est d'écrire sur un thème donné, celui-ci étant « Témoignage », avec une période d'une heure comme délai. Pour plus d'information, vous pouvez m'envoyez un MP et je répondrai à toutes vos questions. J'espère que vous aimerai. Bonne lecture !
Témoignage
Tout le monde voulait la vérité. Ils n'étaient pas tous avec eux quand Stoic décéda et le village voulait savoir ce qui s'était passé. On attendait d'Harold qu'il en parle, qu'il témoigne de ce qu'il avait vu. C'était lui qui était le plus harcelé avec toute cette histoire. Astrid avait tant bien que mal essayé de leur expliquer ce qui s'était passé, mais tout le monde l'ignorait. Ils voulaient la version des faits du fils du chef, mais personne ne semblait comprendre qu'il ne voulait pas en parler. Qu'il ne POUVAIT pas en parler. Il avait vu son père mourir, sous ses yeux. Et que dirait le peuple s'ils savaient que Krokmou était l'auteur de ce meurtre, qu'il était celui qui avait servi d'intermédiaire à Drago. On l'avait peut-être forcé, mais les Berkiens n'hésiteraient pas à le chasser du village s'ils venaient à l'apprendre. Tous ceux qui avaient été présents s'étaient mis d'accord pour n'en parler à personne. Cela devait rester leur secret, à jamais.
Quand tout le monde fut enfin satisfait des explications qu'on leur donnait, ils se tournèrent ensuite vers Valka. Son cas avait fait beaucoup parler. Elle était disparue depuis presque 20 ans et maintenant, elle débarquait à la mort de son mari ? Ils avaient cherché à comprendre où elle était passée et certains, au lieu d'être heureux de son retour, la considérait comme une traitresse. Elle était partie avec les dragons AVANT la trêve. Même si Harold avait prouvé l'innocence des dragons, Valka n'avait aucune excuse : elle les avait tous abandonnés en pleine guerre. Elle avait abandonné son propre fils et plus encore, elle avait laissé le chef seul en cas de crise. Mais Gueulfor et Harold l'avaient défendue et si eux lui pardonnaient, si son fils, qui était maintenant le chef de Berk, l'acceptait parmi eux, ils en feraient de même.
Après un long moment plongé dans le deuil, Gueulfor avait tenu à mettre cette guerre par écrit. À transmettre aux générations suivantes les témoignages de ceux qui en avaient fait les frais. Un à un, on avait consigné les évènements dans les archives du village. On avait ensuite décidé qu'il était temps de faire hommage à Stoic et son seul enfant avait insisté pour que ce soit fait en grand. L'aînée était venue avec l'idée d'une statue géante en son honneur et on avait donc gravé dans la pierre le corps du grand guerrier qui avait péri pour protéger sa chair, pour permettre à son fils de vivre alors qu'il ne le pourrait plus lui-même. Il n'avait pas hésité : Harold était tout ce qu'il avait.
Plusieurs années plus tard.
Un garçon de sept ans s'était réfugié dans la forêt. Ses camarades s'étaient encore moqué de lui : il n'arrivait même pas à dompter un dragon. Il n'avait jamais été bon pour cela. Les animaux ne l'aimaient pas, peu importe leur nature. Il avait toujours été meilleur avec les plantes. Il aimait faire des remèdes et aider Gothi à cueillir des herbes aux propriétés médicinales. Mais pour le village, ne pas savoir se lier d'amitié avec un dragon était une honte. Caché dans une petite clairière, il regardait les fleurs qui y poussaient. Il se sentait libre ici. Un coup de vent et un bruit d'ailes indiquèrent que son père l'avait trouvé.
-Sven, que fais-tu ici ? On te cherche depuis des heures, commença-t-il.
-Je… J'avais besoin de m'éloigner…
-Les autres enfants se sont encore moqués de toi.
-Oui…
L'homme défendit de la grande furie nocturne qu'il montait. Harold avait pris de l'âge. Il n'était pas vieux, mais il avait depuis longtemps passé l'âge de l'enfance.
-Pourquoi je ne sais pas m'y prendre avec les dragons ? demanda Sven.
-Tu sais, il n'y a rien de mal à ne pas être comme les autres enfants.
-Mais tu es si exceptionnel. Tout le monde veut que je sois comme toi.
-À ton âge, tout le monde voulait que je sois comme mon père, aussi. Mais il chassait les dragons et moi, je n'ai jamais été assez fort pour me battre comme il le faisait.
Il pointa un visage dans la roche qu'on pouvait voire même de là où ils se trouvaient.
-Mon père était un héro, expliqua-t-il. Mais au départ, il n'était pas d'accord avec les dragons. La guerre régnait en maitre. Et avec le temps, il a fini par les accepter. Avec le temps, c'est lui qui a fini par devenir plus comme moi et non l'inverse. Un jour, tu feras de grandes choses. Et ce jour-là, je serai là pour t'aider et tu me feras prendre conscience de nouvelle chose, tu m'aideras à avancer encore plus loin. Et le village te reconnaîtra enfin à ta juste valeur. Mais pour ça, il faut que tu te battes pour tes principes. Il faut que tu leur montres à tous que tu es capable de grandes choses. Tu dois croire en toi, pour que les autres les fassent aussi…
Sven acquiesça. Son père avait toujours été de bon conseil. Il se retourna vers la statue du grand homme qu'avait été Stoic et se dit qu'un jour, son peuple serait prêt à témoigner qu'il était, comme ses ancêtres, un grand homme.
