Yay tout le monde !

Je sais ce que vous allez me dire : ça fait des mois que je n'ai pas donné le moindre signe de vie et j'en suis - croyez-moi - vraiment désolée. Mais entre mes examens, mes vacances et mon déménagement j'ai eu pas mal de choses à faire !

Alors voilà, avec pas mal de retard, je vous annonce la sortie du chapitre 4 !

Bonne lecture et ne m'en voulez pas trop s'il-vous-plait !


Souvenirs

Un grognement s'échappa de la bouche de Rei. Assise sur son bureau, une cigarette entre les lèvres, elle lisait le compte-rendu du médecin légiste sur la mort du procureur général. Quelque chose la dérangeait dans ce meurtre : outre le fait que la victime ait été brûlée à l'acide fluorhydrique.

- Rei, tu as de la visite…

Surprise, elle leva la tête vers Ichigo qui désignait la porte d'entrée. Dans l'encadrement, elle reconnut Rukia, sa petite sœur adoptive. Un sourire timide ornait ses lèvres. Ecrasant sa cigarette dans un cendrier, elle se leva, et après avoir rangé les copies qu'elle lisait, elle s'approcha de la brunette.

- Que puis-je pour toi, petite sœur ?

- J'pourrais te parler ? En privé…

Surprise, Rei acquiesça avant de se diriger vers la cafétéria tranquillement. Assise sur une des chaises hautes devant une table de bar, elle plongea ses yeux gris dans ceux violets de sa cadette.

- Que puis-je pour toi ?

- Tu ne m'en veux pas ?

- Pourquoi t'en voudrais-je ?

- Je suis partie…

- Moi aussi j'suis partie, à Osaka, et je viens seulement de revenir. Quelle différence ?

Rukia resta silencieuse, buvant une gorgée de café brûlant et amer lentement. Elle apprécia la brûlure de sa gorge sous le liquide chaud. Doucement, Rei lui sourit, glissant sa main dans sa nuque doucement en fermant les yeux.

- Et notre frère, comment l'a-t-il pris ?

- Je ne l'ai pas encore revu. Je ne le sais pas.

- Je ne suis pas allée à son enterrement.

- Il n'a pas voulu que je vienne non plus.

Le silence tomba alors que les doigts de la policière pianotaient lentement sur la table. Surprise, la plus jeune la fixa avec attention, elle n'en avait rien su, elle non plus. Doucement, Rei lui sourit en passant sa main dans ses mèches arc-en-ciel.

- Depuis quand tu as les cheveux teints ?

- Quelques mois j'dirais…

- En quel honneur ?

Elle vit le visage se fermer. Les yeux s'humidifièrent alors qu'elle se mordait la lèvre, comme si elle cherchait ses mots. Elle ne vit pas, derrière elle, Ichigo se servir une tasse de café. Finalement, Rei soupira : elle ne pouvait pas rester renfermée jusqu'à la fin.

- Une mission d'interception sur laquelle j'étais a mal tourné… Mon Lieutenant est mort là-bas… dans mes bras. J'ai appris deux jours plus tard, en rangeant notre appartement, qu'il voulait me demander en mariage.

- Il est mort dans tes bras ? Comment as-tu fait ? Que s'est-il passé ?

Un bruit de porcelaine brisée fit sursauter Rei. Brusquement, elle tourna la tête pour voir Ichigo la fixer avec attention, comme statufié. A nouveau, elle se mordit la lèvre, mal à l'aise. Doucement, Rukia lui prit la main.

- Nous étions sur une affaire depuis plusieurs mois. La Brigade des stupéfiants nous avaient demandé de l'aide mais leur mec infiltré a mal fait son boulot. Il y avait un tireur caché dont personne n'avait parlé. C'est au moment de l'échange que tout a merdé. Kensei a cherché à suivre les mecs hors du hangar, et il s'est fait descendre.

- Pourquoi a-t-il fait ça ?

Lentement, elle passa sa main sur son épaule, retraçant une cicatrice blanchâtre récente : jamais elle n'oublierait cette marque, tant pour la douleur, que pour ce qu'elle représentait.

- Nous étions trois à les suivre. J'ai failli rattraper le dealer principal, mais le tireur m'a touchée à l'épaule. La seconde balle m'a atteinte au ventre, et j'suis tombée au sol. Kensei, qui déjà n'était pas très chaud pour que je commande cette opération, n'a pas résisté et a foncé tête baissée. Ça lui a été fatal…

Une larme s'échappa de la paupière de Rei, malgré tous ses efforts pour la retenir. Rukia resserra sa prise sur sa main, en écho à celle qui s'était posée sur son épaule. Ichigo avait abandonné l'idée de ramasser la tasse brisée et s'était approchée de sa meilleure amie doucement. Le silence était tombé sur le Bureau d'enquêtes criminelles, sans qu'elle ne s'en soit rendue compte. Tremblante, elle passa sa main sur ses yeux.

- C'est pour ça que tu es revenue ?

Elle tourna la tête vers son meilleur ami. Ce dernier l'observait tristement, les yeux brillants, comme s'il était soulagé qu'elle en ait enfin parlé. Elle haussa les épaules : elle-même ne savais pas réellement.

- Quand j'ai reçu la lettre, je n'ai pas réfléchi et j'ai accepté. Sans prêcher le pour et le contre, sans me demander comment je réagirais en revenant à Tokyo, sans même me demander pour j'acceptais.

- T'as écouté ton cœur… tenta Rukia avec un sourire triste.

La policière se laissa aller à rire légèrement à cette phrase. Son cœur. Non, elle ne l'avait pas écouté, au contraire, elle l'avait fait taire et l'avait enfermé avec minutie.

- Non, j'ai agi sur un coup de tête, comme toujours, sans chercher plus loin, sans imaginer qu'il reformerait notre groupe.

- Tu vivais bien sans nous ?

Elle sursauta en entendant une voix inconnue. Lentement, elle tourna la tête pour découvrir Renji, les bras croisés sur son torse, le visage fermé, la mâchoire serrée.

- Je suis la dernière à être partie, ce serait à moi de vous poser la question, puisque vous vous êtes empressés de quitter le pays sans même dire où vous alliez.

- Oses dire que tu ne le voulais pas toi aussi !

Elle eut un petit sourire mauvais en se levant, terminant sa tasse de café d'une traite. Rukia baissa la tête en reconnaissant la carapace que sa sœur venait de revêtir, et Ichigo préféra en détourner le regard. Renji n'avait entendu que la fin, pas la raison qui l'avait poussée à quitter Osaka, et la suite risquait facilement de dégénérer, au vue du caractère explosif du rouge.

- Je ne voulais pas partir, Abaraï. Mais rester ici était devenu trop douloureux alors j'ai tout quitté, et j'ai tout recommencé. Et jusqu'à il y a peu, oui, je vivais bien.

Et sans rien ajouter, elle passa devant lui. Pour la déstabiliser, il chercha à lui donner un coup d'épaule, mais tomba à la renverse sous la réponse, se rattrapant au mur avec maladresse. Et c'est sans un regard qu'elle s'éloigna définitivement. Ses talons claquèrent encore sur le sol, puis le silence tomba.

- Très doué Renji ! Mais à ta place, j'éviterai de trop souvent la ramener ! gronda Ichigo, énervé.

- Pourquoi donc ? C'est vrai non ?

- Tu as été le premier à partir et à renier tous nos liens ! Alors à ta place, je me ferai minuscule. Maintenant, hors de mon commissariat, nous avons du travail.

Le rouge hésita, mais devant les yeux noirs de son ancien ami, il préféra s'exécuter, baissant légèrement la tête en se mordant la lèvre furieusement. Dans le fond, le rouquin avait raison : il était le premier à avoir quitté le groupe et la ville. Après avoir terminé son lycée à Karakura, il s'était empressé de trouver un appartement à l'étranger et de partir, sans même donner son adresse à ses amis. Il n'avait jamais cherché à avoir de leurs nouvelles directement, appelant parfois chez leurs parents en feignant vouloir les joindre… Mais jamais il ne les avait appelé chez eux. Quand il avait appelé Byakuya, il avait appris qu'Hisana était morte, et que Rei et Rukia avaient disparues de la vie de leur aîné. Elles étaient les deux seules personnes qui étaient entièrement sorties de sa vie. Alors qu'il allumait une cigarette, Rangiku s'approcha de lui, les mains dans les poches de sa veste en cuir.

- Tu as mauvaise mine.

- je te retourne le compliment.

- Je sais. Qu'est-ce qui t'arrive ?

L'homme prit une bouffée avant de la recracher par ses narines en fixant un instant le ciel au-dessus de la tête de son ancienne amie. Finalement, en l'entendant se racler la gorge, il soupira, reposant son attention sur elle.

- Je me rends compte que notre groupe ne sera plus ce qu'il était, si nous arrivons déjà à le reconstruire un peu…

Rangiku ne put s'empêcher de rire à cette phrase. Elle aussi aurait aimé retrouver ses amis, comme s'ils n'étaient jamais partis, comme s'ils n'avaient jamais été séparés. Seulement, douze ans éloignaient plus les gens que la distance géographique. Elle s'en était rendu compte quand ils s'étaient tous retrouvés dans la même salle. Celle qui avait le plus changé était certainement Rei. Au lycée, elle riait beaucoup et n'aimait pas être mise en avant pour prendre des décisions. Là, elle faisait honneur à sa qualité de chef, n'hésitant pas une seconde à se battre pour imposer son avis, comme elle l'avait appris après l'intervention au domicile de l'ancien Procureur Général, quand elle avait tiré sur un des siens.

- On a tous changé, Renji. Et tant qu'on aura pas réussi à comprendre ce qui est arrivé à chacun, sans juger, on ne pourra pas retrouver nos liens du lycée.

Il resta sonné par cette phrase. Esquissant un petit sourire désolé, elle posa sa main sur son épaule, la tapotant doucement, avant de s'éloigner simplement, remontant son sac à main sur son l'épaule.


Et voilà !

Alors qu'en avez-vous pensé ? N'hésitez pas à laisser une petite review pour me dire ce que vous avez aimé ou non !

A bientôt et cette fois avec moins de retard, c'est promis !