Bonsoir à tous !

Je suis navrée pour cette attente, j'ai pas mal d'exposés à rendre pour mes examens pour le moment et pour trouver le temps d'écrire et de publier, c'est un petit peu la croix et la bannière...

Bref, me revoilà donc avec un nouveau chapitre que j'espère que vous apprécierez !

Réponse à Hiyoru : Merci beaucoup pour ta review et tes compliments, déjà, ils m'ont fait très plaisir. Pour Kiara, tu as raison, c'est une dure à cuire... et une vraie tête de mule aussi comme vous allez l'apprendre dans les chapitres qui suivent ! Je pense sincèrement que c'est plus simple d'être dans la peau de ceux qui ne sont pas reconnus car être un étranger pour soi-même doit vraiment être difficile... Voire invivable. Par rapport à Byakuya, j'avoue que je l'ai fait un peu bavard mais je vais rectifier ça xD... Mais en effet, c'est sa petite soeur dont il a la garde, ce qui ne va pas nécessairement arranger leurs relations ! Mais je n'en dis pas plus, sinon que vous allez commencer à découvrir que Kiara n'est pas la fille parfaite à laquelle on s'attendait !

Alors bonne lecture à vous !


Quand se souvenir rime avec se séparer

Kiara bâilla. La nuit était tombée sur Tokyo mais elle n'arrivait pas à trouver le sommeil. Assis dans le fauteuil près du lit, Grimmjow dormait à point fermé. Finalement, elle en eut assez d'attendre sans rien faire. Alors elle retira les seringues plantées dans son bras et sur le dos de sa main valide, repoussa les couvertures, et se redressa lentement, remerciant le Docteur Ishida d'avoir retiré toutes les électrodes posées sur son corps encore la veille. Cela faisait deux jours que ses premiers souvenirs étaient revenus, et que Byakuya avait suivi le docteur, sous le choc de la nouvelle. Invalidité. C'était le premier mot qui avait sauté à l'esprit de la jeune femme quand Ishida lui avait parlé de l'état de sa main. Peau arrachée, brûlée, nerfs sectionnés… plus jamais elle ne pourrait tirer comme elle l'avait fait avant.

- Saleté…

Lentement, elle se mit sur le bord de son lit. Quand ses pieds nus touchèrent le sol, elle fut parcourue d'un long frisson. Son regard se perdit l'espace d'un instant sur les cicatrices qui parcouraient ses jambes, et surtout sur son mollet gauche où les traces de brûlure subsistaient. Ses yeux lui brûlèrent. Soupirant, elle contracta ses muscles pour se lever. La sensation fut étrange. Elle fit deux pas avant de se pencher vers sa table de chevet. Elle en sortit doucement son arme et l'observa avec attention. Les paroles d'Hanataro lui revinrent en tête.

- Ce Smith & Wesson t'a sauvé la vie à de nombreuses reprises.

Lentement, elle s'approcha de la fenêtre. Gardant son revolver à la main, elle observa la lune à travers la vitre. Ses rayons caressèrent sa peau avec douceur. Une larme roula lentement le long de sa joue alors qu'elle s'adossait au mur, appuyant son front contre la vitre. Doucement, ses paupières s'abaissèrent et elle laissa un long soupir s'échapper de sa bouche. Après quelques secondes, elle posa son regard sur l'arme qu'elle tenait en main. Elle savait s'en servir avant, pourquoi avait-elle tout oublié ? Peut-être que dans le fond, si elle le reprenait en main, son corps se souviendrait…

- Par mémoire cellulaire…

Elle souffla, fermant les yeux, raffermissant sa prise sur son arme de service non chargée. Rouvrant les yeux, elle se campa sur ses jambes avant de lever son arme. Elle visa, observant une fenêtre au bout de son bras alors qu'elle posait sa main bandée pour empêcher sa gauche de trembler. Finalement, les spasmes cessèrent et elle se stabilisa. Alors, elle appuya sur la détente.

Dans le fauteuil près du lit, Grimmjow sourit tristement. il avait vu le reflet de la jeune femme dans le miroir situé face à la vitre. Il l'avait vue se positionner et lever le bras. Il avait vu les spasmes, il avait vu ses larmes, et il l'avait vue se stabiliser, viser, et appuyer. Comme si elle avait été ambidextre. Comme si elle refusait d'abandonner.

- So just pull the trigger…

Elle tourna la tête vers lui. Plusieurs larmes coulaient le long de ses joues. Il fronça les sourcils, croyant mal voir. Alors il pivota son buste vers elle. Elle tremblait à nouveau. Il ne se souvenait pas avoir déjà vu son visage autant baigné de larmes. Même quand il l'avait plaquée, huit ans plus tôt, elle n'avait pas pleuré. Il fut surpris de la voir si faible. Brusquement, elle lâcha son arme. Il eut juste le temps de se lever et de se précipiter vers elle pour la rattraper avant qu'elle ne touche le sol. Il accompagna sa chute, la suivant jusqu'au sol. Ses genoux cognèrent violemment le lino alors que les pieds nus glissaient légèrement. La robe de chambre de Kiara se releva un peu, laissant voir ses anciennes brûlures.

- Kiara ?

Ses joues brillaient de larmes. Il se mordit la lèvre, retirant une mèche du front de la jeune femme. Il était plissé, comme si elle faisait au cauchemar. Doucement, il raffermit sa prise sur ses bras avant de caller le visage de la jeune femme contre son cou. Les rayons argentés de la lune courraient lentement sur leurs peaux. Lui avait toujours été plus bronzé qu'elle. Ses amis l'avaient surnommée l'albinos au lycée, à cause de sa peau d'une pâleur extrême. Elle s'en était moqué, jusqu'à ce que lui aussi l'affuble de ce surnom stupide. Il eut un léger rictus à cette pensée… ça avait vraiment été stupide de sa part. Au moins, elle ne se maquillait pas, comme la plupart des filles de son âge, pour paraître bronzée ou plus âgée. Alors qu'il était perdu dans ses pensées, ses pouces commencèrent à décrire quelques cercles sur sa peau.

- Si je t'avais retrouvée plus tôt…

Mais au fond de lui, il savait que ça n'aurait rien changé. Il l'avait recherchée en rentrant au pays, dans toutes les universités ou les bibliothèques possibles, se doutant que si elle avait déménagé, elle n'aurait jamais quitté le pays, sa famille étant trop conservatrice et trop proche de l'Empereur pour la laisser partir à seize ans. Mais jamais il n'aurait imaginé qu'elle serait entrée dans une Ecole de police, et qu'elle en serait sortie diplômée. Jamais il n'aurait pensé transformer cette férue d'histoire et de littérature en un personnage froid et calculateur qui devait être de mise dans la police.

- J'suis désolé.

- C'est trop tard !

Il sursauta à ces mots et tourna la tête. Sur le pas de la porte, il découvrit Byakuya Kuchiki, qui l'observait avec son regard triste, le visage creux, le teint cireux.

Kiara rouvrit brusquement les yeux, le souffle court. Elle grimaça en se redressant lentement dans son lit, se demandant comment elle y était arrivée. Au pied de son lit, elle vit Byakuya qui la fixait tristement.

- Byakuya…

- Désolé d'avoir tant tardé.

Mais elle ne tint pas compte. Il la vit trembler légèrement avant de lever son visage vers lui, la lèvre vibrante et les yeux brillants.

- Shirosaki et Kaien… ils sont morts, pas vrai ?

Il resta interdit devant cette question, se demandant de quoi elle s'était souvenue. Elle lut son questionnement dans ses yeux et sourit doucement, mélancolique.

- Je me suis rappelée nos interventions. Si ma mémoire a été effacée, mon corps se souvient de tout. Il se souvient de la façon dont tenir une arme, il réussit à ne plus faire trembler ma main…

- Tu as entendu le médecin, Kiara. Tu ne pourras plus bosser au BEC !

- Et tu te contenterais de ça ? Ce boulot était tout pour moi, c'était ma vie, ma passion ! Et tu voudrais que je laisse tout tomber alors que j'ai une chance de reprendre ?

Le brun soupira en passant sa main sur son visage. Il avait oublié à quel point la jeune femme pouvait être têtue. Mais lui se rappelait. Il se souvenait que c'était à cause de Grimmjow qu'elle avait pris cette voie. Avant, elle aimait les livres, le calme et les études, mais elle avait tout envoyé voler après sa tentative de suicide manquée.

- C'est faux !

- … pardon ?

- Tu n'aimais pas ça, la violence et le danger… c'est à cause de Grimmjow si tu es devenue comme ça ! Aussi insensible et têtue ! Elle n'était pas comme ça ma sœur, ma vraie petite sœur !

Elle accusa le coup, écarquillant les yeux à cette remarque. Devant son air perdu, Byakuya regretta ses mots. Surtout qu'au même moment, la porte s'ouvrit sur le bleuté en question, qui tenait deux cafés à la main. Et devant l'expression étrange de son visage, il avait entendu la dernière réplique du brun.

- Sortez d'ici.

Les deux voulurent protester mais un regard fou de rage les coupa dans leur élan. Lentement, elle rabattit ses couvertures et se leva, les fixant avec colère. Ils hésitèrent encore un instant mais la voix de Kiara s'éleva à nouveau, rendue plus aigüe par la fureur. Ils frissonnèrent et échangèrent un regard, inquiets de la colère vibrante de la jeune femme.

- Dégagez !

Alors ils se reculèrent et disparurent. Hanataro apparut derrière eux, impressionné par la colère de la convalescente. En le reconnaissant, elle sembla se détendre un tout petit peu, passant sa main sur son front d'un air las. Même si ces mots l'avaient blessée, il avait fait écho à quelque chose en elle. Quelque chose qu'elle n'arrivait pas à identifier, mais qui était bien présent, enfoui au fond d'elle.

- Hanataro il faut que je quitte cet endroit.

Ishida faisait les cent pas dans la chambre de Kiara. Elle était réveillée depuis trois jours et déjà, elle en faisait des siennes. Hanataro avait plaidé sa cause en expliquant la dispute avec son frère à laquelle il avait par hasard assisté. Après avoir demandé son aide à l'infirmier, elle était allée s'enfermer dans la salle de bain, faisant couler l'eau de sa douche. Elle s'était appuyée sur le lavabo après avoir retiré sa robe de nuit, observant les cicatrices qui barraient son corps avec attention. Devant ce spectacle, elle se souvint de cette nuit, huit ans plus tôt, où elle s'était réveillée, les poignets bandés et le visage blême. Ses parents l'attendaient dans sa chambre, morts de fatigue et de peur de la perdre. Elle sourit légèrement, tristement : là, personne ne l'attendrait.

Quand elle réapparut aux yeux du docteur, elle avait revêtu un treillis militaire et un débardeur noir, qui cachait la plupart de ses cicatrices, à l'exception de sa main bandée avec soin. Assis sur le lit près d'une valise bouclée, elle vit Hanataro lui sourire à pleines dents, visiblement satisfait, devant un Docteur Ishida légèrement boudeur. Cet étrange portrait lui apporta un sourire attendri.

- J'accepte que vous partiez, à la condition de rester chez Hanataro pour qu'il puisse me rapporter vos évolutions. De plus, il faut vous ménager. Des chocs trop violents pourraient avoir les mêmes conséquences que la nuit passée, à savoir, perte de connaissance.

Elle accepta immédiatement, se moquant presque des obligations que lui mettait son médecin. Ce qui comptait, c'était de partir et de retrouver ses souvenirs à son rythme, pour se reconstruire et redevenir celle qu'elle était. Une fois le monologue de l'homme terminé, le jeune infirmier se leva et prit la valise, avant de la précéder dans le couloir. Elle remercia encore une fois le chirurgien, lui promettant de venir à ses rendez-vous quotidien visant à analyser son état et l'avancée de son amnésie, puis rejoignit le plus jeune, qui semblait plus à l'aise maintenant que la veille, quand elle s'était réveillée.

- Vous allez voir, mon appartement est petit, mais on y est bien !

- Alors on va établir une règle déjà !

Il l'observa, surpris du ton employé. Devant les yeux anthracite il ne put s'empêcher de rougir en se mordant nerveusement la lèvre. Elle avait beau être amnésique et ne pas se souvenir de sa vie de policière, elle en gardait toutes les attitudes impressionnantes. Attitudes qu'il avait dans le fond, admiré depuis le premier jour où il l'avait vue sur une opération.

- Tutoies-moi. Ce n'est pas juste que je sois la seule à le faire. Et j'ai l'impression de me prendre vingt ans dans les dents !

S'il fut surpris, il ne le montra pas énormément, préférant sourire à pleines dents avant de la précéder dans les escaliers tranquillement pour descendre au parking des employés, trainant la valise dans son dos. Il la mit dans le coffre d'une petite Twingo bleue, avant de s'asseoir derrière le volant. Kiara l'imita en souriant, branchant la musique alors qu'il mettait le contact et quittait sa place de parking, plus détendu qu'au début.


Et voilà pour ce chapitre 8. Qu'en avez-vous pensé ? J'attends avec impatience vos impressions !

Et à bientôt pour le chapitre suivant j'espère ! (Promis je vais essayer de mettre moins de temps)

A très bientôt !

Rinoa.