Quelques jours plus tard, Sam se trouvait dans son laboratoire quand l'alarme annonça l'arrivée imminente d'un visiteur. La jeune femme se précipita hors de son bureau et se rendit directement dans la salle de contrôle. Le général et le colonel O'neill s'y trouvaient déjà.

Sergent : Nous recevons un signal mon général. Se sont les Tokra's.

Hammond : Ouvrez l'iris. (se tournant vers Sam) Il doit s'agir de votre père, major.

Elle lui répondit par un sourire crispé. O'neill le remarqua.

Jack : Nerveuse Carter ?

Sam : Un peu je dois l'avouer.

Jack : Je suis sûr que votre père sera ravi d'apprendre la venue d'un nouveau petit Carter dans la famille

Sam : (souriant) Espérons-le.

Quelques instants plus tard, Jacob posait les pieds sur la passerelle de la salle d'embarquement. Le général, Jack et Sam vinrent à sa rencontre. Après avoir salué les deux hommes, le Tokra's se tourna vers sa fille.

Jacob : Sam, je suis content de te voir.

Sam : Moi aussi, papa.

Après une brève accolade, Jacob regarda sa fille dans les yeux.

Jacob : Il paraît que tu as quelque chose d'important à me dire ?

Sam : Oui.

Jacob : Rien de grave j'espère ?

Sam : Non rassure-toi.

Hammond : Major, je laisse mon bureau à votre disposition.

Sam : Merci mon général.

Sam fit signe à son père de la suivre. Ce que fit celui-ci non sans avoir jeté un coup d'œil interrogateur vers son vieil ami. Le général Hammond lui répondit par un haussement d'épaule suivit d'un sourire énigmatique.

Une fois seuls, Jacob se tourna vers sa fille, de plus en plus indécis devant le mystère qui semblait planer autour d'elle.

Jacob : Sam, que se passe-t-il bon sang ?

Sam : Papa, tu va être grand-père pour la troisième fois.

Jacob : Que veux-tu dire ? La femme de Marc attend un enfant ?

La jeune femme secoua la tête.

Jacob : Mais qui… ? Sam, ne me dis pas que…

Sam : Si. Je suis enceinte papa.

Jacob : Je…je ne sais pas quoi dire, je…Sam c'est merveilleux !

Il prit la jeune femme dans ses bras.

Jacob : Tu ne pas savoir à quel point ça me fais plaisir, j'attends ce moment depuis tellement d'années. Mais…qui est son père ? J'espère que c'est un homme bien, capable de prendre soin de toi et du bébé.

Sam se détacha des bras de son père. Elle semblait gênée.

Jacob : Qu'y a-t-il, Sam ?

Sam lui raconta ce qu'elle avait déjà dit aux autres quelques jours auparavant. Son père sembla s'en accommoder bien que l'idée que sa fille élève seule son enfant ne l'enthousiasma guère.

Jacob : Si tu es sur de ton choix je n'ai rien à dire à part te souhaiter d'être heureuse ma fille.

Sam : Je le suis papa.

Jacob : Alors je suis heureux pour toi, Sam.

Sam : Merci. Vas-tu rester un peu ?

Jacob : Non, je suis désolé ma chérie, je dois partir en mission dans quelques heures. Mais je te promets de revenir te voir bientôt.

Quelques semaines plus tard, sg1 se trouvait sur p5x358, une planète aux caractéristiques étonnantes mais viable pour l'homme. Elle abritait un peuple pacifiste avec qui sg1 avait rapidement lié connaissance. Un traité était en cours et pour célébrer cette nouvelle alliance, les habitants de p5x358 avaient convié l'équipe du colonel O'neill à un banquet en leur honneur. Le repas se déroulait dans la joie et la bonne humeur. Des mets variés et succulents se succédaient sur la grande table et mettaient l'eau à la bouche de tous les convives. Seul Sam n'avait quasiment rien mangé. Même si ses nausées s'étaient sensiblement atténuées, elle restait sensible à certaines odeurs ou visions. Assise à un bout de la table, près de son colonel, elle essayait tant bien que mal ne pas regarder un homme à l'embonpoint surdéveloppé qui semblait vouloir engloutir tout ce qui passait à sa portée. Et encore, engloutir était un doux euphémisme. Elle le vit avec horreur attraper de ses gros doigts dégoulinants de graisse une cuisse juteuse de ce qui semblait être une espèce de volatile cuite à la braise. Elle sentit son estomac se contracter violemment. Elle se leva brusquement et après avoir bredouillé une vague excuse, sortit précipitamment de l'immense salle ou se déroulait le festin.

Arrivée dehors, elle se laissa tomber à genoux et rendit tout ce que son estomac avait bien voulu laisser passer jusque là. Puis elle respira un grand bol d'air et alla se rafraîchir le visage à une petite fontaine qui se trouvait un peu à l'écart des habitations.

? : Carter ! Ca ne pouvait pas attendre ?

La jeune femme se retourna pour apercevoir le visage furieux de son supérieur qui se dirigeait vers elle. Quand il fut assez près, elle planta son regard dans le sien.

Sam : La réponse est non, mon colonel.

Il remarqua alors sa pâleur.

Jack : Est-ce que ça va ?

Sam : J'ai connu mieux mais ça peut aller.

Jack regretta de s'être laissé emporter.

Jack : Si vous voulez, on va écourter notre petite fête et rentrer à la base.

Sam : Non ça ne sera pas nécessaire. Je me sens déjà beaucoup mieux.

Jack : Vous en êtes certaine ?

Sam : Mon colonel, il a été convenu dès le début de ma grossesse que je ne devrai pas être un frein pour les missions. Si c'est le cas je serai dans l'obligation de prendre des congés forcés et je n'en ai aucune envie pour le moment.

Jack : Il a également était convenu que vous continueriez les missions tant que celles-ci ne mettraient pas en danger votre santé ou celle de l'enfant.

Sam : Et c'est le cas. Ce qui vient de m'arriver aurait tout aussi bien pu se produire sur terre.

Jack : Je vous l'accorde.

Ils se sourirent.

Sam : On retourne voir les autres ?

Jack : Seulement si vous vous sentez mieux.

Sam : Je me sens mieux. Merci mon colonel.

Le reste des festivités se déroula sans autre incident et en fin de journée, sg1 prit congé de leurs hôtes. De retour à la base ils furent accueillis par le général Hammond et Jacob.

Sam : Papa ? Qu'est-ce que tu fais-là ?

Devant le visage grave de son père, la jeune femme devina qu'il n'était pas là pour une simple visite de routine.

Sam : Il y a un problème ?

Jacob : Oui, et il te concerne.

Sam : (de plus en plus inquiète) De quoi s'agit-il ?

Jack : Euh… (lançant un regard à Daniel et Teal'c) on va peut-être aller faire un tour du côté de l'infirmerie.

Ils s'apprêtaient à quitter la salle quand Jacob les retint.

Jacob : Non vous pouvez rester, après tout ce que j'ai à dire vous concerne tous à différents degrés.

Hammond : Dans ce cas, allons en salle de briefing, nous y serons plus à l'aise.

Tous le suivirent, le cœur chargé d'appréhension. Une fois installés, tous les regards convergèrent vers Jacob. Celui-ci était mal à l'aise et semblait chercher ces mots ce qui ne lui ressemblait pas.

Jacob : Lorsque je suis revenu de ma dernière visite sur terre j'ai cru bon d'informer les tokra's de ton état, Sam.

Sam : Et ?

Jacob : Ils ont décidé de réunir le grand conseil.

Sam : Pourquoi ça ?

Elle parlait d'une voix neutre mais son visage avait pris une teinte spectrale.

Jacob : Ils pensent que le fait que tu ai porté Jolinar et qu'elle soit morte en te laissant ses souvenirs pourrait avoir certaines conséquences sur l'enfant.

Sam : Quel genre de conséquences?

La jeune femme sentait son cœur cogner douloureusement dans sa poitrine et essayait tant bien que mal de maîtriser les tremblements de ses mains. Jacob baissa la tête et Selmac prit sa relève.

Selmac : Au début nous ne savions pas trop, c'est pour cela que nous avons pris la décision de réunir le grand conseil. Nous avons délibéré pendant plusieurs semaines avant de trouver la réponse à ce que l'on cherchait.

Sam : Et qu'elle est cette réponse ?

Selmac : L'enfant que vous portez, major Carter semblerait posséder les mêmes caractéristiques que celui que vous nommez l'Arsiésis à la différence près que le vôtre n'a pas hérité de la mémoire des Goau'lds mais de celle des Tokra's.

Un silence pénétrant suivit la révélation de Selmac. Personne n'osait s'interférer entre la discussion de Sam et du tokra's. Jack songea que finalement il aurait peut-être mieux fait d'aller à l'infirmerie. Jacob reprit la parole.

Jacob : (se tournant vers sa fille plus pâle que jamais) Tu comprends maintenant à quel point ton enfant représente une menace pour nous.

Sam leva vers lui un regard d'une dureté impénétrable.

Sam : Et tu es venu ici pour me dire de m'en séparer c'est ça ?

Jacob : Sam, essaye de comprendre…

Sam : (le coupant) Oh mais rassure-toi, je comprends parfaitement, seulement je refuse d'accepter !

Sous la fureur, Sam se leva violemment et fit tomber sa chaise qui heurta bruyamment le sol.

Hammond : (tentant de calmer la fougue de la jeune femme) Major !

Jacob : Sam, écoute-moi…

Sam : (criant) Non, toi tu vas m'écouter ! Tu es venu ici pour m'annoncer que je ne pourrais jamais avoir d'enfant, seulement j'en attends un et je te donne ma parole que dans sept mois il viendra au monde et ça ni les Tokra's ni les Goau'lds ni personne d'autre ne pourra l'en empêcher !

Avant que personne n'ait le temps de réagir, elle avait quitté la salle non sans avoir auparavant claquer la porte avec une telle violence qu'elle manqua de sortir de ses gongs.

Encore sous le choc de l'emportement du major, le reste de sg1, Hammond et Jacob mirent un certain avant de pouvoir prononcer un mot. Ce fut Daniel qui résuma en premier ce que tout le monde pensait.

Daniel : Wouah !

Jack : (désireux de détendre l'atmosphère) il ne faut jamais s'en prendre à une femme enceinte.

Mais pour une fois personne ne releva la remarque un brin impertinente du colonel O'neill;

Teal'c : Vous devriez peut-être aller parler au major, général Carter.

Jacob : Je ne crois pas qu'elle ait très envie de me voir, Teal'c. Peut-être que l'un de vous devrez y aller à ma place ?

Daniel : Je vais y aller.

Jacob le remercia d'un hochement de tête.

Jack : (au moment où Daniel quitte la salle) Bonne chance !

Il trouva son amie dans son labo, assise sur une chaise, les genoux relevés sous son menton. Aux soubresauts qui agitaient ses épaules il devina qu'elle pleurait.

Daniel : Sam ?

La jeune femme redressa vivement la tête, elle ne l'avait pas entendu entrer. Du revers de la main elle s'essuya hâtivement les yeux.

Sam : Daniel.

Daniel : Ca va ?

Sam : C'est une drôle de question.

Daniel : C'est vrai, je suis désolé.

Sam : C'est mon père qui vous envoie ?

Daniel : Non. Enfin si, mais je serai venu de toute façon.

Sam : Pourquoi ?

Daniel : Parce que je suis votre ami, et que je m'inquiète pour vous.

Elle leva un regard embué de larmes vers le jeune homme. Il paraissait sincère et elle esquissa un sourire. Mais bien vite la réalité revint, lui poignardant le cœur de manière lancinante et cruelle.

Sam : Que vais-je faire, Daniel ?

Daniel : Je crois que vous êtes la seule à pouvoir trouver la réponse.

Sam : Je me faisais une telle joie d'attendre cet enfant et maintenant j'ai l'impression de vivre un véritable cauchemar.

Daniel : Ma question va peut-être vous paraître déplacée voir choquante mais pourquoi tenez-vous tant à avoir cet enfant ?

Elle le regarda sans comprendre.

Daniel : Je veux dire, après tout il vient mettre un gros frein sur votre carrière et je sais à quel point celle-ci vous tient à cœur. Je veux bien croire que votre horloge biologique tourne mais vous êtes encore jeune et vous auriez pu vous accorder sans problème encore quelques années avant de devenir mère. En plus vous n'avez pas d'attache particulière avec le père alors je…

Il s'arrêta au beau milieu de sa phrase. Sam venait brusquement de pâlir.

Daniel : Sam, il y a un problème ?

Sam : Non Daniel, tout va bien.

Sa voix était cassée et elle se maudit intérieurement de se sentir si faible. « La grossesse me rend vulnérable » Songea-t-elle.

Daniel : Vous avez pâlit quand j'ai parlé du père de votre enfant.

Il la fixa étrangement. La jeune femme détourna son regard. Elle ne voulait pas le laisser lire à l'intérieur. Il était beaucoup trop expressif. Devant son silence, le doute de Daniel devint une certitude.

Daniel : Etes-vous certaine de nous avoir dis toute la vérité à son sujet ?

Sam : Oui bien sûr, que voulez-vous dire ?

Daniel : Cela fait plus de sept ans qu'on se connaît Sam, et jamais durant toutes ces années vous n'avez réussi à me cacher quoique se soit.

La jeune femme ne répondit pas. Elle savait qu'il avait raison. De toutes les personnes qu'elle connaissait, il était sans doute celui qui la discernait le mieux.

Daniel : Sam, qui est le père de votre enfant ?

Sam : Je suis désolée Daniel, je ne peux pas vous le dire.

Daniel : Vous savez que vous pouvez me faire confiance.

Sam : Il ne s'agit pas de cela, Daniel. C'est bien plus compliqué que ce que vous croyez.

Une idée traversa soudain l'esprit du jeune homme. Une idée folle mais pas improbable.

Daniel : Si vous ne voulez pas qu'on sache qui est son père c'est sûrement que vous avez une bonne raison, comme par exemple qu'il travail avec vous et que vos grades respectifs ne vous permettent pas d'avoir une relation autre que professionnelle.

Sam : Daniel !

Daniel : C'est Jack n'est-ce pas ?

Sam : Mais enfin c'est absurde !

Daniel : Sam…

La jeune femme baissa la tête. A quoi bon chercher à le convaincre du contraire, il avait déjà tout deviné. Sam lui raconta alors ce qui s'était passé sur p4x325. Il l'écouta sans broncher, le regard perdu dans le vague. Quand elle eut fini, il releva la tête et planta son regard dans le sien.

Daniel : Est-ce qu'il le sait ?

Sam : Non.

Daniel : Et je suppose que vous ne comptez pas le lui dire ?

Sam : Non.

Son regard se perdit dans les profondeurs de ses pensées.

Daniel : Vous tenez à lui n'est-ce pas ?

Sam : Oui.

Daniel : Et c'est pour ça que vous voulez garder cet enfant, il représente tous ce que vous ne pouvez pas avoir avec Jack.

Sam ne répondit pas. Elle avait la gorge nouée.

Daniel : Vous avez sûrement fais le bon choix, Sam. La seule chose que je pourrais vous reprocher est de ne pas le mettre au courant.

Sam : Que vous le soyez est déjà beaucoup trop, Daniel. Si ce qui s'est passé sur p4x325 venait à se savoir, nous risquerions tous les deux la cour martiale et les conséquences pourraient être désastreuses.

Daniel : Vous craigniez qu'on vous enlève votre enfant ?

Sam : Pas seulement. Je perdrais sans doute ma place et le colonel aussi. Il y a trop de choses en jeu. Si je décidais de ne pas garder mon enfant il n'y aurait plus de problème à ce faire. Les tokra's seraient rassurés et tous rentrerait dans l'ordre, comme avant.

Daniel : Mais vous voulez le garder.

Sam acquiesça en silence avant de répondre.

Sam : Seulement j'ai l'impression que tous le monde s'est donné le mot pour que se ne soit pas le cas. Je commence à croire que j'ai pris la mauvaise décision et que je devrais écouter mon père. Après tout mon enfant met en danger tout un peuple.

Daniel : Je suis sur que pour les Tokra's on pourra trouver une solution. Si votre choix est vraiment de garder cet enfant alors ne le changeait pas.

Sam posa des yeux brillants de larmes sur son ami.

Sam : Je ne sais plus quoi penser Daniel.

? : Daniel a raison Carter, votre choix ne doit pas être influencé par quelques têtes de serpents belliqueux et arrogants.

Les deux jeunes gens sursautèrent et relevèrent la tête en même temps. Jack se tenait devant l'entrée, nonchalamment appuyé contre l'embrasure de la porte. Sam sentit son cœur s'affoler.

Sam : Mon colonel ! Vous êtes là depuis longtemps ?

Jack : Non je viens juste d'arriver. Mais si je dérange je peux repartir.

Sam (manifestement soulagée ) : Non vous pouvez rester.

Jack : C'est Hammond qui m'envoie. Comme il ne voyait revenir ni Daniel ni vous il a pensé que vous aviez peut-être un problème.

Sam : Non tout va bien. J'avais juste besoin de parler et Daniel s'avère être justement un excellent psychologue.

Elle s'efforça de sourire pour mettre foi en ses propos.

Jack : Si vous le dîtes.

Sam : Bien. Il serait peut-être temps de rejoindre le général avant qu'il ne se fasse plus de souci.

Daniel : Ca va aller Sam ?

Sam : Ne vous en faites pas Daniel, je…

Elle fut coupée au beau milieu de sa phrase par une douleur aigu qui lui transperça le bas ventre. Un faible cri s'échappa de ses lèvres entrouvertes et de petites étoiles se mirent à danser devant ses yeux. Elle n'eut même pas la force de paniquer lorsqu'elle sentit un liquide chaud et poisseux glisser entre ses cuisses. Et c'est avec une terrifiante indifférence qu'elle vit à travers un brouillard opaque, les deux hommes se précipiter vers elle et la saisirent fermement avant que son corps n'aille heurter le sol dur et froid de son laboratoire. Leurs voix lui parvenaient mais elles ne lui semblaient pas réelles. De ce fait, tout ce qui se passait lui donner une impression d'irréalité. D'autres voix vinrent s'ajouter aux leurs. Toutes très agitées, même si certaines s'efforçaient de rester calmes. Elle percevait certaines bribes de phrases mais son cerveau brumeux ne lui permettait pas dans saisir le sens. Puis un froid glacial prit possession de son corps et elle se sentit glisser inexorablement dans un abîme de douleur.