Un peu plus tard, Jack rejoignit son second en salle de repos. La jeune femme était à moitié allongée sur le canapé qui trônait dans un coin de la salle et feuilletait un magazine sur les mères d'aujourd'hui.

Jack : Vous ne préféreriez pas être tranquille dans vos quartiers ?

Sam : Non, je suis bien ici. Et vous, je suppose que vous veniez vérifier que je ne suis pas enfermée dans mon labo ?

Jack : Allons, qu'allez-vous donc penser, je vous fais entièrement confiance là-dessus !

Sam reposa son magasine et sourit au sarcasme à peine voilé de son supérieur.

Sam : Je vous remercie, votre confiance me touche beaucoup.

Se fut au tour de Jack de sourire. Il s'était rapproché de Sam et elle ressentit soudain le besoin de se retrouver tout contre lui, blottie dans ses bras. Elle baissa la tête pour ne pas qu'il s'aperçoive de son regard troublé. Soudain, elle grimaça et changea de position en gémissant.

Jack : Ca ne va pas ?

Sam : Si, c'est juste que depuis quelques temps j'ai du mal à trouver une position qui nous convienne à tous les deux.

Jack : (souriant) Je vois, il commence à se faire encombrant.

Sam : Ca vous pouvez le dire.

Jack : Vous devriez vous reposer, la mission risque d'être éprouvante pour vous.

Sam : Pour tout vous dire je ne me sens absolument pas fatiguée et si je m'écoutais, je sortirais sûrement.

Jack : A ce point ? Je croyais que les femmes enceintes étaient tous le temps fatiguées.

Sam : C'est vrai que j'étais assez fatiguée ces dernières semaines mais là je me suis rarement sentie aussi bien.

Jack : Tant mieux, vous aurez besoin de toute votre énergie demain

Alors qu'il prononçait ces paroles il ne se doutait pas une seule seconde de la valeur qu'elles allaient avoir lors de la journée suivante.

Le lendemain, après un rapide briefing, sg1, Jacob et Janet traversèrent la porte des étoiles. Quelques secondes plus tard, ils se retrouvèrent sur une planète d'une ressemblance proche de la terre à un détail près qu'elle se rapprochait plus du paradis. En effet la couleur dominante était le vert et elle semblait s'étaler tel un manteau de soie sur les sommets et les plaines. De ci et de là, quelques touches bleues venaient ajouter dans ce décor des sources d'eau cristalline où la nature environnante prenait plaisir à s'abreuver.

Daniel : Wow ! J'ai du mal à croire qu'une arme capable de l'anéantir en l'espace d'une seconde se trouve quelque part dans ce paradis.

Jack : Moi je trouve que c'est plutôt une bonne planque.

Sam : Je suis tout à fait de votre avis mon colonel.

Jack : Vraiment ?

Sam : Bien sûr. Les goaul'ds recherchent des planètes habitées pour récupérer des hôtes ou alors possédant du naquada. Hors cette planète ne possède aucune de ses deux caractéristiques donc il n'y a aucune raison qu'ils ne viennent ici.

Jack : Oui évidemment tout ça paraît très logique.

Jacob : Sam ? Est-ce que des souvenirs te reviennent ?

Sam : Pour le moment aucun, mais peut-être devrions nous marcher un peu pour les faire revenir.

Jack : C'est bien gentil mais on va ou ?

Sam fronça les sourcils en signe de profonde réflexion pendant quelques secondes.

Sam : (désignant un petit sentier) par là.

Jack : Vous avez eu une vision ?

Sam : Non juste une sensation.

Jack : Et vous vous fiez à de simples sensations ?

Sam : Pour le moment c'est tout ce que nous avons comme piste.

Jack : Très bien, dans ce cas en route.

La petite troupe emprunta donc le sentier indiqué par Sam. Au bout d'une demi-heure, ils furent obligés de faire une pause pour laisser à la jeune femme le temps de récupérer. Elle était à bout de souffle et son ventre lui semblait plus lourd que jamais.

Jack : Vous n'avez toujours pas de vision ?

Sam : (essoufflée) Non rien.

Daniel : Que fait-on alors ?

Sam : On continue tout droit.

Ils marchèrent toute la journée, faisant des pauses régulières pour permettre à Sam de se reposer. Le soir ils installèrent leur campement dans une plaine, au pied de grands arbres. La militaire n'avait toujours aucun souvenir de Jolinar. Le matin, ils se remirent en route dès l'aube. L'instinct de Sam lui disait de continuer toujours tout droit. Mais en mi-journée, elle commença à douter de son choix. Le sentier ne semblait les mener nulle part. Ils montèrent le campement en décidant que si Sam n'avait toujours aucun souvenir le lendemain, ils reprendraient la route vers la porte. Au milieu de la nuit, Sam fut agitée par des cauchemars ou revenaient sans cesse le visage d'une jeune femme brune et d'un temple. Au matin, elle se réveilla en sursaut et alla directement trouver Jack.

Sam : Mon colonel ! Je crois savoir où se trouve l'arme. Il y a un temple près d'ici.

Jack : Vous l'avez vu?

Sam : Oui en quelque sorte. En fait j'en ai rêvé cette nuit.

Jack : Aaah, dans ce cas. Nous partirons dès que tout le monde sera près.

Dix minutes plus tard, le groupe se remit en route. Cette fois, Sam savait précisément où elle devait aller et au bout d'une demi heure ils débouchèrent devant un immense temple bâtit dans le style architectural des anciens.

Jack : Et bien je crois que nous y sommes.

Daniel : Cet endroit est magnifique.

Ils pénétrèrent dans le temple en restant toutefois sur leur garde.

Jack : Alors Carter, où est-ce qu'on va ?

Sam regarda rapidement autour d'elle avant de fixer son regard sur un couloir qui partait vers la droite.

Sam : Par là.

Ils s'engagèrent à sa suite dans le passage étroit. Celui-ci débouchait sur plusieurs autres sorties que Sam empruntait sans l'ombre d'une hésitation. Au bout d'un moment elle s'arrêta devant une grande porte faite d'un matériau inconnu mais qui semblait d'une solidité à toute épreuve.

Sam : L'arme se trouve dans cette pièce.

Jack : Et comment y entre t-ont ?

Sam posa sa main sur une petite interface à gauche de la porte et celle-ci s'ouvrit dans un léger coulissement.

Jack : Ah oui évidement, vue comme ça c'est tout simple.

Sam pénétra dans la pièce suivi de Janet qui ne la quittait pas d'une semelle sous l'ordre du général Hammond.

Jack : Daniel, Teal'c et Jacob, vous montez la garde autour du temple, nous on s'occupe de cette arme.

Il entra à la suite des deux femmes dans la salle. Elle était immense...mais entièrement vide.

Jack : Ben je croyais qu'il y avait une arme ici ?

Sam : Elle est sûrement cachée, les anciens ne voulaient prendre aucun risque.

C'est alors qu'une sorte de grondement sourd se fit entendre et la porte se referma derrière eux. Ils eurent beau essayer de la rouvrir, rien n'y fit.

Sam : Il doit y avoir un autre système d'ouverture quelque part.

Jack : Il ne reste plus qu'à le trouver.

Soudain le visage de Sam se crispa et elle prit appui d'une main tremblante contre le mur.

Janet : Sam, tout va bien ?

Jack, qui était dos à la jeune femme se retourna. Le visage de son second était étrangement pâle.

Jack : Carter ?

Elle leva vers eux un regard angoissé.

Sam : Je crois…je crois que c'était une contraction.

Jack : Oh, seigneur, c'est pas vrai.

Janet : Sam, détendez-vous. Ce n'est peut-être qu'une fausse alerte.

Sam hocha la tête en silence, sentant une peur incontrôlable s'emparer d'elle. Quelques minutes plus tard, la douleur revint et elle se mordit les lèvres pour ne pas gémir. C'était au-delà de tout ce qu'elle avait imaginé.

Janet : Il vaudrait mieux vous allonger.

Sam : Non, je préfère rester debout.

Janet : Bien comme vous voudrez, mais ne vous fatiguez pas, vous aurez besoin de toutes vos forces pour mettre le bébé au monde.

Sam : Janet, il est hors de question que j'accouche ici !

Janet : Malheureusement, je crains que vous n'ayez pas le choix.

Sam : Mais enfin, c'est absurde, il doit bien y avoir un moyen d'ouvrir cette fichue porte !

Elle avait presque crié et sa voix trahissait son angoisse. Jack s'approcha d'elle et posa une main sur son épaule.

Jack : Janet a raison, vous devriez peut-être vous allonger.

Sam se détacha de lui et continua à faire les cent pas sous le regard anxieux de ses amis. Elle ne s'arrêtait que sous la douleur d'une contraction et reprenait ensuite sa marche, inlassablement. Jack prit son talkie-walkie et l'enclencha.

Jack : Daniel ?

Daniel : Jack ?

Jack : On a un problème, Carter vient d'avoir ses premières contractions.

Daniel : Quoi ? Mais elle ne devait pas accoucher avant un mois !

Jack : Et bien apparemment il y en a qui n'est pas au courant. Il faut trouver une solution rapidement pour nous sortir de là.

Daniel : On va faire tout notre possible.

Quelques secondes plus tard, une autre voix grésillât dans le talkie-walkie.

Jacob : Jack, est-ce que Sam va bien ?

Jack : Ben pour le moment s'est difficile à dire étant donné…

Sam arracha avec énervement la radio des mains de son supérieur.

Jack : Hé !

Sam : Papa, je vais bien, ne t'inquiète pas pour moi.

Jacob : Tu en es sur ma chérie ?

Sam : Oui et de toute façon ce n'est que le début il n'y a pas de quoi s'affoler. Jack ou Janet te recontacterons s'il y a un problème.

Jacob : Très bien Sam, On va trouver un moyen de vous sortir de là.

Le contact se coupa.

Janet : Vous êtes sur que ça va, Sam ?

Sam : Bien sur pourquoi ? Je suis coincée dans une salle extra terrestre sur une planète inconnue et je ne vais pas tarder à accoucher dans des conditions totalement hasardeuses, il n'y a vraiment aucune raison pour que je n'aille pas bien !

La jeune femme alla s'asseoir dos au mur, les genoux relevés sur son ventre. Sa peur était palpable et Jack et Janet s'efforçaient de rester calmes pour ne pas l'affoler davantage. Le militaire vint s'asseoir à ses côtés et passa un bras autour de ses épaules. Sam vint se réfugier contre lui en soupirant.

Jack : Ne vous en faite pas, tout va bien se passer.

Sam se blottit un peu plus contre lui, sa présence la rassurant plus que n'importe qu'elle autre. Il sentit brusquement sa main lui serrer l'avant-bras et il l'entoura de ses bras protecteurs jusqu'à ce que la contraction soit passée.

Janet : Allongée-vous Sam, vous vous sentirez déjà mieux.

La jeune femme s'allongea à moitié, le dos contre le torse de son supérieur qui s'était placé derrière elle pour lui servir d'appui.

Janet replia les jambes de la jeune femme et plaça une couverture de son ventre jusqu'à ses genoux. De cette façon Jack ne voyait rien de ce qui se passait et il ne s'en portait pas plus mal. Ensuite le docteur ôta les vêtements de Sam et commença une brève auscultation.

Janet : Le col est dilaté à 3.

Sam : Ce qui veut dire ?

Janet : Que la poche des eaux va se rompre d'un moment à l'autre.

Sam : Je ne sais pas si je dois prendre ça comme une bonne nouvelle.

Janet : En attendant il faut vous détendre, respirez comme vous l'avez appris durant vos cours de préparation.

Elle se mit alors à prendre de grandes inspirations suivit de lentes expirations. Elle du admettre au bout d'un moment que cela calmait un peu la douleur. Soudain, celle-ci revint avec une force qui la fit gémir. Quelques secondes plus tard, elle sentit un liquide chaud et poisseux s'insinuer lentement entre ses jambes.

Janet : La poche des eaux est rompue.

Dès lors, les contractions s'intensifièrent. Elles duraient entre cinquante et soixante secondes et revenaient toutes les trois minutes, laissant Sam à chaque fois un peu plus affaiblit.

Janet : Sam, il faut vraiment que vous vous détendiez, la tension ne fait qu'empirer la douleur.

Sam : Je…je n'y arrive pas.

Janet regarda avec inquiétude son amie. Le visage anormalement pâle, celle-ci luttait contre les vagues de douleurs qui pénétraient sa chair. Sa respiration était rapide et sa peau, bien que glacée, était moite aux extrémités. Après un rapide examen, elle constata que son pouls était rapide et filant. Quelque chose n'allait pas, Jack le devina devant le visage fermé du docteur. Elle fit un léger signe dans sa direction et il se leva en déposant le plus délicatement possible la jeune femme sur le sol. Ils s'éloignèrent quelque peu de la patiente.

Jack : Il y a un problème n'est-ce pas, doc ?

Janet : Elle a quasiment tous les symptômes annonçant un état de choc.

Jack : Un état de choc ? Mais pour qu'elle raison serait-elle en état de choc ?

Janet : Je l'ignore et c'est bien là le problème. D'ordinaire, lors d'un accouchement si la mère est en état de choc, la cause est physique. Elle se caractérise par des saignements sans raison particulière en début ou fin de grossesse, voir après l'accouchement. Ou encore par des infections ou des lésions traumatiques de l'utérus ou de l'intestin. Sam n'a jamais eu aucun de ses symptômes.

Jack : Et la cause ne pourrait pas être psychique ?

Janet : Peut-être. Pour le savoir il faudrait que je parle à Jacob. Je vais le contacter, en attendant rester près d'elle et rassura là du mieux que vous pouvez.

Jack s'exécuta, mal à l'aise. Il se sentait terriblement inutile devant la douleur de la jeune femme. Cependant, il fit ce que lui avait dit Janet et vint s'asseoir près de la jeune femme. De sa vie, il ne s'était jamais senti aussi maladroit. Sam tourna son visage ruisselant de sueur vers lui.

Sam : Jack…

Ses yeux reflétaient son angoisse. Jack lui prit la main.

Jack : Je suis là Sam, tout va bien.

Sam : Je ne suis pas prête.

Jack la regarda avec étonnement, que voulait-elle dire ?

Sam : Je vais perdre mon bébé…

Jack : Vous n'allez pas le perdre Sam, détendez vous et tout se passera bien.

Sam :J'ai peur…

Jack sentit un frisson lui parcourir l'échine. Ces mots là il ne les avait encore jamais entendu dans la bouche de son amie. Quelque soit la situation, elle n'avait jamais flanché, jamais baissé les bras. Pourquoi maintenant ? Qu'est-ce qui pouvait la torturer au point qu'elle mette à nu ses émotions ? Cela ne pouvait pas venir du simple fait de l'accouchement. Il y avait autre chose il le sentait.

De son côté, Janet avait réussi à joindre Jacob.

Jacob : Janet, il se passe quelque chose avec Sam ?

Janet : Elle est en état de choc, ce qui m'inquiète pour la suite des évènements. Apparemment la raison semble être psychique, auriez vous une idée de se qui aurait pu le causer ?

Jacob : Non je ne vois pas…

Janet : Essayer de réfléchir, c'est très important. Comment s'est déroulée la naissance de Sam ?

Jacob : Pas très bien. Mais il faut dire que la grossesse de la mère de Sam avait déjà était très difficile.

Janet : Pour quelles raisons ?

Jacob : Un an avant la naissance de Sam, elle a fait une fausse couche dans des circonstances pénibles et douloureuses. Elle a vécu durant toute sa grossesse avec la crainte de perdre Sam et a été forcée de s'aliter à partir du sixème mois. L'accouchement a été long et elle a beaucoup souffert. Surtout qu'à l'époque il n'existait pas les mêmes structures pédagogiques qui viennent en aide aux femmes enceintes de nos jours. Vous pensez que tous ça peut avoir un rapport avec l'état de Sam ?

Janet : J'en suis convaincue. Merci mon général, nous allons faire tout notre possible.

Jacob : De notre côté aussi.

Une fois le contact coupé, Janet retourna auprès de sa patiente.