Et voilà la fin... Mieux vaut tard que jamais n'est-ce pas ! Désolée de ce long temps pour la conclusion mais je n'étais plus ces dernières années, dans le trip de la série et il était donc compliqué pour moi d'achever cette histoire. C'est chose faite et je suis contente d'y être parvenue malgré le temps que ça a pris ! La fin est courte mais je pense qu'elle se suffit à elle-même. Bonne lecture et merci à tous de m'avoir suivit et encouragé tout le long de l'écriture :) Je n'écrirais sans doute plus de fic sur Stargate, étant désormais dans un esprit d'écriture beaucoup plus professionnel, peut-être me lirez vous un jour... ailleurs !
Tout en préparant le biberon de Faith, Sam s'efforçait de retrouver une respiration plus apaisée. Ce qui lui semblait nettement plus simple une fois détachée de la présence de son supérieur.
Celui-ci était resté dans le salon et n'avait vraisemblablement pas l'intention de la rejoindre. Les émotions ambivalentes qu'elle ressentait la déstabilisait. Elle ne savait pas si elle désirait, ou au contraire redoutait de le voir franchir la porte de la cuisine.
Elle ne voulait plus penser. A rien. Surtout pas à ce qui se passerait ensuite. Parce qu'alors elle risquait définitivement de perdre la raison.
La jeune femme attendit que le biberon soit à la bonne température pour s'assoir et se concentrer sur la seule chose qui lui apportait un semblant de cohérence. Le bébé calé contre elle, elle s'autorisa à fermer les yeux. Ne plus penser à rien.
Elle y parvint quelques minutes, le temps pour sa fille de finir son repas. Et puis ce fut le brusque retour à la réalité. Elle ne pouvait décemment pas laisser le colonel seul plus longtemps.
Quand elle revint au salon, il était assis dans le canapé et feuilletait un magazine qu'elle avait du laisser trainer sur la table basse. Il leva la tête en l'entendant approcher.
Elle fronça les sourcils, s'attendit presque à ce que sa colère rejaillisse au beau milieu d'une phrase ou d'un regard. On n'efface pas aussi facilement des jours et de semaines de conflits. Mais il resta impassible, se contentant de poser sur elle un regard serein. Elle hésita quelques secondes avant de finalement s'assoir à ses côtés, puis redressa légèrement le bébé calé contre son sein.
Sam : Vous voulez…
Elle ne finit pas sa phrase, lui lança un regard gêné. Mais il n'avait pas besoin d'en entendre plus pour comprendre ce qu'elle lui proposait.
Jack : Oui... Bien sûr.
Il tendit les bras et saisit délicatement l'enfant. Il avait déjà porté l'enfant à de nombreuses occasions auparavant. Pourtant il lui semblait qu'il la découvrait pour la première fois. Sa fille. Elle n'était plus uniquement l'enfant de Sam mais leur enfant à tous les deux. Dans ce visage poupon qu'il croyait bien connaître, il pouvait à présent lire des expressions qu'il avait autrefois perçu sur les traits de son propre fils. Cette sensation lui vrilla l'estomac et lui arracha un frisson. Tant de souvenirs lui revenaient à présent en mémoire, des images qu'il avait enfoui au plus profond de lui des années durant, pour éviter de souffrir plus qu'il ne pouvait l'endurer.
Et voilà qu'aujourd'hui une chance lui était donné de redevenir le père dont il avait été si injustement privé.
Jack: Merci Sam.
La jeune femme fronça à nouveau les sourcils. Ou donc voulait en venir son supérieur ?
Sam : Merci pour quoi ?
Jack : Pour elle.
Sam : Je ne crois pas avoir mérité d'être remercié pour ça...
Jack : C'est vous qui avez fait le choix de la garder.
Sam se souvint non sans une vague de douleur, des mots du colonel affirmant le contraire.
Sam : Vous n'avez pas toujours dit ça...
Jack : On fait tous des erreurs.
Sam : Alors... Vous n'êtes vraiment plus en colère ?
Elle avait encore du mal à le croire, attendait le moment fatal ou tout rebasculerait.
Jack : Non, je ne le suis plus.
Elle sourit. Sincèrement. Commença à relâcher la pression qui la tenait depuis plusieurs jours, plusieurs semaines, combien de temps déjà ?
Ils restèrent encore plusieurs minutes, réunis tous les trois dans la même osmose. Puis Faith commença à s'agiter, son visage se plissa en une grimace et un chuintement de fatigue annonça l'air du coucher. Jack retentit l'enfant à sa mère.
Sam : Je reviens dans quelques minutes.
En redescendant lentement les marches, elle eut tout le loisir de l'observer. Il ne l'avait pas encore entendu, son corps penché en avant, il semblait soucieux. Ou anxieux. Le grand général O'neill si sûr de lui, si infaillible, semblait emprunt à un trouble qui la chamboula elle-même.
Il sursauta en la voyant. Retrouva aussitôt sa prestance légendaire.
Jack : Je nous ai servi des bières.
Il tendit une bouteille vers elle, un sourire enjoué au bord des lèvres. Il voulait donner le change, mais ni l'un ni l'autre ne pouvait se vanter dans mener large. Sa main trembla au moment de prendra la boisson, le liquide ambré forma aussitôt une flaque à ses pieds. Elle jura, puis bafouilla.
Sam : Quelle maladroite...
Jack : Ce n'est rien, on va nettoyer.
Il se leva, se pencha en même temps qu'elle pour réparer les dégâts. Leurs doigts se frôlèrent hâtivement. En temps normal, lors d'un contact inopiné, ils avaient le réflexe simultané de s'éloigner aussitôt. Ce ne fut plus le cas.
Leurs mains se rapprochèrent, s'agrippèrent l'une à l'autre. Leurs peaux se goutèrent.
Elle n'osa plus faire un seul mouvement, le cœur tambourinant dans sa poitrine, sur le point d'exploser.
Jack: Sam ...
Sa voix était douce, calme. C'était une appel, une demande. Une question dont elle était seule à avoir la réponse.
Elle consentit à bouger, à relever la tête, rencontrer son regard. Dieu qu'il était proche d'elle. Les minutes se perdirent dans un espace temps inconnu. Son souffle s'arrêta, encore quelques secondes de cette tension insoutenable et elle risquait de mourir sur place.
Elle ne sut jamais qui, de lui ou d'elle, rompit la distance qui les séparait.
Elle reprit conscience de son corps au moment ou sa bouche rencontra la sienne, leurs lèvres se frôlèrent, leurs peaux se devinèrent dans d'indicibles caresses, et l'univers explosa autour d'eux.
Leur baiser dura une minute, une heure, une vie entière.
Une vie a rattraper.
Ils ne pouvaient plus se lâcher, se passer l'un de l'autre à présent qu'ils s'étaient mêlés. Ils s'enivraient, se séparaient un instant pour mieux se retrouver, s'étreignaient, se savouraient. Comment avaient-ils pu passer à côté de toutes ces sensations, à côté d'eux-mêmes ?
Au bout d'un temps indéfini, ils finirent malgré tout par se détacher, à regret, avec l'envie de revenir se poser contre le cœur de l'autre.
La distance retrouvée, l'inquiétude revint dans les pensées de Sam.
Sam : Que va-t-il se passer maintenant ?
Il joua un instant avec une mèche de ses cheveux, la replaça délicatement derrière son oreille, effleura sa joue avec tendresse.
Jack : Je ne sais pas pour toi, mais moi j'ai bien l'intention de t'aimer comme un fou.
Son cœur se serra, mais ce n'était plus de la tristesse ou de la peur. Elle était heureuse, heureuse comme jamais, et ce nouveau bonheur menaçait de lui faire perdre pied.
Une nouvelle pensée noire l'envahit cependant.
Sam : Que fera-t-on s'ils veulent nous prendre Faith ?
Jack la regarda sans comprendre.
Sam : (en insistant) Les Tokra's, leur mise en garde.
Il eut un éclair de compréhension, ses prunelles se troublèrent un instant, mais la sérénité revint presque immédiatement.
Jack : Ils ne nous la prendront pas, personne ne nous enlèvera notre fille, je peux te le promettre. Je ne laisserai personne la toucher.
Elle se relâcha enfin, évacua les peurs, la pression, la tension récente. Elle lui faisait confiance.
Jack : Et s'il le faut, si un jour nous sommes menacé, alors nous partirons.
Cela partait pour lui d'une telle évidence qu'elle le regarda avec étonnement.
Sam : Tu serais prêt à quitter la base, ton travail, pour nous ?
Jack : Je tuerais pour vous deux, Sam. Aussi bien ces stupides Tokra's qu'un Goa'uld ou un être humain.
Elle eut envie de rire, puis soudain de pleurer. Trop de changements d'un coup menaçaient sa raison. Avec la naissance de Faith, sa vie avait prit irrémédiablement un nouveau tournant. A présent, Jack, son supérieur, son colonel, celui qu'elle aimait, lui offrait une autre possibilité, une vie encore différence de celle qu'elle escomptait. Une famille. Plus de jeux, de faux semblants, d'ignorance et de négations. D'abnégations.
Ils allaient vivre désormais, pour eux, pour leur fille. Lui donner un avenir, leur donner un avenir, sur cette terre, et non plus dans les multiples galaxies qu'ils avaient traversé des années durant.
Leur choix était fait.
