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Leçon huit : Putride vengeance et violence mentale
La première fois, il l'a eue cliniquement.
o.O.o
Pour quelqu'un de normal, la réserve est angoissante la nuit. Elle grince de petits bruits, est parcourue de rongeurs et baignée dans une semi- pénombre qui éclaire à peine les livres remplis de magie noire. Il y a des cris qui déchirent le noir, des couinements et des raclements de griffes contre le bois glacial. Et comme si tout cela ne suffit pas, il en reste à cet endroit une sensation de malaise oppressant, quelque chose qui dit que l'on n'est pas à notre place. Oui. N'importe qui se sentirait étouffer dans l'atmosphère moite de la pièce qui semble toujours hurler à l'intrus. Mais forcément, Tom n'a jamais été n'importe qui. Ni quelqu'un de simplement normal. Alors c'est sereinement qu'il arrache la toile d'araignée qui recouvre la reliure et lit le titre avec intention, peu préoccupé par le rat qui vient de lui effleurer la cheville.
Magie noire et artefacts, de Gotruk le Borgne. Hmm. Le nom ne lui est pas inconnu. S'il se rappelle bien -et c'est toujours le cas-, Gotruk était un magicien de troisième zone, un pitoyable mage noir à l'ambition déplorable. Peu probable que le grimoire ne lui apporte autre chose qu'un peu de poudre aux yeux. L'homme vérifie rapidement l'index, grommelant devant les informations proposées. Non décidément, il n'y a rien. Pitoyable. Tom repose l'ouvrage sur l'étagère, sifflant de mécontentement. La dernière fois qu'il est venu ici, il n'avait que dix-sept ans. Et bien qu'il ait dû potasser la quasi-totalité de ce qui est entreposé ici, il en reste qu'il ne retrouve plus l'information. Oh, il est sûr de l'avoir lue. Mais elle lui était à l'époque sans intérêt. Quel imbécile.
Réfléchis Tom, réfléchis. Te rappelles-tu au moins quel en est son auteur ? Un nom lui revient en mémoire, un nom qui finit par "le Sanglant". Et vu le nombre de mages noirs qui se sont orgueilleusement surnommés ainsi, la nuit risque d'être longue. Alors Tom donne un coup dans le rongeur qui commence à mordiller ses chaussures et s'enfonce dans les rayons, sous le regard songeur de Dumbledore...
...
Il est près de quatre heures du matin quand Tom regagne enfin ses appartements, quelques livres habilement empruntés. Le sortilège de confusion allait empêcher que l'on constate le vol avant une bonne semaine. D'ici là, ils auront regagné leurs places respectives. Et il les aura vidé de toute substance. Il veut savoir, il en a besoin. Et par le diable, il va bien réussir à rassembler tout ce dont il a besoin avant que Abraxas ne s'impatiente. Il faut d'ailleurs que le patriarche des Malfoy lui fournisse les quelques centaines de gallions qu'il a eut l'audace de demander. Un voyage va peut-être s'imposer, dans peu de temps, les grandes vacances au plus tard. Il faut avoir tout fini ici. Et il semble que...
"Minerva..."
Le professeur se fige, l'oreille aux aguets. Le soupir emplit d'envie recommence et c'est la haine au cœur qu'il avance de quelques pas. Le couple est adossé contre un mur, la fille pressée contre la pierre glaciale et gémissant doucement. Le garçon lui a emprisonné le sein et lui massacre le cou. Elle, elle ne fait rien. Elle subit juste, quelques geignements sortant de sa bouche, la tête renversée en arrière et les yeux fermés. Ça ne sera pas comme ça avec lui, vous pouvez en être certains. Il s'approche des deux individus à pas de loup. De toute façon, ils sont tellement absorbés dans leur monde qu'une telle précaution semble inutile. C'est d'une voix glaciale qu'il ronronne, juste à l'oreille du garçon :
"Dans mon bureau, vous deux. Maintenant."
Le bond qu'ils ont fait lui apporte une joie sanglante. Elle ouvre grand ses yeux verts, rougissante. Lui semble prêt à détaler. Tom l'observe un instant, note la carrure fluide, les cheveux noirs et les yeux gris. Il n'est pas moche, le nez droit et le menton volontaire. Il a un regard franc qui inspire confiance. Mais il a l'air si pâle devant la beauté flamboyante de Minerva ! Il a l'air tellement insipide face à ses yeux étincelants ! Il a l'air morne et quotidien alors qu'elle, elle ressemble à un coup brutal ! Et elle se gâche avec lui ? Il ne la mérite même pas !
Quoiqu'il en soit, il ravale sa jalousie et les guide dans le silence le plus complet. Elle, elle cligne des yeux, sentant un mal de tête commencer à poindre. Elle ne comprend même pas ce qu'il fait là, au petit matin. Est-ce-qu'il est tellement sadique qu'il se lève exprès pour patrouiller ? Il en est très capable. Elle le voit là, de dos, avec ses cheveux noirs lustrés, sa robe noire et ses yeux qu'elle sait noirs et elle a juste envie de le frapper. Luc traîne les pieds derrière elle, silencieux. Il doit regretter sa proposition plus tôt dans la soirée. Elle lui en ficherait de ses "Mais si, autre part, ça peut être cool ! Ça suffit d'être enfermés dans le dortoir, Minerva ! Allez viens !" Merlin, s'ils s'en sortent, elle le tue. Et parmi tous le corps professoral, il a fallu qu'elle tombe sur celui-ci ! Professeur donc, qui les emmena dans son bureau et claqua la porte derrière.
"Très bien. Minerva, vous aurez quelques heures de détention avec moi dès la semaine prochaine. A croire que vous vouliez à tout prix reprendre les punitions avec la reprise des cours. Quand à vous...
- Luc. Luc Marchese.
- Luc donc, vous irez aider notre concierge, histoire de vous occuper à autre chose qu'à forniquer. Et je vous enlève vingt points. Chacun."
Oh le... ! Minerva le massacre des yeux, l'air sombre. D'un geste, il les congédie. Avant de rappeler la jeune fille :
"Restez, j'ai quelques sujets avec lesquels je dois vous entretenir."
Oh, bordel. Luc semble hésiter mais d'un geste, elle lui fait signe de continuer sans elle. Il passe donc la porte sur un dernier regard. Elle, elle se retourne vers son professeur, le visage durci.
"Le petit Marchese alors ?
- Ça ne vous regarde pas."
Le coup d'œil agacé que lui dédie Tom ne lui fait plus rien depuis longtemps. Elle croise les bras, attendant la suite.
"Ce serait dommage que Dumbledore entende parler de votre petite... Escapade.
- Et ce serait dommage qu'il apprenne que vous m'avez embrassée."
Tom cligne des yeux, surpris. Il ne s'y attendait pas, à ça. Minerva qui fait du chantage ? C'est tellement... Serpentard !
"Qui irait vous croire, sérieusement ?
- Lui."
Elle a raison. Dumbledore ne lui fait aucunement confiance.
"Peut-être. Mais en attendant, ce n'est qu'un professeur de métamorphose. Ce n'est pas le directeur. Sans compter que vous n'avez aucune preuve ! Alors que moi... Ce n'est pas la première fois que je suis le témoin involontaire de vos petites séances d'exhibition."
Ça passe ou ça casse. Il préfère qu'elle le voit comme un pervers plutôt que de perdre l'avantage sur elle. Elle semble réfléchir puis soupire.
"Qu'est-ce-que vous voulez ?
- Vous."
Il s'étonne lui même. Il ne s'attendait pas à une telle franchise. Et surtout pas de sa part à lui ! La gryffondor le regarde, dégoûtée.
"Alors, c'est ça hein ? Vous voulez vous taper une de vos étudiantes ?
- Non. Juste vous."
Elle semble déstabilisée un instant. Et puis elle le voit comme ça, la peau pâle, les cheveux noirs, les yeux rougeoyants dans la pénombre et elle ne voit plus qu'un diable. Un diable aux lèvres pourries, putréfiées, qui salit tout ce qu'il touche. Mais un diable tentateur. Alors, elle ferme les yeux. Elle n'a pas le choix, pas vrai ?
"Faites vite."
Et sa main monte et hôte la cape. Elle tombe au sol, l'englobe d'un écrin de velours. Elle voit son jeune professeur se redresser, le regard froid. Comme une enfant, elle lève les bras et hôte sa robe de sorcière. Ses cheveux s'emmêlent dans le tissus rêche et elle sent des mains chaudes se poser sur les siennes, tirer avec elle. Lorsqu'elle se dégage enfin du piège, elle le voit devant elle, en chemise. Elle ne sait pas très bien ce qu'il vient de se passer mais déjà elle est en soutien-gorge. Il l'effleure à peine, la déshabille cliniquement et peut-être que ça rend tout cela moins glauque. Sa jupe tombe au sol, dévoile sa culotte toute simple. Il l'observe et elle est comme dans son rêve. Filiforme. Appétissante. Rapidement, sa chemise rejoint le tas au sol et son pantalon noir aussi. Il se tient en boxer devant elle et elle ne peut pas s'empêcher d'apprécier le spectacle, d'observer un instant le torse dynamique et les muscles du ventre. Et la cicatrice sur les côtes... Ce dernier détail la trouble. Ne l'avait-elle pas rêvé ? Elle lève finalement les yeux vers son visage et le défit mentalement d'aller plus loin.
Il lui répond par un cruel sourire. La touchant à peine, il la guide vers la chambre à coucher, réduisant les contacts au maximum. Et peut-être que finalement elle aurait préféré qu'il se colle à elle, transpirant et bavant. Là, il est trop... Maître de lui même. Toujours professeur. Presque médecin. Sans un mot, il la pousse sur le lit et c'est à elle d'enlever les derniers remparts de coton. Lui est déjà nu, le sexe mou. A croire qu'il fait tout cela pour lui faire plaisir ! Il ne s'attend pas à ce qu'elle le caresse ou pire, le prenne en bouche. Non. Il l'observe encore un instant et peu à peu, il durcit. Elle le voit se déployer et se redresser et elle a juste peur. Elle est juste dégoûtée. Alors, elle ferme les yeux et attend que des lèvres avides ne se pressent contre les siennes, attend à des caresses malhabiles... Le lit grince à ses cotés. Et d'un coup, une douleur atroce lui pourfend le bassin. Sous le choc, elle ouvre les yeux et se perd dans ceux de son professeur, y voit l'étincelle sanglante. Le... Le fils de pute ! Il ne la prépare pas, ne la pas aidée à supporter ! Non, il la prend comme ça, rendant l'acte avilissant et mécanique. En fait, il est juste venu prendre son dû et tant pis pour elle. La douleur est affreuse et elle en pleurerait. Mais pas face à lui. Elle pleurera dans son lit, dans son dortoir quand tout sera fini. Elle ravale ses larmes, sa douleur et ne bouge pas. Il la baise consciencieusement, va et vient en de grands mouvements mais ne l'embrasse pas, ne la touche pas. C'est... Humiliant !
Il la prend relativement longtemps et vient silencieusement, les muscles tendus et le souffle calme. Pas de gémissements, pas de grognements, aucun soupir, tout reste silencieux. Mortel. Il se désengage et roule sur le côté.
"Allez vous rhabiller."
Et c'est ainsi qu'il la congédie. Elle se redresse dans le sang qui a coulé. Il a forcé, il y a eut de la casse. Elle grimace quand elle se relève et c'est une main précautionneusement posée sur le bas-ventre qu'elle va chercher ses affaires. Il a un sourire en voyant cela. Délicieuse Minerva. Cette baise ne sera sûrement pas la dernière, n'en doutez pas.
Salut tout le monde !
Alors j'espère que ce chapitre vous aura plu ! Rom', je pensais te l'envoyer mais je me suis dite qu'il ne fallait pas te gâcher la surprise. J'espère que tu as aimé.
Alors, réponse aux reviews :
J'ai eu une review d'un anonyme qui me signalait plusieurs choses : Entre autres, que la romance entre Luc et Minerva ne lui plaisait pas et que Dumbledore est peu présent dans cette histoire. Bien. Ce sont des questions intéressantes auxquelles il faut répondre. Ca intéresse tout le monde alors lisez. Pour la Romance, je ne laisse jamais rien au hasard. Je sais ce que je fais, s'il y a romance c'est que ça va servir plus tard, ce n'est pas du fluff pour le plaisir. Dumbledore n'est pas absent de l'histoire mais pour l'instant, il n'est pas directeur. Sous-directeur, je crois. Pour l'instant, il ne peut rien faire d'autre que surveiller de loin. Il n'a pas de preuves, rien que des soupçons, ce n'est pas assez. Donc, il surveille.
Un autre guest (le même ?) trouve étrange que Tom ait tant de pouvoir. En fait, si on y réfléchit, il n'en a pas tellement. (Oui, je dis ça sérieusement après un presque viol.) Après tout, tout monte en puissance. Mais au départ, c'est un professeur, il peut y avoir des punitions. Au départ, ce n'est que ça. Ensuite, l'obsession prend place et c'est l'orgueil qui prend le relais. Après tout, comment savoir qu'il y a des violences mentales si la victime ne porte pas plainte ?
Sho' m'a dit qu'elle n'arrivait pas à lire cette histoire mais qu'elle était bien écrite -et elle dit que c'est rare qu'elle trouve ça bien fait alors qu'elle aime pas.- et elle m'a dit quelque chose de vrai : Entre violence physique et psychologique, la plus terrible est la seconde. Je vous le dis, si vous croisez quelqu'un comme Tom, fuyez.
Bien, sinon, je vous fait un gros bisous sur le front.
Merci d'avoir lu, merci de lire, merci des reviews.
Bouya'
