Oulala j'ai failli oublié de mettre mes chapitres ce soir ! Toutes mes excuses pour l'heure tardive ! :S
Je voulais aussi vous prévenir qu'il n'y aura pas de chapitre la semaine prochaine parce que je pars en Grèce pendant 7 jours ! (Hiiiiiii je suis trop conteeeente ! hrum-hrum. Je me calme.)
Alors pour me faire pardonner, je vous offre… * roulement de tambours* UN CHAPITRE DE 14 PAGES ! XD
Oui, je sais, je sais, c'est noël avant l'heure ! (Comment ça j'exagère ?) Cette fic étant connue pour ses chapitres très courts (mais INTENSES, of course xD) (…j'ai l'impression de faire une pub pour café O_o BREF.) je me suis dis que c'était un bon cookie de paix que de vous offrir 2 chapitres en 1 ! Après tout en ce moment c'est les soldes, restons dans cette bonne optique ! ) Donc voilà…pardonnée ? ^^
Voili voilou je vous souhaite à tou(te)s bonne santé, bonnes vacances, bonne soirée/journée, bonne nuit et bonne vie à tous et à toutes ! …Et bonne lecture aussi, tant qu'on y est xD
Titre : Le Poison d'Irya.
Chapitre : La fête de Poufsouffle, part 2. Le Requiem.
Couple : Draco et Harry ! (Yaoi, donc homophobes s'abstenir…de toute manière qu'est-ce que vous fichez ici ?^^)
Rating: M pour la suite.
Résumé : Dans le donjon de Serpentard Harry attend son exécution. Mais, au dernier moment Draco Malfoy, homme puissant et au poste influent va lui proposer un marché : s'il entre à son service il aura la vie sauve. Harry accepte sans savoir que Draco l'a piégé : le Poison d'Irya, mortel et dont il est le seul à avoir l'antidote coule maintenant dans ses veines pour l'empêcher de lui désobéir ou de s'enfuir. Malheureusement, le poison n'est pas le seul problème d'Harry : des événements étranges se déroulent autour de lui et des Sorciers, êtres bannis du territoire, tentent même de l'assassiner…pourquoi ? Qui est réellement Harry ? Et comment va-t-il faire pour combattre son attraction grandissante envers le puissant et magnifique Draco Malfoy ? Intrigues, Amour, Magie…Harry plonge dans une nouvelle vie.
Disclaimer : Harry Potter et ses personnages appartiennent à la génialissime J.K Rowling, et l'univers à Snyder, auteur que j'aimerais vous faire découvrir !
Warnings : AU et OOC! Je répète : COM-PLÈ-TE-MENT AU et OOC! Rien à voir avec l'univers de J.K ! En fait cette fic m'a été inspirée du livre de Snyder, Poison Study ! (ou le Poison Ecarlate, en français) Vous ne connaissez pas ? Courrez vite le lire !
! En italique sont les pensées des personnages. !
Chapitre 12 : La fête de Poufsouffle, part 2. Le Requiem.
Dans la cohue, j'avais perdu Greg. Je ne m'en inquiétais pas outre mesure, jusqu'à ce que je remarque les quatre hommes qui m'entouraient. Ils avaient des uniformes réglementaires de forgerons et de fermiers. Je murmurai des excuses et tentai de me glisser vers la tente, mais ils ne firent que me serrer de plus près.
Ils m'encerclaient.
C'est un piège ! Me hurla mon bon sens alors que la terreur m'envahissait.
-Draco ! Hurlamon cœur.
J'ouvris la bouche pour hurler, mais une main gantée étouffa mon cri. Les deux forgerons me prirent par le bras et me forcèrent à avancer. Dans la foule dense, personne ne semblait remarquer que je me faisais enlever.
BANDE D'ÉGOCENTRIQUES ! SORTEZ LES YEUX DE VOTRE TROU DU CUL ET AIDEZ-MOI ! , avais-je envie de leur hurler avec frustration, mais la panique commençait à me figer la langue.
Et la main sur ma bouche n'aidait pas non plus il faut dire.
J'eus beau me débattre, les hommes ne ralentirent pas. Ils m'emportaient loin des lumières de la fête, loin de la protection de la foule. Tendant le cou, je cherchai un moyen de m'échapper. Peine perdue, mes agresseurs étaient trop grands pour que j'aperçoive quoi que ce soit.
Nous nous arrêtâmes à l'ombre d'une tente isolée. Une silhouette sortit alors de ses pans et s'avança vers nous.
-Quelqu'un vous a vu ? Vous avez vérifié que vous n'avez pas été suivis ?
C'était une femme.
-Tout s'est bien passé, répondit Affreux n°1, ils étaient occupés à regarder les danseurs.
-Parfait. Maintenant, tuez-le.
Oh Seigneur non, que quelqu'un m'aide ! Draco, bon sang mais où es-tu ?
Un objet métallique étincela dans la main d'Affreux n°1. Je me débattis de plus belle et l'espace d'un instant, parvins à me libérer. Mais Affreux n°3 et 4 me clouèrent au sol, retenant mes bras, pendant qu'Affreux n°1 me tenaient les jambes et qu'Affreux n°2 levait son arme.
-Pas de couteaux bande d'imbéciles ! Pas de sang. Servez-vous de ça.
Elle tendit à Affreux n°2 une longue et fine lanière. En un clin d'œil le couteau disparut et Affreux n°2 passa la lanière autour de mon cou.
-Noooooon !
Mon cri fut étouffé par le manque d'air. Le garrot se resserra. Mes membres furent pris de convulsions. Des points blancs flottèrent devant mes yeux.
Et je sus que c'était fini. Je n'avais vraiment plus d'espoir. J'allais mourir étouffé lors de la Fête de Poufsouffle, isolé dans un passage sombre. Quelle fin pitoyable.
Un faible bourdonnement s'échappa soudainement de mes lèvres…trop tard. L'instinct de survie qui m'avait sauvé de Voldemort, puis des gardes de Bellatrix, n'avait pas été assez puissant, cette fois-ci.
Comme de très loin, j'entendis la femme dire :
-Dépêchez-vous ! Il commence à projeter !
Les hommes resserrèrent leur prise autour de mes bras, faisant remonter ma tunique et dévoiler mon ventre.
-A-attendez, se mit tout d'un coup à chuchoter faiblement la femme, cette marque sur son nombril…
Puis une voix d'ivrogne bredouilla :
-S'cusez-moi bonnes gens…veux just' remplir mon verre…
D'un coup, la lanière se desserra et l'air pénétra dans mes poumons. Je fis le mort, une tactique toujours payante : les hommes me poussèrent à terre et me piétinèrent dans leur empressement d'aller neutraliser l'intrus.
De ma position au sol, je vis Affreux n°1 se ruer sur l'ivrogne. J'eus envie de lui crier de s'enfuir, de courir pour sa vie, que s'il restait là il n'aurait plus jamais de bière (ce qui, j'en étais certain, serait le moyen le plus efficace pour le faire détaler sans qu'il ne demande son reste), mais j'étais incapable de rassembler assez de souffle.
Un tintement métallique raisonna : la lame du couteau avait heurté la chope en étain. D'un geste vif, l'ivrogne envoya voler le couteau au loin. Puis il leva sa chope, comme tout à l'heure pour me saluer, et frappa Affreux n°1 qui s'effondra à terre, inerte.
Mon regard s'illumina et je fis un micro-sourire. J'avais compris.
Les trois autres se jetèrent sur l'attaquant. Affreux n°2 et 4 l'attrapèrent par les épaules tandis qu'Affreux n°3 lui décrochait deux coups de poing au visage.
Ouh c'est pas bon ça mon gars, tu vas nous l'énerver là…
S'appuyant de tout son poids sur les Affreux n°2 et 4 l'homme leva brusquement ses deux jambes et les entoura autour du cou d'Affreux n°3. On entendit un craquement sinistre puis il s'écroula aussi.
J'te l'avais dis. On m'écoute jamais, c'est dingue ça...
L'ivrogne n'avait pas lâché sa chope : il s'en servit pour asséner un violent coup à la trachée d'Affreux n°2, qui s'effondra en se tenant le cou. Puis il pivota à gauche et décocha un coup à la tempe d'Affreux n°4. Et ce fut terminé.
La bagarre n'avait duré que quelques secondes. La femme n'avait pas bougé d'un cil, intensément concentrée sur la lutte. Je la reconnus, c'était la femme aux cheveux bruns et touffus que j'avais remarqué un peu plus tôt. Qu'allait-elle faire, maintenant que ses gros bras étaient hors service ?
Je me redressai, les jambes flageolantes. La femme se retourna vivement, comme si elle avait oublié mon existence. Elle parut hésiter un instant, ses yeux se posèrent sur mon ventre, mais elle finit par secouer la tête. Puis elle se mit à chanter. C'était un air doux et mélodieux, qui s'insinuait et résonnait en moi.
-Calme-toi, disait-il, allonge-toi, repose-toi…
Oui, pensais-je en m'étendant de nouveau, je suis si fatigué…
Je me laissais bercer…jusqu'à ce que l'air vienne à me manquer soudainement. La femme chantait mon requiem.
Sorti de nulle part Draco se dressa devant moi et se mit à crier en me secouant par les épaules. Comme je le pensais : l'ivrogne, c'était lui. Qui d'autre pouvait l'emporter contre quatre hommes gros et forts, uniquement armé d'une choppe de bière ?
Il ne m'avait pas abandonné finalement… il m'avait protégé comme il l'avait dit.
-Récite la liste des poisons ! Hurla Draco.
Mais il va arrêter de me donner des ordres tout le temps celui-là ? Je décidai que pour une fois, j'allais l'ignorer. Vive ma petite rébellion !
- Récite-les ! MAINTENANT ! C'est un ordre Harry !
Non mais vous voyez ? Un vrai tyran. Par la force de l'habitude les noms des poisons défilèrent dans ma tête par ordre alphabétique. La musique s'arrêta, la sensation d'étouffement disparut et je respirai de nouveau. Je pris de grandes bouffées étranglées, laissant l'air s'engouffrer dans mes poumons.
-C'est bien Harry, continue de réciter…
Je ne lui avouerai jamais que mon esprit contradictoire avait failli me tuer. S'il m'en parlait, ma version officielle serait qu'il n'avait pas crié assez fort au début et je ne l'avais pas entendu, point. Tout de sa faute quoi !
La femme et le couteau avaient disparus. Draco me souleva et me remit sur mes pieds. Je vacillai et il me prit l'épaule et la main pour me retenir et m'éviter de retomber sur mes fesses. Je serrai sa main dans la mienne, réprimant mon désir de me blottir dans ses bras en sanglotant.
Il venait de me sauver la vie, encore.
Draco attendit patiemment que j'eus repris mon équilibre puis examina rapidement les hommes sur le sol. Il retourna l'un des corps et murmura un « merde ».
-Quoi ?
-Des étrangers.
J'avalai difficilement.
Des étrangers. Pas des voisins d'un autre district militaire de Serpentard, non. Des étrangers.
Des Griffondors clandestins s'étaient introduit à Serpentard.
-Et la femme ? Où est-elle ? Demandai-je.
-Partie.
-Tu vas essayer de la rattraper ?
J'étais encore sonné et je ne me rendis pas compte d'avoir utiliser le tutoiement.
Draco me lança un regard étrange.
-Harry, c'est une sorcière du Sud. Maintenant que je l'aie perdue de vue, je n'ai plus aucune chance de la retrouver.
Pfeu, le feignant. Me tenant par le bras, il me conduisit hors de la tente, en direction de la fête.
J'étais encore sous le choc de l'attaque, tous les muscles de mon corps tremblaient. Malgré ma raillerie intérieure il me fallut quelques instants pour comprendre ce que Draco venait de dire.
-Une…sorcière? M'horrifiai-je. Je croyais que les sorciers étaient bannis de Serpentard !
Tués à vue par la personne à côté de moi plutôt, mais je ne parvins pas à prononcer ces mots.
-Malgré nos mesures dissuasives, certains passent parfois la frontière.
-Mais je croyais que…
-Nous en discuterons plus tard Harry, me coupa-t-il. Pour l'instant j'aimerais que tu ailles retrouver Greg et ses amis. Et fais comme si de rien n'était. Cette femme ne devrait rien tenter d'autre…ce soir.
« Ce soir », Draco pensait donc qu'elle allait retenter de me tuer un autre jour, mieux préparée et avec un meilleur plan sans doute.
Oh joie, quelle vie palpitante je mène. Qui veut échanger ?
Nous nous faufilâmes dans l'ombre jusqu'à repérer Greg, tout près de la tente des acrobates. Il me cherchait, m'appelait. Draco plissa les yeux en le regardant puis me fit signe d'aller le rejoindre.
Je n'avais fait que quelques pas lorsqu'il me rappela.
-Harry, attends.
Je me retournai. Il s'approcha gracieusement de moi et tendit la main vers mon cou. J'eus un mouvement de recul instinctif et sa main se figea. Il me regarda doucement et je me repris. Draco avança de nouveau sa main et me retira le garrot toujours autour de mon cou. Je sentis un doigt me caresser la joue et le cou dans la manœuvre. Mais le toucher avait été si aérien que je ne sus comment le prendre. Je le regardai mais ses yeux étaient fixés sur mon cou. Je m'intimais l'ordre de ne pas rougir. Il n'avait fait que m'effleurer bon sang ! Et je ne savais même pas s'il l'avait fait exprès ou pas!
Il me tendit le garrot du bout des doigts comme si c'était un serpent particulièrement dégoutant. Je frissonnai en faisant la grimace et il le jeta immédiatement dans l'herbe.
Après un dernier coup d'œil à mon sauveur blond je me retournai et me dirigeai vers le cuisinier.
Quand il m'aperçut enfin Greg irradia des ondes de soulagement. Après ce qu'il venait de m'arriver la méfiance m'envahit malgré moi. Quelle raison avait-il d'être si inquiet ? Je pouvais simplement m'être égaré dans la foule…mais lorsqu'il s'approcha, je sentis une forte odeur de vin. Je fronçai du nez.
-Harry, te…te cherchais partout, bafouilla-t-il.
Il était complètement saoul. C'était sûrement pour cela qu'il désespérait de me retrouver.
L'alcool transforme son homme : même les parieurs les plus cyniques deviennent sentimentaux.
…Je décidai qu'il fallait absolument que je voie Draco saoul.
-Il y avait trop de monde, j'ai voulu prendre l'air.
Je jetai un coup d'œil derrière moi. Draco me surveillait-il encore ? Ou bien était-il parti arrêter les éventuels survivants de la bagarre ?
Dire que tout à l'heure j'étais ravi de quitter enfin le château… A présent, je ne voulais plus qu'une chose : me sentir en sécurité dans l'appartement de Draco.
Voilà une association d'idée bien inattendue…En sécurité avec Draco… , me dis-je.
-J'étais sûr de finir par te retrouver, dis-je à Greg.
Je n'aimais pas trop lui mentir mais je ne pouvais pas lui dire la vérité. Je regardai Greg et sourit : c'était vraiment un ami. Un ami assez fidèle pour me chercher quand j'avais disparu, et qui eût sans doute été le seul à me regretter si j'avais été tué.
Si Draco était venu à ma rescousse, je savais que c'était uniquement pour s'éviter la peine de former un nouveau goûter. Je refoulai la douleur dans ma poitrine à cette cruelle vérité et suivit le regard illuminé de Greg pour voir Hanna et toute la bande s'approcher de nous.
En l'apercevant, Greg m'avait brusquement lâché le bras et s'était précipité vers elle. La couturière sourit et l'accusa gentiment de me faire les yeux doux alors qu'il avait rendez-vous avec elle. Je m'esclaffais alors qu'éploré et saoul Greg la supplia de la pardonner, expliquant qu'il ne voulait pas me perdre puisque je l'avais aidé à remporter le concours de pâtisserie. Hanna se joint à mon hilarité, me décrocha un sourire chaleureux alors que je lui fis un clin d'œil, puis elle mit son bras autour de Greg et, enlacés, ils prirent le chemin du château.
Nous les suivîmes à distance pour leur laisser un peu d'intimité. Comme à l'aller je fermai la marche, mais, cette fois, j'avais Parvati et Lavande pour compagnons.
Elles firent quelques pas en silence à mes côtés, en se jetant des coups d'œil fréquents. Je me demandai ce qu'elles mijotaient. Lavande finit par hocher la tête en direction de son amie et se tourna vers moi, me lançant un regard acariâtre.
Et c'est parti, soupirai-je.
-Je me demande bien ce que Greg te trouve, commença-t-elle.
Qu'elle façon charmante de lancer la conversation !
-Pardon ? Dis-je d'un ton neutre.
-Tu l'as très bien entendue, grogna Parvati, il a raté la danse du Feu pour partir à ta recherche comme un amant en peine.
-Comme un poids lourd complètement beurré tu veux dire, l'interrompis-je.
- Ne fais pas l'innocent, cracha Lavande, depuis ton arrivé les habitudes de la cuisine partent n'importe comment !
Je soupirai, déjà las de cette stupide discussion.
-Je ne vois pas de quoi tu parles.
-Avant, les sautes d'humeur de Greg étaient prévisible, affirma Parvati, il était gai et enjoué quand tout allait bien avec Hanna et qu'il gagnait au jeu. Lunatique et grincheux quand ce n'était pas le cas. Mais d'un coup…
-Tu décides de faire copain-copain avec lui et il est exécrable avec nous ! L'interrompis Lavande en me lançant une grimace de dégoût.
Parvati hocha la tête, son regard grave et accusateur planté sur moi.
-Même quand il a gagné le gros lot il est resté triste et déprimé, me dit-elle, c'est vraiment insupportable au bout d'un moment, il nous fait vivre un enfer !
-En plus, nous savons tous que tu essaies de le piquer à Hanna ! Cracha Lavande avec force. Tu vas arrêter ça tout de suite et rester loin de la cuisine, compris ?
Ces deux merdeuses avaient vraiment mal choisi leur moment pour venir me chercher des noises. Je venais d'échapper de justesse à la mort et je n'étais absolument pas d'humeur à écouter leurs conneries abracadabrantes.
La colère bouillonna en moi, je saisis le bras de Lavande, la plus agressive, et la fis pivoter vers moi. Nous nous dévisageâmes alors que Parvati s'était arrêtée quelques pas plus loin, le visage soudain soucieux rivé sur moi. Elle devait sans doute se demander si le dangereux psychopathe que j'étais n'était pas à deux doigts de péter sa durite et d'exterminer leur joyeuse petite bande de potes à la con.
-Moi aussi, sifflai-je à la tête de Lavande, je serais sans doute exécrable si j'avais tous les jours affaires à des morues pareilles ! Ecoutez-moi bien bande d'idiotes, mon amitié avec Greg ne vous regarde pas. Et ta petite théorie, Lavande, est complètement à côté de la plaque. Y'a une mauvaise ambiance en cuisine ? Je m'en contre fou. Ce n'est pas mon problème, alors ne venez pas m'emmerder à ce sujet. Vous vous démerdez et vous me fichez la paix, « compris » ?
Je la repoussai d'un geste brusque. A leur expression choquée je vis qu'elles ne s'attendaient nullement à une réaction aussi véhémente de ma part.
Que croyaient-elles ces cruches ? Qu'il leur suffisait de me menacer pour que je cesse de parler à Greg et Hanna ? Et bien qu'elles aillent se faire voir, les problèmes des cuisines me passaient largement au-dessus de la tête.
Des problèmes, j'en avais moi-même à revendre, et des beaucoup plus grave en plus, merci bien.
Par exemple, pourquoi une sorcière de Griffondor voulait-elle ma mort ?
Arrivé au château je fis mes adieux à Greg et Hanna et me pressai vers les appartements de Draco. Bien qu'impatient d'être en sécurité à l'intérieur, je persuadai les gardes devant la porte d'inspecter les appartements avant que j'y rentre. Ils sortirent en proclamant « R.A.S » et je les dévisageai stupidement avant de me rappeler ce que ça signifiait.
Peuvent pas parler normalement eux ?
J'allumai toutes les lanternes et m'installai sur le divan, face à la porte.
J'étais à cran et je savais que je n'arriverai pas à me rassurer tant que Draco ne serait pas rentrer.
Je veillai donc jusqu'à son arrivée, un peu avant l'aube.
-Harry ! Mais que fais-tu là, tu n'as pas dormi ?
Un hématome mauve, gros comme un poing, avait fleuri sur sa mâchoire, et contrastait avec sa peau pâle. Je me dis que c'était un beau gâchis.
-Quel observateur, je suis impressionné.
Il me lança un sourire las, mais je fus content de voir ses yeux pétiller.
-Pas la peine de faire ton malin, personnellement c'est direction mon lit pour toute la matinée, (il me lança un regard narquois). Mais toi tu dois goûter le petit déjeuner du Ministre dans moins d'une heure. Tu vas être frais…
Je pinçai les lèvres et le fusillais du regard, ce qui le fit juste ricaner encore plus.
-Je n'ai pas besoin de dormir, marmonnai-je. J'ai besoin de réponses.
-Hm…et quelle est ta question ? demanda Draco en éteignant une à une les lanternes.
-Euh je sais pas, pourquoi une sorcière du Sud a-t-elle voulu me tuer par exemple ? M'exclamai-je, levant les bras en l'air comme si j'avais affaire à un demeuré.
-Ah ! C'est exactement ce que j'allais te demander.
Draco me lança un regard perçant.
-Comment voulez-vous que je le sache ? Dis-je en haussant les épaules. Les gardes de Bellatrix, d'accord. Mais une sorcière ! Je ne vois pas ce qu'elle pourrait bien me vouloir.
-Tu ne te rappelles pas lui avoir voler sa peluche ou avoir tué son cochon dinde préféré, par hasard ?
-Ha. Ha. Je suis mort de rire.
Les lèvres de Draco tremblèrent pour refouler son fou rire pendant que je peinais à garder mon calme. Comment pouvait-il trouver ça amusant ? Remarque ce n'était pas la première fois que l'idée de ma mort lui paraissait divertissante, je ne voyais même pas pourquoi je relevai encore.
Il se passa la main sur son visage.
-Je suis désolé. Mais Harry, franchement, tu sembles avoir un talent inné pour te mettre les gens à dos…même ceux que tu ne connais pas.
-C'est un don. Ironisai-je.
Draco s'assit à son bureau et se prit la tête entre les mains, m'ignorant.
-Une sorcière du Sud…une Fondatrice, qui plus est. Les plus puissants sorciers. Sais-tu qu'il n'en existe que quatre à chaque génération dans tout le territoire de Griffondor ? Quatre ! Et depuis la prise de pouvoir, aucun des Fondateurs ne s'est aventuré à Serpentard. A l'occasion ils envoient un de leur laquais, doté de pouvoirs insignifiants, pour fouiner dans nos affaires. Je les intercepte toujours et je les mets hors d'état de nuire. Severus ne tolère aucune magie à Serpentard.
Du temps de la monarchie, les sorciers constituaient l'élite du royaume. Traités comme des seigneurs, ils exerçaient une influence considérable sur le roi. Selon la légende, Draco les avait tous assassinés après le coup d'Etat. Je me demandais bien comment, vu qu'il avait été incapable d'arrêter cette femme aux cheveux touffus et à la peau halée.
Brusquement, Draco se leva, l'air songeur, prit une pierre grise sur son bureau et se mit à arpenter le salon en jonglant avec. Je tressailli. La dernière fois que ce malade mental s'était amusé avec une pierre, il me l'avait balancé de toute ses forces à la figure.
Je me roulai en boule pour former une cible aussi réduite que possible, luttant pour ne pas carrément aller me réfugier derrière le divan.
Ca lui aurait fait bien trop plaisir.
-Pour que les gens du Sud risquent un de leurs Fondateurs, il faut un événement…
(Draco lança la pierre en l'air, cherchant le mot qui convenait.)Un événement capital. Alors pourquoi s'en prennent-ils à toi ?
Il soupira et s'installa près de moi, sur le divan.
Quand il remarqua ma position il haussa un sourcil et me lança un regard perplexe. Les joues roses je me redressais en toussotant.
-Un accès de fatigue.
-…Bien sûr.
Il me lança un sourire en coin railleur et je luttai pour ne pas lui tirer la langue.
Je me rendis alors compte qu'assis, nous étions tellement proches que nos cuisses se touchaient. Mon cœur rata un battement. Pourquoi diable était-il venu s'assoir aussi prêt ? Il y avait de la place partout autour de nous ! A croire qu'il le faisait exprès pour me faire rougir ce gredin sournois…
-Reprenons depuis le début, continua-t-il, imperturbable. Il est évident que tu as des origines Gryffondor.
-Q-quoi ?
Moi ? Un Gryffondor ?
C'est vrai que je n'avais jamais réfléchi à mes origines… j'avais été trouvé dans la rue lorsque j'étais tout petit, puis recueilli par Voldemort. La seule question que je me sois jamais posée était celle de mes parents : étaient-ils morts ? M'avaient-ils abandonné ? En tout cas je ne gardais aucun souvenir de ma vie avant l'orphelinat, dans lequel je suis arrivé vers mes six ou sept ans. J'éprouvais surtout de la gratitude envers le général Voldemort à l'époque, puisqu'il m'avait offert un toit. L'affirmation si désinvolte de Draco me causa un réel choc.
-Ton teint est plus mat que celui des gens du Nord, tu n'as qu'à comparer les couleurs de nos peaux… et tes traits rappellent ceux des Griffondor. Tu ressembles un peu à Sirius, tu vois ?
-Sirius ? Demandai-je abasourdi, Sirius est de Griffondor ?
Il me regarda comme un ignare.
-Bien sûr. Lui et Sev se sont rencontrés là-bas et sont tombés amoureux quand ils étaient adolescents. Et puis Sirius, l'éternel imprévisible impétueux, à décider de suivre Severus pour l'aider à faire la conquête de Serpentard, il disait qu'ainsi ils allaient « bien se marrer ».
Je le regardai, la bouche entre-ouverte et les yeux écarquillés.
-Tout le monde sait ça Harry ! Ri-t-il.
Eh bien pas moi. Je ne l'avais pas non plus entendu à l'orphelinat. Mais peut-être Voldemort ne voulait-il pas qu'on apprenne nos origines et qu'on demande à rentrer chez nous, à Griffondor… En fait on nous avait plutôt appris à se méfier des Griffondors, on nous disait qu'ils étaient des parias, des gens malhonnêtes qu'il fallait à tous prix éviter.
Apprendre que moi et Sirius venions de là-bas me laissa interdit. Ca venait bouleverser quelques-unes de mes convictions. Parce qu'honnêtement, si tous les Griffondors étaient comme Sirius, alors je les aimais d'avance !
Je me rappelai de la Fondatrice et de son chant assassin et fit une grimace. Oui enfin…peut-être pas tous en fait.
Draco se trompa sur la signification de ma grimace et me posa une main réconfortante sur le genou.
Je frôlai la syncope.
- Il n'y a aucune raison d'en avoir honte, Harry. Sous l'ancien régime la frontière avec Griffondor était ouverte et les traversées matérielles et humaines, très fréquentes. A mon avis, tu as été abandonné dans la panique qui a suivi le coup d'Etat. Avant que nous fermions la frontière, beaucoup de gens ont fui vers Griffondor. Je me demande bien pourquoi.
Il leva les yeux au ciel et continua.
-Ils devaient croire que nous allions massacrer tout le monde comme des barbares… alors que Severus n'a fait que donner un uniforme et un travail à chacun.
En plus de la main toujours sur mon genou, j'étais toujours sous le choc. Pourquoi n'avais-je jamais éprouvé de curiosité au sujet de ma famille ? Je ne savais même pas où j'avais été trouvé précisément ! Et pourquoi ne me rappelai-je de rien avant mes six ans ? Maintenant que j'y pensai, c'était vraiment très étrange.
A l'orphelinat, on nous répétait constamment que nous avions de la chance d'avoir un toit, des vêtements, une éducation et même de l'argent de poche pour les plus sages et les plus obéissants.
-Mais je m'égare, dit Draco en retirant sa main de mon genou.
L'impression glacée que me laissa la perte de sa chaleur me surpris au plus haut point.
-Revenons au sujet qui nous intéresse, dit-il en se relevant et en se remettant à arpenter la pièce comme un fauve dans sa cage dorée.
- Je ne pense pas que cette femme ait un lien avec ta famille. Pourquoi ta propre famille voudrait-elle te tuer ?
-Je ne sais même pas si j'en ai une, lui dis-je d'un ton triste.
-Tout juste. Dis-moi Harry, à part le meurtre de Tom, as-tu fais quelque chose par le passé ?
-Je ne suis pas un tueur en série, si c'est ce que vous voulez savoir, lui répondis-je d'un ton sec.
Il sourit et fit « non » de la tête.
-Je sais. Je t'aurais déjà attrapé sinon.
Je le fusillai du regard mais il se contenta de continuer à marcher avec son air prétentieux.
Je priais pour qu'il se prenne les pieds dans son foutoir et qu'il s'explose la tronche par terre, ça lui ferait les pieds.
-Je voulais dire : as-tu été témoin d'un meurtre ou d'un crime, par exemple ?
-Euh…, je réfléchis. Non.
-Bon. As-tu surpris des gens entrain de comploter contre le Ministre ? Contre Sirius ?
Ou autre chose du même genre…
-Rien, affirmai-je.
Je m'en serais souvenu quand même, mais là j'étais certain de n'avoir jamais vécu quelque chose du genre.
Draco tapota doucement la pierre contre son front. Je me retenais de lui lancer « Toc, toc, y'a quelqu'un ? –Non, personne ! Ici c'est vide ! ». C'était puéril et je n'étais pas sûr qu'il aurait apprécié.
…Je crois que j'étais vraiment fatigué. J'aurai intérêt à faire une bonne sieste après le déjeuner du Ministre.
-D'accord, continua Draco pendant que mon cerveau perdait dix années. Supposons que ce soit lié à Voldemort, le seul événement conséquent de ta vie.
-Hey ! M'insurgeai-je.
J'avais l'impression qu'il me traitait de bouseux avec son air condescendant.
-Il s'était peut-être ligué avec les gens du Sud…continua-t-il après m'avoir fait un clin d'œil espiègle. En le tuant, tu as ruiné leurs plans. Ils projettent d'envahir Serpentard et te croient au courant de leur complot…
Houla, paniquai-je, dans quelle merde je m'étais encore fourré moi ?
-Non, ça serait absurde, marmonna-t-il à mon plus grand soulagement. Sev n'a aucun désir d'agrandir Serpentard en partant en guerre, et Griffondor pareil.
Draco se passa la main sur le visage avant de poursuivre.
-Autre hypothèse : avec son mariage Bella a décidé de garder profil bas et a donc fait appel à un stratagème plus subtil et imaginatif pour t'assassiner. Ainsi, elle peut obtenir satisfaction sans se compromettre…
Je déglutis, la panique commençant à me faire trembler.
-…Non, ça ne tient pas debout.
Mais bon sang qu'il arrête de me mettre des idées terrifiantes dans la tête avant de se rétracter ! Qu'il les garde pour lui dans ces cas-là, merde ! Ca ne va pas de faire peur aux gens comme ça…
-Connaissant Bella elle aurait embauché des gros bras, pas une sorcière, continua Draco, aveugle à mon tumulte.
Il s'arrêta un instant.
-Sauf si elle a des relations que j'ignore…mais ça reste improbable.
-C'est pas la modestie qui vous étouffe, marmonnai-je.
Il me lança un sourire en coin.
-Je suis simplement réaliste.
Draco jeta un regard autour de lui. La moitié des lanternes brûlaient encore. Reposant la pierre sur le bureau –je soupirai de soulagement, pour une fois qu'il n'avait pas décidé de me l'envoyer sur la tronche- il acheva de les éteindre alors que les premières lumières de jour éclairaient timidement le ciel.
D'un coup il se figea et grimaça.
-Evidemment, les sorciers n'hésiteraient pas à passer la frontière pour venir récupérer l'un des leurs.
Il me jeta un regard pénétrant. Puis, avant que j'aie pu protester, il ajouta :
-Mais dans ce cas à quoi bon t'assassiner ? Ils n'ont aucune raison de vouloir ta mort, ils auraient plutôt essayé de te faire passer la frontière.
En entendant ça j'eus un flashback de la femme, le regard rivé sur mon ventre «A-attendez, cette marque sur son nombril… » avait-elle dit.
…Quelle marque ?
Mon pouls s'accéléra soudain et je relevai ma tunique précipitamment.
J'examinai mon ventre et…Rien. Un nombril, certes, mais pas de marque.
Je rabaissai le tissu, confus. J'avais dû mal entendre. Je n'avais pas l'esprit très clair sachant qu'ils étaient en train de m'étouffer…
Draco bâilla, il était dos à moi et n'avait donc pas vu mon petit manège sans queue ni tête. Il tâta du bout des doigts le bleu sur sa joue. J'espère qu'il souffrait, pour me venger des frayeurs qu'il m'avait faites.
-Je suis trop fatigué pour réfléchir. Je vais au lit.
Bah voyons ! On fait son petit effet et on va pioncer peinard !
Il se dirigea vers l'escalier. Je me redressais, soudain alerte.
-Draco !
Il se stoppa et se retourna.
-Oui ?
-Mon antidote.
-Ah oui, tout de suite.
Il continua à gravir l'escalier. Pendant qu'il s'affairait à l'étage, je me demandai pourquoi il se montrait aussi distrait au sujet de mon antidote. Pour ma part, je ne cessais jamais d'y penser. Lentement mais sûrement, l'idée de ma mort sans cesse repoussée m'empoisonnait le cerveau.
Oh le jeu de mot ! Je suis spirituel quand je suis exténué dites-donc !
Draco finit par revenir et me tendit l'antidote.
-Tu ferais mieux de ne pas trop te coiffer aujourd'hui.
-Pourquoi ?
Je passai la main dans mes cheveux. Les rubans que j'y avais tressés étaient déchirés et pleins de nœuds.
-Parce qu'avec un peu de chance et un manque de discipline de leur part, ils arriveront à cacher la marque sur ton cou.
Avant de me présenter au bureau du Ministre je fis une toilette rapide. J'eus juste le temps de me laver et d'enfiler un uniforme propre avant l'heure du petit déjeuner. Le garrot avait laissé sur mon cou un anneau rouge vif que mes cheveux ne pouvaient cacher, même en laissant mes cheveux s'indiscipliner au possible.
D'habitude j'entrai dans le bureau du Ministre en étant chaleureusement salué par Sirius avec son habituel « Oh, Harry ! Bonjour, bonjour, comment vas-tu ? » et ses questions à n'en plus finir entre deux trois railleries bien senties pour son mari.
Je recevais un hochement de tête du Ministre lorsqu'il était de bonne humeur, et son indifférence lorsque ce n'était pas le cas. Les deux me convenaient parfaitement, après tout, même lorsqu'il était fâché il ne s'en prenait jamais à moi. Il était toujours juste et impartial.
En l'absence de Sirius pour X raison, voilà comment ça se passait : je goûtais le déjeuner du Ministre, jetai un coup d'œil à son programme de la journée, puis je repartais sans qu'un seul mot n'ait été échangé entre nous.
Mais aujourd'hui un silence grave des deux hommes salua mon arrivée et alors que je posai le plateau repas sur la table, Sirius me demanda doucement de m'asseoir.
Perché sur le bord d'une chaise inconfortable, je nouai mes mains sur mes genoux et tentai de prendre l'air impassible. A l'intérieur, la terreur liquéfiait mes membres.
-Draco nous a informé de l'événement d'hier soir, m'intima gentiment Sirius. Est-ce que tu vas bien ?
-Oui, merci. Le rassurai-je, la gorge sèche.
Allait-ils donner l'ordre de m'exécuter pour arrêter de faire perdre du temps à Draco ? Parce que je me rendais compte que je leur posais pas mal de problèmes pour un simple goûteur.
-Je n'aimerai pas qu'un incident du même genre vienne compromettre mon exercice, me dit le Ministre.
-Severus Snape…le menaça Sirius d'une voix basse.
Le Ministre se contenta de me fixer de ses yeux ténébreux tout en sirotant son thé. Je le vis néanmoins regarder son charmant époux en chien de faïence, ne semblant pas très rassuré. Mais son regard braqué sur moi était déterminé.
-Draco m'assure que votre participation à l'exercice nous aidera à résoudre l'énigme plus rapidement. Mais je n'en suis pas convaincu.
Je déglutis difficilement, la peur faisant trembler mes mains.
-J'ai plutôt l'impression que vous allez vous faire tuer... et se faisant, faire échouer l'exercice.
-Arrête ça tout de suite Severus ! Le gronda son mari. Harry est parfaitement capable de s'en sortir, c'est un jeune homme vif et intelligent.
-Pourtant selon Draco il ne l'a pas reconnu hier soir, même quand il s'est retrouvé nez à nez avec lui.
-Mais c'était…
Le Ministre leva une main apaisante.
-Sirius, j'aimerai entendre ce qu'il a à dire.
La bouche de Sirius se referma dans un « clac » frustré. Il foudroya son époux du regard et croisa les bras, comme s'il boudait ou qu'il s'apprêtait à piquer une grosse colère.
J'ouvris la bouche, puis la refermai aussitôt. Une explication trop hâtive, mal argumentée, ne convaincrait pas le Ministre.
Par ailleurs, il ne semblait pas vouloir me faire tuer, juste m'écarter de son exercice. Il m'offrait donc une échappatoire que je n'étais pas sûr de vouloir refuser. Devais-je vraiment risquer ma vie pour cet exercice militaire ? Je n'étais pas un espion professionnel, je n'avais même pas reconnu Draco dans son déguisement d'ivrogne avant qu'il ne commence à se battre.
D'un autre côté, c'était à ma vie que ces mystérieux assaillants en voulaient. Si je n'essayais pas de les attirer dans le piège du blond, ce seraient eux qui détermineront le lieu et l'heure de ma mort. Je pesai les arguments « pour » et « contre » avec l'impression de marcher sur une corde raide.
-Je n'ai aucune expérience en matière de chasse à l'homme, dis-je au Ministre. Il est très difficile pour un novice de repérer une filature en plein milieu d'une foule bruyante. Mais quand je serais seul, dans la forêt, ce sera plus facile pour moi. Je pense en être capable.
Je m'interrompis un instant. Le Ministre resta silencieux et Sirius me fit un signe de tête encourageant, m'intimant de continuer pour convaincre son époux.
-Si nous arrivons à attirer cette sorcière à découvert, nous pourrons peut-être découvrir pourquoi elle a voulu me tuer…et si elle est un danger pour Serpentard.
Le Ministre ne répondit toujours pas. Il restait immobile, comme un serpent qui attend patiemment sa proie. Je lançai un coup d'œil désespéré à Sirius, qui me fit les gros yeux en articulant un « continue » silencieux.
En désespoir de cause, la tête vide, j'abattis ma dernière carte.
-Draco et votre mari m'en croient capable.
-Absolument ! Acquiesça Sirius avec vigueur.
Mon interlocuteur nous jaugea du regard, moi et Sirius. J'aurai parié avoir vu ce dernier faire trembloter sa lèvre inférieure avec un regard de chiot battu lorsque le regard du Ministre se posa sur lui, mais je ne dis rien et croisai mes doigts discrètement.
-Nous procéderons comme prévu, dit-il.
Sirius m'envoya un sourire de vainqueur.
-Même s'il est improbable que tu ailles très loin…et donc que cette sorcière se manifeste.
Il cracha ce mot comme s'il avait un goût déplaisant.
-Bien sûr qu'il va aller loin ! Il te réserve des surprises Sev, j'en suis persuadé.
Je soufflai, mais lançai un regard dubitatif à Sirius. Il en était peut-être persuadé mais moi je croyais surtout que j'allai me prendre une déculottée vite et bien.
-Je t'ordonne de garder le silence sur cette affaire, Harry.
-Oui Harry, c'est plus prudent pour toi. Et puis si les gens apprennent qu'une Fondatrice se balade librement à Serpentard, ils vont paniquer, renchéri Sirius.
-Oui, évidemment, dis-je.
-Bien. Ce sera tout, trancha le Ministre.
Alors que je m'éclipsais, Sirius me prit le bras. Je ne l'avais même pas entendu se rapprocher de moi.
-Et Harry, me chuchota-t-il tout bas, tu te rappelles que je t'avais dit qu'au moindre problème tu pouvais venir me voir ? (J'hochai la tête.)Ca tient toujours. Après tout, certains fugitifs se préparent avant leur évasion…
Je lui lançai un regard perdu mais il se contenta de me faire un clin d'œil énigmatique.
-Sache simplement que j'aime me balader dans le couloir nord en fin d'après-midi. Maintenant, file !
Ce ne fut qu'une fois que je fus dans le couloir menant à la cuisine que je compris ce qu'il voulait dire. Je passais donc le reste de la journée à rassembler des provisions et du matériel pour l'exercice.
Le départ était prévu pour le lendemain à l'aube. Je fis d'abord un détour par la forge, où je constatai avec amusement qu'il suffisait de prononcer le nom de Draco pour obtenir tout ce dont j'avais besoin. Puis je me dirigeai vers l'atelier de couture.
Hanna, pour sa part, m'aurait offert la lune si elle avait pu. Quand je lui expliquai que je voulais seulement emprunter un sac à dos en cuir, elle parut déçue.
-Garde-le mon chou, il traîne ici depuis des lustres.
Je m'attardai un peu en sa compagnie. On discutait, elle cousait, on rigolait, elle me fit part des derniers ragots, je lui dis que non, je ne savais pas si Draco était slip ou caleçon, et que non, je ne rougissais pas. Elle chouina, je la taquinai au sujet de Greg, elle rougit, et je me fis gronder pour ne pas avoir suffisamment de chair sur mes os.
Me rendant compte qu'il était déjà l'heure, j'embrassai Hanna et filai en direction du couloir nord.
Sirius m'y accueillit seul avec un sourire de renard. Sans un mot il me tendit un pot.
-Qu'est-ce que c'est ?
-De la colle. Extra forte. M'expliqua-t-il simplement. Je me suis dit que ça pourrait toujours servir à un ancien acrobate.
Je lui lançai un regard sidéré.
-Comment savez-vous… ?
Il s'esclaffa, de son rire de chien que j'aimais tant.
-La spécialité de Draco est d'écouter aux portes. Me dit-il simplement.
Je rougis en me rendant compte que Draco m'avait surveillé de si près qu'il avait entendu mes conversations avec Greg.
-Et il est d'un naturel jaloux et possessif, alors penses-tu, il écoutait bien attentivement !
Alors que je bégayais pour nier et défendre notre honneur bafoué, Sirius rit de plus belle, me décoiffa les cheveux, et s'en alla d'un air nonchalant.
En un instant j'avais compris pourquoi il énervait tant son mari parfois…
Mon sang se glaça la minute d'après. En début de soirée Greg m'avait demandé si j'acceptai de vendre des informations sur lui, Sirius ou le Ministre. Bien que j'aie refusé, Greg pouvait avoir de sérieux ennui pour me l'avoir proposé. Je me souvenais que Draco ne lui faisait pas confiance, il m'en avait parlé à l'Infirmerie.
Draco allait-il faire surveiller Greg ? Le faire tuer?
… Avais-je perdu le peu de confiance qu'il m'accordait pour ne pas lui en avoir parlé?
Je me rendis à la cuisine qu'en dernier, à l'heure où le rangement était terminé et les employés, partis.
J'avais besoin de parler seul à seul avec Greg, sans cette charmante Lavande, entre autres. Je décidai de ne pas lui faire part de ce que je venais de comprendre. J'avais peut-être tord, ça ne servait à rien de lui faire peur.
Je le trouvai debout au comptoir, rédigeant des menus.
-Tu as l'air en forme, dit Greg à voix basse. Moi par contre…
Il se déplaçait précautionneusement et je ris en comprenant qu'il avait une sévère gueule de bois.
Il grimaça au son de mon hilarité et murmura « pas si fort, bon sang, pas si fort… » torturé.
Je m'excusai alors qu'il tentait doucement de se remettre droit. Son teint était blême, ses yeux soulignés par des cernes sombres.
-Je ne resterai pas longtemps le rassurai-je. Je voudrais juste t'emprunter quelques petites choses.
Curieux, Greg redevint presque lui-même. Ah, l'éternel fouineur parieur…
-Du pain, pour commencer.
Comme Hanna, il parut déçu de ma simple demande. Il tendit le doigt vers une grande pyramide de pains.
-Prends tout ce que tu veux 'Ry.
Pendant que je choisissais une miche, il me demanda :
-As-tu besoin d'autre chose ?
-Euh…oui.
Ma dernière requête était un peu délicate. C'était pour cela que je tenais à m'entretenir seul avec Greg.
-C'quoi ?
-Il me faudrait…Un couteau.
Greg tressaillit. Un éclair brilla dans ses yeux et je devinai que des images de meurtre défilaient devant ses yeux. Je vis presque son cerveau travailler, mettant notre amitié naissante en balance avec cette requête hors du commun et les dangers qu'elle représentait.
Je m'attendais à ce qu'il m'interroge sur mes motifs, et commençai à préparer mes réponses.
Mais je me trompais.
-Lequel ? Me demanda-t-il simplement.
Je lui souris. Avec ça, je serai fin prêt pour l'exercice de demain.
Ohohoho alors, z'avez aimé ? Un cookie pour une review ! xD
Vous l'avez compris, le fameux exercice du fugitif arrive au prochain chapitre, je me demande bien ce qu'il va pouvoir se passer… ? :P
Mwhahaha rdv dans deux semaines pour le découvrir !
Je fais un petit "vote" pour les couples de personnages secondaires, j'hésite beaucoup entre la relation des personnages de Ron, Hermione, Théodore Nott et Blaise Zabini!
Et oui darkmoonlady, on peut voter autant de fois qu'on veut! C'est même conseillé si vous voulez que votre couple fétiche soit sélectionné xD
Donc svp choisissez entre ces trois "menus" de couples! Vous préférez (J'ai mis les résultats des votes entre parenthèse) :
MENU 1) du BlaiseThéo et du RonHermione? SOUTENEZ CES PAUVRES COUPLES NÉGLIGÉS ! ^^(19 votes pour) (j'avoue que c'était ces couples-là que je voulais mettre au début…et surprise, surprise ce sont ceux qui plaisent le moins ! O_o j'ai bien fait de faire ce vote alors^^)
MENU 2) du RonBlaise et du HermioneThéo?(57 votes pour) (le favoris pour le moment! )
MENU 3) du RonThéo et du HermioneBlaise?(23 votes pour) (Pas souvent exploité dans les fics d'après ce que j'ai compris…)
Dîtes-moi ce que vous préféreriez et j'écrirai en conséquence, je trouve ça plus sympa que ces couples-là soient au goût de tous :)
Merci d'avance pour votre coopération, et à la semaine prochaine, comme d'habitude! xD
Ayase
P.S : le nouveau chapitre de Mortellement Vivant arrive dans moins d'une heure ! :)
