Réécriture


Coucou tout le monde :D

Je dois vous avouer que je vous avais légèrement oublié :/

Faut dire que pendant les vacances, j'oublie un peu quel jour on est, Désolé )

Enfin bon, voici la suite,

Agréable lecture, adorable lecteur-ices


Des Séparations douloureuses

Chapitre 5

Déclarations Solennelles


Regina Mills

Le ciel était étoilé de milles constellations, ce soir-là. Regina passa un temps certain à les comparer à celles qu'elle pouvait admirer dans l'autre monde. Elle se souvenait des nuits d'été passées à expliquer la signification de chacune d'entre elles à Henry. Elle en avait inventé plusieurs, d'ailleurs. Mais Henry semblait toujours passionné, peu importe ce qu'elle racontait.

Cette époque où son fils buvait ses paroles avec admiration lui manquait. Tout avait changé depuis. Elle avait commis des erreurs, il s'était éloigné et rien ne serait jamais plus pareil.

- Tu ne dors pas ?

Elle sursauta alors que Kathryn entrait dans la grande bibliothèque. Entre deux étagères, un balcon proposait deux fauteuils sur lesquels on pouvait se poser pour lire à l'extérieur. Regina aimait s'y réfugier.

- Comment m'as-tu trouvé ? s'étonna-t-elle.

La blonde prit place dans le second fauteuil, une main sur son ventre gonflé. Un doux sourire maquillait ses lèvres.

- Ta lampe était visible de ma chambre.

La brune scruta les murs du château et son ancienne amie lui indiqua la tour la plus proche.

- Je vois. Et pourquoi ne dors-tu pas ? Il me semblait que les femmes enceintes avaient besoin de repos. C'est du moins ce qu'essayait de me faire croire mon ancienne assistante. J'ai bien fait d'en changer.

La princesse Abigaël s'esclaffa avec légèreté, secouant la tête pour accentuer son amusement.

- Tu ne changeras jamais.

- Ne dis pas ça à la famille royale ! Ils me feraient emprisonner, chuchota la reine déchue d'un air conspirateur.

La blonde éclata à nouveau de rire. Regina ne se souvenait pas que cela ait été un jour aussi facile, entre elles. Leur amitié n'avait que tourné autour de manipulation, kidnapping et cœur brisé.

- Ils ne me croiraient pas.

En vérité, David ne laisserait aucune place au doute, mais il était plus simple de prétendre le contraire.

- Frederick est reparti en expédition, expliqua-t-elle. J'ai beaucoup de mal à dormir seule.

C'était cohérent. Les nuits étaient sujet à réflexions et Regina n'aimait pas non plus les passer seule.

- En général, je retrouve Emma. Elle ne dort jamais, elle non plus.

- Et qu'est-ce que vous faites, toute les deux ?

La rigidité de l'intonation de la brune ne passa pas inaperçue. Kathryn la dévisagea en souriant.

- Eh bien… On attend qu'elle dessaoule et on finit par bavarder pendant un moment avant de s'endormir.

- Et Cassidy ?

Cette fois-ci, elle répondit par un rire spontané et ne lui offrit pas de réponse, comme si elle pensait que Regina plaisantait. En comprenant que ce n'était pas le cas, elle haussa les sourcils.

- Neal ne lui tient compagnie qu'à certaines dates précises. Les anniversaires, les cérémonies… Le reste du temps, il vit chez son père, avec Belle.

La brune ne comprenait plus mais son ancienne amie l'empêcha de poursuivre son interrogatoire en lançant les hostilités.

- Tu as parlé à Mary-Margaret ?

Pas Blanche-Neige. Pas la reine. Non, Mary-Margaret. Cette femme qui avait servie de maîtresse à l'ex-mari de Kathryn. Par la faute de Regina. Tout était la faute de Regina.

- Je l'ai évité, jusqu'à présent, avoua-t-elle.

- Tu ne devrais pas. Elle a beaucoup de choses à te dire.

Les lèvres de la reine déchue se tordirent à nouveau en une grimace agacée. Pourquoi tout le monde se mêlait de ses histoires ?

- Je ne suis pas certaine de vouloir les entendre.

- Tu ne fais que retarder l'inévitable.

Correct.

- Elle a décidé de me séparer de mon fils comme je l'ai séparé de sa fille. Elle a eu sa vengeance, elle culpabilise. Et voilà. Nous en sommes là.

Le silence suivit un instant. Kathryn semblait réfléchir, les yeux plissées, le regard porté au loin.

- Un soir, Emma m'a demandé.

Regina se crispa, l'interrogeant curieusement du regard. Elle ne voulait pas parler d'Emma.

- Demandé quoi ?

- Comment tu en étais arrivé là. Mais je n'avais pas de quoi satisfaire sa curiosité. Parce qu'au final, il n'y a que deux personnes qui peuvent y répondre et ces deux personnes là devraient en discuter entre elles.

La brune secoua négativement la tête d'un air catégorique. Elle voulait bien fournir des efforts, mais il y avait des limites au supportable.

- Je ne parlerai pas de Daniel avec Blanche.

- Daniel, répéta la blonde. C'était son nom ? À ton premier amour.

- Mon seul amour, corrigea Regina.

Kathryn haussa les sourcils, moue dubitative sur le visage. Le mensonge était flagrant.

- C'est ironique, observa-t-elle. Elle t'a privé du premier, et elle t'a offert le véritable.

- Elle ne m'a rien offert du tout, s'agaça la reine déchue.

- Que tu l'acceptes ou non, Emma est sa progéniture.

Il n'était pas question d'acceptation mais de courage. Regina n'était pas une sauveuse prête à se battre contre un dragon pour sauver les personnes chères à son cœur.

- Comment tout le monde peut-il être au courant ? demanda-t-elle après un instant.

- On ne peut pas dire qu'Emma sache vraiment cacher ses émotions.

La reine déchue se demandait à quoi avait pu ressembler la vie au château pour tous les proches d'Emma, au cours de ces cinq dernières années.

- Elle doit d'ailleurs m'attendre, s'exclama Kathryn tout en se redressant. Je vais aller la rejoindre. Bonne nuit, Regina.

Elle la regarda s'éloigner tout en se faisant la remarque qu'elle aussi, elle aurait aimé rejoindre la belle blonde dans sa chambre. Hélas, elles en étaient encore loin.


Lorsque Regina se rendit dans la salle à manger, le lendemain matin, elle n'y trouva que le couple royal et leurs deux filles. Tant mieux. Elle n'était pas d'humeur à discuter avec tous ses anciens maudits. Elle n'avait presque pas dormi de la nuit et comme toujours dans cas-là, sa patience et son amabilité en étaient affectées.

Elle retrouva tout de même le sourire à l'instant où elle croisa le regard jade d'Emma qui lui fit signe de s'installer à ses côtés et elle s'exécuta alors que sur les genoux de la belle blonde, sa petite sœur lui tendit sa main délicate.

- 'Jour Gina !

- Regina, corrigea Emma avec un sourire sincère.

- Rigina !

Emma allait ouvrir la bouche, prête à entrer dans son jeu en la corrigeant une énième fois mais leur mère les interrompit.

- Arrête de taquiner ta sœur, Eva ! Et sois polie avec Regina.

La familiarité de la scène pinça le cœur de la brune. Blanche était bien plus vieille qu'Eva, lorsqu'elles s'étaient rencontrés. Mais elle se souvenait encore des leçons de politesses et de bienséances qu'elle avait à lui donner. Il lui semblait que cela remontait à une éternité.

Elle échangea un sourire crispé avec elle et les larmes perlèrent dans les yeux si sensibles de la reine légitime. A côté d'elle, David était occupé à boire son café sans rien dire.

Heureusement, ils pouvaient toujours compter sur Emma Swan pour apaiser les tensions. Elle se pencha vers sa sœur et murmura assez fort pour que la brune puisse l'entendre :

- Elle adore qu'on l'appelle Madame la Maire, sinon !

Regina roula des yeux mais son amusement était trahi par le sourire qu'elle ne parvint pas à retenir. C'était comme si elle n'avait plus d'emprise sur ses propres lèvres. Pour cacher ce manque soudain de contrôle, elle se servit une tasse de café noir.

- Mais ça veut rin dire ! s'indigna la blondinette, faisant rire tous les adultes de sa famille à son plus grand plaisir.

- De plus, rebondit Regina, je ne suis plus maire.

Encore une fois, la princesse Eva sembla complétement perdue. Elle la dévisagea de ses grands yeux clairs.

- Mais Henry alors ?

Sourire aux lèvres, Emma déposa un baiser sur le front de sa petite sœur avec une douceur à laquelle Regina n'était pas habituée.

- Tu as raison mon ange, elle est bien la mère de Henry.

L'enfant sourit de toutes ses dents avant de porter son attention sur les viennoiseries. Emma la regarda faire avec tendresse avant de porter un regard amusé sur sa voisine.

- Entreprise de cosmétique, hein ? se souvint-elle. Je suis sûre que tu terrifies tout ton personnel.

- Terrifier est un terme exagéré. Je suis seulement… Exigeante.

Elle s'esclaffa sincèrement sous les regards intrigués de ses parents. Kathryn avait raison. Emma était mauvaise pour masquer ses émotions.

- Elle est vraiment terrifiante ! intervînt une voix au fort accent britannique que Regina reconnut sans mal.

Killian entra dans la pièce sans se départir de son sourire aguicheur. Il avait revêtu l'une de ses anciennes tenues en cuir, mieux adapté à ce monde.

- Bonjour, Jones ! le salua poliment le roi et Regina tenta de ne pas être vexée.

Bien sûr qu'il ne pouvait pas lui réserver le même accueil enthousiasme. Elle avait torturé sa famille pendant des années.

- Dis m'en plus ! s'exclama Emma. Est-ce qu'ils lui obéissent aux doigts et à l'œil comme vous autres anciens larbins de sa Majesté ?

La brune jeta un regard prudent vers le couple royal, incertaine qu'ils apprécient la plaisanterie. En effet, David porta sur sa fille un regard réprobateur qu'elle ignora superbement alors que sa mère souffla de lassitude.

Killian s'installa en face de son amie et se servit une tasse de café dans laquelle il s'octroya le plaisir de verser quelques gouttes de rhum. Cette attitude fit secouer la tête de Regina avec exaspération.

Et puisque trois regards surpris étaient braqués sur lui, elle décida de détourner l'attention.

- Vous n'avez pas de personnel ?

- Hein ? demanda Emma.

- Hormis le fameux jardinier soi-disant employé par Miss Swan, je n'ai vu aucun valet ou domestique depuis notre arrivée.

Elle s'adressait au charmant couple royal qui connaissait comme elle les coutumes de ce monde. Pourtant, ce fût à nouveau leur fille, qui lui répondit.

- Et puis quoi encore ?! On est bien assez dans ce château pour gérer son entretien tout seul.

- Je comprends mieux l'accumulation de poussière dans la chambre, rétorqua Killian sous le regard noir de la belle blonde.

- Il se trouve qu'on n'attendait pas trop votre visite, tu vois ?

Blanche reposa délicatement sa tasse en porcelaine avant de prendre parole. Première fois qu'elle s'adressait à elle depuis leur étreinte, quelques jours plus tôt.

- Emma s'investie à de rares occasions dans la réhabilitation de ce nouveau royaume. Nous avons une équipe de ménage qui vient une fois dans le mois et qui est rémunérée très convenablement. Cela permet aux jeunes femmes des villages voisins de ne plus dépendre de l'argent de leur prétendant.

- Les mariages forcés, cracha Emma. Quelle merde !

À cette réflexion, Regina esquiva le regard de celle qui fut sa belle-fille. Elle n'avait pas envie de repenser à ce que Cora avait manigancer pour qu'elle se retrouve mariée à Léopold. C'était quelque chose qu'elle pouvait de toute façon difficilement oublier étant donné les lourdes conséquences que cela avait eu sur sa vie entière.

- Bonne action, Swan ! déclara Killian. Pour une fois que tu t'engages dans quelque chose, tu sembles faire du bon travail.

David se racla la gorge pour intervenir avant que sa fille n'ait le temps de réagir à cette pique implicite concernant ses engagements.

- Es-tu certain que le rhum est une nécessité si tôt dans la matinée ?

Le pirate dévisagea le roi sans comprendre. Le rhum, c'était son essence. Il ne se rendait même pas compte de sa dépendance.

- Tu en veux, camarade ? Il suffit de demander.

Il était prêt à se lever pour servir le blond et Regina s'empressa de poser sa main sur son crochet, secouant négativement la tête. Haussant les sourcils, il reboucha sa fiole qu'il cachait dans la poche intérieure de sa veste.

- Tu supportes vraiment cette odeur d'alcool tous les matins ? grinça Emma à l'intention de la brune. Au petit-déj ? Toi la garante numéro 1 de l'alimentation saine ?.

- Jamais d'alcool chez Regina, rétorqua le pirate d'un air maussade. C'est la règle. C'est bien pour ça que je n'y vais jamais, d'ailleurs.

- Killian, menaça-t-elle.

Il ne sembla pas comprendre sa gaffe. Les regards interrogateurs des Nolan le prirent au dépourvu.

- Quoi ? De toute façon son appart lui sert à rien. Elle passe sa vie dans son bureau.

Il fallait encore quelques secondes de latence pour qu'Emma pose enfin la question qui lui brûlait les lèvres :

- Vous ne vivez pas ensemble ?

Les deux amis échangèrent un regard. Killian sourit nerveusement, finît sa tasse d'une traite et se releva.

- Bon ! Eh bien bonne journée à vous, je suis attendu, au revoir !

Et il s'éclipsa presque en courant sous le regard ahuri de Regina. Le traitre ! Quelle idée d'accorder sa confiance à un pirate !

- Qu'est-ce que vous nous cachez ? demanda finalement David d'un air menaçant.

Sa femme posa tendrement une main sur son bras avec son sourire le plus romantico-niais.

- Je crois qu'Eva réclame sa balade, tu viens ?

Dans leur échange de regard, ils semblaient se dire tant de choses. Finalement, il accepta de suivre sa femme, prenant bien soin de prendre la blondinette dans ses bras au passage tout en déposant un baiser sur le crâne de sa fille aînée.

Une fois toute les deux seules, Emma tourna enfin toute son attention vers Regina. Elle voulait des réponses.

- Raconte-moi tout. Tout ce que tu as fait depuis… depuis notre départ.

Par où commencer ? Ces cinq années avaient semblé interminables et si courtes en même temps.

- J'ai quitté Storybrooke le jour même. Pendant quelques heures, j'ai fait mes adieux à cette ville que j'ai construit de toute parts. Puis j'ai pris la route sans destination précise. Je suis arrivée à Boston sans trop de difficulté. Je ne suis pas étonnée que tu te complaisais dans cette ville mais… ça ne me convenait pas. Je n'y suis restée que deux jours avant de prendre l'avion. J'ai traversé tout le pays, visité tous les états et j'ai également exploré le continent. Je suis allée une fois en Europe. Et c'est là-bas, sur la terrasse d'un restaurant gastronomique français que j'ai pris la décision de revenir m'installer pour de bons aux Etats-Unis.

Regina souriait en repensant à tous ses voyages. Elle aimait découvrir tout ce que l'autre monde avait à offrir.

- Pourquoi Manhattan ?

- J'aimerais te dire que j'ai suivi tes conseils mais c'est par hasard que je me suis retrouvée là-bas. C'est par l'aéroport de cette ville que je suis rentrée de France. Je devais y rester qu'une soirée mais mon avion pour San Francisco a été annulé. Je l'ai pris comme un signe et j'ai décidé de m'y installer pour monter ma propre entreprise.

Les yeux de la princesse pétillaient comme si elle voyageait avec elle à travers son récit.

- Wow tu n'es pas restée inactive, alors !

- Ce n'est pas mon genre, Emma. Tu le sais.

Elles échangèrent un sourire complice. Les Emma avaient facilement remplacé les Shérif ou Miss Swan.

- Rassure-moi, tu n'as pas appelé ton entreprise La Regina ou un truc dans le genre, hein ? C'est le nom d'une pizza, j'espère que tu en as conscience.

La reine déchue roula des yeux avec dépit. Pour qui la prenait-elle au juste ? Elle s'était renseignée, tout de même.

- Merci mais j'ai plus de créativité que cela.

En captant son regard curieux, Regina regretta de s'être aventurée sur cette pente-là.

- J'écoute. Quel nom est placardé sur chacun de tes produits et en géante lettre capitale sur la façade de ton entreprise ?

Pour détourner l'attention de ses joues rougies, la brune but une gorgée de son café qui avait désormais refroidi.

- Peu importe.

- Oh allez ! Dis-moi !

Elle prit une profonde inspiration avant de murmurer assez bas pour que son interlocutrice pense mal entendre :

- Swan Queen…

- Pardon ? s'étonna-t-elle. Swan Queen ? Genre… Comme moi ?! Enfin, je ne suis pas encore reine mais bon bref !

Reprenant une expression fermée, Regina secoua négativement la tête alors que la blonde arborait un air fier.

- Non, tu interprètes mal les choses. C'était seulement pour le cygne. Comme l'animal, je veux dire.

- Mouuuuuais.

Regina passa une main dans ses cheveux, grimaçant contre l'inefficacité des produits hygiénique de ce monde, et reprit son récit :

- Me concentrer sur l'entreprise m'a permis de penser un peu moins à Henry. Je ne l'oubliais pas. Je ne passais pas à autre chose. Mais j'apprenais à vivre avec cette absence. Et puis, j'ai fait la rencontre de beaucoup de monde, ça m'a aidé. J'ai tenu à garder une certaine distance avec mes employés et investisseurs même s'il est vrai que les heures que je passe avec mon assistante ont permis de créer une certaine amitié entre nous. C'est elle qui m'a présenté celle qui deviendra par la suite ma première et unique colocataire.

Emma plaqua une main sur la table en éclatant de rire, une attitude qui surprit la brune. Elle attendit donc qu'elle se calme pour obtenir une explication.

- Regina Mills en collocation, du jamais vu !

Elle sourit malgré elle, partageant son hilarité. Qui aurait cru qu'entendre Emma se moquer ainsi d'elle pourrait un jour l'amuser ?

- Oui, cela a été difficile, au départ. Je me suis faite insultée de maniaque excessive, de sociopathe et très souvent de rabat-joie. Mais Leah Molson est une femme intelligente et nous avons fini par trouver un terrain d'entente.

L'ancienne shérif plissa les yeux, suspicieuse. Ces dernières années, elle avait compris que les terrains d'ententes étaient rarement bons pour les deux partis.

- C'est-à-dire ?

- Nous couchons ensemble une fois par semaine.

Elle la dévisagea longuement, ne sachant trop comment réagir et il fallut que Regina arque un sourcil accompagné d'un sourire moqueur pour qu'elle comprenne la plaisanterie. Elle se détendit aussitôt.

- Ce n'est pas drôle ! J'y ai vraiment cru !

- Si ça peut te rassurer, Killian y croit encore, lui.

L'expression de la blonde prit une teinte confuse, comme elle le faisait à chaque fois qu'elle relevait un nouveau mystère.

- Comment… Comment est-il arrivé dans ta vie ?

- Crois-moi, j'ai essayé de m'en débarrasser plus d'une fois. Mais les pirates sont comme les mauvaises herbes, ils finissent toujours par revenir.

La comparaison fit sourire Emma. Un sourire léger, presque retenu. Elle attendait la suite.

- J'ai fini par lui accorder une soirée, un jour où j'étais vulnérable, alors que vous étiez certainement en train de célébrer les deux ans de votre Nouveau Royaume.

La princesse fit la moue, comme si elle trouvait cette situation injuste. C'était le cas, en vérité.

- Nous avons très longuement discuté et nous avons fini par se promettre qu'un jour, nous reviendrons. Il nous a fallu beaucoup de temps pour mettre notre plan en action. Tinkerbell n'avait pas laissé assez de poudre de fée à Killian et ma magie s'est fortement affaiblie après des années sans la pratiquer.

- Et ça vous a rapproché au point que vous vous êtes mis en couple ?

La brune poussa un soupir, baissa les yeux, honteuse pour cette supercherie. Et si Emma la comparait à la malicieuse méchante reine qu'elle avait autrefois été ?

- Je suis désolée d'avoir menti. Killian et moi n'avons jamais été plus que des amis.

La blonde hocha lentement la tête, assimilant les informations qu'elle lui donnait au compte-goutte.

- Et pourquoi avoir prétendu l'inverse ?

- Je pensais que cela rendrait les choses plus faciles. Que de cette façon, tu ne tenterais pas de réitérer cet ultime acte d'adieu.

- T'embrasser ?

Elles échangèrent un long regard tandis que la brune acquiesça silencieusement. Après un instant, Emma sourit faussement.

- Il y a des façons moins tordues de refuser les avances de quelqu'un, Regina, déclara-t-elle sans y croire. Comme me dire « non » tout simplement.

- Mais je ne pourrais jamais te dire non, souffla-t-elle. Pas quand tout mon être cri oui.

Emma la dévisagea intensément, approcha un peu plus son visage du sien tout en venant poser sa main sur la sienne dans une douceur et une tendresse qui avaient pour effet d'exciter leur magie.

- Alors pourquoi tiens-tu autant à y échapper ?

Regina rompit leur contact, s'éloigna suffisamment, détourna son regard. Elle savait déjà que ses mots ne plairaient pas à la sauveuse.

- Parce que je ne resterai pas indéfiniment là, Emma.

- Quoi ?

- Mon second jugement sera le même que le premier et tu le sais très bien. Et quand bien même il serait différent, j'ai des amis et une entreprise qui m'attendent, dans l'autre monde.

Du coin de l'œil, elle observa la blonde se braquer, croiser les bras contre sa poitrine, un air de défi sur le visage.

- Et tu penses à ton fils ? Il ne vaut pas le coup de tout lâcher ?

Cette fois-ci, ce fut avec un regard meurtrier que Regina releva la tête vers elle. Comment osait-elle ?!

- Tu crois que je ne pense pas à lui ?! Tu sais très bien ce que je ferais par amour pour lui ! Mais il est clair qu'il se plait dans ce monde, et je ne suis pas prête à passer une vie de prisonnière ici.

- Mais tu ne seras pas prisonnière ! s'écria-t-elle.

Elle ne comprenait pas. Elle ne pouvait pas comprendre. Que le couple royal l'encage ou la laisse en liberté, il en était de même pour Regina. Ce monde était une prison. La prison d'un passé douloureux qui la hantait déjà suffisamment comme cela.

- Emma… murmura-t-elle plus doucement en remarquant qu'une larme s'était échappée de ses beaux yeux. Ne rend pas ça plus difficile que ça ne l'est déjà.

La blonde tourna la tête de l'autre côté, fuyant son regard et sa réaction blessa Regina plus qu'elle n'aurait voulu l'admettre. Alors comme guidée par son instinct, ses bras s'enlacèrent autour du corps de la sauveuse et elle se trouva bientôt à enlacer Emma Swan alors que ses sanglots resonnaient dans la grande pièce.


En début d'après-midi, Henry et Regina prirent l'initiative de se balader sur les beaux chevaux dont il s'occupait soigneusement.

- On a chacun le nôtre, lui expliqua-t-il. Mais parfois je monte Cannelle pour qu'elle sorte un peu, la pauvre, si elle n'accompagnait que 'Man, elle ne bougerait pas beaucoup.

Sa mère sourit tout en passant une main dans la crinière de la jument qui la supportait.

- Cannelle… murmura-t-elle. Quel nom original.

Après quelques mètres au galop dans les bois verts qui occupaient les trois-quarts du royaume, Henry ralentit la cadence et elle suivit son rythme.

- Dis, Maman…

Il semblait hésitant et il avait cette expression sur le visage qui rappela à Regina tant de moments partagés dans son enfance. Cette once de vulnérabilité, elle ne l'avait plus vue aussi précisément depuis leurs retrouvailles.

- Je t'écoute, Henry, le poussa-t-elle doucement.

- Est-ce que tu crois qu'on sera tous heureux, un jour ?

La question la prit au dépourvue mais la réponse se forma d'elle-même dans son esprit.

Non.

Bien sûr que non !

Comment cela serait-il possible ? Ils aspiraient tous à des vies si différentes. Mais elle ne pouvait de toute évidence pas lui répondre cela.

- Eh bien… Tu es un jeune prince en devenir et un avenir prometteur t'attend alors-

Elle n'avait aucune bonne façon de finir cette phrase. Elle avait totalement conscience que chaque mot qu'elle prononçait ne faisait rien d'autre que briser tous ses espoirs.

Par un heureux – ou malheureux, à voir – hasard, elle n'eut pas à chercher plus loin puisque leur conversation fut interrompue par des éclats de rire de plus en plus audible.

Bientôt, ils aperçurent le couple royal sur leurs beaux destriers blancs en balade sur leur chemin.

- Hey ! les salua joyeusement Henry une fois qu'ils arrivaient à leur hauteur. Je ne savais pas que vous étiez de sortie, vous aussi. Où est Eva ?

- On l'a confié à sa sœur, grimaça David. Il semblerait qu'elle avait bien besoin de se changer les idées.

Regina ignora son regard noir, s'intéressant soudainement aux magnifiques arbres de cette forêt. Wow. Très joli. Vraiment. Superbe vue !

- Pourquoi aurait-elle besoin de se changer les idées ? Ce n'est qu'une enfant !

Elle hésita entre être ébahie par la naïveté de son fils habituellement si futé ou être agacée de la ressemblance qu'elle lui trouva soudainement avec son grand-père maternel. Mais puisqu'il reçut trois regards dépités, il rougit en baissant la tête.

- Ah oui, tu voulais parler de 'Man, murmura-t-il.

David sortit de son rôle de roi en lui offrant son plus charmant sourire. C'était au grand-père de prendre le relai.

- Tu as la tête ailleurs, en ce moment, toi. Ça ne te dirait pas de faire une course jusqu'aux écuries ?

Tirant sur les rênes de son étalon, Henry afficha un large sourire, relevant le défi avec plaisir.

- Tu n'as aucune chance !

Regina laissa traîner son regard derrière eux bien longtemps après que les arbres eurent cachés leurs silhouettes. Mais elle n'était pas encore prête à confronter le regard de son ancienne belle-fille.

Celle-ci la laissa tranquille un temps. Mais elle finit par demander à sa jument de s'approcher.

- Je ne pourrais jamais reprocher à Emma sa véhémence pour les cheveux, s'exclama-t-elle finalement. Après tout, elle n'a pas eu un aussi bon professeur que moi, dans ce domaine.

Regina grinça des dents. Sur tous les sujets qu'elle aurait pu aborder, il avait fallu qu'elle choisisse celui-ci.

- J'aurais mieux fait de te laisser tomber de ce cheval, cracha-t-elle.

Contrairement à la réaction attendue, cette pique la fit amèrement rire. De l'amertume dans la bouche de la positive Blanche-Neige ? Regina tourna enfin son regard vers elle et elle eut la décence de baisser les yeux.

- Alors on n'en serait pas là aujourd'hui, répondit-elle.

- Pour le bonheur de tous.

- Vraiment ?

La reine déchue arqua un sourcil, attendant une explication. Comment pouvait-elle douter d'une telle véracité ?

- On referait le monde, avec des « si ».

Puis, elle commença à reprendre le chemin en direction du château et Regina comprit rapidement qu'il était de son devoir de la suivre.

- La colère est arrivée longtemps après, déclara-t-elle, finalement. Était-ce vraiment de la colère ? Cela ressemblait surtout à de la frustration. J'avais cette sensation d'impuissance face à toi. Tout ce que tu as détruit, tout ce dont tu m'as privé… Mais comment pouvais-je faire une croix définitive sur ma première et pendant longtemps ma seule amie ?

- Nous n'avons jamais été amies, rétorqua Regina.

- Mensonge.

En était-ce un ? Peut-être. Elle ne se souvenait plus vraiment. Cela remontait à des siècles, désormais.

- À chaque acte monstrueux dont tu faisais preuve, je me demandais comment tu arriverais à te le pardonner une fois que tu serais revenue à la raison.

- Mais je ne suis jamais revenue à la raison.

- En effet.

Elle lui offrit un doux sourire qui perturba Regina. Cela était si différent de leurs dernières altercations, à Storybrooke.

- Puisque tu n'as jamais été folle.

Elle avait cette expression bienveillante, comme si elle venait de la complimenter et Regina ne comprit pas pourquoi. Elle ne comprenait rien.

- Tu as toujours été parfaitement conscience de ce que tu faisais. Et je ne voulais pas le croire parce que ça voulait dire que j'en étais responsable. Mais ce n'est pas moi, la véritable fautive. C'est Cora.

- Tu n'es pas toute blanche non plus.

- J'ai été manipulé. Tout comme toi. Aucune de nous n'a vraiment été libre de son destin.

Elle avait cette maturité si profonde que Regina eut du mal à croire qu'elle avait un jour était celle jeune fille si naïve et stupide qui se réfugiait dans ses draps la nuit par peur du noir.

- Jusqu'à maintenant, souffla-t-elle finalement alors que les arbres se dégageaient peu à peu pour leur offrir la vue des écuries.

À quelques mètres de ceux-ci, Henry, Emma et un jeune homme roux chahutaient joyeusement.

- J'ai… commença Regina avant que sa voix ne se brise.

Blanche posa une main délicate sur son épaule dans un soutien qu'aucune d'elles n'attendaient.

- Je ne pouvais plus respirer, parfois, se confia-t-elle finalement. Comme si on m'avait arraché l'un de mes poumons. D'autres fois, mon cœur me brûlait tellement que je l'arrachais de ma propre poitrine et appuyais dessus jusqu'à un tel point que mon père devait s'interposer pour m'arrêter.

Elle offrit un sourire sans joie à la reine légitime à travers ses larmes. Elle tentait d'oublier cette période de sa vie mais elle revenait sans cesse hanter ses nuits.

- J'ai tué mon père, Blanche. Mon père. Quelle créature peut être capable de telle atrocité si ce n'est un monstre ?

La reine légitime hésita longuement avant de lui répondre, passant une main hésitante dans ses boucles brunes.

- L'Amour Véritable est une magie qui se cultive sans qu'on en prenne vraiment conscience. Elle apparaît comme ça, dans un regard, un sourire, un mot. Et elle s'enrichie de petites choses comme le partage d'un moment précieux ou tragique, dans un présent, un soutien, une collaboration. Et un beau jour, on réalise qu'elle est là, qu'elle s'est déjà installée depuis longtemps et qu'il est trop tard pour la combattre.

Regina savait tout cela. Elle l'avait connu. Une fois. Une éternité plus tôt. Presque dans une autre vie.

- C'est une denrée rare et il faut un cœur et une âme pure pour y avoir accès.

La reine déchue essuya les larmes sur sa joue. Elle ne voyait pas où Blanche voulait amener cette discussion.

- Je crois que la magie n'avait pas fini de s'installer entre Daniel et moi, déclara-t-elle alors.

- Je crois aussi.

Regina ordonna à sa jument de s'arrêter pour porter un regard sur Blanche qui en fit de même.

- Tu ne connais rien de mon histoire avec lui. Alors comment pourrais-tu le savoir ?

- Eh bien… Parce que le Véritable Amour n'arrive qu'une seule fois dans une vie.

Avec difficulté, Regina porta son regard au loin, sur la belle blonde qui courrait après son fils. Leur fils. Et un sentiment de chaleur l'envahit naturellement. Un sentiment doux et reposant et si difficile à ignorer.

Au moment où elle croisa ce regard jade, perdu mais calme et chaud, elle comprit qu'Emma le ressentait aussi. Ce lien plus puissant que ce qu'il n'y avait jamais eu entre Daniel et elle.

Un Amour Véritable.


Voilà Voilà, on se quitte sur ces belles paroles ;) J'espère que ça vous a plu :D A la semaine prochaine pour la suite :)