Des Séparations douloureuses

Chapitre 10

L'Anniversaire du fils


Regina Mills

Elle se souvenait encore du jour, dix-huit ans plus tôt, où elle avait pris dans ses bras Henry pour la première fois. Cela avait été un moment d'intensité dans lequel elle avait aussitôt su qu'elle l'aimerait de toute son âme durant l'entièreté de sa vie.

C'était donc avec beaucoup d'émotions qu'elle se leva, ce matin-là, à la recherche de son fils qui était – comme souvent depuis l'arrivée de Grace au château – introuvable.

Ce fut finalement lui qui la trouva, à l'interception de deux couloirs. Il courra presque sur elle, un sourire au moins aussi large que celui qu'il lui offrait avec amour lorsqu'il était enfant.

- Maman ! s'écria-t-il.

Elle lui rendit son sourire tout en tendant les bras pour une étreinte mère-fils comme ils n'en avaient pas eu depuis trop longtemps. Maintenant qu'il était plus grand qu'elle, elle pouvait poser sa tête sur son épaule, échangeant leur rôle.

- Joyeux anniversaire, Henry !

- Merci. Je suis si content que tu sois là aujourd'hui.

Elle se recula de l'étreinte afin de déposer un baiser sur sa joue. Son absence avait marqué bien trop d'anniversaires de son fils. Cinq.

- Je n'aurais manqué cela pour rien au monde.

Ils restèrent ainsi un long moment, savourant chacun de leur côté ce doux contact qui leur avait fait défaut ces dernières années.

- Moh vous êtes adorables ! s'exclama une voix moqueuse qui trahissait un brin de tendresse.

Ils se séparèrent pour apercevoir Emma. Elle portait un pantalon brun en toile, un haut blanc en dentelle et un sourire délicat.

- Moi aussi j'ai le droit à un câlin ? demanda-t-elle malicieusement.

- Bien sûr, affirmèrent en même temps la mère et le fils.

Emma et Henry portèrent alors un regard amusé en direction de Regina et celle-ci ferma son visage, vexée d'avoir été si naïve.

- Je voulais dire, bien sûr, Henry va se faire un plaisir de t'étreindre, n'est-ce pas ?

- J'en serai ravi.

Il éclata de rire mais s'exécuta tout de même alors qu'Emma jetait un regard narquois à la brune, par-dessus son épaule.

- Et tu n'es pas le seul, semble-t-il.

Regina lui offrit son plus beau regard noir ce qui amusa grandement la sauveuse. Toutefois, elle ferma brièvement les yeux en resserrant ses bras dans le dos de son fils.

- Joyeux anniversaire, gamin, murmura-t-elle finalement.

Ils étaient si beaux, tous les deux. Regina se sentit apaisée face à ce beau tableau qu'ils montraient.

Sa famille.

- Ton père te cherche, déclara finalement Emma en se retirant de l'étreinte. Maintenant que tu as vu tes mères, je t'autorise à retrouver ton parent le moins intéressant.

Regina ravala difficilement le rire qui vibra dans sa gorge et fut à peine ennuyée de provoquer le sourire satisfait sur le visage de la blonde.

- Ok, puisque tu me l'autorise alors !

Ses deux mères regardèrent Henry s'enfuir dans le long couloir. C'était la silhouette d'un homme qu'elles observaient et Regina en était particulièrement troublée. Dix-huit ans déjà.

Emma n'était pas tant émue, pour sa part. Elle reporta rapidement son attention vers la brune, sourire narquois aux lèvres.

- Alors, envie d'un câlin, Majesté ?

Regina détourna le regard en se mordant la joue et la sauveuse passa ses bras autour de sa taille, déposant un baiser sur sa joue.

- J'ai discuté avec mes parents, ce matin.

- Ouh quelle désagréable façon de commencer la journée.

La blonde ne s'en vexa pas. Comme toujours dans cette situation, elle souriait simplement. Puis, elle vint frotter son nez contre le sien.

- Ils sont d'accord pour qu'on officialise notre couple aux yeux du peuple.

Ne s'attendant pas à cette révélation, Regina se retira de ses bras et la dévisagea avec effroi.

- Pardon ?

- Ouais, je sais, j'ai eu la même réaction. Mais après tout, pourquoi pas ? Tu n'en as pas marre des baisers volés dans les couloirs, des mains serrées sous la table, des rendez-vous secrets ?

L'ancienne méchante reine ne répondit rien pendant un temps, croisant les bras contre sa poitrine, espérant invoquer un bouclier psychique par ce geste.

- Et s'ils ne comprennent pas ?

- Dommage pour eux. Nous avons l'approbation du roi alors leur avis, clairement ? On s'en tape !

Parfois, elle avait l'impression qu'Emma ne comprenait pas bien l'enjeu de leur relation. En vérité, elle avait bien compris que la blonde tentait seulement d'être la force tranquille de leur couple. Alors elle décroisa ses bras et lui rendit le baiser qu'elle quémandait.

- On va être le plus beau couple que le Royaume n'est jamais vu, déclara la blonde lorsque leurs lèvres se séparèrent.

- Mhm, je suis pour une fois totalement d'accord avec toi.

La sauveuse lui envoya un clin d'œil avant de s'éloigner à son tour et Regina soupira d'aise. Elles prenaient la bonne décision.


Ces derniers jours, Regina n'avait pas eu l'occasion de passer beaucoup de temps avec Killian. En partie parce qu'il était redevenu copain avec l'idiot qui servait de fils à Rumplestilskin et passait ses journées avec lui.

Si elle était tout à fait honnête, elle devait admettre qu'elle était en quelque sorte jalouse du retour de leur complicité. Elle avait trouvé en Killian un ami loyal qu'elle appréciait sincèrement et le voir s'éloigner d'elle au profit de ce Cassidy la frustrait particulièrement. Elle avait cette sensation désagréable qui lui prenait Killian pour se venger d'avoir perdu Emma.

Quoi qu'il en soit, elle n'avait plus l'habitude de trouver le pirate dans sa chambre. Pourtant, il était bien là, installé sur le lit, l'expression sereine.

Une fois la surprise passée, elle referma la porte derrière elle et s'avança jusqu'au pied du lit, croisa ses bras sous sa poitrine et arqua un sourcil.

- Ton meilleur copain est occupé ailleurs ? argüa-t-elle presque contre sa volonté.

Elle mourrait d'envie de lui arracher son sourire arrogant, à peine dissimulé dans sa barbe de quelques jours.

- Regardez qui nous fait une petite crise de jalousie !

Elle leva les yeux au ciel d'un air désabusé et vint finalement prendre place à ses côtés.

- Mon meilleur copain comme tu dis ne sera plus une menace pour ton couple.

- Parce qu'il est finalement tombé sous ton charme ?

Killian arqua un sourcil avant de finalement éclater de rire et Regina se détendit enfin.

- Cela fait dix jours que Tink et moi lui faisons passer un peu temps avec Jack. Il n'a pas su résister à son charme.

- Jack ?!

- Jaqueline. C'est une amie de très longue date. Je la croyais morte, à vrai dire. C'est Tink qui m'a amené à son haricot caché, il y a quelques jours.

La brune plissa les yeux, dubitative. Elle n'avait jamais entendu parler de cette Jack avant ce jour et trouvait cela particulièrement suspect.

- Donc Neal n'essaiera plus d'approcher Emma ?

- Je te l'ai dit, il n'a d'yeux que pour Jack, désormais.

- Mhm.

Il soupira fatalement, comme s'il s'était imaginé que son amie le remercierait sans poser de questions.

- Comment peux-tu encore douter de mes dons d'entremetteur ?

Si elle tenta de retenir son sourire, ses yeux trahissaient naturellement son amusement et elle bouscula doucement son épaule contre le sien.

- Non seulement je doute de tes talents de Cupidon, mais en plus, je sais que Tink est absolument mauvaise pour cela !

- Il semblerait qu'elle se soit améliorée depuis cet échec entre Robin et toi.

- D'accord… Et est-ce que cette mission-Cupidon vous a permis de vous rapprocher, tous les deux ?

Elle s'attendait à une réponse positive. Cela ne faisait aucun doute pour elle que la fée verte en pinçait encore pour lui. Pourtant, il força un sourire, esquiva son regard.

- Killian ? appela-t-elle. Que se passe-t-il ?

- Je ne sais pas si c'est une bonne idée de tenter quelque chose, finalement.

La brune fronça les sourcils, observa le pirate un instant. Son sourire triste, son regard fuyant…

- Et pourquoi cela ?

- Manhattan.

Il n'avait pas besoin d'en dire plus, Regina comprenait parfaitement de quoi il s'agissait. Après tout, elle avait également une vie active de l'autre monde qui commençait à lui manquer tout autant.

- Cela ne m'amuse plus d'être pirate.

- Oh oui, c'est vrai que c'est rien qu'un peu différent d'Officier de la Marine.

Cela faisait des années qu'elle le taquinait à ce propos et elle était ravie de revoir son sourire sur son visage si grave.

- C'est une question d'honneur, rétorqua-t-il.

- Capitaine Jones, je crois que notre cœur balance entre deux mondes.

- C'est terriblement frustrant. J'ai attendu cinq ans de la revoir et maintenant que je suis ici je veux retourner là-bas ? J'ai l'impression d'être insatisfait à vie.

- Nous trouverons une solution.

Elle en avait la certitude et ce positivisme la fit grimacer. La famille des charmants commençait à déteindre sur elle.


Jefferson avait travaillé dur pour obtenir une tenue resplendissante qui ne ressemblait à aucune des robes que Regina aurait pu porter lors de son règne. C'était évidemment David qui avait insisté sur ce point. Elle ne devait pas ressembler à la Méchante Reine. Elle trouvait cela plutôt triste. Après tout, elle avait toujours apprécié ces tenues royales et provocantes.

- Alors ? Qu'en penses-tu ? intervint le Chapelier de sa voix lasse.

Elle laissa son regard vagabonder sur le reflet d'un miroir tout en mouvant son corps afin d'apercevoir chaque coutures de sa robe.

- Je l'aime beaucoup, admit-elle. Merci.

La couleur bordeaux était en totale symbiose avec son rouge à lèvres. Et le corset épousait parfaitement ses formes tandis que le bas était évasé.

Elle espérait qu'elle plairait à Emma même si elle avait peu de doute là-dessus. En revanche, elle était particulièrement excitée de découvrir la tenue de celle-ci. Une robe de princesse ? Un costume de rebelle ? Elle risquait de tous les surprendre.

Alors qu'elle se tournait, prête à remercier une énième fois Jefferson, elle constata qu'il s'était déjà esquivé.

Dans les couloirs menant à la salle de réception, elle croisa Tinkerbell, dans une courte robe verte pomme qu'elle assumait parfaitement. Ses cheveux étaient attachés en un chignon sophistiqués et son regard était maquillé dans les tons clairs.

- Tu es en beauté, Regina.

- Tout autant que toi, Tinkerbell.

Celle-ci sourit, charmée. Il avait toujours été simple de la charmer et Regina ne comprenait pas vraiment que Killian puisse rencontrer de telles difficultés.

- Je connais une belle blonde qui va apprécier ta robe.

- Et je connais un beau brun qui va se languir de la tienne.

Le rouge aux joues, la fée verte détourna le regard et Regina refreina le sourire satisfait qui la gagna.

- Tu crois ? murmura la blonde.

La brune s'approcha délicatement, prit ses mains dans les siennes et chercha son regard.

- Il est dingue de toi. Ne le laisse pas prendre la mauvaise décision.

Tinkerbell lui rendit son sourire, l'étincelle malicieuse venant habilement retrouver sa place dans son regard.

- Qui aurait cru que toutes ses années plus tard, ce serait toi qui me prodiguerais des conseils en amour ?

Il était vrai que la situation était cocasse. Tout avait été bouleversé ces dernières années et aucune de ces deux femmes ne ressemblaient à celle qu'elle avait autrefois été.

Après un instant, elles décidèrent de se rendre ensemble dans la salle de bal. Sa main dans la sienne, Regina trouva le courage de franchir les portes. Cependant, contrairement à ce dont elle avait l'habitude, son entrée n'attira pas l'attention des invités.

Beaucoup de jeunes pré-adultes occupaient la salle. Tous des amis plus ou moins éloignés de Henry et Regina n'en connaissait pas un seul. Elle ressentit un délicat pincement au cœur en constatant tout ce qu'elle ignorait encore dans la vie de son fils.

Ruby et Belle discutaient dans un coin, Kathryn, Frederick et Archie quelques mètres plus loin. Jefferson et sa fille se tenaient à l'écart, tous deux semblant vouloir se trouver à mille lieux d'ici. Enfin, le couple royal était en pleine conversation avec leur fille.

Emma.

Le cœur de la brune manqua un battement tandis que son regard ne pouvait se décrocher de la sauveuse.

Sa longue robe bleu roi lui allait divinement bien. Avec ses plumes, ses ourlets et sa dentelle, le vêtement était digne d'une princesse. Elle volait clairement la vedette à sa mère. Ses boucles blondes tombaient sur ses épaules dénudés et dans son dos dans une remarquable cascade. Elle ne lui avait jamais semblé aussi belle.

Toute sa magie vibra lorsque l'émeraude croisa le chocolat. Un échange de regard intense, empli d'amour et d'affection. Jusqu'à ce que la princesse ne le rompe pour admirer sa tenue d'un air hagard. Regina sourit devant si peu de courtoisie.

- Je crois que tu devrais aller les rejoindre, murmura Tink, dans son oreille.

La fée verte lui offrit un clin d'œil complice avant de s'éloigner et Regina prit une profonde inspiration pour rejoindre les charmants.

- Jefferson a effectué un travail remarquable, tenta de la complimenter David.

- Oui, cette robe te va à merveille, Regina ! renchérit sa femme.

Cependant, toute son attention était focalisée sur Emma dont les yeux pétillaient de bonheur.

- Tu es magnifique, murmura-t-elle.

Elle aurait voulu l'embrasser là, maintenant, devant tout le monde sans se soucier des regards. Mais puisqu'elle ne le pouvait pas, elle se contenta de lui attraper discrètement la main.

- Merci, Emma. Mais je ne t'arrive pas à la cheville.

Les joues usuellement pâles de la blonde se teintèrent d'une rougeur timide tandis qu'elle baissa les yeux avant de reprendre confiance :

- Je dois saluer les amis de Henry. Veux-tu m'accompagner ? Je te les présenterai.

- J'en serai ravie !

Main dans la main, elles partirent à la recherche des plus fidèles amis de Henry. Il s'avérait que si August était le meilleur ami de leur fils, il n'en était pas pour autant le seul. Des camarades d'équitation, d'anciens élèves à l'école de Storybrooke, enfants d'amis du Royaume… Tous sans exceptions semblaient tenir une réelle affection pour Henry et ses mères en étaient touchées.

- Où est le pantin ? demanda finalement Regina à Emma qui éclata de rire.

- Ne l'appelle jamais ainsi devant lui !

Elle ne manquait pourtant jamais une occasion de se moquer de celui-ci. Elle répondit toutefois :

- Il est avec Henry. Il l'aide à peaufiner sa tenue, réviser son discours, tout cela.

- Mhm, je vois.

- Il aime les entrées fracassantes.

Puis, elle posa son doigt sur son menton, prenant un air faussement songeur qui intrigua la brune.

- Je me demande de qui il peut tenir cela…

Celle qui avait été déçue par le manque d'intérêt qu'avait provoqué son entrée dans la salle du bal ne put que lui rendre son sourire.

Touché.

Puis, elle plissa les yeux, soudain prise d'une certaine curiosité :

- Tu as eu l'autorisation de lire son discours ? Parce que pour ma part, il a obstinément refusé.

- Oh oui, pareil. Seule ma mère a pu lui donner ses conseils. En fait, je crois qu'il n'a pas tellement eu le choix.

- Étonnant…

Plusieurs secondes de flottement suivirent durant lesquelles elles échangèrent un regard intense. Puis, elles furent interrompus par des gens de la cour qui vinrent saluer la princesse, passèrent poliment leurs salutations à Regina, le tout dans un échange tout à fait hypocrite qui ne faisait qu'accroitre l'agacement de la belle blonde. Elle était prête à exploser lorsque les portes s'ouvrirent sur le dernier héritier du trône.

Henry était ravissant dans son costume princier aux couleurs grises et bleues et ses cheveux coiffés en arrière lui donnaient un air bien plus mature qu'usuellement. Il souriait sincèrement, ses yeux pétillants se baladaient dans la grande salle semblant chercher quelque chose.

Enfin, ils s'arrêtaient sur ses mères et un sourire plus sincère que nerveux vint prendre place sur un visage plus détendu.

Il se fraya un passage sur l'estrade, par le biais d'August qui se tenait fidèlement à ses côtés. Enfin, il prit une profonde inspiration et se lança :

- Bonsoir à tous, s'exclama-t-il de sa voix devenue grave par le temps. Dans un premier temps, je tiens à remercier chacun d'entre vous pour votre présence ce soir et dans ma vie en générale. Je suis touché que vous vous soyez déplacé pour moi, cela représente beaucoup.

Il sourit à ses amis en particulier avant de reprendre :

- Lorsque je suis arrivé dans ce monde que je ne connaissais pas, c'est tout un univers que j'ai découvert. Je ne savais rien d'autres que quelques histoires et mythes sur la Forêt Enchantée et ses alentours.

Des histoires qui omettaient beaucoup de choses. Regina avait toujours tenté de le préserver.

- J'ai dix-huit ans, aujourd'hui. Dix-huit années de vie qui ont été fortement comblé par ma famille… non-banale, dirai-je.

Une vague de rire se fit entendre alors qu'il posait ses yeux sur le couple royal. Même si elle ne l'avouerait jamais Regina leur était reconnaissant pour tout ce qu'ils lui avaient apporté.

- J'ai toujours été entouré d'une grand-mère attentionnée qui a veillé depuis ma plus tendre enfance à mon bien-être. Et j'ai rencontré assez tardivement un grand-père chevaleresque dont le courage m'inspira très tôt.

Son regard dévia de ses grands-parents émus pour se poser sur Belle, quelques mètres devant lui.

- Mon autre grand-père m'a toujours un peu fait peur, je dois bien l'admettre.

Une autre vague de rire se rependit et il reprit :

- Je me souviens cependant de lui comme l'homme le plus intelligent que j'ai rencontré dans ma vie. Il m'a offert non seulement une Belle-grand-mère mais aussi un père.

Au côté de l'ancienne bibliothécaire, Neal échangea un clin d'œil avec Henry tandis qu'Emma poussa un soupir désabusé.

- Papa… Je suis ravi que nous ayons passé ces dernières années à rattraper le temps perdu. Merci pour ces cours de baseball et tes quelques médiocre conseils de séduction dont je ne ferai jamais usage.

Ses mères ne retinrent pas leurs ricanements et à l'instar de leur fils, toute l'attention se tournait vers elles.

- Mais ce dont je suis le plus reconnaissant, reprit-il plus solennellement, c'est d'avoir non pas une mais deux mères qui sont aussi formidables l'une que l'autre.

- Moi un peu plus, quand même, rétorqua Emma.

Regina roula des yeux et Henry renchérit, son regard plus intensément posé sur la brune :

- D'un côté, ma mère adoptive qui m'a offert une enfance emplie d'amour même si je n'ai pas toujours su l'accepter à sa juste valeur. C'est elle qui m'a appris à affronter chaque situation la tête haute et j'ai toujours admirer son pouvoir inné d'autorité et respect. Maman… Je ne te remercierai jamais assez pour tout ce que tu m'as apporté.

Elle sentit ses yeux s'humidifier et Emma lui prit la main comme pour lui donner la force de ne pas craquer. Elle fut soulagée lorsque leur fils tourna ensuite son attention sur la blonde :

- Ma mère biologique n'est arrivée que bien plus tard dans ma vie mais son tempérament et son attitude l'ont très vite classée dans mon palmarès des personnes les plus cools de cette planète. J'ai l'impression de l'avoir vu évoluer au cours des années qui ont suivi notre rencontre. Je l'ai vu reconstruire son foyer, se battre pour des valeurs qu'elle ne pensait même pas connaitre et je l'ai vu aimer.

Kathryn tendit un mouchoir à Emma dont les larmes coulaient à flots sur son visage et cette simple vision émut d'autant plus Regina.

Henry reprit, son regard vagabondant de visage en visage, ne s'attardant jamais trop longtemps sur quelqu'un.

- J'ai tout appris d'elles. Et cette soirée d'anniversaire devrait être à leur honneur, et non au mien. Parce que je ne serai pas moi sans elles.

Puisqu'il avait déjà ému ses mères plus que de raison, il poursuivit son discours en remerciant son plus fidèle ami, August, qui rougit sous les yeux de tous, et finit par parler des belles choses de la vie. Regina n'avait jamais été aussi fière de lui.

Une vague d'applaudissement se fit entendre lorsqu'il eut fini et il descendit royalement de l'estrade, prêt à affronter le défilé des invités qui lui transmettaient poliment leurs vœux.

- Notre fils est la plus belle chose de ce monde, déclara Regina.

- De tous les mondes, corrigea Emma, la voix tremblante.

La brune tourna la tête vers elle, l'interrogeant du regard. Son visage était encore humide des chaudes larmes qui avaient coulées.

- Est-ce que ça va aller ?

- Non ! s'indigna-t-elle. Notre fils est un homme ! Je ne peux pas m'en remettre.

Si Regina avait longtemps considéré la seconde mère de son fils comme une menace, elle fut en ce jour parfaitement rassurée de partager ce sentiment avec elle.

- Tu n'es pas au bout de tes peines. Faudra-t-il te ramasser à la petite cuillère lors de son mariage ?

Son regard humide tenta de paraitre noir et la brune ne montra pas à quel point elle en fut attendrie.

- Aucune femme ne prendra sa première place dans mon cœur, tu m'entends ?! Nous sommes sur un pied d'égalité et cela restera ainsi.

Regina haussa les sourcils, prit une moue compatissante et Emma la défia d'oser le dire. Mais puisqu'elle aimait la provoquer, elle rétorqua :

- En vérité, je pense que je suis de peu sa préférée.

- Alors là, ça m'étonnerait. J'ai parlé d'égalité pour ne pas te vexer. Il est évident que je suis au-dessus.

- Pardon ?! Dans vos rêves, Miss Swan !

- On parie, Madame la Maire ?

Elles étaient si proche qu'elles pouvaient sentir le souffle l'une de l'autre. Regina l'aurait embrasser sur le champs si leur fils n'était pas finalement intervenu au moment opportun :

- Vous êtes ridicules ! rétorqua-t-il. Tout le monde sait que c'est Grand-Ma' qui occupe la première place dans mon cœur.

De toute sa vie, Regina ne lui avait jamais lancé un regard aussi mauvais et il éclata de rire, à l'instar d'Emma.

- Tu cherches à réveiller la méchante reine qui est en elle, ou quoi ? s'amusa la belle blonde.

- Nooon ! Je rigole, allez, Maman, viens danser avec moi.

Regina porta une main sur son corset, à l'emplacement où se situait un cœur de moins en moins noir, dans sa poitrine.

- M'octroies-tu ta première danse de la soirée ? Ta grand-mère n'était pas disponible, c'est cela ?

Emma leur fit à nouveau don de son merveilleux rire et la brune ne put s'empêcher de remplacer sa mine vexée par un sourire.

- Attention gamin, n'oublie pas à quel point elle peut être rancunière.

- 'Man, c'est toi qui la cherches, là. Laisse-nous danser et va t'occuper de ce que tu as à faire, merci.

Nullement froissée, elle leva ses mains en signe de rétractation et s'éloigna pour les laisser seuls sur la piste de danse.

Henry posa une main sur sa taille et l'autre vint à la rencontre de la sienne. Au rythme de la musique, ils se lancèrent dans une valse maitrisée qui ne laissait personne indifférent. Regina sentit l'ensemble des regards de l'assemblée portés sur eux mais elle les ignora, profitant de cet instant privilégié avec son fils.

Lorsque les dernières notes de la musique se firent entendre, ils se séparèrent. Henry rejoignit ses amis pendant qu'elle se retirait discrètement de la fête, se cachant dans un coin.

Son regard s'arrêta un instant sur Killian et Tinkerbell qui échangeaient une danse en total désaccord avec le rythme de la musique. Ils semblaient perdus dans leur monde, et elle trouva cela satisfaisant.

Puis, elle chercha Emma qui semblait avoir fuis. Elle ne se trouvait ni aux côtés de Kathryn et Ruby, ni avec ses parents pas même avec cet idiot de Cassidy. Elle n'avait même pas partagé une danse avec Henry. Où pouvait-elle bien être ?

Sa recherche s'interrompit lorsqu'elle sentit quelque chose tirer sur sa robe. Elle ne put retenir un sourire lorsque son regard se posa sur une chevelure blonde attachée par un ruban rouge écarlate. Elle se pencha pour être à la hauteur de la petite princesse.

- Coucou, Eva. Tu es perdue ?

L'enfant secoua négativement la tête. Son visage rond, ses yeux clairs et son menton étaient le reflet de ce qu'avait surement été Emma à son âge.

- Je veux 'Ma !

- Oh, moi aussi. Tu veux qu'on la cherche ensemble ?

- Ouii !

La jeune princesse tira sur les cheveux bruns de Regina, les huma et celle-ci retint une grimace.

- Tu sens bon la pomme.

- Et toi tu sens la vanille !

La moue de dégout qu'elle afficha surprit la brune, pensant lui rendre un doux compliment.

- Tu n'aimes pas la vanille ?

- Non, sent pas bon, Vanille. Pire que Cannelle !

Après seulement quelques secondes de réflexion, Regina comprit le quiproquo et lui sourit tendrement.

- Vanille… c'est le nom de la jument de ta maman, n'est-ce pas ?

- Oui, 'Ma elle aime pas Vanille.

Et Eva n'aimait pas ce qu'Emma n'aimait pas puisqu'Eva voulait à tout prix ressembler à sa sœur.

- Et toi non plus, si j'ai bien compris.

- Moi je préfère Chocolat ! C'est mon poney mais je suis encore trop petite pour monter sur son dos. En attendant je mange du CHOCOLAT ! s'écria-t-elle avec joie.

- Je vois que tu es aussi gourmande que ta sœur.

- Je suis tout comme ma sœur ! Sauf embêtante. 'Ma elle est tout le temps embêtante.

- C'est vrai qu'elle l'est !

- Mais tout le monde fait comme si qu'elle était pas embêtante et ça m'énerve. Quand je lui dis ça elle dit Rigina est d'accord avec moi. C'est pour ça que je te dis ça.

La brune sourit de toute ses dents en levant sa main devant la blondinette. Celle-ci saisit le message et tapa dedans en riant.

- Moi aussi j'aime Rigina ! Comme Henry et 'Ma.

Prise au dépourvue, Regina perdit son sourire, haussa les sourcils tout en dévisageant ce visage d'ange.

- Tu-

- Eva ! s'exclama subitement Emma, refaisant son apparition. Que dis-tu comme bêtise, encore ?! Tu ne veux pas aller jouer avec Tink ?

- Tink elle danse avec le monsieur bizarre.

Regina pouffa alors qu'Emma tournait la tête vers la piste. Puis, elle se tourna vers la brune, lui tendit sa main tout en exécutant une ridicule révérence.

- Me feriez-vous l'honneur de m'accorder cette danse, Votre Majesté ?

Après une seconde d'hésitation, elle glissa sa main dans la sienne et la suivit jusque sur la piste.

Leurs deux corps semblaient être fait pour s'unir l'un à l'autre. Elles se laissèrent guidées par leur magie qui vibrait à la même fréquence, les entourant d'une aura lumineuse.

Les couples autour s'éloignaient peu à peu et elles ignorèrent totalement la totalité des regards qui se portèrent sur elles. Elles continuèrent jusqu'à la dernière note, savourant cet instant magique.

Front contre front, yeux fermés, Regina sentit le souffle chaud d'Emma se mêler au sien. Les musiciens ne relançaient pas, comme si eux aussi étaient obnubilés par la scène.

- Regina, murmura-t-elle. Je t'aime et je veux que tout le monde le sache.

Ce fut la brune qui initia le baiser mais la blonde y répondit aussitôt avec une douce pudeur, consciente qu'elles étaient observées.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux et qu'elles affrontèrent le regard de l'assemblé, un long et lourd silence se fit entendre jusqu'à ce que Henry initie une vague d'applaudissement que suivie la plupart des invités.

Elles se détendirent alors, partagèrent un regard, un sourire et un moment de bonheur.

- Je t'aime aussi, Emma.

Et peu importait l'issus de son jugement à venir : elles le surmonteraient ensemble.


FIN


Voilà :) C'est assez court mais c'est parce que je trouvais que c'était assez bien de finir sur cette note joyeuse :)

Naturellement, toutes les réponses aux questions concernant le monde dans lequel elles vivront seront dans l'épilogue que je pense faire en deux chapitres ;)

J'espère voir plusieurs Review à mon retour des vacances :D

En espérant que vous avez aimé, à bientôt ;)