Advienne que pourra


Note : encore merci à space1994 et à RoseWeasley98 pour leur retour. J'espère que cette fin vous plaira !


- C'est pour ça que tu l'as giflé ? s'exclama Scorpius qui se retenait de sourire avec peine.

- Il m'a prise par surprise !

- Mais tu venais de lui faire un compliment !

- Et alors ? Tu ne m'embrasses pas quand je te fais un compliment !

- Je suis ton cousin, Zoë.

- Oui, eh bien, si chaque mec à qui je fais un compliment – hors membre de ma famille – se met à m'embrasser, je ne suis pas sortie de l'auberge.

- Ouais, enfin, c'est plutôt rare, pour ne pas dire rarissime. Ça ne m'étonne pas qu'il se soit senti pousser des ailes, le joueur de Quidditch.

- Arrête de rire ! J'étais sur les nerfs ! Et on se déteste ! On était en train de s'engueuler. Il n'avait pas à faire ça. Il me déteste ! Et je le déteste !

- Tu veux vraiment mon avis sur la question ? la taquina Scorpius.

- Non !

Il lui laissa quelques minutes pour se rependre après ce refus catégorique. Il trouvait assez ironique qu'elle se mette dans un tel état alors qu'elle lui scandait que les hommes étaient faibles lorsqu'il était question de sentiments. Elle était mignonne, quand même, sous ses airs de rebelle.

- Je suis pitoyable.

- Mais non…

- Je fais honte à Grand-mère ! Elle m'a toujours mise en garde contre ça et je me fais avoir comme une première année.

- Ne t'en fais pas, je suis sûr qu'elle y est passée elle aussi. Pour pouvoir t'avertir sur le sujet, c'est qu'elle a dû connaître.

- À partir de maintenant, je ne lui adresse plus jamais la parole.

- À ta grand-mère ? s'étonna Scorpius.

- Très drôle, Malefoy ! À James ! le morigéna-t-elle en lui lançant un regard noir comme si c'était évident.

- Ah oui, bien sûr…

Il attendit encore quelques secondes que sa respiration s'apaise pour l'interroger :

- Mais c'est un peu radical, non ?

- Tu vois une autre solution peut-être ?

- Eh bien… vous pourriez…

- N'ose même pas finir cette phrase ! Il en est hors de question !

- Pourquoi ? Vous aviez l'air de pouvoir discuter ensemble sans vous étriper et vous avez visiblement tous les deux env…

- Non ! Il me rend dingue ! Tu vois bien dans quel état je suis, là. Ça fait deux ans que j'essaye de ne pas penser à lui tellement il m'énerve, ce n'est pas pour craquer maintenant.

- Justement, Zoë ! Ça fait deux ans et regarde ce que ça donne ! Oublie les conseils fumistes de ta grand-mère pour une fois. Si tu veux mon avis, je l'ai toujours suspectée d'agir comme ça à cause d'un amour refoulé, elle se venge sur les autres parce qu'elle n'a pas succombé à l'époque. Il devait être pauvre et il lui fallait plus, ou bien elle…

- C'est n'importe quoi ! Et James est riche en plus, ça n'a rien à voir.

- Raison de plus ! Tu as testé l'ignorance, ça ne marche pas et ça t'explose comme une Bombabouse au visage. Essaye la solution de facilité pour voir. Tout n'a pas toujours besoin d'être compliqué, tu sais !

- Mais c'était simple ! Il me détestait, je le haïssais, fin de l'histoire.

- Quand je pense que c'est toi qui me poussais à ne pas y aller par quatre cheminées avec Rose… Bref, tu fais comme tu veux après tout. De toute façon, le Souafle est dans ton camp maintenant. Ça m'étonnerait qu'il retente quelque chose après ça.

Zoë fronça les sourcils. Un sentiment de frustration la gagna comme si… comme si la discussion n'était pas terminée, comme si elle aurait aimé que Scorpius insiste davantage pour la rassurer et peut-être même pour… Non ! Elle ne craquerait pas ! Elle n'en avait pas envie, n'est-ce pas ?

En levant les yeux vers son cousin, elle vit qu'il s'était levé et qu'il lui tendait la main. Elle la saisit et ne put empêcher une vision d'elle-même prenant la main de James à la place de celle de Scorpius surgir dans son esprit. Mais c'était ridicule. Elle ne craquerait pas.

Comme pour s'en assurer, elle porta son regard vers Pré-au-Lard et elle sentit son cœur s'agiter dans sa poitrine. C'était stupide. Et puis quoi ? Elle allait devoir le reconquérir en plus, si elle cédait ? Elle avait dû drôlement heurter son égo de mâle alpha, tiens ! Elle n'allait quand même pas s'abaisser à lui demander ce qui ressemblerait à une faveur. D'ailleurs, lui ne lui avait rien demandé du tout. Il s'était servi et il n'avait eu que ce qu'il méritait. Il croyait quoi ? Qu'un baiser suffisait à effacer leur animosité ? Qu'elle succomberait à son charme sans rien dire ? Il n'avait pourtant cessé de lui reprocher sa vanité, il n'aurait pas dû oublier qu'elle avait sa fierté.

Déterminée, elle tourna le dos au village et entraîna Scorpius avec elle vers le château.

oOo

Rose grimaça de compassion. Le baiser volé avait peut-être été un peu précipité vu les circonstances mais bon, James ne l'avait pas prémédité et la claque lui semblait bien sévère.

- Elle… elle ne devait pas s'y attendre et être un peu stressée, tu sais…

- Ouais, ça devait être ça, confirma-t-il d'un ton pince-sans-rire en se massant machinalement la joue qu'il avait encore un peu rouge. Je sais pas ce qui m'a pris !

- Tu veux que j'essaye de lui parler ? proposa-t-elle doucement.

- Lui parler de quoi ? T'es pas bien ?! C'est fini cette histoire. Je savais que ce coup fourré ne pourrait rien donner de bon. Je ne pensais pas que j'aurais été aussi con mais voilà, c'est fait, je suis débarrassé, on n'en parle plus.

- James… essaya-t-elle de le faire fléchir.

- Y'a pas de James qui tienne. On n'en parle plus, ok ?

- Bon, si c'est ce que tu veux…

- Et pas un mot à Albus ! Celui-là, il ferait mieux de ne pas se trouver dans mon champ de vision pendant un moment.

oOo

Comme il s'y attendait, Zoë n'avait pas voulu l'accompagner à la bibliothèque. Scorpius en était soulagé mais il appréhendait aussi un peu. Il devait y retrouver Rose et il ne savait pas comment il devrait la saluer. Ils n'avaient pas eu le temps de parler de leur relation, si relation il y avait, et peut-être ne voulait-elle pas que ça se sache. Weasley et Malefoy, ça allait faire jaser même si leurs condisciples prêtaient sans doute moins attention à leurs familles qu'à l'époque de son père.

Par chance, la bibliothèque était plutôt déserte le dimanche matin et celui-ci n'échappa pas à la règle. Lorsqu'il l'aperçut enfin, à la petite table isolée au fin fond des rayonnages qu'elle affectionnait tant, il prit le temps de l'observer un peu avant de se dévoiler.

Quelques rayons de soleil faisaient briller la mèche de cheveux flamboyante qui s'était échappée de sa queue de cheval. Rose attachait quasiment toujours ses cheveux. Un jour, il l'avait entendu répondre à quelqu'un qui lui avait demandé pourquoi qu'elle se sentait plus libre de ses mouvements sans cette masse imposante pour lui obstruer la vue, lui donner chaud ou venir s'accrocher quelque part. Mais c'était bien pratique de les garder longs pour pouvoir les maîtriser. Courts, ils viendraient manger son visage et cacher ses taches de rousseur qu'elle était fière de porter. Une vraie Weasley, pensa Scorpius en souriant.

Une latte de parquet grinça sous son pas et Rose releva la tête de la BD qu'elle était en train de dévorer. Lorsqu'elle le reconnut, un sourire illumina ses traits et elle le nargua :

- On m'observe en tapinois Mr Malefoy ?

- En tapinois ? J'étais pourtant certain d'avoir reçu une invitation d'une certaine Rose Weasley à venir la rejoindre à la bibliothèque aujourd'hui.

- Hum… êtes-vous bien sûr qu'elle ait signé Weasley ? Il y a peut-être plus d'une Rose à Poudlard.

- J'en ai bien vu un bouquet aussi sec que la vieille Pince à l'entrée mais aucune autre aussi vivante que toi dans les diverses allées.

En disant cela, il s'était peu à peu rapproché et se trouvait à présent au-dessus d'elle. A priori, elle n'était pas prête à se dérober s'il avait l'intention de l'embrasser mais il préféra s'abstenir en lui soufflant juste, avec un sourire en coin, « bonjour, Rose », avant de s'asseoir à ses côtés sans rompre le contact visuel pour autant. Un petit rire clair échappa à Rose :

- Je t'ai connu plus entreprenant. Aurais-tu peur de quelque chose ?

- Hum, le bruit court qu'il devient risqué d'embrasser les filles sans leur permission, lui murmura-t-il tel un conspirateur.

- Alors demande-moi, lui souffla-t-elle en le fixant droit dans les yeux.

Cette fois, il prit sur lui pour se retenir et ne pas l'embrasser sur le champ mais, à peine eut-il le temps d'ouvrir la bouche pour lui demander si elle voulait bien sortir avec lui que Rose avait déjà réduit l'écart qui les séparait pour venir coller ses lèvres aux siennes. Il réagit bien vite cependant et vint placer sa main sur sa nuque pour approfondir l'expérience.

Personnellement, il ne voyait vraiment aucune objection à ce qu'elle lui vole ainsi des baisers et jamais des représailles ne lui viendraient à l'idée, pensa-t-il malicieusement.

Quand, à bout de souffle, Rose s'écarta de lui, elle décréta :

- Bien, maintenant que ce point est clarifié, si on s'occupait de nos cousins ?

- Pardon ?

Attendrie devant son air perdu, elle plaça une main sur sa joue et lui expliqua :

- James et Zoë, Scorpius, on ne peut pas les laisser comme ça. On doit faire quelque chose. Et j'ai eu une idée !

Face au sourire éclatant qu'elle affichait, il ne put que sourire à son tour et l'incita à poursuivre. Après tout, elle avait souvent de brillantes idées en plus d'être belle et de savoir ce qu'elle voulait – comme elle venait de le prouver. Il la savait têtue et un peu tête brûlée à ses heures, aussi, alors mieux valait l'écouter avant qu'elle ne change d'avis et n'ait envie de le gifler. Comme disait son père « ce que femme veut, Merlin veut… »

Mais il fallait juste espérer que Zoë veuille la même chose que Rose, pensa-t-il en grimaçant intérieurement.

oOo

Le lendemain, quand Scorpius et Zoë arrivèrent devant la salle du cours de Potions, Rose et Albus chuchotaient avec empressement :

- Puisque je te dis que ce n'est rien !

- Rien ? Rose ! Il attend cet essai depuis des mois et, tout à coup, il ne veut plus s'entraîner. Il s'est forcément passé…

Rose le fit taire d'un geste et accueillit les nouveaux venus avec le sourire.

- Hey ! Salut vous deux.

Scorpius lui déposa un rapide baiser sur les lèvres avant de lui demander en fronçant les sourcils :

- Tout va bien ?

- Bien sûr ! se força-t-elle à répondre.

- Zo… commença Albus mais Rose le fit taire d'un coup de coude dans les côtes.

Il allait répliquer mais la porte s'ouvrit justement à ce moment-là et leur professeur les invita à entrer.

Scorpius avait l'air songeur mais quand Zoë l'interrogea du regard, il haussa les épaules pour signifier qu'il n'en savait pas plus et elle fit de même, peu désireuse d'aider Albus dans quoi que ce soit avant un bon moment.

oOo

Le lendemain, quand Rose rejoignit Scorpius au milieu de la Grande Salle pour qu'ils se rendent à leurs cours d'arithmancie ensemble, Zoë remarqua que la Gryffondor tenait un morceau de parchemin à la main et qu'elle lui murmurait quelque chose qui n'avait rien d'une bonne nouvelle. Scorpius lança un coup d'œil vers elle et, s'apercevant qu'elle le regardait, s'empressa de la saluer avant d'entraîner Rose hors de la salle.

Si ça ce n'était pas louche, elle ne s'appelait plus Zoë Zabini. Elle décida donc de laisser traîner ses oreilles un peu plus que nécessaire dans les jours à venir. Et elle allait même commencer dès leur sortie du cours d'arithmancie en allant les espionner, tiens ! Ils ne s'y attendraient pas et cela la motiverait pour finir son devoir de potions d'ici là.

oOo

Zoë pestait. Une bande de première année l'avait ralentie dans le couloir du deuxième étage alors qu'elle craignait déjà d'arriver en retard pour intercepter son cousin et Rose en toute discrétion. Par chance, elle arriva à hauteur d'une statue suffisamment grande pour la dissimuler quand la sonnerie retentit. Ni une ni deux, elle s'engouffra derrière en rabattant aussi vite qu'elle le put sa robe avec elle tandis que résonnait déjà la voix de Scorpius dans le couloir.

- Tu es sûre que c'est une bonne idée ?

- Si on ne lui donne pas, ça se saura et ça nous retombera dessus. Mais si on lui donne… tu crois vraiment qu'elle ira ?

- Zoë est têtue quand il s'agit de tenir parole.

- Mais elle risque de lui miner encore plus le moral, c'est pas vraiment dans nos plans.

- De quels plans vous parlez, bande de traîtres ?! menaça Zoë en sortant de sa cachette.

D'un geste, elle s'empara du mot qui lui était a priori destiné et y lut l'invitation de James à venir voir du bon jeu dans – elle vérifia sa montre – cinq bonnes minutes.

Prise de court, elle se mit à réfléchir à toute allure. Pourquoi maintenant ? Il n'y avait pas de match et… son essai ! Son entretien pour être sélectionné en équipe pro. Mais c'était insensé, pourquoi la priait-il de venir alors qu'ils étaient en froid ? À part se mettre en colère contre elle et être tellement énervé qu'il risquait de se prendre des Cognards par mégarde, qu'avait-il à y gagner ? À moins qu'il ait besoin d'une sorte de défi pour donner le meilleur de lui-même ? Ou qu'il veuille lui prouver quel bon joueur il était et ainsi lui rabattre son caquet ? Pourtant, quand il lui avait parlé de cet entretien, il avait semblé moins sûr de lui que ce qu'il paraissait d'ordinaire. Et Rose et Scorpius qui débattaient du bienfondé de lui remettre ce parchemin… et hier ! Albus qui s'inquiétait, c'était pour ça ? Qu'avait-il dit ? Que son frère attendait ça depuis longtemps mais qu'il ne voulait plus s'entraîner ? Il n'avait quand même pas perdu goût au Quidditch à cause de leur petite dispute ? Ça serait risible. Franchement… Comme si elle pouvait avoir un tel impact sur son moral. Potter n'était pas du genre à se laisser abattre comme ça, il encaissait mieux. C'était un battant, comme elle.

Alors qu'elle relisait une nouvelle fois le bout de papier, un sentiment désagréable monta en elle. Et puis quoi encore ? De la culpabilité ? Il ne manquerait plus que ça ! De toute façon, elle n'allait pas se démonter aujourd'hui. Elle lui avait dit qu'elle tenait toujours parole et c'était vrai. Peu importe dans quel état il serait en arrivant, cette invitation lui promettait du bon jeu donc c'est qu'il devait être en mesure de lui en montrer. Inutile de se monter la tête pour rien. Elle irait, constaterait que tout allait bien et lui donnerait honnêtement son avis sur ses capacités. Point barre.

Déterminée, elle releva la tête vers Scorpius et Rose qui l'observaient sans rien oser dire. Elle les scruta tout en cherchant quelque chose à leur reprocher pour leur révéler le fond de sa pensée. Mais elle se trouva bien incapable de déterminer elle-même si elle leur en voulait ou non d'avoir essayé de cacher cette missive. Elle se contenta donc de leur lancer un regard noir avant de se diriger vers le stade.

Derrière elle, il ne fallut qu'un échange de regard complice entre Rose et Scorpius pour qu'une nouvelle filature soit décidée.

oOo

Quand Zoë arriva à proximité du terrain, elle tomba nez à nez avec James qui sortait des vestiaires, fin prêt. Mais dès qu'il la vit, il se figea, resserrant machinalement sa prise autour de son balai et de sa batte.

- Qu'est-ce que tu fais là ? lâcha-t-il sans préambule.

Si elle eut l'impression de recevoir une claque, elle fit de son mieux pour ne rien en laisser paraître.

- Je tiens ma parole, répondit-elle résolue, mais un peu sur la défensive – essayait-il de se moquer d'elle ?

- Ta parole ? Je croyais que tu ne viendrais ici que si je t'invitais. À moins que tu aies promis ça à tous les joueurs de l'école dans l'espoir que l'un d'eux veuille bien de toi…

Les mâchoires de Zoë se contractèrent pendant qu'elle faisait fonctionner ses méninges. Elle ne s'était quand même pas, encore, fait avoir ?

- Ok, inutile de s'imposer nos présences plus longtemps. Ce n'est donc pas toi qui as écrit ça ? le questionna-t-elle en lui tendant le bout de parchemin qui avait un petit coup dans l'aile à force d'avoir été froissé méthodiquement tout le long du chemin.

Intrigué, James lut le message que quelqu'un avait rédigé à sa place en imitant son écriture à la perfection, il devait bien le reconnaître.

- Albus… souffla-t-il plus pour lui-même qu'autre chose.

- Ok, merci du tuyau. Ton frère n'a pas retenu la leçon on dirait.

Elle se retourna avec la ferme intention de rendre visite aussitôt au petit plaisantin mais James l'arrêta :

- Attends ! Pourquoi il aurait fait ça ? Il ne sait même pas ce qui s'est passé à Pré-au-Lard.

- Ou il fait très bien semblant. Comme Rose et Scorpius d'ailleurs, réalisa-t-elle en serrant les poings.

- Mais pourquoi ?

- J'en sais rien, il paraît que depuis quelques jours, tu aurais perdu confiance en toi et que tu hésitais à laisser tomber cet essai tant attendu. Mais visiblement, il n'en est rien, donc je vais te laisser y aller tranquillement pendant que je vais m'occuper de leur cas.

- Zoë !

- Quoi encore ? bouilla-t-elle en se retournant vers lui.

Il s'était avancé de quelques pas de sorte qu'ils n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre et il la fixait intensément, cherchant à comprendre quelque chose.

- Et si c'était vraiment le cas ? Si j'avais la trouille de ne pas y arriver parce que je suis un Potter et que tous les Potter se doivent de réussir avec l'Élu comme paternel et une Harpie de Holyhead comme mère ? Et si la belle assurance que j'affichais n'était qu'une façade parce que je suis le grand frère et que je dois montrer l'exemple à mon frangin qui m'envie et à ma sœur qui m'adule ? Et si, quelque part, tu l'avais compris et tu étais venue pour t'assurer que ça irait et que tu n'étais pas un peu responsable de mon état démissionnaire ?

Troublée par cette déclaration – mais en était-ce vraiment une ou cherchait-il seulement à la mettre mal à l'aise ? – Zoë répliqua de façon un peu trop précipitée pour son stoïcisme habituel :

- Je suis venue parce que tu me l'as demandé, c'est tout. Enfin, parce que je croyais que tu me l'avais demandé, et uniquement parce que je l'avais promis.

- Et ils ont donc de la chance que je sois réellement bien dans mes bottes au point que je pourrais leur expédier les Cognards jusque dans leur dortoir parce que, franchement, t'envoyer toi pour me remonter le moral, c'est un peu se moquer du monde, non ?

- Ils ont peut-être pensé que je serais la seule capable de te faire sortir de ta léthargie. Tu sais, une bonne engueulade pour se remuer et avoir envie d'écraser l'ennemi.

- Sauf que ce n'est pas un match, Princesse, il n'y a pas d'adversaire.

- Mais tu pourras toujours t'imaginer ma tête quand un Cognard arrivera vers toi.

- C'est pas faux, acquiesça-t-il en souriant.

- Bon, maintenant que les choses sont claires, est-ce que je peux aller leur régler leur compte ?

- Tant que tu n'en profites pas pour embrasser mon frère une nouvelle fois.

- Oh, sérieux ? Tu l'as encore en travers de la gorge celle-là ? s'étonna-t-elle en ricanant.

- Plutôt en travers de la joue. Elle n'a pas trop apprécié ta réaction à ma tentative alors que tu m'avais mis au défi d'embrasser mieux que lui.

- Je…

Mais Zoë resta sans voix lorsqu'elle réalisa qu'elle lui avait effectivement dit ça. Elle l'avait complètement oublié, tiens ! Elle avait sorti ça dans le feu de l'action, fière de sa petite vengeance sur Albus.

- La prochaine fois, demande-moi l'autorisation avant de fondre sur moi comme un rapace sur sa proie.

- Parce que tu crois qu'il y aura une prochaine fois ? Tu vis dans quel monde, Zabini ?

- Celui où les hommes ont encore quelques notions de savoir-être.

- Je préfère le savoir-faire.

Elle haussa un sourcil suggestif et le défia d'un sourire narquois :

- Alors va nous montrer ce que tu sais faire, Potter ! Ton jury n'attend que ça, j'en suis sûre.

Il s'éloigna de quelques pas en arrière et hocha la tête dans un petit signe de salut avant de se retourner.

Partagée entre l'envie d'aller aplatir la tête de Rose et Scorpius l'une contre l'autre et la curiosité de voir James à l'essai, elle resta plantée là quelques secondes. Qu'attendait-elle au juste ? Elle ne pouvait pas sérieusement songer à aller le voir alors que l'invitation n'en était pas une. Cela gonflerait bien trop son ego à lui car ce serait admettre qu'elle avait envie de le voir. Elle jeta un coup d'œil au château, indécise, et quand son regard se porta à nouveau vers le stade, son cœur manqua un battement. Il venait de s'arrêter juste avant d'entrer, comme hésitant, puis avait pivoté vers elle.

La surprise se lut sur son visage mais il se reprit bien vite pour lui lancer :

- Hey, Zabini ! Ça te dirait de voir du bon jeu ?

Malgré elle, elle sentit un sourire se former sur ses lèvres et elle entendit la voix de sa mère lui souffler dans sa tête cette sentence qu'elle aimait tant « allez, advienne que pourra ! ». Alors, elle s'élança vers James et, tout sourire lorsqu'elle arriva à sa hauteur, lui asséna une gifle sur la joue qui n'y avait pas eu droit l'autre jour.

- HEY !

- L'autre était pour m'avoir insultée et embrassée sans mon accord, celle-ci est pour te mettre en garde : j'ai ma fierté, Potter, alors tâche de t'en souvenir ! Et je ne sors pas avec des losers donc, Potter ou non, tu as intérêt à les épater.

Puis elle l'agrippa par le haut de son uniforme pour le rapprocher d'elle et lui offrir un baiser qu'il n'était pas prêt d'oublier.


Verdict ? J'espère que vous avez passé un bon moment en compagnie de cette next gen. N'hésitez pas à me dire ce qui vous a plu et ce qui vous a moins convaincu.