Titre : Le journal

Genre : Humour/romance

Rating : T

Disclaimer : Rien n'est à moi sinon Yuuri et Wolfram se papouilleraient passionnément et Shori s'en irait dans une contrée perdue et ne reviendrait pas.

Olala, je ne pensais pas que ça faisait si longtemps que je n'avais pas posté. J'ai eu un sacré manque de motivation et ce chapitre a été très long à traduire. Je ne vais pas m'éterniser en blabla. J'espère que ce chapitre vous plaira.

Bonne lecture !

Chapitre 24 : Mort !

…Shinmakoku…

…Château du Serment Du Sang…

…Salle à manger…

…Heure : trop tard pour être commenté…

Gwendal avait demandé ce que Yuuri voulait dire par 'les douceurs de Gwendal', mais personne ne connaissait la réponse à cette question particulière. Murata et Wolfram se levèrent de table et se dirigèrent vers le bar. Pour Gwendal, la raison de sa question était simple : leur faire oublier ce qu'ils venaient d'entendre ! Il avait besoin d'ôter de sa tête les images de son roi étant un pervers complet. « Peut-être voulait-il parler de tes meilleurs tricots ? » proposa Conrad, mais il savait que ce n'était pas de ça que Yuuri parlait. Il fallait qu'il parle à Yozak à propos d'articles manquants dans la réserve privée de Gwendal.

Murata pensa, 'Est-ce que ça pourrait être les meilleurs alcools de Gwendal ?'

Wolfram ne s'embêta même pas à réfléchir à la question de Gwendal : il avait des choses bien plus importantes sur lesquels réfléchir. En fait, il devait planifier quelques petites choses. La première chose qu'il devait faire était de sortir Yuuri de la fontaine avant que personne ne mette la main dessus, spécialement Günter. Deuxièmement, il devait traîner Yuuri jusqu'à leur chambre avec l'excuse que Yuuri devait se débarrasser de ses vêtements mouillés. Une fois arrivés à la dite chambre, il fermerait la porte à clé et ils auraient un entretien privé à deux, ou peut-être devrait-il juste commencer par ça. Serait-il capable de parler calmement à Yuuri alors que celui-ci porterait des vêtements mouillés qui colleraient à son corps ? Serait-il capable de prononcer un mot quand Yuuri enlèverait doucement les dits vêtements, révélant son torse mouillé, puis ouvrant doucement la fermeture éclair de son pantalon, le laissant tomber à ses pieds ? Il ne porterait plus que cette chose qu'on appelle sous-vêtement, qui abritait les joyaux royaux, et bien sûr il devrait le regarder enlever le dit sous-vêtement…

« Shin Makoku à Wolfram ! » dit Murata alors qu'il agitait un verre à moitié rempli de cognac devant le visage de Wolfram.

« Uh ?…Quoi ? » Wolfram sortit brutalement de ses rêves éveillés quand il vit le verre agité devant lui.

Murata ne put se retenir de dire, « Alors, on fait des rêves éveillés pervers à propos de quelque chose en particulier ? »

Wolfram rougit d'une oreille à l'autre, prit le verre des mains de Murata, s'éloigna et alla vers la fenêtre. 'Saleté de Sage pervers ! Lui et Yuuri sont en train de me changer à mon tour en pervers!' pensa-t-il.

Gwendal et Conrad rejoignirent le Sage au bar. Murata leur servit un verre et se demanda quelle quantité d'alcool les deux frères pouvaient consommer. Contrairement à Celi et Günter qui étaient déjà fichus, Gwendal et Conrad ne semblaient pas être affectés par la grande quantité d'alcool qu'il avaient bu.

Gwendal fronça les sourcils en prenant une gorgée de sa boisson et demanda, « Comment pourrions-nous confronter Yuuri à propos d'Angel ? »

Les lunettes de Murata luirent, « Et bien, je pense que la meilleure option est de garder un œil sur lui jours et nuits. »

« Nous pouvons facilement garder un œil sur lui pendant la journée, » fit remarquer Conrad, « mais la nuit, c'est tout autre chose. »

A nouveau, les lunettes de Murata luirent, « Je ne vois pas où est le problème. La nuit, Lord von Bielefeld est à ses côtés. » Peut-être devrait-il cacher des micros dans la chambre royale. Il semblerait que, tôt ou tard, il se passerait des choses vraiment intéressantes dans cette chambre.

Gwendal se massa les tempes. Même s'il détestait l'admettre, c'était l'unique solution qui n'éveillerait pas les soupçons de Yuuri. Il se tourna vers Conrad et dit, « Qu'esr-ce que Wolfram va faire ? Tu crois qu'il va continuer à dormir dans la même chambre que Yuuri après ce que nous venons d'entendre ? »

Conrad jeta un œil à son jeune frère. Il était surpris que Wolfram n'ait pas brûlé le journal, n'ait pas maudit Yuuri à mort, et avait gardé sa colère à un niveau minimum. « Je vais lui parler, » déclara-t-il et il se dirigea vers Wolfram.

« Votre Altesse, puis-je vous poser une question ? » demanda Gwendal à Murata.

« Allez-y Lord von Voltaire. »

« Depuis quand le Roi Shinou nous regarde-t-il ? »

« Mmmmm…Depuis ce matin, je crois, » répondit Murata.

« Je vois…donc il a tout entendu ? »

« Oui. »

« Et, cela n'inclurait pas également Lady Ulrike par hasard ? »

« Oui, mais j'espère qu'elle n'a pas écouté la dernière partie. Et, je suis presque sûr qu'elle a, est en train ou va réprimander Shinou à notre place. »

Gwendal marmonna, « Ca lui fera du bien ! »

« Je ne peux qu'être d'accord avec vous, Lord von Voltaire. Tu as entendu Shinou ? » dit Murata en prenant une gorgée de sa boisson. Murata vit la mouche bourdonner autour de lui, ce qui lui donna des vertiges.

Wolfram était plongé dans ses pensées…ou plutôt dans ses fantasmes concernant un certain Maoh, quand Conrad s'approcha de lui. Conrad détailla le visage de son frère pour se faire une idée de son humeur. Il était perplexe quant à l'expression de Wolfram, mais il savait que cette expression ne contenait pas de la colère, du dégoût ou de la tristesse. Il n'avait encore jamais vu cette expression sur le visage de Wolfram. « Wolfram, comment ça va ? »

Wolfram porta rapidement son regard sur Conrad et rougit. Il ne l'avait pas entendu approcher, et donc il ne savait pas depuis combien de temps Conrad le regardait. « Je…ahem…je vais bien. Pourquoi tu me demandes ça Weller ? »

'Ok, maintenant il en est revenu à Weller,' pensa Conrad. Il répondit, « Gwen et moi pensions à garder un œil sur Yuuri pour s'assurer qu'il ne boive plus davantage de potions. Nous pouvons le surveiller pendant la journée, mais la nuit ce sera un peu plus difficile. »

Wolfram bondit immédiatement sur ce léger indice. « Donc, vous voulez que MOI, je continue à le surveiller la nuit ? » Wolfram vit Conrad acquiescer. Il croisa les bras et sourit de façon narquoise. 'Maintenant, ces deux idiots veulent que je dorme dans notre chambre après qu'ils m'aient dit d'en partir !' pensa-t-il. Il répondit, prétendant être offensé par la suggestion, « En d'autres mots, vous deux voulez que je reste dans la chambre de Yuuri. »

« Oui, » dit Conrad sur un ton d'excuse.

« As-tu une idée à quel point je trouve cette suggestion…um…offensante ? Est-ce que tu peux imaginer comment je me sens après ce que nous venons d'entendre ? » Il se tourna dos à Conrad, feignant d'être triste et blessé. Ce qu'il voulait vraiment et avait du mal à se retenir de faire était de s'écrouler de rire et de crier 'IDIOTS !', mais il se retint. Il resta attentif et calme.

Conrad jeta un regard empli de pitié à son frère et commença à dire, « Wolfram, je ne peux pas comprendre… »

« Non, tu ne peux pas ! » interrompit Wolfram. « D'abord, vous voulez que je parte et maintenant vous voulez que je reste ! Vous ne pouvez pas vous décider tous les deux ? »

Conrad répondit, « Je sais que c'est dur pour toi, mais nous te demandons de faire ça pour le bien de Shin Makoku. Après avoir réglé l'affaire Angel, nous ne te le demanderons plus. S'il te plaît Wolfram, fais-le pour Shin Makoku si tu ne le fais pas pour ton Roi. » En disant cela, il plaça une main sur l'épaule de son frère pour lui montrer son soutien moral.

Wolfram secoua la tête en pensa, 'Grand Shinou, combien ces gens peuvent être aveugles. Et maintenant, ils attirent mon attention sur mes devoirs patriotiques ! Comme le dirait Yuuri…BAKAS (idiots en japonais) !' Il se tourna, fit face à Conrad et dit fièrement, « Je suis un soldat loyal du Roi et de la Nation. Et par conséquent, je ferai ce que tu me demandes. Je le ferai pour notre merveilleux pays ! » Il se tourna une nouvelle fois, pointa son nez en l'air et prit une profonde inspiration. Il devait garder son sang-froid et rester fier !

« Merci Wolfram, » dit Conrad en tapotant l'épaule de son frère. Il fit demi-tour et retourna vers Gwendal et Murata.

« Alors, il le fera ? » demanda Gwendal.

« J'ai du le convaincre un peu. J'ai du parler de ses devoirs patriotiques, » expliqua Conrad.

Les lunettes de Murata luirent. Il jeta un œil à Wolfram et pensa, 'Pour le Roi et la patrie ? Bien sûr ! Plutôt pour…s'offrir les faveurs du Roi !'

Un léger bruit vint de la porte et personne dans la pièce n'y fit attention. Un second coup, moins doux, put être perçu. Les quatre hommes entendirent quelque chose mais décidèrent de l'ignorer.

TOC, TOC, TOC !

« Ca doit être Yozak, » dit Gwendal, alors que Murata se dirigeait vers la porte. Murata ouvrit la porte alors que Günter, le poing levé en l'air, étant sur le point de toquer à nouveau, tomba en avant, sa tunique flottant dans l'air et tomba face la première sur le sol. Murata ne fit que regarder l'homme tomber au ralenti, et observait maintenant un Günter étalé au sol. Celi se précipita en trombe vers Günter pour l'aider, suivie d'Anissina, pendant que les rires de Yozak purent être entendus de l'extérieur de la pièce. Les autres hommes dans la pièce se levèrent et cachèrent leurs sourires moqueurs.

« Ne restez pas plantés là ! » s'exclama Celi. « Aidez Günter à se relever ! »

Murata réalisa ce que venait de dire Celi alors qu'il fixait du regard l'infortuné mazoku affalé au sol. Murata sortit de sa stupeur, se pencha et aida Günter à se lever.

« Vous allez bien Lord von Christ ? » demanda-t-il.

Le visage de Günter était rouge d'embarras. Il n'osait regarder personne, et gardait les yeux fixés sur ses vêtements. Il commença à épousseter ses habits tout en répondant,

« Je bais bien, berci. »

« Vous ne semblez pas si bien que ça, » s'inquiéta Murata. Gûnter se tourna vers lui et Murata dut étouffer un rire en voyant le visage de Günter. Des énormes morceaux de cotons bouchaient le nez de Günter pour stopper ses hémorragies nasales.

« Je vois qu'ils se sont bien occupés de vous, » déclara Murata, essayant désespérément de ne pas rire. Mais l'alcool qui circulait maintenant dans ses artères et ses veines commençaient à brouiller son esprit. Il laissa échapper un léger gloussement entre ses lèvres pincées.

Günter le remarqua et s'indigna légèrement. « Si bous boulez bien m'excuser botre Altesse, » dit-il en passant devant Murata pour se diriger vers sa chaise. Avant d'atteindre sa place, il remarqua que tous ses verres étaient vides. Il fit demi-tour et se dirigea vers le bar.

Bien sûr, tout le monde avait suivi l'échange entre Murata et Günter. Celi et Anissina le regardaient méchamment de derrière. Gwendal pensait que la véritable nature du Sage commençait à apparaître. Yozak étant lui-même, il se retint de rire. Conrad, et bien Conrad se contenta de son habituel sourire, et Wolfram pensa 'Si je compte le Sage pervers, ça serait le troisième ! Et on dirait bien que Yozak va être le quatrième.'

Wolfram observa Yozak se retenir de rire alors qu'il vacillait sur les côtés. 'C'est clair qu'il est le quatrième. Donc, ça en fait quatre saouls, il en reste trois !' pensa Wolfram. Il se demanda combien de temps Anissina, Conrad et Gwendal (si ça arrivait) allaient tenir. C'était définitif, il n'allait plus boire. Quelqu'un devait garder l'esprit clair.

Günter atteignit le bar où Conrad et Gwendal se trouvaient toujours. Conrad demanda joyeusement, « Qu'est-ce que je peux te servir Günter ? »

Günter jeta un œil au bar et fit son choix. « Sers-moi un brandy s'il te plaît. » Conrad, étant devenu un barman professionnel, servit un verre plein de brandy à Günter à la grande consternation de Murata.

Celi et Anissina rejoignirent les autres au bar. « Conrad, sers-moi un whisky japonais s'il te plaît. » demanda Anissina.

« J'en prendrais un également, » annonça Celi. Conrad fut heureux d'obtempérer. Alors qu'il versait les boissons et le tendaient aux ladies, Yozak se pencha dans le dos de Conrad et le serra dans ses bras. « Je prendrais une vodka, mon mignon, » dit-il en faisant un clin d'œil. Conrad eut un mouvement de recul, « Yozak, lâches-moi ! » grogna-t-il entre ses dents, alors qu'il essayait de desserrer la prise de Yozak.

« Allons, allons capitaine. Je suis sûr que vous appréciez ça autant que moi, » chantonna Yozak.

« Yozak, tu veux vraiment que, comme Yuuri l'a dit, je te coupe en tranches et en dés ? »

Yozak le serra plus fermement, « Oh, j'aurais du mettre mon habit d'infirmière. Je sais à quel point tu l'aimes…mon mignon ! Sa Majesté vous connaît si bien ! »

« Mère, » commença Gwendal.

« Oui, Gwen mon chéri ? » demanda Celi.

Sur un ton extrêmement sérieux, Gwendal déclara, « Je pense qu'un mariage en hiver serai magnifique pour ces deux-là. » Il pointa du doigt Yozak serrant Conrad dans ses bras, tout en prenant une gorgée de sa boisson pour cacher son sourire machiavélique. Des rires résonnèrent dans la pièce.

Gwendal avait fait une blague ! Gwendal avait taquiné quelqu'un ! Et bien sûr, ça n'avait échappé à personne, et surtout pas au blond qui était près de la fenêtre. Wolfram observa son frère les yeux grands ouverts. Est-ce que l'alcool avait détendu son frère si sévère ? Gwendal allait-il être le cinquième ? Gwendal allait-il être ivre avant Conrad et Anissina ? Anissina était après tout une manipulatrice du feu, donc elle pouvait le brûler lentement. Conrad avait déjà assisté à plusieurs sorties avec Yozak, donc Wolfram savait que Conrad pouvait tenir encore un peu. La situation nécessitait une étude plus approfondie.

Un rire bruyant retentit dans la pièce après le commentaire de Gwendal. Conrad leur jeta à tous un regard mauvais, le visage extrêmement rouge. Il se dégagea de Yozak avec force, s'éloigna du bar et rejoint sa chaise. Avant de s'asseoir, il déclara, « Il est tard, nous devrions en finir. » Il bouda comme le ferait une certaine personne blonde.

« Conrad a raison, » approuva Wolfram en s'asseyant sur sa chaise. « Nous avons beaucoup de choses à planifier. » Il avait besoin de ses heures de sommeil pour conserver sa beauté. Après tout, il se devait d'être parfait pour Yuuri.

« Ahhhh, ça signifie que je dois me servir moi-même mon verre ? » demanda Yozak.

« Je vais m'en occuper pour toi Yozak. » proposa Gwendal. Il s'attela à verser une bonne rasade de vodka pour Yozak, face au visage dégoûté de Murata.

« Lord von Voltaire, ce n'est pas un verre que l'on utilise pour la vodka, » dit Murata en se ruant vers le bar.

« Je sais, » répondit stoïquement Gwendal en regardant Murata. Le Sage était abasourdi. Comment pouvait-il répondre au commentaire de Lord von Voltaire ? Gwendal l'avait eu. Il avait finalement réussi à déconcerter le Si Fameux et Si Grand Sage. Gwendal entreprit alors de se servir un verre plein de vodka.

Murata devait dire quelque chose. « Lord von Voltaire, vous ne devriez pas mélanger les alcools. »

Gwendal se tourna vers le Grand Sage et répondit sèchement, « Je suis au courant de ce fait, Votre Altesse, » puis il se dirigea vers sa chaise. Murata resta sur place, se disant que Gwendal ne lui avait jamais parlé de manière aussi abrupte. Est-ce que c'était les effets dus à l'alcool ? Murata secoua la tête et retourna vers sa chaise.

Gwendal prit la parole, « Pourriez-vous tous vous asseoir que nous en finissions avec cette journée ? » Des crissements de chaises furent entendus alors que tout le monde s'asseyait.

…Alpes Suisses…

…Longue route sinueuse…

…Heure : Trop tard pour être commenté, après qu'un pneu ait crevé…

Sharon, Bob, Shouri, Yuuri, Angel et Jose étaient debout à côté d'une route alpine déserte, alors qu'ils regardaient le conducteur de Bob changer la roue arrière gauche qui était crevée. Le conducteur avait demandé aux passagers de rester sur le côté de la route pour des raisons de sécurité, et leur avait fait porté les gilets de sécurité jaunes fluo. Le conducteur avait également posé des triangles rouges d'avertissement à la bonne distance du véhicule. Après que le conducteur ait mis en place toutes les mesures de sécurité, il avait commencé à changer la roue.

Yuuri observait le conducteur changer le pneu et se demandait si il y avait des lois de sécurité routière à Shin Makoku. Il demanderait à Conrad s'ils devaient également porter une veste jaune fluo et poser les triangles d'avertissement quand un cheval perdait son fer. Et que se passait-il quand un attelage perdait une roue ? Yuuri rit intérieurement face à ses stupides pensées.

« Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? » demanda Shori. Il était légèrement énervé à cause de cette crevaison.

« Je pensais juste à quelque chose de stupide, » répondit Yuuri.

« Comme d'habitude, » fit remarquer Shori en regardant Yuuri du coin de l'œil. « Et tu pensais à quoi ? » demanda-t-il par curiosité. Puis, il se dit qu'il n'aurait pas du demander.

« Et bien, je me demandais si, avec les chevaux et les attelages de la maison, il fallait porter des vestes et poser des triangles, » expliqua assez sérieusement Yuuri.

« Il n'y a que toi pour songer à de telles choses ! » fit remarquer Shori.

Angel entendit leur conversation et y prit part, « Est-ce qu'ils chevauchent et roulent à gauche ou à droite de la route ? »

Yuuri se tourna vers Angel et déclara, « Je n'ai jamais fait attention. Je voyage toujours avec quelqu'un et nous prenons la majeure partie de la route. » Shori se donna une claque sur le front. Il n'était pas d'humeur à entendre les pensées naïves de son frère à cette heure de la nuit.

Angel posa une autre question brillante après avoir remarqué la réaction de Shori. « Et sur leurs routes, est-ce qu'il y a des signaux, comme des limitations de vitesse, des interdictions de tourner, des stops ou des zebras ? »

Yuuri répondit innocemment, « Je n'ai jamais remarqué. » Ce qui valut une autre claque sur le front de Shori.

Angel posa encore une question incroyable, « Et quand est-il des CQVEI ? »

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Yuuri. Il suivait complètement la plaisanterie d'Angel.

« Les Chevaux Qui Voyagent en Etat d'Ivresse. »

Yuuri, Angel et Jose se mirent à rire. « Je ne sais vraiment pas, mais je pourrais me renseigner pour toi. »

Jose était sur le point de dire quelque chose, mais il fut coupé par Shori, « Yuuri, je ne t'ai pas encore demandé si tu avais testé les boissons énergisantes pour nous. »

« Oui, je l'ai fait. Et j'ai déjà fait part de mon opinion à Angel et Jose. »

Angel ajouta, « Il a dit qu'elles avaient causé des hallucinations. »

« Yuuri a une imagination un peu trop débordante, » assura Shori.

Yuuri répondit sérieusement, « Je n'ai pas dit qu'elles m'avaient toutes donné des hallucinations, mais la dernière m'a vraiment fait voir des choses. » Yuuri avait maintenant l'attention complète de Jose et Angel. La première fois qu'ils avaient parlé des boissons, dans la bijouterie, les deux hommes avaient pensé que Yuuri plaisantait à propos des hallucinations.

« Laquelle a causé des visions ? » demanda Jose.

« C'était la dernière que j'ai essayé. » Yuuri se mordit la lèvre, essayant de se rappeler de son nom. Le rapport qu'il avait fait était dans son sac à dos qui se trouvait dans la voiture. Il s'en souvenait plus ou moins, « Je crois que ça s'appelait 'Passion et Sauvages et Succulentes Baies'

« Passion Absolue et Sauvages et Succulentes Baies ? » crièrent en même temps Angel et Jose.

« Oui, c'est ça, » dit Yuuri.

Jose déclara rapidement, « Nous ne vous avons pas donné celle-là à essayer. Comment l'avez-vous eu ? » Angel marchait en cercle en marmonnant, « Il est toujours en vie, il est toujours en vie, » encore et encore.

« Je l'ai trouvé dans mon sac à dos, » répondit Yuuri.

Shori s'avança vers eux. « J'ai mis une bouteille dans le sac de Yuuri après l'avoir vu abandonnée sur ton bureau Jose. »

« Shori, pourquoi as-tu fait ça ? » demanda Jose.

« Je pensais que tu avais oublié de la mettre avec les autres, » répondit-il. Shori était maintenant ébahi à l'idée d'avoir pu, probablement et sûrement fait une erreur.

« Shori, cette boisson a expiré il y a six mois, » informa Jose en secouant la tête.

Le visage de Shori devint blanc alors que ses lunettes glissaient sur son nez. Il demanda, « Qu'est-ce qui aurait pu arriver à Yuuri ? »

« Le pire scénario est que…tu aurais pu le tuer ! »

« Heinnnnnnnn ? » s'exclamèrent Yuuri et Shori à l'unisson.

Un peu plus loin, Bob et Sharon secouèrent la tête.

« J'ai dit que c'était le pire scénario. » Jose se tourna vers Yuuri. « Yuuri, quand nous retournerons aux bureaux, je veux m'assurer que vous allez bien…En fait, j'aimerais que vous restiez quelques jours pour m'assurer que tout va bien. »

Sortant de son état de choc, Yuuri déclara, « Je ne peux pas faire ça. Je dois retourner à la maison. Saralegui arrive dans deux jours. » Yuuri se tourna vers son frère aîné, pointa celui-ci du doigt et cria, « C'EST DE TA FAUTE ! TU AURAIS PU ME TUER ! »

Essayant de changer de sujet, Shori demanda, « Saralegui vient à Shin Makoku ? Qu'est-ce qu'il veut ? »

« Je ne sais pas, et ça ira mal si je n'y suis pas. ET N'ESSAYE PAS DE CHANGER DE SUJET ! » cria-t-il. Sa voix fit écho dans les montagnes.

Bob et Sharon, qui écoutaient calmement la conversation, décidèrent d'intervenir. « Votre Majesté, s'il vous plaît, ne soyez en colère après votre frère. Je pense qu'il essayait simplement d'aider. »

« Essayer d'aider ? JE POURRAIS ETRE MORT ! » hurla Yuuri en secouant frénétiquement ses bras dans l'air comme un oiseau.

Angel s'inséra dans la conversation, « Yuuri calmez-vous, vous allez bien ! » 'J'espère' pensa-t-il.

Shori ne savait pas quoi dire en regardant son jeune frère trembler de colère. « Yuuri, je suis désolé. »

« Shori, reste hors de ma vie ! » fut la seule chose que put dire Yuuri. S'il disait autre chose, il le regretterait probablement plus tard. Il s'éloigna du groupe. Shori s'apprêta à le suivre, mais fut stoppé par Bob secouant la tête pour lui dire de ne pas le suivre.

Doucement, Jose murmura au groupe, « Je veux qu'il reste en observation. »

« Je doute qu'il reste, » dit Sharon.

« Il n'a pas besoin de rester, » dit Angel.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda Jose.

« Et bien, vu que je vais à Shin Makoku, je garderai un œil sur lui en le suivant comme son ombre 24h/24, » expliqua Angel avec un sourire satisfait sur le visage. « Vous pouvez dire que je suis son médecin personnel. »

« Mais, tu n'auras pas l'équipement médical nécessaire si tu en as besoin, » dit Shori.

« Il peut prendre tout ce dont il a besoin dans mes bureaux, » assura Bob. Il se tourna pour faire face à Angel et dit, « Sharon t'aidera à prendre ce qui t'est nécessaire pendant que Jose examinera rapidement Yuuri. »

Jose réfléchit à la proposition, « Ca me va. »

« Je vais en informer Yuuri, » déclara Angel en se dirigeant vers Yuuri.

Yuuri était assis au sommet d'un rocher sur le bord de la route. Il avait la tête dans ses mains. Il pensait encore et encore à ce qui aurait pu se passer. Il aurait pu mourir et personne à Shin Makoku n'aurait su pourquoi. Il aurait pu mourir à cause d'une stupide boisson passée de date venant de la Terre. S'il était mort, qu'est-ce qui se serait passé ? Shin Makoku serait-il resté en paix ou serait retourné dans l'état où il était quand il était arrivé la première fois. Les nobles et les conseillers se seraient-ils disputés pour savoir qui prendrait la place sur le trône ? Auraient-ils essayer de remettre Wolfram sur le trône ? Auraient-ils choisi quelqu'un d'autre ? S'ils choisissez quelqu'un d'autre, autre que Wolfram, cette personne aurait-elle suivi le chemin de la paix qu'il avait tracé ? La soudaine réalisation qu'il n'avait fait aucun plan en cas de mort imprévue secoua Yuuri. Il ne voulait pas qu'un inconnu prenne le trône. Il devait s'assurer que la personne adéquate le succède, juste au cas où. Il savait ce qu'il avait à faire. Les nobles avaient choisi Wolfram comme 28ème Maoh avec sagesse. Il allait donc s'assurer que Wolfram soit le prochain Maoh, au cas où quelque chose lui arrivait. Wolfram, il le sentait, était la seule personne qui suivrait son chemin et ne plierait pas face aux autres nobles. Il allait parler de sa décision à Gwendal et Günter.

Yuuri releva la tête quand il entendit des bruits de pas qui s'approchaient. Angel s'avança vers lui avec un large sourire sur le visage. « Yuuri, j'ai de bonnes nouvelles, »

« Je vais vivre ? »

« Non, ça ce sont les mauvaises nouvelles. Tu vas continuer à vivre et donc Shori continuera à être surprotecteur avec toi. »

Yuuri ne put s'empêcher de pouffer de rire au commentaire d'Angel. « Et quelles sont les bonnes nouvelles ? »

« Dès que nous aurons tout emballer avec du film plastique, nous pourrons partir. »

« Le Dr Rodriguez ne voulait pas que je reste dans les environs ? »

« Ce n'est pas nécessaire si je viens avec toi. Je te rappelle, et tu en as bien été informé, que je suis un docteur. »

« Oh oui, c'est vrai. » dit Yuuri en y repensant.

« La seule chose est que Jose veut t'examiner rapidement pendant que j'emballe de l'équipement médical. »

« Pourquoi est-ce que tu aurais besoin d'équipement médical ? Tu n'en a vraiment pas besoin, vu que Gisela est incroyable. »

« Je sais que je n'ai pas vraiment besoin d'en emporter, mais ça rendra Jose et Shori heureux et ils ne seront plus sur ton dos pendant un moment. Donc, fais avec. » Angel haussa les épaules.

« Si ça LE fait taire et m'en débarrasse… alors très bien. Tu réalise que nous prenons déjà beaucoup de choses avec nous. »

« Et à qui la faute ? C'est toi qui a eu la fièvre acheteuse.

Yuuri sourit tout en se grattant l'arrière de la tête.

« Yuuri, Angel, » appela Sharon. « La roue a été changée et nous pouvons repartir. »

Les passagers se dirigèrent vers la voiture. Yuuri fit attention à s'asseoir entre Jose et Angel et le plus loin possible de Shori. Il ne voulait pas lui parler. Il ouvrit son sac à dos contenant les sept boissons, et les tendit à Jose.

…Shin Makoku…

…Château du Serment du Sang…

…Salle à Manger…

…Heure : Plus tard que l'heure habituelle pour aller se coucher…

Tout le monde était assis. Gwendal jeta un œil circulaire à la table et s'éclaircit la gorge. « Je veux faire ça rapidement. Donc, si des commentaires sont faits, soyez sûrs qu'ils soient utiles. S'il vous plaît, pas de commentaires éloignés du sujet. » Il grogna pour lui-même, sachant qu'il était presque impossible de ne pas avoir de commentaires sournois, idiots, stupides, débiles, ou autres avec les personnes présentes autour de la table.

Günter ne pouvait pas être plus d'accord. « Voui, voui. Je suis d'accord avec Gwaendallll. Parlons vite et bien et… »

Gwendal le coupa, « Merci Günter. Ca suffira. » Il voulait ajouter 'Ca suffira venant de toi'.

Anissina prit la parole. « J'aimerais savoir ce qu'a écrit Yuuri dans son journal après que nous ayons été si brusquement expulsés de la salle. J'ai besoin de tout savoir pour continuer mon investigation. » (Gwendal grogna) « A-t-il éventuellement écrit une scène sexuelle ? Si c'est le cas, pouvez-vous tout m'expliquer dans les moindres détails s'il vou plaît ? »

« Oh oui, s'il vous plaît, expliquez-nous tout, » s'exclama Celi. Yozak avait l'air impatient de savoir.

Gwendal se massa les deux tempes. « Nous ne vous informerons pas de ce qui a été écrit, » dit-il en regardant la pièce dans son ensemble. Puis, il dirigea son regard vers Anissina et ajouta, « Ce qui était écrit ne sera pas utile pour ton investigation. Tu devrais déjà avoir plus qu'assez d'informations. »

« Très bien, très bien, » abandonna Anissina en secouant la main. Elle trouverait bien un moyen de lire la dernière page. Savoir exactement quel type d'hallucinations sexuelles Sa Majesté avait eu ferait toute la différence. Différents types d'ingrédients pouvaient causer différents types de rêves humides. Donc, elle avait besoin de savoir exactement ce qui était écrit. Elle mettrait la main sur ce journal d'une manière ou d'une autre, pour le bien de la recherche scientifique !

Yozak et Celi étaient déçus. Les quatre hommes qui avaient entendus ce que Yuuri avait écrit étaient bouche cousue.

« Je vais commencer. La première priorité est de discuter de ce que nous allons faire à propos d'Angel » annonça Gwendal.

« Gwendal, je pense que nous devrions d'abord parler de la Table Ronde, » suggéra Conrad.

« Je suis d'accord avec luiiiiii, « dit Günter.

« Tout ce que je peux dire est que nous devons attendre de voir pourquoi Waltorana a voulu une réunion à la Table Ronde. Ca pourrait très bien être à propos de cette situation avec Petit et Grand Shimaron. »

Conrad dit alors, « Alors, je suggère que nous reportions l'enquête de Yozak à propos d'Angel jusqu'à ce que la réunion à la Table Ronde soit passée. »

« Je suis d'accord, » dit Gwendal.

Yozak les interrompit, « Mais, le temps que nous découvrions la vérité, Angel sera en route pour le château. »

« C'est vrai, » dit Wolfram, puis il ajouta, « Mais, nous devons aussi savoir pourquoi Saralegui vient ici. »

Le lunettes de Murata se mirent à luire, « Il peut venir pour plusieurs raisons. Ca pourrait être à cause de Grand Shimaron ou juste pour être avec Shibuya. » Cela valut un grognement de la part de Wolfram.

Puis, Celi demanda, « Votre Altesse, vous voulez dire qu'il est intéressé par notre Roi ? »

« C'est une possibilité. »

« Ils forment un couple si mignon, » déclara Celi en penchant la tête sur le côté et en réfléchissant.

« Mère, puis-je vous rappeler que je suis le fiancé de Yuuri ? » aboya Wolfram.

« Je le sais mon chéri. Je fais juste un commentaire. » Elle secoua la main dans le vague.

« Pourrions-nous ne faire qu'un minimum de commentaires ? » aboya Gwendal.

« Je ne veux pas perdre mon précieux Roi pour le Roi Saralegui ! » s'exclama Günter.

« Nous n'allons pas perdre Yuuri pour qui que ce soit, » assura Conrad. Remarquant que l'irritation de son frère aîné augmentait, Conrad poursuivit, « Et nous devrions reporter les enquêtes sur les filles discourtoises du bal. »

« Nous pourrions essayer d'en savoir plus à leur sujet en interrogeant les nobles, » proposa Murata. « Lord von Bielefeld, demain pourriez-vous demander des informations à votre oncle à propos des Haberstiens ? »

« Je le ferai, » assura Wolfram.

« Et je parlerai aux autres nobles concernant les autres ladies, » déclara Murata.

Gwendal se posa des questions à la remarque de Murata. Comment son Altesse allait-elle faire pour approcher les nobles. « Votre Altesse, comment allez-vous faire pour leur demander ça ? »

Murata sourit sournoisement et répondit, « Je ne suis qu'un célibataire magnifique, si je puis me permettre, et un jeune homme disponible. »

« Oh ! Nous apprécions votre aide pour cette affaire. » Ni Gwendal, ni personne d'autre ne s'embêta à en demander davantage, bien que cela donna lieu à quelques gloussements et sourires autour de la table.

« Je passerai toutes les informations que j'obtiendrais à Lord Weller et Yozak. Comme ça, il seront capables de continuer l'enquête, » ajouta Murata.

« Très bien. Cette question est réglée. La suivante est : que faire à propos de Saralegui ? » demanda Gwendal.

« C'est très simple. Laissez-moi le rôtir ! » s'exclama Wolfram.

« Je sais que tu adorerais faire ça, mais ça nous conduirait probablement en guerre. Je ne pense pas que c'est ce que tu souhaites. » déclara Gwendal.

« Non, » chuchota Wolfram en baissant la tête. Merde, il souhaitait vraiment pouvoir le rôtir.

Yozak murmura à Wolfram, « Vous pourriez faire une figurine de lui et la rôtir. »

Murata répondit, « Ce n'est pas une mauvaise idée, ou vous pourriez faire une poupée vaudou. »

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Yozak.

« Je te l'expliquerai plus tard, » assura Murata en sentant le regard menaçant de Gwendal sur eux.

« Puis-je continuer ? » demanda Gwendal. Les trois hommes coupables à l'autre bout de la table fermèrent leur bouche. « D'après le rapport de Yozak, Lanzil planifie quelque chose puisqu'il crée une armée d'utilisateurs de Houjustu. Malheureusement, nous ne savons pas ce qu'il prévoie de faire avec une telle armée. »

« Ne se prépare-t-il pas à nous attaquer ? » demanda Celi.

« Nous ne savons pas, » répondit Conrad.

Anissina fit un commentaire, « Il pourrait penser à utiliser cette armée contre le Maoh. Il croit peut-être qu'il peut combattre Yuuri en utilisant des utilisateurs de Houjutsu. »

Wolfram prit la parole, « Lanzil ne peut pas être si stupide, n'est-ce pas ? Je veux dire, Yuuri a coulé sa flotte à lui tout seul la dernière fois. Il pense sérieusement pouvoir se battre contre Yuuri ? »

« Vous avez tous les deux raison, » dit Gwendal. « Il pense peut-être à utiliser cette armée contre le Maoh. »

« Mais, s'opposer à Yuuri serait grotesque, » affirma Celi.

« J'ai d'accordddd, » balbutia Günter.

« Pas si sûr si Yuuri est en territoire humain, » fit remarquer Conrad.

« Mais, Lanzil devrait savoir que Yuuri sait utiliser son pouvoir en territoire humain, » dit Wolfram.

« Il le sait probablement, mais il ne sait peut-être pas à quel point Yuuri est puissant, même en territoire humain, » proposa Gwendal.

« Gwendal, tu essayes de dire que Lanzil va tenter d'attire Yuuri en territoire humain ? » demanda Conrad.

« Vous pensez que c'est la raison pour laquelle Saralegui va venir ici ? Pour attirer Yuuri en territoire humain ? » demanda Wolfram.

Murata se mit à réfléchir à ce qui venait d'être dit. Ce que les trois frères avaient supposé était fortement possible. « Je crois que vous avez raison. Sachant que Shibuya voit le Roi Saralegui comme son ami, je ne doute pas que le Roi Saralegui va tenter d'attirer Yuuri en territoire humain. La vraie question est : sur quel territoire ? »

« Expliquez-vous Votre Altesse, » demanda Gwendal.

« Je ne pense pas que Saralegui va vouloir que nous entrions en guerre contre Petit Shimaron. Dans quel autre territoire ou pays peut-il convaincre Yuuri d'y aller et dans lequel Lanzil peut attaquer, et sous quel prétexte ? »

« Je peux répondre à cette dernière question avec juste trois mots, » déclara Wolfram.

« Et quels sont-ils ? » demanda Gwendal.

« Traité de paix ! »

Plusieurs grognements furent entendus dans la pièce. Yuuri devenait vraiment dupe face à ces trois mots. Tout le monde dans la pièce savait que dès que 'Traité de Paix' était prononcé, Yuuri se ruait pour signer.

« Lord von Bielefeld n'a pas tord là, » dit Murata. « Nous connaissons tous suffisamment Shibuya pour savoir que si le Roi Saralegui mentionne un traité de paix avec Grand Shimaron, il foncera là-bas et signera. »

« En d'autres mots, nous devrons parler à Yuuri et lui dire de ne pas prendre de décisions trop hâtives quand le Roi Saralegui sera là, » dit Conrad. Il ajouta, « bien sûr, c'est plus facile à dire qu'à faire. » Le dernier commentaire de Conrad lui valut plusieurs regards bizarres.

La seule personne que ne grogna pas fut Wolfram. « Je fais confiance à Yuuri pour nous écouter. Il a toujours écouté nos conseils, mais je crois que personne n'y a jamais fait attention. »

« Tu dis qu'il nous écoutera ? » demanda Gwendal.

Murata répondit, « Je crois qu'il écoutera principalement ce que dira Lord von Bielefeld. »

« Pourquoi pensez-vous qu'il m'écoutera ? » demanda Wolfram.

Murata tapota le journal de ses doigts, « A cause de ce qu'il a écrit dans le journal. »

« Hum, » fit écho dans la salle à manger.

« C'est assez simple, » expliqua Murata et il poursuivit, « A travers le journal, il a inondé Lord von Bielefeld de louanges. Shibuya l'apprécie beaucoup…bien qu'il ait des sentiments pour Angel…donc je pense que Shibuya prendra davantage en compte les conseils de Lord von Bielfeld. »

Gwendal prit ce que le Sage venait de dire en considération. « Wolfram, nous te laissons t'assurer que Sa Majesté ne prenne pas de décision hâtive. »

Avant de répondre à l'ordre de Gwendal, Wolfram se dit 'Magnifique, maintenant je suis son baby-sitter officiel !' « Très bien, je ferai de mon mieux, mais je ne promets rien. »

« Parfait. Y a-t-il autre chose dont nous devons discuter avant de terminer cette soirée ? » demanda Gwendal.

« Oui, il y en a une, » dit Wolfram.

« Et qu'est-ce que c'est ? » demanda Conrad.

« Qu'est-ce que nous allons faire que Yuuri découvrira que son journal a été lu à voix haute ? »

…Alpes Suisses…

…'Château' du Maoh de la Terre…

…Heure : Extrêmement tard…

Yuuri s'assit sur une table d'examen médicale pendant que Jose prenait sa température et sa tension. Angel et Sharon étaient dans une autre pièce, préparant les équipements médicaux dont il avait besoin. Le thermomètre digital sonna. Jose le tira de la bouche de Yuuri et le vérifia. « Bon, vous n'avez pas de fièvre et votre tension est normale. Comment vous sentez-vous ? »

« Je me sens bien. Juste un peu fatigué je pense, » répondit Yuuri.

« Est-ce que vous dormez bien en ce moment ? J'ai remarqué que vous vous êtes endormi plusieurs fois aujourd'hui. »

« Je n'ai pas beaucoup dormi ces quelques derniers jours, » déclara Yuuri.

« Pourquoi donc ? » demanda Jose.

« Et bien, je suis habitué à dormir… ». Yuuri se rattrapa tout juste. Il se gratta l'arrière de la tête et dit, « C'est juste que j'ai beaucoup de travail. »

« Mmmm ? Vous étiez sur le point de dire autre chose, » fit remarquer Jose.

Yuuri devint rouge betterave. « Ce n'est rien ! »

« Ok, si vous ne voulez pas en parler, ce n'est pas grave. Par contre, je dois savoir exactement quel type d'hallucinations vous avez eu. »

Si Yuuri pouvait devenir plus rouge, il ressemblerait à une tomate ébouillantée. « C'était juste une stupide hallucination ! » Il rit nerveusement.

« Yuuri, vous pouvez me le dire, et je respecterai la confidentialité médecin-patient. »

« Vraiment, ce n'était rien ! »

Jose laissa échappé un profond soupir. « Si vous vous inquiétez du fait que je le dise à Shori, soyez rassuré ! Je garderai tout ça confidentiel. Je vous le promets. »

Yuuri bondit hors de la table d'occultation et se dirigea vers la porte. « Bon, puisque je vais bien, j'y vais et je vais finir d'emballer mes affaires. » Il n'avait vraiment pas envie que quelqu'un apprenne ce qui s'était passé.

« Pas si vite jeune homme, » dit Jose. Yuuri s'arrêta avant d'atteindre la porte. « Vous ne m'avez pas dit ce que vous avez vu. A en juger par votre réaction et le fait que vous ne voulez pas m'en parler, je suppose que cette hallucination était de nature sexuelle. » Jose retint un large sourire quand Yuuri baissa la tête de honte. A cet instant, la porte s'ouvrit et Angel et Shori entrèrent.

Shori remarqua l'humeur de Yuuri et demanda, « Tout va bien ? »

« Oui, ça va, » répondit Yuuri et il s'enfuit hors de la pièce, claquant la porte derrière lui.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda Shori. « Il va bien ? »

« Il va très bien, » répondit Jose.

« Dans ce cas, pourquoi est-ce qu'il s'est enfui ? » demanda Angel.

« Il est juste embarrassé. »

« Pourquoi ? » questionna Shori.

« A cause de l'hallucination, » répondit Jose.

Shori et Angel fixaient Jose du regard, attendant de voir s'il allait leur raconter l'hallucination de Yuuri. Jose se tourna vers eux, sachant ce qu'ils attendaient. Après quelques secondes où ils se regardèrent dans le blanc des yeux, Jose dit, « Très bien, mais ne lui dites pas que je vous l'ai raconté. »

« Alors ? » s'impatientèrent les deux autres hommes.

« Il est embarrassé parce qu'il a eu un rêve enfantin à propos…d'un dragon bleu miniature avec lequel il jouait au base-ball. Ne lui en parlez pas. »

« Du base-ball avec Pochi ? Pourquoi il est si gêné ? » demanda Shori.

« Tu es le roi d'un pays et tu hallucines à propos de base-ball et de dragons. Quel type de roi es-tu ? Il se sent ridicule parce qu'il aurait du halluciner sur comment ramener la paix dans le monde. »

« Tu es en train de dire qu'il aurait voulu avoir une illumination plutôt qu'une hallucination, » déclara Angel.

« Exactement ! » répondit Jose.

« Ca nous montre qu'il est mature et qu'il pense à sa nation, » dit fièrement Shori.

Angel se pencha vers Jose et chuchota de telle sorte que Shori n'entende pas, « C'était sexuel, pas vrai ? »

Jose se tourna vers Angel avec un grand sourire sur le visage, « Secret professionnel ! »

Yuuri était dans un bureau, assis par terre, avec le film plastique dans les mains. Il avait emballé plusieurs boîtes et sacs contenant ses achats, pour qu'ils soient à l'abri de l'eau…il l'espérait. Il jeta un œil à ce qui était emballé et se demanda si sa mère aurait mieux fait. Ses emballages laissaient un peu à désirer. Peut-être que s'il n'avait pas pensé à cette stupide boisson et ses conséquences, il aurait emballé les choses de meilleure façon. Ou peut-être était-il juste mauvais à ça. Il expira lentement. Ca devait être les deux solutions. Il était mauvais et il ne pouvait pas oublié ce qu'il avait écrit dans son journal. Il laissa échapper un autre soupir. Qu'est-ce qu'il ferait si quelqu'un lisait ce qu'il avait écrit ? A quel point cela serait embarrassant ? Il secoua la tête. Il ne voulait même pas y penser. Merde, et si Wolfram le lisait ? Serait-il encore capable de le regarder droit dans les yeux ? Il fit voyager sa main dans ses cheveux, puis se couvrit la tête de ses bras.

La porte du bureau s'ouvrit et Angel entra. Il vit Yuuri assis par terre, entouré de boîtes et de sacs emballés dans du film plastique. Yuuri releva la tête quand Angel entra, et celui-ci remarqua la mine fatiguée du roi.

« Comment ça avance ? » demanda Angel.

« C'est presque fini, » répondit Yuuri.

« J'en ai fini avec les miens. Besoin d'un coup de main ? » proposa Angel.

« Bien sûr ! Merci ! » dit vivement Yuuri. « J'ai un autre rouleau de film plastique…quelque part par ici, » dit-il en cherchant le dit-rouleau.

Angel s'assit à côté de Yuuri et remarqua les objets mal emballés. « Je suppose que l'emballage n'est pas ton fort, » dit-il avec un petit rire. Bien que les paquets avaient été emballés pour être à l'abri de l'eau, il manquait des coins et certaines parties étaient déchirées. Angel en ramassa un et vit que la boîte qu'il tenait avait plus de film plastique que nécessaire, mais il décida de ne rien dire. Selon lui, Yuuri avait l'air fatigué et pas d'humeur à être taquiné. Angel ramassa un sac non emballé et commença à l'envelopper dans du film plastique. Une pensée jaillit soudainement, « Comment allons-nous transporer tout ça à Shin Makoku ? »

« Je pensais les fixer entre eux pour qu'ils ne partent pas dans tous les sens, « répondit Yuuri.

« Les fixer avec quoi ? » demanda Angel tout en cherchant une corde du regard.

Yuuri prit son sac à dos et l'ouvrit. Il en sortit une pelote de fil rouge et la montra à Angel. « Je l'ai piqué à Gwendal, » dit-il avec un large sourire sur le visage.

« Gwendal ? C'est bien, selon la description de Shori, ce général sérieux, impressionnant ?»

« Shori a oublié de mentionner terrifianttttttttt ! »

« Terrifiant ? » Angel essayait de faire apparaître une image de Gwendal dans sa tête. Il s'imagina un homme grand avec un mauvais caractère, et qui grognait tout le temps.

« Et bien, il peut donner l'impression d'être terrifiant, mais la vérité est que ce n'est qu'une façade. Tout ce que j'ai à faire, c'est de lui sourire de façon mignonne et il abandonne tout de suite. Il ne peut pas dire non aux choses mignonnes. Tu verras quand tu le rencontreras. »

« Shori a aussi mentionné Lady Celi. Il m'a dit que c'était la mère de Gwendal, et le précédent Maoh. » Yuuri se tourna vers Angel, attendant de voir ce que Shori avait dit de Celi.

« Qu'est-ce que Shori a dit à son propos ? »

« Que c'est une femme attractive. »

« C'est tout ? » demanda Yuuri. Il ne pouvait pas attendre la réaction de Celi quand elle rencontrerait Angel. Yuuri se mit à rire.

« Oui, c'est tout. Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? Elle n'est pas une femme attractive, qui ressemble à toute mère ? »

Yuuri en tomba de rire. « Lady Celi…hahaha…a l'air plus jeune que Gwendal. Elle ne ressemble en rien à une mère. Je suis impatient qu'elle te rencontre…hahaha… » Yuuri imagina brièvement Celi s'accrocher à Angel dès qu'elle le verrait.

Angel resta silencieux, essayant d'imaginer Celi, mais ne réussit pas. A moins que Gwendal n'ait l'air très vieux pour son âge, comment une mère pouvait-elle paraître plus jeune que son fils ? Ils continuèrent d'emballer en silence jusqu'à la fin.

Angel regarda l'heure sur sa montre quand ils eurent fini. Il était presque 1h30 du matin. Il se demanda s'ils allaient partir dès qu'ils auraient fini de fixer les paquets les uns aux autres. « Yuuri, nous partons toujours cette nuit ? Il est déjà tard. »

« Oui. »

« Peut-être devrions-nous attendre jusqu'au matin, et prendre un peu de repos ici. »

« Je veux vraiment rentrer à la maison dès que possible. Je veux mon propre lit. » Avec un peu de chance, Wolfram serait là et ils pourraient discuter.

« Je vois. » Angel se leva et commença à placer les paquets les uns à côté des autres. « Je vais vous aider à les fixer, et après, nous pourrons partir. »

Yuuri hocha la tête pour montrer son accord.

…Shin Makoku…

…Château du Serment du Sang…

…Salle à Manger…

…Heure : Même les souris sont endormis à cet instant, mais pas les personnes dans la salle à manger…

Il avait été décidé que pour les prochains jours, dans le but d'éviter de stresser davantage le Maoh, la lecture du journal resterait TOP SECRETE. Pas une seule âme ne devait en dire un mot. Quand les nobles seraient partis, quand le Roi Saralegui sera aussi parti, avant que le Maoh ne devienne suspicieux, et quand le Maoh aura l'air de bonne humeur, il sera informé à propos du journal et pourquoi le dit-journal a été lu. Tout le monde dans la pièce devra être présent à cet instant. La personne désignée pour informer le Maoh sera Gwendal.

Gwendal était réticent au départ pour être celui qui lui annoncera, mais il accepta. Il voulait d'abord que ce soit Wolfram qui informe le Roi à propos du journal, mais il fut décidé que Gwendal serait le choix le plus logique. Yuuri allait être en colère, mais il ne se disputerait pas avec Gwendal comme il le ferait avec d'autres. Wolfram aurait empiré les choses avec son tempérament. Bien sûr, Gwendal commencerait par dire à Yuuri qui avait trouvé le journal, et ensuite, ce qui avait conduit à lire le journal à voix haute.

Cela amenait à une question : que faisait Wolfram dans le bureau du Maoh, et pourquoi avait-il été fouillé dans le bureau ?

« La seule chose encore obscure est pourquoi es-tu allé dans le bureau de Sa Majesté ? » demanda Gwendal. Toutes les têtes se tournèrent vers Wolfram, attendant sa réponse.

« Je…je…cherchais…un document…qu'il fallait que Yuuri signe. »

« Quel était ce document ? » questionna Gwendal.

Wolfram ne savait pas quoi répondre à cette question. Avec tout ce qui s'était passé aujourd'hui, il avait complètement oublié de penser à une excuse qui expliquerait pourquoi il était dans le bureau de Yuuri. Gwendal l'avait prit par surprise. Qu'est-ce qu'il allait dire ? La vérité ? S'il disait la vérité, alors Gwendal serait en colère et trouverait quelqu'un d'autre pour rester proche de Yuuri. Il ne pouvait pas laisser ça se produire. Si seulement il avait trouvé le fameux document à la place. Il se demandait où il pouvait se trouver.

« Wolfram, nous attendons ta réponse, » aboya Gwendal. Il savait que quelque chose n'allait pas.

Il devait dire quelque chose. « En quoi c'est important, la raison pour laquelle je me trouvais dans son bureau ? Je l'ai juste trouvé ! Fin de l'histoire ! »

« Qu'est-ce que tu cherchais ? » demanda Conrad. Lui non plus n'était pas satisfait de la réponse de son jeune frère.

« En quoi c'est important »

« Ca commence à ressembler à quelque chose d'important justement ! » répondit un Gwendal en colère.

« Ce n'était rien d'important, » assura Wolfram. »

« Et bien Wolfy, si ce n'est pas important, pourquoi ne nous le dis-tu pas ? » demanda Celi.

Il devait réfléchir à quelque chose, et il devait trouver quelque chose de stupide. Si ce n'était pas une excuse stupide et embarrassante, ils penseraient qu'il mentait. Il trouva quelque chose qui ferait l'affaire. « J'ai écrit un document qui donnait une date pour notre mariage, et je l'ai glissé entre deux autres documents. J'espérais que Yuuri le signerait sans le lire. Puis, j'ai réalisé que je n'aurais pas du faire ça et que Yuuri allait être en colère. Donc, je suis retourné le chercher, mais je ne l'ai pas trouvé. »

Conrad prit la parole, « Donc, tu as essayé de le poser devant les méfaits accomplis ? »

Wolfram, ainsi que tous les autres, dut traduire mentalement ce que Conrad essayait de dire. Wolfram se dit qu'il avait réussi. « Oui, j'ai essayé de le mettre devant le fait accompli. »

Murata demanda, « Vous n'avez pas trouvé le document en question ? »

« Non, » répondit Wolfram.

Murata dit pensivement, « Je me demande s'il l'a prit avec lui ? »

« Pourquoi ferait-il ça ? » questionna Celi.

« Peut-être pour y réfléchir ? » répondit Murata.

Wolfram commença à se poser des questions. Yuuri avait-il prit le document avec lui pour réfléchir à la possibilité de rompre leur engagement ? Cette pensée effraya Wolfram. Yuuri pouvait, à cet instant, considérer la possibilité de rompre l'engagement, comme lui, l'impétueux et stupide Wolfram von Bielefeld, l'avait si clairement écrit et lâchement posé sur le bureau du Maoh. Son cœur se mit à battre la chamade dans sa poitrine. Il devait empêcher Yuuri de le signer.

« J'ai une question, » demanda Gwendal, « Où as-tu trouvé le journal ? »

« Je l'ai trouvé dans le dernier tiroir à droite de son bureau, » chuchota Wolfram.

« Excuses-moi ? »

« Je l'ai trouvé dans le dernier tiroir à droite de son bureau, » répéta un peu plus fort Wolfram.

Puis, Conrad demanda, « Ne garde-t-il pas ce tiroir fermé à clé ? »

Wolfram rougit légèrement, « Si. »

« Mais tu es venu et tu l'as forcé, suis-je correct dans mes suppositions ? » demanda Gwendal.

« Oui, je l'ai fait. Si tu veux tout savoir, j'ai utilisé mon poignard pour forcer le loquet. Je l'ai fait uniquement pour trouver cette saleté d'annul…de document ! » expliqua Wolfram énervé, en croisant les bras.

Gwendal poursuivit, « Et tu as trouvé le… »

Wolfram l'interrompit, « Et j'ai trouvé le journal et je l'ai prit ! Et voilà où nous en sommes tous ! Vous voulez savoir autre chose ? »

Personne ne posa d'autres questions. « Bien, puisqu'il semble que plus personne n'ait de choses à dire, je suggère que nous allions nous coucher, » dit Gwendal. Il jeta un œil à Murata et Wolfram et ajouta, « Votre Altesse, si vous pouviez donner le journal à Wolfram, pour qu'il puisse le remettre là où il l'a trouvé. »

Wolfram fit un large sourire et tendit ses mains vers Murata. Il attendit patiemment que Murata lui donne le journal. Murata, d'un autre côté, ne voulait pas se séparer du journal. Il voulait le relire pour une bonne séance de rigolade. Il posa ses mains dessus et, avec réluctance, poussa le journal en travers de la table, vers Wolfram. Wolfram tira rapidement le journal vers lui.

« Que diriez-vous d'une dernière tournée de boissons avant d'aller au lit ? » proposa d'un coup Murata alors qu'il commençait à se lever.

Les autres occupants de la pièce jetèrent un œil à leurs verres toujours sur la table. La plupart des verres étaient presque pleins, puisque seulement quelques gorgées avaient été bues. Des 'non merci' furent entendus à travers la pièce. Murata était déçu. Il voulait faire durer la nuit encore un petit peu, pour pouvoir éventuellement récupérer le journal. Mais sa déception fut balayée quand Wolfram dit, « Je prendrais bien un verre de chaque Godiva pour finir la soirée. » Murata fut heureux d'obtempérer et conduit Wolfram jusqu'au bar.

Anissina se leva de table la première, et se dirigea vers ses inventions. Il avait été inutile de ramener les inventions depuis le laboratoire jusqu'ici pensa-t-elle. Il n'avait pas eu la possibilité de tester le 'Je-Te-Renifle-Et-Je-Te-Donne-Une-Réponse-Kun', et elle savait que cela aurait été un succès. Elle entendit les autres occupants de la pièce se lever de leurs chaises et elle se retourna rapidement. « Yozak, Conrad et Gwendal, j'ai besoin de votre aide à tous les trois pour ramener tout cela dans mon labo, » dit-elle en pointant du doigt ses inventions.

« Je dois aller dans mon bureau, demandes à Günter de t'aider, » grommela Gwendal.

« Il n'est pas en pleine forme ! » répondit-elle en ramassant le 'Je-Te-Renifle-Et-Je-Te-Donne-Une-Réponse-Kun' et en le tendant vers Gwendal. « Alors maintenant, arrêtes de jouer les bébés pleurnichards et apportes ça dans mon labo ! » Gwendal savait que discuter ne changerait rien face à cette femme, et abandonna donc. Il prit avec hésitation l'invention et la tint à bout de bras.

Yozak et Conrad s'étaient, pendant ce temps, approchés silencieusement et furtivement vers la porte. « Yozak ! Conrad ! Vous deux vous bougez le détecteur de l'amour, » ordonna Anissina. Les deux hommes baissèrent la tête, et suivirent la même voie que Gwendal : il valait mieux ne pas discuter. Ils se dirigèrent lentement vers le détecteur de l'amour. Ils placèrent tous les deux leurs mains dessus et entreprirent de le pousser hors de la pièce.

Murata et Wolfram contemplaient les personnes sacrifiées depuis le bar.

Celi et Günter sourirent tous les deux largement et se sentirent soulagés de ne pas avoir été appelés pour aider.

Anissina s'approcha de la porte et l'ouvrit. Conrad et Yozak poussèrent l'invention vers la sortie. La lourde invention glissa doucement sur le sol. Gwendal se décala pour les laisser passer, et pour se faire, il approcha de son corps l'invention qu'il portait pour que les deux autres hommes ne la percutent pas. Une fois que Yozak et Conad furent passés, Gwendal porta à nouveau l'invention à bout de bras.

Malheureusement, Gwendal ne remarqua pas que quand il avait rapproché le 'Je-Te-Renifle-Et-Je-Te-Donne-Une-Réponse-Kun' de lui, sa manche droite avait accroché un des leviers. Quand il étendit à nouveau les bras, le levier s'enclencha.

Le 'Je-Te-Renifle-Et-Je-Te-Donne-Une-Réponse-Kun', qui était resté endormi durant toute la journée, revint à la vie. Plusieurs lumières commencèrent à clignoter. Le museau commença à s'agiter. Et finalement, à la grande surprise de Gwendal, les jambes commencèrent à bouger. L'invention se mit à trembler violemment dans les mains de Gwendal. Ses yeux s'ouvrirent dix fois plus largement que d'habitude, sa bouche s'ouvrit en grand et il cria, « Haaaaaaaaaa ! »

Des têtes se tournèrent et des yeux sortirent de leurs orbites à la scène en face d'eux. Le 'Je-Te-Renifle-Et-Je-Te-Donne-Une-Réponse-Kun' se battait contre la prise de Gwendal et finit par l'emporter. Conrad se précipita pour aider Gwendal, mais il était trop tard. L'invention se dégagea des bras de Gwendal, vola dans les airs et se posa au milieu de la table. Conrad ne voulait pas s'approcher de l'invention, mais il avait un mauvais pressentiment. Il se rua vers le journal posé négligemment sur la table.

Anissina ferma rapidement la porte pour que l'invention ne s'échappe pas.

Yozak se lança vers l'invention, poussant Celi et Anissina sur le côté, cognant les verres qui étaient presque pleins d'alcools, et rata complètement le 'Je-Te-Renifle-Et-Je-Te-Donne-Une-Réponse-Kun'.

Wolfram et Murata, qui étaient toujours au bar, regardaient tout ce qui se passait. Ils virent Conrad manquer l'invention, Yozak se jeter par terre. Ils virent Günter voler dans les airs et atterrir dans un grand BOUM, renversant les verres au passge, à quelques millimètres de l », renversant les verres au passage, à quelques millimètres de l'invention. Ils virent à quel point le 'Je-Te-Renifle-Et-Je-Te-Donne-Une-Réponse-Kun' s'approcha rapidement du journal sans que personne ne puisse l'en empêcher. Et, Murata fit une traînée bleue se ruer vers le journal.

Wolfram se rua vers sa chaise quand il vit dans quelle direction l'invention folle se dirigeait, mais…

C'était trop tard !

Le nez du 'Je-Te-Renifle-Et-Je-Te-Donne-Une-Réponse-Kun' atteint le journal avant Wolfram, et il l'aspira, s'accrochant à lui comme une ventouse. Wolfram essaya de s'approcher, mais la machine fit rapidement marche arrière. Le nez fit tournoyer le journal dans les airs en lui faisant faire des huit. Il bondit sur un Günter affalé et sauta sur son dos, lui donnant l'élan nécessaire pour poursuivre sa course dans les airs. Usant des griffes sur ses jambes, il agrippa le lustre au-dessus de la table. Le lustre vacilla de façon inquiétante alors que l'invention y grimpait.

« ANISSINA, STOPPE CETTE CHOSE MAINTENANT ! » hurla Gwendal.

« Fais-le d'abord descendre et après je l'éteindrai ! » répliqua-t-elle.

Conrad, Yozak et Günter levèrent la tête vers le lustre. Yozak se releva et monta sur la table essayant d'atteindre le lustre. L'invention monta encore plus haut.

« Que personne ne bouge, » dit Anissina.

« ET COMMENT ON VA POUVOIR LE FAIRE DESCENDRE ! » cria Wolfram.

« Il descendra tout seul quand il aura fini de renifler le journal. Restez calme et ne faites pas de mouvements brusques, » répondit-elle.

Tout le monde retint son souffle et regarda la scène.

Le 'Je-Te-Renifle-Et-Je-Te-Donne-Une-Réponse-Kun' s'assit sur ce qui semblaient être ses jambes arrières. Avant ses deux jambes avant de libre, il tint fermement le journal et le libéra de son nez. Il commença à la renifler alors que tout le monde restait silencieux et le regardait. Il arrêta de le renifler et une de ses griffes libéra le journal. Celui-ci n'était plus tenu que par une seule griffe. Il commença à descendre lentement du lustre. Tout le monde laissa échapper un soupir de soulagement.

BANG ! La porte s'ouvrit en grand, poussant Anissina derrière elle. Cinq soldats firent éruption dans la pièce, épée dégainée. Ils avaient entendu le hurlement de Gwendal et étaient venu à sa rescousse. L'irruption des soldats ne fit qu'effrayer le 'Je-Te-Renifle-Et-Je-Te-Donne-Une-Réponse-Kun'. S'agrippant au lustre, l'invention terrifiée serra une fois encore fortement le journal.

RIIIIP ! Le journal fut déchiré en deux sous la poigne de la machine. Le nez commença à renifler les pages alors que les griffes hachaient les pages. Des morceaux de papiers volèrent dans l'air comme des confettis.

Wolfram cria, « NOOOOONNNNNNN, » alors que le journal de Yuuri était détruit.

Une fois que le 'Je-Te-Renifle-Et-Je-Te-Donne-Une-Réponse-Kun' eut fini de détruire le journal, il sauta dans les airs, atterrit sur la table et rebondit près de Wolfram. Le blond s'éloigna de l'invention quand celle-ci atterrit sur lui. Il tomba sur le sol. Les griffes de la machine agrippèrent son uniforme, et il commença à le renifler violemment.

Tous les soldats perplexes, l'espion, le sage, la mère, l'inventeur, et le conseiller royal regardèrent l'invention attaquer Wolfram. Yozak bondit hors de la table et se dirigea vers un des soldats qui venaient d'entrer dans la pièce. Il lui prit son épée des mains et courut secourir Wolfram. Il tendit l'épée comme une batte de base-ball sur son épaule. Quand il atteignit l'invention et sa victime, il frappa l'invention aussi fort qu'il le put avec l'épée.

CLANG !

L'invention vola dans les airs. Elle frappa le mur et glissa sur le sol. Etourdi, le 'Je-Te-Renifle-Et-Je-Te-Donne-Une-Réponse-Kun' secoua son nez et à nouveau, se rapprocha de Wolfram. Yozak courut vers la machine et abattit l'épée dessus. Il commença à lui donner plusieurs coups d'épée jusqu'à ce qu'elle explose. Les lampes, les leviers, les boutons, les rouages, les jambes, les griffes et le nez volèrent dans les airs. Ce qui restait du 'Je-Te-Renifle-Et-Je-Te-Donne-Une-Réponse-Kun' atterrit en morceaux dans la pièce.

En état de choc, personne ne dit un mot avant qu'Anissina ne sorte la tête de derrière la porte. « Qu'est-ce que tu as fait ! » cria-t-elle à Yozak. « TU AS DETRUIT MA PRECIEUSE INVENTION ! »

« QUOI ? IL A DETRUIT LE JOURNAL, » beugla Gwendal, en pointant le dit-journal déchiré.

« Oh, je n'ai pas vu ça, » dit Anissina. Elle ajouta nonchalamment, « Bon, donc c'est un échec ! »

…Shin Makoku…

…Temple de Shinou…

…Sanctuaire de Shinou…

« ULRIKE ! » cria Shinou.

Quelques secondes plus tard, Ulrike entra dans la pièce. Ce qu'elle vit la sidéra. Shinou était de taille normale, debout devant son globe. Son expression reflétait la peur. Il se tourna vers Ulrike et dit, « Il est mort ! »

Ulrike se tourna vers le globe, ne comprenant pas ce qu'elle voyait, « Je suis désolé, je ne comprends pas. »

« Le journal est mort. »

« Qu'est-ce qui s'est passé ? »

« L'invention de Lady Anissina a réussi à prendre le journal et à le déchirer en mille morceaux. »

« Oh non ! »

« Je crois que je préférerais me battre à nouveau contre Shoushou plutôt que de faire face au Roi Yuuri quand il découvrira ce qui est arrivé à son journal. »

« Je suis d'accord, » approuva Ulrike.

Shinou se redressa de façon rigide, ferma les yeux et se concentra sur l'atmosphère de la pièce. « Oh mince ! Il revient MAINTENANT ! »

A suivre

ET oui, encore une fin de chapitre très sadique ! Et le chapitre suivant sera le moment que vous attendez tous puisqu'il s'intitulera : Le retour du Maoh.

Je n'ai pas encore commencé la traduction du prochain chapitre, mais j'essayerai de le poster plus vite que celui-ci (j'essayerai, mais je ne promets rien).

En tout cas, j'espère que vous avez aimé ce chapitre. A la prochaine, et si vous avez du temps, laissez des reviews please !