Titre : Le journal
Genre : Humour/romance
Rating : T
Disclaimer : Rien n'est à moi sinon Yuuri et Wolfram se papouilleraient passionnément et Shori s'en irait dans une contrée perdue et ne reviendrait pas.
Blabla de la traductrice : Bonjour tout le monde. Désolé de ne vous proposer ce chapitre que maintenant. Je n'ai plus eu aucune motivation pour traduire et je l'ai retrouvée que récemment.
J'espère que ce chapitre sera à la hauteur de vos attentes. On y retrouve des complots, des menaces, une énorme dispute entre deux personnages que nous adorons et beaucoup de têtes ahuries^^.
Bonne lecture à tous.
Chapitre 26 : Quand tout le monde rencontre Angel
Un soleil magnifique s'était joyeusement levé sur Shin Makoku. C'était d'ailleurs le seul évènement joyeux qui s'était produit ce matin. Les animaux de ferme se cachaient dans leurs box. Les abeilles n'osaient pas sortir de leur ruche. Les oiseaux ne voletaient pas dans le ciel. Les poissons nageaient dans les profondeurs et abysses des rivières et des ruisseaux, n'osant pas nager près de la surface. Et, les oiseaux de Mauvais Présage volaient silencieusement dans le ciel, n'osant pas chanter leur traditionnelle chanson. La journée s'annonçait déjà de mauvais augure. Pourquoi lui apporter davantage de malchance ?
Inconscientes des intuitions de la nature, les prêtresses du temple s'étaient levées tôt, avec l'éclatant soleil. Elles avaient entamées leur routine matinale, enfin presque. Elles avaient eu des invités inattendus la veille au soir. Sa Royale Majesté était arrivée dans la nuit avec un ami terrien, et à la demande du Roi Originel, ils étaient restés au temple. Les prêtresses se demandaient combien de temps le Roi Yuuri resterait au temple. En fait, elles se questionnaient davantage sur combien de temps l'ami du Roi Yuuri resterait. Non seulement l'ami du roi était grand et beau, mais c'était un homme ! Récemment, le Grand Sage négligeait ses devoirs d'homme à tout faire. Elles avaient besoin d'un autre corps d'homme fraichement entretenu pour les basses besognes. Le roi était inaccessible, mais son ami ne l'était certainement pas.
Les prêtresses avaient réveillé Angel dès que le soleil s'était levé. Elles lui avaient préparé un délicieux petit déjeuné. Angel était très impressionné par leur hospitalité. Quand il eut fini son somptueux repas, l'une des prêtresses du temple s'était timidement (sournoisement) approchée avec un marteau dans la main, un visage désolé, suçotant son pouce, et demandant innocemment, « Excusez-moi Lord Angel, mais pouvez-vous m'aider ? J'essayais d'enfoncer un clou dans un mur, et je me suis cogné le pouce à la place. » Elle sanglota. Angel prit pitié de la belle prêtresse et accepta de l'aider. Il était un gentleman après tout. Il la suivit jusqu'au mur en question. Alors qu'ils marchaient, ils passèrent devant d'autres prêtresses, qui envoyaient au pauvre homme de curieux sourires. Sans qu'il ne le voit, les prêtresses ne cessaient d'envoyer des clins d'œil à leurs complices.
Yuuri avait, quant à lui, été réveillé par un discret coup à la porte de sa chambre. Ulrike était entrée, et l'avait informé que Lord Waltorana von Bielfeld arriverait dans une heure. Il se lava rapidement, mais prit son temps pour s'habiller. Il décida d'enfiler une de ses nouvelles tenues. Il voulait faire bonne impression, et avoir l'air mature. Il voulait être pris au sérieux comme un adulte. Il choisit la première veste qu'il avait achetée à Versace. Et, au lieu de porter ses habituelles baskets ou chaussures marron, il choisit sa nouvelle paire de chaussures en cuir. Il se contempla dans un petit miroir qui était accroché au mur. Il sentit que quelque chose n'allait pas avec son apparence. Il déboutonna les premiers boutons de sa veste et sa chemise, exposant son pendentif bleu. En regardant à nouveau dans le miroir, il semblait plus détendu et confiant, mais il n'était toujours pas satisfait. Il décida d'essayer autre chose. Il ferma les yeux et se concentra sur son maintien. Il raidit son dos et ses épaules comme Conrad, s'imagina aussi grand que Günter, et pensa à la posture de Gwendal. Il jeta un autre coup d'œil au miroir, et cette fois-ci, il sourit satisfait. Il avait l'air bien plus royal et imposant.
Yuuri rencontra Gisela dans la salle à manger pour le petit déjeuné. Il jeta un œil aux alentours et se demanda où était Angel. Gisela remarqua l'air interrogatif de Yuuri et dit, « Je crois que les prêtresses ont enrôlé Angel et Ulrich. »
« Que voulez-vous dire ? »
« Je pense que, puisque le Sage n'a pas été présent récemment, les prêtresses font faire tous les travaux manuels à Angel et Ulrich. Et, si je puis me permettre, j'aime beaucoup votre nouveau look. » Gisela avait l'air impressionnée.
« Merci pour le compliment, et je suis content qu'elles ne m'aient pas mis le grappin dessus pour faire les basses besognes, » ajouta Yuuri en s'asseyant avec Gisela. Il commença à manger son petit déjeuné. Lui et Gisela discutèrent un peu jusqu'à ce qu'une prêtresse n'entre et ne leur informe que Waltorana était arrivé.
Waltorana descendit de sa calèche et s'avança vers les portes du temple. Aux premières heures de la matinée, il avait été réveillé par un messager du temple et avait été très étonné du contenu du message. Sa présence était requise au Temple de Shinou avant d'aller au Château du Serment du Sang, sans aucune autre explication. Sur le chemin du temple, il s'était demandé pourquoi il avait été convoqué là-bas. Maintenant, il était debout devant les portes du temple. Étonnement, excitation, curiosité et appréhension bouillonnaient en lui. Les portes s'ouvrirent lentement pour le laisser entrer, lui uniquement, dans le domaine de Shinou. Une prêtresse s'inclina et l'accueillit dans le temple.
Il suivit la prêtresse le long de larges corridors jusque dans la cour intérieure du temple. Là, il vit Gisela, une guérisseuse, un grand et beau jeune homme avec des yeux verts comme le jade (qui était bizarrement habillé d'ailleurs) et un autre homme qui lui tournait le dos. Ce qui le surprit le plus fut l'homme qui était dos à lui. Il était tout de noir vêtu et dégageait une autorité certaine. Au début, il pensa que c'était le Sage, mais la façon dont se tenait cette personne rappelait plus le Maoh. Mais, ça ne pouvait pas être lui non plus, puisqu'il l'avait vu quelques jours auparavant avec un style plutôt insouciant. Le costume que portait cette personne n'était pas la tenue habituelle du Maoh. En plus, il savait que le Maoh ne rentrerait que plus tard dans la journée. Waltorana s'approcha du groupe alors que l'homme en noir se tournait lentement vers lui.
Waltorana était stupéfié. Devant lui se tenait bien le Maoh. Waltorana tenta de cacher sa surprise, mais Yuuri le remarqua fièrement. « Votre Majesté, c'est un plaisir de vous voir, » commença Waltorana. Yuuri était-il en mode Maoh ?
« Bonjour Waltorana, je suis content que vous ayez reçu mon message avant que vous n'arriviez au château. » Yuuri s'avança royalement vers le noble et tendit la main pour le saluer.
Fébrilement, Waltorana la lui serra. « Je dois admettre que je ne m'attendais pas à vous saluer ici, Votre Majesté. » En lui serrant la main, il remarqua plusieurs choses. Les yeux de Yuuri étaient normaux et ronds, son discours était informel, et son sourire était le fameux charmant sourire un peu benêt. A l'exception de la tenue et de l'atmosphère qui entourait Yuuri, le jeune homme en face de lui était définitivement le « gamin ». Waltorana se détendit un peu.
« J'ai décidé de rentrer plus tôt, et en fait je suis arrivé hier soir. Je devais discuter d'un sujet important avec Shinou, » répondit Yuuri.
« Je vois, alors je peux supposer que vous êtes au courant pour la réunion de la Table Ronde. »
« Oui, et je suis content que vous l'ayez organisée. Je dois discuter de plusieurs points avec les chefs des familles de nobles. » Yuuri fit un grand sourire à Waltorana.
« Et bien, alors je suis heureux que cette réunion ait été planifiée. »
« Je suis vraiment content que vous l'ayez planifié. » Yuuri insista bien sur le mot « vous ».
Waltorana s'éclaircit la gorge. « Je suppose que c'est vous qui m'avez fait convoqué ici. »
« Oui, c'est moi. Si ça ne vous dérange pas, votre calèche nous conduira jusqu'au château. J'aimerais discuter d'un sujet avec vous en privé. » répondit Yuuri.
Angel s'approcha du duo et l'interrompit, « Votre Majesté, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je voyagerais avec Gisela. »
Yuuri se tourna vers Angel et s'exclama, « Je suis vraiment désolé. Où sont mes manières ? ». Puis, il se tourna vers Waltorana et déclara. « Lord Waltorana von Bielfeld, je vous présente mon ami, le Docteur Angel Ferrer Hidalgo. »
Angel tendit la main vers le noble et dit, « C'est un honneur de vous rencontrer. » Waltorana serra la main d'Angel en répondant, « De même. Et, est-ce une erreur de supposer que vous êtes un mazoku de la Terre et un guérisseur ? »
« Non, c'est tout à fait ça, » assura Angel, assez impressionné que Lord von Bielfeld ait remarqué ses origines par une poignée de main.
Waltorana se tourna vers Yuuri, « Votre Majesté, c'est la première fois qu'un mazoku de la Terre vient ici, avec bien sûr l'exception de Lord Shori. »
Yuuri se gratta l'arrière de la tête et dit, « Hummm…c'est exact, maintenant que vous le dites. Mais, il y a une très bonne raison à cela. »
« Je suis impatient d'entendre vos explications quand nous serons en route pour le château. » Ca allait être un voyage plutôt intéressant pensa Waltorana.
Yuuri voyageait dans l'élégante calèche de Waltorana. Ils étaient suivi par le simple attelage médical de Gisela.
« Alors Votre Majesté, de quoi vouliez-vous parler ? »
« Et bien, de deux choses, » commença Yuuri, puis il poursuivit. « La première chose est que j'aimerais décider d'un héritier pour le trône. »
« Excusez-moi ? » dit Waltorana. Ce n'était pas un sujet auquel il s'attendait venant de la bouche du roi.
Yuuri se mit à rire, « Et bien, vous voyez il s'est produit quelque chose sur Terre, et ça m'a fait réfléchir. Si quelque chose m'arrivait, comme un crash d'avion, qui montrait sur le trône ? Ne règnerait-il pas le chaos et les nobles ne se diviseraient-ils pas comme la dernière fois? » Waltorana montra son accord en hochant la tête. Yuuri poursuivit, « Donc, j'y ai beaucoup réfléchi et je veux nommer Wolfram comme mon successeur. Il est le seul en qui j'ai confiance pour poursuivre ce que je veux comme futur pour Shin Makoku. »
La bouche de Waltorana était légèrement ouverte. Il ne savait pas trop quoi dire. Pour la première fois depuis vraiment très longtemps, il était à court de mots. Son esprit carburait pour trouver quoi dire, mais la seule chose qu'il réussit à prononcer fut, « UHHHHH ? Avion ? Wolfram ? »
Yuuri sourit. « Je sais que c'est une sacré surprise, après le duel et tout le reste, mais oui. Wolfram est le meilleur choix. Et donc, j'aimerais votre appui. »
Waltorana reprit contenance. « Je ne pense pas qu'il sera difficile de convaincre les autres nobles, à l'exception de… »
« Stoffel ! »
« Correct. »
Yuuri ajouta, « Il n'aime vraiment pas ses neveux. Gwendal ne fait que l'ignorer. Il n'aime pas Conrad parce que il est à moitié humain, comme moi, et il ne peut pas supporter Wolfram, car Wolf a la tête trop dure pour être influencé par lui et parce qu'il laisse voir ses sentiments. »
« Exactement, » approuva Waltorana. « Puis-je supposer que vous ne pouvez pas, vous non plus, être influencé par Lord von Spitzweg ? »
Yuuri lui sourit machiavéliquement. « Je le mets dans la même catégorie que Saralegui, bien que je considère Sara comme un bon ami. C'est pour cela que vous avez demandé une réunion à la Table Ronde ? Pour être sûr que je ne perde pas la tête et que je fasse des choses stupides sur ordre de Sara ? »
Une fois de plus, Waltorana s'éclaircit la gorge. Le « gamin » devenait-il vraiment plus astucieux, plus royal ? « Je dois avouer que c'est bien pour cette raison. Après ce qui s'est passé la dernière fois, je veux rassurer les familles de nobles en leur assurant que vous nous consulterez d'abord, pour le bien de Shin Makoku. »
Yuuri sourit alors qu'une des idées de Shori traversait son esprit. « Sara arrivera demain. Puisque nous ne savons pas exactement pourquoi il vient, je pense que ce serait une bonne idée que les dix nobles soient présents lors de notre entrevu. Après cela, pour que tout le monde puisse mieux le connaitre, j'organiserai une …une réception. L'excuse pourrait être…Le Maou veut faire la fête ! »
Waltorana sourit et dit en riant, « C'est une excellente idée. Mais, pourquoi ne pas dire que c'est une réception pour le Roi Saralegui ? »
« Et bien, parce que, à l'origine la réception n'était pas pour Sara. En fait, je voulais la faire pour autre chose, » répondit Yuuri. Il s'agita un peu.
« Quelle était la raison de cette fête ? » demanda Waltorana, remarquant que le roi devenait nerveux.
Yuuri ouvrit son sac à dos et prit deux sachets étanches. L'un contenait un parchemin plié et l'autre une petite boite. Il ouvrit le sachet contenant le parchemin, le sortit et le tendit à Waltorana. « C'était la deuxième chose dont je voulais discuter avec vous, » précisa Yuuri.
Waltorana déplia le parchemin et le lut. Après l'avoir lu au moins trois fois, il demanda, « Vous allez le signer, n'est-ce pas ? Vous devez le signer ! »
Yuuri jeta un œil perplexe à Waltorana. Le noble voulait qu'il le signe ? Waltorana remarqua la confusion de Yuuri, alors il expliqua, « Si vous ne le signez pas, et que l'on apprend que vous avez refusé la requête de Wolfram, alors les nobles penseront que vous voulez choisir Wolfram comme successeur simplement parce que vous avez des sentiments pour lui. Si vous le signez, alors l'engagement est officiellement annulé, et la raison pour laquelle vous choisissez Wolfram pour être votre successeur n'est pas à cause d'une histoire de sentiments, mais une réflexion stratégique et politique. »
Yuuri prit la parole, « En fait, je pensais le signer, et que lors de la réception, je m'engagerais avec lui officiellement ! » Il sourit nerveusement.
« Ne pensez pas un seul instant à le demander en mariage ! » dit gravement Waltorana.
« Pourquoi ? »
« D'abord, les nobles penseront que l'annulation était une ruse pour leur faire accepter de choisir Wolfram comme héritier. Deuxièmement, et c'est le plus important, vous deux êtes trop jeunes pour vous marier. Voulez-vous vraiment vous marier d'ici l'année prochaine ? »
Yuuri fut surpris de l'attitude de Waltorana. Le noble ne voulait-il pas mettre la main sur le trône ? « Je ne comprends pas. Je croyais que vous aimiez l'idée que Wolfram et moi soyons engagés, » avoua Yuuri.
Waltorana jeta un œil à Yuuri et remarqua quelque chose. « Dites-moi Votre Majesté, vous êtes amoureux de mon neveu, n'est-ce pas ? »
Yuuri rougit et hocha la tête. Il était extrêmement embarrassé que Waltorana ait vu clair dans ses sentiments.
Waltorana commença à rire et secoua la tête. « Alors, laissez-moi vous expliquer. » Il soupira et dit, « Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles vous ne devriez pas demander mon neveu en mariage aussi vite. D'abord, je peux supposer qu'il est votre premier vrai amour, et j'espère celui qui durera jusqu'à la fin de votre très longue vie. Deuxièmement, vous et lui êtes vraiment trop jeunes pour vous marier. Si vous le demandez en mariage demain soir, alors les nobles et les citoyens de Shin Makoku s'attendront à un mariage dans l'année. Je ne pense pas que tous les deux vous soyez près à vous marier avant plusieurs années. »
Yuuri l'interrompit, « Je ne veux pas me marier aussi vite, mais pourquoi tout le monde penserait que nous nous marierions dans l'année ? Nous avons été fiancés pendant trois ans et personne n'a remis sur le tapis cette histoire de mariage, sauf Wolfram. »
« C'est parce que tout le monde savait que c'était un accident. Ce n'était pas voulu. Une erreur de votre part en somme. »
« Oh, je vois. Mais, il y a déjà eu de longues fiançailles ! »
« Effectivement, mais c'était pour des mariages arrangés. Aucun de ces engagements n'était mis en place quand les sentiments étaient concernés, tout spécialement les engagements royaux. Il y a une autre raison pour laquelle je ne veux pas que Wolfram soit marié si jeune, » ajouta Waltorana.
« Laquelle ? » demanda Yuuri.
« Wolfram est trop jeune pour devenir Consort. Cela le détruirait. Quelle est la plus grande passion de Wolfram ? » questionna Waltorana.
Yuuri se gratta l'arrière de la tête, réfléchit et répondit, « A part de me surnommer mauviette, tricheur, et de ma chasser dans tout le château avec une boule de feu à la main, je dirais sa fierté et son envie d'être un soldat. »
« Exactement, » déclara Waltorana. « S'il se mariait avec vous maintenant, il devrait abandonner ses fonctions de soldat et devenir votre Consort. Il devrait s'occuper de tâches mondaines quotidiennes, comme la gérance du château, et vous accompagner où que vous alliez, être votre ombre. Il ne serait plus autorisé à être un soldat, ce qui est sa passion. Ce serait comme l'enfermer dans une cage. »
Yuuri commençait à comprendre ce que voulait dire Waltorana. Celui-ci poursuivit, « Pourquoi pensez-vous que les mariages de Celi ont échoués ? » Yuuri jeta un coup d'œil septique au noble. « Le père de Gwendal était plus vieux que Celi quand ils se sont mariés. Il était à la tête du territoire des von Voltaire à ce moment-là. Sebastian a d'abord déménagé au Château du Serment du Sang, mais après quelques années, il s'est lassé de son rôle de consort. Vous voyez, Sebastian était un commandant et était autoritaire, un peu comme Gwendal. Pouvez-vous imaginer Gwendal toujours dans l'ombre du Maoh, particulièrement quand Stoffel a une si grande influence sur Celi ? Ils ont fini par divorcer. »
Yuuri écoutait attentivement l'histoire des échecs maritaux de Celi. C'était la première fois que quelqu'un parlait de Celi et du passé des trois frères. « Quelques années plus tard, Celi a rencontré Sir Weller. C'était un homme d'action, et le meilleur épéiste de son temps. Il était très beau ! Ils sont tombés amoureux et se sont mariés. Mais Dunheely était, comme je viens de le dire, un homme d'action, un aventurier. Après quelques années, il devint mécontent de son rôle de consort. Il était constamment surveillé parce qu'il était humain. Beaucoup ne lui faisaient pas confiance, spécialement Stoffel, et finalement, il ressentit lui aussi trop de pression, de contraintes et d'enfermement à être le consort du Maoh. Et donc, il partit pour retrouver la liberté, pour marquer son nom dans l'histoire, et pour fuir l'infernale vie mondaine qu'il suivait. »
Yuuri était maintenant très intrigué de découvrir davantage d'informations sur les maris de Celi. Waltorana poursuivit. « Des années plus tard, Celi rencontra Willerich, mon frère. Ils tombèrent amoureux et se marièrent rapidement. »
Yuuri l'interrompit, « Mais, Lady Celi était encore mariée au père de Conrad ! »
« Un détail ! Même si Celi et Dunheely n'ont jamais divorcé, les nobles ont pris comme excuse que, puisque Dunheely était parti, ils avaient divorcé. »
« Je vois »
« Quoiqu'il en soit, quand Celi et mon frère ont décidé de se marier, notre père n'était pas content. Il connaissait la personnalité de Willerich. C'est un soldat, un savant, et encore une fois un aventurier. Il ne peut jamais rester en place. Il est toujours en cavale à la recherche d'anciens artéfacts qui appartenaient à tel ou tel Maoh. Quand il revient, de ses expéditions, il enseigne l'histoire et l'archéologie à l'académie. »
Yuuri se mit à imaginer le père de Wolfram dans la peau d'Indiana Jones. Waltorana poursuivit sa leçon d'histoire. « Quoiqu'il en soit, Père savait que ce mariage ne durerait pas. Il a essayé de raisonner Willerich, mais comme Wolfram, mon frère était trop têtu pour l'écouter. Dans une ultime tentative pour empêcher ce mariage, Père a déshériter Willerich, mais ça n'a rien donné. Et, comme l'avait prédit notre père, le mariage ne dura que quelques années. Malheureusement, Père mourut avant que le mariage ne s'achève comme les deux autres et Willerich finit sans héritage. C'est pour cela que Wolfram ne possède aucune terre et n'a pas de sceau. J'aime profondément mon neveu et j'essayerai de faire ce qui est bon pour lui. Je ne peux pas l'autoriser à se marier maintenant. Je ne veux pas que votre mariage se finisse comme ceux de Celi.
Yuuri réfléchit aux révélations de Waltorana. Il comprenait ce que le noble voulait dire. Il se sentait acculé. S'il signait l'annulation de fiançailles, Wolfram s'en irait-il ? Quand le reverrai-t-il ? Yuuri se tourna vers Waltorana et demanda : « Je connais Wolfram. Si je signe cette annulation, il pourrait s'en aller. Je ne veux pas qu'il parte, même si récemment il a pris ses distances vis-à-vis de moi. Avez-vous une idée pour le convaincre de rester ?
« C'est très simple. Même si vous ne serez plus fiancés, vous pouvez publiquement lui offrir quelque chose qui annoncera vos intentions futures. »
Le visage de Yuuri s'éclaira. Il sortit la longue boîte de son sac plastique et la tendit à Waltorana. « Est-ce que vous pensez que ça fera l'affaire ? »
Waltorana ouvrit la boîte et ses yeux sortirent presque de leurs orbites. « C'est magnifique ! Et ce présent indiquera clairement vos intentions. Quand vous lui aurez offert ce cadeau, les autres familles de nobles sauront que vous courtiserez Wolfram de façon exclusive. Bien que vous ne soyez pas fiancés, ils ne vous présenteront aucun autre prétendant. En plus, vous leur transmettrez un autre message : même si Wolfram est votre successeur, il n'est ni votre fiancé, ni votre mari. Il sera peut-être votre consort dans le futur, mais rien n'est encore officiel. » Il rendit le document d'annulation et la boîte à Yuuri.
Waltorana jeta un œil par la fenêtre. « Nous arrivons au château et il semblerait que d'autres personnes arrivent également. »
Yuuri regarda par la fenêtre et vit les autres nobles et leurs domestiques. Un sourire machiavélique naquit sur son visage. « Est-ce que vous pourriez aller les saluer en premier ? Je pense qu'une arrivée théâtrale serait de circonstance puisqu'ils ne savent pas que je suis déjà de retour. Et si Günter vous voit arriver avec moi, il en fera une crise cardiaque.
Waltorana ne put s'empêcher de rire d'un air démoniaque à cette idée. « Et Gwendal se mettra à tricoter avec ses doigts. »
Le carrosse s'arrêta devant les marches conduisant à l'entrée principale de château.
Wolfram s'était réveillé par un coup de coude de sa mère. Il ouvrit les yeux et vit Celi debout devant lui, puis le noir absolu. Elle venait de couvrir ses yeux avec deux morceaux de légumes. « Mère, qu'est-ce que c'est ? » dit-il en essayant de retirer les bouts de légumes de ses yeux, mais Celi l'en empêcha.
« Ce sont des rondelles de concombre. Le concombre est un excellent remède contre les yeux fatigués. Je veux que tu aies la meilleure allure possible aujourd'hui. »
Wolfram émit un grognement. « Oui, Mère.» Quand elle commençait à parler beauté, il était inutile de protester.
Après que Celi se fut assuré que Wolfram avait l'air impeccable, ils allèrent dans la salle à manger pour le petit-déjeuné. Wolfram prit un repas rapide avec le reste de sa famille, Günter, Anissina, Murata et Yozak. Quand ils eurent tous fini de manger, ils restèrent assis patiemment et silencieusement, attendant que Greta quitte la pièce. Après ce qui sembla être une éternité, Greta se leva enfin de sa chaise et annonça : « Je pense que Greta va aller à la bibliothèque pour que les adultes puissent discuter de je-ne-sais-quoi. » Un des adultes toussa.
Dès que Greta eut fermé la porte derrière elle, Celi dit : « Maintenant, nous pouvons fignoler les détails de l'opération 'sauvons nos fesses' ! »
« D'où vient ce nom ? » demanda Gwendal.
« En fait, c'était mon idée, Commandant, » annonça Yozak.
« Conrad déteint sur toi, » fit remarquer Wolfram.
« Et bien, je suis content d'entendre ça, » dit Conrad.
« Conrad, je ne pense pas que ce soit un compliment. » dit Günter.
« Il déteint aussi sur Mère, » murmura Wolfram à Murata. Murata pouffa de rire.
« Mère, pouvez-vous continuer s'il vous plaît ? » demanda Gwendal en se massant la tempe gauche.
« Arrête de froncer les sourcils Gwendal ! Comment espères-tu attirer une belle et jeune femme avec ces froncements de sourcils à répétition ? » dit Celi.
« Oui Mère »
« Bon, je vais poursuivre, » enchaîna Celi. « Son Altesse et Anissina vont continuer à restaurer le journal. Wolfram va attendre Sa Majesté près de la fontaine. Conrad et Yozak, vous vous assurerez que le bureau de Sa Majesté reste inaccessible en utilisant la peinture d'ours-abeille. Gwendal et Günter, vous irez saluer Waltorana quand il arrivera. Assurez-vous qu'il ne rencontre pas Yuuri – j'en ai assez de l'appeler Sa Majesté – jusqu'à la réunion de la Table Ronde. Une fois Yuuri arrivé, ce sera à Wolfram de le distraire. Wolfram doit s'assurer qu'il ne signe pas l'annulation et qu'il ne s'approche ni de son bureau, ni du laboratoire d'Anissina. Puis, Gwendal et Günter, vous parlerez à Yuuri de la réunion à la Table Ronde et le préparerez à ce qui pourra lui être jeté à la figure. Voyons voir, quoi d'autre… »
« Je crois que nous nous sommes occupés de tout. » dit Conrad.
Gwendal demanda alors : « Conrad, est-ce que la chaise a été enlevée ? »
« Elle a été enlevée la nuit dernière. Mais, il y a un petit problème. Il semble qu'on ne puisse enlever ni les menottes sur les accoudoirs, ni celles sur les pieds. J'ai bien peur qu'elles ne soient liées par un sort. »
« Günter, est-ce que tu pourras les enlever ? » questionna Gwendal.
Günter répondit doucement : « Je pense en être capable, et est-ce que vous pourriez parler moins fort s'il vous plaît ? » Günter souffrait toujours des séquelles de la nuit précédente.
Tout le monde remarqua enfin que Günter avait l'air d'un homme qui a la gueule de bois.
« Günter, tu n'as pas l'air bien, » fit remarquer Anissina.
« Günter mon cher, passe par ma chambre tout à l'heure, et je te donnerai un de mes remèdes contre la gueule de bois, » proposa Celi. Günter était sur le point de décliner l'invitation, mais il regarda attentivement Celi. Elle avait l'air parfaitement bien. Peut-être devrait-il essayer. « Je viendrai. »
La réunion et le petit-déjeuné s'achevèrent. Tout le monde se dirigea vers leurs obligations respectives. Günter suivit Celi jusque dans sa chambre où elle lui donna un remède de très mauvais goût. Il ne savait pas ce qui était le pire, la gueule de bois ou le remède. Deux minutes plus tard, il décida que le mal de tête était le pire. Le médicament commençait à faire effet. Quand il rejoint Gwendal, la gueule de bois cessa d'exister.
D'abord, Gwendal et Günter se dirigèrent vers la Table Ronde pour jeter un œil à la chaise du roi. Après avoir examiné la chaise, Günter défit le sort sur les menottes et ils purent facilement les enlever. Puis, ils allèrent dans le bureau de Gwendal pour attendre l'arrivée de Waltorana.
Conrad et Yozak allèrent voir où en était la redécoration du bureau de Yuuri. Ils entrèrent dans le bureau et trouvèrent un soldat portant une des inventions d'Anissina – 'Masque-Qui-Eloigne-Les-Mauvaises-Odeurs-kun'. Leur visage pâlit quand ils sentirent l'odeur. Ils fermèrent la porte et se ruèrent à l'extérieur pour un bon bol d'air pur.
Anissina et Murata retournèrent au laboratoire. Anissina, avec l'aide de Murata, avait inventé le 'Papier-Collant-Que-Tu-Ne-Peux-Pas-Voir-kun'. Ils essayaient maintenant de relier le journal qui était devenu un puzzle de 1426 pièces. Trouver des morceaux de papier qui se reliaient était presque impossible, mais ils savaient qu'ils devaient reconstituer le journal…sinon, ils étaient morts.
Wolfram s'arrêta d'abord aux bains prendre des serviettes pour l'arrivée de Yuuri. Puis, il se dirigea vers la fontaine où Yuuri allait arriver. Il plaça les serviettes sur le bord de la fontaine et il commença à faire les cents pas. Tout en marchant, il essaya quelques discours pour quand il serait face à Yuuri. Le premier était d'accueillir Yuuri avec un grand sourire. Un autre était de s'excuser pour son attitude irréfléchie. Une troisième idée lui vint : sauter dans la fontaine, faire un tacle à Yuuri, trouver l'annulation et la détruire. Une quatrième idée fit son chemin dans son esprit. Cette idée le fit rougir. Tacler Yuuri et lui donner un baiser fougueux. Il préférait de loin la dernière idée.
Un soldat toqua à la porte de Gwendal et entra dans le bureau. Le soldat informa Gwendal et Günter que le carrosse de Lord von Bielefeld s'approchait des portes du château avec les carrosses des autres nobles. Gwendal congédia le soldat, se tourna vers Günter et dit, « Et bien, il semble qu'ils aient décidé d'arriver à l'avance. »
« Ça peut être favorable ou non, » dit Günter. « Ils peuvent distraire Waltorana pour nous, ou Waltorana peut les influencer. Il faut juste que nous nous assurions de parler de la pluie et du beau temps avant la réunion de la Table Ronde. »
« Et s'assurer que Wolfram éloigne le Roi des nobles le temps que nous le briefons, » ajouta Gwendal.
Les deux hommes quittèrent le bureau et se dirigèrent vers l'entrée principale du château. Sur le chemin, ils rencontrèrent Conrad et Yozak. Les quatre hommes arrivèrent à l'entrée au moment où les carrosses entraient dans la place du château.
Le premier attelage à s'arrêter fut celui de Lord Stoffel von Spitzweg suivi par Raven à cheval. Dès que le carrosse se fut arrêté, Raven bondit de son cheval et ouvrit la porte. Puis, il aida Stoffel à descendre. Stoffel jeta un œil circulaire, et les premiers mots qui sortirent de sa bouche furent, « Où est notre jeune et précieux Roi ? »
Gwendal répondit, « Comme vous le savez déjà sans doute, il est rentré dans son monde natal et ne sera de retour que plus tard dans la journée. »
« Quel moment mal choisi pour retourner dans son monde d'origine quand une réunion à la Table Ronde est demandée, » répondit Stoffel.
« Ce qui est mal choisi, c'est de demander une réunion à la Table Ronde après qu'il soit parti, » répliqua Günter. Günter et Stoffel eurent un rire faux. Stoffel se dirigea vers l'entrée du château avec l'excuse de trouver sa sœur. Ravel suivit Stoffel, comme à son habitude.
Le carrosse suivant arriva. Lord Densham von Karbelnickoff et Mr. Rooster en sortirent. Mr Rooster s'échappa des bras de Densham et fonça vers le laboratoire d'Anissina. Densham courut après lui. Gwendal se massa les tempes. Juste ce qu'il lui fallait : Anissina, Rooster et le journal dans la même pièce. (J'avoue que je n'ai pas tout compris à ce paragraphe. Rooster ça signifie un coq, mais je ne vois pas ce que ça fait là. J'ai raté un épisode de la série où quoi ?)
Lors von Rodford et Lord von Gyllenhall arrivèrent après Lady Roshvall. Les trois nobles décidèrent d'attendre l'arrivée du dernier attelage.
Gwendal et Günter virent arriver le carrosse et remarquèrent qu'il était suivi d'un petit attelage. Günter sourit largement en reconnaissant l'attelage médical de sa fille. Il remarqua qu'elle n'était pas seule. Un bel étranger était assis à côté d'elle. Ils parlaient tout les deux et souriaient légèrement. Il ignora le carrosse qui venait de passer devant lui et se dirigea vers sa fille pour la saluer. Le carrosse se stoppa devant l'entrée. La porte s'ouvrit et Lord von Bielefeld descendit. Il salua les nobles, Conrad et Yozak depuis les marches du carrosse et demanda, « Où est mon neveu Wolfram ? »
Gwandal eut un sourire en coin, « Il est à la fontaine pour y attendre Sa Majesté qui doit revenir de son monde d'origine. Mais, je suis sûr que vous saviez tout ça. »
« C'est un endroit ridicule pour attendre Sa Majesté alors que… » Waltorana se décala sur le côté et…
« PERE ! » Gisela cria en voyant son père s'évanouir.
Toutes les têtes se tournèrent pour voir Günter étendu par terre. Puis ces mêmes têtes se retournèrent vers le carrosse quand une voix dit, « Et bien voilà ce que j'appelle une entrée théâtrale! Qu'est-ce qui ne va pas avec Günter ? » Yuuri était sorti du carrosse quand Gisela avait crié.
« VOTRE MAJESTE ? » Yozak ne put s'empêcher de crier. Conrad restait enraciné au sol. Gwendal se dit qu'il allait avoir un arrêt cardiaque. Conrad regarda Yozak. Yozak regarda Conrad. L'œil gauche de Gwendal eut un tic. « Surprise ! » s'exclama Yuuri.
« Je l'ai pris avec en passant au Temple, » dit Waltorana. Il vit Gwendla commencer à tricoter avec ses doigts. « Nous avons eu une conversation très plaisante en venant ici. »
« Hé, où est Wolfram ? » demanda Yuuri.
Gwendal se tourna vers Yozak et murmura, « Wolfram, MAINTENANT. » Yozak partit en courant. Puis, Gwendal se tourna vers Yuuri et demanda, « Quand êtes-vous arrivé Votre Majesté ? »
« Nous sommes arrivés la nuit dernière dans le Lac Tegan. Gisela nous a trouvé, et nous sommes allés au Temple. Nous sommes restés là-bas pour la nuit, » répondit Yuuri.
« Je suis désolé, vous avez bien dit 'nous', Lac Tegan, Temple ? » demanda Gwendal.
« Oh oui, laissez-moi vous présenter mon ami. Je l'ai amené ici depuis la Terre, » dit Yuuri en allant chercher le dit-ami.
Gisela et Angel étaient agenouillés près de Günter quand Yuuri s'approcha. Il tapota l'épaule d'Angel. « Il va bien ? » demanda Yuuri en s'agenouillant près d'Angel. Günter commençait à reprendre ses esprits, leva la tête, vit Yuuri près d'Angel et s'évanouit à nouveau.
« Je vais m'occuper de mon père, » dit Gisela, « Votre Majesté, vous feriez mieux d'y aller et de saluer les autres nobles. »
Yuuri se leva et dit, « Viens Angel. Je vais te présenter à tout le monde. » Les deux hommes laissèrent Günter aux bons soins de Gisela.
Les nobles et Conrad virent Yuuri revenir avec un bel étranger. « Désolé tout le monde. Je voudrais vous présenter mon ami de la Terre. » Angel s'avança près de Yuuri. Celui-ci commença les présentations. « Lady von Roshvall, Lord von Radford, Lord von Gyllenhall, Lord von Voltaire et mon parrain Lord Conrad Weller. » Angel sourit et fit un signe de tête aux personnes présentes. « Tout le monde, je voudrais vous présenter le Docteur Angel Ferrer Hidalgo ! » annonça Yuuri avec un sourire fier.
Le tricot ne permettait pas de libérer suffisamment de stress pour Gwendal à cet instant. Conrad envisagea sérieusement d'apprendre à tricoter.
Yozak courait vers la fontaine où Wolfram attendait. « WOLFRAM ! » hurla Yozak. Wolfram se tourna pour voir Yozak se ruer vers lui. « Qu'est-ce qu'il y a Yozak ? » demanda Wolfram. Comment Yozal allait-il lui expliquer ça avec tact ? « Votre oncle est arrivé et vous feriez mieux de venir le saluer. Maintenant ! »
Humph ! « Dit à mon oncle que j'attends Yuuri. »
« Et bien justement. Vous n'avez pas à attendre le Maoh. »
« Bien sûr que je dois l'attendre. C'est mon devoir ! »
« Ce que j'essaye de dire, c'est qu'il est déjà là. »
« QUOI ! »
« Il vient juste d'arriver avec votre oncle ! »
« QUOI ? Quelle mauviette ! » Et Wolfram se rua vers l'entrée principale. Yozak courut derrière lui.
Ils coururent au travers des couloirs slalomant entre domestiques et soldats. L'un d'eux se demanda même si un feu ne s'était pas déclaré. Wolfram et Yozak firent une halte brutale juste avant de s'encastrer dans Conrad. La seule chose que put penser Conrad quand il vit Wolfram fut, 'Oh merde !'
« Bouge de mon chemin Weller, » dit Wolfram en essayant de passer à côté de Conrad. Conrad le prit par le bras et dit, « Wolf écoute-moi ! Quoiqu'il se passe, je veux que tu restes calme. Pense que tu n'es pas au milieu d'un champ de bataille. Ne prends rien personnellement. Pense comme un soldat et non comme un gamin ! Compris ? »
Wolfram jeta un œil à son frère. Pourquoi Conrad lui disait-il quelque chose comme ça ? Conrad ne l'avait jamais considéré comme un gamin. Wolfram hocha la tête. « Très bien. »
« Promis ? »
« C'est promis ! » répondit Wolfram. Conrad libéra le bras de Wolfram. Celui-ci le dépassa. Conrad ordonna à Yozak, « Yozak, va chercher le Sage et amène-le avec toi. »
« Bien sûr capitaine. Quelle est l'urgence ? »
Conrad ferma les yeux. « Pas le temps de t'expliquer. Je vais chercher Mère. » Et il courut à la recherche de sa chère mère. Yozak haussa les épaules et partit chercher le Sage.
Wolfram atteignit l'entrée. Avant de sortir du château, il défroissa ses vêtements, et fit courir ses doigts dans les cheveux. Il espérait avoir l'air présentable devant Yuuri. Son cœur se mit à tambouriner dans sa poitrine en pensant à ce qu'il allait dire à son fiancé. Il fit un pas sur le seuil de la porte. Il vit Yuuri debout à côté d'un homme qu'il ne connaissait pas. Son sourire faiblit. Qui était cet homme qui se tenait vraiment trop près de Yuuri ? Il se souvint de ce que Conrad lui avait dit. Il se força à sourire alors qu'il allait dehors et commençait doucement à descendre les marches.
Yuuri vit Wolfram venir vers eux avec le sourire. Yuuri était soulagé de le voir sourire. Il se dit que Wolfram ne devait plus être en colère contre lui. Yuuri se dirigea vers lui alors qu'il atteignait la dernière marche. « Hey Wolf, comment ça va ? » demanda Yuuri. Il sourit aussi largement que possible.
« Tout va bien Yuuri. J'aimerais te parler en privé, » répondit Wolfram. Il continua de sourire, et fit quelque chose qu'il jurerait n'avoir jamais fait. Il pencha la tête, et battit des cils discrètement et lentement. Yuuri se demanda ce qui n'allait pas avec les yeux de Wolfram. « Oh, bien sûr. Tu as quelque chose dans les yeux ? » dit Yuuri.
Wolfram attrapa la main de Yuuri et commença à le trainer avec lui. « Parfait. Allons discuter ! »
« Attends Wolfram, » dit Yuuri en le stoppant. « Je voudrais te présenter un de mes amis. Il vient de la Terre ! » Yuuri amena Wolfram près d'Angel.
Wolfram détailla l'étranger en face de lui. Gwendal grogna silencieusement. Günter resta inconscient.
« Wolfram, j'aimerais te présenter mon bon ami, le Docteur Angel Ferrer Hidalgo. Angel, voici Lord Wolfram von Bielefeld. »
Wolfram cligna des yeux une fois. Puis, une seconde fois. Cette mauviette avait bien dit Angel Ferrer Hidalgo ? Cet idiot aurait ramené son amant depuis la Terre ? Quel tricheur cria Wolfram dans son esprit ! Wolfram se passa la main dans les cheveux alors que l'étranger tendait sa main vers lui pour le saluer. Voilà donc ce que Conrad essayait de lui dire. Il fallait qu'il contrôle son humeur qui commençait à dangereusement s'enflammer. Agit comme un soldat ! Pas comme un gamin !
Angel avait été très impressionné par tous ces magnifiques hommes et femmes qu'il avait rencontrés quand il était arrivé au château. Il n'arrivait pas à croire que Günter, avec son apparence éthérée, soit le père de Gisela. Il s'interrogea sur la raison de son évanouissement quand on l'avait présenté. Puis, Yuuri l'avait présenté aux autres nobles, mais il avait été encore plus impressionné quand il avait vu le jeune homme blond descendant les marches. Il avait vu de magnifiques garçons avant, mais aucun ne pouvait être comparé à ce jeune homme. Le blond avait des traits féminins, mais était 100% masculin dans sa démarche, son attitude, et ses manières. Il vit Yuuri s'approcher du blond et l'amener vers lui. Yuuri le lui présenta comme Lord Wolfram von Bielfeld. Alors c'était lui le 'Wolf' de Yuuri. Il tendit la main pour le saluer, quand il remarqua que Wolfram passait sa main dans ses cheveux et lui jetait un regard froid. « Je suis désolé, ai-je bien entendu votre nom ? Angel Ferrer Hidalgo ? » demanda Wolfram.
« Oui, c'est mon nom, » répondit Angel.
« Vous avez un nom intéressant, » poursuivit Wolfram avec un sourire poli, tout en se plaçant devant Yuuri. 'Yuuri est à moi, créature inférieure ! Prépare-toi à mourir !'
« Merci. Le votre est également intéressant, » dit Angel. 'Qu'est-ce que c'est que ce geste de possession envers Yuuri ?'
« Vous savez combattre à l'épée ? » demanda Wolfram. 'Je vais te découper en deux, puis je m'occuperai de ce sale tricheur !'
« Oui, un peu, » répondit Angel. 'Tu veux savoir si je sais manier l'épée ?'
« Parfait ! Plus tard, il faudra que vous veniez sur le terrain d'entrainement et nous échangerons quelques coups amicaux. » ' Je vais te découper en tranches et en dés, Monsieur le moins-que-rien.'
« C'est entendu. Je serais honoré de croiser le fer avec vous ! » répondit Angel. 'Je ne sais pas ce qui se passe, mais aucune chance que tu puisses battre un médaillé d'or olympique.'
Wolfram et Angel se sourirent. L'un voulait carboniser l'autre, tandis que l'autre n'avait aucune idée de ce qui se passait. D'un autre côté, Yuuri se dit qu'ils allaient tous devenir de très bons amis. Il était heureux que Wolfram soit cordial avec Angel. Ce dernier stoppa le dialogue en disant, « Si vous voulez bien m'excuser, je ferais mieux d'aller voir si Gisela a besoin d'aide. »
Yuuri demanda, « Qu'est-ce qui s'est passé avec Günter ? »
Angel haussa les épaules, « Je ne sais pas. La minute d'avant, Gisela nous présentait, et juste après il s'est effondré sur le sol. »
Wolfram jeta un œil vers Gisela. Il vit la guérisseuse aider Günter qui était allongé au sol. Wolfram n'était pas surpris que Günter se soit évanoui. Il sortit de ses pensées en entendant quelqu'un l'appeler. Il se tourna vers la voix. « Mon oncle ! » dit-il. Il avait complètement oublié qu'il était là.
Waltorana s'approcha et serra son neveu dans ses bras. « Ca fait un moment que je ne t'avais pas vu. Comment vas-tu ? » Il libéra Wolfram de son étreinte.
« Je vais bien mon Oncle. Et vous ? »
« Ca va. Nous devrions prendre le temps de discuter plus tard dans la journée. Il y a plusieurs sujets que j'aimerais aborder avec toi. »
« Très bien mon oncle. Je serai à votre disposition. » Pendant que Wolfram continuait de parler à son oncle, Yuuri resta près de lui
Conrad retourna vers l'entrée principale avec Celi, Stoffel et Raven. Il avait été incapable de mettre sa mère au courant à propos d'Angel puisque Stoffel et Raven étaient restés avec elle. Cependant, il l'informa de l'arrivée de Yuuri, ce qui prit Stoffel par surprise. Stoffel courut dans les escaliers et accueillit Yuuri avec enthousiasme. Conrad jeta un œil circulaire pour trouver Angel et le vit aider Gisela avec Günter. Conrad prit sa mère par le bras et la conduisit près d'Angel.
Olala, pensa Celi, quel bel homme ! Elle voulait absolument faire connaissance avec ce magnifique jeune homme. Elle se demanda s'il était célibataire et s'il serait intéressé pour partir en croisière. Elle se libéra de la prise de Conrad, et se mit face au bel étranger. « Bonjour ! Je suis Cecilia von Spetzweg. Mais, vous pouvez m'appeler Celi ! » Elle tendit la main pour un baise-main.
Angel détailla la magnifique femme en face de lui. Wow ! D'où venait-elle ? Il prit sa main et y déposa un baiser. « My Lady, je suis Angel Ferrer Hidalgo. »
« Hum, » Le sourire de Celi se figea sur son visage. Avait-elle bien entendu ? Angel ? Pourquoi le gamin qui avait un très mauvais timing et qui était sensé être leur roi avait-il amené son amant ici ? Son sourire diminua. « Vous vous appelez Angel ?! Quel nom charmmmmmant. »
« Merci, my Lady, le votre l'est également, » répondit Angel. Il remarqua que le sourire de Celi avait faibli quand il avait dit son nom. Il se passait quelque chose d'étrange. Elle était la troisième personne, non, la cinquième personne à avoir une réaction étrange après qu'il ait été présenté. D'abord avec Günter qui s'était évanoui. Puis, Gwendal qui les avait regardés, lui et Yuuri, sévèrement. Conrad qui avait posé la main sur la garde de son épée. Wolfram qui était resté sur la défensive et l'avait provoqué en duel. Et finalement Celi qui avait changé d'attitude.
« Je suppose que vous avez déjà rencontré mes fils ? » demanda Celi.
Angel fut surpris. Cette femme avait des enfants ? « Je suis désolé. Je n'ai rencontré aucun enfant. »
« Ce ne sont plus des enfants. Ce sont des hommes ! » Elle tira Conrad vers elle. « Voici Conrad Weller mon second fils. Il est aussi beau que son père et tout comme lui, c'est un grand escrimeur. Je dirais qu'il est actuellement le meilleur escrimeur. Personne ne peut se mesurer à lui ! » Elle tapota le torse de Conrad. Ce dernier envoya un sourire satisfait à Angel. Elle montra Gwendal de la main. « Ce grand et bel homme aux cheveux charbons et aux yeux bleus, celui en uniforme vert, est mon fils ainé Lord Gwendal von Voltaire. Il est le général des armées de Shinmakoku et un puissant mazoku qui contrôle la terre. Il peut enterrer des personnes instantanément ! » Puis, elle montra Wolfram et Yuuri. « Et cet adorable jeune homme près de Sa Majesté est mon plus jeune fils et le FIANCE de Sa Majesté ! Il est le capitaine de la garde Bielefeld, un excellent escrimeur, et plus important, le meilleur magicien qui contrôle le feu. Je n'aimerais pas être prise dans un de ses lions de feu. Et, comme je vous l'ai dit, je suis Celi von Spetzweg, le précédent Maoh ! »
Angel ne savait pas quoi dire. Elle avait listé les capacités de chacun de ses fils. Elle n'avait proféré aucune menace, mais c'était tout comme. Il se demanda s'il avait fait une maladresse culturelle. Peut-être y avait-il quelque chose d'insultant dans son nom ? Il entendit quelqu'un tousser derrière lui. Günter tenait maintenant sur ses deux jambes. Son attitude libre était devenue stoïque. « Je dois m'excuser auprès de vous, » annonça Günter à Angel.
« Vous excuser pour quelle raison sir ? » demanda Angel.
« Pour vous avoir inquiété quant à mon état. Laissez-moi me présenter à nouveau. Je suis Lord von Christ, le conseillé et le tuteur de Sa Majesté. Je suis également l'ancien professeur d'escrime de Lord Weller. »
Conrad ajouta, « Il est le seul qui ait réussi à me battre en duel. »
Angel était un homme patient, mais assez avec les discussions sur l'escrime. Ils semblaient insinuer qu'il ferait mieux de surveiller ses arrières. Donc, il fit ce que n'importe quel escrimeur avec un minimum de fierté ferait. « J'apprécierais de connaitre votre opinion d'expert concernant un certain point. Si vous voulez bien me laisser vous montrer quelque chose, » dit-il et il se dirigea vers l'arrière de l'attelage médical. Celi, Conrad et Günter le suivirent. Tous se demandaient ce qu'il voulait leur montrer.
Gisela était déjà à l'arrière de l'attelage, occupée à décharger les bagages. Elle avait confié son matériel médical à des gardes et leur avait ordonné de l'amener à l'infirmerie. Elle allait donner des affaires de Yuuri à d'autres gardes quand Angel s'approcha.
Angel prit silencieusement deux longues boites et les ouvrit. Ni Conrad, ni Günter ne s'étaient attendus à cela. Les boites contenaient plusieurs épées. Elles étaient toutes de longueur et de largeur différente. Angel prit l'épée qu'il avait prêtée à Yuuri la nuit précédente et la tendit à Günter. Günter la prit. « C'est une épée magnifique. Le travail du forgeron est remarquable. Je peux supposer que vous savez manier l'épée non ? » Conrad détailla l'épée du regard. C'était vraiment un chef d'œuvre.
« Et bien, j'ai déjà pratiqué l'escrime auparavant, et nous verrons ce que je vaux devant un vrai guerrier. Lord Wolfram et moi-même allons avoir un duel amical plus tard dans la journée. J'ai remarqué son épée. Pensez-vous que celle-ci aura une chance contre la sienne ? Comme vous le voyez, j'en ai plusieurs que je peux choisir, » dit Angel. Conrad ferma les yeux. Il avait fallu que Wolfram le défit – bon, au moins il n'avait pas rôti vivant le médecin.
Günter replaça l'épée dans sa boite et dit à Angel, « Celle-ci devrait convenir. Il faut également que je vous prépare une chambre, » En même temps, Günter se demandait dans quelle partie du donjon il pourrait caser Angel et espérait que Wolfram donnerait une bonne leçon à ce démon.
Angel ferma les boites. « Merci pour votre gentillesse Lord von Christ. Si cela ne vous embête pas, pourrais-je avoir une chambre près de l'infirmerie ? » demanda Angel.
« Près de l'infirmerie ? » répéta Günter. Qu'est-ce que ce monstre avait en tête ? Voulait-il être près de l'infirmerie pour pouvoir créer d'autres potions diaboliques ?
« Si cela ne vous gêne pas bien sûr. Comme vous le savez, je suis médecin, et j'aimerais étudier le maryoku médical. Je pense, non, je sais que Lady Gisela serait un professeur extraordinaire, » répondit innocemment Angel.
Gisela s'approcha. « Il y a une chambre très confortable près de l'infirmerie. Vous pouvez l'utiliser Angel, » dit-elle.
Günter réfléchit à cette proposition. Peut-être n'était-ce pas une mauvaise idée de mettre ce démon de l'autre côté du château, le plus loin possible de son merveilleux roi. Et en plus, Gisela pourrait garder un œil sur chaque mouvement de ce démon de médecin. Elle pourrait même découvrir quelle potion d'attraction il a utilisée sur Sa Majesté ! « Très bien, si c'est ce que vous désirez. Gisela s'occupera de vous. » Il se tourna vers sa fille et dit, « Ma chère fille, si ça ne dérange pas, pourrions-nous discuter plus tard dans ma chambre – en privé ? »
« Bien sur Père »
Puis, quelque chose frappa Günter alors qu'il allait partir. Il se retourna vers Angel et demanda, « Excusez-moi, vous avez dit que votre nom de famille était Ferrer Hidalgo. Y a-t-il une relation avec l'alcool Hidalgo ? »
Angel sourit largement, « Oui, dans la famille du côté de ma mère, les Hidalgo produisent des sherrys ! »
« Vraiment, j'ai goûté un vieux sherry Hidalgo hier. C'était excellent. »
« C'est un alcool très coûteux et rare. » Angel se tourna vers l'attelage et rechercha une boite. Quand il la trouva, il la donna à Günter. « J'ai amené une bouteille d'une cave spéciale, qui est très rare. Les Hidalgo n'en produisent que quelque unes chaque année, les laissent vieillir de nombreuses années, et ne les donnent qu'à la famille et aux membres de la haute société. Je pense que vous apprécierez ce sherry particulier. »
Günter jeta un regard à la boite. Il n'arrivait pas à croire qu'il recevait un cadeau si extraordinaire. « J'accepte votre présent avec plaisir Sir Ferrer Hidalgo. » Peut-être l'homme en face de lui n'était pas aussi mauvais que ça.
« Angel, juste Angel c'est bien. Je n'ai pas de titre lié à mon nom, ni lord, ni sir. Ce serait mon père plutôt. Vous pouvez m'appeler Docteur si vous voulez, » dit Angel.
Celi s'aggripa au bras d'Angel et dit, « Pourquoi ne me parleriez-vous pas de votre famille Docteur ? »
Angel s'apprêtait à protester quand Gisela dit, « Je vais mettre vos affaires dans votre chambre, et ceux de Sa Majesté dans la chambre royale.
Celi tira Angel vers l'entrée principale. Günter et Conrad les suivirent. Ils virent que Yuuri était toujours à côté de Wolfram et Waltorana. Yuuri se tourna vers eux et leur fit signe de les rejoindre. Ils s'exécutèrent.
« Günter, comment te sens-tu ? » demanda Yuuri.
« Je vais bien Votre Majesté. Merci de me le demander, » répondit Günter. Il était prêt à se jeter sur Yuuri quand il se souvint de ce que Yuuri avait écrit. Donc, il s'empêcha de le serrer dans ses bras.
Yuuri sentit que quelque chose était bizarre. Günter ne s'était pas jeté sur lui et ne l'avait pas étranglé en le câlinant. C'était étrange. Peut-être était-ce parce que les autres nobles étaient présents, et que Günter avait décidé d'agir comme un vrai noble. Quoiqu'il en soit, il avait quelque chose à dire. « Vous savez quoi, nous organisons toujours des bals pour telle ou telle raison, mais nous n'avons jamais eu de fête improvisée. Et bien, puisque tous les nobles et Angel sont là, et que Sara sera là demain, j'aimerais organiser une réception. »
« Un bal ? Comme un bal de bienvenue en l'honneur d'Angel et de Saralegui ? » demanda Günter.
« Non, pas vraiment. Plutôt une fête informelle. Vous savez, pour que les gens puissent faire plus ample connaissance. Nous pourrions l'appeler – Le Maoh veut faire la fête! »
« Je pense que je comprends Yuuri, » dit Celi. « Vous voulez juste une réception informelle, avec de la nourriture légère et beaucoup de boissons une fête pour que les invités se mélangent et discutent; pas de dîner, pas de danses officielles, et pas de vêtements formels. Plutôt un moment sympathique ensemble. »
« Exactement ! Vous et Günter pourriez-vous organiser ça ? »
« Bien sûr que nous pouvons, et peut-être que votre invité voudra nous donner un coup de main également ? » Celi regarda sa proie à laquelle elle s'agrippait férocement et fit un faible sourire suppliant à Yuuri. Yuuri sourit en retour. Il savait que Celi allait essayer d'obtenir des informations sur Angel. Il dit à Angel, « Je pensais que tu voulais discuter avec Gisela de ses herbes médicinales. »
« Oui, c'était mon intention, » dit Angel avec enthousiasme.
Celi resserra se prise. « Oh ! Ca a l'air si ennuyeux. Vous venez avec moi ! » Elle s'apprêtait à traîner Angel vers les marches du château quand…
« Shibuya ! »
Yuuri se retourna et vit Murata descendre les marches, suivi de Yozak. « Hey Murata ! »
« Je pensais que tu ne reviendrais que plus tard ! » dit Murata.
« Je voulais rentrer plus tôt, et me voilà. Qu'est-ce que tu fais là ? »
Les lunettes de Murata luirent. « J'aide Anissina avec une de ses nouvelles inventions. » Les yeux de Yuuri sortirent presque de leurs orbites. « Ne t'inquiète pas Shibuya. Je la supervise. Elle a juste besoin d'un coup d'œil objectif. Tout va bien. »
« Si tu es sûr que c'est sans danger…En tout cas, j'aimerais te présenter un de mes amis. » Yuuri se tourna vers Angel et dit, « Murata, voici le Docteur Angel Ferrer Hidalgo. »
Heureusement, les lunettes de Murata reflétaient le soleil si bien que personne ne vit ses yeux sortir de ses orbites. Yozak dut se retenir de siffler bruyamment. « Angel, voici Ken Murata et Yozak Gurrier. »
Angel tendit la main pour les saluer. Murata reprit ses esprits, (personne ne remarqua qu'il avait été en état de choc) et serra la main d'Angel en disant, « Je suis très heureux de vous connaitre. Il faudra que nous discutions ensemble quand vous serez disponible. »
Angel et Yozal se serrèrent également la main.
Günter commença à dire, « Je vais préparer des chambres pour les nobles… »
« Mon oncle Waltorana peut rester dans ma chambre, » proposa Wolfram.
Günter hocha la tête et s'en alla pour préparer les autres chambres en entrainant les nobles avec lui.
Avant que Celi ne puisse emmener Angel, Yuuri demanda, « Pouvez-vous tous, je veux dire, Celi, Gwendal, Conrad, Waltorana et Wolfram, me rejoindre dans mon bureau ? Disons dans trente minutes. »
« Oh, je suis désolé mon chéri, mais j'ai ordonné qu'on redécore votre bureau, » annonça Celi.
« Mon bureau était très bien, » protesta Yuuri.
« Mon cher, c'était un bureau morne et ennuyeux. J'ai ordonné qu'on le repeigne dans un magnifique ton jaune ! »
« Quand a-t-on commencé à peindre ? »
« Ce matin, » répondit Conrad.
« Et bien la peinture devrait être sèche pour cet après-midi. N'est-ce pas ? »
« Je crains que non Yuuri, » dit Wolfram. « Mère voulait utiliser la meilleure peinture possible. Et, bien sûr, tu sais quelle est la meilleure peinture. »
« La peinture d'ours-abeilles, » conclut Yuuri. Il avait envie de pleurer. « Je ne pourrai pas utiliser mon bureau pendant des jours, des semaines, des mois ! »
« N'exagère pas mauviette. »
« Vous pouvez utiliser mon bureau en attendant, » proposa Gwendal.
Yuuri n'était pas vraiment impatient de passer du temps avec les peluches de Gwendal. « Merci Gwendal. Donc, nous nous retrouverons dans le bureau de Gwendal d'ici trente minutes. Maintenant, je vais aller voir Greta. »
« Shibuya, tu veux que je vienne également ? » demanda Murata.
« Pas besoin Murata. Mais, il faut que tu viennes à la réunion de la Table Ronde cet après-midi, » ordonna Yuuri.
« Ok, j'y serai, » acquiesça Murata. Il était surpris que Yuuri lui ait ordonné d'assister à la réunion. Il se demanda pourquoi sa présence était requise. Il réfléchit aussi aux sujets qu'avaient abordés Yuuri et Waltorana durant le voyage jusqu'au château. Et plus que tout, il se demanda pourquoi Angel était là et qui il était. Il avait dit que Shibuya était imprévisible et il avait raison.
« Je viens avec toi Yuuri, » annonça Wolfram.
Yuuri se tourna vers Wolfram et dit, « Tu devrais passer du temps avec ton oncle. » Yuuri jeta un œil à Waltorana. Ce dernier plaça une main sur l'épaule de Wolfram et dit, « Montre-moi ta chambre Wolfram. » Wolfram sentit que, d'une manière ou d'une autre, Yuuri et Waltorana avaient discuté de leur engagement.
Trente minutes plus tard, Yuuri, Wolfram, Celi, Conrad, Waltorana et Gwendal se retrouvèrent dans le bureau de Gwendal. Yuuri était parti voir Greta. Wolfram avait conduit son oncle jusqu'à sa chambre personnelle qu'il n'utilisait plus. Celi avait du libérer Angel de son étreinte. Conrad et Gwendal discutaient à propos d'Angel et de Yuuri. Leur conclusion fut qu'il fallait arranger une conversation privée avec les lecteurs du journal.
Yuuri s'assit sur la chaise de Gwendal après lui avoir demandé la permission. Gwendal la lui accorda de façon temporaire. Yuuri sortit un sachet plastique. Wolfram reconnut immédiatement ce qu'il y avait à l'intérieur. Il devait garder son sang-froid.
« Yuuri, à propos de ce que j'ai écrit sur ce stupide parchemin, pourquoi ne l'oublies-tu pas ? » dit Wolfram.
« Pourquoi devrais-je l'oublier ? » demanda Yuuri.
« Parce que j'ai écrit ça alors que j'étais en colère contre toi et pour aucune raison en plus, » répondit Wolfram d'une voix douce.
Wolfram venait de dire qu'il avait été en colère sans raison – cela agaça Yuuri. « Et bien tu aurais du y penser avant d'écrire ce document. Tu t'es énervé sans aucune raison ! Je suis fatigué de tes crises de jalousie ! »
Wolfram passa en mode défensif, « Et bien, je suis désolé Yuuri, que tu le crois ou non ! »
Yuuri ferma les yeux, « Je sais que tu es désolé, mais je pense que c'est mieux comme ça. Je veux en finir avec cet engagement accidentel. »
Conrad, Celi et Gwendal bondirent en protestant. Ils disaient qu'il ne devrait pas faire ça. Que Wolfram avait juste été stupide et impulsif. Que Wolfram était le seul obstacle face aux plans de Stoffel. Qu'il y aurait des prétendants dans tous les coins, etc, etc… Waltorana ne dit rien. Wolfram resta inhabituellement silencieux, bien que ses yeux étaient enflammés.
« CA SUFFIT ! » cria Yuuri. « J'en ai déjà discuté avec Waltorana et il est d'accord avec moi. J'ai pris ma décision. »
« Et bien va-y et signe-le sale mauviette ! Je ne veux pas être fiancé à quelqu'un qui n'est rien de plus qu'un tricheur ! »
« Je ne suis ni un tricheur, ni une mauviette ! Arrête de m'appeler comme ça ! »
« Si, tu l'es ! »
« Non, je ne le suis pas ! »
« Et sur Terre alors ? Ne me dis pas que tu penses que je ne suis pas au courant. Tu as quelqu'un de spécial là-bas ! »
« Je n'ai personne de spécial sur Terre ! Tu sais ça ! Gamin ! »
« TRICHEUR ! »
« GAMIN ! »
« MAUVIETTE ! »
« PRINCE EGOISTE ! »
« Laisse-moi le dire en des termes simples pour que ton petit cerveau puisse comprendre. IDIOT ! »
Yuuri déroula le parchemin et le signa avec agacement. En le signant, il sentit une partie de son cœur se déchirer, mais il savait qu'il faisait le bon choix.
Alors qu'il écrasait violemment sa plume sur le bureau, Wolfram saisit l'annulation. Wolfram le regarda d'un air furieux. Yuuri déglutit et annonça, « Wolfram, je t'ordonne de rester ici. Tu ne quittes pas le château sans un ordre de ma part. »
Wolfram serra les dents. « Ha ! Comme si j'allais partir ! J'ai plus de fierté que ça. Je ne vais pas m'enfuir quelque part et bouder. Je ne boude pas. Toi oui ! Pas moi ! En plus, il faut que je pense à Greta. Rappelle-toi qu'elle est également ma fille ! » Wolfram tourna les talons et sortit en trombe du bureau. Conrad et Celi le suivirent.
Yuuri dut crier une dernière chose, « JE NE BOUDE PAS ! »
Silence.
« Et bien, ça s'est plutôt bien passé, » fit remarquer Waltorana.
« Je suis d'accord, » approuva Yuuri.
« Waltorana, je pensais que vous aimiez l'idée que Wolfram et Sa Majesté soient fiancés, » dit Gwendal d'un air sarcastique.
« Pour être honnête, c'est vrai. Mais après ma conversation avec Sa Majesté, nous en sommes venus à la conclusion que c'était la meilleure chose à faire. »
Gwendal sentit un énorme mal de tête pointer le bout de son nez. Peut-être devrait-il partir et suivre une thérapie.
« A quelle heure se déroule la réunion à la Table Ronde ? » demanda Yuuri.
« Quand vous le voudrez, » répondit Gwendal.
« Ok, pourquoi pas après le déjeuné ? »
« J'en informerai les autres, » assura Gwendal.
Yuuri se leva de sa chaise et quitta le bureau. Waltorana le suivit, mais fut stoppé par Gwendal.
« Waltorana, à quel jeu jouez-vous ? »
Waltorana sourit et répondit, « La vérité est que je ne joue à aucun jeu. Je ne fais que suivre les consignes que m'a données Sa Majesté. »
« Dites plutôt que vous l'avez influencé. »
« Absolument pas ! Il m'a dit sur la route vers le château qu'il avait décidé de signer l'annulation, m'a expliqué ses raisons et m'a demandé mon avis. Après avoir entendu tout ce qu'il avait à dire, je suis tombé d'accord avec lui. Et quand vous entendrez ce qu'il a à dire à la réunion de la Table Ronde, vous serez aussi d'accord avec lui. Le seul problème sera Stoffel. Je pense que nous pourrons convaincre les autres nobles de nous suivre. »
« De quoi avez-vous parlé tous les deux ? » demanda Gwendal.
Waltorana aimait cette position, lui sachant tout et pas Gwendal, « Vous devrez attendre la réunion pour le savoir. » Gwendal lui jeta un regard mauvais. « Ne vous inquiétez pas Lord von Voltaire. Ce dont nous discuterons sera à notre convenance, et Stoffel n'appréciera pas. » Waltorana quitta le bureau.
Gwendal se demanda ce que manigançaient Yuuri et Waltorana. Il conclut que ce devait être quelque chose d'important. Si c'était quelque chose de suffisamment important pour que Waltorana se range du côté de Yuuri, alors Yuuri avait sagement agi. Il se dit même que ça devait être tellement important que Yuuri voulait avoir Waltorana dans sa poche. Mais, plus important encore, depuis quand Yuuri faisait-il preuve de stratégie ?
Fin de matinée – Jour 1
A suivre
Hé ben dis donc. Ce chapitre a été extrêmement difficile à traduire.
Avant que vous ne me le demandiez, je ne sais pas quand je traduirai le chapitre 27. La raison est simple, l'histoire originale s'arrête pour l'instant au chapitre 27 et je ne veux pas rattraper l'auteur. Cela fait plusieurs mois qu'elle n'a pas posté de suite, mais elle n'a pas dit qu'elle abandonnait l'histoire alors patience tout le monde.
En tout cas, j'espère que ce chapitre vous a plu.
A bientôt pour de nouvelles aventures.
