Titre : Le journal
Genre : Humour/romance
Rating : T
Disclaimer : Rien n'est à moi sinon Yuuri et Wolfram se papouilleraient passionnément et Shori s'en irait dans une contrée perdue et ne reviendrait pas.
Blabla de la traductrice : Tout d'abord, je m'excuse à vous tous chers lecteurs. Ca fait des siècles que je n'ai rien posté. Mais avant de me jeter des objets à la figure, je tiens à dire que j'ai une bonne excuse. L'auteur de cette fic n'a toujours pas publié la suite de l'histoire. Elle s'est arrêtée à ce chapitre-ci et a juste publié une toute petite partie du chapitre 28 pour donner un avant-goût de la suite. Donc, malheureusement après ce chapitre, je vais être obligée d'attendre qu'elle publie le chapitre 28 en entier avant de commencer à la traduire. Ou alors, je traduirai ce qu'elle a déjà posté, je ne sais pas encore.
Voilà pour les mauvaises nouvelles. Maintenant, sur une note plus joyeuse, j'ai adoré ce chapitre. Yuuri est trop drôle et Wolfram trop mignon.
Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture !
Chapitre 27 : Réunion à la Table Ronde
Yuuri se dirigeait vers sa chambre. Avant la réunion où il avait rompu ses fiançailles, il était parti à la recherche de Greta. Quand il l'avait finalement trouvé dans les cuisines, il avait juste eu quelques minutes pour la serrer dans ses bras. Il lui avait demandé d'aller dans sa chambre et de l'y attendre. Yuuri était sur le point d'ouvrir la porte quand il entendit, « CETTE MAUVIETTE IMBECILE ! » Ah oui, c'est vrai ! Wolfram était là, piquant une crise de colère. Yuuri laissa échapper un soupir exaspéré, et se cogna le front contre la porte à plusieurs reprises. Maintenant, il devait gérer le prince colérique qui piquait sa crise en face de leur fille. Il ouvrit doucement la porte et jeta un coup d'œil.
Greta était assise sur le lit, un air inquiet sur le visage. Wolfram était près de la penderie, y prenant et jetant des vêtements n'importe où. Yuuri entra et ferma silencieusement la porte derrière lui. « Wolfram, qu'est-ce que tu fais ? » demanda Yuuri.
Wolfram se tourna et fit face à Yuuri. « Qu'est-ce que j'ai l'air d'être en train de faire ? »
« On dirait que tu jettes des vêtements hors de l'armoire. »
« Je déménage idiot ! »
« Pourquoi ? » demanda innocemment Yuuri. Il ne comprenait pas pourquoi Wolfram déménageait.
Wolfram en lâcha le vêtement qu'il tenait dans ses mains. Il ne savait pas s'il devait rire ou pleurer de la naïveté de Yuuri. « Votre Majesté, avec tout le respect que je vous dois, et au fait j'aime bien ton nouveau look, comment pouvez-vous être aussi stupide ? »
« Oh merci, pour le commentaire sur le look pas pour la partie stupide, et je ne suis pas STUPIDE ! Alors, pourquoi est-ce que tu déménages ? »
« Votre Majesté… »
« Arrêtes de m'appeler Votre Majesté ! C'est Yuuri ! »
« Très bien Yuuri. » Wolfram se tourna vers Greta qui était restée silencieuse tout ce temps. Il lui lança un regard mélancolique. Puis, il se mit en face de Yuuri et dit, « Parce que nous ne sommes plus fiancés. »
« Quoi ! » cria Greta.
Les deux jeunes mazokus se tournèrent vers Greta avec des expressions coupables. Puis, ils s'entre-regardèrent comme si ça allait mieux faire passer la nouvelle. Wolfram leva les sourcils et croisa les bras. Yuuri baissa la tête et se retourna vers Greta. Il fit quelques pas et annonça, « Wolfram a demandé à rompre l'engagement. »
Wolfram ajouta, « Et Yuuri a saisi cette chance, comme le tricheur qu'il est, et a accepté. »
Greta secoua la tête. Il regarda Wolfram et dit, « Pourquoi est-ce que tu as demandé de rompre l'engagement ? » Avant que le blond n'ait pu répondre, elle demanda à Yuuri, « Pourquoi est-ce que tu as accepté ça ? » Elle croisa les bras et fronça les sourcils. Elle commençait à être franchement en colère contre ses pères. Ils étaient bêtes ou quoi ?
Wolfram répondit à sa première question. « J'étais en colère contre Yuuri pour son attitude pendant le bal. J'étais tellement énervé que je ne réfléchissais pas correctement, et j'ai écrit cette annulation de nos fiançailles. Quand j'ai réalisé mon erreur, je me suis mis à chercher ce document pour le détruire. Mais, cette mauviette l'avait sur lui, et il l'a SIGNE ! »
« Arrêtes de m'appeler MAUVIETTE ! »
« Arrêtez de vous hurler dessus ! » cria Greta. Yuuri et Wolfram se turent. Elle se tourna vers Yuuri, attendant sa réponse.
« Et bien, je…j'y ai réfléchi pendant plusieurs jours, et j'ai décidé que c'était la meilleure chose à faire pour différentes raisons. »
« Et ses raisons sont… ? questionna Greta. Wolfram eut un petit sourire satisfait. Il voulait aussi connaître ses raisons.
« Il y a plusieurs raisons, dont je ne peux pas discuter maintenant. Mais crois-moi quand je te dis que ce sont des raisons tout à fait légitimes. Je pense que vous serez tous les deux vraiment heureux du dénouement. »
« Et quand est-ce qu'on connaîtra ces raisons ? » demanda Greta.
« Je peux t'en dire une tout de suite. Il y un amant sur Terre ! » s'écria Wolfram.
« Je – n'ai – pas –d'amant – sur – Terre ! » grogna Yuuri.
Greta ne put faire qu'une chose, elle roula des yeux. Ils n'allaient pas avancer s'ils n'arrêtaient pas de se disputer. Elle décida de jouer la carte de la culpabilité sur eux. Elle fit la moue, commença à gémir et dit entre de faux sanglots, « Est-ce que vous êtes toujours mes papas ? »
Les deux pères coupables répondirent, « Bien sûr que oui. Ne pleure pas. »
« D'accord ! » dit Greta. Elle faisait suffisamment confiance en Yuuri pour savoir que a) il aimait Wolfram, b) il avait une sacré bonne raison pour rompre les fiançailles, et c) Yuuri allait tout faire rentrer dans l'ordre.
Les deux pères regardèrent leur fille avec incrédulité. Elle venait d'accepter cette annulation sans piquer de colère.
Yuuri jeta un regard à Wolfram et dit, « Ca ne me gêne pas tu sais. En fait, je préfèrerais que tu restes ici. »
« Je ne peux pas Yuuri. Ce serait inapproprié si je restais. »
Yuuri eut un sourire satisfait. « Bien, mais où est-ce que tu vas t'installer ? Ton oncle utilise ta chambre. »
« Il peut rester avec moi ! » proposa Greta.
Wolfral sourit à Greta et eut un sourire narquois à l'adresse de Yuuri. « Tu vois, tout est réglé. »
Yuuri jeta un regard à sa fille disant clairement 'traitresse'. Il s'éclaircit la gorge et capitula, « Ok, très bien. »
Ils entendirent une femme crier. Wolfram dit d'un air concerné, « On dirait que M. Rooster a rencontré Anissina. » Yuuri et Greta savaient parfaitement qu'Anissina en avait une peur bleue, ils ignorèrent donc le cri. « Bien ! Maintenant, est-ce que je peux ouvrir les paquets ? » demanda Greta en désignant les colis plastifiés.
Yuuri sourit. « Vas-y. Aller Wolfram, tu peux en ouvrir quelques uns aussi ! » Greta se rua sur les colis et commença à retirer les emballages plastiques.
Wolfram se retourna et commença à ramasser les vêtements qu'il avait jetés dans tous les sens. « Il faut vraiment que je déménage. »
« Tu peux faire ça plus tard. Maintenant, il faut juste que tu ouvres tes cadeaux, » répliqua Yuuri.
« Des cadeaux pour moi ? » Yuuri lui avait offert quelque chose ? Wolfram sourit et se dirigea vers Greta. Yuuri ne put que secouer la tête et sourire. Certaines choses ne changeraient jamais.
Greta essayait de déballer un paquet de grande taille, quand Yuuri s'approcha d'eux. « Je pense que celui-là est à moi, » dit-il.
« Qu'est-ce qu'il y a dedans ? » demanda Greta. Elle aurait voulu cette grosse boite.
« Des vêtements pour hommes, et je suppose que tu n'en veux pas. »
Elle secoua la tête. « Lequel est pour moi ? » Yuuri scruta la montagne de paquets et trouva le présent de Greta. Il le lui tendit et elle se mit à enlever le film plastique. Wolfram, amusé, la regarda lutter avec le film plastique.
Yuuri se remit à fouiller à la recherche des cadeaux pour Wolfram. Il lui tendit une large boite. « C'est pour moi ? » demanda Wolfram. Yuuri sourit et hocha la tête. Le blond sortit la petite dague de sa botte et découpa gentiment le film plastique. Yuuri scrutait le visage de Wolfram avec attention pour voir s'il aimait son présent. Wolfram souleva le couvercle de la boite et déplia le tissu protecteur. La bouche de Wolfram s'ouvrit légèrement sous la surprise. « J'espère que ça t'ira, » dit Yuuri. Wolfram sortit son cadeau. Il s'agissait d'une veste bleue-noire en satin et velours. Elle ressemblait un peu à celle que portait Yuuri, mais elle avait une poche au niveau de la poitrine. Wolfram traça du doigt la broderie en or, représentant un lion, sur la poche. « Elle est magnifique ! Je l'aime beaucoup Yuuri. Merci ! »
« Je suis content que tu aimes. » Yuuri sourit, se rapprocha de Wolfram, et se pencha, mais le blond s'éloigna rapidement. Yuuri vit la réaction de Wolfram et se pencha à nouveau. « Il y en a d'autres, puisque je ne savais pas si tu avais des pantalons et des chaussures qui allaient avec la veste. J'ai pris un pantalon et des chaussures qui suivent. » Yuuri tendit deux plus petites boites à Wolfram.
Wolfram découpa les films plastiques des deux boites. Il les ouvrit et vit un pantalon et une paire de chaussures en cuir noirs. « Yuuri, ils sont noirs, je ne peux pas les porter. »
« Bleu nuit, » répondit Yuuri.
« Quoi ? »
« Je disais, ils sont bleus nuit. On dirait du noir, mais c'est du bleu nuit. »
« Noir ! »
« Bleu nuit ! »
« Tu penses que je suis aveugle ? Ils sont noirs ! »
« Bleu nuit ! » cria Greta avec le sourire.
Yuuri désigna Greta. « Tu vois ! Même elle le dit. Donc, ils sont bleus nuit. Pas vrai, Greta ? »
« Parfaitement ! » assura Greta.
« Très bien, bleu nuit alors. Mais, quand est-ce que je vais pouvoir les porter ? »
« Demain soir, pendant le bal, » répondit Yuuri. Et il ajouta, « Tout comme Greta va porter son cadeau. »
Wolfram et Yuuri se tournèrent vers Greta et son paquet. Le cadeau était resté à moitié emballé. Wolfram prit la boite des mains de Greta et coupa le film plastique. Il la lui rendit. Elle ouvrit la boite et sortit la tenue. « C'est si joli. Il y a un tablier, une robe, un maillot, des chaussettes et des chaussures. Merci Yuuri ! » Elle bondit et enlaça son père. Yuuri lui rendit son étreinte et expliqua, « C'est une robe traditionnelle de Suisse. » Elle se rassit entre ses parents.
« Il y en a d'autres Greta, mais ces cadeaux sont à partager entre toi et Wolfram. » Yuuri ramassa deux caisses en bois, plates et rectangulaires et deux boites, longues et fines. Il les tendit à Wolfram. Celui-ci commença à retirer les plastiques. D'abord, il ouvrit les deux caisses. Greta et Wolfram examinèrent leur contenu. Il y avait des pinceaux de taille et de style différents et de longs tubes dans chaque caisse. Yuuri expliqua, « C'est de la peinture. Celles-ci sont des peintures acryliques. Il faut les utiliser avec de l'eau. On obtient une texture différente selon la quantité d'eau qu'on utilise. Et celles-là sont des peintures à l'huile. On n'utilise pas d'eau avec elles.
« Elles sont très bien Yuuri, » dit Wolfram.
Greta demanda, « Est-ce qu'elles ont une mauvaise odeur ? »
Yuuri secoua la tête. « Non, bien sûr ! » Pourquoi est-ce que tu penses que je les ai achetées ?
Il prit les deux fines boites et les tendit à Wolfram. Celui-ci les déballa. « C'est magnifique, » dit Greta en regardant le couvercle des boites. L'une représentait des tournesols dans un vase, et l'autre des musiciens. Wolfram ouvrit une des boites et en sortit une toile. Sur celle-ci étaient dessinés de fines lignes grises et des symboles. Les lignes dessinaient l'image sur le couvercle de la boite.
« Ce sont des peintures numérotées. » Yuuri finissait de sortir les toiles des boites. « Vous voyez, chaque couleur a un numéro, et chaque numéro correspond à une zone de la toile. Donc, il faut utiliser cette couleur dans cette partie. »
« C'est de cette façon que les nombres sont écrits sur Terre ? » demanda Greta.
« Oui, » répondit Yuuri. « Wolfram pourra t'aider avec ça. »
« Je veux peindre celui avec les fleurs, » déclara Greta. « Wolfram peut peindre l'autre. Il est trop bizarre. »
« Il n'est pas bizarre, » rétorqua Wolfram. « Je pense que celui-là s'appelle 'Les Trois Musiciens', et c'est de Pie..Po…Pa…Pablo Picasso ! »
« Comment tu le sais ? » demanda Yuuri, totalement pris par surprise.
Wolfram eut un léger sourire. « Chez toi sur Terre, il y a un livre sur les peintures. J'ai demandé à Maman (la mère de Yuuri, je précise) de me le montrer. » Puis, il désigna l'autre peinture. « Celle-ci est de Va…Vi…Vincent Van Gogh, et s'appelle 'Les Tournesols', » ajouta un Wolfram triomphant.
Yuuri était sans voix. Sa mère avait vraiment un livre sur les peintures à la maison ? Il pensa soudain à quelque chose qui devrait plaire à Wolfram. Il regarda Wolfram droit dans les yeux et proposa, « Qu'est-ce que tu dirais de m'accompagner sur Terre la prochaine fois ? On pourrait aller au musée et admirer toutes ses toiles. Ca te tenterait ? »
Wolfram sourit comme il ne l'avait pas fait depuis longtemps. « J'ADORERAIS ! » Yuuri allait l'amener sur Terre.
Mais bien sûr, Yuuri, sans le savoir, dut mettre les pieds dans le plat quand il déclara, « Je demanderai à Angel de nous recommander des musées et des villes à visiter. »
Le sourire de Wolfram se fana. Greta demanda, « Qui est Angel. Je pensais que…rien, laissez tomber. »
« Angel est un de mes amis qui vient de la Terre, » expliqua Yuuri.
Wolfram serra les poings, se leva et ramassa les vêtements qu'il avait expulsés de l'armoire. Sans un mot, il quitta la pièce, laissant derrière lui ses cadeaux.
« Hey Wolfram ? J'ai dit quelque chose qui ne fallait pas ? » Yuuri se précipita à sa suite, juste pour se faire claquer la porte au nez. Il se tourna vers Greta. Elle-même paraissait surprise. « Qu'est-ce qui vient de se passer ? » demanda Yuuri.
« Je ne sais pas, » répondit Greta.
Quelqu'un frappa à la porte et Yuuri l'ouvrit rapidement, espérant que ce soit Wolfram. A sa grande déception, ce n'était que Günter. « Votre Majesté, je suis venu vous informer que tous les nobles ont une chambre qui leur a été assignée. »
L'usage de formalités commençait à irriter Yuuri. « Günter, tu es sûr que tu te sens bien ? »
Le conseiller plaça une main sur son torse. « Votre humble serviteur est plus que reconnaissant de votre sollicitude. Votre Majesté n'a pas besoin de se sentir concerné par mon bien-être. Et pour répondre à votre question, je vais parfaitement bien, » déclara Günter le plus sérieusement du monde. Pas de lamentations, pas de 'Oh, Votre Majesté, je ne peux pas croire que vous soyez si bienveillant à l'égard de votre pauvre conseiller. Quelle noblesse de votre part. C'est pourquoi…etc…etc…etc …' Pas de câlins, pas de tentative d'étouffement, pas de larmes.
« Ok, maintenant, je sais que quelque chose ne va pas chez toi, » affirma Yuuri.
« Je vais parfaitement bien Votre Majesté, » assura Günter. Il ne comprenait pas pourquoi Yuuri pensait qu'il était malade.
« Günter, tu ne vas pas bien. Tu ne m'as pas encore pris dans tes bras, pleuré que je t'avais manqué, tu ne m'as pas étouffé jusqu'à la mort, ou tu ne m'as même pas harcelé pour savoir si j'allais bien. »
Günter jeta un œil à son roi, et fit ce qui lui vint naturellement. Il attrapa Yuuri dans une étreinte mortelle. « Oh, Votre Majesté, comme c'est noble de votre part de penser que quelque chose n'allait pas chez moi. Et dire que je pensais que vous n'appréciez pas mes petites marques d'attention …etc…etc…etc… »
Yuuri tapota l'épaule de l'autre homme. S'il avait pu, il aurait soupiré de soulagement, mais il ne pouvait pas respirer. D'une certaine manière, Yuuri parvint à repousser l'homme trop enthousiaste. Il haleta pour reprendre son souffle. « Là, maintenant c'est le Günter que je connais, » déclara-t-il.
Günter le regarda avec adoration. « Oh, Votre Majesté, vous ai-je dit à quel point vous avez l'air royal aujourd'hui ? »
Yuuri savait qu'il allait commettre un faux-pas, mais il répondit, « Non, tu ne me l'as pas dit Günter. » Ces quelques mots déclenchèrent une réaction immédiate chez Günter. Yuuri le réceptionna comme s'il avait été face à un train. « Günter, si tu pouvais me lâcher, je pourrais te donner ton cadeau. »
Günter libéra Yuuri. « Votre Majesté, comment puis-je…etc…etc… »
Greta se retint de glousser alors que son père lui lançait un regard exaspéré, et que Günter parlait dans le vent. Yuuri attrapa un paquet de taille moyenne et le tendit à l'autre mazoku. « C'est pour toi » Comme l'avait fait Wolfram, Günter sortit une petite dague de l'intérieur de sa botte. Il découpa le film plastique avec précaution et déballa le cadeau. Günter étudia le présent, des larmes coulant de ses yeux. C'était un cadeau extraordinaire. « Oh, Votre Majesté, vous n'auriez pas du. »
« J'ai pensé que tu aimerais en savoir plus sur l'histoire de la Terre. Le livre est en allemand. Je ne suis pas sûr que tu puisses le comprendre. Mais, je pense que Murata peut t'aider à le traduire, » dit Yuuri.
« Je comprends l'allemand. Le titre est, 'Une histoire concise du Globe. Depuis l'homme préhistorique jusqu'au présent – Depuis l'Afrique jusqu'à l'Asie – Depuis l'Europe jusqu'à l'Amérique. »
« Wow, tu sais lire tout ça ? » demanda Yuuri.
« Sa Majesté a été assez aimable pour me donner plusieurs dictionnaires des différentes langues parlées sur Terre. L'allemand est assez similaire au langage mazoku. C'était l'une des langues les plus faciles à apprendre, » expliqua Günter. Yuuri était impressionné. Il se sentait idiot parce que la seule langue terrienne qu'il pouvait parler sans le traducteur était le japonais. Il ne savait même pas parler anglais, bien qu'il soit né à Boston.
Puis, Yuuri se rappela de quelque chose. « Günter, j'ai amené quelques vêtements de Zurich. Il y en a plusieurs qui doivent être retouchés. Peux-tu demander au tailleur de s'en occuper s'il te plait ? »
« Bien sûr Votre Majesté. Dites-moi juste lesquels, et je les donnerai au tailleur. Mais, Votre Majesté, si vous souhaitiez de nouveaux vêtements dans un style différent, vous auriez du me le faire savoir. J'aurais…bla….bla…bla… »
Quelqu'un toqua à la porte et Yuuri répondit, « Entrez ». Dacascaus entra avec un sac de shopping. « Votre Majesté, Lord Ferrer Hidalgo dit que ce sac vous appartient, » déclara-t-il alors qu'il s'approchait de son roi. Günter réagit rapidement et lui arracha le sac des mains.
Günter en vérifia le contenu et vit beaucoup de petites boites avec les mêmes mots écrits dessus : 'Mont Blanc'. Il se demanda si elles contenaient de petites bouteilles de poison. Puis, il entendit Yuuri dire, « Oh, ce doit être les stylos plumes. » Günter se tourna vers Yuuri, et le vit se gratter l'arrière de la tête. « Des stylos plumes ? » demanda-t-il. Dacascaus s'excusa et quitta la pièce.
« Oui, laisse-moi te montrer, » dit Yuuri en prenant le sac des mains de Günter et en sortant une des boites. Il l'ouvrit et montra à l'autre mazoku un stylo plume Mont Blanc doré. Il sortit le stylo hors de sa boite et le dévissa. Il montra à Günter la cartouche d'encre. « C'est similaire à une plume. Au lieu de tremper la plume dans l'encre, l'encre est dans cette petite cartouche, » expliqua Yuuri. Il revissa le stylo, enleva le capuchon et écrivit son nom sur le sac. « Tu vois… » dit-il.
« Quelle invention merveilleuse, » s'exclama Günter.
« J'en ai pris un pour tout le monde. J'ai aussi pris des cartouches d'encre supplémentaires, et plusieurs stylos classiques pour moi. »
« C'est tellement généreux de votre part ! Cela montre à quel point Votre Majestueuse Majesté adore ses sujets. Votre compassion…etc…etc…etc… » débita Günter. Yuuri secoua la tête et Greta se mit à rire.
« Günter…Günter…GÜNTERRRRR ! » Yuuri finit par stopper sa tirade.
« Oui, Votre Majesté ? »
Yuuri commença à sortir les petites boites, à les ouvrir pour voir leur contenu et dit en en tendant une à Günter, « Celui-ci est pour Celi. » Il en prit une autre, « Celui-ci pour Gwendal. » Il continua la liste : Conrad, Wolfram, Murata, Yozak, Greta, Gisela, et un pour Günter. Puis, il prit d'autres stylos et déclara, « Ceux-là sont pour les nobles. Puisque je ne les connais pas si bien que ça, choisis un stylo qui correspond à leur personnalité, puis place-le à leur place au déjeuné. »
« Quelle gentillesse… » Günter allait continuer à s'extasier, quand Yuuri leva la main pour le stopper, « Günter ! »
« Oui ? »
« Une dernière chose, au déjeuné, assures-toi que Wolfram s'asseye à côté de Waltorana et pas à côté de moi, » demanda Yuuri.
Günter le regarda et le questionna, « En plus de la princesse Greta, qui va s'asseoir à côté de vous ? »
« Soit Murata, soit Angel je pense. Je ne veux pas favoriser un des nobles. »
« Très bien Votre Majesté, » dit Günter, et il ajouta, « Puis-je supposer que vous avez signé l'annulation ? »
« Tu es au courant ? » s'étonna Yuuri.
« Oui, j'ai…j'ai entendu une conversation entre Gwendal et le Lord des Gamins. »
Quelque chose en Yuuri explosa à ces mots, « Wolfram n'est pas un gamin ! Tu entends ? Ne l'appelle plus jamais comme ça ! »
Günter fut surpris de l'attitude de Yuuri, « Je suis désolé Votre Majesté. Je ne le dirai plus. »
Greta brisa la glace, « Seul Yuuri peut l'appeler gamin, » dit-elle avec un grand sourire.
Les deux hommes se tournèrent vers Greta et Yuuri approuva, « C'est exact ! Je suis le seul qui puisse l'appeler gamin ! » Il hocha la tête.
« Je vais y aller et faire ce que vous m'avez demandé, » annonça Günter.
« Attends Günter, fais asseoir Murata à côté de moi et mets Angel à côté de Gisela, » demanda Yuuri avec un sourire sournois.
Yuuri ne s'attendait pas à ce qui suivit. Günter sourit et répondit, « Je pensais à la même chose Votre Majesté. »
« Oh, et une dernière chose, ne dis pas un mot sur les fiançailles s'il te plaît, » dit Yuuri.
« Oui, Votre Mejesté. » Günter tourna les talons et quitta la pièce avec son présent et les Mont Blanc.
Conrad finissait de discuter avec les gardes. Il avait augmenté la sécurité autour du château puisque les nobles s'y trouvaient. Le garde lui donna une liste des soldats qui seraient en poste dans les prochains jours. Il plia le papier et le plaça dans sa poche. Quand il mit la main dans sa poche, il réalisa qu'il s'y trouvait déjà quelque chose. Il sortit le parchemin. Oups ! Il avait oublié de donner la feuille que la domestique lui avait confiée la nuit dernière à Wolfram. Il jeta un œil au parchemin, se demandant ce qu'il contenait. Il le déplia et regarda. Pourquoi y avait-il, maladroitement dessiné, Wolfram avec des ailes, flottant dans l'air, au-dessus de ce qui ressemblait à Greta et Yuuri ? Et pourquoi y avait-il les initiales AFH écrite à côté de Wolfram ? Et pourquoi Wolfram avec des ailes lui rappelait un parc à Boston ? Il y avait quelque chose à propos de ce parc. Il tourna les talons et se dirigea vers son bureau.
Une fois dans la pièce, il se dirigea vers son bureau et chercha une enveloppe. Il la trouva et sortit des photographies qui avaient été prises par Jose Rodrigues. Il jeta un œil aux photos et tomba sur celle qu'il cherchait. Jose l'avait prise le jour où ils avaient nommées les âmes qu'ils portaient le Soleil et la Lune. La photo montrait Conrad debout près d'une statue. La statue était 'The Angel of the Waters' dans le parc public de Boston. Il avait demandé à Jose ce que symbolisait la statue, et celui-ci lui avait expliqué ce qu'était un ange. Conrad regarda attentivement la photo, puis le dessin.
S'il avait raison, AFH signifiait Angel From Heaven. Cela voulait également dire que le Sage savait ce qu'était un ange, et qu'il avait caché le fait que quand Yuuri mentionnait 'Angel' il pouvait parler de la créature céleste. En conclusion, l'ange de Yuuri pouvait être Wolfram. Ce qui n'avait aucun sens était Angel Ferrer Hidalgo. Yuuri avait dit qu'il était un bon ami. Depuis combien de temps Yuuri le connaissait-il ? Est-ce que JR pouvait être Jose Rodrigues ? Yuuri avait également mentionné 'Lui'. A qui faisait-il référence ? Wolfram ? Angel ? Quelqu'un d'autre ?
Yuuri avait aussi écrit qu'il avait vu Angel par la fenêtre et qu'il lui avait parlé. Yuuri pouvait-il parler de Wolfram ? Wolfram avait-il tout deviné ? S'il avait compris, pourquoi n'avait-il rien dit ? Si Wolfram était l'ange venu du ciel de Yuuri, pourquoi avait-il signé l'annulation des fiançailles ? Pourquoi Waltorana avait accepté aussi promptement ? A cet instant, il était encore plus perdu. Il replia le dessin et le remit dans sa poche.
Wolfram déboula dans sa chambre. Il ouvrit la porte en grand et trouva son oncle assis sur une chaise près de la fenêtre. Waltorana avait un regard amusé. Il avait attendu que son neveu retourne dans sa chambre. Il s'était attendu à le voir furieux, et il était là, à bout de souffle. Il eut une irrépressible envie de rire devant ce spectacle, mais pensa qu'il valait mieux s'en abstenir. Wolfram se dirigea vers son armoire et y jeta les vêtements qu'il avait dans les mains. Il claqua la porte de l'armoire et dit, « Cet espèce de mauviette, ce tricheur de Maoh ! »
Waltorana se leva de sa chaise, « Allons, allons Wolfram. N'insulte pas Sa Majesté comme ça. »
Wolfram se tourna et regarda son oncle. « C'est un tricheur. Et un menteur en plus de ça. » Il commença à faire les cents pas. « Et je suis là à penser qu'il m'aime ! Que je suis son ange venu du ciel ! Et la vérité est que AFH est le Dooooooooocteurrrrr Angel Ferrer Hidaaaaaalgo ! »
Waltorana était perdu. « Wolfram, de quoi est-ce que tu parles ? »
« De ça ! » s'exclama Wolfram en mettant sa main dans sa poche, mais il n'y trouva rien. Il essaya l'autre poche, mais n'eut pas plus de succès. Il vérifia toutes ses poches et ne trouva rien ! « Oh merde ! » dit-il et il courut hors de la pièce.
Wolfram courut dans le couloir vers les cuisines, quand il se heurta à Gwendal. Son frère le regarda sévèrement et dit, « Nous nous réunissons dans le bureau de Mère dans dix minutes. »
« J'y serai » répondit Wolfram et il continua sa course vers les cuisines.
Il déboula dans les cuisines et trouva les domestiques en train de préparer le déjeuné. « Excuse-moi Doria, hier je t'ai demandé de nettoyer une veste que j'avais placé dans le panier. Où est-elle ? »
« Elle a été lavée Votre Excellence, » répondit Doria.
« J'ai laissé un parchemin dans une des poches. Est-ce que tu l'as récupéré par hasard ? » demanda Wolfram avec espoir.
« Oui, Votre Excellence, je l'ai trouvé. »
« Puis-je l'avoir ? » demanda Wolfram.
« Je l'ai donné à Lord Weller. »
« TU L'AS DONNE A WELLER ?! »
« J'allais vous l'amener, et je suis tombée sur Lord Weller. Je lui ai demandé où vous étiez, pour que je puisse vous rendre ce document. Il a dit qu'il vous le donnerait lui-même, » expliqua Doria un peu effrayée. Avait-elle fait une erreur en donnant cette feuille à Lord Weller ?
Wolfram se rua hors des cuisines à pleine vitesse. OH MERDE ! MERDE ! MERDE ! Il devait trouver Lord Weller avant que ce dernier ne regarde le dessin, si ce n'était pas déjà fait. Il fonça des les couloirs, demandant à toutes les personnes qu'il rencontrait s'ils avaient vu Conrad. Un invité lui répondit qu'il l'avait vu se diriger vers son bureau. Wolfram courut dans cette direction. Il atteignit le bureau de Conrad alors que celui-ci en sortait. « Conrad ! »
« Qu'est-ce qu'il y a Wolfram ? »
« A…aaa…nous devons assister à une réunion dans le bureau de Mère. »
« Je suis au courant, mais merci de m'avoir prévenu. J'allais justement y aller, » dit Conrad. Il débattait intérieurement quant à savoir si oui ou non il allait donner le dessin à Wolfram et si oui ou non il devait 'jouer les imbéciles'.
Conrad et Wolfram marchèrent côte à côte vers les quartiers de Celi. Chacun attendait que l'autre ne mette sur le tapis le sujet du dessin. Finalement, Wolfram demanda, « Hey Conrad, Doria m'a dit qu'elle t'avait donné un parchemin qu'elle avait trouvé dans ma veste. Est-ce que tu l'as encore par hasard ? »
Conrad ne sut pas pourquoi il fit cela, mais ça lui parut judicieux. Il s'arrêta et commença à fouiller ses poches. « Je suis désolé Wolfram, j'ai complètement oublié que je l'avais. Elle me l'a donné tard hier soir, et avec tout ce qui s'est passé, je l'avais complètement oublié, » Il tendit la feuille à son frère.
Wolfram sourit (de soulagement) en prenant le dessin. Il semblait que Conrad ne l'avait pas regardé. « Ne t'inquiète pas pour ça Conrad, ce n'est rien d'important. » dit Wolfram en plaçant le parchemin dans sa poche. Conrad regarda son frère du coin de l'œil. Ce serait plus simple d'obtenir des informations de Wolfram si ce dernier croyait qu'il ne savait rien du dessin.
Ils arrivèrent devant le bureau de Celi et entrèrent.
Les quatre commères domestiques étaient débordées. Six nobles étaient arrivés, ainsi qu'un invité distingué. Lady Celi les avait informé que le Maoh avait décidé de tenir une réception informelle le lendemain soir. Ce qui signifiait qu'elles devraient cuisiner et nettoyer pour plus de personnes dans les jours qui viendraient. Ces désagréments seraient plus faciles à gérer si elles ne devaient pas également s'occuper de la loterie de l'amour ! L'arrivée d'Angel s'était propagée comme un feu sauvage dans tout le château. La loterie de l'amour allait devenir pimentée !
Sangria sautillait dans la cuisine en disant, « J'ai enfin gagné ! Prenez ça vous tous ! » Elle avait été une des deux personnes à parier que Angel existait. Les trois autres domestiques avaient commencé à bouder quand elles avaient entendu la nouvelle. La porte de la cuisine s'ouvrit et Yozak entra. « Bonjour Ladies, je suis venu collecter mes gains. » Les domestiques s'apitoyèrent encore plus, alors qu'elles tendaient l'argent à Yozak. « Hey Sangria, bien joué ! Comme tu es occupée, tu veux que j'aille collecter tes gains auprès du Sage ? Il semblerait que ce coup-ci, il n'ait pas été si clairvoyant, » dit Yozak.
« Je pense que j'irai les collecter moi-même, » répondit Sangria. Elle voulait vraiment voir la tête du Sage quand il la payerait.
« Um, excusez-moi Sir Yozak, » commença Effe. « A quoi ressemble Lord Angel ? Nous n'avons pas encore eu la chance de l'apercevoir. »
Yozak réfléchit pendant une seconde. « Et bien il est grand, il a les cheveux cuivrés, il est bien bâti, a des yeux couleur jade, et…et bien il est assez beau. »
« J'ai entendu dire que son titre était 'Docteur'. N'est-ce pas le titre attribué aux guérisseurs sur Terre ? » questionna Lasagna.
« C'est tout à fait ça, » répondit Yozak.
« Vous pensez qu'il pourrait être intéressé par le Roi Yuuri ? » demanda Doria.
« Et bien, je ne sais pas. Pourquoi ne pas regarder ce qu'il se passera au déjeuné, » suggéra Yozak. Les quatre domestiques acquiescèrent, et Yozak quitta la cuisine pour se rendre dans le bureau de Celi.
Quand la porte se referma sur Yozak, les domestiques commencèrent à faire des suppositions. Elles étaient toutes d'accord sur un point : le Docteur Angel Ferrer Hidalgo était venu prendre soin de Yuuri durant sa grossesse.
Günter, qui tenait le sac de Mont Blanc et ses livres en mains, fut la dernière personne à arriver dans le bureau de Celi. Tous ceux qui avaient été présent à la lecture du journal étaient arrivés. Anissina tapait du pied. Elle voulait rencontrer Angel et essayer une de ses inventions sur lui, mais d'abord, elle devait réparer le journal. L'appareil qu'elle voulait essayer sur lui était le 'Le-Cœur-Ne-Ment-Pas-kun' : en d'autres mots, un casque détecteur de mensonges. Gwendal s'éclaircit la gorge et aborda la source du problème. « Quelqu'un a-t-il une idée de ce que manigance ce GOSSE ? »
« Par gosse, tu parles de Sa Majesté ? » demanda Günter.
« OUI ! »
Ils se jetèrent tous des regards en coin et haussèrent les épaules. Ils n'avaient aucune idée de ce que pouvait bien fabriquer Yuuri.
« Qu'en est-il de cet Angel ? » demanda Gwendal.
« Je peux lui faire essayer le 'Le-Cœur-Ne-Ment-Pas-kun' après avoir réparé le journal, » dit Anissina. Tout le monde la regarda et sourirent…diaboliquement. Il semblerait que les inventions explosives d'Anissina avaient une utilité après tout pensa Gwendal.
« Dans combien de temps le journal sera-t-il réparé ? » questionna Günter.
« Ca prend du temps parce que certains morceaux sont très petits, » répondit Murata.
« Nous devrions avoir fini demain matin. Si nous avions davantage de personnes pour le remettre en état, nous pourrions finir plus vite, » ajouta Anissina.
« Si vous aviez une personne en plus, quand auriez-vous fini ? » demanda Gwendal.
« Je dirai tard dans la soirée, » répondit Anissina.
« Yozak, tu aideras le Sage et Anissina, » dit Gwendal. Yozak répondit d'un hochement de tête.
« Günter, est-ce que tout le monde a été installé ? » questionna Gwendal.
« Oui »
« Où as-tu installé le docteur ? »
Günter sourit. « Il est près de l'infirmerie, loin, très loin de Sa Majesté. »
« Il n'a pas fait de commentaire sur le fait d'être séparé de Sa Majesté ? » s'interrogea Conrad.
« En fait, c'était son idée de rester près de l'infirmerie, ce qui nous arrange. Je demanderai à Gisela de surveiller chacun de ses mouvements, » répondit Günter.
« Tu es sûr que c'est prudent de le laisser près des herbes médicales de Gisela, » s'inquiéta Conrad.
« Gisela tient constamment un inventaire de ce qu'elle possède et utilise. Si quelque chose est manquant, elle le saura immédiatement, » assura Günter.
« Demandes-lui de nous faire un rapport s'il manque quoique ce soit, » dit Gwendal.
Celi se tourna vers son plus jeune fils et dit, « Maintenant Wolfram, même si Yuuri a signé l'annulation, tu dois rester tout le temps à ses côtés. »
« Mère, je n'ai pas de raison pour rester à ses côtés, » répondit Wolfram.
« Et bien, trouves une excuse, » déclara Celi.
« Et si je ne veux pas être près de lui, » dit Wolfram derrière ses dents serrées.
« Trouves une excuse ! » aboya Gwendal. Wolfram baissa la tête.
Le groupe poursuivit la discussion. Yuuri était arrivé avec Waltorana. De quoi avaient-ils discuté ? Ils devaient obtenir des informations sur Angel. Ils devaient obtenir des informations sur Yuuri. Ils avaient besoin de savoir ce que manigançait Yuuri (Gwendal était sûr que ça allait lui donner la migraine.) Ils devaient découvrir…
Quelqu'un toqua à la porte. Tous les yeux se tournèrent vers l'entrée. Celi demanda, « Qui est-ce ? »
« C'est moi Greta, et Yuuri, » répondit Greta de l'autre côté de la porte.
Le groupe se regarda les uns les autres. Maintenant, qu'est-ce qu'ils faisaient ?
Un autre coup à la porte, et cette fois Yuuri prit la parole, « Lady Celi, est-ce que tout le monde est avec vous dans le bureau ? Dacascos m'a dit qu'il vous avait tous vu entrer dans la pièce. »
Beaucoup d'entre eux maudirent Dacascos. Ils ne savaient pas quoi faire. Dire qu'ils étaient déjà partis ? Se cacher ? Murata prit l'initiative, se dirigea vers la porte et l'ouvrit. Sur le palier se tenaient Greta et Yuuri, tenant des sacs et des boites. Ils avaient tous les deux de grands sourires sur le visage. « Super ! Nous n'avons plus besoin de vous chercher un par un puisque vous êtes tous là ! » s'exclama Yuuri.
« Entrez Votre Majesté, » proposa Celi.
« Nous parlions de la réception de demain soir, » dit Murata.
« Anissina voulait utiliser une de ses inventions sur les invités, mais nous avons décidé de l'en empêcher, » ajouta Gwendal en regardant Anissina. Elle le foudroya du regard.
Yuuri se dit que c'était bizarre qu'ils discutent TOUS de la réception, mais il laissa couler. Il avait des cadeaux à offrir. « Hum, je vous cherchais tous pour vous donner les cadeaux que j'ai ramenés de Zurich. »
« Oh Votre Majesté, vous n'auriez pas du, » dit Celi en se ruant vers lui pour recevoir son présent. Telle mère, tel fils se dit Yuuri.
Il offrit ses cadeaux à tous, et ils commencèrent à les déballer.
Conrad reçut un livre sur l'histoire du baseball. Naturellement, Günter se proposa pour l'aider à le lire.
Celi reçut un grand flacon de parfum Chanel n°5.
Anissina reçut un livre appelé 'Maria Sklodowska-Curie'. Yuuri lui expliqua que c'était la biographie d'une femme scientifique célèbre, nommé Marie Curie. Anissina était enchantée de son cadeau.
Le cadeau de Yozak avait été dur à trouver, mais Yuuri avait fini par lui prendre le présent parfait en cherchant celui de Celi. Yozak reçut une grande mallette argentée. Dans la mallette se trouvait : 100 fards à paupières de couleurs différentes, 15 rouges à lèvre, 5 eye liners, 10 poudres mates, 2 poudres bronzées, 3 mascaras, des pinceaux de taille différentes, 12 limes à ongles de formes différentes, des vernis et un assortiment d'outils de manucure/pédicure. La mallette de maquillage était le cadeau idéal pour un espion travesti.
Gwendal reçut deux paquets. Dans le premier se trouvait une peluche très mignonne de saint-bernard avec un baril de rhum sur le collier. Gwendal rougit. Le second renfermait un livre avec des crochets et des aiguilles à tricoter de différentes tailles. Le livre s'intitulait, 'Tricoter et Crocheter pour les Débutants'.
Murata fut surpris quand il reçut un cadeau. Il ne s'y attendait pas puisqu'il rentrait souvent sur Terre avec Yuuri. Murata avait reçu des journaux : le 'Financial Time' et le 'Wall Street Journal'. Murata trouvait ça étrange que Yuuri lui offre des journaux financiers jusqu'à ce qu'il sente quelque chose de lourd dans chacun d'eux. Il en ouvrit un et regarda à l'intérieur pour voir ce qu'était la chose lourde en question. Le visage de Murata devint rouge. Yuuri lui chuchota, « Je sais ce que tu lis. » Il rougit encore plus. Murata avait reçu le dernier Playboy et Hustler.
Wolfram regardait tout le monde ouvrir leurs cadeaux. Il les vit surpris de la générosité de Yuuri. Il les vit le remercie et féliciter ses choix judicieux. Yuuri se tourna vers Wolfram et dit, « Wolf, tu as laissé tes cadeaux dans la chambre. »
« Qu'est-ce que tu as reçu ? » demanda Celi avec enthousiasme.
Wolfram humpfa (oui, c'est un nouveau verbe !) « Rien d'important ! Votre Majesté, vous pouvez garder la tenue, elle ne me va pas, » dit-il et il quitta la pièce.
Yuuri baissa la tête. Il avait pris du temps pour choisir quelque chose qui plairait à Wolfram. Il avait pris le temps de penser à comment montrer ses intentions à Wolfram. Il se dit que Wolfram n'était pas vraiment intéressé par lui après tout (mais si ! qu'est-ce que tu attends pour le rattraper et l'embrasser fougueusement !...désolé, la traductrice s'est laissée emportée !). Yuuri fit demi-tour et quitta également la pièce. Greta et les autres restèrent immobiles, se demandant ce qui venait de se passer. « Greta ma puce, est-ce que tu sais ce que Yuuri a offert à Wolfram ? » demanda Celi.
Greta hocha la tête et répondit, « Une veste bleu nuit magnifique, qui ressemble à celle que Yuuri porte, un pantalon noir et des chaussures. En fait, Yuuri dit que le pantalon et les chaussures sont bleus nuit, mais ils sont vraiment noirs. »
« Noir tu dis ? » s'interrogea Anissina.
Greta hocha de nouveau la tête. « Oh, il faut que j'aille préparer mon gâteau pour le déjeuné. » Elle quitta la pièce elle aussi.
« S'il avait prévu de signer l'annulation des fiançailles, pourquoi Yuuri a-t-il offert à Wolfram des vêtements noirs ? » demanda Celi.
« Waltorana nous a dit que nous serions satisfait du dénouement, » informa Gwendal.
Celi de dirigea vers la fenêtre et pensa. Elle se demandait si Yuuri n'avait pas signé l'annulation parce que l'engagement était accidentel.
« Yozak, » Günter attira l'attention de l'espion, « Sa Majesté veut que tu assistes au déjeuné, ainsi que ma fille, »
« Vraiment ? » s'étonna Yozak.
« Oui, s'il te plait, portes des vêtements appropriés. Je vais y aller, et m'occuper des derniers arrangements pour le déjeuné. » Günter quitta la pièce.
Yozak se demanda quelle robe porter quand ses pensées furent interrompues. « Yozak, Günter veut que tu portes ton uniforme militaire, pas une robe, » dit Conrad avec un sourire en coin.
L'heure du déjeuné avait sonné. Yuuri entra dans la salle à manger royale pour voir que la table avait été agrandie pour accueillir vingt personnes. Il y avait également un grand chariot, couvert par un drap blanc et placé le long du mur du fond. Günter plaçait les boites contenant les Mont Blanc devant chaque chaise. Yuuri remarqua que Günter s'était trompé pour le stylo plume de Gwendal et attira son attention. « Hum, Günter, je pense que tu as confondu le stylo de Gwendal avec celui de Greta. »
« Je pense que ce stylo plume est plus approprié pour Gwendal, » répondit Günter.
« Tu penses qu'il est plus appro…Oh tu as raison ! »
« Votre Majesté, vous devez être le dernier à arriver pour le déjeuné. Le protocole indique que… »
« Je sais Günter, je vais chercher Greta et revenir avec elle, » dit Yuuri en quittant la pièce pour trouver sa fille.
Trente minutes plus tard, quand on informa Yuuri que tous les invités s'étaient assis, Yuuri et Greta entrèrent dans la salle à manger. Yuuri s'assit à sa place et Greta s'assit à sa gauche comme d'habitude. Dans l'ordre des aiguilles d'une montre, à partir de Greta, les convives étaient assis comme suit : Waltorana, Wolfram, von Gyllenall, Raven, Yozak, Stoffel, Anissina, Denesham, von Karbelnikoff, Gwendal, von Radford, Celi, Angel, Gisela, Günter, von Rochefort, Conrad, Dell Kearson von Wincott, et enfin Murata à la droite de Yuuri. Les non-lecteurs du journal trouvèrent le plan de table étrange, mais le Roi Yuuri faisait beaucoup de choses étranges. D'un autre côté, les lecteurs du journal remarquèrent que Günter avait stratégiquement placé les lecteurs du journal entre les nobles pour servir de tampon. Il y avait un invité qui était enchanté du plan de table. Cet invité était Angel. Il était entouré de deux magnifiques femmes. Hourra pour lui !
Yuuri salua tout le monde et leur souhaita la bienvenue, espérant qu'ils apprécieraient le repas. Il poursuivit en expliquant qu'il leur avait tous offert un petit cadeau pour montrer sa gratitude pour leur travail. Ils jetèrent un œil sur les petites boites emballées devant eux. Certains d'entre eux les prirent et les secouèrent doucement. Yuuri se demanda quand Günter avait-il eu le temps de les emballer. Il leur demanda d'ouvrir les cadeaux. Tout le monde, à l'exception de Wolfram, s'exécutèrent. Waltorana encouragea son neveu à faire de même. Wolfram le fit avec réluctance.
A droite de Yuuri, un Sage inhabituellement expressif dit, « WOW, Shibuya, c'est incroyable ! Merci Shibuya ! »
Puis Angel ajouta, « Yuuri, je veux dire Votre Majesté, merci beaucoup. J'ai toujours voulu avoir un Mont Blanc. »
Toutes les autres personnes à table, excepté Günter, se demandèrent ce qu'étaient ces objets cylindriques. Ils étaient magnifiques, mais qu'étaient-ils exactement ? Yuuri se pencha vers Murata et lui demanda d'expliquer ce qu'était le cadeau.
Murata demanda l'attention de tout le monde. Puis, il se mit à expliquer (utilisant son propre stylo plume comme exemple) comment utiliser un stylo plume. Yuuri observait l'expression sur le visage de chaque personne. Ils étaient tous ébahis. Gwendal était même en train de rougir. Wolfram montrait fièrement son stylo incrustré d'un joyau bleu à Waltorana et à Greta. Puis, Wolfram se tourna vers Conrad et ils montrèrent leurs stylos respectifs. Wolfram se tourna vers Gwendal et lui demanda, « Gwendal, à quoi ressemble le tien ? » Gwendal souleva le stylo de sa boite et le montra à Wolfram.
Comme un gamin dans un magasin de bonbons, Murata s'écria de façon complètement 'anti-sage', « C'est un Mont Blanc édition limitée ! »
« Hello Kitty ! » s'exclamèrent Wolfram et Greta en même temps. »
Le reste des invités se demandaient ce que le stylo de Gwendal avait de si exceptionnel mignon, mais un peu enfantin.
Murata se pencha vers Yuuri et murmura, « Tu t'es surpassé cette fois Shibuya ! »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Gagner en popularité auprès des nobles, et le stylo plume Hello Kitty…Impressionnant ! »
« En fait, Hello Kitty était pour Greta, mais Günter a dit qu'il conviendrait mieux à Gwendal. »
« Oui, mais tu es celui qui l'a acheté à l'origine. »
Les domestiques se mirent à servir le repas.
Yuuri releva la tête vers Wolfram et vit que ce dernier n'était pas emballé par le plan de table. Yuuri supposa que ce n'était pas parce qu'il était à côté de son oncle, mais parce qu'il était assis à côté de cet 'Horrible Homme' Lord von Gyllenall. Yuuri se souvenait bien de ce que lui avait raconté Wolfram, à savoir que Lord von Gyllenall n'arrêtait pas de le taquiner quand il était petit.
Yuuri poursuivit la rangée du regard et vit Yozak tirer sur le col de sa veste, serrée au niveau du cou. Yuuri avait envie de rire. L'uniforme marron des officiers von Voltaire ne correspondait pas du tout à Yozak. Par ailleurs, ce dernier gigotait sur sa chaise à chaque fois que Stoffel et Raven essayaient de se parler.
Anissina et Denesham avaient une discussion houleuse. Ce que Yuuri put comprendre fut qu'Anissina allait un jour mettre la main sur M. Rooster et le cuisiner.
Gwendal et von Radford parlaient tranquillement. Yuuri supposa que la discussion portait sur un sujet militaire ou sur l'adorable Hello Kitty.
Celi flirtait avec Angel. Angel flirtait avec Celi et Gisela. Gisela rougissait.
Günter hochait la tête à tout ce que disait von Rochefort, mais en fait ne prêtait aucune attention à elle, puisque cette même attention était concentrée sur Angel uniquement.
Conrad et Dell Kearson parlaient du passé.
Murata, comme Yuuri, était en train d'observer la table.
Yuuri jeta un œil au plat qu'on venait de lui servir. C'était une soupe bizarre. Il jeta un œil à la soupe de Murata. Puis, à celle de Greta. Et à celle de Waltorana. Sa soupe était différente de la leur. « Quelque chose ne va pas Shibuya ? » demanda Murata quand il remarqua que Yuuri scrutait leurs plats.
Yuuri pointa sa soupe et répondit, « J'ai quelque chose de différent ». Murata observa le plat de Yuuri. C'était effectivement différent.
Yuuri appela Lasagna, et lui demanda pourquoi sa soupe était différente. Elle répondit, « Votre Majesté, vous avez besoin de davantage de nutriments, comme du calcium, de l'acide folique, des vitamines D, enfin vous savez, tout ce qui est nécessaire pour vous conserver en excellente santé. » Lasagna rougit et sourit humblement.
Yuuri ne savait pas quoi répondre à la générosité, « Hé bien…hum…merci. » Il ne voulait pas l'embarrasser devant tous les autres.
La plupart d'entre eux, ceux qui avaient entendu la conversation entre le Roi Yuuri et la domestique, pensait à quel point le staff était attentionné. Les seules exceptions étaient Gisela et Angel. Calcium ? Acide folique ? Vitamine D ? Ces mots, dans la profession médicale, signifiaient que quelqu'un était enceint. « Je ne sais pas si c'est pareil ici, mais ces nutriments sont des compléments alimentaires pendant les grossesses. », chuchota Angel à Gisela. Celle-ci lui souffla en réponse, « Pareil ici. Je parlerai aux domestiques plus tard, et leur demanderai pourquoi elles ont servi cette soupe au Roi Yuuri. »
Une fois que tout le monde eut terminé leur délicieuse soupe, à l'exception de Yuuri – la sienne était fade, le plat principal fut servi. Il consistait en un filet de poisson avec de la sauce au vin crémeuse et des légumes. Yuuri reçut le poisson sans sauce, avec un supplément de légumes. Il fit la remarque à Lasagna qu'il n'y avait pas de sauce sur son poisson. « Votre Majesté, la sauce est trop grasse pour vous. Il faut que vous surveilliez votre apport en graisses. Vous ne voulez pas prendre trop de poids, n'est-ce pas ? » dit Lasagna. Yuuri décida de rester silencieux, et mangea son poisson trop fade et ses légumes. Il dirait un mot au staff plus tard.
L'échange entre le Roi et la domestique ne passa pas inaperçu. Gisela et Angel se jetèrent des regards en coin. Angel chuchota, « Est-ce qu'elles pensent qu'il est enceint ? » Gisela se mit à rire. Avec ces domestiques, tout était possible.
Finalement, l'heure du dessert arriva. Greta attendait avec anxiété l'arrivée du dessert. Son chef-d'œuvre allait être révélé. La porte s'ouvrit et un énorme gâteau blanc fut poussé sur un chariot. Le glaçage était une mousse au chocolat blanc. Sur le dessus, il y avait plusieurs figurines en sucre, représentant certains habitants du château. Greta s'éclaircit la gorge fortement. Les invités à table se tournèrent pour la regarder. « Je voudrais profiter de ce moment pour m'excuser pour ceux qui n'ont pas de figurine à leur effigie sur le gâteau. Je ne savais pas que vous seriez présent pour le repas d'aujourd'hui. » Les invités acceptèrent ses excuses, et lui firent savoir qu'ils n'avaient pas besoin de tous avoir leur effigie sur le gâteau. Tout le monde la félicita pour avoir fait un gâteau si merveilleux. Une fois cela fait, les domestiques commencèrent à servir le dessert.
Tout comme les yeux de Wolfram, ceux de Yuuri dévoraient le gâteau. Sa bouche salivait. Il sentit l'odeur sucrée du gâteau. Le repas avait peut-être été un désastre pour lui, mais finalement, il allait avoir une part du semble-t-il succulent gâteau de Greta. Il se lécha les babines. Lasagna lui servit sa part.
Yuuri jeta un œil à son assiette. Il regarda celle de Murata. Puis, celle de Greta. Enfin, celle de Wolfram. Sa part n'était pas bien grosse…en fait, elle était aussi fine que du parchemin. « Lasagna, est-ce que tu pourrais venir ici, s'il te plait ? » demanda un Yuuri assez irrité. Lasagna s'approcha. Il pointa son assiette. « Qu'est-ce que c'est ? » demanda Yuuri.
« C'est votre part de gâteau Votre Majesté. Vous ne devriez pas manger trop de sucre, » répondit Lasagna.
Yuuri se leva de sa chaise. Il prit son assiette contenant la minuscule part de gâteau. Il s'approcha du gâteau. A mains nues, il prit deux énormes parts de gâteau, et les mit dans son assiette. Puis, il se redirigea vers sa chaise, tout en léchant ses doigts. Lasagna était sur le point de dire quelque chose, mais décida de s'en abstenir quand son roi la fusilla du regard.
'Oh Shinou ! Est-ce que Sa Majesté a déjà des envies irrésistibles de sucre ?' songea Lasagna.
Entre deux bouchées de gâteau, Yuuri dit à Wolfram, « Wolf, pendant la réunion de la Table Ronde, je veux que tu montes la garde à l'extérieur de la pièce. » Wolfram trouva la demande étrange, mais il acquiesça à l'ordre.
Après le gâteau, le thé fut servi, et Greta reçut d'autres félicitations. Murata se leva et se dirigea vers le chariot recouvert. Il appela Sangria et lui demanda de ramener un plateau de service en argent. Alors que la domestique allait chercher le dit-plateau, Murata découvrit le chariot. « Hé Murata, ce n'est pas ta réserve privée ? » demanda Yuuri avec un énorme et énervant sourire sur le visage. Murata se tourna vers son ami et répondit, « C'est exact Shibuya ! »
« Tu as décidé de partager ? » questionna Yuuri, en regardant certaines bouteilles qui étaient déjà entamées.
« En fait, quelqu'un que toi et moi connaissons à découvert ma collection, et l'a fait livrée au château hier, avec ses compliments, » informa Murata d'un air agacé.
« Que toi et moi connaissons ? Je me demande de qui tu parles, » dit Yuuri en se retenant de rire. 'Bien joué Shinou !'
Murata ignora le commentaire de Yuuri. Il commença à servir de la licor 43 dans 19 verres. Au moment où il finissait de remplir les verres, Sangria revint avec le plateau. Murata plaça les verres sur le plateau et lui demanda de les servir à tout le monde, sauf à Greta. Sangria compta les verres et dit, « Votre Altesse, il y a 19 verres ici. Pour qui est le 19ème ? »
Murata la regarda bizarrement et répondit, « Il y a 19 adultes à table. »
« Mais, vous ne voulez sûrement pas que le Roi Yuuri boive de l'alcool dans sa condition, n'est-ce pas ? » murmura Sangria.
Murata était confus. La condition de Shibuya ? Il repensa à ce qu'on avait servi à son ami, et cela le frappa. Le frappa fort même. Est-ce que les domestiques pensaient que Shibuya était enceint ? Qu'est-ce qui leur avait donné cette idée ? Il voulait exploser de rire, mais il cacha son air amusé derrière ses lunettes luisantes. Ca allait être drôle de voir Shibuya, traité comme une femme enceinte. Et, il ne serait pas celui qui détruirait la loterie à bébés des domestiques. Il était sûr qu'elles en avaient organisée une. « Ne t'inquiète pas pour ça Sangria. Cette liqueur n'est que faiblement alcoolisée, le Maoh peut en boire sans problème. » Satisfait de la réponse du Grand Sage, Sangria servit les verres.
Murata retourna à sa chaise, mais avant de s'asseoir, il demanda au docteur Ferrer Hidalgo d'expliquer aux invités quelle était la boisson qu'il leur avait servie. Angel, qui était occupé à parlé à Gisela, n'avait pas remarqué ce qu'avait versé Murata dans leurs verres. Il fut pris au dépourvu quand Murata lui demanda de leur parler de la boisson. Angel leva son verre et sentit la liqueur. Il sourit en reconnaissant l'arôme. Puis, il se leva et expliqua aux nobles ce qu'était cet alcool.
Les invités goutèrent la liqueur. Tous la trouvèrent délicieuse, certains encore plus que d'autres. Un noble en particulier, Lord von Radford, demanda comment il pouvait se procurer une bouteille ou deux. Murata sauta directement sur l'occasion en répondant, « Je pourrai vous prendre plusieurs bouteilles pendant mon prochain voyage sur Terre, », tout en pensant aux bénéfices possibles. Le business, c'était le business. A partir de là, tous les autres nobles firent la commande d'une bouteille ou deux. Murata jeta un œil au chariot et pensa à organiser une dégustation plus tard dans la journée. Il allait ouvrit un business très lucratif. A ça, il mentionna qu'il ferait gouter d'autres liqueurs plus tard.
Yuuri lui chuchota, « Et comment est-ce que tu vas transporter les bouteilles et les boites ? »
Murata lui répondit, toujours en chuchotant, « Mon cher partenaire, tu possèdes la S.I.T – Shibuya International Transport Company. »
Quand Murata lui dit le nom de l'entreprise, Yuuri se vit en train de conduire un poids lourd entre les deux mondes. Mais, un camion ne pouvait pas rouler sous l'eau. Peut-être devrait-il acheter un sous-marin. Il ne serait pas mouillé. Il pourrait avoir un dock pour le sous-marin construit dans un lac proche du château, et utiliser le lac de Bob sur Terre. C'était un sujet dont il devrait discuter avec Murata. Il s'imagina portant un uniforme d'amiral.
« Shin Makoku à Shibuya, » Murata tapota l'épaule de Yuuri. Shibuya semblait rêvasser.
Yuuri posa son regard sur Murata et ne dit que deux mots, « Un sous-marin ! »
Pourquoi Shibuya parlait de sous-marins ? Murata se remémora leur précédente conversation. En analysant le train de pensées de Shibuya, il s'exclama, « Oooooh ! Un sous-marin ! Bonne idée Shibuya ! Il faudra en reparler plus tard. »
Alors que tout le monde quittait la salle à manger, Gwendal et Günter s'approchèrent de Yuuri. Ils voulaient lui parler avant la réunion. Un évènement qu'ils ne pensaient jamais voir arriver, arriva. Yuuri dit d'un ton autoritaire, « J'ai tout réglé, et je veux deux chaises en plus dans la Table Ronde. L'une est pour Murata, et l'autre est pour quelqu'un qui viendra plus tard. » Il quitta la pièce, laissant Gwendal et Günter troublés.
Quinze minutes plus tard, Yuuri entra dans la Table Ronde, et trouva Gwendal, Günter et Murata, déjà sur place. Il s'était préparé à la chaise tournante, mais, à sa grande surprise, la chaise du Maoh avait été déplacée. Il sourit d'un air satisfait, en pensant que les nobles avaient compris qu'il ne s'enfuirait pas comme le précédent Maoh. Il se dirigea vers sa chaise, maintenant face à la fenêtre. De chaque côté étaient installées les autres chaises. Murata était assis à sa droite. Les autres nobles commencèrent à arriver. Une fois qu'ils furent tous dans la pièce, Günter ferma la porte et vérifia que la barrière insonorisante fonctionnait correctement. Les nobles s'assirent à leurs places respectives. La chaise vide de Lord von Grant était occupée par la peluche de St Bernard de Gwendal.
Stoffel, bien sûr, dut faire un commentaire, « Pourquoi la chaise du Maoh a-t-elle été déplacée ? » demanda-t-il en pointant l'endroit où se trouvait la chaise jusqu'à présent.
« Gwendal et moi pensons que, contrairement au Maoh précédent, le Roi Yuuri ne s'enfuira pas, » expliqua sévèrement Günter. Gwendal marmonna, « Et nous ne voulons pas qu'il nous vomisse dessus. »
« Je dois dire que ce sont de très bons arguments, mais que fait le Sage ici ? » Stoffel se tourna vers le Sage, « Sans vouloir vous manquer de respect, Votre Altesse. »
« Aucun problème, » répondit Murata.
« Il est ici selon ma volonté, » dit Yuuri d'un air autoritaire, puis il s'assit. Une aura invisible et puissante s'enroula autour de Yuuri alors qu'il dit, « Peut-on commencer ? » Le ton et les gestes de Yuuri ne passèrent pas inaperçu par les nobles. Ils s'assirent en silence.
Stoffel s'éclaircit la gorge, « Je peux deviner la raison pour laquelle Lord Waltorana von Bielfeld a convoqué la Table Ronde, et je suis d'accord avec ça. Votre Majesté, que comptez-vous faire concernant le Roi Saralegui ? »
Yuuri était sur le point de bégayer une réponse quand il s'arrêta. Il s'apprêtait à se gratter l'arrière de la tête, mais il s'en empêcha. Ce qu'il fit fut inattendu. Il leva le regard vers Stoffel et dit, « Changeons de sujet pour le moment, et abordons un point plus important. Sara peut attendre. »
« Excusez-moi Votre Majesté…plus important que Petit Shimaron ? » questionna Lord von Radford.
« Oui. »
« Et ce serait… ? » demanda Gwendal.
Yuuri prit une grande inspiration, « Mon successeur au cas où il m'arriverait quelque chose. »
« Votre Majesté, qu'est-ce qui vous a mis cette idée en tête ? » demanda Günter.
Yuuri ne voulait pas avouer qu'une boisson périmée en était la cause. A la place, il pensa à une crevaison. « Pendant mon séjour sur Terre, nous avons vu un accident sur la route qui a blessé les personnes conduisant les voitures. Donc, je me suis mis à penser qu'un accident peut arriver à tout moment. Si quelque chose devait m'arriver, qui prendrait la tête de Shin Makoku ? Puis, je me suis dit que je voulais la meilleure personne possible pour prendre ma succession. »
« Avez-vous quelqu'un en tête Roi Yuuri ? » demanda Lord von Radford.
« En fait, oui. »
« Et qui est-ce ? » questionna Stoffel.
Yuuri sourit, « En fait, vous l'aviez déjà choisi comme 28ème Maoh de Shin Makoku. »
« Wolfram ? » dit Gwendal.
« Oui, Lord Wolfram von Biefield. »
Gwendal se tourna vers Waltorana. Il ne voyait rien de mal à ce que Wolfram soit un futur Maoh. Ce qui le gênait, c'était ce dont avait discuté Yuuri et Waltorana un peu plus tôt. « Waltorana… »
Yuuri coupa Gwendal, « Gwendal, Waltorana n'a rien à voir avec ma décision. Je l'avais déjà prise quand j'étais sur Terre. »
« Je ne remettais pas en question votre décision, Votre Majesté. Je voulais juste m'assurer qu'il n'y avait pas d'influence extérieure. » répondit Gwendal.
Stoffel, comme la fois précédente, n'aimait pas l'idée que Wolfram soit le successeur. C'était vraiment dommage que Raven ne soit pas dans cette pièce avec lui pour en discuter, mais il lui vint une idée qui pourrait rallier les nobles dans son camp. « Roi Yuuri, je comprends que vous ayez le besoin de choisir un successeur. Mais, je ne pense pas que vous ayez donné leurs chances à d'autres possibles candidats. »
« J'ai pris en considération d'autres candidats, mais aucun d'entre eux ne conduirait Shin Makoku dans la direction que je souhaite, » expliqua-t-il aux autres nobles.
Lady von Rochefort prit la parole, « Je crois que Lord von Spitzweg a raison Votre Majesté. Vous pensez peut-être que Lord von Bielfeld est le bon choix parce que vous avez de l'affection pour lui. Il est votre fiancé après tout. »
Yuuri jeta un bref regard à Gwendal et Waltorana avant de déclarer, « En réalité, Wolfram et moi ne sommes plus fiancés. »
« Excusez-moi ? Vous n'êtes plus fiancés ? » demanda Stoffel avec le plus grand sourire possible. Il devait trouver Raven au plus vite. Cette nouvelle était trop belle pour être vraie ! Il fallait chercher des fiancées potentielles pour le Maoh.
Comme Stoffel, Günter avait été euphorique quand il avait entendu la nouvelle. Maintenant, il avait peut-être une chance de gagner l'affection de Yuuri. Puis, il se souvint ! Angel ! Ce monstre avait sans doute influencé Sa précieuse Majesté ! Oh non !
« C'est exact. Wolfram a demandé, par écrit, que l'engagement soit annulé avant que je ne parte sur Terre. J'ai signé l'annulation. » dit Yuuri aux autres nobles. Il pouvait sentir l'aura de surprise provenant de Murata derrière lui. Yuuri se tourna et sourit à son ami. La bouche de Murata était légèrement entrouverte dans un halètement silencieux.
Murata était surpris, très surpris même. Quand Shibuya avait-il signé l'annulation ? L'avait-elle signé avant, quand il avait eu cette réunion, ou bien avant ça ? Et pourquoi Shibuya l'avait-elle signé ? Il n'était pas amoureux de Lord von Bielfeld ? Peut-être était-il arrivé à la mauvaise conclusion concernant von Bielfeld, après tout. Peut-être que Yuuri était amoureux de Angel ? Murata arriva à une unique conclusion : Shibuya était encore plus pénible que Shinou !
« Votre Majesté, puis-je vous demander pourquoi vous avez signé ce document ? » demanda Günter.
« Parce que ces fiançailles étaient accidentelles. Je ne veux pas être engagé accidentellement. » répondit Yuuri.
Lady von Rochefort dit donc, « Si je comprends bien, Sa Majesté ne veut pas être accidentellement fiancée à Wolfram. »
« C'est exact. »
Lord von Gyllenall entra dans la conversation, « Donc, nous devons comprendre que vous ferez à nouveau votre demande à Wolfram ? Ainsi, vos fiançailles ne seront pas accidentelles. »
« Je…je… »
« Vous aimez Wolfram ? » demanda Gwendal.
Yuuri prit une grande inspiration. Mince, quelqu'un avait du poser cette question. Et re-mince, ce quelqu'un était Gwendal. « Je…je…il compte pour moi, » répondit Yuuri.
« Je ne vous ai pas demandé s'il comptait pour vous, mais si vous l'aimiez ? » Gwendal lança un regard noir à Yuuri.
Yuuri baissa la tête et ferma les yeux. Puis, il releva la tête, se redressa sur sa chaise et dit, « OUI ! » (Enfin ! 27 chapitres pour ce moment glorieux ! Yuuri je suis fier de toi !)
Lord von Wincott demanda alors, « Donc, nous devons comprendre que vous préférez avoir Wolfram en tant que successeur plutôt que fiancé. Pourquoi ? »
Yuuri se tourna vers Lord von Wincott et répondit, « D'abord, même si j'ai des sentiments pour Wolfram, je ne suis pas sûr qu'il ressente la même chose. Il est devenu plutôt distant récemment. En plus, il est celui qui a demandé à annuler nos fiançailles, donc, je ne sais vraiment pas s'il a des sentiments pour moi. Je pense plutôt qu'il ne me considère que comme un ami. » Yuuri prit une grande inspiration, et poursuivit, « Et en plus…Shin Makoku est ma priorité. Mes sentiments pour Wolfram sont secondaires par rapport à mon royaume. »
Lord von Radford intervint. « Il faut donc comprendre que vous préférez abandonner votre relation avec Wolfram pour qu'il devienne votre héritier ? »
« Et bien…Oui et non. Ca dépend ce que vous entendez par relation ! »
Murata avait écouté ce que Yuuri disait. Murata connaissait également trop bien Yuuri. Il n'allait pas abandonner sa relation avec Wolfram. Qu'importe à quel point la situation pouvait être désespérée, Yuuri n'abandonnait jamais. Donc, Murata les interrompit et posa une question très pertinente. « Excusez-moi ! » Les nobles et Yuuri se tournèrent vers Murata. « Je sais que c'est étrange que j'assiste à cette réunion et que j'interrompe votre discussion. Mais…j'ai une question pour le Maoh. » Yuuri scruta Murata, se demandant qu'elle serait la question. « Est-ce que Lord Wolfram von Bielefeld est au courant de ce dont nous discutons ? »
« Que je veux qu'il devienne mon héritier…successeur ?... Non, il ne sait rien. »
« Shibuya, est-ce que tu as l'intention de demander à Lord Wolfram von Bielefeld de t'épouser ? »
Yuuri regarda son ami, soupçonneux. Qu'est-ce que Murata essayait de dire ? Après une brève réflexion, lui permettant de comprendre la stratégie dans cette question, il répondit, « Je…n'ai pas l'intention de lui demander. »
« Votre Altesse, quelle est votre opinion ? » Toutes les têtes se tournèrent vers Lord Waltorana von Bielefeld. « En tant que Grand Sage, votre opinion a une grande valeur. »
Le Sage se leva et s'adressa à la Table Ronde. « C'est une excellente idée d'établir une lignée de successeurs. Si le Maoh devient invalide pour son rôle, il faut quelqu'un pour prendre sa place, momentanément ou de façon permanente. Cette succession va fournir de la stabilité et de la continuité au gouvernement de Shin Makoku, puisque Shinou ne choisit plus le Maoh. Et, concernant le fait de choisir Lord Wolfram von Bielefeld comme héritier au trône, je pense que Shinou lui-même approuverait…Ou plutôt, il a déjà approuvé. En plus, il a déjà été choisi comme héritier par la Table Ronde. »
Puis, Murata fit quelque chose d'inhabituel. Il enleva ses lunettes. « Puis-je vous recommander ceci ? A partir de maintenant, tous les futurs Maoh choisiront une personne pour leur succéder après leurs vingt premières années de règne. Une fois choisie, la Table Ronde votera et le choix sera approuvé à partir de soixante pourcents de votes positifs. En plus, la Vierge Originelle du Temple de Shinou doit donner son approbation. »
« Pourquoi la Vierge Originelle devrait approuver ? » questionna Lord von Radford.
Murata repositionna ses lunettes et sourit. « Elle est impartiale en politique. En d'autres mots, sa décision ne sera pas influencer par la politique. Et son approbation symbolisera que l'âme de la personne choisie est pure et forte. »
Lord von Wincott dit, « Je crois que nous devrions prendre en considération les recommandations du Sage, et se réunir à une date ultérieure pour discuter de la ratification de la loi sur le choix du prochain Maoh. »
Yuuri aimait la proposition de Murata. Mais, est-ce que cela signifiait qu'il devrait attendre vingt ans pour nommer Wolfram, ou attendre qu'Ulrike donne son approbation ? Il se tourna vers son ami. « Murata ? Et pour ma proposition ? Je voudrais demander à Wolfram aujourd'hui. »
Murata remonta ses lunettes sur son nez. « Shibuya, puis-je supposer que tu as déjà parlé de Lord Wolfram à Shinou la nuit dernière ? »
« Vous avez parlé à Shinou la nuit dernière ? » s'étonna Lord von Rochefort.
« Oui, et il a dit que c'était une excellente idée, » répondit Yuuri.
« Et bien, puisque Shinou a donné son approbation concernant Lord Wolfram, l'affaire est réglée. »
Waltorana déclara rapidement, « Je suggère que nous soumettions la requête de Sa Majesté au vote. Tous ceux en faveur d'avoir Lord Wolfram von Bielefeld en tant qu'héritier officiel de Sa Majesté lèvent la main. »
« Attendez ! » dit Yuuri. « Avant de prendre votre décision, j'ai quelque chose à vous demander : d'abord, que Wolfram soit autorisé à venir à la Table Ronde et assister à la réunion s'il accepte. Ensuite, qu'il puisse assister à toutes les prochaines réunions. Et enfin, que cette nomination soit un secret entre nous. »
« Pourquoi devrait-il être autorisé à assister aux réunions ? » demanda Stoffel.
« Si la Table Ronde et moi-même arrivons à un arrangement, et que je n'agis pas en conséquence, il va me griller sur place. » Des ricanements furent entendus autour de la table.
« Pourquoi devons-nous garder sa nomination secrète ? » demanda Lord von Wincott.
« Si Wolfram devient mon héritier, nos ennemis vont commencer à le prendre pour cible, en plus de moi. En plus, je veux qu'il continue d'occuper son poste de capitaine. »
Les nobles discutèrent entre eux des propositions de Yuuri. Après une heure de débats enflammés, les nobles approuvèrent. Le vote fut fait, et tous les nobles présents approuvèrent. Stoffel fut le dernier à approuver à contrecœur, mais il ne voulait pas aller à l'encontre de la volonté de Shinou. Donc, Stoffel approuva.
Murata se leva de sa chaise et demanda à un Yuuri très satisfait, « Dois-je aller chercher Lord von Bielefeld ? »
« Il devrait être près de la porte. Je lui avais demandé de venir garder la porte. Mais, ATTENDEZ ! Avant qu'il n'entre, je veux que vous me promettiez tous que vous ne lui direz pas un mot concernant ce que j'ai dit. Promettez-le ! » demanda Yuuri.
Plusieurs nobles étaient confus. Ce qu'avait dit le Roi Yuuri ? « Votre Majesté, puis-je vous demander à quoi vous faites référence ? » demanda Lord von Wincott.
Yuuri gigota et bégaya, « Et b…b…bien, vous sav…savez. La que..question qu'a posé Gwe…Gwendal. »
Murata ne pouvait pas laisser passer la chance d'humilier un peu Shibuya. « Tu veux dire, la question qu'a posé Lord von Voltaire ? La question à laquelle tu as répondu un 'Oui' retentissant ? Cette question ? »
Lady von Rocheford aimait les belles histoires d'amour. « Vous ne voulez pas qu'il sache que vous l'aimez ? Mais, c'est une si belle histoire d'amour ! »
Lord von Karbelnikoff, qui était assis à côté de Lady von Rocheford dit, « Oui, oui, une très belle histoire d'amour. Mais, si nous gardons ça secret, ce sera une histoire d'amour encore plus excitante. »
« Un amour secret, mignon et innocent, » commenta von Rocheford.
« Un amour mignon et innocent vous dites ? » grogna Gwendal, puis il se mordit la langue. Sa Majesté était un jeune roi pervers, qui convoitait son innocent petit frère.
« Je vote pour que nous gardions secret l'amour 'mignon et innocent' pour Lord Wolfram von Bielefeld, » déclara Lord von Wincott. Tous les nobles et Murata firent la promesse à Yuuri qu'ils garderaient ses sentiments secrets. Yuuri avait pris différentes teintes de rouge. La dernière teinte était proche du cramoisi.
Murata se leva et se dirigea vers la porte, qu'il ouvrit.
Maintenant venait la partie la plus difficile. Est-ce que Wolfram allait accepter ?
Wolfram était appuyé contre le mur, faisant face à la porte, quand il entendit celle-ci s'ouvrir. Il se redressa rapidement. Il fut surpris de voir que le Sage assistait à la Table Ronde. Il fut encore plus surpris quand le Sage lui dit, « Lord von Bielefeld, entrez s'il vous plait. Votre présence est requise. »
« Ma présence est requise ? » répéta un Wolfram incrédule.
« Oui, » lui assura Murata avec un sourire.
Wolfram fit un pas en avant, hésitant. Son cœur s'emballa. Pourquoi voulaient-ils qu'il entre ? Avait-il fait quelque chose de mal ? Yuuri avait-il fait quelque chose de mal ? Attendez, est-ce que Yuuri prévoyait de retourner sur Terre avec Angel ? Yuuri ne ferait pas ça, n'est-ce pas ? Il déglutit bruyamment, réajusta son uniforme et entra dans la pièce. Murata ferma la porte derrière eux.
Wolfram jeta un œil aux nobles. Tous, à l'exception de Stoffel et Gwendal, souriaient. Il se sentit un peu plus à l'aise. Puis, il posa son regard sur Yuuri, qui portait son habituel sourire niais. « Avance Wolfram, » dit sévèrement Gwendal. Wolfram s'exécuta.
Yuuri se leva de sa chaise. « Lord Wolfram von Bielefeld, la Table Ronde et moi-même avons décidés, et avec l'approbation de Shinou, de te désigner comme héritier du trône de Shin Makoku. Tu prendras la relève, en tant que mon successeur, si quelque chose devait m'arriver. La seule chose qu'il manque maintenant est ton consentement pour devenir mon successeur. Acceptes-tu de devenir l'héritier du trône de Shin Makoku ? »
La mâchoire de Wolfram s'était ouverte en grand pendant le speech de Yuuri. Il jeta un regard en coin à Gwendal, dont le visage ne reflétait rien. Il regarda son oncle. Waltorana abordait un sourire paternel. Puis, il regarda les autres nobles qui continuaient de lui sourire. Enfin, il regarda Murata qui était retourné s'asseoir. Ce dernier lui fit un clin d'œil. Wolfram reposa son regard sur Yuuri, toujours souriant, et demanda, « Est-ce…est-ce que Votre Majesté a besoin de ma réponse maintenant, ou puis-je prendre le temps d'y réfléchir ? »
« Hum…maintenant, ce serait bien. » répondit Yuuri.
Stoffel se leva et dit, « Mon cher neveu, tu devrais prendre ton temps pour y réfléchir. C'est une décision très importante, pour laquelle je te donnerais volontiers mon avis. »
Dès que Stoffel se mit à parler, l'anxiété de Wolfram se dissipa. Stoffel lui donnant des conseils…mais bien sûr ! Wolfram savait quel genre de conseils son cher oncle lui donnerait. La seule chose que Stoffel avait accomplie était de permettre à Wolfram de prendre une décision rapide. Wolfram leva un sourcil et eut un petit sourire. « Merci Lord von Spitzweg, mais j'ai pris ma décision. » Puis, il se tourna vers Yuuri et déclara, « Votre Majesté et Nobles de la Table Ronde, j'accepte. »
A l'exception de Stoffel, tout le monde se mit à applaudir, même Gwendal.
Puis, Yuuri désigna une chaise à sa gauche et dit, « Prends place Wolfram. A partir de maintenant, tu suivras les réunions de la Table Ronde en tant qu'observateur. » Wolfram se dirigea vers la chaise indiquée et s'assit.
« Je suis assoiffé, » dit von Karbelnikoff. « Nous devrions prendre une pause et se servir un peu de thé. »
« Je suis d'accord, » ajouta Gwendal.
« Bien, nous prendrons trente minutes de pause, » dit Waltorana. Tout le monde approuva. La Table Ronde se dispersa.
Quand Yuuri se leva de sa chaise, Wolfram lui prit le bras. « Votre Majesté, un mot en privé…s'il vous plait, » demanda-t-il.
Yuuri répondit, « Ok, allons chercher Greta et prendre le thé. » Wolfram hocha la tête.
« Shibuya, as-tu besoin de moi pour la réunion quand elle reprendra ? » demanda Murata avant que Wolfram n'entraine Yuuri autre part.
« Je ne pense pas. Tu as autre chose à faire ? » questionna Yuuri.
« Je supervise Lady Anissina, »répondit Murata. Il était impatient de voir les progrès concernant la réparation du journal.
« Murata, tu es plus brave que tu n'en a l'air. » déclara Yuuri.
« …Merci Shibuya, » dit Murata. Il ne savait pas si Yuuri le considérait comme un compliment ou une insulte. Il supposa que c'était la première option. Shibuya n'insultait quasiment jamais personne. « A plus tard Shibuya et amuses-toi bien. » Murata quitta la pièce.
Gwendal, Günter et Waltorana attendaient Yuuri et Wolfram à la porte. Gwendal et Günter voulaient parler à Yuuri et Waltorana voulait parler à Wolfram. Les trois mazokus plus âgés furent déçus quand Yuuri annonça, « Je suis désolé, mais Wolfram et moi allons prendre le thé avec notre fille. Vous savez…pour passer un peu de temps en famille. »
Yuuri marcha le long des couloirs vers les jardins où il savait que Greta se trouvait. Wolfram le suivit, mais doucement, puis ralentit l'allure jusqu'à être loin derrière Yuuri. Ce dernier ne sentant plus Wolfram derrière lui s'arrêta et se tourna pour voir où était son ami. « Viens Wolfram, nous n'avons pas toute l'après-midi, » dit Yuuri.
« Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? »
« Fais quoi ? »
« Tu sais. Faire de moi ton successeur. »
« Parce que c'était la meilleure chose à faire, » expliqua Yuuri en se rapprochant de Wolfram. « Ecoute, je vais expliquer tout ce qui s'est passé sur Terre ce soir après le dîner, d'accord ? »
« Pourquoi pas maintenant ? »
« Parce que c'est une longue histoire et que je n'ai pas envie de raconter ça au milieu du couloir ! »
« Très bien ! Mais, tu ferais bien d'expliquer tes actions ce soir, » s'exclama Wolfram. Puis, il marcha d'un pas vif vers les jardins. Yuuri le suivit rapidement.
Gwendal, Günter et Waltorana prenaient le thé dans le bureau de Gwendal. « Je veux savoir tout ce qui s'est passé dans la calèche vous menant ici ! » exigea Gwendal à Waltorana.
« Lord von Voltaire, vous osez me donner des ordres ? » aboya Waltorana en réponse.
« Je vous demande pardon. S'il vous plait, expliquez-nous à Günter et moi-même ce qui s'est passé dans cette calèche, » se reprit Gwendal avec un ton d'excuse.
« Excuses acceptées. On m'a demandé de passer par le Temple avant de venir ici. Là, j'ai trouvé Yuuri qui m'attendait, et il a demandé que je le conduise ici. J'étais surpris qu'il se trouve là et qu'il sache pour la réunion de la Table Ronde. »
« Shinou a du le lui dire, » interrompit Günter.
« C'est également ce que j'ai pensé. Sur la route menant ici, j'allais lui parler du problème avec Petit Shimaron, mais Yuuri m'a coupé. Il voulait que l'on discute de l'idée de faire de Wolfram son successeur. J'étais sans voix. »
« Vous voulez dire que c'est lui qui en a parlé en premier ? » demanda Günter.
Waltorana poursuivit, « Oui. J'étais si surpris que je crois que mes yeux sont sortis de leurs orbites. Après ça, il m'a demandé mon soutien, que j'ai volontiers donné. Je lui ai fait la remarque qu'il allait probablement avoir des problèmes avec les autres nobles puisque lui et Wolfram étaient engagés. A ce moment-là, il m'a montré l'annulation. »
« Donc, il avait le document avec lui, » commenta Gwendal.
« Je lui ai demandé ce qu'il comptait faire. Il m'a répondu qu'il pensait signer le document, puisque les fiançailles étaient accidentelles. Il ne voulait pas être fiancé à Wolfram à cause d'un malentendu culturel. Il voulait être fiancé à Wolfram parce qu'il l'aimait. Il voulait formaliser leur engagement demain soir, pendant la réception. A cet instant, j'ai protesté. Je lui ai dit de signer l'annulation, mais de ne pas demander sa main à nouveau. Les autres nobles auraient eu l'impression qu'il se jouait d'eux. Il a approuvé, mais seulement après m'avoir montré le cadeau destiné à Wolfram. »
« Il vous a montré la nouvelle tenue de Wolfram ? » demanda Günter.
Waltorana eut un sourire en coin. « Et bien, on dirait que j'en sais plus que vous deux. Je ne parle pas de vêtements. Je parle d'une chaine de foulard composée d'onyx et d'émeraudes. Vous la verrez demain soir. Je lui ai expliqué qu'un tel cadeau, offert en public, montrerait ses vrais sentiments pour Wolfram. Et, réfléchissez à cela : il a dit qu'il ne demanderait pas Wolfram en mariage. Mais, il n'a pas dit qu'il n'accepterait pas si c'est Wolfram qui lui demandait sa main. »
« Depuis quand est-il aussi sournois ? » questionna Gwendal.
« Depuis qu'il a le Grand Sage à ses côtés, » répondit Günter.
« Il y a une dernière chose. Il a mentionné qu'il voulait parler d'un sujet bien précis avec la Table Ronde, mais il n'a pas divulgué de quoi il s'agissait. » conclut Waltorana.
Les trois hommes se jetèrent des regards, se demandant ce que pouvait mijoter leur Roi.
Stoffel marchait rapidement, pour ne pas dire qu'il courrait, vers ses quartiers. Raven n'était pas dans la chambre. Alors, il marcha rapidement (courut) vers les jardins. Là, il trouva Raven parlant avec Celi. Comme d'habitude, Celi flirtait avec lui. Il s'approcha de la paire intime. Raven se redressa, et avant qu'il ne puisse saluer Stoffel, ce dernier lui prit le bras et l'entraina vers leurs quartiers.
Quand ils arrivèrent dans la chambre, Stoffel verrouilla la porte, regarda sous le lit, dans la garde-robe, sous la table de chevet, sous le bureau, sous la table et les chaises près de la fenêtre, et même derrière les peintures. Raven se demandait pourquoi Stoffel vérifiait qu'il n'y avait pas d'espions.
Après que Stoffel se fut assuré qu'il n'y avait personne d'autre dans la pièce, il s'approcha de Raven et chuchota, « J'ai de bonnes et de mauvaises nouvelles. »
« Je pense que vous devriez m'annoncer la mauvaise nouvelle d'abord my Lord, » murmura Raven en réponse.
« Le Roi Yuuri, la Table Ronde, et avec l'approbation de Shinou, ont nommé mon gamin de neveu le successeur du Roi Yuuri. »
« Lord Wolfram ? »
« Oui ! Juste ce que nous avions besoin : les trois frères influençant encore plus Sa Majesté ! La seule chose, c'est que nous devons garder ça secret. Je n'étais même pas supposé te le dire, mais tu es mon allié le plus puissant. »
« Je suis honoré de votre confiance my Lord. Puis-je vous demander quelle est la bonne nouvelle ? »
« Les deux gamins ne sont plus fiancés ! » déclara Stoffel tout excité.
Raven sourit et dit, « Alors, je devrais demander à Lady Elizabeth d'assister à la réception de demain soir. »
« Demandes à ce qu'elle vienne, et juste au cas où, trouves d'autres candidates pour Sa Majesté, » dit Stoffel en se frottant les mains.
« Je trouverai des candidates convenables pour Sa Majesté, mais je pense que Lady Elizabeth convient mieux à Lord Wolfram. »
« Bien pensé Raven ! Maintenant, la seule chose qu'il reste à faire est de trouver quelqu'un pour Sa Majesté ! » déclara Stoffel. La paire continua de conspirer tout en prenant le thé.
Trente minutes plus tard, Yuuri, Wolfram et les nobles de la Table Ronde se retrouvèrent dans la salle de réunion. Tous les membres s'assirent à leurs places respectives. Wolfram s'assit en silence à gauche de Yuuri.
« La raison initiale pour laquelle j'ai fait réunir la Table Ronde était pour demander à Sa Majesté ce qu'il comptait faire concernant la visite de Saralegui de demain, » commença Waltorana.
Yuuri s'éclaircit la gorge et sourit. « Avant de parler de Sara, je voulais discuter d'un autre sujet avec la Table Ronde. » Son sourire s'agrandit, et il se gratta l'arrière de la tête.
Comme il s'en doutait, il eut de faibles grognements et soupirs venant des membres de la Table Ronde. « Votre Majesté, pourriez-vous développer ? » L'œil gauche de Gwendal eut un tic.
« Et bien, j'ai eu l'idée…non, laissez-moi reformuler…Shori a eu l'idée d'échanger des ambassadeurs. Il veut envoyer un ambassadeur ici, et qu'il y en ait un qui aille sur Terre. Comme un échange culturel en somme. »
Lord von Gyllenall dit, « Cela semble intéressant. Mais, que gagnerions-nous d'un tel échange ? »
« Et bien, la personne désignée en saurait un peu plus sur le monde dans lequel je suis né. Donc, il appréhenderait mieux mon éducation et mon bagage culturel. Puis, j'ai aussi remarqué pendant le repas que vous questionniez tous le Docteur Ferrer sur l'alcool que vous avez goûté… »
Lady von Rochefort proposa, « Nous pourrions mettre en place des échanges de nature commerciales entre le monde de naissance de Sa Majesté et Shin Makoku. »
Wolfram pensa, 'Et voilà qu'entre en scène le plan de Murata.'
« Nous pourrions acheter des objets provenant de la Terre, et les vendre en se faisant une marge décente, » ajouta Lord von Karbelnikoff.
« Il n'y a qu'un problème avec cette idée, » fit remarquer Günter. « Comment Sa Majesté arriverait à transporter une telle quantité d'objets ? »
« Avec un sous-marin ! » déclara Yuuri.
« Sou…Souma…quoi ? » tous le monde demanda en même temps.
« Un sous-marin est un bateau naviguant sous l'eau. » expliqua Yuuri.
« Votre Majesté, c'est une idée intéressante. Cependant, n'aviez-vous pas dit que vous ne vouliez pas amener d'inventions provenant de la Terre dans notre monde ? » s'enquérit Günter.
« Oui, et je ne veux toujours pas amener de technologies terrestres ici. Mais, je n'ai jamais dit que je n'utiliserais pas les idées techniques venant de la Terre. Anissina pourrait construire le sous-marin. »
« Vous voulez que Lady Anissina construise un sous-marin ? » demanda Gwendal, tout en regardant Günter presque s'évanouir.
« Sous la supervision de Murata, elle devrait s'en sortir très bien, » assura Yuuri. Puis, il poursuivit, « Mais, nous avons changé de sujet. Nous parlions d'ambassadeurs. »
Lady von Rochefort prit la parole, « C'est une excellente idée. Je vote oui pour un échange d'ambassadeurs avec la Terre, et vous ? »
Avant que la Table Ronde ne puisse voter, Yuuri les stoppa. « Je ne pensais pas envoyer jute un ambassadeur sur Terre, mais dans tous les pays. »
« Tous les pays sur Terre ? » demanda von Wincott.
« Non, dans tous les pays de ce monde qui seraient intéressés pour échanger des ambassadeurs avec nous. »
Les nobles regardèrent Yuuri, comme si quelque chose n'allait pas chez lui. Pourquoi voulait-il envoyer des ambassadeurs dans des pays avec lesquels ils n'avaient aucun traité ? Yuuri secoua la tête. Les nobles n'arrivaient pas à anticiper. « Si nous envoyons un ambassadeur dans un pays, nous pouvons avoir un lien direct avec le dirigeant. Par exemple, si nous avions eu un ambassadeur à Petit Shimaron, nous aurions peut-être pu savoir à l'avance que Sara arrivait. Nous aurions pu éviter l'arrivée surprise de Sara. Nous aurions pu mettre en place un plan d'action pour quand il arriverait. »
« Nous avons des espions compétents pour ça, » répondit Gwendal.
Yuuri regarda Gwendal d'un air sévère et dit froidement, « Est-ce qu'un espion peut aller voir le dirigeant et lui demander quelles sont ses intentions vis-à-vis de Shin Makoku ? »
« Vous pensez qu'un ambassadeur pourrait rencontrer le Roi ? » rétorqua Gwendal.
« Oui, si l'ambassadeur est suffisamment intelligent pour savoir comment formuler la question. Si l'ambassadeur est suffisamment malin pour lire entre les lignes, alors oui. Nous devons juste nous assurer que nous envoyons la personne appropriée dans chaque pays. »
« Sa Majesté soulève un point intéressant, » dit Lord von Radford. « Waltorana n'aurait pas fait demander cette réunion aujourd'hui si nous avions su les raisons de la visite du Roi Saralegui. »
Günter eut un sourire de renard, « Waltorana l'aurait tout de même demandé. » La tête de ce dernier se tourna brutalement vers Günter. Ils commencèrent alors une bataille de regards.
Lord von Wincott demanda, « Votre Majesté, enverriez-vous un ambassadeur à Grand Shimaron ? »
Yuuri sourit à Lord von Wincott. Ce n'était pas son habituel sourire béat. Ce sourire était sournois et malicieux. « Grand Shimaron serait le premier pays chez lequel j'enverrai un ambassadeur. »
Stoffel, qui était resté silencieux (il réfléchissait à de potentielles fiancées pour le Roi), s'exclama, « GRAND SHIMARON ? POURQUOI ? »
Yuuri toussota légèrement, « Nous aurions une présence permanente là-bas, pour des raisons politiques bien sûr. Et bien sûr, nous les inviterions à envoyer un ambassadeur ici. »
« Ca permettrait à Grand Shimaron d'introduire encore plus d'espions ici ! » aboya Stoffel.
« Nous enverrions davantage d'espions là-bas, » ajouta Gwendal.
« Ce serait une danse politique, » continua Günter.
« Une danse qui continuerait sans jamais s'arrêter, » fit remarquer von Wincott.
« Une danse qui éviterait la guerre, » conclut Günter.
Puis quelqu'un, qui était resté silencieux, dit innocemment des mots magiques : « Nous pourrions demander à Ulrike d'envoyer des mouchards à l'ambassade de Grand Shimaron, » proposa Wolfram. Il ferma vite la bouche, réalisant qu'il n'aurait pas du parler. Tous les nobles et Yuuri se tournèrent vers Wolfram. Gwendal sourit et laissa échapper un rire machiavélique. Tous se tournèrent vers Gwendal. Yuuri n'avait jamais entendu Gwendal rire d'un air aussi machiavélique. Les yeux du général brillaient joyeusement. Yuuri se tourna vers Wolfram et demanda, « Wolf, comment connais-tu les mouchards ? »
Gwendal répondit rapidement, « Son Altesse, le Sage nous a expliqué ce que c'était hier. »
« Oh, d'accord, » dit Yuuri. Mais, pourquoi Murata leur avait-il parlé de micros ? Yuuri commençait à penser qu'il s'était passé quelque chose d'étrange pendant qu'il était parti, et qu'ils ne voulaient pas lui en parler. Il y avait trop de commentaires et d'actions bizarres pour ne pas remarquer que quelque chose clochait.
« Pourquoi est-ce que nous envahirions une ambassade avec des insectes ? (en anglais : bug = insecte, mais aussi mouchards)Ne voulons-nous pas être amicaux avec eux ? » demanda Lady von Rochefort.
« Pas des insectes dans le sens des mouches, fourmis ou vers, mais des mouchards électroniques (encore une fois la traduction ne reflète pas du tout le jeu de mots), » déclara Yuuri.
« Je suis désolé, mais je ne comprends pas, » avoua von Radford.
Yuuri expliqua, « Sur Terre, il existe de petits appareils qui peuvent transmettre le son et parfois l'image – ce sont les mouchards. Ils sont utilisés pour espionner. »
Wolfram ne pouvait pas garder la bouche fermée, « Excepté que Shinou utilise régulièrement des mouches en tant que transmetteurs et que le globe d'Ulrike est le récepteur. »
« Attends une minute, comment Shinou connait-il les mouchards ? » demanda Yuuri à Wolfram.
« Je suppose que Murata lui en a parlé. » Wolfram haussa les épaules.
Gwendal prit la parole, « Je vote pour que nous proposions d'envoyer des ambassadeurs, particulièrement à Grand Shimaron ! »
Stoffel, pensant comme Gwendal, dit « Je suis d'accord ! Que tous ceux en faveur de cette proposition disent oui. »
Avant qu'ils n'acceptent tous, un autre débat fut animé. Qui allaient-ils envoyer ? Combien coûterait ce projet ? Quels seraient les bénéfices pour Shin Makoku ? Etc…etc…Après ce qui semblait être des heures de débat, tous les nobles acceptèrent. Les raisons variaient entre les personnes. La raison principale était la facilité avec laquelle ils espionneraient Grand Shimaron.
Yuuri était content que ces deux idées aient été approuvées. Maintenant venait la situation avec Sara – son pire cauchemar. Stoffel demanda à Yuuri, « Votre Majesté, voulez-vous ajouter quelque chose avant que nous poursuivions avec la raison initiale pour laquelle cette réunion a été organisée ? »
« Nope ! » Yuuri ne pouvait penser à rien d'autre pour éviter de parler du 'problème Sara'.
Le coup partit brutalement. Il n'aurait pas du dire 'Nope !' si rapidement. Les nobles, à la gâchette joyeuse, tirèrent leurs questions simultanément. La rapide rafale de questions, concernant Sara allait si vite que Yuuri n'avait pas le temps d'y répondre. Sa tête allait de droite à gauche, de gauche à droite, de droite à tout droit, de tout droit à nouveau à gauche etc…ect… Il avait l'impression que sa tête allait bientôt exploser. C'était presque pire que d'être sur la chaise centrale et de tourner pour être face à chaque interlocuteur. Ne pouvaient-ils pas le laisser répondre à une question à la fois ? Yuuri essaya de répondre à chaque question, mais dès qu'il commençait, un autre noble en posait rapidement une autre. Il fit de son mieux pour répondre en disant, « Et…et bien…vous….um…aaa…www...ppp…Saa… » Dans sa tête, il supplia, 'S'il vous plait, une question à la fois !'
Une brise légère et fraiche atteignit l'oreille gauche de Yuuri. Une brise qu'aucun noble n'avait sentie. C'était une douce brise d'été. Une brise si douce qu'elle pouvait délicatement faire se mouvoir le blé en de douces et calmes vagues dorées. C'était une brise qui voyageait gentiment après une rigoureuse tempête estivale, et qui ainsi apportait l'odeur fraiche des fleurs écloses. C'était une brise qui apportait fraicheur, liberté, et un mot singulier fut porté par cette brise.
Le mot voyagea avec la brise, la caressant : un seul mot, un mot uniquement pour le Maoh, un mot qui flottait doucement, un mot plein de sens, un mot qui pouvait mettre à genoux de grands dirigeants, un mot qui pouvait mettre à genoux des empires, un mot qui ne signifiait quelque chose que pour le Maoh. Ce mot fut calmement exprimé. C'était un mot plein de significations. Il fut prononcé si doucement que Yuuri en comprit la signification. Le mot calmement prononcé et transporté par la brise fut :
« Mauviette ! »
BANG ! Yuuri se leva et frappa la table de ses mains. Les vibrations de colère du Maoh se réverbérèrent autour de la table. « SILENCE ! » Une aura de colère entourait Yuuri. « Vous vous nommez nobles de la Table Ronde, et pourtant vous agissez comme des sales gamins dans une cour de récréation ! Votre manque de respect envers le Maoh est intolérable ! Vous apprendrez à respecter le Maoh ! A partir de ce jour, chacun d'entre vous posera ses questions avec respect ! Vous lèverez votre main, et poserez votre question uniquement quand je vous l'indiquerai ! » Le Maoh pointa du doigt le premier noble à sa droite. « Lord von Gyllenall, quelle est votre question ? »
« Votre Majesté, ma…ma…ques…question… »
« Vous n'en avez pas ! Suivant ! » Yuuri pointa du doigt le noble suivant. « Lord von Radford, que voulez-vous demander ? »
« Et bien, Votre Majesté, vous voyez, je…je… »
« Vous devez parler de façon cohérente ! » Yuuri pointa du doigt le noble suivant. « Lord von Christ ? »
« Je n'ai pas de questions Votre Majesté, » dit calmement Günter.
« Lord von Wincott ? »
« Votre Majesté, vous avez apaisé mes inquiétudes, » répondit Dell Kearson.
« Lord von Bielefeld ? »
« Votre Majesté et moi-même avons déjà parlé de mes inquiétudes ce matin. Puis-je vous demander de répéter aux autres nobles ce dont nous avons discuté ? »
Les pupilles de Yuuri se rétrécirent. « Très bien Lord von Bielefeld. Comme je vous ai déjà tout expliqué, je vais me répéter pour le reste de la Table Ronde. Je ne connais pas à l'avance la raison de la visite du Roi Saralegui. Ainsi, je suis incapable de former le moindre plan logique. Donc, nous devrons formuler des idées et des plans une fois que nous serons informés du but de sa visite. Ceci étant dit, nous devons aussi garder à l'esprit que le Roi Saralegui peut être particulièrement retors, même si je le considère comme un ami et un allié. A l'arrivée du Roi Saralegui, je veux que tous les nobles de la Table Ronde soient présents. Lord Wolfram von Bielefeld accueillera le Roi Saralegui au port et l'escortera jusqu'au château. Je l'accueillerai, dans la salle du trône, comme l'exige le protocole. Comme je l'ai dit précédemment, vous devrez tous être présents à ce moment-là. Une fois que le Roi Saralegui nous aura fait part de la raison de sa visite, je tiendrai conseil avec les membres de la Table Ronde. Je veux aussi que tous les membres de la Table Ronde soient présents à la réception de demain soir. Je n'accepterai aucune excuse ! Suis-je clair ? »
Les nobles répondirent en hochant la tête.
« Lord von Voltaire, vos questions ? »
« Aucune Votre Majesté. »
Yuuri pointa du doit Denesham, « Lord von Karbelnikoff ? »
« Je…je…je… »
« 'Je' ce n'est pas une question ! Suivant ! Lady von Rochefort ? »
« Quelle est la tenue exigée pour la réception de demain soir ? »
« Lord von Christ se fera un plaisir de vous en informer. »
Yuuri jeta un regard à sa prochaine victime – Stoffel von Spitzweg. « Lord von Spitzweg, avant que vous ne posiez vos questions, j'aimerais prendre le temps de vous informer de NE PAS inviter, amener, ou demander la présence de potentielles fiancées pour moi ou Lord Wolfram von Bielefeld à la réception de demain soir. Suis-je clair ? »
Stoffel sourit. La Maoh n'avait rien dit concernant le fait d'amener des fiancées potentielles pour Gwendal ou Saralegui. « Je comprends Votre Majesté, et je n'ai pas d'autres questions. »
Yuuri regarda la dernière chaise, occupée par le Saint Bernard en peluche de Gwendal et secoua la tête. Il promena son regard sur toute la table et dit, « Puisque toutes vos inquiétudes ont été apaisées, la Table Ronde est ajournée. Je ne veux pas être dérangé jusqu'à la fin de la journée. Günter, s'il te plait, informe le staff que je prendrai mon diner à l'heure habituelle dans la salle à manger. Et aussi, je veux qu'on me serve le même menu qu'à tous les autres convives présents. Que ceux qui veulent se joindre à moi pour le diner en informent Lord von Christ. » Une fois cela dit, Yuuri quitta la Table Ronde. Mais, avant de fermer la porte derrière lui, il avait une dernière chose à déclarer, « Stoffel, ni vous, Raven ou qui que ce soit de votre entourage ne sont autorisés à inviter qui que ce soit à la réception ! » Yuuri claqua la porte derrière lui.
Wolfram se leva et se dirigea vers la sortie. Quand il atteignit la porte, il se retourna vers les occupants de la pièce. Les nobles étaient toujours assis sur leurs chaises. Leur visage reflétait la confusion la plus totale. Finalement, Lady von Rochefort demanda, « Est-ce que Sa majesté vient d'entrer en mode Maoh sur nous ? » Wolfram secoua la tête et répondit, « Ce n'était pas le mode Maoh. C'était le mode 'Je-fais-ce-que-je-veux-et-vous-devrez-faire-avec de Yuuri. Je m'excuse si j'offense quelqu'un, mais il vous a bien remis à votre place ! Vous vous êtes complètement fait aplatir ! » Wolfram ouvrit la porte et s'en alla.
A suivre…
Voilà, j'espère que vous avez aimé ce chapitre et que la traduction est correcte ! Le coup de gueule de Yuuri est magistral je trouve !
Pfff, ce chapitre était particulièrement dur! Alors, avant qu'on ne me le demande, non, l'auteur n'a rien posté de plus. Il reste une moitié de chapitre à traduire (que je n'ai pas encore commencé d'ailleurs), mais rien après.
L'auteur n'a pas dit qu'elle arrêtait cette histoire, mais le dernier commentaire qu'elle a mis est qu'elle était bloquée pour écrire la suite.
Je ne sais pas quand je traduirai le bout de chapitre restant. C'est dur de trouver la motivation quand on sait que l'histoire n'est pas finie. J'espère qu'elle finira par poster. Si c'est le cas, pas d'inquiétudes, je finirai ce que j'ai commencé.
Merci à tous de lire ma traduction et à bientôt j'espère !
