Hi,
Je pointe mon museau à l'extérieur pour vous souhaiter un bon soleil.
C'est bientôt la fin de l'année (scolaire) pour certains. Examens, Concours, passage à l'année suivante, Carnet de note sont au rendez-vous.
Pour vous remonter le moral, j'ai pensé à vous en postant un nouveau chapitre. Tout beau et tout frais. Un chapitre court et essentiel. on a finit un chapitre par de l'action et et continue avec de l'action avec une trahison (titre du chapitre) qui va transformer nos personnages et qui va entrainer des événements dans chapitre suivant.
D'ailleurs je tiens à préciser dès maintenant que le prochain chapitre sera posté ailleurs, à part et posté ici avec une version allégée (très allégée, il fera beaucoup moins de mots). Pourquoi?
Il y a des scènes violentes interdites, je pense au moins de 12 ans. Cette histoire est tout public donc ces scènes n'ont pas sa place ici mais sont tout de même importantes dans l'histoire.
Sur ce bonne lecture.
Chapitre 8 : Trahison.
John regardait Beckett passer d'un soldat à un autre, dans le hall de la Porte des Etoiles, apportant des soins brefs mais efficaces. Woosley était retourné dansh son bureau après ce désastre, un peu bouleversé par les derniers événements. Il y faisait les cent pas. John pensait qu'il l'avait bien mérité cet échec puisque c'était lui-même qu'il l'avait provoqué, qui avait provoqué la jeune femme. John s'était assis sur les marches repensant aux dernières minutes passées analysant les moindres détails.
Le premier détail, Rodney qui lui avait dit affolé qu'Anéa voulait partir. Bah pourquoi pas ? s'était-il dit. C'est normal à près tout. C'était arrivé pendant leur combat amical. Elle aurait été… absente pendant un bref moment selon Mc Kay. Qu'est ce qui s'était passé exactement ? La même chose que lors de la fin de la bataille lorsqu'ils avaient retrouvé Rodney ? Puis d'un coup elle était pressée de partir. Un danger ? Pour son vaisseau ? Rodney avait dit qu'elle était reliée à lui intimement.
Le deuxième détail, elle avait réussi à ouvrir les portes blindées et fermées par ses hommes sous l'ordre de Woosley. Comme sur son vaisseau sans les toucher. Elle avait le gène des Anciens comme lui pourtant lui, il ne pouvait pas les ouvrir sans les toucher avec seulement l'envie de les ouvrir. Elle avait même réussi à prendre le contrôle de la cité entière malgré les protocoles de sécurité instaurés par Mc Kay, lui-même. Et puis l'énergie ? Elle était censée avoir quitté la zone. D'où venait-elle ? A-t-elle été détournée ? Grâce au gène encore?
Le troisième, il n'avait lu aucune peur dans les yeux des prisonniers lors de la prise d'otage dans la zone condamnée. Les yeux d'Anéa étaient devenus gris comme quand elle était en colère, gris comme des nuages d'orage. Il l'avait remarqué plusieurs fois ce changement de couleur de ses yeux selon ses humeurs. Mais il avait sentit autres choses comme si une autre personne avait été là à sa place. La voie métallique surnaturelle n'était pas la sienne, d'habitude si douce.
Le quatrième. Déjà quatre ? Ah oui et le pire de tous. Ces mains avaient lancé des…quoi déjà ? Des éclairs avec un grand E majuscule comme dans les jeux vidéos. A ce détail, il n'avait aucune explication car pour lui cela n'était pas possible, pas réel. Elle aurait pu tous les tuer en un seul geste pourtant elle ne l'avait pas fait. Elle avait juste envoyé une décharge anesthésiante à ses hommes qui allaient récolter un mal de tête au réveil.
Le cinquième qui se répétait un peu avec l'ouverture des portes blindées mais bon il devait tout analyser pour ne râter aucun détail. Elle avait déclenché la Porte des Etoiles en posant juste la main dessus. Encore une fois, grâce aux gènes des Anciens. C'était juste une question de volonté. Contrôle par son esprit comme pour le Jumper.
Le sixième, le « pauvres humains » résonna dans son esprit, le faisant frissonner. Puis le retour de sa personnalité soudaine saluant Rodney comme un vieux pote. Double personnalité ? Schizophrène ? Aucune détection par Beckett en tout cas.
Le septième. Les soldats agenouillés dan le couloir. John ne comprenait pas leur comportement. Pourquoi ? Elle avait dit qu'elle leur avait ordonné. Avait-elle contrôlé aussi leurs esprits ? Non elle avait dit « Obéir à un ordre direct d'un supérieur ». Un rapport avec son lien avec Woosley ? Peut être. Comment savoir ?
Tous ces détails s'entremêlaient dans sa tête de façon désordonnés. Il se releva aussi perdu qu'avant. Il alla demander des réponses à ses questions, enfin une partie à Woosley.
-'Quelles sont les nouvelles ?', demanda Woosley, en voyant John approché.
-'Aucun blessé. Tous pourront reprendre leur poste d'ici demain au plus tard sauf le scientifique, il a l'air très perturbé'.
-'C'est un désastre'.
-'Vous m'avez entendu, aucun blessé, c'est plutôt bie, non?'.
-'Oui, oui mais on a perdu deux hommes de votre équipe dont un atout. Je ne leur donne pas longtemps à vivre après ce que nous lui avons fait'.
John avait envie de lui répondre : « ce que vous avez fait » mais il se retint ne voulant pas aggraver l'humeur de Woosley.
-'C'était quoi votre plan exactement ?', demanda John puis n'en pouvant plus', mais qu'est ce qui vous est passé par la tête, bon sang ?'
-'C'était un plan tout fait, tout tracé. On la retenait ici. L'interroger sur l'usine, son vaisseau…'
-'Elle a dit qu'elle ne savait rien !'
-'Et vous l'avez cru !'
-'Mais qu'est ce que vous avez contre elle vous et Ronon ?'.
-'Et il y avait le vaisseau', sans l'écouter.
Il était aveuglé par le pouvoir comprit John.
-'On l'aurait forcé à tous nous révéler, on l'aurait contraint à nous servir…un lavage de cerveau, je ne sais pas…', continua Woosley.
John pensa qu'il était devenu fou.
-'…Mais tout n'est pas perdu. Vous avez vu son contrôle sur la cité, la Porte et puis ces éclairs…tout n'est pas perdu, on peut encore aller la rechercher. Préparer une équipe'.
…
John prépara donc l'expédition. Il prit le MPE par intuition. Teyla était à ses côtés, toujours prête.
…
Rodney traversa la Porte sans réfléchir. Une fois de l'autre côté, Anéa avait déjà disparu. Rodney entendit la Porte se refermer derrière lui et vit Ronon qui l'avait suivit, avec étonnement.
-'Tu ne pensais pas que j'allais te laisser encore partir seul', dit Ronon.
Ronon étudia les traces immédiatement au sol.
-'Que penses-tu de la situation ?', dit Rodney un peu nerveux.
-'Woosley est un abruti, il n'aurait jamais dû s'attaquer à elle'.
-'Je suis d'accord'.
-'Et au sujet d'elle ?', en montrant les traces.
-'Je ne sais pas, je croyais la connaître', soupira Mc Kay.
-'Mais tu la connais', insista Ronon,' j'ai entre-aperçut qu'elle n'avait fait aucun mal aux hommes, ils respiraient encore et aucune douleur se lisait sur leur visage mais je parlais plutôt...'
-'De comment elle a contrôlé la Cité sans difficulté ? À l'évidence, ce n'est pas comme John quand il contrôle le siège des Anciens'.
-'Et ses mains ?'.
-'Oui j'ai vu aussi', distrait.
-'Pour moi, l'hypothèse d'une Atlante court toujours', dit Ronon.
-'Peut être...on lui posera directement la question'.
-'Vraiment ? Tu penses qu'elle répondra à nos questions après ce qu'il s'est passé', dit Ronon, surpris.
-'Si elle ne veut pas nous répondre, elle nous le dira. C'est une personne franche et directe et elle ne nous mentira pas', affirma Rodney.
-'Ok je ne te ferai pas changer d'avis à son sujet, hein ?'
-'Même si tu m'attaches...je veux la retrouver', jura Rodney sûre de lui.
-'Fais attention, cela pourrait me donner des idées et si je t'assommes...ok, on y va', voyant l'air décidé de Mc Kay.
Il avait trouvé une trace à suivre. Rodney était surpris par son changement de comportement.
-'Qu'est ce qui t'a fait changé d'avis ?', après un moment de marche.
-'Je n'ai pas changé d'avis. Je ne lui fais toujours pas confiance mais si c'est un Ancien...il faut mieux la respecter...dis moi sa couleur de cheveux ne te choque pas ?'
Rodney s'arrêta brutalement.
-'Dis moi que ce n'est pas à cause de ça tout de même que tu la détestes...', rigola Rodney.
-'Réponds juste à ma question', entre ses dents.
-'C'est vrai que sa couleur de cheveux est peu commune mais ce n'est pas naturelle, c'est une coloration...les jeunes le font souvent. Ils se colorent les cheveux avec des couleurs voyantes pour se faire remarquer, pour se donner un genre'.
-'Donc c'est normal', dit Ronon un peu plus détendu.
-'Tu la persécutes à cause de sa couleur de cheveux!'
-'Non pas seulement, à cause de son aura'.
–'?'
-'Elle inspire autorité, force, c'est une femme...elles sont censées être sensibles et fragiles', s'expliqua Ronon.
-'Et Teyla ?'
-'Elle l'est à sa façon'.
-'On a de nombreuses femmes dans nos rangs', remarqua Rodney.
-'Je sais'.
-'Tu n'es toujours pas habitué à cette idée, n'est ce pas ?'
Il ne répondit pas.
-'Tout ce que je peux te dire, c'est que son cœur est pur. Elle pense toujours aux autres avant de penser à elle. Elle aide toujours son prochain même si cela la met en danger, elle est généreuse, intelligente...'
-'Et sait se servir des armes. Tu as trouvé ton égal aussi, n'est ce pas ?'
Il parlait de l'intelligence de la jeune femme.
-'Oui voire plus. Elle a une maîtrise de la physique quantique idéaliste. Elle a un point de vue sur les choses uniques... Tu as eu ta réponse ?'
-'Oui', sourit Ronon en levant les yeux au ciel.
-'Alors pas besoin que j'en rajoute'.
-'Non'.
-'C'était ennuyant'.
-'Oui presque', sourit Ronon', qu'allons-nous faire quand on l'aura retrouvé ?'
–'?'
-'Je ne me vois pas lui dire : « ah désolé en faite, ce n'était pas voulu cette attaque contre toi »', imitant la voix de Rodney.
-'Tu penses qu'elle nous en veut ?'.
-'Oui je pense', en regardant les traces', à ton avis, pourquoi elle se mettrait à courir'.
-'Je ne sais pas, c'est le cas ?'
-'Oui'.
-'Pour son vaisseau peut être'.
-'Comment le trouver ? Je te rappelle qu'il est camouflé', demanda Ronon.
-'Il faudrait un cheval, le sien ou celui que j'avais. Le cheval le trouvera'.
-'Ou bien on se laisse attaquer par un Wraith', proposa Ronon.
-'Hum...pas une mauvaise idée ça!'
-'Je plaisantais', dit Ronon.
-'Ah'
-'Elle a peut être senti qu'un des villages était en danger', supposa Ronon.
-'Elle ne l'aurait pas senti de la Cité'.
-'Tu penses vraiment qu'elle a ressenti un danger dans la Cité ?', demanda Ronon.
-'Oui, je ne vois pas d'autres explications, elle est devenue livide et...'.
-'C'est peut être en te voyant', plaisanta Ronon,' elle s'est arrêtée brusquement dans sa course... et elle a changé de direction'.
-'Elle a un bon sens d'orientation donc elle ne s'est pas perdue, elle a changé de plan'.
-'Oui bien vu', dit Ronon,' allons voir ce qu'il lui a fait changé d'avis'.
…
-'Là voilà', chuchota Ronon.
Elle était accroupie derrière un rocher.
-'Nous devrions nous annoncer', dit Ronon', zut', alors que Rodney se dirigeait vers elle.
-'Que faites-vous là ?', dit Anéa sans même les regarder.
-'Tu m'as entendu ?', dit Rodney surpris.
-'Même un sourd l'aurait fait'.
-'Tout à fait d'accord', affirma Ronon.
-'Que regardes-tu?'
Elle lui fit signe de la tête. Rodney vit un village silencieux.
-'Que remarques-tu ?', demanda Anéa.
-'Rien...quel est le problème ?'
-'C'est cela le problème. Un village fait du bruit en temps normal', dit Ronon.
-'C'est le deuxième village que je vois dans cet état, le premier était vide'.
-'Ils ont dû évacuer', dit Ronon.
-'Possible mais pas celui-là. Derrière ce village, il y a les grottes, c'est la ville natale de Lycas et de Martin'.
-'Tu penses qu'il se passe quelque chose de louche ?', dit Rodney.
-'Allons au port', ordonna Anéa.
-'Anéa...je voulais te dire', commença Rodney maladroitement.
-'Pas maintenant Meredith, on discutera cela après'.
Elle prit un tube de bois creux et souffla dedans. Aucun son ne sortit. Puis elle la retourna, souffla alors qu'un léger son aigu en sortit, porté par le vent.
-'Allons-y'.
-'Pourquoi tu as... ?', demanda Rodney.
-'Tais-toi et observes', coupa Anéa.
Mais observer quoi? Au bout de 20 minutes, des feuillages devant eux frémirent. Ronon se mit en alerte. Des yeux ambrés y sortirent. C'était Loup.
-'L'autre ne devrait pas tarder'.
-'Le cheval ?'
-'Les chevaux', corrigea Anéa.
-'L'ultrason pour le loup et l'autre pour les chevaux', comprit Rodney.
-'C'est une invention de Martin, c'est ingénieux, n'est ce pas ?'
20 minutes plus tard, à la sortie de la forêt, deux chevaux broutaient paisiblement sans se soucier des problèmes d'autrui.
…
Après une heure de chevauchée, Anéa arrêta sa monture et descendit. Ils firent de même, Rodney et Ronon se partageaient le même cheval. Elle s'approcha doucement et observa la port de loin. Ils étaient à une assez bonne distance pour passer inaperçus.
-'C'est différent ici...il y a des habitants...et des Wraiths! ', dit Anéa étonnée.
-'Ils tiennent en otage le village', dit Ronon.
-'Non, il y en a très peu. Soit les habitants ont fui à leur arrivée, soit les Wraiths les ont délocalisés et réunis dans un village plus grand'.
-'ça se tient', dit Rodney, ' Que fait-on ?'
-'Je ne sais pas mais il me faut l'épée', se mordit la lèvre,' je connais un village caché dans la montagne, on peut avoir accès à la grotte. S'il y a des réfugiés, Lycas les a cachés là-bas'.
-'Ok allons-y comme cela on n'en saura plus', dit Ronon.
…
-'C'est par ici', guida Anéa.
Elle grimpa et atterrit devant une entrée de grotte, une entrée obscure.
-'Y a-t-il quelqu'un ?', cria Anéa.
Ils entendirent, provenant de la grotte, des froissements de vêtements. Deux archers les accueillirent en les visant.
-'Dieu merci ce n'est que vous', dit Martin, un des deux archers.
Martin les guidèrent dans la grotte. Ils ne voyaient presque rien dans leur progression. Seul, Loup était dans son élément.
-'Pourquoi êtes-vous là encore ?', demanda Martin, curieux.
-'Mon vaisseau'.
-'Tu es donc au courant, d'après Taisha...'
Anéa s'arrêta.
-'Elle va bien, elle est ici en sécurité, elle a vu des Wraiths encerclés la zone qui d'après elle, était là où tu dormais...alors c'est vrai tu es venue ici en vaisseau', raconta Martin.
-'Oui Martin, que se passe-t-il ici?'
-'Je ne sais pas, tout s'est enchaîné très vite après le massacre dans les bois. Lycas est parti tirer ça au clair. Mais d'après certains qui sont là, on dit que des Wraiths avec la garde princière sont venus dans les villages fouiller les maisons. Même si les Wraiths n'ont pas attaqué, certains ont préféré se mettre à l'abri ici'.
-'La garde princière ? Mais que fait-elle avec les Wraiths ?'
-'Je ne sais pas... le prince a peut être passé un pacte avec eux où ils l'ont obligé...tenez installez vous, je vous apporte de quoi vous rafraîchir', proposa Martin.
-'Ceci ne me va pas de tout', dit Ronon.
-'Oui pourquoi cette alliance ?', demanda Anéa.
-'Pour trouver quelqu'un', dit Martin en revenant.
-'Il te cherche', comprit Rodney.
-'Il ne la trouvera pas...enfin tu contres les plans de Lycas bien sûre en revenant ici mais on fera avec', dit Martin en haussant les épaules.
-'On peut toujours avoir accès à la grotte par ici ?', demanda Anéa.
-'Oui tu veux y aller quand ?'
-'Maintenant'.
Martin demanda à dix hommes de les accompagner. Ils passèrent devant des visages d'enfants et de femme effrayés. Certains priaient ou chuchotaient à leur approche. Ils arrivèrent enfin dans la salle aux cristaux. Puis les hommes firent une haie d'honneur. Anéa les ignora. Elle empoigna l'arme qui glissa de sa prison de pierre et la rangea soigneusement dans son dos.
-'Il faut que je vois Lycas'.
-'Je ne sais pas où il est exactement…je vais me renseigner', dit Martin devant le regard insistant d'Anéa.
…
-'Que fait-on ?', dit Rodney.
-'Je ne sais pas, on attend nos réponses', dit Anéa.
-'Excusez moi madame, on m'a dit que vous cherchiez Lycas', dit un homme.
-'Oui mais qui êtes-vous ?'
-'Je suis Tarek'.
-'Ok Tarek tu sais où on peut trouver Lycas ?'
-'Oui c'est à deux heures d'ici'.
-'Très bien', dit Anéa en se levant', emmènes-moi'.
-'Vous êtes sûre, c'est dangereux ces temps-ci de se promener, seul'.
-'Oui'.
-'Tu ne vas pas y aller seule !', dit Rodney.
-'Si'.
-'Non je vais l'accompagner', répondit Ronon.
-'Moi aussi je viens'.
-'Non tu restes ici, dit à Martin qu'on est parti et récolte des informations pour moi', ordonna Anéa.
Ainsi Ronon et Anéa partirent, guidés par Tarek à la recherche de Lycas.
…
Une fois laissé seul, Rodney s'ennuya vite. Il essaya de trouver des visages connus parmi les villageois. Après quelque temps, il fut heureux de reconnaître un visage familier même s'il n'avait jamais cru qu'il serait content de le revoir auparavant.
-'Taisha ? Comment vas-tu ?', dit Rodney alors que la petite fille lavait des couverts.
Elle leva son visage fatigué vers lui. Son visage s'illumina quand elle le reconnut. Elle se leva.
-'ça va ? Vous êtes avec Anéa ?'
-'Oui'.
-'C'était une erreur, elle n'aurait jamais du revenir'.
-' ?'
-'Il y a des rumeurs', dit sa mère juste à côté.
-'Des Wraiths la cherchent', dit Taisha.
-'Oui, on sait'.
-'Mais il n'y a pas que ça', dit la mère en chuchotant, regardant autour de soi,' des hommes aussi la cherchent. Ce ne sont que des rumeurs mais certaines personnes seraient capable de la vendre aux Wraiths... vu les temps qui courent.
-'La vendre !'
-'Oui échanger contre leur vie sauve', dit Taisha navrée.
-'Mais ce n'est que des rumeurs, du coup on parle d'espions. Son retour ne va pas arranger les choses en plus', dit la mère.
…
Anéa et Ronon suivirent donc leur guide mais au bout d'un moment il ralentit sans raison.
-'Qu'y a-t-il ?', demanda Ronon.
-'Je ne sais pas si c'est une bonne idée de le rejoindre, il a dit de ne pas le déranger, s'il me voit...', expliqua Tarek.
-'On est loin ?', demanda Anéa.
-'Non'.
-'Dis nous juste la direction alors, on trouvera seuls', proposa Anéa.
-'C'est vrai ? Ce serait sympas, c'est par là encore pendant 15 minutes', indiqua Tarek du doigt.
-'Ok merci pour tout, rentre bien et soit prudent', dit Anéa tandis que leur guide rebroussait chemin.
-'Très bien à nous de jouer', dit Ronon en avançant en premier avec prudence.
Mais Anéa ne lui suivait pas. Elle regardait fixement l'homme s'éloigner. Ce dernier ne se retourna pas.
-'Qu'est ce qu'il y a ?', dit Ronon revenant vers elle.
Anéa fronça les sourcils.
-'Tu ne trouves pas son comportement étrange', dit Anéa.
-'Non', en haussant les épaules.
-'Cela vient peut être de moi mais il nous cache quelque choses', dit Anéa sans le regarder, elle reprit le chemin.
Ronon regarda l'homme s'en aller puis rattrapa Anéa. Ronon s'aperçut qu'elle semblait tendue et il ne comprenait pas pourquoi. Il n'y avait rien à signaler, pour le moment.
Ils avancèrent prudemment vers leur destination.
-'Je n'ai pas vu Chamane parmi les fuyards', remarqua Anéa après un moment de profond silence,' je pensais qu'il ne quitterait pas la grotte sous aucun prétexte'.
-'Il a été sans doute obligé avec le nombre de morts croissant', dit Ronon.
-'Lycas l'aurait mi à l'abri avec les autres. Il est trop important'.
-'Il doit être avec Lycas alors'.
-'Oui peut être. S'ils m'attrapent, que me feront-ils ?', demanda Anéa avec hésitation,' Je sais que vous les connaissiez bien et que vous…'
-'Il ne faut pas y penser, cela n'arrivera pas', promit Ronon, ne voulant pas s'aventurer sur cette discussion.
Il la regarda du coin de l'œil. Maintenant, elle semblait si fragile. Malgré leur différent et sa haine envers elle, il se promit de la protéger. Aucun ne méritait d'être l'esclave d'un Wraith, même la pire des vermines.
-'J'ai besoin de savoir', évitant son regard dans un souffle, elle fixait le sol', si jamais,…le pire est de ne pas savoir, non ?'
Ronon regarda à son tour le sol, il inspira une bouchée d'air et se lança :
-'Ils vous tortureront si vous avez de la chance. Ou ils pourront se servir de vous comme jouet dans leur stupide partie de chasse à l'homme'.
-'C'est ce qu'ils vous ont fait ?'
Il ne répondit pas. Son silence répondait à sa question.
-'Et quand ils se lasseront de vous, ils se nourriront de votre force vital à petit feu, vous croirez mourir mais non cela durera une éternité', poursuivit Ronon.
-'Je suis désolée', d'une voix douce', ce que vous avez enduré…'
Elle avait compris qu'il parlait d'expérience et ne posa pas plus de questions malgré ces centaines de questions.
-'Sont-ils tous… ?', cherchant ses mots.
-'Cannibales ?', continue Ronon,' oui tous…'
-'N'y a-t-il pas certains qui refusent leur situation'.
-'Oui cela existe mais ils sont peu', avoua Ronon à contre coeur.
-'Alors j'ai aucune chance qu'ils m'oublient'.
-'Aucune', navré.
-'Pourquoi vous ?'
-' ?'
-'Pourquoi avoir été leur…appât ? leur jouet ? comme vous le dîtes'.
Il ne répondit pas.
-'Je sais que vous aviez été…', avoua Anéa.
-'Je ne vous en ai pas parlé'.
-'Non mais votre regard, la tristesse et la colère dans votre regard dit tout à votre place. Vous les détestiez'.
-'Comme tout le monde. Et vous aussi vous devriez'.
-'Je les haïs mais différemment, cette haine ne vient pas de moi…'.
-' ?'
-'C'est une colère ancienne, quoiqu'il en soit pour vous c'est personnel'.
-'Ils suppriment toutes résistances de votre part, tout espoir de s'évader ou de fuir'.
-'Vous leur avez donc résisté…s'ils vous rattrapaient…'
-'Ils me tueront', finit Ronon le visage dur,' Je leur ai causé trop de problème mais pas avant d'avoir soutiré toutes les informations…'
-'Sur la Cité', conclut Anéa la gorge serrée.
-'Oui et sur les hommes qui m'accompagnent, John, Rodney, Teyla. Ils sont aussi recherchés. Puis ils les tueront devant moi avant de me tuer'.
-'C'est affreux', souffla Anéa,' cela n'arrivera pas, vous avez des secrets à cacher…je me demande comment ma vie a pu basculer…dans ce désastre…je pourrai maquiller ma mort et la votre aussi si vous le voulez. Je suis douée dans tout ce qui est explosif', dit Anéa souriante .
-'Pour se cacher…fuir'.
-'Ce n'est pas votre genre, j'ai compris…le mien non plus', soupira Anéa,' mais je suis lasse de courir et de sauver ma peau à longueur de journée, pas vous ?'
Il haussa les épaules.
-'Cela fait 15 minutes, vous voyez quelques choses ?'
-'Non mais cela ne doit plus être loin, il y a eu du passage', dit Ronon en observant les empruntes de semelles au sol.
Côte à côte, ils suivirent les traces de pas.
Ronon fixait le sol et Anéa fixait les alentours. Elle avait un mauvais pressentiment. Depuis le début. Elle frissonna. Mauvais signe.
-'On ne doit pas être loin', dit Ronon dans un murmure à peine audible, dans sa concentration.
Anéa ne l'écoutait pas aux aguets. Ronon s'avança mais elle l'arrêta dans son élan en lui barrant la route avec son bras contre son torse. Elle retira vivement son bras, ne voulant pas froisser Ronon qui la regardait froidement.
-'Désolée,' ne le regardant pas.
Elle s'accroupit. Elle montra le fil tendu entre deux branches du sol.
-'Un piège ?', dit Ronon à son oreille, de la surprise dans sa voix.
Anéa suivit du regard le mécanisme en silence. Ronon était proche d'elle. Elle fit attention à ces gestes quand elle dégagea les feuilles.
-'Sûrement pour briser des membres de gibier', dit Ronon.
Elle ne répondit rien, pas convaincue. Elle sortit doucement son poignard de chasse et se releva doucement pour épier les environs.
-'Comme vous l'avez dit, il ne faut pas qu'ils vous attrapent', concentrée.
Les sourcils de Ronon s'arquèrent d'incompréhension et de surprise. Il ne comprenait pas
-'Quoiqu'il arrive, cachez vous, prévenez les autres…et désolée d'avance', reprit Anéa rapidement sans le laisser le temps d'agir et de poser des questions.
Il voulait lui dire quelque chose mais elle le prit par surprise. Elle le poussa, il roula sur le sol légèrement penté vers un buisson à une quarantaine de mètres. Il vit l'éclat de son couteau de chasse. Elle allait couper le fil et déclencher le piège sans qu'il puisse intervenir.
Il ne put voir la suite car il continuait à dévaler la pente sans pouvoir ralentir sa chute. Seul un buisson stoppa sa course. Il entendit juste des clameurs et des cris d'étrangers. Il essaya de se relever avec difficulté, secoué par sa course folle. Le buisson le cachait. Il grogna quand il se releva et vit Anéa encerclée par des hommes brandissant des épées, des lances…Elle avait plongé sur le côté pour éviter le piège. Maintenant, un filet vide pouvant contenir une personne se balançait mollement en hauteur sans proies. Anéa avait dégainé ses deux dagues. Ronon réussit à se lever mais une vive douleur éclata dans sa cuisse. Il jura tout bas. Il avait une coupure à la cuisse. Elle l'avait blessé sans qu'il s'en aperçoive. Elle avait prévu le coup, le piège. Elle savait que c'était un piège depuis le début mais elle avait suivi l'intuition de Ronon. Elle l'avait écarté du piège lorsque celui-ci s'était refermé, déclenché par Anéa et elle l'avait mis hors service pour qu'il n'intervienne pas. La blessure n'était pas si douloureuse, elle était supportable s'il n'essayait pas de faire de mouvement brusque. Il ne pouvait donc pas attaquer. Elle l'avait juste mis hors d'état d'intervenir dans l'immédiat. Il ne pouvait que se cacher et regarder les événements comme un témoin, impuissant. Ou il pouvait intervenir et se faire prendre à cause de sa faiblesse momentanée. Les hommes tournaient autour de la jeune femme comme des vautours devant une carcasse. Elle était démunie. Pourtant ils restaient à une distance respectable pour l'instant, jugeant leur proie.
-'Attrapez là !', ordonna un homme prenant la décision de l'attaquer.
Il avait donc jugé qu'elle n'était pas un adversaire redoutable. C'était Tarek qui avait donné l'ordre. Ronon reconnu sa voix. Il jura. Tarek les avait piégés. Elle évita les hommes avec grâce. Elle les repoussa grâce à ses dagues mais ils étaient trop nombreux. Elle les laissa vite tomber. Elle sortit donc son épée. A sa vue, les hommes hésitèrent.
-'Allez-y, c'est juste une épée…attaquez là !'
-'Pourquoi ?', cria Anéa voulant comprendre.
-'Pour l'argent bien sûre ! Tu es une Etrangère, tu n'es pas notre famille et tu ne fais pas partie de mon peuple. Regarde toi, tu es si différente'.
-'Et Lycas ?'
-'Il n'y a pas de Lycas, il n'est pas là. Personne ne sait où il est.'
-'Est-il au courant ?'
-'Non', ria l'homme,' il t'a désigné comme terre inviolable. Son esprit est embué par toi, tu l'as séduit, il en trouvera une autre'.
-'Je n'ai rien fait de tel…s'il le sait…', se défendit Anéa.
-'Il saura trop tard', finit Tarek,' il ne pourra plus rien faire pour toi. Peu de femmes ont séduit Lycas. Avec un peu de chance, on verra ce que tu as en plus par rapport aux autres', ria Tarek.
Les autres firent échos. Elle se retint de frissonner ne voulant pas montrer sa frayeur.
-'Qu'allez-vous faire de moi !', dit Anéa.
-'A part nous amuser avec toi…le Prince nous donnera une récompense pour ta capture et libérera mon frère. Puis il te livrera sans doute aux Wraiths en échange de notre survie'.
-'Tu crois vraiment qu'ils vous épargneront !'
-'Peut être pas mais moi…nous serons riches et à l'abri. Et puis tu récoltes ce que tu as semé. Tu les as toi-même provoqués. Tu as provoqué leur colère, tu dois assumer maintenant'.
-'En vous défendant !', cria Anéa furieuse, essayant de temporiser,' je l'ai fait pour vous défendre'.
-'Peut être mais on t'a rien demandé. Arrêtons de discuter, attrapez-là. Et ne te défends pas ma chérie sinon je serai obligé d'utiliser la force', un sourire cruel aux lèvres.
Le même sourire cruel que dans son rêve. D'un homme lui voulant de mal, voulant la capturer pour en faire son esclave. Elle refoula ce souvenir affreux.
Ronon avait arraché un bout de son vêtement tout en suivant l'échange, pour compresser sa blessure, en faisant un garrot. Il pourrait peut être faire plus de mouvements. Il serra les dents quand il serra son bandage improvisé, écrasant son artère principale. Coupant ainsi sa circulation sanguine partiellement. Un caillot allait se former pour arrêter le saignement. Puis il reporta son attention sur Anéa. Elle avait temporisé le combat. Il essaya d'avancer mais il ne pouvait toujours pas s'appuyer sur sa jambe blessée. Il pouvait encore moins courir. Il remarqua qu'elle était en mauvaise posture. Le groupe se resserrait autour d'elle comme un étau lentement. Renfermant le piège. Elle avait du mal à les éloigner. Elle fit alors un geste étrange, peut être désespérée, elle lança son poignard. Elle loupa sa cible car le couteau de chasse alla se planter à deux pas de Ronon comme un avertissement alors que celui-ci tentait de s'approcher. Tarek rit.
-'La chance est avec nous ! Elle est maladroite aujourd'hui'.
Ronon regarda médusé le couteau, caché. Tarek n'avait même pas regardé dans sa direction, absorbé par Anéa. Puis avant de se rendre, sous le poids de l'adversaire, elle planta son épée dans le sol et leva les mains pour se rendre. Les hommes attrapèrent violemment ses mains pour les ligoter dans son dos. Ils ne faisaient pas dans la délicatesse. Elle serra les mâchoires pour étouffer un cri de douleur. Ces liens l'empêchaient de bouger et lui coupaient la circulation. Ses doigts commencèrent déjà à s'engourdir. Tarek lui attacha un anneau de fer au cou relié à une corde comme une laisse. Il tendit la corde à un de ses hommes.
-'Ils étaient deux, où est l'homme ?', dit un des hommes.
-'Il a dû fuir, on a ce qu'on veut, ignore-le', dit Tarek.
Celui-ci s'approcha de l'épée.
-'C'et du beau ouvrage…cette épée. Elle est incrustée de diamants sur le pommeau. Cela doit valoir beaucoup d'or'.
-'On ne peut pas la prendre, c'est…', intervint un homme paniqué.
-'Je sais ce que c'est ! Abruti ! Ce n'est qu'une légende…'
-'Personne n'a réussi à la retirer de son socle pourtant', faisant une croix rapide sur son torse et une brève prière.
-'Bah elle a dû trouver un moyen quelconque…pourquoi une Etrangère aurait réussi…'
Il s'avança vers l'épée, la caressa du bout des doigts. Puis il l'empoigna. Mais l'épée lui résista. Il ne put la retirer du sol. Il jura en jetant un regard haineux à Anéa comme si c'était sa faute.
-'Allons-y', dit Tarek prenant la corde d'un geste rageur, projetant Anéa en avant brutalement, l'étranglant à moitié comme pour se venger.
Elle ne broncha pas. Il jeta un dernier regard de regret vers l'épée avant de se retourner.
-'Couvres-lui la tête', dit Tarek alors qu'il tirait la corde pour forcer sa prisonnière à avancer.
Elle ne broncha toujours pas. Tous les hommes l'encerclèrent et la surveillaient de près attentivement leurs armes pointées vers elle.
Ronon jura entre ses dents à cause de la douleur et de cette foutue situation. Il avança vers le poignard en boitillant et l'arracha du tronc d'arbre avec lui aussi un geste rageur. Cette femme commençait vraiment à l'agacer. Puis il se dirigea vers l'épée en clopinant. Il ramassa les dagues en regardant l'épée émerveillé. Elle avait l'air maintenant ordinaire. Avec surprise, il put l'arracher du sol sans effort. Il ne chercha pas à comprendre, il la rangea soigneusement dans sa veste qu'il avait retiré. Il regarda son reflet dans la lame avant de l'enrouler dans le vêtement. Puis il décida de les suivre à distance, les gardant à l'œil. Ainsi ils rebroussèrent chemin pendant une heure. Ils arrivèrent enfin dans un camp temporaire. De là, ils bifurquèrent vers le port vide. Tarek et ses hommes se dirigèrent sans hésitation vers les quais avec leur otage, qui n'avait pas manifesté de résistance pendant la marche forcée à l'aveuglette. Tarek emprunta un bateau et embarqua avec ses hommes. Ils descendirent ainsi doucement la rivière se laissant glisser grâce au courant. Ronon ne put alors que les observait s'éloigner, caché dans un buisson, impuissant. Il ne pouvait plus les suivre discrètement. Car il n'était pas un bon marin et le bateau ne serait pas discret. En plus, il ne pensait pas pouvoir naviguer sur ces grands bateaux même des petits. Il renonça donc avec regret de les suivre mais ils connaissaient leur direction. Il avait plus qu'à espérer qu'ils ne s'éloigneraient pas du fleuve. Sinon il perdrait leurs traces.
Avec regret, il rebroussa chemin pour aller chercher des renforts à la grotte et prévenir les autres.
…
Ronon essayait d'aider Taisha et sa mère, tout en récoltant des informations en faisant différents tâches ménagères. Les nouvelles n'étaient pas bonnes. La situation s'était dégradée sur la planète depuis leur départ pourtant ils étaient partis que 3…4 jours. Il ne savait plus. Il observa discrètement les visages des habitants de la grotte. Ils avaient tous les traits tirés par la fatigue et la peur. Ils se regardaient discrètement, se méfiant des uns des autres, chuchotant entre eux comme pour comploter. Alors qu'il aidait Taisha, il remarqua une agitation anormale, inhabituelle vers l'entrée de la grotte. C'était peut être le retour de Ronon et d'Anéa avec Lycas. Cela faisait 3 heures maintenant qu'ils étaient partis. Il les chercha avec espoir. Puis il pensa qu'ils avaient échoué dans leur recherche. Mais des murmures se mirent à résonner dans la grotte de plus en plus forts. Rodney entendit :
-'Laissez passer !'
Rodney vit Martin, suivit de Lycas. Rodney le regarda avec stupeur. Il avait tellement changé en peu de jour. Une barbe naissante recouvrait son menton. Ces yeux étaient plus clairs, plus vifs malgré les cernes autour. Il était habillé beaucoup plus simplement d'un ensemble de cuir noir discret et usé. Son épée était toujours sur sa hanche droite. Il chercha ses compagnons mais ne les vit pas.
-'Lycas est là ?', dit Martin.
-'Mais…Anéa et Ronon ne sont pas avec vous ?', demanda Rodney inquiet, même s'il connaissait déjà la réponse.
Car il n'était pas aveugle. Ils n'étaient pas là.
-'Que veux-tu dire ?', demanda Martin.
-'C'est que…ils sont partis vous chercher…un homme leur a dit qu'il pouvait vous retrouver', expliqua Rodney.
-'Impossible, personne ne savait où j'étais, en cas de capture. Pourquoi êtes-vous revenus ?'
-'Elle a ressenti une urgence…'
Lycas haussa les épaules et regarda Martin.
-'Elle a dû sentir que son vaisseau était en danger', se justifia Rodney.
-'Oui, ils l'ont encerclé…enfin la forêt où elle résidait…puis il y a…', dit Martin.
-'La chasse à l'homme,' finit Rodney.
-' ?'
Lycas regarda Taisha et comprit.
-'Je vois…Quoi qu'il en soit, elle est en danger. Des habitants pourraient la vendre, la trahir…qui a voulu lui servir de guide ?'
-'Je ne sais pas…un certain Tarek', se mémorisa Rodney.
-'Tarek, un des jumeaux ?', demanda Lycas, pensif.
-'Oui il était dans le refuge', affirma Martin', il s'est réfugié ici alors que son frère se faisait tuer…une triste histoire'.
-'Son frère n'est pas mort, je l'ai vu pendant mon…petit voyage de reconnaissance, il est prisonnier. Tarek peut vouloir échanger Anéa contre son frère. Ce sont des rebelles qui ont aidé à faire chuter le port, pas des Wraiths. Et il faisait parti de ces rebelles'.
-'Combien de temps ils sont partis ?', demanda Martin.
-'trois heures je dirai', estima Rodney.
-'Si c'était un piège, il a déjà été tendu', reprit Lycas.
-'Et si ce n'était pas un piège, il pourrait penser te retrouver, c'est un bon pisteur', dit Martin.
-'Il y a des témoins en plus, on saura que c'est lui', dit Chamane en s'approchant.
-'Et seul il ne sera pas capable de la neutraliser car Ronon la défendra,' affirma Rodney.
-'Elle est avec lui ?'
-'Oui et elle rebroussera chemin quand elle verra que Tarek ne vous trouve pas et c'est peut être déjà le cas', dit Rodney avec espoir.
-'Espérons', dit Lycas, pensif,' je ne sais pas Martin je ne le sens pas…qui aurait quitté la sécurité de la grotte pour s'aventurer dehors dans une quête floue'.
-'Ronon est un bon combattant et Tarek connait les talents d'Anéa', rassura Martin.
-'Je le sens mal aussi', avoua Chamane.
-'Pour moi, on lui a tendu un…' , dit Lycas.
-'Un piège', finit une voix rude derrière eux.
C'était…
-'Ronon, vous êtes revenus', dit Rodney soulagé.
-'Je suis revenu', il attendit l'effet de ces paroles,' c'était bien un piège'.
-'Qu'est ce … ?', questionna Rodney.
Il le vit boiter. Il savait qu'il n'aurait pas abandonné Anéa sauf s'il avait été mis KO et en là en l'occurrence, il était blessé.
-'Il y a eu combat ?', dit Rodney.
-'Ouais', grogna Ronon', mais je n'ai pas participé, elle m'a blessé'.
-'Mais pourquoi ! Je ne comprend pas…'
-'Elle a senti le piège', comprit Martin.
-'Oui'.
-'Mais pourquoi ? Tu aurais pu l'aider !', répéta Rodney, perplexe.
-'Je ne sais pas…'
-'Pour nous prévenir, si vous avez été attrapés tous les deux, personne aurait été prévenu de votre disparition ou trop tard pour pouvoir agir', expliqua Martin.
-'Et il aurait mieux fallu qu'il vous attrape vous qu'elle. Mais ce n'était pas leur but, mais ça elle, elle ne le savait pas. Elle a donc été capturée', dit Lycas en colère.
-'Que va-t-on faire ?', demanda Rodney, désespéré.
-'Allez la chercher', dit Lycas, décidé.
-'Je viens', dit Ronon.
-'Vous êtes blessé', remarqua Chamane.
-'Ce n'est rien, elle n'a pas voulu me blesser mortellement, juste me mettre hors service un petit moment'.
-'Ok mais ne me ralentissez pas', prévins Lycas menaçant.
-'Je viens aussi', dit Rodney'…quoi ! C'est mon amie !'
-'Non', dit Ronon.
-'Que s'est il passé exactement ?', demanda Lycas.
Ronon raconta avec tous les détails et leur montra l'épée.
-'Pauvre fou, il pensait voler l'épée', dit Chamane en la regardant.
-'Pourtant, il a pu l'enlever lui', remarqua Martin.
-'Car il n'avait pas de mauvaises intentions et Anéa lui a peut être confié', supposa Chamane, ' mais il ne pourra pas s'en servir comme son véritable propriétaire. Dans sa main, elle sera qu'épée ordinaire'.
-'Ils sont donc descendus par le fleuve, ils vont peut être vers la capitale', supposa Martin.
-'Non, le prince est à Boran et sa garde est beaucoup agitée dans cette zone en ce moment. Des témoins ont vu les gardes coopérer avec les rebelles', informa Lycas.
-'C'est impensable !', dit Chamane,' pas le Prince, il n'aurait jamais ordonné ce coup d'état au port et n'aurait pas laissé les Wraiths envahir nos terres'.
-'Plusieurs témoins ont raconté la même histoire et je l'ai crois'.
…
Anéa avait senti le piège tout de suite sans le situer avec exactitude. Elle sortit la lame discrètement et le chercha des yeux. Elle arrêta brusquement Ronon en voyant un léger éclat. Elle le regarda et prit une décision en quelques secondes. Elle avait fait son choix et elle ne le regretterait pas. Enfin elle l'espérait. Elle blessa Ronon et le poussa sur le côté vers la pente. Déséquilibré, il tomba et la dévala. Et elle enclencha le piège sur elle. Puis des hommes l'avaient attaqué. Elle se défendit puis se laissa prendre à cause du surnombre. Sa gorge se serra et son cœur s'affola quand on lui passa une corde autour de son cou et un sac sur la tête. Elle les suivit docilement, en trébuchant de temps en temps, un peu déséquilibrée, aveugle. Elle écouta attentivement les alentours, essayant de se repérer dans l'espace. Elle réussit à entendre Ronon les suivre. Sa présence la rassura. Même s'il était loin et qu'il n'allait pas intervenir. Enfin normalement. Ses ravisseurs étaient tellement contents de leur prise qu'ils ne savaient qu'ils étaient suivis à distance et ne le remarquèrent même pas. Elle put ressentir leur satisfaction. Elle angoissa quand ils embarquèrent sur un navire. Elle pouvait sentir le sol tanguait sous ses pieds lors de l'avancée de l'embarcation le long du fleuve. Elle laissa le vent caressé ces cheveux. Le vent l'apaisait. Elle s'était laissée prendre pour plusieurs raisons. Elle avait eu quelques secondes pour prendre sa décision et maintenant elle avait tout son temps pour y réfléchir.
La première raison était qu'ils étaient nombreux et en surnombre. Puis elle ne voulait pas les blesser et enfin elle était curieuse de savoir pourquoi ses hommes voulaient l'attraper. Mais si elle avait su ce qu'il l'attendait vraiment, elle ne se serait pas laisser faire et elle regretterait d'être curieuse. Car l'impensable pour elle allait se produire.
Elle resta ainsi longtemps dans le noir, attachée et surveillée, se laissant bercer par le bateau. Elle savait qu'ils la surveillaient étroitement. Elle pouvait sentir leurs regards attentifs, lui piquant la peau. Ils finirent par arriver à destination et descendirent sur la terre ferme. Elle eut dû mal à s'habituer au nouveau sol qui ne tanguait plus. Arrivée à un bâtiment, ils lui enlevèrent la cagoule. Ils étaient devant une prison. Le sol était recouvert de paille usée. Les cellules faisaient trois mètres sur trois. Ils arrivèrent au bout et le chef de la bande la poussa dans une des cellules violemment. Chaque cellule avait une petite fenêtre de 10 centimètres. Il lui enleva la corde autour du coup. Sans un mot, ils l'enfermèrent et partirent en l'ignorant. Anéa se massa le cou endolori, où la corde avait laissé une marque vive. Elle regarda immédiatement la solidité des barreaux. Elle les secoua mais ils tinrent bons. Elle se dirigea vers la fenêtre pour regarder les environs. Un bruit de métal résonna dans la prison. Quelqu'un avait mit un loquet. Elle reporta son attention vers l'extérieur. La lumière du soleil l'aveugla. Elle ne reconnaissait pas le village qui était à la fois calme et agité. Calme car aucun marchand ne vantait ses produits en criant sur la place du marché, agité car de nombreux soldats par groupe de 8, rangés deux par deux marchés dans les rues, pour patrouiller ou se déplacer. Des gardes aux couleurs qu'elle n'avait jamais encore vus. Ce n'étaient pas des hommes de Lycas. La fenêtre était beaucoup trop petite pour qu'elle pense s'y échapper par là. Elle ne pouvait pas s'échapper dans l'immédiat.
…
Lycas faisait les cent pas, élaborant un plan. Ronon se faisait soigner par Taisha et Chamane. Rodney ruminait dans son coin.
-'Il faut partir peu, on sera plus discret si on veut avoir la chance de la retrouver et de la libérer', dit Lycas rompant le silence.
-'Je viens aussi', répéta Rodney.
-'C'est trop dangereux', refusa à nouveau Ronon.
-'On ne va pas encore en discuter', coupa Lycas', il pourrait peut être nous être utile. Martin réunit trois hommes de confiance ainsi que ton frère. On aura besoin peut être de ses services'.
-'Je pourrai venir', proposa Chamane, vexé d'être mis à l'écart', je serai plus efficace'.
-'Tu nous ralentiras, son frère suffira et c'est aussi un guerrier. Mais soit prêt à agir à notre retour. Si on n'est pas revenu dans deux jours ou trois, prends une équipe de trois homme avec Samuel comme pisteur', ordonna Lycas.
-'Qu'est ce qui va se passer ?', demanda Martin.
-'Ils vont la livrer aux Wraiths', conclut Lycas, navré.
C'était la conclusion de sa longue réflexion.
-'Je ne sais pas quand…peut être que le Prince va vouloir connaître celle que les Wraiths craignent'.
-'Je ne peut pas encore croire qu'il a pactisé avec les Wraiths. En plus la rumeur dit qu'il est friand des femmes. Il ne peut pas y résister, à leur charme, même s'il n'est pas encore marié', dit Martin.
-'Il a tout un pays à défendre, à contenter. Je suppose qu'il agit pour le bien de la majorité', dit Chamane', il est désespéré et peut être que si…son frère…'
-'C'est un exilé, il n'interviendra pas', coupa Lycas.
-'Tu es son frère…'
-'Non mon frère a été tué par ce Wraith', cracha Lycas.
-'Je ne dis pas qu'il n'était pas ton frère car ce sont des liens forts entre vous deux mais tu es quant même lié par le sang avec le Prince et tu es bon. Il t'écoutera', dit Chamane.
-'On n'a que ça en commun, mon sang. Il n'a pas voulu de mon aide ni mon conseil'.
-'Il ne t'a jamais rejeté'.
-'Non il a ignoré mes choix et mon opinion'.
-'Que vas-tu faire ?', demanda Martin pour changer de conversation.
-'La délivrée bien sûre !'
-'Oui j'avais bien compris ton attention mais si ton frère est au village, que vas-tu faire ?'
-'Je ne sais pas, je ne pense pas le rencontrer'.
-'Très bien, j'ai qu'un seul conseil à te prodiguer, ne te précipite pas, soit patient, d'accord ? en vaut-elle le prix ?', demanda Chamane.
Rodney allait protester mais ne dit rien devant l'air sévère de Lycas, qui fixait Chamane.
-'Et toi, tu en penses quoi ?', lui retournant la question.
-'C'est une Etrangère', en haussant les épaules.
-'Et tu fais quoi de son héritage que tu n'arrêtes pas de nous rabâcher, tu as tellement défendu tes idéaux…'
-'Elle l'a refusé'.
-'Alors tu te venges, elle ne mérite plus ton attention…tu veux la pousser…'
-'Chamane, elle a reprit l'épée, Ronon l'a ramené', coupa Martin.
-'Oui mais seulement pour avoir une arme pour se défendre', dit Chamane.
-'Peu importe, elle a tant fait pour nous', dit Lycas.
-'Et si elle ne veut pas être sauvée', dit Chamane.
-'Mais qui ne veux pas être sauvé par des Wraiths !', dit Rodney scandalisé.
-'Elle s'est laissée attraper', lui rappela Chamane.
-'Mais elle ne savait pas ce qu'il l'attendait', dit Rodney.
-'Et elle a blessé la seule personne qui aurait pu l'aider', contra Chamane.
-'Il a raison', remarqua Ronon,' elle savait que c'était un piège. Elle a tout planifié'.
-'Quand ? Pourquoi ?', dit Rodney,' qui ferai exprès de se faire attaquer et dans quel intérêt ?'.
-'Elle l'a planifié sur le moment, elle a une capacité de réflexion rapide ou c'est peut être la raison de son retour', la défendit Lycas.
-'Non, elle est revenue pour son vaisseau', affirma Rodney.
-'Et elle aurait senti le danger d'aussi loin', répondit Chamane sceptique.
-'Mais pour quelle raison ?', répéta Rodney.
-'Les éliminer tous en même temps', dit Lycas après réflexion.
-'Ils seront tous là pour elle, pour la voir', dit Martin impressionné.
-'C'est un pari risqué', dit Lycas, songeur.
-'Non, on n'est à côté de la plaque', dit Ronon', elle ne voulait pas qu'on m'attrape'.
Ronon regarda Mc Kay et ils se comprirent. Les autres les regardèrent, interrogatifs.
-'Elle voulait protéger nos secrets. Elle a évité ma capture et s'est laissée prendre en espérant qu'il m'ignore', conclut Ronon.
Un souvenir fugace jaillit, elle avait dit « désolé comme vous l'avez dit, il ne faut pas qu'ils vous attrapent ». Il se leva et testa sa jambe. Chamane avait fait du bon travail. Il était prêt pour la mission de sauvetage. Rodney lui trépignait d'impatience.
…
Anéa était assise contre le mur, les genoux repliés sur elle-même, quand un garde lui apporta son repas. Anéa attendit qu'il parte pour prendre le plateau. Les couverts étaient en bois peu pointus. Seule la timbale d'eau était en fer. Dans ce gobelet, il y avait un fond d'eau. Elle le but avidement, la gorge asséchée. La nourriture consistait à une bouillie. Elle l'ignora mais prit le fruit. Elle l'écrasa à l'aide de ces couverts dans la timbale pour en faire un jus. Ainsi elle mangea. Ensuite, elle prit le gobelet en fer et s'approcha des barreaux. Elle vérifia si on la surveillait. Mais aucun garde ne faisait de ronde et ne faisait attention à elle. Elle frappa l'anse du gobelet contre le barreau pour briser l'anse. A chaque fois qu'elle cognait, elle s'arrêtait pour écouter les bruits. Quand elle croyait entendre du bruit, elle vérifiait la provenance. Car ces coups répétés auraient pu alerter des personnes. Il en fallut cinq ou six pour briser l'anse du gobelet. Une fois brisé, elle l'arracha de son socle en le tournant et en le bougeant fortement jusqu'à ce qu'il se détache complètement. Elle pensait pouvoir crocheter ainsi la serrure de sa cellule ou bien blesser un de ses gardes quand il lui ouvrira la porte. Elle espérait juste qu'aucun n'allait s'apercevoir de l'absence de l'anse sur le gobelet. Pour cela, elle le mit coucher sur le plateau alors qu'elle entendit une porte claquée au loin et des pas approchés. Elle se replaça contre le mur, le dos appuyé dessus. Le garde s'approcha, haussa les sourcils en voyant le plateau non entamé puis reporta son attention sur sa prisonnière.
-'Vous n'aurez rien d'autres', prévint l'homme.
Il devait faire allusion à l'assiette encore pleine. Elle l'ignora. Il glissa le plateau sous les barreaux et repartit. Anéa souffla. Il n'avait rien vu de suspect quand il avait pris le plateau. A l'aide du bout de métal, elle essaya de rompre ses liens qui commençaient à lui faire mal. Malheureusement, le métal n'était pas assez aiguisé. Elle frotta donc le morceau contre le fer pour l'aiguiser, avec un soupir.
…
L'équipe de sauvetage se mit en route. Ils se déplacèrent avec prudence en silence. Avec en tête Martin. Les trois hommes qu'il avait choisit, étaient des hommes massifs, probablement des guerriers. Son frère au contraire était frêle et énergique. Il ne pouvait pas rester immobile sans rien faire plus de quelques secondes.
…
Dans la cité, les dégâts avaient été tous réparés. Ils avaient récupéré le contrôle total de la Cité. Tous les blessés étaient sortis de l'infirmerie. Certains avaient eu des consultations chez le psychologue d'autres avec Woosley lui-même. Ce dernier voulait savoir ce qu'il s'était passé exactement derrière la porte. Pourtant leur état mental était intact. Alors pourquoi ils n'avaient rien fait ?
John était prêt à partir avec une équipe, celle d'Evann avec Teyla. Il tenait à la main une malle en fer. Zelenka lui répétait pour la énième fois les précautions de transports et d'emploi du MPE. Cette fois-ci, ils prendraient le Jumper et passeraient directement par la Porte des Etoiles de la planète.
Ainsi ils arrivèrent sur la planète et s'approchèrent du Port.
Fin du chapitre.
chapitre 32 (9): Torture (titre provisoire), écrit (32 pages), en correction, prévu Juin-Juillet. Ce chapitre sera raccourci pour la publication dans cette histoire. La version longue et complète sera publié ailleurs et sera pour les plus de 18 ans je pense. Je mettrai le lien sur mon profil.
chapitre 33 (10): Fuite et Douleur (titre provisoire), écrit (30 pages), en correction, prévu Juillet-Aout
