Salut tout le monde, je vous souhaite dans un premier temps mes meilleurs voeux ainsi que pleins de belles histoires sur ce site... LE tome 2 s'achève presque avec encore quelques petites révélations qui auront leur réponse dans le tome 3. JE vais faire court car je poste déjà très en retard :
je remercie mon correcteur pour sa correction et je vous souhaite bonne lecture. La suite ne se fera pas attendre et j'espère avoir pris de bonne résolution pour cette année c'est à dire poster a l'heure.
J'assume les fautes oubliées car il doit en avoir pleins résultat de fatigue et de longueur de chapitre et je fais confiance à votre vigilance pour me les signaler MERCI.
Chapitre 18: Ce n'est pas qu'un au revoir
Astyan regardait la Cité sans émotion. Pourtant il bouillonnait d'impatience de voir et d'atteindre la Cité, vestige de son passé.
- Vont-ils nous voir arriver ? interrogea Teyla.
- Non, je suis encore en mode "invisibilité", répondit Astyan.
- Il vaudrait mieux qu'ils nous voient arriver pour qu'ils abaissent le bouclier, remarqua Rodney.
- Le bouclier nous fera rien, indiqua Astyan.
Rodney le regarda sceptique. Il ne voyait pas comment ils allaient traverser le champ de force sans subir de dégâts .
- Il faut au moins les prévenir, insista Teyla. Les surprises ne sont pas toujours le bienvenu.
- Pourquoi pas. Je vais nous rendre visible dans un premier temps. Daniel s'occupera de la communication par la suite. Je vous préviens... je n'ai jamais posé un vaisseau, hésita Astyan. Il me faut... J'imagine juste un peu de concentration... Je ne m'attendais pas à le faire moi-même... Angéla aurait dû être à ma place, les prévint Astyan, avec regret.
John se dirigea vers Daniel, alors qu'Astyan désactivait l'invisibilité.
…
Woosley aurait bien bu un scotch corsé. Les problèmes n'arrêtaient pas de s'accumuler depuis quelques jours, lui provoquant un mal de tête. Il n'avait toujours pas de nouvelles de son équipe principale, envoyée en soutient, ni du scientifique et du Satédien. Il avait sûrement perdu ses meilleurs éléments dans cette affaire.
- Excusez moi, monsieur… hésita un scientifique, en entrant dans le bureau de Woosley.
Son hésitation se sentit dans sa voix. Tous savaient que Woosley était de mauvaise humeur.
Ce dernier leva les yeux, espérant des bonnes nouvelles.
- Il se passe quelque chose, précisa l'homme.
Oh non ! C'était encore une mauvaise nouvelle apparemment, pensa-t-il, vu l'expression du scientifique.
- Un vaisseau se dirige droit vers la Cité. Il n'a pas l'air de ralentir
Woosley soupira et le suivit au centre de contrôle.
- Qui ? Comment nous ont-ils retrouvé ? soupira Woosley.
Sa seule préoccupation était de protéger la Cité. Si sa position était connue, il devait savoir d'où venait la fuite.
-Ce ne sont pas des Wraiths, précisa l'homme, soulagé.
- Alors qui ? répéta Woosley, lui aussi soulagé.
- ça a l'air ancien, nota l'homme.
- Le bouclier ?
- Actif.
- Essayer de contacter ce vaisseau, ordonna Woosley. Et faites appeler le docteur Beckett, qu'il se dirige directement au fauteuil.
- Un canal est ouvert, Monsieur.
- Merci… Bonjour, ici Woosley, dirigeant d'Atlantis. Veuillez vous identifier, commença Woosley, après s'être raclé la gorge, pour s'éclaircir la voix.
Rien. Aucune réponse.
- Il continue, monsieur. Toujours à la même vitesse
- Vous m'avez appelé, intervint Beckett, en montant les escaliers.
- On a besoin de vous au fauteuil des Anciens au cas où… informa Woosley.
- Très bien, mais pourquoi ?
- Un vaisseau
- Ok, j'y serai accepta Beckett, en faisant demi-tour. J'attends vos ordres.
- Ok, soyez prêt… Que fait-il maintenant ? questionna Woosley.
- Il continue sur sa trajectoire… Je dirai qu'il se dirige vers les plateformes, à première vue.
- Il n'attaque pas ?
- Non, il n'y a aucune activité.
- Le vaisseau va alors s'écraser sur le bouclier. Le scanner a-t-il détecté des personnes ?
- Non, le scanner n'arrive pas à scanner le vaisseau. Vous pensez à un vaisseau fantôme…? Désolé, monsieur. Le vaisseau possède aussi un bouclier qui brouille notre scanner. Cela peut aussi brouiller la communication.
- Mettez le haut parleur pour une annonce à l'ensemble de la Cité, se décida Woosley, prenant une décision rapidement.
Le scientifique lui fit signe que tout était prêt.
« Ici, Woosley. Un vaisseau Lantien se dirige vers nous. Il semble ne pas ralentir et être pacifique. Je vous demande de rejoindre vos quartiers, ne gardant qu'une équipe minimale pour le fonctionnement de la Cité. L'impact pourrait faire des dégâts importants sur la structure. Soyez prudents».
Il fit signe de couper la communication. Ils regardèrent l'écran, sans un mot, le vaisseau se dirigeait vers eux. Woosley sortit dehors, pour mieux voir le vaisseau arriver. Il vit un point noir, grossir à vue d'œil.
- Dans combien de temps ? demanda Woosley, sans se retourner.
D'autres personnes arrivèrent pour contempler le vaisseau ancien. Ils voulaient savoir si le bouclier allait tenir, en première place.
- Douze secondes, estima quelqu'un.
Woosley fixa le point, pour ne pas le perdre de vue. Il serra les dents. Le vaisseau s'approchait. Le vaisseau ne heurta pas le bouclier à l'heure fatidique, à la grande surprise de tous. Au contraire, il le traversa, sans encombre.
- Que se passe-t-il ? cria Woosley, alors que le vaisseau descendait tranquillement. Vous m'avez dit que le bouclier était actif.
- Il l'est, Monsieur. Mais le vaisseau est passé à travers ! se défendit le scientifique, perplexe.
- Est-il réel ? questionna Woosley, le fixant du regard, ayant un doute.
La théorie du vaisseau fantôme revenait au grand galop. Il observa le vaisseau se diriger vers une des plateformes.
- Il va juste se poser donc, chuchota Woosley.
Puis il rentra. Soudain, toute la Cité s'illumina comme elle ne l'avait jamais fait. Il s'arrêta, éberlué par ce nouveau phénomène. Il se pencha sur le balcon et regarda toute la Cité s'illuminait petit à petit comme un sapin de noël.
- Tous les systèmes se sont mis en route, informa un scientifique. Nous avons perdu le contrôle.
Le sol changea de couleur. Il passa au bleu foncé.
« Hello tout le monde…»
Woosley regarda les alentours, étonné. Il avait reconnu la voix. Elle venait de tout part. C'était la maudite voix de John.
«… Vous m'entendez ? Bon, ici, le Colonel John Sheppard… Y a-t-il quelqu'un ?... On dirait qu'ils ne nous entendent pas...»
- Mais d'où ça vient ? interrogea Woosley.
- De… hésita le scientifique, regardant autour de lui. Je ne sais pas… En tout cas, on connait la personne…
Il se tut avant d'aggraver son cas.
…
Daniel regarda la système de communication. Il commençait à connaître les différents programmes du vaisseau. Pourtant, ils n'avaient pas eu de réponse. S'était-il trompé ?
- Pourtant, cela fonctionne. Le problème ne vient pas du vaisseau, remarqua Daniel.
- Le bouclier bloque peut-être la communication avec des interférences, supposa Rodney.
John regarda avec surprise le vaisseau traverser le bouclier de la Cité, sans anicroche. Il regarda Rodney qui lui aussi était étonné, n'ayant pas de réponse à sa question muette.
- Vas-y maintenant.
« Ici, le Colonel John Sheppard… si vous nous entendez, nous avons besoin d'une équipe médicale d'urgence, sur la plateforme numéro 1 »
Astyan réussit à poser le vaisseau sans réelle difficulté.
- Le vaisseau est amarré à la plateforme, informa Daniel.
L'atterrissage fut un succès.
…
- Que fait-on ?
- Envoyez une équipe médicale et une équipe militaire, ordonna Woosley, qui avait entendu l'appel.
Lui-même, suivit une équipe, celle de Beckett, allant vers la plateforme.
- On a quoi ? demanda le docteur, voulant plus de précision.
- Aucune idée… Une urgence.
- On ne se fait plus attaquer ?
- Non, on dirait que John a réussi à revenir par ses propres moyens, marmonna Woosley.
- Rodney a donc réussi à réparer le vaisseau, conclut Beckett, fasciné.
- Sans doute, hésita Woosley.
Ils prirent le transporteur pour se diriger le plus rapidement possible sur la plateforme. En cinq minutes, ils atteignirent la plateforme. Beckett en eut le souffle coupé quand il vit le vaisseau. Le vaisseau ne ressemblait à rien de ce qu'ils connaissaient. Le vaisseau était plat, en forme de triangle, comme une pointe de flèche. Beckett émerveillé, s'arrêta attendant un mouvement ou un signal.
…
Mitchell souffla quand le vaisseau s'immobilisa. Astyan avait réussi. Ils touchaient au but. Sans un regard, Astyan alla à l'infirmerie.
- Que va-t-il faire ? demanda Ronon.
- Sortir Angéla, supposa Mitchell, en haussant les épaules.
Ils le suivirent. Il avait déjà commencé à débrancher les électrodes de la console. Daniel l'aida. Les écrans s'éteignirent un par un. Daniel s'attendait à ce que la glace fonde immédiatement. Mais elle resta telle quelle. Astyan s'éloigna ensuite et sortit de la pièce. Le bloc de glace se souleva à sa suite, tout seul. Daniel et Rodney s'écartèrent de justesse alors qu'Astyan et le bloc quittaient la salle d'infirmerie. Astyan utilisait son pouvoir pour transporter la femme qu'il aimait.
…
Woosley fixait la porte du vaisseau qui s'ouvrait lentement. Des hommes y sortirent. Il ne reconnut pas ses hommes, dans un premier temps. Puis il aperçut Ronon. Un homme qu'il ne connaissait pas, était en tête. Toutes ses personnes étaient autour d'un bloc de glace blanc presque translucide. Woosley se demandait ce que c'était. Il se demandait ce qu'il avait ramené. Anéa n'était pas présente. La seule femme était Teyla.
Le docteur Beckett regarda ébahi le nouveau groupe et l'objet qu'ils transportaient. A leur approche, il reconnut un sarcophage cryogénisé. Bouche-bée, il attendit que le cercueil de glace arrive à sa hauteur. Il s'attendait plus à voir un blessé , qu'une personne congelée. Il regarda Woosley, interrogatif. Il ne savait pas ce qu'on attendait de lui. Il ne pouvait pas agir. Il reconnut la technologie utilisée. Lui-même avait été dans la même position pendant quelques mois quand son corps se dégradait. Il essuya le bloc de glace et reconnut la personne : Angéla.
John prit la tête du groupe. Woosley jugea les nouveaux venus. De loin, il avait reconnu le docteur Daniel Jackson. John arriva à la hauteur de Woosley. Il le salua.
- Vous ne nous souhaitez pas la bienvenue ? plaisanta John. Nous avons rencontré sur notre chemin de vieilles connaissances… Daniel.
Il s'écarta.
- Et le Colonel Cameron Mitchell.
- Content de vous revoir même si je suis surpris de vous voir dans ses environs… Je vous croyais d'ailleurs en mission, les salua Woosley en serrant la main de Daniel et en ignorant Mitchell.
- C'est le cas, nous sommes bien en mission, confirma Daniel.
Il s'écarta et présenta les autres.
- Voici, notre… Guide Astyan d'Attalon, la planète où notre équipe était en mission, continua Daniel.
- Enchanté, salua Woosley.
Ce dernier ne lui répondit pas, absorbé par la Cité.
- Mais vous avez suivi Anéa, où est elle ? demanda Woosley, surpris.
John s'écarta. Woosley pu mieux voir le bloc. Il y remarqua un corps humain. Il s'y approcha de plus près, auprès de Beckett. Il remarqua que le bloc semblait suspendu dans les airs maintenu par une quelconque force inconnue. Woosley interrogea du regard John. Avec stupeur, il reconnu Angéla.
- Anéa, murmura Woosley. Que s'est-il passé ?
- Oui, c'est le Général Angéla Calling, rectifia Mitchell.
- Calling ? répéta Woosley, en sursautant de surprise.
Il observa le cercueil de glace. Il la détailla. Alors il reconnu des traits familiers, en faisant soustraction de sa coloration de cheveux, et sans ses cicatrices.
- Elle était malade, se rappela Woosley, se remémorant son dossier médical.
- Depuis quand est-elle maintenue dans la glace ? demanda Beckett, inquiet.
Il avait reconnu sa patiente. Il s'inquiétait.
- Juste durant le voyage, informa Rodney.
- C'est moi qui la maintient dans cet état, rajouta Astyan, l'air pressé.
C'était la première fois qu'il prenait la parole. Woosley le regarda intéressé. Il avait presque révélé qu'il maintenait le sarcophage de glace en lévitation.
- Je décongèlerais Angéla en sécurité, continua Astyan. Elle a besoin de soin.
…
Astyan tournait le dos à Woosley. Ce dernier n'arrivait pas à cerner son interlocuteur. Astyan était trop silencieux à son goût. Il n'arrivait pas à le faire parler. Astyan fixait l'horizon et les différentes tours de la Cité. Il était fasciné par la Cité. Alors que Woosley essayait d'attirer son attention. Il se racla la gorge mais son invité l'ignorait la plupart du temps. Astyan était en réalité ailleurs. Il l'ignorait juste. Woosley chercha de l'aide envers John. Celui-ci semblait aussi impuissant.
- Vous avez fondé de mauvaises bases, prit la parole Astyan.
Enfin. Rompant le silence. Il ne leur fit toujours pas face. John et Woosley le regardèrent. John supposa qu'il parlait d'Angéla.
- Quelles sont les nouvelles ? reprit Astyan.
Woosley questionna du regard John.
- Beckett avance… Il a bon espoir, informa John.
En effet, Astyan avait mis fin à la stase. Angéla avait repris vie. Le temps s'écoulait à nouveau pour elle. Le docteur s'était immédiatement penché sur son cas. Elle n'avait pas repris connaissance. Il avait peur que la cryogénisation ait eu lieu trop tard ou ait provoqué des séquelles importantes. Ils attendaient tous son réveil.
- Bien… Combien de temps ? demanda Astyan.
- Tout dépend d'elle maintenant, répondit John. Normalement, elle ne devrait pas tarder à se réveiller. Son état s'est stabilisé. Le plus dur est fait.
Astyan n'avait pas l'air inquiet. Il semblait tout le temps calme.
- Que me voulez-vous ? demanda Astyan, allant droit au but.
Cette fois-ci, il leur fit face.
Woosley avait demandé un entretien privé avec lui. Cet entretien ne s'était pas passé comme il l'aurait souhaité. Il pensait dominer la conversation et la contrôler. Il voulait faire connaissance avec lui. Il était fasciné par son peuple. C'était la première fois qu'il rencontrait un être de lumière comme l'avait nommé Angéla. Astyan lui avait montré aucune émotion. Quand il parlait, c'était pour aller à l'essentiel. Il ne parlait jamais pour ne rien dire. Toujours des réponses vagues, il parlait par énigme.
Woosley espérait rentrer dans les bonnes grâces de son peuple. Malheureusement, c'était mal parti.
- Donc votre mission est finie ? demanda Woosley.
- Non, mais elle s'achèvera bientôt. Le principal était de récupérer un ZPM assez puissant pour activer l'arme.
- En parlant du ZPM, John a mis dans le rapport que l'usine aurait été détruite, coupa Woosley venant à ce qu'il l'intéressait le plus.
Astyan le fixa, le jugeant du regard.
- Oui, tout a été noyé sous la lave, et écrasé sous le poids du volcan, affirma Astyan.
- Tout est donc perdu, conclut Woosley, déçu.
- Je dirai, non accessible, corrigea Astyan, le sourire aux lèvres, d'un air enigmatique.
Il jouait sur les mots. Pour eux, cela revenait à la même chose. Ils n'avaient aucun moyen à leur disponibilité pour atteindre l'usine ensevelie. Les connaissances enfermées dans l'usine ne leur étaient plus accessibles. Il n'avait pas le savoir pour récupérer les données.
- Pas perdu pour vous alors, supposa Woosley, avec espoir.
- Non, seul Castiel pourrait agir. Peut être ma sœur, réfléchit Astyan.
- Qui est-ce ?
- Un ami, mais il est trop vieux et possède déjà une certaine partie des connaissances situées dans ce lieu. Et ma sœur a des responsabilités plus importantes que récupérer des données dans ce volcan. Elle ne viendrait jamais, ici. Je ne leur demanderai pas d'y aller. C'est un risque trop grand.
- Mais, on en a besoin, supplia presque Woosley.
- Vous êtes encore là, en vie. La Cité est encore debout. Vous n'en avez pas réellement besoin, remarqua Astyan. Seuls des sacrifices de votre part suffisent. Elle ne demande que cela pour vous protéger.
- Et pour combattre ? remarqua John.
- Les Cités n'ont pas été taillées pour le combat mais comme un foyer. Où on se sent en sécurité. Seule la Cité principale était taillée pour le combat. Mais mes ancêtres utilisaient les vaisseaux pour combattre.
- Comme le vôtre.
- Non, l'Espoir, comme vous l'avez nommé, a été crée pour de longs voyages pour le couple de Premier. Ils en ont fait une arme, après une tragédie. C'étaient des circonstances particulières. Cela n'a pas suffit pour les protéger par la suite.
- Pourtant il a résisté. Nous en avons rencontré peu de vaisseaux lantiens, remarqua John. Peu de vos vaisseaux ont survécu.
- Et qu'est-il aujourd'hui ? Une coquille vide. Il n'a plus sa grandeur d'antan. Le seul moyen de défense que vous avez aujourd'hui est soit de trouver un vaisseau combattant ou la cité principale.
- Quelle Cité principale ? Nous avons la Cité principale, Atlantis ? demanda Woosley, perdu.
- Cette Cité n'est pas la Cité principale. Le Cœur était l'arme de la Cité centrale, l'arme des différentes Cités, le corrigea Astyan, d'un ton neutre.
Woosley et John avalèrent cette révélation. Ils avaient toujours pensé qu'ils habitaient la Cité la plus importante, le cœur du savoir des Anciens. Woosley pensa un instant qu'Astyan délirait.
- Cette Cité n'est pas Atlantis, reprit Astyan. On la nomme Daitya.
- Signifiant leurre murmura Woosley. Comment le savez vous ?
Il n'arrivait pas à croire Astyan. Comment cette Cité ne pouvait pas être Atlantis ? Daniel l'avait décrite et reconnue. Ils avaient vécu dans cette Cité. Rien n'avait montré qu'elle n'était pas Atlantis.
- Je suis en communication avec tous les systèmes de Daitya, dont la base de données. Cette Cité est juste un réceptacle. Quelques données sont issues de la Cité mère, enfin une partie. Mais ce n'était pas son identité originelle. On a transféré les données comme sauvegarde.
- C'est donc une copie, comprit John, ébahi.
- Un leurre, corrigea Woosley.
- Je suis étonné que le Docteur Mc Kay ou Jackson ne l'aient pas remarqué… A moins qu'on vous l'ait caché volontairement, marmonna Astyan, pensif.
- Mais où est la véritable Cité Atlantis alors ? demanda Woosley.
- C'était le Cœur, corrigea Astyan.
Il avait l'air de parler à des ignorants.
- Le Cœur a été détruit. L'arme principale a été perdue. Les défenses de cette Cité devraient suffire. Vous n'avez pas besoin de plus. Mon unique objectif maintenant est la santé d'Angéla et de la ramener, avec son équipe, chez elle, en bon état.
- Mais ensuite ? Une collaboration serait-elle possible ? interrogea Woosley, avec espoir.
- Je ne sais pas, hésita Astyan. Je ne peux pas parler au nom de mon peuple, surtout maintenant.
- Oui, je suis au courant de votre situation. Qu'allez-vous faire ?
- Je ne vous aiderai pas si c'est ce que vous pensez. Je ne suis pas un intellect. Mais un guerrier.
- Vos compétences nous seront utiles, remarqua John.
Astyan ne répondit pas.
- Notre entretien est-il fini ? demanda Astyan, pressé.
Woosley ne savait pas quoi répondre. Il avait tant de questions sans réponse. Bien sûr que l'entretien n'était pas fini mais il semblait n'avoir pas le choix. Il comprit qu'il ne posait pas une question. De plus, il n'allait rien en tirer de plus de cette conversation, à part des nouvelles interrogations.
Astyan se retira alors.
- Il n'est pas très bavard, remarqua Woosley, frustré, une fois seul avec John.
- Il est inquiet pour Angéla. Elle était sous sa protection. Il croit qu'il a manqué à son devoir. En réalité, il est assez bavard quand il veut.
Il parlait des révélations sur Atlantis.
- Angéla, murmura Woosley. Enfin le Général… J'aurai dû la reconnaître. J'ai commencé un rapport à son sujet.
- Quel rapport ? sursauta John.
Il craignait une nouvelle catastrophe. Il avait réfléchi longuement aux dires d'Angéla. Il commençait à croire que Woosley était aveugle face aux pouvoirs.
- Oui, sur ce qui s'est passé ici. C'est inadmissible… une enquête sur le corps militaire de cette base aura lieu. Ils ont rendu les armes trop facilement.
John faillit bondir.
- Monsieur, mais en quoi nos hommes … ? demanda John.
- Ils ont reculé. Ils n'ont pas tenu leurs positions. Ils ont désobéi à un ordre direct.
- Au contraire, ils ont obéi à un ordre direct d'un supérieur, rappela John.
- C'est une étrangère à la base. Elle est gradée … Mais étrangère.
- Monsieur, j'ai une question.
- Allez-y dit Woosley, agacé.
- Dites-moi, êtes-vous habilité, dans votre contrat, à arrêter ou emprisonner un Général de l'Armée des États-Unis aussi gradé ? Comme vous avez essayé de le faire, rappela John avec le sourire. C'était un accident diplomatique. Cet accident pourrait monter très haut dans la sphère des dirigeants. Tellement haut qu'on sera dépassé. Je vous conseille d'abandonner car cette affaire nous dépasse tous. Ne vous attaquez pas à un plus gros poisson que vous. On a déjà vu le résultat de ce combat. Car demandez-vous qui de vos hommes suivront ? Un simple diplomate ou un soldat décoré pour son honneur et son courage de multiples fois ?
Woosley le regarda, avec colère. Mais il ne répondit pas, ni le réprimandât. Car il avait une partie de vérité dans ses dires. Il réfléchit à ce qui allait répondre.
- Son comportement ne peut pas être étouffé… répondit enfin Woosley, en se levant.
Ainsi, il voulait montrer sa supériorité.
- Et je ne tolérerai plus ce genre de comportement ici tant que j'en dirigerai les opérations. Gros poisson ou pas. Son grade n'a pas d'importance. Disposez maintenant.
- Bien Monsieur.
John se retourna, hésita et conclut.
- Alors vous feriez mieux de mieux connaître votre proie avant de vouloir sa peau.
Il sortit en souriant car il savait qu'il avait mis dans l'embarras Woosley. Il savait qu'il y réfléchirait avant d'agir. Woosley avait juste voulu avoir le dernier mot.
…
Il se maudit. Il n'avait pas reconnu la jeune femme, du premier coup. Il avait écouté avec attention les rapports de son équipe et celui de Daniel et du Colonel Mitchell. Il avait retenu toutes les informations. Il avait ensuite rédigé un rapport d'accident sur la jeune femme. Il avait déjà donné des avis négatifs pour la participation d'Angéla à la mission lors de son premier entretien. Malgré ce rapport, elle avait été inclue dans l'équipe de voyage. Ils avaient ignoré ses avertissements. Une enquête allait avoir lieu. Il ferait tout pour.
Frustré, il mit de côté ses rapports de mission. Il voulait que ce rapport soit sa première priorité. En plus, maintenant il avait un quasi cadavre sur les bras. Car il ne pensait pas qu'elle s'en sorte malgré l'optimisme du médecin. Le diagnostic du second du corps médical était moins optimiste que celui de Beckett.
Enfin, l'entretien avec l'Attalonien n'avait rien donné. Il comprit qu'il n'allait rien obtenir de lui, ni d'aide, ni d'armes pour la Cité. Il avait aussi un rapport au NIC à son sujet. Il savait que son cas allait les intéresser. Surtout son isolement. Comme il était exclu, des offres allaient lui être proposées. Il prit une feuille et commença à rédiger une synthèse. Mais au bout de cinq minutes, il s'arrêta dans le doute. Il appuya sur son interphone.
« Emmenez-moi Daniel Jackson » commanda Woosley.
…
- Vous m'avez demandé ? demanda Daniel, arrivant au bureau du dirigeant.
- Oui,… Votre ami m'a raconté une histoire bien étrange, commença Woosley.
Il posa son stylo et s'installa plus confortablement dans son fauteuil de dirigeant.
- A quel sujet ? demanda Daniel.
- Le Cœur.
Il attendit une réaction de sa part. Il voulait voir comment il apprenait cette nouvelle ? Il avait l'air de ne pas savoir. Alors le dirigeant lui demanda son avis.
- Oui, il nous en a parlé, avoua Daniel. Lors d'une soirée, au coin du feu. C'était comme si Astyan nous racontait une histoire. Cela doit être un conte pour lui. C'était la première fois que j'entendais autant de détails sur les Cités, sur leur histoire. Aucun peuple n'avait de légende à ce sujet. C'est l'histoire favorite des Attaloniens, sûrement dû au prestige perdu. Je sais qu'il existait plusieurs Cités au nombre de 9 autour d'une principale. On sait qu'il y avait plusieurs Cités puisque l'équipe du Colonel Sheppard, en a rencontré une, ou des vestiges. On ignorait qu'elles avaient été, à l'origine, toutes réunies en un seul morceau, comme un super-continent raconta Daniel, ne montrant avec les mains, un bloc soudé. Certains peuples anciens confondaient d'ailleurs Atlantis avec la Pangée, faisant partie du cycle de Wilson mais les âges ne coïncident pas. La Pangée concerne les temps géologiques alors qu'Atlantis, au pire touche les deux derniers millions d'années, et coïncide avec l'apparition de la lignée humaine.
- En faite, on aurait eu une grande ville qui a éclaté en plusieurs banlieues éparpillées, essaya de comparer Woosley. Cycle de Wilson, vous avait dit ?
- Oui, c'est un cycle sur 200 millions d'années environ, où cycliquement, les continents se rejoignent par collision puis se séparent par divergence. Le cycle est basé sur la tectonique des plaques. Ainsi, nous avons, aux Etats Unis ces traces d'un ancien continent unique comme les Rocheuses. Mais de là à confondre l'Atlantide qui serait la grande ville, enfin le grand continent qui abritait cette ville, à la Pangée. La grandeur de temps considérée ne tient pas. Les peuples les plus récents ont souvent confondu Atlantis et Atlantide. Cela rend les traductions des écrits anciens difficiles à interpréter. Ces deux entités sont bien différentes.
- Atlantide est un continent dont la capitale serait Atlantis, comprit Woosley. Atlantide pourrait-être une planète ?
- Non. C'était bien un continent.
- Et Atlantis ? demanda Woosley.
- C'est-à-dire ? Nous connaissons son histoire, enfin une partie, avoua Daniel.
- Astyan a nommé notre Cité Daitya…
- Signifiant leurre, coupa Daniel. Mais comment… ?
- Il a communiqué avec la Cité, répondit Woosley, voyant la question venir. Il pense que la Cité n'est pas Atlantis mais juste un recueil des données de la Cité originelle.
- Impossible !
- C'est ce que je lui ai dit.
- Comme le disaient les écrits, on l'a retrouvé sous l'eau grâce aux coordonnées trouvées au siège des Anciens en Antarctique. Et en un jour, la ville fut ensevelie par un cataclysme... Récita Daniel dans un murmure.
- Les écrits parlaient de glace, il me semble… Vous l'avez-vous-même traduit, remarqua Woosley, cherchant une faille.
- Oui, j'ai traduit le mot par glace mais cela concerne aussi l'eau sous ses trois phases donc l'eau liquide peut être aussi bon comme traduction. Puis avec, les changements climatiques, la glace peut devenir eau.
- Oui, mais on est aussi dans une période glaciaire donc cela devrait correspondre à de la glace.
- Oui, mais il y a aussi la fonte des glaces.
- Le Groenland diminue peut-être en taille mais pas l'Antarctique qui augmente, remarqua Woosley.
- Sur quelle base Astyan a suggéré que ce n'était pas Atlantis ?
- Je ne sais pas, il est juste dit que cette Cité s'appelait en réalité Diatya.
- J'ai déjà vu ce mot dans mes écrits, se souvint Daniel. Mais pourquoi nous ne l'avons pas remarqué ?
Il parlait plus à lui-même.
- Il pense qu'on nous a caché la vérité, précisa Woosley.
- Qui ?
Mais il avait déjà une petite idée. Il y a quelques années, il avait démasqué la supercherie de Morgan, une atlante, la principale ennemie de Merlin. elle aurait pu leur cacher des tas d'information sur la Cité. Woosley fixait Daniel, qui était pensif. Daniel pensait à Astyan. Cet homme était plein de mystère et de révélation. Il l'étonnait toujours. En fait, son peuple l'étonnait tout court. Astyan arrivait toujours à le surprendre avec ses connaissances. Il faisait toujours des révélations, les plus fracassantes possibles. Certaines étaient d'ailleurs difficiles à croire. Pourtant, de nouvelles idées trottaient dans la tête.
…
John se dirigeait vers la cafétéria où normalement son équipe aimait bien se réunir. En partie surpris, il ne trouva personne. Il savait que Daniel était au chevet d'Angéla avec Rodney. Mitchell y était aussi parfois quand il ne prenait pas l'air ou qu'il ne se défoulait pas. L'absence de Teyla était normale. Elle devait s'occuper de son fils. Mais où était Ronon ?
Le seul autre endroit où pouvait être son ami était la salle de sport. Alors il s'y dirigea. Il le trouva bien dans la salle. Mais pas seul. Cameron était aussi là. C'était son jour où il se défoulait. Apparemment, c'était le moment de détente pour les deux.
- Alors l'entretien ? se renseigna Ronon.
Il avait remarqué l'arrivée de John. Il tournait autour de Cameron.
- Il s'est passé plutôt bien, sourit John. Woosley doit s'en mordre les doigts en ce moment.
Il était content que quelqu'un le remette un peu en place. Cela n'arrivait pas souvent même si cela le démangeait un peu. Mais il savait rester à sa place quand il le fallait.
- En fait, votre ami n'est pas très bavard, ajouta John à Mitchell. Mais une fois lancé… Il révèle des informations...
- Ouais, en général énigmatique, affirma Mitchell.
- Mouais et cela répond à très peu de questions par rapport aux questions que cela entraine.
- Astyan n'a pas été trop dur ? demanda Mitchell.
- Il semblait agacé par le comportement de Woosley envers Angéla.
John regarda Ronon pour lui donner un avertissement. Ce dernier devait éviter de montrer à Astyan son antipathie envers Angéla.
- Et ?
- Il a parlé de sacrifice, de force intérieure,, rajouta John en s'appuyant sur le mur.
- Ouais facile pour eux, ils possèdent des pouvoirs, remarqua Ronon. Et que veut-il dire par sacrifice ?
- Il en parlait pour la Cité. Woosley a quémandé un ZPM et Astyan lui a rétorqué que nous n'en avons pas besoin. La Cité n'attendait qu'un sacrifice de notre part. Ce sont ses mots.
- Tous les Attaloniens n'ont pas de pouvoir. Pour ceux qui en possèdent, ils doivent le plus souvent faire des sacrifices, raconta Mitchell. Par exemple, sa sœur est condamnée à vivre seule et à servir le peuple.
- Quel est son pouvoir ? demanda Ronon.
- C'est une Inquisitrice. Elle peut… Confesser une personne. C'est le mot qu'ils utilisent. En bref, elle peut savoir si tu dis la vérité ou non. Ton cerveau devient une éponge après qu'elle ait lu ton esprit. Si elle insiste, elle peut faire de toi ce que tu veux.
- Il y a donc des femmes parmi eux, avec des pouvoirs importants, s'intéressa John.
- Oui… Sa sœur est d'ailleurs pas mal, mais dangereuse, rajouta Mitchell. C'est un vrai gâchis.
- Et il vaut mieux de ne pas s'y frotter apparemment, comprit John.
- Se frotter à qui ? intervint une voix étrangère.
John s'écarta du mur pour voir son interlocuteur. C'était Astyan.
- A Shola, répondit Mitchell ignorant l'avertissement de John.
John retint sa respiration. Astyan le fixa avec intensité.
- En effet, au combat aussi, affirma Astyan, le sourire aux lèvres.
- Vous aussi, vous êtes doué au combat, rajouta Ronon, comme un défi.
- En effet. Angéla a pu tester mes compétences dans ce domaine… Un peu d'exercice ne peut pas me faire du mal, approuva Astyan.
- Hum, ce serait mieux alors qu'on t'aide proposa Mitchell à Ronon.
Il connaissait le talent d'Astyan pour le combat. Astyan accepta le défi. John rejoignit l'arène.
- Et à propos de votre sœur ? demanda John, voulant plus de précision, curieux.
Astyan rit.
- Elle ne doit pas se lier à quelqu'un mais de façon permanente. Elle est mariée au peuple. Elle n'est donc pas condamnée à vivre seule, corrigea Astyan.
John regarda Cameron. Celui-ci n'était pas surpris. Astyan avait capté leur conversation. Les anciens jouaient souvent sur les mots.
- Elle a déjà eut de nombreux partenaires… Et je ne pense pas me tromper en disant qu'elle a des vues sur votre amie, Angéla.
Il se retourna vers Mitchell, pour lui faire face. Mitchell arrêta son mouvement, perplexe. Décidément, Astyan savait déstabiliser les gens avec ses révélations. Astyan était content de son effet.
Il était au centre. Il fit face à nouveau à Ronon. Celui-ci devait être pour lui le véritable adversaire. Il était entouré des trois hommes : Ronon, Cameron et John. Pour le moment, ils se tenaient à distance, lui tournant autour, attendant le bon moment pour lancer une attaque. Ils cherchaient une faille, une ouverture. Ronon fut le premier courageux à attaquer, surprenant même ses amis. Il était impatient d'en découdre. Ils s'étaient tous munis d'un bâton de combat, long. Ils ne pouvaient donc pas attaquer tous en même temps, sans se gêner. Ils étaient donc obligés de s'organiser pour attaquer comme des pas de danse. Ils devaient être aussi synchronisés. Ils attaquaient donc tour à tour. Astyan repoussait toutes les attaques. Il semblait inépuisable et les repoussait sans cesse. John se demandait même s'il ne lisait pas dans leurs esprits pour connaître d'avance leurs gestes. Car il prévoyait toutes leurs combinaisons. Son visage était impassible, sans émotion, sauf ses yeux qui montraient de l'amusement. Il semblait s'amuser. Astyan contrôlait le bâton avec adresse. Parfois, l'objet devenait flou quand il était en mouvement. John se rappela d'Angéla ayant la même adresse avec les armes. Il était rapide aussi. John comprenait Astyan quand il disait qu'Angéla le rivalisait presque au duel. Astyan bougeait avec élégance et légèreté. Ses gestes étaient fluides et gracieux. Les siens étaient plutôt maladroits, ceux de Ronon brutaux et saccadés pour Mitchell. Plusieurs fois, les trois hommes mordirent le tapis de sol quand Astyan leur faucha les jambes. Ils faisaient donc ami-ami avec le sol un peu trop souvent au goût de John. Le souffle coupé, Mitchell s'écrasa contre le mur, brutalement. John le suivit de quelque seconde, dans un bruit sourd. Ses os craquèrent. Ils se relevèrent avec difficulté. John regarda Ronon, seul encore debout puis Mitchell. D'un commun accord, ils lâchèrent leurs armes en même temps. Puis ils se ruèrent vers Astyan, à mains nus. Leur idée était de le plaquer au sol. Astyan évita l'attaque de Ronon avec agilité et les deux hommes se ruant vers lui. Il n'y avait plus de règles. C'était le chaos. Ils enchainaient les coups de poing et les coups de pied sautés. Ronon était enragé et de plus en plus rapide dans ses coups. Il s'approchait d'Astyan. John pensait qu'ils allaient prendre l'avantage sur lui. Il se jeta dans la mêlée. Mais il sentit une pression contre sa poitrine. Surpris, il regarda la situation des autres. En voyant leur surprise, ils étaient dans le même cas que lui. Puis son corps fut brutalement rejeté en arrière, au dessus du sol. Son dos se plaqua contre le mur, suspendu en l'air. Comme les deux autres. Impuissants, ils tentèrent de se dégager, sans succès. Ils ne pouvaient plus bouger. Astyan était encore au milieu de la pièce, impassible et immobile.
- Eh ! C'est de la triche ! s'exclama Mitchell, impuissant.
Il fusilla du regard Astyan. Celui-ci haussa les épaules. Il épousseta ses vêtements et ôta des plis qui n'existaient pas. Puis il relâcha la pression sur l'équipe sans même cligner un œil. Une légère brise souleva juste quelques mèches de cheveux, sur son front. Seule marque de la manifestation de son pouvoir.
- Si tu en avais marre, des mots auraient suffit, reprit Mitchell, en se relevant avec une grimace à cause d'une douleur à l'épaule.
John jura alors qu'il heurta le sol. Son dos craqua. Il regarda Ronon. Celui-ci semblait bien le prendre. C'était le seul. Des plis d'inquiétude apparurent sur le front d'Astyan.
Astyan se tourna vers la porte. Celle-ci s'ouvrit et un vent souleva sa robe.
- Que se passe-t-il ? demanda John.
Il avait réussi à se relever.
- Angéla… Elle se réveille répondit Astyan.
…
Angéla était plongée dans les ténèbres, depuis l'attaque sur le dos du dragon. Pourtant elle se trouvait dans la grotte. Seul le coffre où était refermé son pouvoir luisait. Il lui tenait compagnie. Le coffre irradiait d'une lumière bleutée. Le coffre devait normalement isoler son pouvoir. Pourtant il ne semblait plus pouvoir contenir son pouvoir. Son pouvoir semblait vouloir s'en échapper. S'échapper de sa cage de bois. Comment une cage de bois pouvait retenir de l'énergie à son état le plus pur ? Angéla regardait le coffre d'un mauvais œil comme s'il était prêt à exploser. Qu'est ce qui avait changé ? Pourquoi son pouvoir s'échappait ? Rien n'avait changé pour elle. Mais son jardin avait changé. Elle ne semblait plus maître du décor. Elle se souvint de ce visage sévère qui lui ressemblait tant. Elle se rappelait de cette femme qui avait envahi son monde, il y a quatre ans. Elle mettait enfin un visage à une inconnue. Au départ, elle ne connaissait que des souvenirs brefs et parfois flous de cette personne. Elle avait ressenti la détermination de la femme à survivre. L'intensité de ses attaques sur le monde d'Angéla. Angéla avait failli perdre son monde et s'effacer dans le néant. Maintenant, Angéla connaissait son ennemie. Elle avait des images nettes du visage de cette femme.
Assise en face du coffre, elle attendait. Quoi ? Elle ne savait pas. Elle avait senti son corps se figer alors que son esprit continuait à réagir aux stimuli. Elle était coincée dans sa prison de chair. Elle se sentait effrayée alors qu'elle ne sentait plus son cœur battre dans sa poitrine. C'est son seul lien qui la maintenait dans la réalité. Donc son corps avait été figé dans de la glace. Puis elle était devenue libre après de nombreuses heures. Sa respiration avait reprit d'un coup. Cela lui avait brûlé la poitrine. Son cœur rebattait timidement puis vigoureusement.
Mais elle ne se réveilla pas pour autant. Elle resta coincée dans son monde comme si elle était figée dans son esprit. Elle attendait un signe. Celui-ci vint quand une brise se leva autour d'elle. Cette brise souleva ses cheveux. Elle se leva et huma l'air. Elle reconnut l'odeur d'Astyan. Venait-il la sortir de là ? Elle le chercha du regard. Elle ne vit personne et personne vint. Elle se raccrocha pourtant à ce résidu de pouvoir. De nouvelles sensations arrivèrent comme la douleur dans sa poitrine, provoquée par le cœur plein de vie. Elle avait aussi mal aux côtes qui se soulevaient alors qu'elle respirait à nouveau. Elle entendit des voix diffus, les bruits de froissement des vêtements, des bips des machines, raisonnant dans son esprit. Elle sentit le contact froid d'objet métallique au niveau de sa poitrine, au niveau du cœur.
La brise s'accentue, l'ancrant dans la réalité définitivement. Elle pouvait maintenant se réveiller. Elle ouvrit brusquement les yeux, arrachée à son jardin intime. Elle saisit une main qui était un peu trop proche de la gorge.
…
Beckett était dans son bureau, étudiant les scanners du tronc cérébral et de l'encéphale d'Angéla. Une infirmière arriva précipitamment. Il y avait une urgence. Il se douta que c'était sa nouvelle patiente : Angéla.
- Il se passe quelque chose, informa l'infirmière.
Enfin ! pensa-t-il. Le docteur se leva, enfila une blouse et suivit l'infirmière d'un pas pressé. Il se dirigea immédiatement vers un lit où était immobilisée son unique patiente, dans un coma profond. Des petites alarmes résonnaient dans la pièce. Elles s'étaient déclenchées depuis peu, autour de la patiente. L'électro-encéphalogramme s'agitait. Son cœur aussi. L'électrocardiogramme montrait une tachycardie. Sa tension artérielle remontait aussi. Il saisit son stéthoscope et écouta ses constantes. Il tâta ensuite les ganglions au niveau de son cou pour examiner l'avancée de l'infection, qui avait été la cause de son coma. Mais une main l'en empêcha, emprisonnant le poignet d'une main ferme. Sa patiente ouvrit les yeux. Surprit, Beckett recula.
- Appelez Daniel ! ordonna Beckett à l'infirmière.
Il reporta son regard sur Angéla.
- Vous allez bien, murmura Beckett, d'une voix douce et se voulant rassurante.
Il essaya de desserrer la pression sur son poignet. Angéla le fixa sans comprendre, désorientée. Elle parcourut des yeux la salle. Elle était sur Atlantis. Elle ne souvenait pas du voyage. Elle se souvenait d'avoir vu le noir total. Elle avait une perfusion sur la main et un tuyau dans la bouche pour l'aider à respirer. Elle ne pouvait donc pas parler. On l'avait entubée. Elle reconnut petit à petit les lieux et elle relâcha peu à peu son emprise.
- Vos ganglions sont dégonflés mais votre fièvre est toujours là, lui informa Beckett.
Elle hocha la tête pour lui dire qu'elle comprenait. Elle se calma. Une brise entra dans la pièce ce qui l'apaisa immédiatement. Elle n'eut pas besoin de regarder d'où venait ce phénomène. Elle vit Astyan venant à sa rencontre. Elle l'avait sentit juste avant de le voir. Leurs regards se croisèrent. Angéla se perdit dans ses yeux. Il la regarda et ne dit rien. Il la salua juste d'un hochement de la tête, avec le sourire aux lèvres.
…
- Elle va beaucoup mieux ? demanda Rodney voulant être certain. Et j'ai raté son réveil !
- Oui, le message n'est pas parvenu immédiatement, indiqua Teyla.
- En fait, nous, on l'a su grâce à Astyan qui a ressenti son réveil. Alors nous sommes arrivés à temps, se justifia John. Mais nous avons été virés de l'infirmerie par Beckett. Seul Astyan a pu y rentrer.
Tout le monde dévisagea donc Astyan, assis parmi eux. C'était le seul donc à avoir des informations. Beckett n'avait pas osé le virer. Qui l'aurait osé ?
- Elle doit rester dans le calme, expliqua Astyan, sans émotion. Si trop de monde va la voir, elle paniquera.
Rodney était déçu car il aurait voulu être là à son réveil. Les visites n'étaient pas autorisées.
- Les visites seront possibles demain, elle devrait se rétablir rapidement, rajouta John pour le rassurer.
- Et partir, finit Astyan.
- Quelles sont les nouvelles de la Terre à ce sujet ? se renseigna Daniel.
- On a réussi à établir une communication avec le Général O'Neill et Landry, répondit Mitchell.
- Aucun vaisseau n'a prévu de mission vers Pégase et le vaisseau qu'on a, doit rester sur place pour l'instant pour nous défendre face aux Wraiths mais aussi ce sera la dernière ligne de flotte face aux Oriis, indiqua John.
- Nous devons donc revenir par notre propre moyen, conclut Mitchell.
- Cela n'est pas un problème, je peux effectuer le chemin inverse si on ne rencontre aucun ennemi, proposa Astyan. Le retour du vaisseau sera juste un peu plus long.
- Oui, quand Angéla sera rétablie, accepta Daniel.
- Angéla pourrait être transportée par la Porte. On établit une connexion dans deux semaines, informa Rodney.
- Pourquoi ne pas le faire maintenant alors ? demanda Astyan, ne comprenant pas.
- Il y a un protocole à respecter et des règles, expliqua Daniel. Les connexions sont régulières et servent pour le ravitaillement de la base. On n'évite de décaler les rendez-vous pour laisser le temps à la Terre de se préparer. La Terre n'attend donc pas de connexion en ce moment et la base ne sera pas ravitaillée.
- On pourrait les prévenir pour qu'ils se préparent, grâce à la communication sub-spatiale de notre vaisseau. Je peux communiquer avec Attalon donc pourquoi pas la Terre.
- Ok, on rapatrie Angéla par la Porte, et le vaisseau ? questionna John.
- Ma proposition tient toujours. Je le ramènerais.
John fut déçu.
- Angéla sera bientôt transportable et plus tôt ce fera son rapatriement, mieux ce sera, continua Astyan.
- Pourquoi précipiter son départ ? demanda Rodney, surpris.
John fixa du regard Rodney, puis Astyan. Il ne répondit pas. Le silence s'installa. John connaissait la cause de ce départ précipité : Woosley. Astyan voulait éloigner Angéla de Woosley et le plus vite possible. John n'allait pas le contredire. Daniel et Mitchell semblaient aussi en accord avec Astyan. Ils ignorèrent la question de Rodney.
- Si nous prévenons la Terre et si je fournis l'énergie nécessaire pour la connexion. Accepterez-vous l'ouverture exceptionnelle de la Porte avant l'heure prévue ? demanda Astyan.
- Je ne vois pas d'inconvénient, réfléchit Rodney.
- Personnellement, ajouta John.
- Bien… Au sujet de l'arme, sera-t-elle prête ? demanda Astyan en se tournant vers Daniel.
- Sam estime trois grosse semaines si tout va bien… hésita Daniel.
- Pourquoi y aurait-il des problèmes ?
Astyan arqua les sourcils.
- Castiel et Adred ne s'entendent pas très bien. Sam a dû mal à les écouter tous les deux. Ils ralentissent les progrès. Le Conseil semble aussi ralentir le processus, réticent, apprit Mitchell.
- Oui, ils sont parfois en contradictions, rit Astyan. Mais ils font toujours des étincelles ensemble, croyez moi. Mon frère sait quand il faut céder. Ils finiront à temps, comme toujours. Ils ne manqueraient que nous et les derniers détails.
- Alors quand voulez-vous faire cette connexion ? se renseigna John, sachant qu'Astyan avait pris une décision.
- Ce ne serait pas prudent de le faire de suite comme l'a remarqué Daniel, réfléchit Astyan. Je dirais dans quatre jours, le temps de me préparer et de laisser du temps à Angéla de récupérer.
- Il enlève le tube de l'assistance respiratoire demain matin, informa Daniel. Elle est en bonne voie.
…
- Ainsi, ils veulent partir si rapidement… Et vous dites qu'Astyan fournira l'énergie pour l'ouverture de la Porte et transporter l'équipe sur Terre, résuma Woosley.
- Oui, monsieur, confirma John, patient.
Il avait rapporté toute la conversation à Woosley pour le convaincre d'accepter l'offre.
- Cela demandera beaucoup d'énergie, supposa Woosley, pensif.
- Il en est conscient, je pense. Il a créé l'arme, rappela John.
- Oui, mais l'énergie de l'usine l'a aidé… Il ne va pas utiliser l'arme ?
- Non.
Woosley se demandait d'où Astyan allait tirer de l'énergie.
- Du vaisseau alors, proposa Woosley.
- Peut-être, hésita John. Il ne nous a pas encore dit comment il allait s'y prendre. Rodney est, avec lui.
- Le vaisseau reste là ? demanda Woosley, intéressé.
- Non, il le ramènera avec l'énergie, qui est actuellement à son bord. Il la programme où quelque chose comme ça.
- Il doit programmer le ZPM pour qu'il ne soit utilisée qu'avec l'arme, supposa Woosley.
- Ils sont toujours prudents, approuva John.
- J'ai eu une brève conversation avec le Général O'Neill. Le peuple d'Astyan est méfiant et réticent même s'ils ont accepté de nous aider, à contre-coeur.
- Ils ont peur qu'on utilise l'arme contre eux ou à mauvais escient.
- Et c'est compréhensible, avoua Woosley. Nous avons tellement de choses à apprendre d'eux.
- Des contacts seront possibles, supposa John, pensif.
- Dans quelles conditions ? Astyan a clairement dit…
- Oui, mais ils verront bien qu'on ne veut pas utiliser l'arme pour d'autres raisons, coupa John. Je suis sûr qu'Astyan veut garder contact.
John ne précisa pas qu'Astyan voulait surtout garder contact avec Angéla.
- Très bien, j'accepte… De toute façon, nous n'avons pas d'autres choix. On ne peut pas risquer de le froisser en vue de nos prochaines collaborations. Je transmettrais mes rapports aux NIC. Avec un peu de chance, la Terre aura eut le temps de faire nos approvisionnements et des fournitures.
…
Angéla était assise au bord de la fenêtre de sa chambre d'invitée. Elle avait réussi à convaincre le médecin de la libérer. Elle était encore faible mais en vie. Elle regarda avec dégoût le fauteuil roulant que le docteur Beckett lui avait mis à disposition pour se déplacer. Elle était encore si faible qu'elle ne pouvait pas encore marcher sans assistance. Elle avait dû user de ses talents de persuasion pour convaincre à la fois le médecin mais aussi Astyan qui la couvaient trop, et négocier sa sortie de l'infirmerie. La présence du fauteuil n'avait pas été négociable. Elle l'avait dû l'accepter. En vérité, elle voulait être seule. A l'infirmerie, il y avait de nombreux va et vient. Elle voulait être loin des regards, de tout bruit parasite et de toute agitation. Elle avait besoin de réfléchir aux derniers événements, au calme. Maintenant, elle se sentait bien, apaisée. A vrai dire, elle ne s'était jamais sentie aussi bien depuis son accident en Antarctique. Son cœur ne se serrait plus d'appréhension quand elle se réveillait le matin. Elle avait peur de ne pas se réveiller, maître d'elle-même. Elle n'avait plus peur du lendemain. Le futur ne lui faisait plus peur. Elle assumait enfin ce qu'elle était, ce qu'elle était devenue. Elle se sentait en paix avec elle-même. Faible, elle regarda l'horizon sans le voir. Elle affrontait son avenir. De plus, elle savait qu'elle allait rentrer chez elle. Mitchell et Astyan allaient tout faire pour y parvenir. Comment ? Elle ne savait pas mais elle s'en moquait. Elle allait enfin rentrer à la maison.
Affaiblie, son regard se perdit à l'horizon. Elle tentait de se remémorer son séjour dans le bloc de glace. Mais plus elle insistait, plus elle avait mal à la tête. Quelque fois, elle se souvenait de quelque brides de scènes lointaines. Ce n'était plus que des impressions, des sentiments que des flashs. Comme l'apaisement, la douleur, l'angoisse, tour à tour la submergeait. Avait-elle pu s'échapper de la cause de cette angoisse ? Si elle était là, sereine. Elle supposait que oui. Beckett lui avait établi un protocole strict pour son traitement contre le cancer. La lutte avait repris pour elle. Pendant cette pause, elle avait dû perdre du terrain contre la maladie. Mais pas assez, pour qu'elle soit mourante, alitée pour toujours, jusqu'à ses derniers instants de vie. Maintenant, à cet instant, elle se sentait bien en vie. Et non à l'agonie. Elle accueillit avec joie, un sourire aux lèvres la légère brise fraîche qui lui souleva légèrement les cheveux, ses mèches bleues. Elle soupira. Elle n'allait pas pouvoir cacher ses mèches blanches longtemps. Déjà, ses mèches s'étaient éclaircies.
Son cœur se serra quand elle pensa à sa famille. Ces derniers jours, elle avait failli mourir plusieurs fois. Ce n'était pas passé loin. Mourir sans revoir ses proches, sans leur dire à quel point elle les aimait. La famille qu'elle avait rejeté à la mort de ses parents à l'âge de 6 ans. Elle avait été séparée de son frère, alors. Car plus vieux et surtout une partie de sa famille était encore vivante. En effet, ils n'avaient pas le même père. C'était son demi-frère. Il avait les yeux de leur mère. Ils avaient eut deux destins différents. Leurs chemins s'étaient séparés pour ne plus jamais se re-croiser. Le voir lui aurait été douloureux car ses yeux lui auraient rappelé la perte de ses parents. Puis il y avait ses grands-parents, du côté maternel, considérés trop âgés pour la garder. Alors, Angéla avait été confiée à des familles d'accueil. A leur tour, ils leur arrivaient malheur, séparation, divorce, mort… Puis, les services sociaux n'avaient jamais pu retrouvé de la famille du côté paternel. La lignée semblait éteinte. Elle se souvenait de l'excentricité de son grand-père maternel. Il avait été toujours bienveillant avec elle. Il avait aussi les yeux de sa mère. Le même sourire, le même nez qui se retrousse quand elle était contrariée. A partir de ses 6 ans, peu à peu, les membres de sa famille disparurent, naturellement ou pas. La dernière à partir fût la grand-mère à ses 7 ans. Elle se souvint du dernier soir à son chevet, alors que la pneumonie devint critique. Trop de choses chez les différents survivants, son frère et son grand-père lui rappelaient ses parents décédés, êtres chers à son cœur. Ses parents étaient morts, quand elle était très jeune pourtant leur absence avait créé un vide que personne n'avait réussi à combler avec le temps. Pourtant, ils étaient les seuls survivants à l'hécatombe des membres de sa famille. Elle ne savait pas pourquoi elle pensait à ses parents adoptifs et à sa vraie famille. Elle avait coupé les liens définitivement le jour de l'enterrement de sa grand-mère maternelle. Cette occasion les avait réunit pour la première fois et la dernière fois.
Depuis son réveil dans la chambre de l'infirmerie, la douleur de cette perte dans sa poitrine s'était réveillée à nouveau. Elle avait disparu depuis son premier accident d'avion. Pensive, elle essaya de se remémorer leur visage. Elle savait qu'ils avaient gardé un œil sur elle, comme un ange gardien, de loin, respectant son isolement. Car son grand-père avait perdu son unique héritière puisque son frère était né hors mariage. Elle se promit de retourner voir ses parents adoptifs. Ils avaient été très compréhensifs. Ils avaient essayé de combler le vide, en laissant passer tous ses caprices. Ses caprices allaient de son style gothique pendant son adolescence à ses mauvaises fréquentations, jusqu'à ses hobbies de jeune adulte comme les grosses cylindrées. Dans sa carrière et dans ses choix, ils l'avaient toujours soutenue comme quand elle s'était enrôlée dans l'Armée, cherchant des sensations fortes. Angéla voulait sentir qu'elle était en vie. Elle avait même refusé un poste de professeur d'université renommée. Au revoir la tranquillité. Bonjour l'action. D'ailleurs, de l'action elle en avait eue. Elle avait bien été servie dans ce domaine. Ils lui avaient aussi tout pardonnée même les nuits au poste de police ou les réveils à trois heures du matin car elle était sortie en douce la nuit et s'était fait prendre au mauvais endroit et au mauvais moment. Pourtant ils étaient très strictes en discipline, ils avaient surmonté leur apriori pour la rendre la plus heureuse possible. Elle sourit. Elle se rappela d'une nuit particulière où elle s'était échappé par la fenêtre pour rejoindre des amis à une soirée un peu arrosée, au bord de la plage.
Les flics s'étaient pointés et étaient bien sûr tombés sur des bouteilles alcoolisées que plusieurs jeunes avaient bues. Mais aussi quelques pilules circulaient dans les rangs. Bien sûr, elle n'avait pas touché à la drogue, enfin elle le croyait. Elle avait juste bu. Les policiers avaient arrêtés quelques jeunes dont elle. En plus, ils l'avaient surprise à bécoter avec plusieurs mecs, dans un coin à part. Un des policiers, malheureusement, avait reconnu de suite la fille adoptive du Général. Hébétée, elle les avait suivis. Au poste de police, elle avait attendu une heure avant qu'on s'occupe de son cas. Arrivée son tour, les policiers lui avaient fait la morale pendant une heure. Elle les avait à peine écoutés, droguée et le regard dans le vide. Puis, son regard s'était fixé sur un blanc aveuglant, un soldat en uniforme qui venait de franchir le seuil du commissariat. En faite, il y en avait quatre mais à ce moment-là, cela n'avait pas d'importance. Elle les avait regardés avec envie. Surtout le premier soldat qui avait une aura. D'un ton calme, le soldat en question avait parlementé avec les policiers énervés d'être interrompus dans leur moment de gloire. Les policiers semblaient vouloir faire un exemple de son cas. Ils connaissaient le passé d'Angéla, de mauvaise fille. Les gosses de riches arrêtés ce soir là, allaient juste s'en sortir grâce à leur avocat, avec un avertissement. Elle l'avait fixé. Il tentait de convaincre les fonctionnaires de police de la laisser partir. Finalement, il la regarda. Le cœur d'Angéla avait failli fondre sur place. Effet de l'alcool ? Elle ne savait pas pourquoi elle agissait de cette façon. Malgré ses yeux gris d'énervement, elle ne le quitta pas des yeux. Après un long moment de négociation, le soldat eut gain de cause. Il saisit doucement son bras pour l'aider à se relever. Il la guida avec la main sur son épaule vers leur véhicule, encadré par ses camarades. Elle ne savait pas s'il avait essayé de lui faire la conversation ou s'il l'avait questionnée. Avant de démarrer la voiture, il se tourna vers elle. Il lui prit la tête entre ses mains et fixa ses yeux. Puis il regarda ses pupilles. Il soupira. Le bruit du moteur lui déclencha un mal de tête.
Après un moment, la voiture s'était stoppée. Et le temps aussi pour elle. Elle était restée bêtement assise à fixer le tableau de bord, essayant de remettre de l'ordre dans ses idées. Le soldat avait quitté son poste pour lui ouvrir la porte, en vrai gentleman. Il attendait patiemment qu'elle sorte. La bise froide de l'hiver la réveilla et elle reprit ses esprits, brièvement. Le froid l'envahit. Au contraire, elle avait eu chaud toute la soirée, peut être grâce au corps de deux ou trois garçons assez proche. C'étaient des joueurs de l'équipe de baseball. Elle sortit du véhicule en mode automatique. Elle remonta l'allée à pas de tortue. Un des soldats la devança et alla frapper à la porte de chez elle. La porte s'était ouverte sur sa mère, une fois qu'elle eut atteint le haut de l'allée. Elle était décoiffée et ensommeillée, un peu perdue.
- Que … Bafouilla sa mère en fixant le soldat. Chéri … C'est pour toi !
Elle pensait que c'était le boulot de son père qui le demandait. Elle s'interrompit quand elle reconnut sa fille. Le sommeil s'effaça de son visage en une seconde, soudainement inquiète. Elle la regarda avec les yeux ronds, ne comprenant pas la situation. Elle fixa le soldat quand elle vit qu'il tenait Angéla fermement. Alors il lâcha son bras. Angéla aurait voulu que ce contact dure pour toujours, il était si rassurant.
…
- Qu'a-t-elle pris ? questionna sa mère, assise en face d'Angéla, une tasse à la main.
Ils étaient dans la cuisine.
- Rien madame. Elle n'a pas pris de drogue répondit le soldat, en tortillant son chapeau. Elle a fumé…
- Pas de drogue ! Le LSD ou la drogue du violeur est difficile à détecter, reprit la mère.
- Non chérie, ne t'inquiète pas… Ils étaient donc trois garçons, vous dites ? demanda son père calmement.
- Oh mon dieu ! s'exclama la mère.
- Oui, mon Général, plus de 18 ans précisa le soldat. Certains viennent de la base, d'autres de la fac.
- Je t'avais dit que c'était une mauvaise idée cette Cité universitaire. Mélanger le Lycée et la fac n'est pas une bonne idée. Le choc de l'âge est trop grand. Puis il y a trop de testostérones avec la présence de la base…
Pendant que sa mère se lamentait, son père l'avait fixé dans les yeux, pensif.
- Elle était donc consentante d'après vous… coupa son père.
Le silence s'installa.
- Oui, mon Général.
- Qu'a-t-elle pris mon garçon pour qu'elle soit dans cet état alors ? interrogea la mère.
- Alcool, … Cannabis, hésita le soldat.
- Oh mon dieu !
La mère adoptive s'approcha d'Angéla. Elle saisit ses mains, les larmes aux yeux.
- Nous avons échoué, mon chéri. Elle est malheureuse.
- Mais non, c'est normal qu'à son âge qu'elle fricote avec des jeunes hommes.
Il s'était aussi rapproché d'elle. Il posa une main sur l'épaule de sa femme.
- Pourquoi veut-elle se détruire alors ?
- L'adrénaline j'imagine, supposa le père. Les garçons, elle les connait ?
- Ils font partie de l'équipe de baseball. Deux font partie du programme d'insertion de l'Armée dans les écoles normales.
- Il y a d'autres choses qu'on doit savoir ? demanda la mère, la voix tremblante.
- Les policiers ont parlé de Drift Race. Illégal, rajouta le soldat.
- Mais elle n'a pas de voitures ! répondit le père, surpris.
- Désolé de vous contredire mais elle a un petit boulot dans un petit garage. Elle dépanne l'Armée. Ils n'ont pas précisé le rôle de votre… hésita le soldat.
- De notre fille coupa le Général.
- Il semble qu'elle ne soit pas rentrée dans une des voitures ayant courues, à ma connaissance. Je pourrai faire mon enquête sur la base car certains soldats ont ce hobbie.
- Faites donc, merci pour votre intervention, Sergent.
…
Ils n'avaient pas été ses premiers parents adoptifs à la supporter. Avant d'être placée chez le Général, elle avait cumulé de nombreuses familles d'accueil avant son adoption. Résultat, elle changeait souvent de villes, voir même d'Etats. Et par conséquent d'écoles, d'amis... Elle pouvait rester une semaine chez une famille ou 6 mois. Se faire des amis ou avoir des bases solides et stables lui étaient difficiles. Puis avant eux, elle avait eu une famille d'adoption à ses 15 avait été adoptée en même temps qu'un garçon de 16 ans, dans une superbe ville nommée Washington. La famille avait déjà eu des enfants, leurs propres enfants. Deux, une fille de 2 ans et un garçon de 8 ans. Son premier père adoptif était un policier du commissariat du quartier. Sa femme était secrétaire médicale à l'hôpital du coin aussi. Angéla s'était sentie tout de suite chez elle, quand elle était descendue du bus qui l'avait emmenée vers sa nouvelle famille. L'autre garçon adopté avait saisi son sac de voyage pour l'accueillir, le sourire aux lèvres. Angéla allait à l'école du quartier aussi. Un trimestre était déjà passé. L'école avait bien voulu la prendre en cours de scolarité, après de nombreuses discussions. Elle réussit à ne pas changer d'école par la suite. En effet, c'était une cité universitaire. Un lycée et une université renommée en un. La cité universitaire était en collaboration avec l'Armée. Les lycéens avaient très peu de contacts avec les soldats mais ils pouvaient de temps en temps les croiser et les saluer. On les voyait surtout en cours de sport ou bien à la cantine. Parfois, sur le campus. Le lycée était prioritaire aux enfants de familles riches, destinés à de grandes universités et aux enfants voulant rentrer dans l'Armée par la suite. Comme toute école, il avait aussi un programme d'insertion d'enfants à difficulté. L'école était obligée d'accueillir 1 % d'enfants de famille dit « en difficulté ». J'étais ce un pourcent, un pourcent mal vu. En plus d'être une nouvelle, je n'avais pas les mêmes moyens financiers que les autres élèves. Ces derniers le faisaient ressentir et augmentaient l'écart qui nous séparait. Même le corps enseignant parfois y participait. Quand quelque chose n'allait pas, on se tournait toujours vers Angéla pour l'accuser. Malgré tout, elle était heureuse. Une utopie qui s'acheva un an et 7 mois plus tard. Alors le cauchemar commença pour elle, la détruisant peu à peu. Elle vécut pour la deuxième fois un drame à Washington. Mais ceci est une autre histoire. Le résultat était que sa deuxième famille d'adoption la récupéra en pièces détachées. Une partie d'elle avait été détruite. Mais elle avait souhaité rester dans cette ville de Washington, enfin dans ses environs.
Les dernières brides de souvenirs s'effacèrent de son esprit, revenant à la réalité, au monde d'aujourd'hui. Elle lorgna à nouveau la Cité. Elle se promit de prendre du temps pour aller voir ses parents adoptifs et peut-être qui sait sa vraie famille. Rien que d'y penser, elle était déjà angoissée. Pourtant, elle savait qu'elle allait bien être accueillie dans les deux cas. Sa famille lui manquait. Son grand-père, son frère. Avait-elle le mal du pays ? Nostalgique. Peut-être qu'il était temps de rentrer chez elle et de prendre ses responsabilités pendant qu'elle en avait encore la force, avant qu'il ne soit définitivement trop tard. Bien sûr elle pensait à la mort. La mort qu'elle avait frôlée ses derniers jours.
Carson entra dans la chambre de sa patiente après s'être annoncé. Content, il regarda sa patiente. Elle avait presque écouté ses recommandations. Elle était restée, au calme dans sa chambre, au repos. Presque sauf sur un point. Elle avait quitté son lit ou son fauteuil. Elle était à la fenêtre, assise, la tête appuyée sur le rebord.
- Comment allez-vous aujourd'hui ?
- Mieux, souffla Angéla, sans le regarder.
- Vous vous ennuyez, remarqua le médecin, l'air désolé.
- Pas vraiment. Je profite de mes dernières minutes de tranquillité, qui est malheureusement un luxe éphémère.
- Je peux vous prolonger votre repos forcé si vous voulez. Car dès que je lèverai votre convalescence, Rodney se ruera ici… Et adieu la tranquillité, sourit Carson.
- Oui, j'imagine, rêva Angéla. Quand partons-nous ?
- Astyan estime deux jours, informa le médecin.
- Alors oui, j'aimerai être tranquille jusqu'au jour de mon départ.
- Les adieux ne sont pas votre fort, comprit le docteur.
- Si. Si vous considérez des adieux… Fuir rapidement et loin.
- Vous traverserez la Porte en fauteuil roulant donc vous aurez le temps pour vos adieux, remarqua Carson.
- Je m'en doutais, soupira Angéla. Mais je peux vous surprendre, je peux être rapide, même avec un fauteuil.
Elle se rappelait des courses de fauteuil roulant dans les couloirs de l'hôpital avec Mitchell.
- Je vous accompagnerai ainsi que Rodney et Woosley, sur Terre. Ils vont profiter de ce contact pour récupérer du matériel et moi des fournitures.
…
- Madame est servie, salua Rodney avec son accent canadien.
Il présenta à Angéla un plateau de nourriture. Elle était assise, encore sur le rebord de la fenêtre.
- Qu'as-tu fait du soldat posté devant ma porte ? accusa Angéla, l'air amusé.
Elle savait que malgré l'interdiction du médecin, son ami allait braver l'interdit.
- Oh bah il a eut une urgence… De l'autre côté de la Cité. Je me demande ce que c'est ? répondit Rodney, innocemment.
- Hum, si le docteur…
- Il n'en sera rien,, coupa Rodney. N'est ce pas ? Comment vas-tu ?
-Bien.
Il marcha en rond dans sa chambre.
- Qu'y a-t-il ? demanda Angéla.
- Quelle est la probabilité qu'Astyan reste ici ?
- Je ne sas pas moi répondit Angéla, surprise qu'il lui demande. 50 % Pourquoi ?
- Vraiment ?
Il se retourna vers elle.
- - J'aurai dit 0%. Je penserai qu'il t'aurait suivit.
- La Cité peut beaucoup lui apporter, le contredit Angéla. C'est son Histoire. Ses origines.
- Son aide me serait précieuse. On ferait des avancées extraordinaires ensemble.
- Est-ce vraiment important ? soupira Angéla.
Elle était lasse. Rodney la regarda. Elle avait l'air d'avoir d'autres priorités en tête. Rodney remarqua qu'elle était épuisée. Il la rejoint à la fenêtre.
- Je suis désolé… Je t'embête avec tous mes projets.
Il se sentait bête de parler d'avenir avec une personne qui n'en avait pas.
- On pourrait peut-être trouver quelque chose pour toi, tenta Rodney.
- Il y a des cas que l'on ne peut pas sauver, remarqua Angéla. Rodney, tout le monde ne peut pas être sauvé et je fais partie de cette catégorie et il faut s'y faire.
-Comment peux-tu dire cela ? Tu ne dois pas avoir ses pensées noires… Peut-être qu'avec le temps…
- Je suis réaliste, c'est tout, coupa Angéla d'une voix douce. Je me suis fait à cette idée. Il ne faut pas donner de l'espoir, là où il n'y en a pas. La mort ne me fait plus peur, c'est vous qui n'êtes pas prêt à l'accepter, c'est tout. Moi, je suis prête, Rodney. Et me cryogéniser n'est pas une solution, termina Angéla avant que Rodney propose cette idée.
Il la regarda. Elle semblait avoir lu dans ses pensées. Il ne savait pas quoi lui répondre. Etait-ce égoïste de sa part de vouloir la sauver, à tout prix ? Même si pour cela, elle devait « arrêter » de vivre pendant un temps indéterminé.
- Tant de chose auront changé, pendant mon absence, la technologie… Les mœurs, reprit Angéla. Tu auras vieilli, voire même tu seras mort. Je ne serai plus dans le monde dans lequel j'ai vécu. Mes amis ne seront plus là non-plus. Beaucoup de personne sortant du coma des dizaines d'années après, ne supportent pas leur retour. Ils ne se sentent pas chez eux. Ils sont complètement déphasés. Nul ne doit être éternel. Regarde les Anciens où l'immortalité les a emmenés.
- Ce ne serait qu'une question d'années, persuada Rodney. On a réussi à guérir Carson en quelques mois. Dans ton cas…
- Combien ? coupa Angéla. Un an. 10 ans ? Plus ? Ou peut-être jamais. Comment savoir !
Rodney devait accepter le choix d'Angéla, même s'il ne comprenait pas vraiment ses raisons. Il comprit qu'Angéla n'avait pas peur de mourir, contrairement à lui. Mais de quoi avait-elle peur ?
…
Astyan était au niveau de la salle de contrôle du vaisseau, juste à côté de Rodney. Ils étaient devant un écran géant. John les regarda, en retrait, avant de montrer sa présence. Il adorait aller sur le vaisseau. Il s'y sentait bien, chez lui, à sa place.
- Quelles sont les nouvelles ? intervint John.
- Je suis prêt à ouvrir une connexion avec la Terre. J'ai fourni à Rodney des programmes pour améliorer les systèmes de survie de votre Cité, répondit Astyan.
- Cela va nous faire économiser 30 % sur notre énergie actuelle. L'échange de données entre le vaisseau et la Cité est bientôt terminé, apprit Rodney. Après Astyan partira.
- Comment cela marche ? demanda John, curieux.
- Je pense qu'à chaque fois que le vaisseau rencontre un bâtiment lantien, le vaisseau communique avec pour mettre à jour sa base de données. Tout est alors centralisé sur ce vaisseau. Certaines données du vaisseau sont aussi fournies à la Cité comme la mise à jour des cartes.
- Donc s'il croise d'autres vaisseaux ou d'autres Cités, il obtient de nouvelles informations.
- Oui, affirma Rodney. Par exemple, si une étoile n'existe plus, il le signale et le dit aux Cités. Il retient aussi la dernière position d'un vaisseau ou d'une Cité. Mais aussi les derniers dégâts.
- Tout est automatique. C'est comme ça que j'ai vu qu'un de vos systèmes avait été altéré, ajouta Astyan.
- Ah oui ! Lequel ? demanda John.
- Nous le savions déjà. C'est l'hologramme d'aide, précisa Rodney, fixant John.
- Morgane l'hologramme, répéta John.
- Ce programme a été créé pour guider les habitants. Mais il a cessé de fonctionner correctement. Le programme est une anomalie. Car l'utilisation du programme devrait utiliser de l'énergie. Or je n'observe pas de pic d'énergie lors de ses derniers fonctionnements.
- Nous connaissons déjà … Cette anomalie. Morgane était un hologramme particulier, apprit Rodney à Astyan.
- En réalité, l'hologramme était beaucoup plus réel qu'une simple représentation, précisa John. C'était un Ancien caché dans le programme.
- Vous voulez dire que Morgane était réellement ici ? demanda Astyan.
Il les regarda étonné.
- Oui, quand on l'a découvert, elle nous a abandonnés après nous avoir révélé son identité. Elle avait peur d'être repérée par les autres. Vous avez l'air étonné ?
- Elle n'était pas censée se mêler de vos affaires et ce n'était pas du genre à enfreindre les lois. A moins qu'elle est une excellente raison. Mais je me demande pourquoi ? Le programme a été altéré, il y a environ… 6 ans.
- 6 ans ? Avant ou après notre arrivée demanda Rodney.
John se demandait pourquoi cette précision était nécessaire.
- Vous pensez qu'elle est arrivée dès votre arrivée dans la Cité. Elle ne doit pas se mêler des affaires humaines, répéta Astyan.
- C'était huit mois avant notre arrivé, lut Rodney. Donc avant.
Il était presque déçu. John allait lui poser des questions car il savait que Rodney avait une idée derrière la tête.
- Elle a su notre arrivée avant peut-être, supposa John. Certains anciens voyaient l'avenir.
- Ce n'était pas le cas de Morgane, contredit Rodney, pensif.
- Si on doit faire une hypothèse. Je pense qu'elle est venue ici plutôt pour vous espionner. C'est une coïncidence si elle est tombée sur vous. Elle faisait juste une ronde. Puis elle surveillait vos faits et gestes
- Une ronde ?
- Elle surveillait leur « création », les différents endroits où leurs secrets sont stockés.
- Attendez, mais pourquoi nous espionner ? coupa John.
- Pleins de raisons, réfléchit Rodney. Leurs recherches dans la base de données…
- Oui, ils ont toujours peur de voir leur découverte mal utilisée, confirma Astyan. En fait, je ne pense pas que vous soyez la raison de sa venue. Elle a dû revenir pour autres choses. Quelque chose qui valait le coût d'être punie et d'enfreindre les lois fondamentales qu'elle se forçait à respecter mais aussi à faire respecter aux autres. D'après nos histoires pour enfant, elle était la plus redoutable. Elle était sévère et inflexible. Et la Chute était une de ses spécialités. Elle en a fait tomber plusieurs pour désobéissance aux règles.
- L'a-t-elle obtenue cette chose ? Elle est repartie quand on l'a reconnu, dit John. Daniel a découvert la supercherie lors d'une de ses recherches dans la bibliothèque. Il voulait savoir comment trouver un moyen pour détruire les Oriis.
- Et qu'a-t-elle dit ? Comment s'est-elle trahie ? demanda Astyan, intéressé.
- Des adresses de planète dont celle que l'équipe SG1 avait visitée récemment, apprit John.
- Ils y ont trouvé des tablettes nommées Quiatus, rajouta Rodney. Sur des prédictions futures.
- Les tablettes de Judeon, souffla Astyan, impressionné. Il aurait créé une machine pour voyager dans le temps. Ce n'était pas un prophète, pas de prédiction du futur. Il a dû semer un peu partout dans la galaxie, des genres de prophéties. Que racontent-t-elles ?
- Je ne connais pas les contenus, s'excusa Rodney. Daniel peut mieux vous renseigner que moi. Mais je suppose qu'elle parle de catastrophes, de guerres et de la chute des Oriis. Cela ne sert à rien de prédire les bonnes choses.
- Et ces tablettes les ont emmenés à vous, conclut John.
- Parlaient-elles de notre rôle ? demanda Astyan, intéressé.
John haussa les épaules.
- Non, Morgane n'a rien trouvé, je pense. Mais elle en a profité pour en savoir plus sur vous.
- Comment va Angéla en fait ?
- Je ne sais pas, dit Rodney.
Astyan leva les yeux vers lui et le fixa du regard, avec insistance.
-Ok… Ok je suis allé la voir, avoua Rodney.
John le regarda aussi, surpris.
- Je le sais ça et … ? continua Astyan.
- Comment vous le saviez… Vous ne pouvez pas le savoir, j'ai été discret… Ah la télépathie, comprit Rodney, en se mordant la lèvre.
- Justement par télépathie, vous ne pouvez pas savoir… imagina John.
- Non, son esprit ne m'est plus accessible depuis un certain temps, contrairement aux vôtres, apprit Astyan, en souriant.
- Elle est prête à partir. Je dirai même qu'elle est pressée, informa Rodney s'avouant vaincu.
- Tant mieux, le vaisseau sera prêt pour partir aussi. Je suis prêt. J'ai décidé de confier le ZPM à Daniel si jamais la machine était prête avant.
…
Il faisait nuit. La Cité était endormie. Rodney veillait encore. Il lisait encore la base de données du vaisseau, riche. Il ne voulait rater aucune miette de savoirs. Il en profitait pendant que le vaisseau était encore là. Astyan était partie depuis un moment, se reposer pour le grand jour. En réalité, ce dernier marchait d'un pas précipité, décidé vers une porte. La porte s'ouvrit à son passage. Il entra dans une chambre circulaire faiblement éclairée. C'était le dernier endroit où Morgane était apparue à Daniel. Il se posta au milieu de la place alors que la salle s'illumina d'une lumière douce, comme pour l'accueillir. Il avait de nombreuses questions à l'esprit
…
Angéla fixait le plafond depuis plus d'une heure. Elle n'arrivait pas à se reposer depuis qu'elle savait qu'elle allait rentrer chez elle bientôt. En fait, elle n'arrivait pas à fermer un œil depuis qu'elle était revenue dans la cité. Comme la première fois, elle ressentait une énergie inconnue, émanant de la Cité, l'appelant sans cesse. C'était un son, un frottement, un chuchotement à la fois. Ce n'était pas comme avec l'appel du Volcan. C'était différent. C'était un appel répétitif et attirant qui se basait sur le même rythme que son cœur. La journée, elle l'ignorait mais la nuit, elle ne le pouvait pas. Le bruit devenait insistant pendant que tout était calme. Elle n'arrivait pas à localiser son origine. Cela semblait venir de toute la Cité. Les murs, le sol… La cité vibrait en échos aux battements de son cœur. Ce soir, l'appel était insupportable, comme si on voulait l'empêcher de partir ou comme si on l'appelait avec désespoir. Elle se retourna de nombreuses fois dans son lit, pour trouver la meilleur place possible pour s'endormir. Elle colla son oreiller contre les oreilles, pour atténuer le bruit, sans succès. Elle entendait toujours le souffle de murmure. Elle jeta l'oreiller à travers la pièce, énervée. Il atteint le mur d'un bruit mat et tomba sur le sol. Assise, elle contempla l'oreiller d'un mauvais œil comme si tout était de sa faute. Puis elle prit sa décision. Elle se leva avec difficulté encore faible. Ses articulations la faisaient souffrir. Elle prit son fauteuil roulant. Une fois installée, elle quitta sa chambre sans bruit. Elle suivit son instinct au cours de sa promenade nocturne. Elle enchaîna de nombreux couloirs. La Cité était endormie, en torpeur. Quelques personnes parcouraient les couloirs aussi, surtout des scientifiques. Ils l'ignorèrent, même pas un regard. Ainsi, elle traversa la Cité sans que personne ne l'arrête.
…
Astyan ferma les yeux. Il ne ressentait plus rien, plus son corps. Il ouvrit son esprit vers l'extérieur. Morgane n'était plus là. Il perçut quelque résidu de son énergie vitale. C'était bien un Ancien, ayant fait l'ascension. Il pouvait reconnaître un des siens quand il en rencontrait. Il se demandait pourquoi elle avait espionné les terriens pendant tout ce temps. Il savait qu'elle était contre le contact avec les humains. Elle avait longtemps lutter contre les siens qui désiraient ce genre de relation. Le fait de vouloir une vie parmi les terriens était inconcevable pour elle. Elle était l'ennemie jurée de Merlin ou Melchior. Elle avait mené une lutte acharnée contre l'exode des anciens. Amante de Merlin, elle avait essayé de le convaincre d'abandonner son but, par tous les moyens. Il était trop proche des humains à son goût. Elle avait même mené une guerre sans merci contre lui, allant même jusqu'à utiliser le poison. Elle ne voulait pas le tuer mais dégrader l'enveloppe corporelle pour l'obliger à s'élever. Merlin lui avait toujours échappée. Elle avait fini par le perdre de vue. Merlin était encore attaché aux humains, car il croyait à la renaissance des Premiers parmi eux. Morgan n'avait pas les mêmes croyances. Il pensait attendre ce moment et accueillir les Premiers afin de transmettre son héritage. D'ailleurs, peu des siens y croyaient. A Attalon, il y avait la même diversité de croyances. Il y avait des rassemblements pour en discuter, pour prévoir la date de leur retour. Shola aimait bien s'y rendre pour écouter les rumeurs. Ses personnes voyaient des signes même insignifiants de leur retour comme des récoltes miraculeuses.
Il projeta ses perceptions au delà de la Cité et tenta de suivre le résidu d'énergie de l'Ancienne. Il marmonna une prière, un appel à l'égard de Morgane. Il capta une présence mais elle n'était pas inconnue. Au contraire, il la connaissait bien. Angéla était proche puis il capta une autre présence futile, cette fois-ci inconnue. Celle-ci s'insinuait dans la Cité. Mais la présence d'Angéla masquait l'autre présence. Et il la perdit presque. Car Angéla s'approchait de la pièce aussi. Il ouvrit les yeux. Angéla était à la porte dans son fauteuil roulant. Elle le fixait du regard, surprise de le voir aussi ici. Elle était mal à l'aise. Il lui sourit. Son esprit était encore ailleurs, tentant de retrouver la trace de l'intrus. Elle était figée à la rentrée. La présence extérieure se rétracta.
- Que fais-tu là ? lui sourit Astyan.
- Je… Je n'arrivais pas à dormir, s'expliqua Angéla.
- Et tu as décidé de faire une petite promenade.
- Oui, en quelque sorte.
- Et tu es venue ici parce que…
- J'ai entendu quelque chose. Ce bruit m'a attiré ici.
- Pas ma présence alors, conclut Astyan, un peu déçu.
- Non, je ne savais pas que tu étais là.
Il lui sourit.
- Mais toi aussi, tu m'as senti arrivée, n'est ce pas ? reprit Angéla. Que fais-tu ? Ou que faisais-tu ?
- J'explore cet endroit. Je m'intéresse à des rumeurs qui courent au sujet de cette salle.
- Ah oui laquelle ? demanda Angéla, curieuse.
- Un des nôtres a joué un mauvais tour ici même.
Il montra le centre de la pièce.
- Daniel l'a démasquée. Un ancien se faisait passer pour le mode de recherche des données sous la forme d'un hologramme, expliqua Astyan.
- Mais elle n'en était pas un. Comment s'est-elle cramée ? demanda Angéla.
- ?
- Fait avoir. Piégé. Comment on l'a découvert ?
- Ah oui… Daniel… Il m'étonnera toujours…
- Moi aussi, marmonna Angéla.
- Il a posé des questions et il a trouvé les réponses incohérentes par rapport aux questions qu'il avait posées.
Il se tourna vers le centre.
« Donnez-moi des informations sur la dernière adresse supposée du Cœur d'Atlantide »
Un hologramme s'afficha. Angéla regarda l'apparition avec étonnement. C'était une dame. Ses traits lui étaient familiés. Elle reconnut presque les yeux de sa mère. Il y avait aussi une carte qui était apparue au plafond de la pièce.
« Le Cœur a été détruit lors de son dernier combat contre les Wraiths afin de détruire les vaisseaux ruches et de permettre la sauvegarde d'un peuple. Ville prospère, autonome…»
- Cool, une encyclopédie vivante, intervint Angéla. On n'a même pas besoin de feuilleter des livres poussiéreux.
Elle n'écoutait pas ce que l'hologramme disait, elle observait plutôt l'apparition. Astyan sourit à sa remarque. Il avait détesté étant jeune, étudier des vieux livres avec Wellan.
- Mais en quoi…
- Tu as vu son fonctionnement normal. Tu demandes quelque chose, elle te répond avec précision, avec tous les détails. Daniel a bien posé une question précise. La base de recherche lui a répondu vaguement et presque à côté. De plus, auparavant, Rodney avait posé la même question. Daniel a juste reformulé différemment sa question par rapport à Rodney. Il connait bien la subtilité de la langue lantienne, sourit Astyan.
- Et la deuxième fois, la base a donné une réponse ce qui n'était pas le cas la première fois, résuma Angéla. Pourquoi la base a répondu la deuxième fois.
- Je ne sais pas. Mais cela a éveillé les doutes sur son identité. Elle a essayé de guider Daniel dans ses recherches.
- Ce que ne fait pas une simple encyclopédie.
- Oui, elle leur a fourni alors des adresses.
- Que des adresses ! dit Angéla, étonnée.
- Oui, aucune autre précision, juste des conseils. Les adresses vous ont emmenés à nous.
- Mais quel était son but ? Je croyais qu'elle n'avait pas le droit d'intervenir.
- Je ne sais pas. Mais elle n'appréciait pas les Oriis, c'est sûr car ils ne respectaient pas les règles qu'elle se forçait de faire respecter. Morgane avait une personnalité complexe. Elle balançait entre deux opinions. Elle était à la fois ennemie de Merlin et son amante.
- Pourquoi revenir ici ? demanda Angéla en admirant le plafond céleste.
- C'est un mystère mais il aurait fallu une excellente raison pour elle, car la Chute est brutale.
- Parle-moi de la Chute.
- Je ne peux en parler car je n'ai pas vécu l'ascension. Je ne peux que deviner. Mais la Chute est un retour à la réalité brutale. On perd une grande partie de nos capacités. La douleur revient. Les sensations aussi par conséquent. Généralement, c'est considéré comme une régression de leur statut.
- Pourtant Sam a rencontré un être ayant fait la Chute.
- Parfois, certains ne supportent pas leur situation à long terme. L'amour peut inciter cette décision et les pousser à effectuer la Chute.
- Même si elle peut causer la mort ? demanda Angéla.
- La mort ?
- L'être en question est mort. Le cerveau de l'enfant n'a pas supporté.
Sam lui avait raconté l'histoire.
- L'enfant avait quel âge ?
Angéla l'ignorait.
- Un ancien puissant n'a même pas besoin d'effectuer la Chute dans un corps d'enfant. La Chute peut en effet provoquer la mort mais c'est surtout parce que le retour des sentiments n'ait pas facile à supporter par l'individu. Ce n'est pas pour rien que votre croissance n'est pas courte et dure un quart de votre existence. Il permet de supporter l'apparition de nouveaux sentiments néfastes comme la colère, la jalousie…
- Un enfant ne connait pas la colère, juste l'amour maternel, comprit Angéla.
- Oui, le temps permet d'appréhender toutes les nouvelles émotions autant positives que négatives. Notre croissance est encore plus longue que vous.
- Combien de temps ?
- Cela dépend de notre puissance mais cela fait 62 ans de votre vie alors que j'ai 24 ans.
Angéla le regarda, surprise. Elle savait qu'il était plus âgé qu'elle mais elle ne se doutait pas que cela faisait autant.
- Au début de notre vie, notre croissance se déroule comme chez vous mais elle ralentit fortement à l'âge de 12 ans.
- Le début de la puberté, ajouta Angéla.
- Oui, pour certains. Mais aussi du réveil de la plus grande partie de nos pouvoirs. Nous avons besoin de temps pour maîtriser nos pouvoirs avant que les hormones passent à l'action et s'y mêlent.
- Chez vous, Aimer veut dire pour l'éternité ?
- La plupart du temps oui. L'amour meurt quand l'aimé meurt.
- Alors si Merlin était encore en vie et ce n'est qu'une hypothèse, comment réagirait Morgane là-haut ? voulut savoir Angéla.
Astyan la lorgna aves ses yeux gris. Il la sondait.
- Elle n'a pas fait la Chute, c'est certain. Elle n'a pas de corps propre. Elle est juste une énergie pure, hésita Astyan. Mais je pense qu'elle fera tout pour revenir, même si ses raisons n'étaient pas encore claires pour elle.
- Même si pour cela, elle doit intervenir dans nos affaires ? interrogea Angéla.
- Oui, car elle n'a pas fini son travail. Une vieille affaire serait encore en cours entre eux.
- Ce serait de l'amour ou une querelle ?
- Un peu des deux. Elle a toujours mélangé les deux sentiments. C'est pour cela qu'elle n'a pas encore puni Merlin. Je pense qu'elle lui laisse toujours une chance de s'en sortir. Je le répète leur relation était compliquée rit Astyan. En plus, les années de séparation n'ont pas atténué leurs sentiments. Mais pourquoi cette question ?
- Juste pour savoir, répondit Angéla en détournant les yeux. Je pensais qu'elle était revenue pour lui, enfin en croyant tombée sur lui. Ou bien par jalousie, car la légende dit qu'il avait pris femme, une mortelle.
- J'en doute. Tu ferais mieux d'aller te reposer. Demain est un grand jour.
- Ouais, un jour pour frimer, sourit Angéla. Ce n'est pas moi qui va utiliser son énergie pour faire fonctionner la Porte d'une galaxie à l'autre.
- C'est vrai, concéda Astyan. Mais les adieux peuvent être éprouvants.
Elle évita son regard. Savait-il ce que son cœur ressentait ? Elle trembla car cela l'effrayait. Il commençait à la connaître alors qu'elle-même elle avait des difficultés à définir ce qu'elle ressentait. Elle ne le contredit pas. Elle accepta l'argument. Astyan s'approcha d'elle et lui caressa la joue. Il s'installa en face d'elle, à genou pour se mettre à la même hauteur qu'elle.
- Demain, tout sera fini, promit Astyan.
Elle savait qu'il tenait ses promesses. Il s'approcha d'elle et l'embrassa sur le front. Puis il l'aida à quitter la salle en poussant le fauteuil avec ses pouvoirs, en dehors de la salle.
- Ne fait pas de bêtise, conseilla Angéla, l'air espiègle.
- Moi ? Jamais.
Alors que le fauteuil d'Angéla avançait tout seul, il la fixait du regard. Il voulait être sûr qu'elle rentre dans ses quartiers. Il retourna dans la salle alors qu'il suivait par la pensée la progression d'Angéla. L'hologramme était toujours là à le fixer de ses yeux brillants. Une fois rassuré, Astyan se retournait vers l'hologramme, le sourire aux lèvres. Il n'avait pas encore réglé le problème. En effet, à l'arrivée d'Angéla, l'énergie ne s'était pas totalement retirée. Elle s'était isolée dans un coin, pour les espionner. L'énergie de Morgane avait été attirée à nouveau dans la salle. Enfin, il demanda :
« Quelles sont les dernières recherches de Parthus et sa dernière demeure ? »
L'hologramme ne bougea pas, même pas un sourcillement. Astyan attendit patiemment. Après quelques secondes, un écran apparut avec la réponse à la question. Il étudia la carte. Son sourire s'élargit.
- La dernière demeure, précisa Astyan.
Cette fois-ci, l'hologramme bougea légèrement. La femme le fixa de ses yeux durs. Cette fois-ci, le toit de la pièce changea, laissant apparaître une carte du ciel.
- Le vaisseau ne s'était donc pas trompé, souffla Astyan. Parthus avait vu juste. Astyan, le premier le savait-il ?
Il examina l'hologramme. Son visage avait changé. Il pouvait y lire de la surprise.
- Non, bien sûre, chuchota Astyan. Aucun le savait sauf Parthus. Astyan était trop obnubilé par ses recherches, c'est ce que je craignais. Daniel et son équipe ont bien rencontré les données de Parthus.
« Parthus, scientifique douteux s'est exilé dans la voie lactée. Il aurait transféré son esprit dans une machine au lieu de s'élever comme tous ses ancêtres. La rumeur dit que Merlin aurait récupérer une partie de son esprit. Ainsi, Merlin aurait réussi à s'échapper et à se cacher aux yeux de nous tous, grâce…» commença à citer l'hologramme.
- Ce n'est pas ce que je demandais, coupa Astyan.
Il se sentit mal. Il recula. Donc Jack O'Neill avait finit le travail de Parthus. Il tituba. L'hologramme l'observait toujours, un sourcil se leva comme une interrogation. Il reprit vite son esprit et tourna le dos à l'hologramme.
« Voulez-vous d'autres informations ? »
- Non, j'ai mes réponses. Par contre, vous ne les avez pas. Ce que je me demande, c'est qu'est ce que vous faites encore là ? demanda Astyan, en se retournant.
Il rayonnait. Il s'était entouré d'un halo de lumière. Bien sûr, il avait senti la présence de Morgane dès l'arrivée d'Angéla. Maintenant il savait ce qui avait attiré Morgane dans la salle aujourd'hui et i ans. Angéla.
La lumière de l'hologramme s'intensifia alors qu'un rictus de colère apparut sur son visage.
…
Angéla se tordait les mains, stressée. Ils étaient tous présents dans la salle de la Porte des Etoiles. De nombreux témoins voulaient assister à l'exploit d'Astyan. Elle lui avait fait ses adieux avant. Elle sourit à Daniel pour le rassurer, juste à côté d'elle. Elle pouvait aussi sentir la présence rassurante de Mitchell derrière elle. Il s'était porté volontaire pour pousser son fauteuil. Woosley avait l'air aussi stressé alors que Rodney était tout excité pour ce grand jour.
- Il paraît qu'il va y avoir du spectacle, dit Evan en arrivant à côté de John. Quoi ! Je n'allais pas louper ça ! Je n'allais pas rater les meilleures places.
Il parlait de ces événements comme un match de basketball. Astyan était devant eux, seul, les yeux fermés, probablement pour se concentrer. Il avait l'air soucieux depuis sa discussion d'hier soir, et énervé. Elle savait que ce n'était pas à cause de la Porte. Maintenant, il évitait de la regarder directement dans les yeux.
- Il se connecte au vaisseau, souffla Angéla.
Elle avait été surprise de ressentir à nouveau ce lien. Elle avait oublié ce contact. Elle avait pensé pas que le contact avec le vaisseau avait été rompu mais non le lien était encore tenace. Elle avait senti une légère modification de la pression autour d'elle. Elle savait maintenant quand Astyan utilisait son pouvoir. Car son pouvoir l'effleurait toujours un peu.
- Ça va aller ? demanda Mitchell à son oreille.
Elle frissonna quand son souffle réchauffa son cou.
- Oui.
Astyan quitta le centre de la pièce pour rejoindre Rodney. Tout le monde sentit la tension autour d'eux s'accumuler. Puis les chevrons s'enclenchèrent. Angéla eut des frissons. Elle se frotta les bras. Elle sursauta et éloigna sa main de son épaule. Elle avait cru voir la queue de son dragon tatoué bouger. Cela avait duré une demi-seconde. Elle fixa du regard son tatouage. Il ne bougeait plus. Le cœur battant, elle observa le dernier chevron glisser, avec angoisse. Après un moment interminable, la Porte s'ouvrit. Le bouclier était abaissé car Astyan le contrôlait aussi. Tout le monde était admiratif et chuchotait entre eux, avec leur voisin proche.
- Voilà c'est fait, souffla Rodney, admiratif.
- Je vous souhaite un bon voyage, sourit Astyan.
Il observa enfin Angéla. Elle lui rendit le regard. Il put lire sur ses lèvres un merci. Il inclina la tête pour accepter ses remerciements et pour la saluer.
- A bientôt, salua Daniel, en serrant la main à Astyan.
Ce fut le tour de Mitchell. Angéla fixait la Porte des Etoiles, l'accès pour le retour chez elle. Enfin, Astyan s'approcha d'Angéla. Ils se prirent le coude en un salut guerrier. Il lui sourit. Puis il l'a prit dans les bras, la surprenant. Les surprenant tous.
- Fais attention à toi, chuchota Astyan à son oreille.
- Comme toujours.
Enfin il l'embrassa sur le front comme il l'avait fait la veille pour la congédier.
- Honneur à vous, les interrompit Woosley.
Il les invita à passer devant. Angéla jeta un dernier regard vers John. Ils n'avaient pas eu le temps de discuter et de mettre les choses au point. Elle lui sourit. Il lui fit signe de la main. Ils savaient tous les deux qu'une relation à distance était impossible. Y avait-il eut une relation entre eux ? John se le demandait. Un baiser ne voulait pas dire relation. Ils s'étaient donc quittés comme de bons vieux amis. Pourtant, ses derniers jours, il n'avait pas arrêté de penser à elle. A chaque fois qu'elle le regardait ou lui souriait, son cœur faisait un bond dans sa poitrine, presque douloureux. Son sourire le faisait fondre su place. Pourtant, il ne connaissait pas grand-chose d'elle mais cela lui suffisait. Ils n'avaient pas parlé de leur situation. Comme quoi une relation avec son supérieur hiérarchique était impossible. Elle un Général, lui un Colonel. Puis il y avait la distance entre eux et aussi le manque de temps. John n'avait pas eu le temps de développer leur relation. Il n'avait pas besoin de plus d'informations pour savoir que c'était une femme exceptionnelle. Woosley le fixa du regard, d'un mauvais œil. John lui sourit. Il savait que Woosley allait faire son rapport. Celui-ci était mauvais. John était complètement en désaccord avec lui. Puis il lui vint une idée. Il aimait bien mettre en rogne Woosley, et il avait une occasion en or. Il se redressa, comme un piquet, banda le torse.
- Garrrrrrde à vous ! cria John.
Puis il fit lui-même le salut militaire alors que tous les soldats l'imitaient en un seul ensemble. Ils saluèrent tous le Général Angéla Calling. C'était une marque de respect. Emue, Angéla se leva raide et leur rendit le salut. Beckett regarda ailleurs. Il fit semblant de ne pas voir qu'Angéla avait désobéi à ses recommandations. Woosley lorgna John, avec mépris, puis de surprise quand il vit que tout le monde était immobile dans un salut militaire. Même les civils. Sauf Ronon qui s'inclina légèrement. Teyla hocha la tête.
- Bon retour mon Général, reprit John.
Rodney fier regarda tous les hommes dans la salle. Il était fier de ses amis et des personnes habitant dans la Cité. Ils avaient un code d'honneur, protéger les siens quoi qu'il arrive. Mais aussi un code de respect. Et de cela, il en était fier.
Mitchell poussa doucement le fauteuil roulant vers la Porte des Etoiles à la suite de Daniel. Angéla jeta un dernier coup d'œil vers Astyan qui la salua de la main. Daniel portait les affaires d'Angéla. Angéla avait aussi un sac posé sur les genoux. Ils passèrent ainsi la Porte.
Fin du chapitre.
Tableau de bord :
chapitre 42 (19): Tout ira bien (epilogue), écrit (5 pages), en correction == fin de la deuxième partie, prévu Février
