Bon bah voilà les vacances sont là pour ma zone donc j me mets à poster enfin (ok c'est la fin mais bon mieux vaut tard que jamais)

Comme vous pourrez le voir, le style change légèrement. C'est plus noir, plus profond... Enfin je le trouve. Il semble avoir un décalage avec les deux premiers tomes mais bon ce n'est pas grave cela n'empêche pas les énigmes et je vais répondre à certaines de nos interrogations (voire toutes normalement)

Sur ce bonne lecture je vous laisse découvrir la suite et le début du tome 3 et arrêter le blabla rapidement

ah si j'oubliais : je remercie mon correcteur fidèle à son poste jas29830 et venez découvrir la version anglaise de cette histoire traduite par jamiemelly88 (voir ma fiche)

Bonne lecture

et comme d'habitude le même blabla les reviews sont bienvenues !

TOME 3

"La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi". - Albert Einstein-

Chapitre 1 : Invitation

A la recherche d'Angéla.

Une alarme résonna dans une des bases américaines, sur son propre sol dans le Montana. Cette base était particulière, ce n'était pas n'importe quelle base. En effet, c'était là où avait été entreposée LA fameuse Porte vers l'au-delà. Le seul accès au reste de la galaxie, une infinité de possibilités. De nombreux soldats passaient cette Porte vers l'inconnu, chaque jour depuis plus de 10 ans. D'ailleurs une de ses équipes rentrait, plus tôt que prévu, blessée. Un soldat aidait deux autres à marcher de chaque côté. Il en manquait un. Il était tombé, mort au combat, en mission. Officiellement, il est mort dans un accident lors d'un exercice de routine. C'était l'excuse favorite de l'Armée pour couvrir ses activités secrètes.

- Que se passe-t-il ? demanda le maître des lieux, le Général Landry.

- Une invasion de sauterelles carnivores et très affamées. Elles ont commencé à détruite toutes les cultures, les forêts, puis ont fini par attaquer les habitants, encore affamées. En plus d'un appétit féroce, elles n'arrêtaient pas de muer et de croître en taille, à cause de l'apport massif de nutriments. On ne peut plus rien faire pour la planète. On a déjà eu de grandes difficultés à revenir, en vie.

Le général comprit que la planète était perdue.

- Où est Garett ? demanda le Général, remarquant le soldat manquant.

Il demanda par formalité. Landry savait qu'ils ne rapportaient que des mauvaises nouvelles depuis quelques mois. Il lut la réponse sur le visage du sergent, les yeux vides. Il comprit. L'absent était tombé au combat, succombant à une attaque de sauterelles voraces.

- Je vois… Les sauterelles ont eu raison de lui aussi… Supprimez l'adresse de nos données, ordonna le Général, en soupirant. Allez-vous reposer et mettez-vous en quarantaine. On ne sait jamais, je ne veux pas de ces larves de sauterelles chez moi.

- Bien, mon général.

Maintenant, la mise en quarantaine était devenue automatique à chaque retour de mission. Elle durait deux jours, 48 heures pour tout tester. Ceci permettait aux soldats de se remettre de leurs péripéties aussi, un repos bien mérité. Landry ne voulait pas ramener de mauvaises surprises comme des maladies, ou ces sauterelles carnivores. Il ne voulait pas contaminer le reste de la Terre, encore naïve d'une liberté apparente et fragile. Les temps étaient durs. Cela faisait la douzième planète qu'il perdait en trois jours. Encore une fois, c'étaient des résistants ou alliées de la Terre qui tombaient. Leurs rangs s'éclaircissaient encore plus. Heureusement, certaines planètes résistaient encore à leurs côtés. D'autres connaissaient encore la paix, peuplées par des personnes neutres. La Terre avait dû mal à se faire de nouveaux amis et alliés pour la lutte contre les Oriis. Plus personne ne voulait s'associer avec eux. Ils avaient dû alors envoyer de nombreux espions sur diverses planètes pour obtenir des informations et se tenir au courant de la position des Oriis mais aussi des rumeurs.

Le Général Landry retourna à son bureau, soucieux. Il réfléchissait encore au communiqué qu'il devait faire au Président des États Unis sur la situation. Il utilisait beaucoup trop le téléphone rouge en ce moment à son goût. Les dirigeants lui mettaient la pression et profitaient de ce moment de désastre pour essayer de le faire quitter son fauteuil. Il s'assit justement dans ce fauteuil tant convoité, en laissant ainsi tomber tout le poids de la responsabilité et des heures supplémentaires accumulées ces derniers jours. Pour oublier ses ennuis, il prit le premier dossier sur une grande pile, par réflexe. Il l'ouvrit sans même le voir. Puis il se rappela d'un détail : un autre problème. Il prit le combiné et pianota un numéro.

- C'est moi. Où en êtes-vous ?... Je peux vous envoyer plus de moyens… Nous perdons encore du temps et une autre planète est tombée, c'est la troisième aujourd'hui et la journée n'est pas terminée... Il est urgent de la trouver et d'organiser une rencontre… Oui mais une semaine aurai dû suffire à la retrouver… Ils ont encore demandé une rencontre, ils s'impatientent. Astyan a proposé de vous aider… Je sais bien, ce sera d'autres papiers à fournir pour moi mais je veux des résultats… Ok tenez-moi au courant. Si je n'ai pas de résultats, je vous envoie de l'aide… Non, ce n'est pas négociable, Daniel. Je veux la voir, ici dans une semaine maxi.

Et il raccrocha.

Sa meilleure équipe était occupée à trouver une disparue qui ne voulait pas être trouvée : Angéla Calling. Il n'y avait plus aucune trace de cette femme à la surface de la Terre, depuis sa dernière mission. Il ne savait pas ce qui l'inquiétait le plus, qu'Astyan veuille la voir ou que la Tockra exige une rencontre avec elle. Ou bien qu'elle soit introuvable. Malheureusement pour eux, elle savait très bien disparaître quand elle le voulait. Ce n'était pas eux qui la trouvaient mais elle qui les trouvait en général. Si on voulait lui parler, il fallait attendre qu'elle prenne contact sinon aucune chance de la trouver. Le problème était qu'elle semblait ne pas vouloir refaire surface.

Daniel entra dans un petit bar, perdu dans le Wyoming. C'était une étape importante pour les transporteurs en tout genre. Il y avait aussi un motel, une station essence et une épicerie.

- Alors ? demanda Mitchell, en sirotant son verre.

- Il s'impatiente.

- Moi aussi, avoua Mitchell.

Même si c'était comme des vacances pour lui : traverser le pays.

- On ne doit plus être très loin, les rassura Teal'c. Elle doit savoir qu'on la cherche et elle finira par se montrer.

- Il nous menace de nous envoyer Shola ou Astyan, rajouta Daniel. Pour nous aider.

"Que Dieu nous préserve" pensa Daniel.

- Astyan veut s'assurer qu'elle va bien, il cherche une excuse, comprit Mitchell. Je me demande qui la demande le plus, Astyan ou la Tockra. Elle ne se montrera que si elle le veut. Et s'il lui était arrivé quelque chose ?

Mitchell frissonna à cette idée. Cela pouvait expliquer son silence.

- Mais elle va bien. On a vérifié les morgues et les hôpitaux, remarqua Teal'c. C'est un prétexte.

Mitchell le regarda, en espérant qu'il ait raison.

- Si la rencontre a lieu, ce sera notre seule chance de nous rallier, reprit Daniel.

- Peut-être mais ce serait un risque inutile. On ne peut pas l'exposer. Ils veulent juste voir un des descendants les plus proches des Anciens. Ils veulent voir le phénomène, marmonna Mitchell. Et voir quelques tours de magie.

- Il a raison. Cette rencontre au sommet sera le meilleur moment pour une attaque. Les Oriis pourraient nous porter un coup fatal. Ils auront toute l'alliance réunie en un seul endroit, rajouta Teal'c.

- On n'a pas le choix. On a besoin de cette planète pour l'arme. Castiel a été formel sauf si on change notre plan ce qui retardera encore l'utilisation de l'arme. Résumons ce que nous avons sur Angéla.

- Euh... à part des problèmes, rien, résuma Mitchell. Je me demande si elle ne nous évite pas. Pourquoi elle ne répond pas à mes messages ?

- Cela fait trois mois qu'elle est revenue à une vie normale. Elle n'a peut-être pas eu l'occasion de regarder ses mails ou elle n'a pas de réseau où elle est, suggéra Daniel.

- Tu crois qu'elle est vraiment retournée dans une vie tranquille. Ni la CIA, ni le FBI n'a de trace d'elle. Et pourtant, ils ont mis des moyens pour la retrouver. Elle a des comptes à rendre apparemment.

- Ce sont peut-être eux qu'elle fuit. Elle n'a pas de bonnes relations avec eux.

- Peut-être parce qu'elle vit à la limite de l'illégalité, rétorqua Teal'c, en posant son cocktail. Ce n'est pas un modèle exemplaire.

- C'est le soldat le plus décoré de… la défendit Mitchell.

- Elle aurait pu l'être, si elle était venue, il y a un mois, corrigea Teal'c.

-Ok, mais elle devrait être le soldat le plus décoré, avec tout ce qu'elle a fait pour son pays, remarqua Mitchell avec une pointe de fierté.

- Je ne dis pas le contraire, dit Teal'c . Mais, on ne peut pas dire que ces méthodes soient les plus orthodoxes. En tout cas, la CIA l'a aperçu, il y a deux mois en Afghanistan. Elle est peut-être encore là-bas.

- Non, je ne pense pas. La chaleur, ce n'est pas son truc. De plus, elle n'a pas de missions en cours. En réalité, on n'a aucune réelle piste. Elle n'est plus en France. On a fait New-York, Miami compta Daniel. Quantico ?

- Je ne sais pas, il y a bien une base militaire, hésita Mitchell, en regardant la carte. Elle ne peut pas se cacher dans une base, on le saurait immédiatement, n'est-ce pas ? Il faut avouer qu'Astyan pourrait nous aider.

Il jeta un coup d'œil à Daniel. Leur relation avec Angéla s'était un peu dégradée à leur retour.

- Jack nous en remerciera, sourit Teal'c. Il ne l'aura plus sur le dos.

- On n'a pas le choix, je crois. Elle a effacé ses traces, soupira Daniel. Elle est douée.

Il regardait son verre, pensif.

- Elle a quitté la Terre, peut-être, supposa Teal'c, en lisant la carte de menu.

Il avait l'air de s'amuser. Il avait découvert de nouveaux horizons, dans cette recherche.

- Hypothèse absurde… Comment elle l'aurait fait ? Astyan est notre seul piste, conclut Mitchell.

Jack sortit de sa chambre provisoire : une tente. Il vit Sam et Astyan, au loin, sous une tonnelle de fortune. Castiel, juste derrière Sam rangeait le matériel dans de grosses valises. Depuis trois mois, ils changeaient toutes les deux semaines de base béta par prudence. Castiel était responsable du matériel. Il ne voulait que personne d'autres ne s'en occupe. Il était réglé comme une horloge. Il passait la nuit à tout remballer. Tout était déjà prêt pour le départ. Il faisait tout avec les même gestes, la même méticulosité. Aucun retard n'était toléré pour déplacer l'arme. Sam était en pleine discussion avec Astyan. Elle décrivait les nouvelles conditions de vie de la planète hôte. A chaque fois, Castiel s'adaptait parfaitement aux nouvelles conditions, notamment climatique. Elle donnait aussi sa localisation exacte alors Astyan sondait les environs pour écarter le moindre danger. Ce déménagement était normalement le dernier. Comme d'habitude, l'Espoir transporterait l'arme avec Astyan vers sa nouvelle maison. Ce vaisseau était le moyen le plus sûr pour transporter l'arme : discret et rapide. Jack avait décidé d'éviter l'utilisation de la Porte pour leurs déplacements. Il savait que les Oriis surveillaient les portes à distance ainsi que leurs connexions. Ils ne voulaient pas que les Oriis suivent leurs traces grâce à la mémoire imprimée dans les données de la Porte. Ils voulaient également éviter tous les espions. Encore une fois, Jack allait devoir supporter ce déplacement et gérer les tensions inévitables entre ses hommes, les scientifiques et les attaloniens. Mais aussi les futurs habitants car cette fois-ci la planète sera habitée. Puis on lui avait annoncé une autre nouvelle. Un autre problème à ajouter : la Tokra, leur nouvel hôte. Ils voudront voir l'arme et c'est normal puisqu'ils fourniront la planète et la structure nécessaire pour l'enclenchement de l'arme. D'un pas décidé, Jack sortit de sa tente. Un soldat s'occupa de la défaire. Jack se dirigea vers Sam prêt à affronter les futurs problèmes. Il y en avait toujours.

- Où en est-on ? introduit Jack, en guise de salut. Colonel… Astyan.

- Tout est presque prêt, annonça Sam. Adred et Shola arrivent pour emmener l'arme…

- Pas vous, coupa Jack, anxieux en se tournant vers Astyan.

" Aïe changement de programme. Premier mauvais signe " pensa Jack.

Les problèmes commençaient. Son plan ne se déroulait pas comme prévu. Astyan devait emmener l'arme. En tant que Guerrier, il était le plus qualifié pour cette mission.

- Non, vos amis m'ont appelé, se justifia Astyan. Je dois leur apporter mon aide.

- Pour Angéla, j'imagine, grommela Jack. Elle est toujours introuvable.

Il était au courant de l'échec de l'équipe SG1 à retrouver la jeune femme. Cette femme commençait à lui taper sur le système, même s'il l'admirait beaucoup et qu'il aimait ce qu'elle faisait, surtout la manière. Mais il y avait des limites. Elle était toujours inaccessible. Il avait perdu sa trace depuis deux mois, voire même depuis le début de leur séparation.

- Elle est toujours introuvable ! intervint Castiel, en se frottant les mains pour enlever le sable.

Ses oreilles étaient à l'affût de tout. Le sable était présent partout. En effet, ils avaient installé leur base sur une planète désertique. Il ne faisait pas trop chaud mais le sable était abrasif et partout présent. Un inconvénient de taille pour leur projet.

- Elle a de la ressource cette petite, sourit Castiel. Et vous pensez qu'Astyan pourrait la localiser avec ses pouvoirs et avec le lien particulier qu'ils ont créé depuis votre accident.

Il parlait du Crash sur Attalon.

-Oui, j'imagine que c'est l'idée de Daniel. En tout cas, elle nous cause plus de problèmes qu'elle en résout, rétorqua Jack, morose.

- C'est toujours le cas avec les meilleurs éléments, sourit Castiel en regardant Astyan. Ne me dites pas que vous n'avez jamais causé de soucis à vos supérieurs …

- Non, je n'ai… commença Jack, mais Sam le regarda lourdement. Ok, mais ce n'est pas le problème. Moi, quand on a besoin de moi, je suis toujours là. On sait où me chercher, reprocha Jack. Et à chaque fois.

- Facile, il suffit d'aller pêcher, plaisanta Sam. Désolé, mon Général se reprit Sam. Je voulais dire…

- Laissez tomber. Je sais très bien ce que vous allez dire… ça détend ok !

- Vous n'avez pas un moyen de contact. Je veux dire vous avez bien de quoi communiquer entre vous. Non… Hum… il faudrait l'instaurer, conseilla Castiel.

- Quoiqu'il en soit, je suis appelé autre part, conclut Astyan. Shola et mon frère feront très bien l'affaire.

- Peut-être mais ils n'ont pas reçu une formation militaire, rouspéta Jack.

En réalité, il ne voulait surtout pas revoir Shola. Cette dernière le mettait mal à l'aise. Elle semblait gratter à la surface de son cerveau pour obtenir des informations et lire en lui. C'était désagréable. Et il n'était pas rassuré, que le meilleur guerrier et le plus puissant soit appelé autre part. Cette arme était leur seul espoir de libérer la galaxie du joug des Oriis. Elle était importante pour leur futur. Elle ne devait pas tomber dans les mains de leurs ennemis.

- Je serai là en un rien de temps, en cas de problème, rassura Astyan.

- Cela ne me rassure point. Vous n'attendez pas les résultats de votre procès donc ?

Astyan se renfrogna.

- Non, ils n'ont pas encore délibéré. J'aurai déjà eu des nouvelles de Shola dans le cas contraire.

- Où est-elle d'ailleurs ? demanda Jack, inquiet.

Jack avait eu de nombreux problèmes avec cette femme, à cause de sa beauté mais aussi de ses capacités. Elle déconcentrait ses hommes et créait des accidents. Heureusement, elle lui était utile dans les moments de tension entre ses hommes mais aussi bientôt avec les habitants de la prochaine planète. Quand elle parlait, tout le monde écoutait ses conseils. Il pensa même qu'elle pourrait l'aider avec la Tokra pour négocier avec eux. Il pourrait peut-être obtenir une nouvelle alliance.

- Elle doit être à la cantine avec vos hommes. Elle est arrivée tôt ce matin.

- C'est ce que je craignais, grommela Jack.

Elle était toujours avec ses hommes. Elle écoutait leurs histoires. Elle adorait entendre les missions militaires des différentes équipes. Mais aussi des questions plus personnelles. Une fois, alors qu'il mangeait. Elle demanda à Jack si les orientations sexuelles étaient variées chez les terriens. Jack faillit s'étrangler devant ses hommes qui le regardaient le sourire aux lèvres. Jack avait bafouillé une réponse vague. Elle avait posé des questions sur sa vie personnelle aussi, sur ses amis, sur Angéla… Surtout au sujet de cette dernière d'ailleurs.

- Laissez là s'amuser. Elle n'en a pas souvent l'occasion, dit Castiel. Après le transport, elle devra repartir pour tenir ses engagements. Elle a de lourdes responsabilités. Elle s'amuse rarement. J'en suis sûr qu'elle aurait pu aider Daniel, à la place d'Astyan.

- Ah oui ! Et pourquoi ce n'est pas le cas ? demanda Jack en se retournant vers Astyan.

Il aurait préféré envoyer Shola vers Daniel plutôt qu'Astyan.

- Vous voulez vraiment que Shola soit lâchée sur votre planète avec vos hommes et amis ? demanda Astyan.

- Ou…Ouais c'est une mauvaise idée, concéda Jack après réflexion.

Tous ses plans tombaient à l'eau. La journée commençait mal.

- Vous êtes sûr que ce n'est pas par-là ? interrogea Mitchell en arrêtant le véhicule à un croisement.

- Certain, affirma Astyan, à l'arrière.

Ils étaient toujours dans le Wyoming, dans une petite ville. La route de droite était une belle nationale, peu utilisée celle de gauche c'était... Un chemin si on considérait qu'un bout de terre traversant un champ pouvait être considéré comme tel. Ce dernier était au contraire souvent utilisé.

Astyan avait l'air aussi de s'amuser. Il ne ratait aucun détail. Il regardait les paysages les uns après les autres, relevant les moindres détails mêmes insignifiants. Il avait passé la Porte la veille et était apparu comme par enchantement dans la chambre de Daniel. Astyan avait été curieux de découvrir la base, et le bureau de Daniel. Celui-ci avait cru avoir une crise cardiaque quand son invité avait commencé à regarder ses recherches et à les bouger dans sa chambre d'hôtel. Et s'il cassait un artefact important. Puis, il avait fallu l'habiller convenablement. Mitchell s'était amusé à l'habiller. Il avait opté pour un jean simple, un sweet et une veste en cuir. Mitchell regarda les environs. Ils avaient atteint une ville perdue. Tout était désert.

- ça a l'air perdu, remarqua Mitchell, sceptique.

- C'est le cas, ajouta Daniel, lisant la carte. Après cette ville… Si on peut l'appeler comme ça, il y a des milliers d'hectares de pâturages.

- C'est un ranch, précisa Teal'c, qui replaça un chapeau de cowboy qu'il venait d'acheter à la station-service, le dernier vestige de la civilisation.

Mitchell s'engagea sur la route irrégulière et rocheuse, en jurant.

- Elle serait dans un ranch alors, supposa Daniel, observant la carte. Mais que fait-elle là-bas ?

- Changement d'horizon. Jack aime la pêche, elle peut-être le western, sourit Te al'c. J'espère que c'est plus attractif. Puis c'est éloigné, idéal pour se cacher et pour passer inaperçu.

Il faisait référence aux séances ennuyeuses de pêche avec Jack dans son chalet. Le véhicule fut chahuté sur la route caillouteuse pendant quelques kilomètres. Heureusement que c'était un tout terrain. Au bout du chemin, ils aperçurent d'autres véhicules, des 4X4. Ils venaient de franchir les limites du ranch. Alors que le chemin était vide, l'effervescence des lieux se faisait ressentir avec les habitants actifs un peu partout. Tous étaient occupés à divers tâches. Il n'y avait pas que des hommes, les animaux étaient tout aussi nombreux. Des chevaux paissaient tranquillement à l'écart de l'agitation. D'autres équins travaillaient soit sur un champ de course d'entrainement, soit dans une carrière poussiéreuse. Des vrais cowboys avec leur chapeau élimé travaillaient avec ou sans chevaux. Certains guidaient des bovins vers des près à l'aide de leur monture en les poussant. D'autres criaient pour les pousser en avant. L'endroit était en pleine activité entre les entraînements des chevaux, le comptage du bétail et les divers travaux d'un ranch, le fourrage, le soin des bêtes… Mitchell ne savait pas où donner de la tête. Si ça se trouve Angéla était là devant lui, sans la voir. Elle pouvait facilement s'y mêler parmi les femmes et hommes travaillant dans le ranch. Il chercha du regard une personne pouvant ressembler au propriétaire.

Astyan regarda le panorama avec fascination comme Teal'c.

- C'est pourquoi ? interpela un homme de passage.

Il avait remarqué les inconnus. Il poussait une brouette pleine de foin.

- Le patron, demanda Daniel.

- Mr Cavillano est à la tour de guet, il chronomètre Dakota Ring, informa l'homme, avant de poursuivre son chemin et retourner à sa tâche.

Daniel repéra une tour qu'on voyait de loin. Mitchell se dirigea alors vers la tour concernée. Ce n'était pas vraiment une tour mais une petite tribune, à l'abri du soleil. Elle était assez large pour contenir une dizaine de personne. Ils grimpèrent l'escalier. Trois hommes y étaient accoudés, à la balustrade. Un d'eux devait être le patron puis il y avait sans doute le soigneur et l'entraîneur. Ils avaient tous un chronomètre à la main. Mitchell et ses amis s'avancèrent vers eux. Les trois hommes observaient la piste intensément. Trois chevaux côte à côte galopaient. Au dernier cent mètres, les chevaux accélèrent dans leur cadence régulière. Les chronomètres étaient au rendez-vous, chacun le leur. Des spectateurs encourageaient le long de la liste. Arrivée à la liste, un des trois hommes montra son résultat pour comparer, en fronçant les sourcils l'air satisfait.

- Mr Cavillano ? salua Mitchell.

- C'est bien moi, avança l'homme concerné, l'heureux propriétaire de ce paradis.

Il posa son chronomètre qui était attaché autour de son cou. Le propriétaire n'avait pas de chapeau.

- C'est pourquoi ? demanda le propriétaire.

- Colonel Cameron de l'Armée de Terre, Mitchell, se présenta Mitchell. Nous cherchons une personne.

- Docteur Daniel Jackson, se présenta à son tour Daniel. Je suis consultant… Nous cherchons cette jeune femme.

Il lui tendit une photo. Mitchell jeta un coup d'œil à cette photo. C'était une photo d'Angéla, réfugiée dans les bras de Daniel. L'homme examina la photo et la passa aux autres.

- Oui, il me semble la reconnaître, hésita l'homme. Elle n'a rien fait de grave, dites-moi ? Je ne veux pas avoir de problèmes.

Il parlait évidemment du terrorisme ou autre.

- Non, non aucun problème, le rassura Daniel immédiatement.

- Où as-tu envoyé Vicky ce matin ? se renseigna l'homme à son entraineur.

- Elle a un temps libre ce matin. Elle doit monter Oslo Viking. Il recommence son rééducation… Depuis deux heures. Elle est avec l'apprenti soigneur.

- Vicky, chuchota Mitchell à Daniel, en suivant les deux hommes.

- Elle est donc aux stalles, leur répondit Mr Cavillano. Suivez-moi.

- A-t-elle des problèmes alors ? demanda l'homme. Car si c'est le cas, j'aimerai l'aider. C'est une brave fille.

- Non, elle n'a pas de problème, contredit Daniel n'en disant pas plus.

- Alors pourquoi l'Armée déplace des éléments dans ce coin perdu ? se demanda-t-il soupçonneux.

- On a besoin de conseil, intervint Mitchell.

- Des conseils ? Mais à quel sujet ? demanda le propriétaire, étonné.

L'homme était un peu trop curieux au goût de Mitchell.

- Moteur d'avion, dit Mitchell, sans réfléchir.

- Oh oui, cette petite s'y connait en mécanique, sourit l'homme, l'air entendu. Voici la piste. Elle rééduque un cheval traumatisé. Il a peur des stalles. Mais bon il a repris le travail, il y a peu.

- Oui, il a eu un petit accident, confirma le soigneur. Il est devenu dangereux. Mais bon cette petite a du cran, et ose encore le monter.

- Tu veux dire s'en approcher, corrigea le propriétaire.

- Il a fait du progrès, avoua l'entraîneur. Elle a fait du bon travail avec lui. Elle le connait bien.

- La voilà ! montra le soigneur. C'est lui.

Mitchell observa la piste. Un grand cheval noir ténébreux arrivait au pas entouré de deux autres chevaux alezans. Trois personnes surveillaient leur arrière, à pied. Le cheval avait l'air très grand. Il devait frôler les 1m80 au garrot, à vue d'œil. Il ne semblait pas du tout taillé pour la course. Au lieu d'être fin, il était trapu et costaud. Son poitrail était imposant et musclé.

- Il n'est pas taillé pour la course mais croyez-moi il possède un potentiel intéressant, remarqua le propriétaire voyant l'air sceptique de Mitchell. Il appartient à Vicky. Il a des ancêtres prestigieux. Il brille aussi dans les autres disciplines comme le saut d'obstacle, discipline pour laquelle il est le plus taillé.

- Il possède de bons papiers, affirma le soigneur. Une bonne locomotion, un bon souffle, un bon pied…

- Le père de sa lignée a eu des excellents résultats sur les champs de courses. Malheureusement il a le sang très chaud. Il est très nerveux, trop nerveux pour être dressé. C'est un dominant, il aurait dû le castrer à ses trois ans. Il aurait été plus facile à manipuler, précisa le propriétaire.

- C'est un étalon, son instinct est de dominer, ajouta Astyan en connaisseur.

Il prit la parole pour la première fois. Le propriétaire se retourna vers lui et le jaugea du regard.

- Vous êtes qui déjà ? demanda le propriétaire.

- Un ami, précisa Astyan.

- Vous voulez dire qu'il est trop dangereux pour être monté ? demanda Mitchell, inquiet.

Le propriétaire fixa Astyan. Mitchell voulait éviter qu'Astyan tape à l'œil. Ce dernier devait se faire discret pour ne pas attirer les mauvaises questions.

- Non… hésita Mr Cavillon, en reportant son regard sur le cheval. Disons qu'il a son caractère. Il n'a pas un fond méchant. Il est juste parfois imprévisible. Mais elle le connait par cœur.

- Il a l'air âgé, remarqua Astyan, soucieux.

- Non… Croyez-moi. Il est dans la force de l'âge… Dis-moi Steve ce n'est pas prématuré de le faire rentrer là-dedans.

Il parlait des stalles. Il ne vit pas le regard surpris d'Astyan.

- Il a passé le test des manches à balais sans problème, cria l'homme en question, proche des stalles de départ. Elle le sent bien.

Mitchell regarda le cavalier. De là où il était, il ne pouvait pas la reconnaître. Il ne pouvait même pas déterminer le sexe du cavalier. Sur le cheval, la personne paraissait une chose fragile et petite. Le grand noir trépignait sur place alors qu'il s'approchait de la ligne de départ. Le cheval fit demi-tour sur lui-même. Mitchell pu mieux voir le cavalier. Il reconnut la silhouette de la jeune femme. Deux chevaux déjà entraînés encadraient le cheval récalcitrant. Ils étaient légèrement énervés à cause de l'excitation de l'entier.

L'étalon nerveux avait relevé hautement la tête. Angéla l'amena près des stalles, avec fermeté et sereinement. Le cheval refusa d'y aller et recula. Les deux autres chevaux entrèrent dans la stalle calmement, sans problème. Il ne manquait plus que le beau ténébreux. Des personnes essayaient de l'encourager, derrière lui.

- Ne le collez pas, prévint l'entraîneur. Il pourrait ruer.

Un des trois hommes tenta de le guider avec une des rênes mais il n'arriva pas à s'approcher. Le cheval recula et se cabra. L'homme n'insista pas.

- Laisser là le gérer seule, conseilla l'entraîneur à l'attention des hommes à pied. Eloignez-vous.

- Ils vont se faire tuer, grommela le propriétaire, sans émotion.

Le cheval était dans tous ses états, oreilles couchées, naseaux dilatés et les yeux sortant de ses orbites. Le cavalier serein se pencha sur l'encolure malgré sa mauvaise posture. Le cheval piaffait sur place et se cabrait. Angéla reporta son poids vers l'avant pour forcer sa monture à redescendre. Déséquilibré, le cheval se reposa au sol, lourdement, soulevant un nuage de poussières. Puis, proche de son oreille, elle le calma par des chuchotements et des caresses concentriques sur l'encolure. L'étalon ronfla de mécontentement. Il souleva sa nuque, remontant son dos, tendu. L'encolure était totalement contractée et sa queue était relevée en un panache. Il piétina le sol puis il avança doucement en piaffant, en direction des stalles de départ. Après un moment, Angéla réussit à le faire rentrer à l'intérieur doucement. Tout le monde avait arrêté de respirer. Mitchell reprit son souffle puis retint son souffle car il savait ce qu'il allait suivre. Dans quelque secondes, les chevaux allaient jaillir pour se jeter à corps perdu dans la course dans un rythme infernal.

Comme prévu, les portes s'ouvrirent. Les chevaux bondirent à leurs ouvertures. Le départ était parfait.

- Elle a réussi ! s'exclama l'entraîneur.

Les trois chevaux étaient partis à pleines vitesses, sortant de leur starting block. L'étalon avait pris un peu de retard au départ, sa sortie était hésitante. Le départ était presque parfait pour lui. Mais ce n'était pas le plus important. Au premier tournant, il rattrapa les deux autres. Ils s'approchèrent de la liste intérieure. Angéla se baissa, proche de l'encolure. Elle penchait dangereusement vers l'avant.

- Elle lui dit quelque chose, murmura Astyan.

- Elle lui dit quoi ? demanda l'entraîneur, curieux.

- Je ne sais pas, je ne connais pas la langue.

Daniel le regarda. En général, il n'avait pas besoin de comprendre Angéla pour savoir ce qu'elle disait ou voulait. Lui aussi, il se demandait ce qu'elle lui disait et dans quelle langue. Il savait qu'elle parlait de nombreuses langues. Ils ne savaient pas quels étaient les mots, mais l'entier allongea sa foulée. Sa cadence était aérienne. Son encolure se détendit. Il semblait survoler la piste, beaucoup plus décontracté. En quelques foulées, il dépassa d'une tête les autres qui semblaient déjà à la vitesse maximale. Au deuxième tournant, il dépassa complètement les autres et les sema avec plusieurs foulées d'avance, sans effort.

- Il est formidable, s'enthousiasma le propriétaire guilleret.

Le cheval arriva au quatrième tournant largement en tête. Il franchit la ligne sous les hourras des spectateurs. Un des hommes s'approcha du cheval, à une distance respectable pour parler au cavalier. L'homme montra le groupe de visiteur. Mitchell lui fit coucou, le sourire aux lèvres. Elle s'approcha d'eux tout en félicitant son compagnon pour la course avec des caresses. Arrivée près de la liste extérieure, elle garda ses distances par prudence.

- Vicky, ses hommes veulent te parler, indiqua le propriétaire.

- Hey, salua Mitchell.

Elle hocha la tête et s'éloigna de la liste. Elle descendit de cheval. Elle félicita encore l'étalon. Elle dessangla puis enleva ses gants de cuir.

- Salut, tu as l'air en forme, salua à son tour Daniel.

Elle laissa le cheval, seul qui resta à l'arrière, les rênes encore sur l'encolure.

- ça va, confirma Vicky-Angéla.

Elle serra Mitchell dans ses bras. Elle hésita pour Daniel. Mais finit par le serrer aussi dans les bras.

- Comment m'avez-vous retrouvé ? demanda Vicky- Angéla.

- On a eu de l'aide. Notre GPS-Astyan intégré, plaisanta Mitchell. Mais on aurait fini par te trouver, Vicky.

Il passa un bras autour de son épaule. Angéla rougit légèrement.

- Ce n'est pas ce que vous croyez… Vous avez dit… Astyan.

Elle s'était arrêtée. Elle l'avait enfin vu. Etonnée, elle ne sut que dire.

- Heureux de te revoir, sourit Astyan. Beau cheval.

Il se souvint d'un après-midi, en compagnie de la jeune femme à cheval, seul à seul.

- Si j'avais su, je t'aurai ramené ton compagnon. Mais j'en suis sûre que Shola se fera un plaisir de te ramener l'étalon, elle-même.

Il parlait de l'étalon pie qui l'avait choisie. Il essaya de s'approcher du cheval pour le caresser. Mais celui-ci s'écarta. Il était encore nerveux et agité à cause de la course. Il leva la tête fièrement comme un défi.

- Aussi farouche que… sourit Astyan.

- Que voulez-vous ? demanda Angéla, se retournant vers Mitchell.

- Juste une petite visite de courtoisie… Ok, j'ai une invitation pour toi, avoua Mitchell.

Ils étaient assis au bord d'un pré. Angéla avait laissé son cheval en liberté, qui broutait avidement les touffes d'herbes jouteuses, le stress retombé.

- Pourquoi devrais-je venir ? Je ne les connais pas ces gens. Rencontrer ces personnes ne m'intéresse pas.

- On pourrait s'amuser, essaya Mitchell s'en y croire.

- Sérieusement… Pourquoi moi ?

- Ils ont eu vent de tes petits exploits, avoua Daniel.

Angéla resta silencieuse. Elle aurait préféré oublier cette partie de sa vie.

- Je ne vois pas en quoi survivre à trois crashs est un exploit. Cela prouve juste que je suis maladroite et malchanceuse, reprit Angéla.

- Ce n'est pas à ce sujet… corrigea Dani el.

- Je m'en doute. En fait, je suis une bête de foire, qu'on désire voir ou exposer. Il espère un numéro de ma part ?

- Non, ne dis pas ça. Ils veulent juste rencontrer une extraordinaire jeune femme, intervint Astyan.

Elle le regarda. Elle ne fut pas surprise par ses paroles. Cela ne la faisait même plus rougir ni même affoler son cœur.

- Ils veulent aussi nous rencontrer mais contrairement à toi, ils ne peuvent pas exiger notre présence, rajouta Astyan, l'air complice. Mais si tu le veux, j'y participerais aussi.

- Donc tu n'y seras pas ?

- Je vais y réfléchir, proposa Astyan le sourire aux lèvres.

Il se leva. Elle le regarda partir. Il était venu jusqu'ici pour la retrouver. Elle était sûre qu'il aurait juste pu leur dire sa localisation sans se déplacer. Mais il s'était déplacé tout de même. Rêveuse, elle se posait des questions sur sa relation avec cet homme. Peu d'hommes auraient fait la même chose.

- Où en êtes-vous avec l'arme ? demanda Angéla, sortant de sa rêverie, pour changer de pensées.

Elle ne voulait pas qu'elle se fasse des idées.

- Sam estime encore une semaine. Et tout sera fini. On a pris du retard à cause de nos nouvelles normes de sécurité. Nous sommes prudents, annonça Mitchell. Elle veut tout vérifier.

- Bien… Au moins une bonne nouvelle.

Elle se leva, elle aussi. Elle s'épousseta le pantalon pour ôter la poussière accumulée dans la journée.

- Y a-t-il un téléphone dans le coin ? Je n'ai pas de réseau avec mon portable, demanda Daniel, en fermant le clapet de son téléphone.

- C'est pour cette raison que je suis ici, sourit Angéla. Le calme totale. La tranquillité absolue. Il y en a un dans le bureau du propriétaire. Tu auras une ligne ou un accès internet. Et encore si ce n'est pas capricieux. La ligne est malheureusement souvent coupée à cause du temps ou autre. Tout dépend de la météo.

Daniel regarda Mitchell et soupira, désespéré.

Dans le ranch, Angéla vivait dans un petit bungalow, accolé aux écuries et aux près. De là, elle pouvait surveiller les chevaux et le bétail, durant la nuit. Angéla revint avec du courrier.

- Tu reçois tout de même du courrier, apprit Mitchell, surpris.

Ils avaient essayé de retracer son courrier pour la localiser. Sans succès. Il avait supposé qu'elle avait coupé tout contact avec le monde. Il se demandait pourquoi le suivi de son courrier n'avait pas donné de résultat.

- Oui, une fois par semaine quand tout va bien. Je le transfert de mes autres adresses par l'intermédiaire d'une amie.

Bien sûre, elle tut le nom de son amie, sa complice.

- Elle change le nom. Et je le récupère quand il passe. Installez-vous où vous pouvez… conseilla Angéla, en posant son courrier sur la table.

Elle disparut dans la mezzanine, probablement pour se changer. Après quelque minutes, elle redescendit rapidement les marches, habillée plus confortablement.

- Alors c'est quoi ce rendez-vous ? reprit Angéla.

Elle alla dans sa kitchenette et prit quelque chose dans le petit frigo.

- Rien d'important, répondit Mitchell.

Elle revint vers la table et posa un pack de bières. Teal'c alla s'en servir et s'assit sur le canapé en examinant la pièce avec attention. Angéla le suivit pour la bière.

- Je viens pour l'arme ?

Elle essayait d'avoir plus de précisions. Elle aimait savoir dans quoi elle s'engageait. Elle prit son courrier.

- Non, on fera juste une balade, précisa Mitchell.

- Une chasse à l'homme ?

Car c'est ce qu'ils avaient fait la dernière fois et cela l'intéressait plus. Elle s'était redressée de sa chaise et ignora une des lettres. Elle la mit de côté. Astyan questionna du regard Mitchell.

- Non, pas de chasse.

- Et, il y a que moi ?

- Que toi, affirma Daniel. Tu pensais à qui… John et Jack ? Nous n'avons pas de nouvelles d'ailleurs.

- Peut-être, répondit Angéla, l'air mystérieuse.

Elle semblait ailleurs. Elle avait porté son attention sur une enveloppe. Elle la retourna pour regarder son origine. Elle se décida à l'ouvrir à l'aide d'un couteau, un couteau de chasse. Elle lit le contenu les sourcils froncés.

- J'en ai eu une semaine après mon retour. Mais ce sont des courants d'air, reprit Angéla. Cela ne m'étonne pas que vous n'avez pas obtenu de leurs nouvelles. Ils sont peut-être en missions quelque part. Mais si vous voulez vraiment communiquer avec eux, les agences savent comment les contacter.

- Ouais, nous connaissons un autre courant d'air, mais ils vont bien ? insista Mitchell.

- Tu veux dire s'ils sont encore en vie ? Je ne les ai pas tués enfin pas tout à fait, sourit Angéla. C'est mon métier de disparaître. J'ai toujours vécu comme ça. Ce serait dommage que je ne sois pas douée dans ce métier.

Elle soupira. Elle laissa de côté la lettre et prit une autre enveloppe.

- Vas-tu encore disparaître ? demanda Astyan, la fixant du regard.

Angéla s'interrompit et l'examina pendant quelques secondes. Il la sondait.

- Oui, assura Angéla. Je m'amuse ici pour l'instant mais pas pour longtemps.

Elle but une gorgée de sa bière pour masquer son embarras alors qu'Astyan la regardait les yeux brillants. Il ne servait à rien de leur cacher la vérité.

- Ai-je le droit au refus pour l'invitation ?

Elle s'était retournée vers Mitchell, pour éviter le regard d'Astyan. Mitchell regarda Daniel.

- On dirait que non, reprit Angéla en un soupir.

Elle continua à ouvrir son courrier. Elle sortit d'une enveloppe une carte pliée en deux, élégante. Elle devint pâle.

- Y a-t-il un problème ? demanda Mitchell, voyant son changement d'attitude.

- Non, aucun, souffla Angéla.

Elle se leva.

- Je suis juste épuisée. J'accepterai votre invitation.

- Accepterai ? s'interrogea Mitchell, voulant plus de précision.

- Cette invitation n'est tout de même pas pour tout de suite ! Je ne suis pas à votre disposition.

- Cette invitation date de plusieurs jours. Cela fait plusieurs jours qu'on te cherche, s'expliqua Mitchell.

- Depuis plus d'une semaine, précisa Daniel. On a fait toutes nos agences pour te trouver…

- Il faut que je vérifie quelque chose, coupa Angéla.

Elle jeta sa bière vide. Elle retourna vers la mezzanine. Ils perçurent de l'agitation au-dessus d'eux. Après un moment, elle redescendit avec une sacoche. C'était son ordinateur portable. Elle s'installa à sa place et alluma son ordinateur .

- Je croyais qu'il n'y avait pas … rappela Daniel.

- C'est le cas, lui répondit Angéla, le sourire aux lèvres. Il y a toute ma vie dedans. Je l'ai modifié personnellement. C'est mon ordinateur de compétition.

Elle était fière de sa bête.

- Tu joues avec, comprit Mitchell.

- Oui, il a été conçu pour moi et par mes soins, puis j'ai modifié quelques trucs. Je l'ai boosté. Je peux capter presque partout… et non, tu n'auras pas l'honneur de l'utiliser, finit Angéla anticipant la question de Daniel.

Mitchell l'observa travailler sur son ordinateur. Elle avait l'air en forme. La trace de fatigue qu'elle avait accumulée lors de leur dernière mission respective, avait disparu. Quand il avait accepté cette mission de la trouver et de la convaincre d'accepter l'invitation, il savait que cela allait être difficile.

- Je ne vois vraiment pas en quoi ma présence est essentielle, reprit Angéla.

- Elle l'est pour créer et reformer de nouvelles alliances, expliqua Teal'c.

- Vous voulez m'utiliser comme argument pour former une alliance !

- Enfin, non juste reformer une vieille alliance.

- Quelle alliance ? Pourquoi reformer ?

- Une alliance avec mes pairs, expliqua Teal'c. Elle a été rompue à cause de nos nombreuses pertes.

- Ouais, c'est ce qu'ils prétendent grommela Mitchell.

- C'est de l'intimidation ! comprit Angéla.

Elle ferma son pc. Elle en avait fini avec lui.

- Quoi qu'il en soit, je dois me reposer et vous aussi, vu votre état, conclut Angéla.

- Je… commença Mitchell.

- Il y a des matelas de camping et couverture dans ce placard. Je vous laisse vous débrouiller seuls, à demain, coupa Angéla.

Elle monta dans sa chambre, mettant fin à l'échange. Mitchell voulut la suivre mais s'arrêta en bas de l'escalier, hésitant.

- Elle nous a congédiés, sourit Teal'c.

Ce dernier s'était relevé pour admirer des tableaux. Puis il alla prendre une autre bière.

Angéla, une fois seule, s'assit sur son lit, pensive. Elle avait encore la carte serrée dans la main. Elle était légèrement froissée maintenant. Elle savait quand elle avait ouverte l'enveloppe que c'était une mauvaise nouvelle. Elle avait lu doucement la lettre, puis relut et relut. Elle n'y croyait pas. Puis elle avait été sur son ordinateur pour vérifier la nouvelle sur les chaînes d'informations et les divers journaux. Elle avait dû mal à la digérer, et à y croire. Une larme, longtemps retenue, coula le long de sa joue. Elle l'effaça de la main et se reprit. Maintenant, elle savait. Le doute n'existait plus. Elle fixa le mur de sa chambre, ne sachant pas quoi faire, quoi penser. Elle voulait sortir et crier sa peine. Hurler au monde entier qu'elle détestait cette vie. Un dilemme se posait à elle, fuir à nouveau ou bien passer à autre chose, oublier. Mais elle savait qu'elle allait s'en vouloir si elle ne faisait pas ce qui devait être fait. Elle posa la carte sur le lit. Elle avait pris sa décision. Elle allait partir. La carte était une invitation à un enterrement. Quelqu'un de proche était définitivement parti. L'enterrement avait lieu dans deux jours. Ce sera sa seule occasion pour un dernier adieu. Après il sera trop tard. Elle savait que cela allait la hanter à jamais si elle ne lui disait pas adieu. Effondrée, elle avait oublié de se renseigner sur le lieu d'enterrement. Elle avait laissé son ordinateur en bas. Elle hésita à y retourner. Elle ne voulait pas affronter le regard des autres et surtout celui d'Astyan, qui lisait en elle comme dans un livre. Elle était remontée précipitamment pour cacher sa tristesse. Elle redescendit tout de même. Quand elle descendit, elle trouva son salon en effervescence, en bataille rangée. Ils essayaient de disposer les matelas comme ils pouvaient. Elle les regarda en souriant. Elle prit son ordinateur et un livre sans un mot. Ils ne remarquèrent même pas sa présence à part Astyan qui la sondait encore. Il ne savait pas quoi penser de son comportement.

Deux heures étaient passées. Mitchell regardait le paysage par la fenêtre alors que Daniel admirait le plafond à travers lequel il imaginait Angéla dans son lit. La lune était haute. La journée avait été chaude alors que la nuit était fraîche. Mitchell entendait parfois quelques hennissements ou des aboiements des chiens. Parfois il regardait le plafond essayant de capter un quelconque son, marquant la présence de la jeune femme.

- Que captes-tu ? demanda Mitchell à Astyan, inquiet.

- Rien.

- Rien ?

Sa crainte était-elle fondée ?

Daniel se redressa. Lui aussi, il ne dormait pas.

- Comme cela est le cas depuis un petit moment, son esprit m'est inaccessible depuis la scène du volcan. Elle a appris à cacher ses pensées.

- Tu penses qu'elle va encore nous échapper, demanda Teal'c, qui lisait un livre d'album photo sur les chevaux de course.

- Oui, comme d'habitude, soupira Mitchell. C'est son métier, elle ne peut pas s'en empêcher.

Il s'éloigna de la porte fenêtre pour se dégourdir un peu les jambes.

- On n'a qu'à veiller, proposa Teal'c. Je prends le premier tour… Regarder c'est Oslo Viking.

Il montra la photo à Daniel.

- C'est impossible, la photo a 15 ans, remarqua Mitchell au-dessus de leur épaule.

- Pourtant, cela lui ressemble bien, jugea Astyan.

- Ou un de ses ascendants, corrigea Daniel.

Ainsi, ils prirent des veilles deux par deux.

Le lendemain, Mitchell s'occupa du café. Il était cinq heures du matin. Il avait pris avec Astyan le dernier quart de surveillance. Celui-ci était resté immobile.

- Pourquoi si tôt ? demanda Astyan.

Il l'observait pendant qu'il faisait le café, avec curiosité.

- Je pense qu'elle doit se lever tôt pour s'occuper des chevaux, les nourrir, les sortir… expliqua Mitchell. Elle ne devrait pas tarder, donc.

- C'est gentil de faire du café… grommela Daniel, sortant de son sommeil.

- Ce n'est pas pour vous.

- Pour qui alors ? demanda Daniel.

- C'est un prétexte pour monter… lui apporter le petit déjeuner.

- Je me disais, c'était trop beau, dit Daniel, en s'étirant.

Il chercha ses lunettes.

- Mais bon vous pouvez vous servir.

Des pains sautèrent du grille-pain, faisant sursauter Astyan. Mitchell le regarda. Il espéra qu'il n'allait pas faire sauter l'appareil ménager. Attaquer un grille-pain n'était pas une bonne idée, surtout si une personne passait devant la fenêtre pendant l'accident. Ce dernier ne faisait pas le poids. Car il pouvait déjà entendre des hommes déjà à leur tâche. Il prit le café et les morceaux de pain sur un plateau. Astyan l'aida en prenant le jus d'orange. Ils montèrent doucement en haut.

- Merde, jura Mitchell après un moment.

Elle n'était pas là. Son lit n'était pas défait.

- Elle n'a pas couché ici.

- Elle n'a rien laissé. Le lit est froid, remarqua Astyan.

Mitchell se dirigea vers la fenêtre ouverte. Elle avait dû sortir par là. Mais pour quelle raison ? Astyan était toujours près du lit.

- Qu'y a-t-il ? demanda Mitchell, se détournant de la fenêtre.

- Je n'ai pas capté son absence.

- La maison est pleine de sa présence, cela a peut-être suffit à brouiller… Puis on ne l'a pas entendu non plus.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Astyan.

Il lui tendit la carte.

- C'est… Quelqu'un est décédé. Un certain Bill Owens, lit Mitchell.

- Elle le connait ?

- Bah sûrement… C'est pour un enterrement… Il a lieu dans deux jours.

- Elle s'est sauvée pour ça, dit Astyan ne comprenant pas.

- Dites-moi, que faites-vous de vos morts ?... Hum plutôt est-ce que vous mourrez ? demanda Mitchell.

- Oui, bien sûr, nous mourrons. Elle touche surtout le peuple. Nous les enterrons. Mais seule la famille y participe. Il y a juste une cérémonie avant pour les amis. L'enterrement reste privé. Les familles pauvres brûlent les corps pour éviter les maladies.

- Et chez vous ?

- Il n'y a plus de corps à pleurer. Quand on meurt, nos pouvoirs consument nos corps.

- Ici, nous avons un enterrement où tout le monde peut y assister. C'est le dernier moment où on peut dire au revoir à l'être cher.

- Elle veut donc lui dire au revoir à ce Bill, comprit Astyan.

- Sans doute. Ce sera la seule occasion qu'elle aura. Elle sera là-bas, en conclut Mitchell.

Daniel entendit Mitchell redescendre précipitamment avec le plateau de petit déjeuner encore plein.

- Elle est partie, annonça Mitchell. Mais je sais où elle va.

Il les rassura avant qu'ils posent des questions. Découragé, Daniel s'assit. Mitchell lui brandit une carte.

- On est invité à un enterrement, précisa Mitchell.

- Qui c'est Ce Bill Owens ? demanda Daniel.

Il ne connaissait pas ce nom.

- Je ne sais pas, je ne le connais pas. Mais Angéla a rendez-vous avec la mort.

Angéla n'avait pas hésité à prendre cette initiative : partir à nouveau comme une voleuse. Elle avait réuni ses affaires avec hâte. Elle n'avait presque rien comme biens. Son sac à peine défait était déjà fait en quelque seconde. Elle sortit de son sac une lettre qu'elle avait écrite dès le premier jour de son arrivée. Elle était toujours prévoyante et écrivait toujours une lettre au cas où elle devait partir précipitamment. Elle prit soin de tout effacer derrière elle. Après hésitation, elle tendit l'oreille. Ses amis faisaient le gué. Elle sourit. Ils étaient méfiants et elle ne pouvait pas leur en vouloir. Heureusement, elle avait toujours un autre plan. Elle prit des liasses de billets de vingt dollars pour payer son voyage. Elle ouvrit son sac. Elle fouina quelques secondes : elle choisit un passeport. Elle prit son arme et vérifia son chargement. Elle la cacha contre sa hanche droite. Elle considéra la fenêtre, tout en remettant sa veste par-dessus l'arme. C'était sa seule issue discrète possible. Son sac de voyage sur son épaule, elle ouvrit délicatement la fenêtre. Ainsi elle s'assura qu'elle ne grince pas. Ils ne soupçonneront rien. Elle pria pour que le rebord ne grince pas sous la contrainte de son poids. Elle mesura la hauteur du regard puis la situation.

Elle décida de sauter sur le toit de l'écurie voisine au lieu de descendre. Car on pourrait la remarquer via les fenêtres, à cause de la clarté de la lune. A moitié pliée pour se dissimuler, elle courut vers l'autre extrémité du bâtiment. Elle distingua de la lumière chez son patron. Il veillait tard car c'était soirée comptabilité pour lui. Elle sauta sur l'arbre le plus proche et s'approcha de la fenêtre du premier étage de la demeure du patron. Assise sur le rebord de la fenêtre, elle tapota gentiment à la fenêtre pour ne pas réveiller les autres occupants. Le propriétaire leva les yeux vers elle, fatigué. Il sourit et vint lui ouvrir, en clopinant. Arrivé le soir, le vieil homme boitait dû à l'accumulation de la fatigue de la journée.

- Que me vaut cette visite ? D'habitude, on ne vient pas me voir par la fenêtre, sourit le patron.

- Merci.

Elle rentra en enjambant la fenêtre alors qu'il s'écartait pour la laisser entrer. Il remarqua son sac de voyage, de suite.

- Je vois que tu as prévu un voyage.

Angéla le lui confirma.

- Tu pars à cause de ces étrangers ?

- Non, non… Un enterrement.

- Ah, je vois. Je suis désolé… De la famille ?

- Non, juste un ami. Je connais bien sa femme.

- Bien, dans ce cas, je ne te retiens pas… Je te souhaite bonne chance pour la suite alors, lui souhaita le patron, un peu maladroitement.

- J'avais ce petit mot pour vous et les autres. Je souhaitais tout de même vous voir avant de partir. Merci pour votre accueil.

Elle s'approcha du propriétaire et le serra dans les bras.

- Mais de rien… C'est quand tu veux, répondit le propriétaire, ému.

Puis elle ressortit par le même chemin. Elle se dirigea ensuite vers les écuries sans bruit. Même si elle savait que les chevaux avaient déjà détecté sa présence, elle rentra dans l'allée sans faire de bruit. Certains chevaux sortirent leur encolure pour la saluer. A son arrivée, Oslo Viking passa la tête de l'autre côté et hennit doucement. Elle décrocha la chaîne qui le retenait à l'intérieur. Enfin c'était une maigre protection car s'il le voulait vraiment, le cheval pouvait sauter par-dessus.

- Hey mon beau. On va faire un petit voyage… Pour un autre coin perdu.

Elle le caressa et lui enfila son licol en cuir, un peu usé. Elle passa la longe sur son encolure. Elle n'avait pas besoin de le tenir. Elle savait qu'il allait la suivre docilement. Ainsi ils partirent comme un vieux cow-boy solitaire.

Fin du chapitre.

Tableau de bord :

chapitre 44 : Astyan